Le Capharnaüm Éclairé

jeudi 14 novembre 2019

"Mes 150 pourquoi : la Terre" de Anne-Claire Lévêque et Stephane Nicollet

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Le contenu : Le monde qui nous entoure est d’une grande complexité !

Pourquoi Internet a-t-il été une révolution planétaire ?
Pourquoi parle-t-on d’un "Continent de plastique" ?
Pourquoi un être humain sur dix n’a-t-il pas accès à l’eau potable ?
Pourquoi les Japonais célèbrent-ils la déesse du Fuji-Yama ?

La critique de Mr K : Changement de registre aujourd'hui avec un ouvrage documentaire destiné aux plus jeunes à partir de sept ans. Mes 150 pourquoi : la Terre se propose, à travers de multiples interrogations, de titiller la curiosité et d’inciter à la découverte de notre chère planète bleue et de ses habitants. Plus jeune, je raffolais de ce types de livres et mes parents m’en avait offert un certain nombre. Il y a donc eu un doux parfum de madeleine de Proust lors de la lecture de cet ouvrage fort réussi.

Divisé en cinq grandes parties qui balaient toute une série de questions, il satisfera tout ceux qui s’intéressent au monde qui les entoure. La première partie se présente sous forme de cartes successives qui reviennent sur des fondamentaux comme la tectonique des plaques, les continents et océans, les climats ou les grandes nations du monde. Puis à travers une thématique "paysages", les auteurs reviennent sur les grands ensembles naturels de notre planète comme les fleuves, les lacs, les montagnes, les déserts ou les merveilles naturelles dont regorge le monde que l’on ne connaît jamais assez bien.

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Ensuite, on s’intéresse à la population humaine (c’est la mode de la géographie humaine depuis maintenant plus de trente ans) avec la répartition démographique, les grandes mégalopoles du monde, les transports plus ou moins originaux qui existent ou encore la symbolique de certains drapeaux. On enchaîne de suite avec la question des ressources avec un focus sur l’eau, sur l’alimentation, les sources d’énergie, les dangers qui menacent la Terre et les solutions que l’on peut envisager. Enfin, on termine avec les cultures du monde avec des points sur les drôles d’habitats, les cultures gastronomiques, les jeux, jours de fêtes ou encore des architectures très particulières.

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Comme vous pouvez le constater la liste est longue et à aucun moment l’ennui ne pointe le bout de son nez. Bien illustré, levant des questions parfois étonnantes, toujours enrichissantes, les pages se tournent toutes seules et sans efforts. Les plus jeunes en apprendront donc beaucoup tout en s’amusant. Je reste réservé sur certains textes que j’ai trouvé parfois orientés (je pense notamment au légendage sur le gaz vendu à un prix très accessible par la Russie (pas sûr que l’Ukraine et les pays de l’est soient de cet avis en cas de crise diplomatique) mais bon je chipote… Vous me connaissez, il faut que je râle tout de même. J’ai beaucoup apprécié par contre les éléments écologiques qui incitent nos chers têtes blondes à se saisir de ce sujet, à ne pas tomber dans le fatalisme et essayer de réagir. Greta Thunberg est passée par là et c’est salutaire.

Voilà donc un ouvrage frais, bien réalisé et qui permettra aux plus grands et aux plus petits d’amorcer des discussions intéressantes et de s’emparer de sujets hautement importants. Une chouette découverte que je vous invite à tenter à votre tour.

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mardi 12 novembre 2019

12 ans ! L'année de la 6ème !

Et oui, ça y est, notre blog est un grand garçon. Il quitte le nid pour le collège ! Pas la période la plus agréable pour Mr K (c'est qu'ils sont pas toujours très cools entre eux les mômes à cette période là et ne lui parlez pas non plus du collège unique, vous en auriez pour 2h ^^) mais pour moi ce sont des années de rigolades, de début de liberté et de bêtises de gosses. Voilà, on y est Le Capharnaüm éclairé a 12 ans aujourd'hui !

