Cafards at home

jeudi 21 mai 2015

Quimper et son Salon du Livre

Le week-end dernier, les 16 et 17 mai, se tenait le premier Salon du Livre de Quimper. Du beau monde, un très beau site, une météo clémente et l'occasion pour nous de rendre visite à nos amis quimpérois : notre décision est prise et nous prenons la route.

IMG_1888

C'est donc samedi après-midi que nous avons fait connaissance avec ce nouveau Salon littéraire. Il y a eu très peu de communication de la part des organisateurs sur le déroulé du week-end, nous y sommes donc allés sans véritable but si ce n'est découvrir quelques livres et rencontrer des auteurs que nous aimons. C'est déjà un chouette programme.

A l'arrivée, nous découvrons un site vraiment très beau : le Prieuré de Locmaria. Les auteurs sont installés dans la cour du bâtiment religieux, les conférences sont situés à l'étage de la célèbre faïencerie Henriot et des rencontres discussion d'auteurs sont mises en place sous un chapiteau de la cour.

IMG_1858

IMG_1875
(nous en avons profité pour faire un tour du côté de la boutique Henriot)

Nous avons eu la joie de discuter avec Nadine Monfils et Jean Teulé. J'avais à coeur de faire signer un de mes romans de la première (dans ma PAL mais dont on m'a dit le plus grand bien) et quant au second, c'est un des auteurs chouchous de Mr K. Jean Teulé est un homme charmant, très sympathique et ouvert au dialogue. Un vrai bonheur !

IMG_1868

IMG_1860

Nous avons également vu rapidement Michel Quint. Pas très prolixe mais un grand monsieur de la littérature.

IMG_1869

Nous en avons profité pour faire un tour dans le Jardin du Prieuré au bord de l'Odet où les roses commencent leur ballet.

IMG_1884

IMG_1881

Nous pensions rester plus longtemps au Salon mais force est de constater que notre tour est vite fait et concernant les conférences, la salle n'étant pas des mieux organisée (pourquoi laisser le mobilier en place façon réunion limitant ainsi l'espace festivalier plutôt que de faire des rangées de sièges ?), nous avons décidé d'aller nous promener dans le centre de Quimper.

IMG_1896

Mr K connaît très bien cette ville. Si vous nous suivez depuis quelques temps, vous savez qu'il est finistérien. De plus, nombreux de nos amis vivent à Quimper. Nous y allons donc fréquemment mais jamais vraiment en mode touriste. De mon côté, c'était quasiment une découverte samedi et avec la météo si clémente, je dois avouer que c'était fort agréable !

IMG_1920

IMG_1892

Maisons à colombages, Cathédrale Saint-Corentin, Quimper est une ville très agréable à visiter. Haut lieu historique, je ne vous ferai pas ici un cours mais vous conseille vivement de découvrir cette ville.

IMG_1923

IMG_1925

IMG_1894

Ce qui ne gâche rien, nous sommes tombés sans le vouloir sur une journée particulière : la Fête de la Bretagne et son concours de Bagad dans le Jardin de l'Evêché ! Parfait ! OK, on n'est pas spécialement des fans de musique bretonne au quotidien mais personnellement j'adore les fêtes locales (partout ! tout le temps !) et comment résister à l'appel de la crêpe au caramel beurre salé à 1€ et de la Britt à 2€ ?

IMG_1915 

IMG_1911

IMG_1913

IMG_1918

Mais le temps file et il est déjà l'heure de retrouver nos amis pour la soirée ! Nous avions à la base prévu de faire la Nuit des Musées mais nous n'étions pas en état... Comme le prouve notre photo de groupe (on voit des choses bizarres sur Quimper)...

IMG_1901

Cette première édition du Salon du Livre fut fort sympathique. Rendez-vous est déjà pris pour l'édition 2016 ! Rajoutez à ça, la ville en fête, la chaleur et les amis et voici un week-end réussi !


mercredi 20 mai 2015

"Poulailler" de Carlos Batista

9782226167262g

L'histoire: Mes poules me permettaient d'être cruel sans danger de représailles, je les traitais comme les adultes me traitaient, même si en les frappant je croyais aussi les sauver.

L'enfance est violence pour le fils d'immigrés. Seule échappatoire: le poulailler où il peut reproduire le comportement humain, loi du plus fort et art de la duperie. Mais jusqu'où se duper soi-même?

La critique de Mr K: Cette lecture est un coup de poker de lecteur. Poulailler s'est présenté à moi dans un bac de l'abbé et la quatrième de couverture m'a de suite interloqué. Surprenante, plutôt inquiétante, les thématiques de l'immigration et d'une jeunesse difficile m'ont attiré de suite. L'auteur, Carlos Batista, m'était aussi inconnu et il s'agit ici d'un premier roman. J'allais donc explorer un territoire totalement vierge pour moi et je ne savais pas à quoi m'attendre... Au final, la lecture s'est révélée étrange, tordue mais aussi rafraîchissante dans sa façon de traiter son personnage principal et sa vision biaisée de la vie.

