Cafards at home

lundi 30 mars 2015

Tesfa et son expérience Weight Catchers

Aujourd'hui est un jour important pour Tesfa. Suite à un léger accident il y a 6 mois, le couperet tombe : il faut qu'elle perde du poids. Choc dans son univers félin princier. Après près de 200 jours de privations, l'appréhension est grande à l'approche du RDV redouté, vaccin + contrôle IMC. Rencontre post verdict !

Le Capharnaüm éclairé : Bonjour Tesfa et merci de nous recevoir.
Tesfa : Miaou ! Dépêchez, je n'ai pas le temps, j'ai des heures de sieste à rattraper !

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(ça c'était avant...)

Le Capharnaüm éclairé : Il y a 6 mois, vous vous retrouvez chez le vétérinaire suite à une rechute. Vous vous coincez à nouveau la patte arrière droite et en plus d'une immobilisation forcée, vous apprenez qu'il va falloir perdre du poids. Comment prenez-vous la nouvelle ?
Tesfa : Très mal vous l'imaginez ! Je suis quand même la duchesse du quartier, celle que tout le monde regarde, un modèle ! Et cet humain se permet d'insinuer que j'ai du poids à perdre... Bouderies, râleries n'ont pas réussi à faire plier Mr K et Nelfe, il m'a fallu prendre mon courage à deux pattes et m'astreindre à ce régime.

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Le Capharnaüm éclairé : Comment avez-vous appréhendé cette période de diète ? Quels conseils donneriez-vous aux beautés félines qui nous suivent et qui voudraient s'inspirer de votre exemple ?
Tesfa : J'ai cru que j'allais mourir d'inanition. 10 grammes de croquettes en moins par jour mais c'est horrible ! Rendez-vous compte ! Le ventre qui se noue, la gamelle désespéremment vide, les moqueries de Nelfe... Arf ! J'ai cru que je n'allais pas réussir mon pari. Heureusement j'ai du tempérament et du charme, j'ai pu maintenir la patée gourmande du week-end à l'ordre du jour mais que ce fut dur ! Je n'ai qu'un conseil à vous donner les filles : Never give up !

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Le Capharnaüm éclairé : Cette perte de poids considérable est une vraie victoire pour vous. Allez-vous continuer sur cette lancée ?
Tesfa : Je dois avouer qu'avec 600g de moins je suis encore plus belle qu'auparavant, je tends de plus en plus vers la perfection et les compliments pleuvent. Vivement l'été que je puisse irradier de ma beauté tout le quartier ! Je vais sans doute persévérer dans mes efforts pour atteindre les 4kg mais attention pas plus, hors de question de me transformer en Cat Moss !

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Le Capharnaüm éclairé : Avez-vous des astuces pour éviter la reprise de poids ? Pouvez-vous nous les confier ?
Tesfa : Avoir des maîtres inhumains et insensibles qui ne cèdent jamais sous le coup de la compassion suite à nos miaulements répétés, rallonger les siestes pour ne pas voir le temps passer ou encore chasser (mais ça, trop peu pour moi !).

Le Capharnaüm éclairé : Bravo et merci pour ce moment que vous venez de nous accorder.
Tesfa : Miaou... ZzzzZzzZz...

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dimanche 29 mars 2015

Ça va, rien n'est perdu!

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Dessin de Riss tiré du site du Strips Journal

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samedi 28 mars 2015

"The Voices" de Marjane Satrapi

The-Voices-afficheL'histoire : Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n’est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s’entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu’il apprécie de plus en plus Fiona - la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l’usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments...

La critique Nelfesque : Après "Persepolis" et "Poulet aux prunes", Marjane Satrapi s'essaye à la comédie horrifique avec "The Voices". Une réussite par son côté comique que tout le monde a remarqué et mis en avant mais aussi, et surtout, pour son côté sensible.

Oui, "The Voices" est drôle. Les situations sont décalées, les plans originaux et l'univers coloré complètement déjanté. Toutes les critiques sont dithyrambiques à ce sujet (comme le prouve l'énorme bandeau moche sur l'affiche) et en lisant les avis des uns et des autres sur la toile on dirait même que cet aspect là du film a éclipsé le fond. Je ne sais pas si je suis un être à part ou une horrible psychopathe mais de mon côté, c'est avant tout l'aspect dramatique du film qui m'a le plus touchée. Je suis ressortie de cette séance profondément triste.

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"Triste ? Mais t'es sérieuse ? Tu ne peux pas ressentir de l'empathie pour un serial killer ?" C'est en substance ce qui m'a été répondu lorsque j'ai donné mon avis sur ce long métrage. Certes Jerry est un psychopathe. Il tue des femmes et entend des voix. Mister Whiskers, son chat roux (trop mignon), le pousse à commettre des choses que la morale réprouve. Bosco, grand chien pataud, est quant à lui son opposé, essayant de tirer Jerry vers le haut en le ramenant à la raison. Tels l'ange et le démon sur ses épaules, ses animaux l'obsèdent mais ils sont aussi ses seuls et uniques amis. Jerry est malade, schizophrène comme sa mère avant lui. Il ne parvient à déceler la réalité des choses qu'uniquement sous médication. Ses médicaments le coupent de sa vie intérieure et lui montrent au grand jour la misère de sa vie réelle alors il décide de ne pas les prendre quitte à commettre l'irréparable et accuser son chat de toutes les mauvaises pensées.

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Tout le film étant filmé avec les yeux de Jerry, on ne peut que ressentir de l'empathie pour cet homme. Une vie merdique, un manque de confiance en lui, un épisode traumatisant dans son enfance, des collègues moqueurs, un besoin d'amour flagrant... Cette histoire est pathétique et heureusement que le comique vient parfois dédramatisé l'ensemble car j'aurai versé ma larme encore plus souvent. Cette tristesse Jerry la porte en lui. Ryan Reynolds qui joue son rôle, interprète ce rôle d'homme pris entre deux feux à la perfection. Son changement de regard quand il trouve l'amour, son air perdu et désespéré quand il tue... rien que de l'évoquer j'en ai encore des frissons.