J'ai cherché un peu ce qui pourrait symboliser le chiffre 12 en préparant ce post. 12 mois dans une année, 12 signes du zodiaque, 12 Travaux pour Hercule... Oui, mais bon, tout ça c'est une évidence mais ça ne nous représente pas vraiment. Alors j'ai pensé que 12 c'était le numéro atomique du magnésium, en référence à mon côté scientifique, puis aux 12 syllabes dans un alexandrin pour la formation littéraire de Mr K... Vous avez vu, ça chauffe là haut ! Et puis il y a une chose qui nous réunit tous les 2 autour du 12. Une chose qui ne parlera pas à tout le monde mais qui ici est une institution. Bon sang, mais c'est bien sûr ! Le palet breton ! Mais qu'est-ce qu'elle raconte celle-là ? La voilà qui divague ! Sachez chers lecteurs qu'une partie de palet se déroulent en 12 points gagnants (exceptées les finales de tournois qui se déroulent en 15 points) ! Ah ça vous en bouche un coin ça hein !? Cet anniversaire est donc l'excuse toute trouvée pour la minute spéciale BZH offerte par Le Capharnaüm éclairé. Non, ne me remerciez pas..

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(Et puis, n'est-ce pas hautement photogénique sans déconner !?)

J'avais parlé l'an dernier de mon envie de revenir à des articles plus diversifiés et finalement ce ne fut pas le cas. On est resté très axé bouquins et cinéma dans le coin. Pas eu vraiment le temps, pas envie aussi parfois je dois l'avouer mais le plaisir de partager ici avec vous et sur tous les réseaux sociaux associés avec le temps (facebook quand il ne nous bloque pas pendant des semaines, twitter et puis notre chouchou insta à Mr K et moi) est toujours bel et bien présent. On a toujours considéré notre blogounet comme notre bébé, un projet commun, une passion commune à partager... Cette année à venir va voir ce rapport quelque peu bousculé avec l'arrivée d'un vrai bébé en chair et en os (et en cris et en couches) qui nous rejoindra en début d'année prochaine. C'est peut-être une annonce pour certains d'entre vous ici ! J'en profite aussi pour vous signaler qu'à cette occasion une nouvelle rubrique dédiée aux albums jeunesse verra le jour dans les prochaines semaines. Une section qui évoluera sans doute avec le temps et l'âge de notre crevette ! On reste donc encore une fois dans les livres mais que voulez-vous, on ne change pas, on met juste les costumes d'autres sur soi comme dirait une chanteuse canadienne !


(pour les 2 du fond qui auraient eu un doute...)

Alors, on en est où ici après 12 ans de blogging ? On fait notre petite vie, pépouze. On a nos lecteurs fidèles (coucou vous), un bon référencement qui nous amène quelques curieux (coucou vous), des maisons d'édition / auteurs / attachés de presse / traducteurs avec lesquels des liens se soudent au fil des ans (coucou vous), des recherches Google salaces ou insolites qui nous font débarquer des robots un peu étranges qui veulent nous marabouter ou nous introduire des objets contendants à des endroits que nous préférons garder chastes (coucou vous). On ne regarde pas le compteur, on profite de chaque jour passé à partager ce qu'on aime avec vous et on est content. Tout simplement.

Merci donc d'être là depuis toutes ces années, merci de nous suivre, merci de nous rejoindre, merci d'échanger avec nous ici ou ailleurs. C'est une chouette aventure qu'on continue ensemble !

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dimanche 10 novembre 2019

"Joker" de Todd Phillips

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L'histoire : Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

La critique Nelfesque : J'avais très envie de voir Joker. Pourquoi ? Alors que je n'aime pas les super héros et que Batman m'indiffère passablement... Pour Joaquin Phoenix ? Pas faux, il est vrai que certaines de ses prestations, notamment dans l'excellent Her, m'avaient bluffée. Pour la Mostra de Venise ? Non, puisque j'avais prévu de le voir avant que l'acteur décroche le Lion d'or. J'ai eu fortement envie de voir Joker, tout simplement en voyant la bande annonce qui m'a scotchée à mon siège lorsqu'elle est sortie. Mr K n'était pas trop chaud pour aller le voir au départ et petit à petit j'ai réussi à le convaincre. Comme j'ai bien fait !