Le roman est divisé en trois partie: Coquille, Jaune et Blanc ; comme les éléments constitutifs d'un œuf, référence directe à la métaphore filée présente du début à la fin de l'ouvrage. Le jeune Salgado vit mal son enfance. Son père est dur et lui prodigue une éducation âpre et sans véritable amour. Il se réfugie dans le poulailler familial, exutoire à ses pulsions et métaphore de sa condition de jeune immigré portugais. Il y exercera sa part de cruauté mais il connaîtra aussi les affres de l'affection et la douleur de perdre l'être aimé. Devenu plus grand, il éprouve de grandes difficultés dans ses relations sociales et professionnelles, sa vie basculera au sens propre comme au sens figuré lors d'une visite d'appartement dans Paris.

Un curieux sentiment m'a habité durant toute ma lecture. On est tour à tour horrifié, scandalisé, puis peiné, touché par Salgado Jr. Élève moyen, un peu perdu, son père s'avère tyrannique et violent. Difficile dans ces conditions de se forger une personnalité. À travers ce poulailler, il se construit une vision du monde bien personnelle, une vision sombre et sans réel espoir où la force domine la raison et où il faut tromper l'autre pour réussir. À la lumière du parcours de son père (très beau passage sur la réalité d'un exil économique dans les années 60'), l'immigré est plumé successivement par les passeurs, les maîtres d’œuvre des chantiers, les propriétaires et l'État. On ne tombe pas pour autant dans le mélodrame gratuit, fuyant et irréaliste mais cela donne un éclairage intéressant et sans concession des difficultés qu'ont pu rencontrer toute une classe de portugais fuyant la dictature passéiste de Salazar.

Pour lui éviter tout cela et le façonner à son image, le père est intransigeant et démolit sans le savoir son petit garçon qui perd toute image positive de lui même jusqu'à sa virilité. Véritable désastre qui se traduit par un "pétage de plomb" hors norme en milieu d'ouvrage pendant une attente interminable de visite d'appartement. La cocotte minute explose et le jeune antihéros (c'en est un beau celui-là!) sombre alors dans un délire psychotique mettant en relation son passé, son présent et les créatures de son poulailler. C'est très déconcertant et original. Passée la surprise, on comprend alors la profondeur de la réflexion qui est proposée au lecteur. Elle se mérite mais elle est bien là!

Très abordable en terme d'écriture pure, Poulailler ne plaira pas pour autant à tout le monde tant on sort des sentiers battus et par les propos parfois crûs qui parsèment ce roman. Le genre humain n'en ressort pas grandi et la noirceur du fond pénètre durablement le lecteur qui sort de cette lecture quelque peu perplexe voir abasourdi (selon votre degré de sensibilité). Pour ma part, je suis content de l'avoir lu mais je suis bien incapable de vous dire si je l'ai vraiment aimé... Sacré expérience en tous les cas!

Posté par Mr K à 19:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 19 mai 2015

"Le Talent de mes amis" de Alex Lutz

le talent afficheL'histoire : Alex et Jeff, collègues de bureau dans une multinationale, sont aussi les meilleurs amis du monde depuis le lycée. Avec leurs femmes respectives, ils forment ensemble presque une famille, qui se fraye un chemin dans la vie, tranquillement, doucement, sans grande ambition. Pourtant l’arrivée de Thibaut, conférencier et spécialiste en développement personnel, ne va pas tarder à mettre à mal leur équilibre pépère. Et pour cause, Thibaut est un ami d’enfance d’Alex. À l’époque, ces deux-là, super complexés et toujours mis à l’écart dans la cour d’école, s’étaient promis de réussir leur vie, coûte que coûte. Aujourd’hui, le beau et brillant Thibaut semble pour sa part avoir tenu sa promesse et pousse Alex à réaliser ses rêves au risque de perdre l’amitié de Jeff... Mais sommes-nous tous voués à un destin exceptionnel ?

La critique Nelfesque : Voici un film que je n'aurais pas spécialement été voir au cinéma si une amie ne m'avait pas proposé qu'on y aille ensemble. Visionnage de la bande annonce : "Le Talent de mes amis" m'a l'air d'être un film comique français sympathique loin des pseudo comiques de la même nationalité qui font un tabac au box office mais qui personnellement me font mourir de honte... Bref, je tente ma chance et je fais bien !

