"Femme sauvage" de Tom Tirabosco
/image%2F0404534%2F20261014%2Fob_1385d9_femme-sauvage.jpg)
L’histoire : J’ai toujours pensé que les humains étaient une espèce toxique. Des super prédateurs. Les humains, à part tout bousiller et rendre ce monde plus laid, je sais pas à quoi ils servent… Celui qui nous a inventés, il aurait pas dû, car au final, il faut bien reconnaître qu’on est juste des gros cons… Les gros cons de la création.
La critique de Mr K : Nouvelle bonne pioche pour ma pomme avec ce roman graphique dégoté en médiathèque par le plus grand des hasards, seulement guidé par une quatrième de couverture bien sentie et un style graphique marqué, en noir et blanc comme je les aime. Avec Femme sauvage, j’ai découvert un auteur que je vais suivre désormais, tant Tom Tirabosco m’a emporté avec lui avec cette œuvre post-apocalyptique intimiste d’une rare force est en totale adéquation avec mes idées et mon opinion sur le monde. Une sacrée claque !
Dans un futur pas si lointain, voire dangereusement proche, des manifestations anticapitalistes ont viré aux émeutes, coupant le pays en deux et le plongeant dans la guerre civile. Les puissants dépassés se sont réfugiés dans des ghettos de riches ultra-sécurisés et l’époque est à l’ultra-surveillance et au fascisme. Leurs opposants se sont enfuis pour se réfugier dans les montagnes et forêts impénétrables du Nord. Les dérèglements climatiques sont désormais courants, quotidiens et les catastrophes se succèdent semant un cortège de malheurs face auxquels les tenants du pouvoir restent sourds, ils ont trop à perdre en terme de contrôle et de richesse.
/image%2F0404534%2F20261014%2Fob_954f1e_1.jpg)
Suite à de nouveaux affrontements, une jeune femme décide de tout quitter pour rejoindre les Rebels. Elle est seule mais déterminée, la vie ne lui a pas fait de cadeau mais elle veut rester maîtresse de son destin. La voila donc partie en suivant des routes incertaines puis bientôt en plongeant dans une nature revenue à l’état sauvage, où elle va devoir survivre en s’adaptant et en affrontant ses propres limites. Quête de nourriture et d’eau, d’abris, gérer l’effort physique, échapper aux drones de surveillance, éviter les rednecks chasseurs qui zonent dans son secteur et qui représentent la bêtise à l’état pur et la loi du plus fort.
/image%2F0404534%2F20261014%2Fob_6783a7_2.jpg)
Un jour, elle va faire LA rencontre de sa vie suite à un accident qui aurait pu lui coûter la vie. Il s’agit d’une femme, une femme particulière comme revenue à l’âge de pierre, une femme géante, une femme muette mais surtout, une femme au cœur d’or. Se noue alors entre elles une relation peu commune d’une force et d’une intensité rare qui va faire basculer le personnage principal dans quelque chose de totalement nouveau et de totalement épanouissant. Mais à trop côtoyer le bonheur, ne risque-t-il pas de disparaître ?
/image%2F0404534%2F20261014%2Fob_2be1df_4.jpg)
Bien que le postulat soit plutôt classique, ce récit captive et passionne à la fois. On s’attache directement à ce petit bout de femme qui quitte le chaos de la civilisation pour rejoindre un groupe voulant restaurer l’humanité. On suit pendant la première partie son périple et les multiples difficultés qu’elle rencontre. Aucun confort, la solitude, le froid, la faim… pour autant, elle ne baisse jamais les bras, faisant appel à ses connaissances et à sa débrouillardise. L’auteur en profite pour effectuer quelques flash-back sur sa vie d’avant et qui donne lieu à des éclairages très intéressants sur la personnalité de l’héroïne et les raisons de son départ. Lors de la fameuse rencontre puis après, elle va pouvoir relâcher un temps la pression et s’accorder une once de bonheur. La trajectoire de l’héroïne est très bien caractérisée, tout en finesse et justesse, donnant une crédibilité et une profondeur saisissante au personnage.
/image%2F0404534%2F20261014%2Fob_c73a8b_5.jpg)
Le background est très bien décrit aussi sans forcément trop en rajouter malgré un sujet qui pourrait porter à en montrer beaucoup. L’état du monde est évoqué au détour de certaines cases, de certains faits mais on revient toujours très vite en focus sur l’héroïne. Vu l’état de décrépitude de l’humanité, la cruauté de cet espèce et l’incurie des puissants, le refuge dans la nature semble être la meilleure des solutions même si cela impose de se couper de tout et de revenir à l’état naturel. C’est un questionnement qui apparaît en filigrane pendant toute la lecture avec des images qui me sont revenues de cours dispensés par mon professeur de philosophie de Terminale autour des notions de Nature et de Culture. L’héroïne est de passage entre deux mondes, c’est ce voyage qui nous est ici raconté. Il est donc question aussi de foi, de féminité, de maternité, d’engagement et de notion de Bien et de Mal. Autant vous dire que l’œuvre est prenante et qu’on y réfléchit encore longtemps après l’avoir refermée.
/image%2F0404534%2F20261014%2Fob_f3d365_3.jpg)
Esthétiquement c’est magistral, avec des dessins, des planches de toute beauté avec ce choix du noir et blanc qui convient parfaitement au thème et au parcours représenté. Contrasté, vivant et sombre à la fois, ce roman graphique envoie du lourd en terme de représentation et donne à lire un récit d’une rare force malgré une certaine économie de mots. C’est vous dire la puissance évocatrice des dessins. D’une lecture addictive quasi immédiate, l’œuvre se lit d’une traite et nous laisse totalement pantelant avec une fin rude mais logique. Une bien belle œuvre que je vous invite à découvrir au plus vite si ce n’est pas déjà fait.
/image%2F0404534%2F20261010%2Fob_f52638_vlautin.jpg)
/image%2F0404534%2F20261004%2Fob_cbad1c_images.jpg)
/image%2F0404534%2F20261001%2Fob_d8f38d_lespoux.jpg)
/image%2F0404534%2F20260930%2Fob_f17a4e_l-ame-des-parangons.jpg)
/image%2F0404534%2F20260924%2Fob_7e0160_bj.jpg)