On suit le quotidien d'Arthur Fleck, un gars lambda avec des problèmes d'argent qui vit avec sa mère handicapée. Il s'occupe d'elle, la chérit et vit de petites missions de clown auprès d'enfants à l'hôpital et en tant qu'homme sandwich dans les rues de Gotham City. Lui-même présente un handicap, il rit nerveusement dans certaines situations, et on ne peut pas dire qu'il soit respecté par les gens qui l'entourent. De ses collègues de travail à son patron, en passant par les gens qu'il croise, il n'inspire que moqueries et méfiance. Car oui, Arthur Fleck est étrange et incompris.

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Sous traitement médicamenteux, qu'il se procure auprès de son assistante sociale dans un centre d'aide social, il est sans cesse sur un fil et peut à tout moment tomber. Cette tension est extrêmement bien rendue dans le film et nous tient à la gorge du début à la fin. Un faux pas et il tombe. Un licenciement, un passage à tabac, un mépris de plus et il bascule.

Dans un contexte social lui aussi à deux doigts de sombrer, le terreau est propice ici à un pétage de plombs en règle. Arthur veut aller de l'avant, a des rêves plein la tête, tente des choses, s'efforce de sourire en toutes circonstances comme sa mère lui a enseigné, mais arrive un moment où tout est trop dur et seul face à son mal, il va basculer et franchir la frontière qu'il tentait jusque là de garder à distance.

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Joker est à mes yeux beaucoup plus un film social qu'un long métrage en lien avec les super-héros. Vous n'avez pas vu Batman ? Vous vous fichez de tout ça et ce type d'univers ne vous parle pas ? Ici, on en est bien loin. On suit juste un homme qui arrive en bout de course et va complètement craquer face à une enfance traumatisante, une vie personnelle frustrante et un quotidien fait d'épreuves. Quand tout dans l'existence d'un homme semble lui mettre des bâtons dans les roues, quand le contexte économique et social est au diapason et que la gouvernance ne semble pas écouter le peuple, on en arrive à des situations extrêmes qui soulèvent les foules. Cela ne vous rappelle rien ?

Avec un film viscéralement prenant, qui tire la larme plus d'une fois, Todd Phillips surprend en proposant un long métrage diaboliquement actuel qui parle d'une époque, d'une génération, de la désespérance et du mal de vivre. L'acteur principal, par sa tension permanente et sa sensibilité à fleur de peau, porte le film qui ne serait pas celui qu'il est sans lui. Magnifique !

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La critique de Mr K : 5/6 : un sacré bon film qui ne passe pas loin de la case chef d’œuvre. Un acteur en état de grâce, un discours politique qui me parle, un ascenseur émotionnel d’une grande intensité font de ce film un métrage dont on se souvient longtemps après le visionnage même si pour ma part je trouve que la réalisation n’est pas exempte de défauts et empêche à mes yeux le film de côtoyer des œuvres cultes.

Joaquin Phoenix est tout bonnement fabuleux dans le rôle de ce grand benêt atteint de troubles psychotiques. Arthur Fleck vit seul avec sa vieille mère dont il s‘occupe avec fidélité. Clown de métier, il fait de la publicité dans la rue en soulevant une pancarte. Étrange et différent, il inquiète ses collègues car il est souvent pris de fous rires incontrôlables et tient des propos parfois décousus. Sous perfusion chimique, rendant visite à son travailleur social toutes les semaines, il ne se voit pas exister et patauge dans la galère. Son rêve ? Devenir humoriste. Le problème comme le dit sa mère, c’est qu’il n’est pas drôle et manque de confiance en lui.