Quand j'ai dit à Mr K que j'allais voir "Le Talent de mes amis", sa réaction fut "Quoi !? Tu vas voir le film avec les deux nazes de Canal + !?". Euh... De quels nazes s'agit-il ?... Voyez comme je suis au fait de l'actualité télévisuelle, puisque Alex Lutz et Bruno Sanches sont respectivement les Catherine et Liliane du Grand Journal. Je n'apprends sans doute rien à personne ici mais de mon côté j'ai bien cru que j'allais partir en courant. Je n'aime pas du tout Catherine et Liliane... Bon, tant pis, je me suis engagée j'y vais. Et encore une fois, je fais bien !

talent2

Venons en maintenant au film (oui parce que ma vie, ça va bien 5 minutes). "Le Talent de mes amis" est un long métrage frais qui met de bonne humeur. Voici comment je suis ressortie de la séance. J'ai oublié Catherine et Liliane, j'ai profité du moment présent, j'ai bien ri et encore plus aux fous rire d'un spectateur voisin. La joie est communicative.

Partant du postulat de départ que les gens de ma génération ont un sentiment d'inassouvie, ayant laissé derrière eux leurs grands rêves de bonheur au profit d'existences confortables à défaut d'être épanouissantes (ce qui n'est pas totalement faux), Alex Lutz nous livre un petit film sans prétention qui ne révolutionne pas le genre mais fait irrémédiablement écho dans la vie de tout un chacun. Avec un style parfois potache qui doit sa réussite au talent de ses comédiens, "Le Talent de mes amis" alterne moments drôles et scènes sensibles qui n'ont pas à rougir. OK, on n'est pas dans du film d'auteur à la sensibilité à fleur de peau mais il y a dans ce long métrage un souffle tendre qui m'a touchée. Mention spéciale pour la relation entre Thibaut et sa grand-mère très justement interprétée par Jeanne Moreau.

talent1

La trentaine bien entamée hante ce long métrage entre décision d'avoir des enfants, difficulté d'en avoir pour certains, existence sociale, résilience et envie de laisser un pied dans la vingtaine, insouciance, inconséquence et irrévérence. Adulescents, comme le dirait Aldebert, encore un peu ado mais forcés d'être adultes, les personnages plus ou moins matures de ce long métrage nous font réfléchir sur nos choix, nos routes et nos parcours. Force est de constater que l'on est un peu comme eux...

talent 1

"Le Talent de mes amis" est un film actuel qui parlera aux trentenaires d'aujourd'hui. Reste à adhérer à l'humour parfois poussif et caricatural mais qui laisse au spectateur une petite tendresse persistante. Ca fait du bien parfois de se laisser aller à des films au ton plus léger mais non dénué de sens. "Le Talent de mes amis", c'est un peu notre bande de potes...

Posté par Nelfe à 18:57 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,
lundi 18 mai 2015

"L'Instinct du Troll" de Jean-Claude Dunyach

001

L'histoire: "Glissez-vous dans l’intimité d’un troll le temps de quatre aventures qui font trembler la terre jusqu’aux tréfonds des mines les plus obscures. Bien sûr, pour cela, vous allez devoir franchir les falaises du Désespoir, affronter les périls du col des Assassins et vous enfoncer dans les marais de la Mort sinueuse, mais ne vous inquiétez pas: après, c'est fléché. Et, avant, mieux vaut savoir que, s’il faut qu’un troll s’habille pour une occasion spéciale, il convient de le prévenir dix ans à l’avance. Surtout, n’oubliez jamais que l’eau ferrugineuse est un fléau qui ravale le troll au rang de l’homme. Alors, vous qui entrez ici, laissez toute espérance ainsi que vos affaires personnelles au vestiaire. Et n’oubliez pas de rapporter vos notes de frais." Ayerdhal

La critique de Mr K: Une bonne découverte sympathique aujourd'hui avec L'Instinct du Troll paru il y a peu chez l'Atalante. C'est une première pour moi quant à l'auteur qui, à travers quatre nouvelles, nous convie à partager le quotidien d'un troll chargé de l'administration d'une mine. La fantasy est ici rigolarde, inventive et l'on s'éloigne donc des classiques du genre pour nous offrir une vision novatrice d'un univers trop souvent sclérosé et englué dans des codes rigides empêchant toute forme d'originalité.

Notre troll gère sa routine d'administrateur. A l'occasion, il part en quête et d'habitude il n'oublie jamais de ramener ses notes de frais (tavernes, campings et hôtellerie diverses où il s'est arrêté en chemin). Mais là, erreur de sa part, il se voit obligé de retourner sur ses traces et d'aller réclamer les fameux justificatifs (toute ressemblance avec le film Mammouth est fortuite!). Pour couronner le tout, on lui attribue un stagiaire humain qui s'avère inexpérimenté et maladroit (un stagiaire quoi!). Les voila partis pour cette aventure et trois autres où ils seront confrontés à un nécromancien sur le retour, une majoration d'arme à réaliser (les geeks comprendront), une demande en mariage haute en couleur et l'organisation compliquée d'un trollfest.