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Je n'en oublie pas pour autant le côté complètement loufoque du film qui vient alléger l'ensemble. J'ai totalement adhéré à ce parti pris, certaines scènes étant de vrais bulles d'air dans cette existence angoissante. Et quand elle fait dans le léger, la réalisatrice ne fait pas les choses à moitié ! Quelle fin !

Vous l'aurez compris, je vous conseille vivement d'aller voir "The Voices" qui est toujours à l'affiche. Pour vous marrer certes mais aussi peut être pour ouvrir les yeux sur la vie des gens atteints de maladies psychologiques qu'il est bien plus confortable pour nos consciences de qualifier de "fous" et de les oublier. Un film que je me procurerai en DVD, assurément !

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La critique de Mr K : 4/6. Une séance de cinéma bien sympathique et finalement très surprenante. Je m'attendais à une comédie noire très drôle, j'ai plus été marqué par le côté triste de l'entreprise avec une fin assez rude malgré l'ultime pied de nez final de la réalisatrice. Attention film unique entre sourire, frisson et révélations mélancoliques qui malgré quelques défauts pourrait fortement vous séduire.

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Jerry (Ryan Reynolds) travaille dans une usine fabriquant des baignoires dans la petite ville américaine tranquille de Milton. Plutôt solitaire, il passe son temps à discuter avec ses animaux de compagnie un chien débonnaire et un chat plutôt déviant. C'est que Jerry n'est pas comme tout le monde, il a une pathologie lourde qui l'oblige à prendre des cachets et à aller voir régulièrement sa psy. Tout va basculer quand il va s'éprendre de la belle comptable d'origine anglaise… Son existence bien réglée va être bousculée, les voix vont se faire de plus en plus pressantes et les cadavres vont s'accumuler.

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Ce film est un combiné de bien des genres, la réalisatrice passe vraiment à autre chose par rapport à ses productions précédentes. On flirte ici avec l'horreur pure, le fantastique, le thriller et la comédie à l'américaine notamment lors des passages avec les animaux qui parlent. Le traitement d'une histoire finalement classique et sans réelle surprise (d'où une bonne note mais pas fofolle) est étonnant et peut dérouter quelque peu le spectateur au début de la séance. J'ai trouvé d'ailleurs le démarrage un peu lent, heureusement la machine s'emballe bien dès la demi-heure passée et le métrage prend alors l'allure d'un gigantesque train fantôme entre rire, stupeur et larmes. Oui, il y a des passages vraiment poignants concernant le personnage principal et son enfance notamment.

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Les acteurs sont excellent avec en premier lieu un Ryan Reynolds qui excelle dans ce rôle d'homme perdu, handicapé de la vie qui cherche le bonheur en semant le malheur sur son chemin. Son jeu est tout en finesse et en charme. Cela ne m'a que peu étonné après la petite claque que m'avait donné le film Buried où il campait un américain enterré vivant (à voir absolument). Ses partenaires féminines ne sont pas en reste avec une Gemma Arteton survoltée aussi vivante que morte et une Anna Kendrick touchante de naïveté, chavirée par l'amour qu'elle voue à Jerry. On se surprendrait presque à espérer une happy-end alors que très vite, on se doute du caractère funeste du final que Marjane Satrapi transforme en un feu d'artifice délirant (n'insistez pas, vous n'en saurez pas plus!).

Un bon moment de cinéma, aux plaisirs variés et une réalisatrice qui change totalement de genre. À voir.

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The Voices : Bande annonce VOST [Ryan Reynolds... par Filmsactu

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vendredi 27 mars 2015

"Silo" de Hugh Howey

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L'histoire: Dans un futur post-apocalyptique indéterminé, une communauté d'hommes et de femmes a organisé sa survie dans un silo souterrain géant. Du monde extérieur, devenu hostile, personne ne sait rien, sinon que l'atmosphère y est désormais irrespirable. Les images de mauvaise qualité relayées par d'antiques caméras, montrant un paysage de ruines et de dévastation balayé de vents violents et de noirs nuages, ne semblent laisser aucune place à l'illusion. Pourtant, certain continuent d'espérer. Ces individus, dont l'optimisme pourrait s'avérer contagieux, représentent un danger potentiel. Leur punition est simple. Ils se voient accorder cela même à quoi ils aspirent: sortir.

La critique de Mr K: Belle découverte que cette occasion trouvée à un très bon prix chez notre abbé chéri fin janvier où nous avions une fois de plus craqué! La quatrième de couverture m'a séduit immédiatement et Nelfe m'avait plus ou moins parlé de phénomène littéraire concernant cet ouvrage. C'est plus tard que j'appris que Hugh Howey était capitaine de yacht, qu'il s'était auto-publié et qu'il a depuis connu un grand succès avec Silo qui se décline désormais en une trilogie que je ne manquerai pas de compléter vu le goût de revenez-y certain que m'a procuré ce premier tome (qui d'ailleurs pouvait se suffire à lui-même).