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La routine n’est donc pas rose et les événements vont se précipiter à la suite d’un enchaînement de coups du sort qui vont faire basculer Arthur du côté obscur. Face à l’incurie des hommes, une société qui aliène les personnes les plus fragiles tout en les contrôlant via les médias, un homme pète les plombs et le Joker est cet homme ci. Mais que son chemin de croix est long et douloureux avant la libération anarchique qui va le mettre sur orbite !

Joaquin Phoenix porte tout le film sur ses épaules. Sa prestation est magistrale et nul doute que l’Oscar ne lui échappera pas. Littéralement possédé par son rôle, il joue à merveille et rend crédible un personnage tourmenté pour qui l’empathie fonctionne à plein. J’ai rarement vu quelqu’un jouer les psychopathes ou l’aliéné avec autant de brio. Dès les dix premières minutes, il me tirait déjà les larmes des yeux et je peux vous dire que ce n’était pas les dernières ! Il faut dire que le scénariste n’y va pas de main morte avec lui entre agressions, moqueries, complexes et une ambiance apocalyptique dans une Gotham City révoltée et au bord de l’implosion. Et si l’étincelle qui faisait tout sauter, c’était lui ?

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Il y a du Fight club et du V pour Vendetta dans ce film. La critique est acerbe et pointe du doigt l’impunité des puissants, la manipulation et l’exploitation des plus faibles. La société est malade, sous perfusion et l’explosion n’est plus loin. On est bien loin des films de super héros qui ne m’ont jamais séduit à cause de leur manichéisme exacerbé et l’absence de toute originalité. Ici, le mal se tapit partout, le récit sert un message politique fort avec comme aboutissement une superbe scène finale qui met le monde actuel face à ses contradictions : une démocratie qui n’en est plus vraiment une et la folie en guise de raison. Je peux vous dire que les frissons vous gagnent lors du visionnage et que l’on ne peut s’empêcher de penser à l’autoritarisme larvé de notre gouvernement, la culpabilisation et la paupérisation des plus fragiles, l’arrogance des riches et au final une société fracturée où l’on ne sait plus vivre ensemble. C’est la grosse surprise du film, une grande major se permet de tenir un discours aussi revendicatif, ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu ça. Bien sûr la teneur est moindre que les deux œuvres suscitées mais franchement j’adhère à 100%.

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Comme dit plus haut, Joker n’est cependant pas parfait. j’ai lu ici ou là que le métrage avait des accents scorcesien. Je trouve cela exagéré avec notamment un manque d’originalité de certains effets, de certaines scènes. Sans inventivité, des scènes manquant parfois de panaches sont contrebalancées par de purs moments de bravoure... C’est aussi ça Joker, un film étrange qui met mal à la l’aise et sort des sentiers battus. Je m’attendais vraiment à moins bien moi qui ne suis pas du tout fan du réalisateur (notamment depuis le très calamiteux Very bad trip 2). À part ce défaut, tout le reste vaut le détour avec notamment une musique qui accompagne magnifiquement la mue du personnage principal. Un film à ne pas louper donc, à voir au cinéma pour bénéficier d’émotions multipliées par dix et voir un spectacle total et révolutionnaire à sa manière.

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vendredi 8 novembre 2019

"Dieu n'a pas réponse à tout (mais Il est bien entouré)" de Tonino Benacquista et Nicolas Barral

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L’histoire : Dieu résout chaque jour les millions de petits problèmes qui se posent aux humains dans leur vie quotidienne. Pour ce faire, il est aidé d'une myriade d'assistants : tous les habitants du Paradis, et quelques-uns de l'Enfer par dérogation spéciale.

La critique de Mr K : Chronique d’une lecture décevante aujourd’hui avec Dieu n’a pas réponse à tout de Benacquista et Barral dégoté dans le CDI de mon bahut. Mon avis mitigé est d’autant plus rageant que je trouvais le concept de base hyper original et que Benacquista est un auteur que ma chère Nelfe apprécie beaucoup mais au final on n’aboutit pas vraiment à grand-chose... Voici le pourquoi du comment.