On passe un très agréablement moment pendant cette lecture. L'amateur de fantasy que je suis y a retrouvé nombre de personnages, créatures, habitudes et lieux que l'on retrouve dans tout récit de fantasy dit classique. L'aventure est présente, la baston un petit peu et il y a toujours les passages obligés à la taverne avec la cuite qui s'en suit. Mais l'auteur à travers un humour corrosif et efficace se plaît à démonter les éléments de la fantasy pour les détourner. Vous apprendrez ainsi qu'un humain n'est pas comestible et qu'il ne faut en manger qu'en dernier recours, qu'un elfe est un troll qui a fait son coming-out, que les bâtons de mages sont rechargeables, qu'il y a des boutiques de souvenirs près des antres des méchants, que les nécromants doivent passer des examens finaux pour obtenir leur diplôme de sorcier maléfique, qu'il y a environ 50 nuances de grès et que ça a son importance dans le domaine de la construction, que les trolls partent toujours en vacance avec leur pont sur le dos (sauf ceux que l'on qualifie de nudistes!) etc... Ce n'est qu'un petit relevé des nombreuses perles qui essaiment dans ces pages et qui provoquent irrémédiablement le sourire.

La fantasy est ici réjouissante mais aussi différente dans le sens où l'auteur nous explique que le progrès a fait son chemin. On retrouve donc les méthodes modernes de managements dans la gestion des entreprises mais aussi un internet un peu spécial et mêmes des jeux vidéos. L'anachronisme se fait délirant et insuffle un esprit jubilatoire dans un récit peuplé de personnages plus étranges les uns que les autres. Notre narrateur troll aime les bonnes tournées au bar et la baston mais il n'aspire finalement qu'à vivre en paix et sans conflit. Les princes charmants sont d'extraction pauvre et tombent amoureux de princesses rebelles au caractère bien trempé. La parodie fonctionne à plein mais cela n'empêche pas les actes d'héroïsme et les hauts faits. On se divertit beaucoup et on se laisse porter par le rythme rapide et efficace des récits qui se complètent les uns les autres, formant un ensemble cohérent et bien mené de bout en bout.

J'ai déjà lu un certain nombre de parodies de fantasy. Il y a bien sûr Les Annales du Disque-monde de Pratchett, Lord of the ringard ou encore Connard le Barbant de Pierre Pelot. L'ouvrage de Jean-Claude Dunyach se place en haut du panier car au-delà de la simple parodie, il nous offre des récits vraiment bien ficelés et ceci par le biais d'une langue recherchée et accessible. Loin d'être un écrivaillon de pacotille, il nous offre des personnages riches et évolutifs, une alternance de ton entre l'humour et le sérieux et une écriture immersive à souhait. C'est donc le sourire aux lèvres que l'on parcourt ces nouvelles et c'est avec une satisfaction évidente que l'on ressort de cette lecture. Un petit bijou de drôlerie que je vous invite à découvrir au plus vite.

Posté par Mr K à 19:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
vendredi 15 mai 2015

"Pyramide" de Gregory Levasseur

affiche

L'histoire: En Égypte, en plein désert, des archéologues découvrent une pyramide unique en son genre. En y pénétrant, ils vont affronter bien plus qu’une malédiction. Ils sont piégés au cœur d’un labyrinthe, et quelque chose les traque…

La critique de Mr K: 4/6. Un bon divertissement que ce premier film du grand ami d'Alexandre Aja qui a collaboré à toutes les œuvres de ce dernier et qui signe avec Pyramide son passage derrière la caméra, Aja l'aidant à la production. C'est plus ou moins un rêve de gamin qu'il réalise en montant ce métrage où il est question d'une mystérieuse pyramide à trois faces qu'un archéologue américain découvre dans le désert en pleine révolution égyptienne. Le contexte est tendu et ils doivent être rapatriés d'urgence. Mais face à une curiosité inextinguible, les scientifiques ne résistent que momentanément et finissent par explorer le tombeau sans se douter qu'ils vont jouer leur destin. En effet, ils ne sont pas seuls contrairement à moi dans la salle obscure qui suis allé le voir sans Nelfe, peu adepte du concept.

