"Le Cercle celtique" de Björn Larsson
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L’histoire : Un voilier vogue au large de l'Écosse. Bravant les rigueurs de la mer du Nord en plein hiver, ses deux passagers se dirigent vers des périls sans nom. Car plus effrayants que la nature déchaînée sont les dangers dont les hommes les menacent. Poursuivis sur les mers par des inconnus, volés, espionnés, ils n'en sont pas moins déterminés à découvrir la clef de la malédiction qui pèse sur MacDuff et Mary, amoureux en fuite. A découvrir surtout le secret du Cercle celtique, avec ses mystérieux rites meurtriers. De pays en pays, de tempête en bourrasque, de surprise en révélation, les deux aventuriers de la mer vont accomplir un étonnant voyage et mettre au jour quelques sinistres vérités...
La critique de Mr K : Chronique d’un roman haletant aujourd’hui avec ce roman à suspens se déroulant quasiment tout le temps en mer et brassant culture maritime, historique et ethnographique avec brio. Björn Larsson a lui-même vécu un temps sur un voilier et il connaît son affaire pour nous immerger dans cet univers si particulier. Dans Le Cercle celtique, qui est d’ailleurs ma première lecture de l’auteur, il nous entraîne donc dans une course poursuite insensée et je peux vous dire qu’une fois l’ouvrage commencé, il est tout bonnement impossible de le relâcher !
Ulf, le narrateur, a choisi depuis un petit bout de temps de vivre sur son voilier, le Rustica. Il aime cette vie de liberté, loin des normes. Un soir, il rencontre un certain MacDuff avec qui il discute un bon bout de temps, ces deux-là sont fait pour s’entendre mais cet écossais au départ ombrageux cache bien des zones d’ombre. Le lendemain, Ulf se voit confier dans l’urgence un journal de bord par une de ses connaissances, Pekka un navigateur comme lui, au bord de la panique qui transporte avec lui une jeune femme aux yeux vides de vie, Mary. Les événements vont alors se précipiter car tous les deux disparaissent et Ulf est certain que la jeune femme est en danger de mort. Il décide alors de suivre les traces de Pekka grâce au journal de bord mais il ne part pas seul, il décide d’embarquer avec lui son ami de toujours, Torben, grand amateur de littérature et de vin qui va le seconder dans cette périlleuse expédition.
Le récit est brumeux durant tout le livre. En effet, les deux hommes en savent finalement très peu sur ce et ceux qu’ils poursuivent au départ. Ils n’ont pour indice que la route maritime suivie par Pekka avant sa brusque disparition. Une série de ports et d’îles entre les mers Baltique et du Nord, puis les côtes mystérieuses et majestueuses d’Écosse et d’Irlande. Tout cela va les mener sur la piste d’un cercle ésotérique qui donne son titre au livre, une organisation qui poursuit des objectifs que les grands États-nations ne peuvent tolérer. Les Celtes sont donc au cœur de l’ouvrage avec des focus intéressants sur leurs origines, leurs pratiques, la réminiscence de leurs velléités d’indépendance et les cultes druidiques. Il est donc aussi question d’acculturation et de terrorisme, l’un ayant pour conséquence le deuxième, le tout raconté et apporté de manière nuancée.
Le rythme est lent, les éléments de réponse épars et il faut être patient (et ceci jusqu’aux dernières pages) pour connaître tous les tenants et les aboutissants car au cœur du récit, on retrouve en permanence la mer et la vie de navigateur. D’ailleurs l’enquête est presque un prétexte pour immerger le lecteur dans l’aventure que se révèle être un voyage au long cours entre pépins techniques, rigueurs climatiques et humeur changeante de la mer. Cela donne lieu à de merveilleuses pages de descriptions qui nous emportent loin de notre quotidien, l’évasion est garantie. La narration à la première personne renforce notre adhésion à l’histoire, à ce que vit Ulf et son compagnon de voyage. Rien ne nous est épargné de leurs émotions et motivations qui vont radicalement évoluer durant ce voyage qui par bien des égards a des aspects initiatiques.
La nature humaine est changeante et ce roman la met bien en lumière car chacun teste ici ses limites, la barrière entre raison et folie, bien et mal ne sont plus très étanches pour rester dans la métaphore marine et l’on est bien souvent secoué par les épreuves et les péripéties qu’endurent les personnages. La langue vive et incisive contribue à envelopper le lecteur, les pages se tournent toutes seules et l’addiction est totale. On referme l’ouvrage heureux de sa lecture et bouleversé par les destins qui nous ont été livrés avec une fin qui est loin du happy end. L’auteur est allé au bout de ses idées, du concept qu’il voulait développer et rien que pour cela, bravo à lui.
Une très belle lecture que je vous invite à entreprendre à votre tour si le cœur vous en dit, vous ne serez pas déçus.
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