Ce volume est constitué de cinq grands chapitres, plus ou moins cinq grandes nouvelles qui tissent une histoire plutôt classique (ce sera mon seul reproche). Le monde extérieur n'est plus vivable et une communauté humaine s'est installée dans un silo souterrain géant qui s'étale sur 140 niveaux. On trouve de tout: une cafétéria avec vue imprenable sur le monde extérieur inhabitable, un shérif et ses bureaux (plus une cellule), des fermes hydroponiques, des mines et des mécanos, une manufactures pour la fabrication de pièces et objets, un mystérieux niveau réservé aux instances dirigeantes qui proscrivent absolument toute idée d'évasion et d'espoir, se contentant de faire appliquer des règles fixées il y a des décennies. Tout contrevenant est relâché en dehors du silo et se voit ainsi condamné à une mort certaine, empoisonné par un air devenu irrespirable. Pour autant, on ne peut empêcher les personnes de réfléchir et de se poser des questions, le changement est en marche...

Il s'agit du premier livre de SF édité par Acte Sud et franchement c'est une belle réussite. Pas étonnant d'ailleurs que ce soit eux qui l'ait signé tant cette œuvre sort des sentiers battus et se révèle très "littéraire" dans sa forme. Ne vous attendez-pas à une débauche d'action et de détails très science-fictionnels... Hugh Howey semble avant tout chose s'attacher à ses personnages et l'évolution de leur psychologie. Ils sont nombreux et c'est peu à peu qu'on apprend à les connaître avec leurs fêlures et leurs aspirations. Attention cependant à ne pas trop vous attacher à eux car l'auteur n'hésite pas à en sacrifier un certain nombre pour le bienfait de l'histoire générale. Vous côtoierez la shérif, le maire, les mécanos prolos du fin fond du silo, des enfants perdus, de mystérieux commanditaires et bien d'autres personnes que je vous laisse découvrir. Tout ce petit monde vis en vase clos ce qui apporte une touche indéniable de paranoïa et de claustration à un ouvrage à nul autre pareil.

En effet, l'auteur s'attache aussi beaucoup à nous décrire ce monde isolé, tourné sur lui-même et ses certitudes qui lui sont assénés par une rigueur implacable. On voyage beaucoup à l'intérieur du silo, on découvre des us et coutumes proches des nôtres mais tout de même modifiées à cause des conditions de vie étriquées et soumises à un avenir qui semble bouché. Ainsi la démographie est contrôlée pour éviter la surpopulation (un système de loterie permet d'élire les heureux élus pour former une famille), les rations calculées pour éviter toute pénurie et les esprits maintenus dans une ignorance crasse de ce qui s'est passé auparavant et des réalités du monde extérieur. Drôle d'ambiance donc qui fait sortir ce roman du lot et maintient un mystère durant tout ce premier volume qui en appelle clairement d'autres pour lever le voile sur des éléments non dévoilés et seulement évoqués au détour d'un paragraphe et d'une page. Si si, il y a un côté frustrant!

Le suspens ne retombe jamais durant ces quelques 550 pages qui se dévorent littéralement, la faute à un sens du récit certain, un goût pour le réalisme et des scènes chocs d'une rare intensité. L'écriture est agréable, exigeante par moment (surtout au départ, cela devient plus classique sur les deux derniers chapitres) et évocatrice à souhait. On partage vraiment la vie de ce silo et on en explore vraiment tous les aspects. Il y a un côté livre-somme avec un background très bien travaillé. Les mauvaises langues diront qu'il n'y a rien de nouveau (beaucoup d'éléments et de thématiques ont déjà été explorées) mais en toute honnêteté, je ne me suis pas ennuyé une seconde et l'ensemble se tient, maintenant une balance équilibrée entre récit vif et passages plus descriptifs forçant la réflexion. Beau mélange qui a fonctionné pour moi à plein.

Ce fut donc une lecture des plus plaisantes, longue, parfois plombante, parfois emplie d'espoir, où l'émotion fait la part belle à la réflexion et l'anticipation. Un bel ouvrage que je prolongerai dans les mois à venir en essayant de me procurer les tomes suivants.

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mardi 24 mars 2015

"Le Secret d'Orbae" de François Place

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L'histoire: Il y a cette île de l'autre côté du monde, entourée de fleuves de brume, dont le nom se prononce dans un souffle: Orbae. Il y a aussi une mystérieuse toile à nuages, et certaines cartes qui ne se lisent qu'à la clarté de la Lune… Il y a Cornélius, le jeune marchand de drap des froides villes du nord. Il y a Ziyara, la petite gardienne de chèvres des montagnes de Candaâ. Même les routes les plus contraires peuvent se rencontrer…

La critique de Mr K: J'avais entendu parler de François Place essentiellement en tant qu'illustrateur dans des œuvres jeunesses notamment avec les trois tomes de l'Atlas des géographes d'Orbae, œuvre cartographique imaginaire présentant un monde foisonnant et très complet. L'occasion s'est alors présentée à moi de lire le présent volume Le secret d'Orbae édité en poche chez Casterman, et donc de lire une œuvre faisant la part belle au voyage et à la découverte. Je ressors déçu de cette lecture.

L'auteur nous invite à suivre deux destins bien distincts qui vont finir par se rencontrer. Il y a tout d'abord Cornélius, un jeune drapier qui n'a qu'un rêve, trouver les mystérieuses montagnes bleues qui peuplent ses rêves et où il trouvera l'origine d'étranges étoffes aux reflets changeants comme le ciel. Sa route va le mener très loin de chez lui et il connaîtra moultes aventures avant d'avoir la révélation finale sur le but de son voyage. Dans la deuxième partie du volume, Ziyara simple bergère va connaître elle aussi un bouleversement dans son existence au détour d'une cérémonie qui lui révélera son destin. Commence alors la grande aventure de sa vie entre bannissement fondateur de sa contrée natale et exploration des océans du monde entier. Ces deux là vont finir par se rencontrer.