L’ouvrage se divise en six historiettes où l’on voit Dieu lui-même aux prises avec des difficultés. En effet, il est censé veiller sur sa création mais parfois des situations lui échappent et il doit faire appel à un auxiliaire tout droit venu du Paradis ou du Purgatoire. Ainsi dans ce volume il va faire appel à Al Capone, Louis XIV, Sigmund Freud, Homère, Marilyn Monroe ou encore Mozart.

Ces célébrités spécialisées chacune dans leur domaine vont devoir venir en aide successivement à un chercheur en nucléaire au bord de la dépression et du geste fatal, à un jeune garçon que son père pousse malgré lui dans une direction qui ne lui convient pas, à un révolutionnaire raté dans une dictature, à un grand timide qui pourrait bien changer le monde, à une bande de SDF azimutés qui veulent s’en sortir ou encore à un groupe de flics confrontés à la corruption de leur hiérarchie. Chaque récit apporte son lot de surprises avec pour commencer à chaque fois la situation inextricable de l’humain concerné par l’intervention divine, la découverte de l’individu que le Créateur choisi pour remplir sa mission et enfin la solution mise en œuvre. Le procédé est plutôt sympa et rafraîchissant dans un premier temps malheureusement cela s’essouffle assez rapidement avec des histoires inégales et un plaisir de lire qui s’étiole.

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Bon ce n’est pas franchement mauvais, de plus jeunes esprits y trouveront leur compte mais personnellement j’ai vu venir les choses à 10 km, peu ou pas de surprises pour ma part. Les dessins sont corrects, les scénarios sympathiques mais tout cela m’a paru bancal et sans grand intérêt. Vu les situations exposées, on s’attendrait à une critique sans fard de notre société malade mais même pas, les thématiques sont simplement survolées et l’on nourrit une certaine insatisfaction pour ne pas dire frustration. Même le personnage de Dieu m’a semblé vide ce qui est un comble !

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Aussi vite lue qu’oubliée, cette BD ne restera pas dans les annales pour les aficionados du genre. Cet ouvrage est plutôt à conseiller en priorité pour les jeunes pousses pré-ados et ados qui veulent se confronter à un récit différent et explorant de manière fun et sans prise de tête des thématiques bien actuelles. Les autres peuvent passer leur chemin...

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mardi 5 novembre 2019

"Je te suivrai en Sibérie" d'Irène Frain

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L’histoire : Pauline est de ces femmes qui brisent les obstacles. Risque-tout, elle quitte sa Lorraine natale à la fin de l’épopée napoléonienne pour rejoindre Moscou où, simple vendeuse de mode, elle est courtisée par un richissime aristocrate. Ivan Annenkov est un fervent admirateur de la France des Lumières et un farouche adversaire du servage. Il appartient à une société secrète qui rêve de renverser le tsar. Le complot échoue, les décembristes sont déportés en Sibérie. Ivan serait mort dans l’oubli le plus total si Pauline, comme sept autres femmes de condamnés, n’avait décidé de le rejoindre.

La petite bande, qui deviendra légendaire, soutient si bien les conjurés qu’ils relèvent la tête et fondent, derrière les murs de leur prison, une mini-république à la française...

La critique de Mr K : Attention petite bombe littéraire ! D’Irène Frain, je n’avais lu que Le Nabab et il y a fort longtemps au sortir de l’adolescence, ma mère appréciant l’auteure et me l’ayant conseillé. J’avais aimé le souffle romanesque et la langue si inventive et accessible d’une auteure que je n’ai depuis plus recroisée. L’occasion fait le larron et voila Je te suivrai en Sibérie qui se retrouve entre mes mains promettant une histoire mêlant grande histoire et passion amoureuse, un diptyque ô combien séduisant pour l’amateur de lecture que je suis. Contrat pleinement rempli pour une lecture express et prenante comme jamais.