Ce film est un mélange de found-footage. A 80% l'action est suivie via la caméra d'une journaliste en immersion dans l'équipe archéologique (sujet de son reportage) mais aussi par le robot d'exploration de la NASA que l'équipe a emprunté (et qui coûte très très cher) et des caméras miniatures portatives. Ici, on est loin des classiques produits de consommation du style, ça rajoute un sacré effet de claustrophobie, de paranoïa et on s'amuse (et / ou frémit) en guettant les zones d'ombre et les éventuelles irruptions stressantes du hors-champ. J'ai trouvé l'ensemble maîtrisé et efficace à défaut d'être original. Le réalisateur utilise aussi la technique plus classique de réalisation pour appuyer son propos et permettre notamment d'y voir plus clair lors de la dernière partie du film qui s'avère explosive et bluffante. Beaucoup n'ont pas aimé les effets spéciaux qui rentrent dans le jeu alors. Ils les ont jugé ratés. Pour ma part, rien de choquant ou de rédhibitoire, j'ai trouvé qu'ils accompagnaient bien le film.

pyramide-une-malediction-egyptienne-2

Il faut dire aussi que je suis un grand amateur d'égyptologie. Petit j'étais fasciné par la malédiction de Toutankhamon (premier programme diffusé sur Arte le jour de son lancement, souvenir souvenir!) et les récits d'explorateurs / archéologues. J'ai retrouvé dans ce film de vieilles impressions, ressentis et appréhensions que j'ai pu éprouver dans ma prime jeunesse lorsque je lisais des livres illustrés sur le sujet. L'exploration de la pyramide est très bien rendue avec des acteurs qui font le job (sans plus non plus) et une ambiance vraiment réaliste et angoissante. Couloirs labyrinthiques, pièges contre les pillards, inscriptions ésotériques, claustrophobie montante, accidents malheureux, surgissement du fantastique… autant d'ingrédients qui m'ont bien scotchés. Le réalisateur aime son sujet et cela se ressent pleinement. Petit clin d’œil sympa, le rôle du vieil archéologue est doublé en français par la voix d'Harrison Ford! Un plus pour moi qui voue littéralement un culte aux trois premiers Indiana Jones.

388186-extrait-exclusif-du-film-pyramide-600x315-2

Au final, c'est un film à voir. Efficace mais dénué d'originalité, on passe un bon moment entre aventure et épouvante. Il perdra sans doute de ses qualités lors de son passage sur petit écran. Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire! 

Posté par Mr K à 21:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


jeudi 14 mai 2015

"Black cocaïne" de Laurent Guillaume

black cocaineL'histoire : Viré des stups en France, Solo vivote comme détective à Bamako, capitale du Mali, en noyant ses souvenirs dans l'alcool. Une jeune touriste, qu'il avait aidée à sortir de la prison où elle croupissait pour trafic de cocaïne, est retrouvée égorgée. Solo veut comprendre pourquoi, comme il veut comprendre pour quelle raison quelqu'un s'attaque à ses proches. Tandis que les cadavres se multiplient, il se lance à la poursuite des assassins à travers ce pays de chaleur, de poussière et de violence...

La critique Nelfesque : J'ai découvert Laurent Guillaume en 2012 avec "Mako". Ancien flic lui-même, l'auteur a été commandant d'une unité anticriminalité et, après un passage aux stups, est parti au Mali dans le cadre de la coopération pour les affaires de stupéfiants. Autant dire qu'il sait de quoi il parle !

"Black cocaïne" est le fruit de son expérience au Mali. L'auteur s'est nourri de celle-ci pour construire une histoire qui sent la poudre, la corruption et la chaleur africaine. Très bon pour mettre en place une ambiance, le lecteur se retrouve tout de suite immergé dans la chaleur et la moiteur malienne. Ca transpire, ça brûle, ça colle. On y est.

L'histoire en elle-même est classique. Une touriste française se retrouve épinglée à la frontière, en possession d'une valise de cocaïne. De son côté, elle n'était bien sûr pas au courant de ce qu'elle transportait et se retrouve jetée en cage, dans la cours de la prison, en plein cagnard. Sa soeur aînée vient donc lui apporter son aide et pour cela embauche Solo, un privé alcoolique au passé sulfureux.

Très vite le scénario se met en place. Très cinématographique, le roman s'avale à grande vitesse. Le lecteur n'a pas le temps de respirer. Bahia, la jeune prisonnière est libérée et assassinée, les morts s'accumulent autour de Solo et il n'est plus question pour lui de contrat mais d'une véritable histoire personnelle.

Commence alors une course contre la montre, un road trip à travers le Mali à la poursuite des narcotrafiquants et la valse des personnes influentes du pays. Tous plus corrompus les uns que les autres, dans un Mali où tout se vend et tout s'achète, difficile de faire régner la justice. Sinon celles des armes et du sang.

"Black cocaïne" est un polar classique. Sans réelle accroche, si ce n'est le personnage de Solo intéressant par son côté borderline (mais tellement vu et revu dans le genre), ce roman se lit très vite avec curiosité mais sans pour autant crier au génie. Un bon moment de lecture pour qui dévore les bouquins et ne compte pas ses heures. Pour les plus exigeants, vous pouvez passer votre chemin.