Vous l'avez compris, cet ouvrage est une invitation au voyage et l'on en traverse des régions durant les 400 pages que compte cet ouvrage. C'est la grande réussite de ce livre sur lequel souffle un vent d'aventure. Nos héros font de multiples rencontres, se heurtent à d'autres us et coutumes, traversent des paysages grandioses et observent des créatures étranges. Le hic réside dans le fait qu'il se dégage une impression de superficialité de l'ensemble. En effet, l'auteur passe très vite sur les différents lieux et les péripéties rendent une impression de "liste de course" d'actions et de descriptions bâclées au détriment de la profondeur de l'intrigue et de la psychologie des personnages. À faire trop d'ellipses, on ne fait que survoler les voyages de Cornélius et Ziyara. Du coup, même si la trame principale intrigue et accroche le lecteur, j'ai eu le plus grand mal à m'attacher aux deux héros et à leur destinée. On pourrait alors se dire que ce n'est qu'un ouvrage jeunesse mais j'en ai lu un certain nombre et celui-ci m'a semblé creux en terme de matière. Vraiment dommage car la quatrième de couverture était évocatrice à souhait.

Autre défaut, la tendance de François Place à s'attarder par contre sur les techniques de la cartographie dans son monde imaginaire et sur d'autres notions de géographie. Déjà que le récit manque de liant mais ces lourdeurs risquent d'égarer en chemin un certain nombre de jeunes lecteurs pour qui certains passages pourraient s'apparenter à du verbiage inutile (ils ne le dirait d'ailleurs certainement pas ainsi!). La langue de l'auteur est agréable mais j'ai trouvé qu'elle manquait d'épaisseur et de pouvoir de captation. C'est sans doute lié à ma perception négative de sa gestion du récit.

J'ai donc mis pas mal de temps à lire cet ouvrage alors qu'en général, je ne peux décrocher d'une lecture. La preuve s'il en est que celle-ci s'apparente à un coup dans l'eau… Dommage.

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lundi 23 mars 2015

"Qui ?" de Jacques Expert

Qui Jacques ExpertL'histoire : 1994, Carpentras, résidence pavillonnaire du Grand Chêne. Un lotissement où tout le monde connaît tout le monde, calme et sans histoires. Jusqu'à ce jour de mars, où la petite Laetitia Doussaint, est retrouvée violée et assassinée dans les bois alentours. Crime crapuleux dont l'auteur ne sera jamais identifié.

2013 : Quatre hommes s'apprêtent à regarder à la télé l'émission " Affaires non résolues ", dont le thème, ce soir là, est le meurtre de Carpentras. Quatre hommes hantés par l'affaire depuis ce jour où ils ont retrouvé le corps de Laetitia. Tous étaient voisins à cette époque, tous habitaient la résidence du Grand Chêne. Durant l'heure que va durer l'émission, avec son lot de questions et de révélations, ceux-ci se souviennent. Leurs épouses également. Certains secrets reviennent à la surface, des suspicions anciennes, des non-dits. Au terme de l'heure que dure l'émission, le voile sera levé. L'un de nos quatre hommes est en effet bel et bien le coupable du viol et du meurtre de Laetitia. Mais qui ?

La critique Nelfesque : En lisant la quatrième de couverture de "Qui ?" j'ai eu tout de suite envie de tenter l'expérience. Et le mot "expérience" est tout à fait justifié ici. Jacques Expert nous fait vivre le temps d'une soirée télé banale l'horreur d'un meurtre vieux de presque 20 ans.

La petite Laetitia a été retrouvée morte en 1994 après avoir été enlevée et avoir subi un viol. Deux décennies plus tard, l'assasin n'a toujours pas été retrouvé. Pourtant, l'enquête est toujours en cours et le commissaire Bouvard est bien déterminé à débusquer le coupable. Mais après tant d'années, difficile de faire la lumière sur cette affaire. Le temps a passé, les habitants du quartier du Grand Chêne ont déménagé, la vie a continué...

L'émission TV de ce soir vient à point nommé pour réveiller les souvenirs enfouis. Une sorte de "Complément d'enquête" qui va semer le trouble dans la vie bien rangée du coupable, de sa famille mais aussi de ses voisins de l'époque. Le temps d'une soirée, ils vont revivre les faits et l'enquête au cours des années suivantes pour enfin peut-être ce soir mettre un nom sur le meurtrier de Laetitia.

Jacques Expert nous livre là un thriller psychologique rondement mené. Tour à tour, le lecteur entre dans le salon de plusieurs familles ayant vécu de près ou de loin le drame de 94. Certaines ont aidé pour les recherches, d'autres ont payé le prix de rumeurs, d'autres encore ont perdu un membre de leur famille et l'un d'eux est l'assassin. Mais qui ? Une chose est sûre, tous ont vu leurs vies changées. L'auteur nous balade d'un personnage à un autre, nous perd dans les méandres des souvenirs des uns et des autres, nous fait croire à la culpabilité de l'un pour mieux nous surprendre...

Parfois caricaturaux, les personnages sentent la misère, la vie à l'usine, l'alcool, bobonne aux fourneaux et la soumission. Il existe une vraie solidarité dans ce quartier et le drame vient ébranler les certitudes, réveillant les plus vils instincts chez les habitants. Qui va devenir un tyran, qui va devenir fou, qui va s'inventer une vie pour mieux dissimuler ses méfaits... La valse des hypocrites est en marche.

Chaque couple présenté ce soir se connaît, ont été voisins, sont partis en vacances ensemble. Dès le début du roman, Jacques Expert nous présente le premier d'entre eux. Le mari est le coupable, sa femme le soupçonne. Le ver est dans le fruit, le lecteur est hameçonné. La suite se déroule à une vitesse folle et les pages sont dévorées.

Roman à la construction singulière, "Qui ?" mêle passé et présent pour mieux perdre le lecteur. Chacun aura sa petite idée, chacun sa théorie et ses certitudes. Tous se planteront ! Si vous êtes amateurs de thrillers psychologiques et romans noirs aux ambiances lourdes et au rythme lent, lisez cette oeuvre qui vous baladera pour mieux vous cueillir. Un autre Sonatine à découvrir !