Irène Frain décide avec ce vrai-faux roman de suivre les pas de Pauline, une française du XIXème siècle au parcours de vie incroyable. Tout ce qui est relaté ici est véridique et a été vérifié par l’auteure qui a suivi les traces de cette femme amoureuse d’un aristocrate russe déchu suite au démantèlement d’un groupuscule voulant la chute du Tsar (les fameux décembristes qui marqueront l’Histoire russe et auxquels on voue encore un culte aujourd’hui en Russie). On suit donc Irène Frain dans son périple à travers la Russie, ses rencontres et ses découvertes. On alterne avec la vie de Pauline, romancée pour l’occasion mais toujours relatée avec un souci de justesse et de coller au plus près de la réalité historique que l’auteure recouvre grâce à ses recherches, ses visites et la lecture de nombreux documents. Le mélange loin d‘être indigeste ou rebutant fonctionne pleinement et l’on se prend rapidement d’affection pour cette jeune femme intrépide.

Bien que d’extraction modeste, Pauline connaît donc un destin hors du commun. Enfance difficile, parents absents, elle doit se débrouiller vite toute seule. De fil en aiguille, se spécialisant dans la couture - sic -, elle sera amenée à travailler en Russie où une rencontre fera tout basculer. Volontaire, n’ayant pas la langue dans sa poche, courageuse entre toutes, elle va vivre une histoire d’amour intense et complexe. Beaucoup auraient baissé les bras lorsque l’homme aimé est emprisonné dans la Sibérie froide et inhospitalière. Elle non, elle n’hésite pas et part à l’autre bout du monde pour rester auprès de son bel Ivan et ils ne se quitteront jamais malgré l’adversité et la rancune tenace d’un monarque obsédé par son pouvoir. Pauline force le respect, sans effets de manche, ni stratagèmes littéraires surfaits, Irène Frain nous fait un portrait sensible et extrêmement poignant d’une femme que les éléments de l’Histoire ballottent en tous sens mais qui ne lâche jamais prise.

Débrouille, amitié (c’est un groupe de huit femmes soudées qui se constitue assez vite en Sibérie), soudoiements occasionnels pour améliorer l’ordinaire ou passer des messages, déménagements à répétition, grossesses multiples (oui cela paraît étonnant mais des rapprochement ont lieu entre l’épousée et son mari emprisonné), conditions de vie difficiles sont passés en revue au gré du déroulement de cette vie éprouvante mais pas gâchée pour autant. Malgré les difficultés, Pauline ne renonce jamais à sa quête de bonheur, elle ne passe pas loin de la catastrophe par moment mais sa rage de vivre l’emporte et mène finalement à une fin d’existence relativement plus apaisée même si la réhabilitation ne sera jamais complète pour les décembristes et leurs familles.

L’âme russe habite ce livre, la détermination de Pauline en est un bel exemple ainsi que le caractère bien trempé d’Ivan et de ses compagnons. Abnégation, une certaine forme de fierté aussi habitent ces pages mais aussi la notion de soumission à l’ordre établi se mêlent et donnent à lire des destinées prenantes et jusqu’au-boutistes parfois. Les férus d’Histoire y trouveront aussi leur compte avec de belles évocations du régime tsariste, d’événements clefs du XIXème siècle russe (méconnus en France car peu ou pas étudiés en cours), le tout romancé avec talent tout en respectant la matière. On croise aussi des figures du monde littéraire de l’époque avec notamment Dostoievski ou encore Dumas qui révèle à l’occasion un aspect désagréable de sa personnalité. C’est aussi l’occasion pour l’auteure de faire des allers-retours avec le présent, les souvenirs et traces restantes dans tel ou tel lieu, sous telle ou telle forme. Le voyage en cela devient véritablement passionnant et au fil des rencontres, l’histoire se densifie et prend une tournure vraiment puissante.

