"La Dernière maison juste avant la forêt" de Loisel et Djian
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L’histoire : Pierrot victime d'un sort vaudou jeté par sa mère, Yvette, se pense irrésistible. Pourtant son physique est terriblement disgracieux. Cette vision erronée ne cesse de lui jouer des tours auprès de la gent féminine, le laissant aussi souvent perplexe qu'éconduit.
De son côté Yvette règne en maître sur la dernière maison juste avant la forêt. Elle y vit entourée de son mari, colonel changé en statue, de ses domestiques, créatures façonnées de ses mains, et de ses "demoiselles", terrifiantes plantes carnivores.
Tous se réunissent pour l'anniversaire du colonel mais la fête va être troublée par l'arrivée d'un charmant cadeau : Mimi, une prostituée, qui ne laisse personne indifférent.
La critique de Mr K : Nouveau prêt de l’ami Franck et nouvelle lecture de qualité avec la dernière BD du talentueux Loisel qu’on ne présente plus. Pourtant, La Dernière maison juste avant la forêt sorti l’année dernière n’a pas bonne presse, beaucoup de lecteurs ont été déçus à priori. Pour ma part, j’ai adoré. On a presque l’impression que cette BD est sortie à la mauvaise époque tant elle s’apparente à un pur produit des seventies dans les thématiques qu’elle aborde et son aspect un peu foutraque. Une fois débutée, je n’ai pu relâcher ce volumineux objet culturel d’une drôlerie et d’une beauté confondantes.
La liste des ingrédients de base pose le postulat dès le départ, on est parti pour une lecture bien délirante. On débute avec Pierrot, un jeune homme des plus repoussants qui, quand il se voit dans une surface réfléchissante, contemple un Apollon. Merci maman Yvette -sic- pour ce sort vaudou foireux qui altère forcément une existence ! On imagine bien son désarroi au fil des râteaux et des moqueries dont il est victime. Facteur de métier, il enquille les coups à boire chez les clients et rêve au grand amour qui prend la forme d’un mannequin aux dessous coquins dans la boutique lingerie du village.
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L’histoire débute alors qu’il retourne chez ses parents en lisière de forêt à l’occasion d’une fête d’anniversaire donné par son vieux père transformé en statue par sa furie de femme excédée par les écarts de conduite de son époux. Cette dernière est une maîtresse femme à qui il ne faut pas raconter la messe et qui exerce un pouvoir dictatorial sur tous les êtres qui peuplent le domaine. On croise ainsi notamment d’étranges petites créatures qui lui servent de domestiques et vivent craintivement à l’ombre de la figure tutélaire. Le jardin d’hiver est quant à lui peuplé de plantes carnivores bien pratiques pour se débarrasser des malheureux intrus qui auraient le malheur de pénétrer dans la maison sans y être invités…
Pour l’anniversaire de son mari, Yvette a convié une péripatéticienne afin de s’occuper de son mari, enfin plutôt d’elle en fait car elle a le goût de la revanche. La belle plante arrivée sur place va déchaîner de manière indirecte les passions de chacun, bouleverser les plans établis et modifier la donne. On part dans un imbroglio totalement jubilatoire mêlant rancune familiale, sexe débridé, fantastique décomplexé et amour pur et épanouissant. Si si, tout ça dans le même album BD c’est possible !
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Je me suis pris au jeu de suite avec des personnages très attachants tout d’abord. Bien que particulièrement branques pour certains, ils ont tous quelque chose qui nous accroche et nous séduit. Qu’ils soient réalistes ou non, ils se révèlent bien plus complexes qu’on pourrait l’imaginer au départ, chacun est traversé par les affres de l’existence humaine avec son lot d’espérances et de contradictions. Le fond est donc profond sans pour autant jamais délaisser les bons mots et la rigolade. Le mélange pourrait sembler instable mais ça fonctionne bien et les pages se tournent toutes seules.
Et puis, il y a l’inimitable trait de Loisel qui magnifie le scénario et illustre parfaitement les punchlines disséminées ici ou là. Très vif, les trognes exposées, la colorisation, tout concorde pour optimiser le plaisir du lecteur qui passe vraiment un bon moment dans cette BD au ton unique et au charme intemporel. À lire !
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