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dimanche 22 mars 2015

"Inherent Vice" de Paul Thomas Anderson

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L'histoire : L'ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu'elle est tombée amoureuse d'un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l'épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire... Mais ce n'est pas si simple...

C'est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme "trip" ou "démentiel", "amour" est l'un de ces mots galvaudés à force d'être utilisés – sauf que celui-là n'attire que les ennuis.

La critique Nelfesque : Attention film complètement barré ! "Inherent Vice" en laissera pas mal sur la touche là où d'autres crieront au génie. On est là en plein dans ce que le cinéma peut faire de plus hallucinogène...

Vendu comme un film policier, ne vous attendez pas uniquement à cela en allant voir ce film sous peine de passer quelque peu à côté. L'histoire est sympa mais ce n'est vraiment pas ce que je retiendrai de ce long métrage. J'avoue que par moment j'ai été complètement paumée, perdue dans les délires "stupéfiants" de Paul Thomas Anderson. Le rythme est lent, les personnages sont multiples et les passages paranoïaques de  Doc Sportello ne sont pas là pour nous aider.

En allant voir "Inherent Vice", il faut accepter l'idée de se laisser porter, de ne pas tout contrôler et de rentrer dans le trip. Visuellement la claque est là. Les décors et les costumes sont tops, les plans sont sublimes... On est vraiment à 100% dans l'ambiance 70's. Joaquim Phoenix bouffe littéralement l'écran, bien qu'accompagné d'un florilège de personnages pas piqués des hannetons. Tous plus farfelus les uns que les autres, c'est un vrai défilé de vainqueurs totalement branques que ce film nous propose. Qu'est ce qui est vrai ? Qu'est ce qui est faux ? Parfois (souvent !), on se pose la question.

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La lumière se rallume. Groggy par les presque 2h30 de projection où mon cerveau a été retourné dans tous les sens, je ne suis pas en mesure de déterminer si j'ai aimé ou non ce film. Par certains aspects oui complètement, je l'ai même adoré, mais par d'autres j'ai envie de hurler "non mais c'est quoi ce délire !????". Cela fait maintenant plus d'une semaine que nous sommes allés le voir au cinéma et c'est un peu plus clair dans ma tête bien qu'un deuxième visionnage soit plus que nécessaire.

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Allez donc le voir au cinéma si l'idée d'être perdu ne vous fait pas peur et si vous aimez perdre le contrôle parfois. Allez-y également pour la beauté des images qui sur grand écran vous en mettront plein la vue. Allez-y aussi pour l'ambiance entre deux pétards. Allez-y si vous avez envie de vous marrer parfois sans trop comprendre pourquoi mais parce que la situation est tellement hallucinante qu'il ne peut en être autrement. Allez-y surtout pour le côté complètement délirant et à nul autre pareil que nous propose le réalisateur. Une bouffée d'air frais (et cannabique) sur le cinéma d'aujourd'hui.

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La critique de Mr K : 6/6. Première grosse claque cinématographique de l'année avec ce film bien barré du réalisateur du très réussi Magnolia. J'avoue que depuis ce métrage j'étais passé à côté de ses œuvres et cet Inherent Vice va me pousser à explorer la filmographie du bonhomme tant j'ai adoré ce drôle de voyage dans les 70' que nous aimons tant au Capharnaüm Éclairé. Un trip à situer entre un Big Lebowski (mon film culte!) et Las Vegas Parano, 2h29 de pur bonheur en barre avec une histoire emberlificotée, un acteur au sommet de sa forme et une réalisation aux petits oignons.

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Une ex (sublime d'ailleurs) de Doc (Joaquim Phoenix) vient le trouver car elle veut qu'il enquête sur la mystérieuse disparition de son richissime amant, magnat de l'immobilier trempant dans des affaires pas très nettes. Notre héros, détective privé porté sur la fumette et la relaxation, toujours amoureux de cette femme, ne peut résister et va chercher à démêler le vrai du faux d'une affaire aux méandres innombrables qui vont l'amener à croiser la route de personnages tous plus déjantés les uns que les autres: une prostituée asiatique au grand cœur, des bikers nazis, une communauté hippie bien space, un amateur frénétique de la batte de baseball… mais surtout, sa route ne fera que croiser celle de Bigfoot (Josh Brolin), flic psycho-rigide au comportement ambigu vis à vis de notre héros. Difficile d'en dire plus, tant l'intrigue est foisonnante. Sachez qu'il ne faut pas avoir peur de ne pas tout comprendre de suite, les pièces du puzzle sont livrées dans le désordre et sans mode d'emploi! Mais que c'est bon de ne pas être pris pour un consommateur lambda et de se laisser bercer par le rythme lent et quasi hypnotique de ce film.

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Joaquim Phoenix prouve une fois de plus qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Après sa surprenante et bluffante prestation dans l'excellent Her l'année dernière, il campe ici un personnage bien branque mais non dénué de nuance. Il est quasiment présent sur tous les plans du film et il ne détonne jamais, livrant une performance épatante. Quel talent! Les rôles secondaires ne sont pas en reste avec un Josh Brolin impérial en flic bouffeur de hippies complètement déjanté. Chacune de ses apparitions est attendue avec impatience par le spectateur fasciné par le côté terrible mais aussi comique de ce personnage en parfaite opposition avec le héros. J'ai aussi aimé revoir Benicio del Toro dans un film se déroulant dans les 70', il est toujours aussi impeccable (il est ici encore un avocat!), j'ai été agréablement surpris par Reese Witherspoon que d'habitude j’abhorre copieusement ainsi que par Owen Wilson étonnant dans son rôle d'infiltré par la FBI en manque d'amour familial. On sent que tout ce petit monde a pris un réel plaisir à participer à cette folle entreprise.