Je te suivrai en Sibérie fut donc un superbe voyage littéraire présentant une démarche singulière et passionnante de la part d’une auteure qui a toujours le don d’emporter ses lecteurs avec une langue bouleversante et d’une intensité impressionnante. Histoire d’amour renversante, destin hors du commun et bien réel, la Russie, son Histoire et ses contradiction sont au menu de cette lecture qui fera date dans mon esprit et que je vous encourage à entreprendre au plus vite.


samedi 2 novembre 2019

"La Captive de l'hiver" de Serge Brussolo

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L’histoire : Pourquoi les Vikings ont-ils traversé les mers pour enlever Marion, l'ymagière qui sculpte des vierges de pierre au fond d'une abbaye de la côte normande ? Pourquoi les guerriers de la mer sont-ils terrifiés par cette jeune femme, au point de lui emprisonner les mains dans des gantelets d'acier ?

C'est un univers gouverné par d'étranges superstitions qui attend Marion au-delà des glaciers. Là, elle doit veiller sur les divinités du clan au péril de sa vie, et se défier des intrigues que la jalousie fait naître autour d'elle. Car certains détestent cette "sorcière" venue de France, et multiplient les complots pour ruiner son crédit. Marion triomphera-t-elle des rites barbares du peuple des neiges, ou bien finira-t-elle par succomber aux dangereux secrets qu'elle a commis l'erreur de mettre au jour ?

La critique de Mr K : Il est toujours bon de retrouver Serge Brussolo, un auteur plus que prolifique (et dans bien des genres !) que j’affectionne tout particulièrement. La Captive de l’hiver m’a permis de retrouver Marion, l’héroïne de Pèlerins des ténèbres, un ouvrage qui m’avait bien séduit lors de sa lecture en 2014 même s’il n’était pas inoubliable. Entre temps, le hasard a mis sur mon chemin celui-ci qui est sa suite directe. Pour autant, vous pourrez le lire indépendemment sans que votre lecture en soit gênée. Au final, cette lecture s’est révélée rafraîchissante (au sens propre comme au sens figuré), bien prenante et très satisfaisante malgré un petit bémol dont je vous parlerai en fin de chronique.

On retrouve donc Marion, une jeune ymagière, sculpteuse d’images saintes qui va de lieu en lieu pour réparer le patrimoine religieux à l’époque moyenâgeuse, qui a réchappé à un pèlerinage périlleux lors du volume précédent. Elle s’est réfugiée dans un monastère de bord de mer en Normandie où elle récupère de ses émotions et travaille pour le compte des moines. Son talent n’est pas à prouver et elle fait la nique aux meilleurs artisans-hommes du crû. Ce répit est cependant de courte durée car très vite les lieux subissent une attaque viking qui semble destinée à l’enlever elle ! Commence pour Marion une aventure périlleuse où elle connaîtra moult émotions entre découverte, méfiance, incompréhension, attirance interdite ou encore peur indicible.

L’addiction est immédiate, deux chapitres suffisent pour replanter l’époque et nous représenter le personnage. Et puis, c’est l’attaque et le début du voyage vers le grand Nord. Avec finesse, des détails et un sens de la formule qui ne se démentent jamais, Brussolo nous fait partager le calvaire de Marion. Seule au milieu des loups, cette artiste chrétienne va découvrir les us et coutumes barbares de cette tribu viking qui est la dernière de son genre. Toutes les autres se sont converties de gré ou de force au christianisme, la voila chargée de veiller sur les totems de glaces de la tribu, représentations païennes d’Odin ou encore de Thor. Cette peuplade barbare ne supportant aucune faiblesse chez qui que ce soit (les plus faibles sont systématiquement livrés à eux mêmes, voire abandonnés à une mort certaine), la prisonnière va vivre dans une constante tension, la peur au ventre sans réelle vision de son avenir proche. Peu à peu, de découverte en découverte, elle va commencer à mieux comprendre les mœurs de ses ravisseurs, des relations s’instaurent entre respect, peur et fascination et au fil du temps, des secrets inavoués vont ressurgir, des éléments du passé qui pourraient bien fendiller le pacte unissant tous les membres de la tribu.