J'ai lu ce roman dans le cadre d'un partenariat Livraddict / Editions Folio. Merci à eux ! Il a également fait l'objet d'une lecture commune avec ma copinaute faurelix dont je vous laisse découvrir l'avis dans les prochains jours.

Posté par Nelfe à 16:22 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 13 mai 2015

"L'Été des pas perdus" de Rachel Hausfater

003

L'histoire: Il ne se souvient de rien. Enfin… c'est pas tout à fait vrai. Il se souvient de loin. D'avant, il se souvient bien.

Madeleine a un grand-père dont elle est très proche. Mais depuis quelque temps, il change, il oublie les choses; pour lui, passé et présent se confondent. Le temps d'un été, Madeleine et lui vont cheminer ensemble.

La critique de Mr K: Attention grande lecture avec cet Été des pas perdus qui sort justement aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies. L'auteur, Rachel Hausfater est une auteure française spécialisée dans le livre jeunesse, elle exerce aussi comme professeur de français à Bobigny. Le sujet abordé ici est grave et touchant à la fois: la maladie d'Alzeihmer et ses répercussions sur le malade et ses proches. Sortez vos mouchoirs, un drame se joue dans ce récit entre nostalgie et confrontation intergénérationnelle.

Madeleine passe l'été chez son grand-père à Paris. Elle nous dit que son père n'en a rien à faire d'elle préférant ses nouvelles conquêtes à la chair de sa chair. La mère n'est pas mieux et très absente. Heureusement, elle a son grand-père qui s 'occupe d'elle comme personne d'autre et qui comble l'affection qui lui fait défaut chez ses géniteurs. Pourtant, une ombre plane: Grégoire commence à avoir des trous de mémoire, à mélanger le passé et le présent… La jeune fille qui inconsciemment craint de perdre le seul être qu'elle adore (les copines non merci) ne comprend pas, s'agace de certaines situations, s'amuse d'autres… mais la réalité est bel et bien là, son grand-père est malade. Elle va se raccrocher avec lui à ses souvenirs de jeunes garçons et entreprendre un ultime voyage dans une Normandie fantasmée par elle et résurgente dans l'esprit de Grégoire à travers les souvenirs d'une époque révolue. Elle reviendra changée de ce voyage quasi initiatique.

J'ai été touché d'un bout à l'autre, le cœur au bord des lèvres, la larme au coin de l’œil. Écrit à la première personne, ce roman traduit le regard incrédule et vif d'une adolescente qui doit faire face à l'éventualité de la mort de son grand-père. C'est donc à travers un langage simple, sans chichi et brut de décoffrage qu'on rentre dans son quotidien où elle partage son temps entre son grand-père bienveillant et aimant, et Grégoire le petit garçon normand qui a perdu jeune, sa grande sœur adorée. Peu à peu, elle se rend compte qu'elle va devoir rentrer dans le jeu du vieil homme pour éviter de le perturber et pour qu'il puisse se raccrocher à une amarre sûre et rassurante. En effet, madeleine porte le prénom de cette sœur disparue et va endosser son rôle. Ensemble, la petite fille et son aïeul décident (lors d'un moment de lucidité de Grégoire) de partir dans la Normandie natale du vieil homme. Ce sera l'occasion pour celui-ci de transmettre ses souvenirs pour ne pas qu'ils s'effacent, garder la trace d'une existence qui peu à peu s'étiole au fil des pertes de mémoire successives. La charge émotionnelle prend alors son envol et il est vraiment plus que difficile de rester de marbre face à l'évolution de la situation.

Au delà de la gradation de la tension liée à la maladie qui est très bien retranscrite, j'ai aussi aimé la douceur des rapports, l'humanité profonde qui se dégage de cette relation unique. De l'amour, de la tendresse et de l'humour lorsque Grégoire déraille et raconte n'importe quoi. Le passage des vaches qu'il aurait oublié de rentrer et qui le réveillent en pleine nuit est assez décalé et drôle. J'ai aussi apprécié la franchise de l'un envers l'autre, ils n'hésitent pas à se frotter et se piquer au détour d'une réflexion malheureuse de Madeleine (le RDV chez le médecin où elle remplace son père pour emmener Grégoire voir un spécialiste) ou lorsque le grand-père chavire sérieusement de la bouillotte. C'est beau, simple, pur et remarquable de justesse et de pudeur. Belle manière en tout cas de s'emparer d'un sujet difficile et tellement douloureux pour les proches des victimes de cette maladie implacable et détestable au possible.

Une grande et émouvante lecture que l'on peut entreprendre dès 12 ans (et bien après aussi!) et qui prouve une fois de plus le bien-fondé des choix audacieux et réussis de la maison Flammarion dans ses séries destinées à la jeunesse. Un grand bravo et un grand merci!