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Pour ce qui est de la réalisation, on tend vers la perfection avec un soin de tous les instants apporté aux images et aux plans. On est vraiment dans un film unique en son genre même si on peut le rapprocher dans son contenu des deux films cités plus haut. La musique est très bien choisie accompagnant à merveille le sujet et les scènes, elle nous plonge dans une Californie pétulante et vraiment dépaysante au regard de notre époque. Bel objet donc qu'Inherent Vice malgré une certaine mélancolie qui semble habiter Doc et qu'il transmet au spectateur prisonnier d'un film halluciné, délirant (il y a des passages surréalistes pour ne pas dire Kafkaïens) et digressif à souhait. La ligne droite n'est décidément pas le chemin emprunté par Anderson pour cette adaptation réputée impossible à réaliser du livre éponyme de Pynchon (que je n'ai pas lu mais qu'il va falloir essayer de trouver). Triste, noir à l'occasion (la fin du rêve pour la Nation américaine et le mouvement hippie?), les moments drôles sont là pour alléger l'ensemble qui s'apparente à un voyage à nul autre pareil et qu'il serait vraiment dommage de rater, surtout au cinéma. Un must!

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samedi 21 mars 2015

Le printemps dans nos PAL

Alors que certains sont en train de craquer leurs slips au Salon du Livre qui se tient en ce moment sur Paris, de notre côté, on fait la part belle aux secondes mains. Vous savez comment on est, depuis le temps que vous nous connaissez maintenant, quand on est devant des petits orphelins en attente de nouveaux parents, nous ne savons pas dire non !

Les acquisitions Nelfesques :

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- Revue XXI : Une revue toujours très intéressante avec des sujets de fond, c'est toujours bon à prendre. Surtout quand on la dégote à 1€ (pour info, c'est 15€ dans le commerce). A ce prix là dommage qu'il n'en restait qu'une...
- "Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson : "Quoi !? T'as JAMAIS lu "Millénium" !?" Hey ça va détend toi ! Bien sûr que je l'ai déjà lu. Tu me prends pour une fana de thriller en carton ou quoi ? Seulement voilà, mon tome 1, issu d'un troc est une vilaine édition France Loisir donc hop, on le remplace par la vraie de chez Actes Sud et ainsi les 3 tomes sont tous pareils dans la bibliothèque (comment ça, je suis une maniaque?).
- "Nickel Blues" de Nadine Monfils : Parce que j'ai déjà "Les Vacances d'un serial killer" dans ma PAL et que celui ci m'a l'air complètement déjanté, encore une fois !
- "La Répétition" de Eleanor Catton : Parce que j'ai flashé sur la couv' et que l'histoire est glauque à souhait. Pile le genre d'histoire qui me branche.
- "Purge" de Sofi Oksanen : Parce que ça fait longtemps que j'ai ce roman ci dans ma wish list et que la semaine passée j'ai vu l'adaptation sur Arte (sans savoir que c'était cela à la base sinon j'aurai stoppé le visionnage vu qu'en général je préfère lire les bouquins avant). Cette adaptation m'ayant complètement retournée, il fallait que je lise ce roman au plus vite. La vie est bien faite parfois, il m'est tombé dans les bras !
- "Beach Music" de Pat Conroy : Parce que j'ai adoré "Le Prince des marées" du même auteur et qu'un pavé de plus ne me fait pas peur.
- "Conséquences" de Darren Williams : Parce qu'on se trompe rarement avec un Sonatine.

Même si j'ai déjà une PAL à faire peur, j'ai été plutôt raisonnable et quand on sait que j'en ai eu pour 18€ l'ensemble, ça aurait été dommage de se priver !

Place maintenant à Mr K qui a perdu tout sens commun ...

Les acquisitions de Mr K :

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Côté horreur / fantastique :

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- "Ring" de Koji Suzuki : J'ai adoré l'adaptation d'Hidéo Nakata qui avait réussi à me filer la frousse de ma vie et le recueil de nouvelles "Dark Water" du même auteur m'avait bien plu... Tentation quand tu nous tiens!
- "Otage de la nuit" de Richard Matheson : On ne peut résister à un Matheson! Vous me dites que si? Je vous dis que non! Surtout que l'histoire de celui-ci mêlant couple à la dérive et femme fatale fantomatique semble réserver de belles surprises.
- "La Boucle" de Koji Suzuki : Tentation again avec mister Suzuki qui revient cette fois-ci avec une histoire de virus très très contagieux!

Côté policier :

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- "Les Orpailleurs" de Thierry Jonquet : Je ne l'ai pas lu celui-là, Thierry Jonquet ne m'a jamais déçu et ce volume a de très bonnes critiques. J'ai déjà hâte de le lire!
- "L'Epée de Darwin" de Dan Simmons : Ca fait un p'tit bout de temps que je n'ai pas fréquenté cet auteur. L'occasion fait le larron et cette histoire d'accident qui ne semble pas en être vraiment un est intrigante... Wait and see.
- "Le Jardin des pendus" de Ian Rankin : LE Rankin que je cherchais pour pouvoir ensuite enchaîner sur trois autres de la série mettant en scène l'innénarrable inspecteur Rébus! O joie!
- "La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond" de Serge Brussolo : Pour le titre complètement décalé, pour cette histoire de métro englouti où auraient survécus des rescapés, pour Brussolo enfin qui m'a souvent fait chavirer par son imagination si fertile.

