"Cat Magic" de Whitley Strieber
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L’histoire : La mort est un chat noir au regard insondable. Le sursaut d'une grenouille décérébrée par un biologiste. La main coupée et momifiée d'une fillette en robe bleue, assassinée par un prédicateur. La mort est à la fois horreur et tentation…
A Maywell, petite ville de Pennsylvanie, la mort est tapie au fond des cœurs, Rapide et silencieuse comme un félin, oui violente et crépitante comme un brasier, Elle s'alimente de la peur, de la haine et des remords.
A Maywell, en 1987, s'affrontent deux communautés : les fidèles de frère Simon Pierce et les disciples de Constance Collier. Les premiers se disent chrétiens et haïssent les seconds parce qu'ils font l'amour, dansent au clair de lune et ont d'étranges pouvoirs...
La critique de Mr K : Chronique d’un roman fantastique dans tous les sens du terme aujourd’hui avec un roman des années 80 sorti dans la collection Épouvante de J’ai lu que j’ai beaucoup fréquenté plus jeune notamment avec mes lectures de Stephen King qui m’ont éveillé au genre. Cat Magic de Whitley Strieber s’en rapproche avec une histoire mêlant surnaturel et connerie humaine dans un style enlevé et addictif à souhait. J’ai passé un excellent moment même si je n’étais pas au meilleur de ma forme à ce moment là.
Dans la petite ville de Maywell en Pennsylvanie cohabitent deux communautés que tout oppose. Les uns suivent le prédicateur intégriste Pierce qui prône un christianisme radical et fidèle à la lettre prêt aux Saintes écritures, il prêche la "bonne parole" et la haine envers Constance Collier, adepte de la sorcellerie et de l’Amour pour ses disciples et la nature environnante. Ces sorciers possèdent un grand domaine à l’écart de la ville où ils vivent quasiment en autarcie. Leurs membres sont pourtant bien intégrés dans la ville et même au-delà. La tension est vive cependant entre les deux groupes mais pour le moment, rien d’irrémédiable ne s’est passé même si l’on sent bien que la moindre étincelle pourrait mettre le feu aux poudres.
L’histoire débute dans un laboratoire d’université où un scientifique mal vu par les autorités pratique des expériences autour de la mort et poursuit le but de ressusciter les défunts... et il est proche de la réussite ! En parallèle, sa nièce Amanda revient en ville après plusieurs années pour un RDV qu’elle a obtenu avec la fameuse Constance Collier, reine des sorcières (son titre exact est "Demoiselle"). Illustratrice de profession, elle pourrait bien être embauchée pour réaliser l’accompagnement de textes des frères Grimm. Évidemment, rien ne va vraiment se passer comme prévu entre la folie galopante de son oncle littéralement possédé par sa quête d’immortalité et prêt à tout pour parvenir à ses fins, les révélations que va lui faire Constance sur son rôle exact et la soif de pouvoir spirituel du frère Pierce qui cache un lourd secret.
Le rythme démarre fort très vite, le décor est rapidement planté et les différents personnages sont remarquablement caractérisés. Il ne faut se fier à rien car l’auteur est bien malin, semant fausses pistes et illusions quant aux uns et aux autres. Ce qui est sûr, c’est que les êtres humains ne ressortent pas grandis tant ils cultivent pour certains de sombres desseins et des passés qui continuent de les obséder et les feront basculer définitivement du côté obscur. Désirs inavoués, haines viscérales, frustrations et culpabilités mêlées, le tout développé par un auteur qui semble jubiler à l’idée de bousculer un lecteur fasciné par tant de fiel répandu.
La foi est aussi au cœur du récit avec deux systèmes de pensées qui s’opposent et un focus très développé sur les croyances des sorciers loin des clichés et des images que les religions monothéistes ont contribué à répandre. On rentre au cœur de leurs pratiques, de leur credo. Le rôle de chacun, les entités auxquels ils vouent un culte et finalement, une représentation du monde et de la mort non manichéens où coexistent des principes opposés qui se complètent. J’ai aimé cette immersion avec des passages forts comme notamment l’initiation à travers des épreuves éprouvantes pour la future Demoiselle (le passage dans l’au-delà est totalement ahurissant). L’auteur se plaît aussi à bien décrire les rapports humains entre les uns et les autres, le processus d’embrigadement des esprits par Pierce qui est bien retors et les dégâts qui peuvent être causés par la folie sur une personne et ses proches.
C’est mené tambour battant avec une langue souple, maîtrisée et parfois même exigeante quand on aborde de vieilles légendes et des concepts abstraits. Certains passages sont bien rudes aussi, cela faisait longtemps que je n’avais pas lu des descriptions infernales aussi saisissantes et repoussantes. Quelle claque par moment ! Le dénouement se révèle par contre un peu convenu et rapide, j’en aurais bien pris pour une trentaine de pages de plus, la déception est légère et me rappelle la fin un peu avortée de certains livres de Stephen King justement.
Cat Magic reste cependant une très bonne lecture pour les amateurs d’ésotérisme et d’épouvante. Il reste marqué en tout cas dans la mémoire et offre un plaisir de lecture certain.
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