Posté par Mr K à 18:23 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 12 mai 2015

Le charme de La Havane...

104061746_o

Dessin de Bar tiré de son blog

Posté par Mr K à 18:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 11 mai 2015

"ALPHA... directions" de Jens Harder

alpha couv

Le contenu: Dans cet album d’une folle ambition, l’auteur de Leviathan se penche sur les origines du monde. S’appuyant sur une synthèse des connaissances les plus actuelles dans tous les domaines du savoir (astrophysique, biologie, chimie, anthropologie, archéologie, etc.), il raconte l’histoire de la vie sur quatorze milliards d’années, depuis le Big Bang jusqu’à l’émergence des premières civilisations humaines.

La critique de Mr K: Retour aujourd'hui sur une lecture unique en son genre avec cet ouvrage que l'on peut difficilement classifier. On est ici à la lisière de la BD et du livre documentaire. Cet Alpha précède le Beta déjà chroniqué par Nelfe le mois dernier. Jens Harder se propose dans le présent volume de remonter aux origines de l'univers et de dérouler la chronologie jusqu'à l'apparition de l'Homme. Vaste programme et défi que l'auteur relève haut la main mélangeant culture, dessin, humour avec délice et réussite.

On en apprend énormément avec cet opus. Cet Alpha permet au lecteur de remettre au goût du jour et via l'éclairage des dernières avancées historiques, l'évolution de notre monde. Il fait appel pour cela aux grands penseurs et chercheurs spécialisés dans tout plein de domaines comme la chimie, la biologie, l'archéologie, la zoologie, la botanique… Le travail de documentation est impressionnant. On se retrouve face à une œuvre à la dimension universaliste certaine, couvrant tous les champs d'étude possibles avec une jubilation certaine pour Harder et le lecteur saisi et impressionné face à tant de talent déployé. Des passages sont ardus à comprendre mais heureusement en fin de chapitre, une sorte de récapitulatif chronologique est proposé pour raccrocher les wagons et éclairer les quelques zones d'ombre qui peuvent persister.

alpha image 3

Le truchement du dessin est idéal à mes yeux pour aborder ces thématiques si complexes que sont la naissance de l'univers, l'évolution des bactéries et autres organismes. Le trait est précis et d'une grande clarté, proposant un voyage à nul autre pareil. C'est un émerveillement de chaque instant que celui de voir se dérouler sous nos yeux le miracle de la vie luttant contre vents et marées, périodes de glaciation, volcanisme et séisme, renaissant sans cesse, s'adaptant encore et toujours, faisant son chemin et colonisant une planète hostile. Ça fait du bien de revenir aux fondamentaux quand on entend parler à longueur de journée de fondamentalistes obscurantistes niant le principe d'évolution et rejetant toute forme de science et de connaissance. Pour autant, l'auteur ne rejette pas toute idée de divinité avec de nombreuses références au détour des planches qui mélangent déroulé historique et bonds dans le temps vers des références 100% humaines. Ainsi lors du Big bang originel, au milieu des explosions et fusions diverse, l'auteur nous glisse un vieux dieu barbu débonnaire ou un Shiva en plein processus de création, la tectonique des plaques se voit comparer à un chantier en construction, l'apparition des premiers champignons font écho à certaines représentations dans l'art africain, un grand déluge renvoie à l'image de l'arche de Noë… C'est autant de références multiples et variées qui apportent un réel plus à l'entreprise de Harder qui gagne en sens et en universalité car toutes les cultures du monde entier sont représentées au détour de ces cases anachroniques mais néanmoins éclairantes.

alpha image 0

La fascination est totale durant toute cette lecture. Les bichromies s'enchaînent (chaque période se voit attribuer des couleurs différentes), les connaissances s'accumulent sans forcer avec un plaisir évident que je n'avais pas éprouvé depuis mon enfance dans les livres documentaires sur l'histoire de la vie. Cette œuvre intelligente fait son chemin dans les pré-requis du lecteur, son vécu, ses souvenirs, bref… on a conscience de ce qu'est l'histoire avec un grand H, que nous sommes d'insignifiants êtres face à l'immensité de l'évolution et qu'en toute logique, nous aussi nous disparaîtrons comme des millions d'espèces avant nous. En tout les cas, c'est dans la logique des choses.

alpha image 1

On passe donc un super moment à la fois enrichissant (et il y a la dose!) dans la mesure où l'on ressort forcément plus calé sur un sujet incontournable et au centre de toutes les questions fondamentales que l'homme se pose depuis la nuit des temps. On retrouve aussi des souvenirs d'enfance ou d'école (pour ma part, la partie consacrée aux dinosaures m'a beaucoup parlé ayant été un gros amateur de ces grosses bébêtes dans ma prime jeunesse, quelques références au film Jurassic Park au passage) et cela redonne aussi l'envie de se battre pour nos principes républicains en premier lieu desquels celui de proposer une éducation libre de tout sectarisme et de négation de l'avancée des connaissances, choses qui me semblent autant menacées par les islamistes que par nos catholiques intégristes et autres négationnistes de bas étage.

alpha image 2

Alpha… directions est une œuvre unique, essentielle et incontournable. Vous voila prévenus!