Côté SF :

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- "Arche" de Stephen Baxter : Une histoire classique de fin du monde avec aux manette cet auteur que j'ai connu grâce à sa très belle collaboration avec Terry Pratchett. Hâte de voir ce que cela donne en solo.
- "La Face des eaux" de Robert Silverberg : Ben... face à un Silverberg , je ne peux pas résister... no comment!
- "Saison de rouille : hommes sans futur" de Pierre Pelot :  Pierre Pelot est aussi un auteur que j'affectionne et cette histoire d'apocalypse (une de plus me direz-vous) me parait bien thrash dans son développement.
- "American Gods" de Neil Gaiman : Ce sera mon premier livre de cet auteur dont la réputation n'est plus à faire. Couvert de récompenses, cet ouvrage a l'air bien barré et rentre complètement dans mes goûts.

Côté contemporain :

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- "Poulailler" de Carlos Batista : La quatrième de couverture est barrée de chez barrée avec une histoire d'enfant sadique reproduisant son monde déviant au sein d'un poulailler! Bien thrash à priori!
- "Les Anges vagabonds" de Kerouac : Pour retrouver la belle expérience que fut la lecture de Sur la route quand j'étais ado. En plus, la couverture est top!
- "Les Vieilles" de Pascale Gautier : La couverture m'a attiré l'oeil de suite et cette histoire de nouvelle retraitée qui va se confronter aux vieilles habitudes des plus anciens a l'air à la fois touchante et drôle.
- "Insupportable" de Giacomo Sartoni : Un petit livre plein de promesse à classer dans le noir le plus profond et que je lirai très prochainement avec l'histoire d'un jeune homme humilié dans sa vie de tous les jours et qui va réagir de façon extrême.
- "Petite" de Geneviève Brisac : Un coup de poker que cette chronique de l'anorexie à travers les yeux d'une jeune malade. C'est une pathologie qui m'a toujours interpellé, ce sera l'occasion d'en comprendre un peu plus les mécanismes physiques et surtout mentaux.
- "Malevil" de Robert Merle : La mort est mon métier a été un choc lors de sa lecture, j'ai hâte de replonger dans cet auteur avec ce livre traitant de l'apocalypse (again!).
- "Les Domestiques" de Gustavo Bossert : Une histoire étrange de domestiques cinglés squattant de force une maison. Bien branque et en provenance directe d'Amérique du Sud. Je prends!
- "On n'empêche pas un petit coeur d'aimer" de Claire Castillon :  Claire Castillon m'avait bien marqué avec Insecte, recueil de nouvelles bien noires. J'en redemande avec celui-ci qui à l'air tout aussi perché que le premier!
- "Le Monde selon Garp" de John Irving : Livre culte pour beaucoup, je vais tenter l'expérience. Je dois avouer que je ne sais même pas à quoi m'attendre!
- "Un Long dimanche de fiançailles" de Sébastien Japrisot : J'avais vraiment aimé le film et certains amis historiens m'en avait dit le plus grand bien. Comme en plus j'adore la littérature traitant de la Première Guerre mondiale, je saute le pas!
- "Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire" de Jonas Jonasson : Nelfe avait dévoré ce roman qui lui avait été prêté par l'ami Franck. Je voulais moi aussi le lire et le prix modique m'a fait basculer du côté obscure de la force!
- "Jeux de maux" de David Lodge : Pour tester cet auteur dont j'ai entendu le plus grand bien, il est question ici du Diable. Raison de plus pour s'y intéresser!
- "Le Violon noir" de Maxence Fermine : J'avais adoré "Neige", il m'était donc impossible de passer à côté de celui-ci qui est aussi très bien côté dans la blogosphère.

Bon j'ai craqué dans les grandes largeurs mais pour seulement 31€... Je suis pardonné, hein?

Je crois que là, on est privé de librairie pendant plusieurs mois !

vendredi 20 mars 2015

"L'Armée furieuse" de Fred Vargas

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L'histoire: Avec sa petite blouse à fleurs et son air timide, Valentine Vendermot et son histoire de fantômes ne sont pas de taille à mobiliser une brigade parisienne. Pourtant, le commissaire Adamsberg a très envie de s'intéresser à cette chevauchée nocturne dans le bocage normand. Il délègue l'enquête en cours et se rend sur les lieux: Ordebec, son église, son bistrot, son chemin de Bonneval, ses crimes atroces.

La critique de Mr K: L'Armée furieuse est l'avant dernier roman en date de Fred Vargas dans les aventures du commissaire Adamsberg. Je l'ai dégoté déjà depuis un certain temps et il me faisait de l'œil dans ma PAL de romans policiers. Je cédai donc à la tentation et plongeai avec délice dans l'univers si particulier de cette auteure que j'affectionne tout particulièrement.

Une fois de plus Adamsberg et son fidèle second Danglard (ainsi que toute la fine équipe) se retrouvent confrontés à une série de meurtres sanglants, cette fois-ci dans la campagne normande profonde. Il décide de se mettre plus ou moins au vert suite à l'escapade d'un suspect depuis les geôles de son commissariat (une histoire de riche personnalité assassinée et de bouc-émissaire banlieusard). Dans les brumes de Normandie, une compagnie fantastique erre dans les chemins de traverse en quête d'âmes à emporter en Enfer. Les cadavres s'accumulent, les indices moins... L'enquête progresse très lentement au rythme des éclairs de génie d'un Adamsberg toujours aussi nébuleux dans ses raisonnements et ses rapports aux autres.

