Lontano-JCGrangeL'histoire : Le père est le premier flic de France. Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers. La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l'Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes.
Sur fond d'intrigues financières , de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l'espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons.
Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

La chronique Nelfesque : Aaaaaaaah ! Un nouveau Grangé en librairie !!! Aaaaaah ! Après 3 ans de silence livresque, le voici de retour, ENFIN, mon Jean-Christophe chouchou ! J'ai eu l'occasion de parler de ses bouquins de nombreuses fois sur le blog (liens en fin d'article) mais je le redis encore : en page-turner, Grangé tu fais pas mieux !

Pendant plus de 700 pages (il fallait au moins ça pour un retour en force), le lecteur suit l'histoire des Morvan, une famille qui a pris l'habitude de toujours se protéger quoi qu'il arrive et quel qu'en soit le prix. Loin d'être la famille idéale par la liste longue comme le bras de secrets et de non-dits, ils ne se rendent pas moins service dès qu'ils le peuvent. Une mafia à l'échelle familiale...

Entre Paris, le Congo et la région de Brest, l'histoire nous fait parcourir des milliers de kilomètres. Erwan, un des fils Morvan, est appelé dans une école militaire de Brest pour élucider une affaire. Un bleu vient d'être retrouvé pulvérisé par une frappe aérienne sur une île d'entrainement. Accident ou mise en scène pour cacher un meurtre horrible perpétré lors d'un week-end d'intégration ? L'histoire commence ainsi mais trouvera de multiples ramifications lorsque les cadavres commenceront à s'accumuler dans la capitale...

Dès les premières pages, on retrouve le bonheur de lire un ouvrage de Grangé. Les chapitres courts, allant à l'essentiel, s'enchaînent. Les phrases chocs qui donnent envie de poursuivre sa lecture se multiplient et les 700 pages sont avalées en moins de temps que l'on a de dire "ouf". Grangé n'a pas perdu son talent pour faire monter la tension, créer l'urgence d'en savoir plus chez ses lecteurs et l'"effet page-turner" marche ici encore à plein régime. On ne change pas une formule qui marche, Grangé maîtrise !

L'autre ingrédient définissant les romans de Grangé, c'est le côté gore et malsain. Les scènes de crimes atroces où l'esprit tordu du meurtrier suinte, la façon dont l'auteur les décrit, les images qui défilent devant les yeux du lecteur et qui l'empêcheront de dormir ou le régaleront de détails tordus qui donnent corps à une ambiance des plus glaçantes... C'est cela qu'un lecteur de Grangé attend et aime dans ses romans. Sur ce point, dans le premier tiers du roman j'ai été assez déçue. La jeune victime retrouvée à Brest n'est "que" "éparpillé façon puzzle" sur les murs de l'abris dans lequel il se trouvait lors de la frappe et il est bien difficile d'avoir des détails sur l'état d'un corps avant sa mort lorsqu'il est découvert ainsi. J'en vois déjà certains tordre du nez... "Non mais Nelfe t'es malade ou quoi !? Une purée de jeune bleu-bite ça te suffit pas niveau détails crados ?" Eh bien non lecteurs, vous le savez maintenant parce que vous me lisez depuis longtemps mais, à l'image des films de genre dont je raffole, j'aime les détails sordides, les litres d'hémoglobine poisseuse, les scènes de meurtres pensées à l'extrême et qui laissent à voir aux lecteurs la chasse d'un tueur des plus retors et difficiles à cerner. Je suis une psychopathe !

Bah alors ? Il est décevant ce "Lontano" ? Etonnant dans un premier temps par ce manque d'éléments et ce parti-pris "façon bouchère", le lecteur retrouve quelques pages plus loin la patte Grangé avec la découverte de premier choix d'un second corps n'ayant pas subit les assauts de l'armée. On y voit tout de suite plus clair ! Pas de spoilers ici mais attendez-vous à ce que l'ombre de l'Homme-Clou, tueur en série africain, arrêté dans les années 70 par Morvan père, plane sur ces pages.

"Lontano" est donc un retour aux sources pour Grangé qui signe là un roman bien noir et tordu entraînant son lecteur au plus profond de l'âme humaine, au dernier sous-sol, celui où les pires instincts et les pires croyances se côtoient. La fin laisse le lecteur sur sa faim mais il s'agit d'un diptyque... Alors, je ne vois qu'une chose à ajouter : VITE, LA SUITE !

Déjà lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé :
- "Kaïken"
- "Le Passager"
- "La Forêt des Mânes"
- "Le Serment des limbes"
- "Miserere"