Posté par Mr K à 19:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
dimanche 10 mai 2015

"Rémanence" de Jérôme Camut et Nathalie Hug

001

L'histoire: Comment grandir quand on a connu l'horreur? Il y a 15 ans, deux enfants s'échappaient des geôles du plus dangereux des criminels qui disparaissent après avoir mis la France à feu et à sang. Clara et Louis sont aujourd'hui adultes mais le vernis de leur existence se fissure. L'emprise de Kurtz a profondément gangrené leurs esprits. Insidieusement, le chaos s'installe. Les voix de l'ombre se font entendre à nouveau.
"Je devrais arrêter de répondre au téléphone. Ce serait plus sage. Je devrais mais je je n'y arrive pas. Pas même à débrancher la prise. Je prends un Stilnox pour ne pas entendre la sonnerie. Les fantômes, ça ne téléphone pas".

La critique de Mr K: Rémanence fait écho à la trilogie des Voies de l'ombre que j'avais bien aimé lors de ma lecture (voir le lien vers les trois tomes en fin de post). Ça faisait déjà un petit bout de temps qu'il me faisait de l’œil mais ma PAL est tellement expansive qu'il s'est perdu au milieu des autres ouvrages. C'est en préparant ma cargaison de livres pour mes vacances pétrocoriennes de Pâques que je décidai de l'emporter avec moi. Bien m'en a pris, ce fut une lecture rapide et plaisante au possible.

Deux enfants ont échappé à l'horreur voilà quatorze ans. L'ouvrage commence le jour du mariage de Clara. Après avoir été placée dans une famille d'accueil qui l'a reconstruite comme elle peut, elle a rencontré Édouard (un riche héritier) et s'apprête à faire le grand saut. C'est ce jour précis que Louis (alias Milan) décide de refaire surface dans sa vie. Cela la bouleverse et va la replonger dans un passé qu'elle pensait avoir évacué totalement. Le jeune homme n'a pas eu sa chance d'être suivi, aimé et éduqué comme elle... Il va l'entraîner sur la mauvaise pente. Les farces et bêtises d'adolescents vont bientôt prendre des proportions bien plus graves...

On retrouve d'entrée de jeu la tension omniprésente des tomes précédents. Kurtz a disparu, la France semble avoir retrouvé sa sérénité mais on sent que Clara se cache derrière une image qu'elle s'est forgée. Vit-elle vraiment sa vie? En réapparaissant dans son existence, Louis change toute la donne. Et de chapitre court en chapitre court, on passe d'un personnage à l'autre, les auteurs se gardant bien de nous livrer tous les éléments de compréhension. On nage en eaux troubles surtout que Clara, son père et Louis sont perturbés et ne perçoivent pas les événements comme le commun des mortels. Folie paranoïaque, cocktails médicamenteux, menace insidieuse, autant d'éléments qui font planer une épée au dessus des principaux protagonistes qui semblent se dépatouiller comme ils peuvent dans une toile d'araignée qui semble se resserrer autour d'eux. C'est assez angoissant et bien rendu, on a le ventre qui se tord au fil du déroulé du récit entre crimes, vendetta et révélations nombreuses.

Pour autant, on ne s'attache pas vraiment aux personnages. C'est loin d'être une critique car même si par moment on se rapproche d'eux, un élément répulsif nous est asséné dans les pages qui suivent. Chaque protagoniste a donc un côté attachant (la douleur du père qui a perdu toute relation de confiance avec sa fille, les victimes qui n'arrivent pas à se remettre des traumatismes du passé) et ses zones d'ombre (en chacun réside une part de violence pulsionnelle qu'il ne peut contrôler). Et puis, Kurtz et ses enseignements déviants sont toujours présents. De façon indirecte, via des flashbacks, des mises en relation, l'ogre est toujours en vie et pèse de tout son poids sur les pensées et les actes des deux jeunes gens. Cela fait froid dans le dos et cet aspect destinée fatale, les conséquences d'un embrigadement fascisant sur des esprits jeunes et/ou faibles est très très bien rendu, tout en finesse et sans exagération. Un très bon point pour les auteurs qui fournissent ici un thriller page-turner de très bonne facture, efficace et addictif. À lire absolument si la trilogie des Voies de l'ombre vous a plu.

Déjà chroniqués des mêmes auteurs, série des Voies de l'ombre:
- Prédation
- Stigmate
- Instinct