Ce qu'il y a de bien chez Vargas, c'est l'impression de se retrouver chez soi avec des familiers dès le premier chapitre. Adamsberg reste égal à lui même, son charme reste toujours aussi prégnant avec en plus dans ce volume la découverte de son fils oublié qu'il avait retrouvé lors du roman précédent. Zerk et lui se ressemblent beaucoup et ils commencent à s'apprivoiser l'un l'autre, vu leur natures taciturnes, ce n'est pas évident au départ. On retrouve aussi Danglard à l'érudition digne d'une encyclopédie et au goût immodéré pour le vin blanc (mais comment fait-il pour tenir autant!) qui aura fort affaire avec Veyrenc dont il jalouse la relation étrange avec Adamsberg. C'est aussi au détour de certaines pages les apparitions remarquables et remarquées de Rettancourt, ogresse de la police nationale aussi efficace que forte en gueule et tous les autres membres de la brigade ainsi que le gros chat qui paresse à longueur de journée sur la photocopieuse (elles savent ce qui est bon ces bestioles-là!).

Vargas n'a pas son pareil pour planter un décor et des personnages de la ruralité. La Normandie des campagnes est très bien décrite dans ce roman depuis les descriptions du village d'Ordebec au caractère quelques peu renfermé des habitants. Nous nous promenons en compagnie du commissaire dans les bois et les chemins de d'exploitation à la recherche de lord Hellequin, seigneur mort-vivant venu sur Terre chercher les pêcheurs ne méritant pas une vie meilleure. Naturalisme, expressionnisme et même une pointe de fantastique à l'occasion, curieux mélange que ses errances champêtres où Adamsberg cherche une vérité enfouie dans le passé commun de cette commune où amitiés et haines perdurent entre les familles et les personnes. Les dialogues sont aussi succulents entre les parisiens tout frais débarqués et les personnes du crû aussi familières que pleines de bon sens. Au fil des rencontres, des expériences, les fausses pistes abondent et tour à tour le lecteur se prend à envisager toutes sortes de pistes sans vraiment pouvoir affirmer qu'elles soient bonnes pendant plus de dix pages tant l'auteur se complaît à nous surprendre de chapitre en chapitre.

Écriture une fois de plus simple et efficace, un sens du suspens vraiment incroyable, des personnages très attachants, une révélation finale qui se tient et difficile à deviner... autant de bons points qui font de cet opus une très belle réussite de plus à mettre à l'actif de Fred Vargas. À lire!

Déjà lus, appréciés et chroniqués du même auteur:
L'Homme à l'envers 
Sous les vents de Neptune
Dans les bois éternels
Un lieu incertain
L'homme aux cercles bleus
Coule la Seine
Sans feu ni lieu
- Ceux qui vont mourir te saluent

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mercredi 18 mars 2015

Thaïlande 2015 - En route pour les îles !

En lisant notre précédent article sur Bangkok, vous savez que notre départ pour les îles proches du Cambodge n'a pas été de tout repos. En effet, pris dans notre zénitude du moment, complètement détendus du slip et sous le charme de notre GH bangkokienne, nous avons loupé notre vol pour Trat. Persuadés que ce dernier était pour le lendemain, nous étions tranquillement en train de prendre notre petit déjeuner quand nous nous sommes rendus compte de notre erreur. On a tout stoppé net, Mr K a vu son appétit coupé (et ça c'est assez rare pour être souligné !) et il a fallu contacter la compagnie aérienne pour voir ce que l'on pouvait faire sachant que nous avions déjà nos réservations pour la suite du voyage et qu'accessoirement après l'avion, nous avions un bateau à prendre... Oui vous voyez la merdouille arriver !

Coup de fil à un ami à notre hôtel sur Koh Kood pour signaler notre retard, appel chez Bangkok Airways en thaïlandais s'il vous plaît (bon ok ce n'est pas moi qui ait parlé au téléphone) et nouveaux billets achetés pour le soir même. S'en est suivi une journée de flottement où nous en avons profité pour nous reposer et direction Trat où finalement nous passerons une nuit. A cause de la marée, impossible de rejoindre les îles le jour même.

Quand on voyage avec Bangkok Airways, on a accès au salon d'attente de la compagnie à l'aéroport. Avec banquettes pour s'alonger, code wifi, petits gâteaux et boissons à volonté. C'est plutôt chouettos. Sauf peut-être la déco spéciale St Valentin :

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L'avion est tout petit en comparaison des gros mastodontes que nous avons emprunté pour notre arrivée en Thaïlande mais l'arrivée est à l'échelle du piou piou et ça met tout de suite dans l'ambiance.

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Oh qu'il est meugnon ce petit "bus" qui nous conduit dans l'enceinte de... l'aéroport !?

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Concrètement, mis à part pour point de départ vers les îles, Trat n'a aucun intérêt. Nous étions quelques peu dégoûtés de devoir dormir sur place (surtout quand on voit l'hôtel où l'on a passé la nuit et la "gentillesse" des proprios sur place (un voyage c'est aussi des coups de gueule et des imprévus... hum...))

En revanche, sans ce contre temps nous n'aurions pas dîner sur la place du marché ! C'est l'occasion ici de vous montrer à quoi ressemblent les marchés alimentaires à la nuit tombée. Boudés par les touristes ayant peur d'attraper la tourista à cause d'une hygiène douteuse, de notre côté, on adore manger dans ces endroits. Ca c'est notre âme d'aventuriers... Pour l'instant nous n'avons jamais été malades et je trouve d'ailleurs que nous sommes bien trop à cheval sur les normes d'hygiène en France (merci l'Europe !). Aussi vous faites comme vous le sentez mais passer à côté de ces petits bonheurs gustatifs à des prix mini mini, ça serait vraiment dommage...

Sans compter que ça fourmille de vie et que les thaïlandais sont toujours ravis de nous faire goûter des petites choses !

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Une fois des brioches vapeurs et des soupes au contenu non identifiées mais délicieuses ingurgitées, ainsi qu'une bonne nuit de sommeil (dans un hôtel sans draps !), nous voici sur le départ pour les îles ! Et la sublime Koh Kood ! Mais ça, c'est une autre histoire ... ;)



Fin »