Marion devra donc être forte, savoir accepter son sort et essayer de survivre dans cet univers fermé, très froid (les conditions climatiques sont très bien rendues tout du long) où le moindre de ses faux pas pourrait lui être fatal. Comme elle n’a pas le droit de toucher quoique ce soit (ses mains sont considérées comme magiques) et qu’elle porte des gantelets de fer la plupart du temps, on lui adjoint une esclave nommée Svénia. Petite vieille enlevée dès son plus jeune âge, elle est sensée s’occuper de sa maîtresse dans tous ses gestes quotidiens et voit son sort lié à elle. Même si c’est un personnage intéressant, très vite elle m’a agacé par son côté péremptoire et ses multiples manœuvres pour conserver ses avantage. Bien que nécessaire pour le bon déroulé du récit, personnellement je souhaitais qu’elle disparaisse à chaque fin de chapitre ! Les autres personnages sont aussi intéressants avec notamment l’idée que derrière les gros colosses dépeints par l’auteur se cachent des hommes perclus de douleurs anciennes et prisonniers de leurs croyances et rites. La superstition fait partie intégrante de leur vie et en même temps, ils restent de simples hommes qui ont connu parfois des pertes irréparables et au nom d’espoirs fous sont capables de commettre le pire. On retrouve ici cette capacité qu'a Brussolo à surprendre son lecteur, à lui faire emprunter des voies de garage pour mieux le retourner ensuite avec des révélations qui font leur petit effet.

La lecture se fait donc avec un plaisir renouvelé et même si la fin est un peu abrupte à mon goût (comme si l’auteur avait voulu clore au plus vite l’histoire), on a nos réponses et on a vécu une belle aventure. L’écriture est très accessible, concise et précise, Brussolo propose en plus une belle plongée réaliste chez les vikings, loin des images d’Epinal qu’on nous sert régulièrement notamment dans certaines productions américaines. Tout ici est rudesse, saleté, survie en milieu hostile et relations humaines complexes au service d’un récit enlevé et plus tortueux qu’il n’y paraît au premier abord. La Captive de l'hiver conviendra à tous les amateurs de Brussolo et de romans historiques à suspens.

Egalement lus et chroniqués au Capharnaüm éclairé du même auteur :
"Le Syndrome du scaphandrier"
"Bunker"
"Les Emmurés"

"Avis de tempête"
"La Main froide"
"Pélerin des ténèbres"
"La Fille de la nuit"
"La Mélancolie des sirènes par trente mètres de fond"
"Le Livre du grand secret"
"Trajets et itinéraires de l'oubli"
"Le Nuisible"
"Le Murmure des loups"
- ''Le Cycle des ouragans"
- ''L'Armure de vengeance"
- "Procédure d'évacuation immédiate des musées fantômes"

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mardi 29 octobre 2019

"La Page blanche" de Pénélope Bagieu et Boulet - ADD-ON de Mr K

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J'ai déjà lu et chroniqué cet ouvrage le 19/02/13. Mr K vient de le terminer et de le chroniquer à son tour.

Afin que vous puissiez prendre connaissance de son avis, je vous mets dans ce présent billet le lien vers l'article originel où vous trouverez la critique de Mr K à la suite de la mienne.

Nous procédons ainsi pour les ouvrages déjà chroniqués au Capharnaüm Eclairé mais lus à nouveau par l'un de nous.

Pour "La Page blanche", ça se passe par là.

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samedi 26 octobre 2019

"Downton Abbey" de Michael Engler

DA afficheL'histoire : Les Crawley et leur personnel intrépide se préparent à vivre l'événement le plus important de leur vie : une visite du roi et de la reine d'Angleterre. Cette venue ne tardera pas à déclencher scandales, intrigues amoureuses et manigances qui pèseront sur l'avenir même de Downton.

La critique Nelfesque : En bonne grosse fan de Downton Abbey, j'attendais ce long métrage avec la plus grande impatience. La série, je l'ai regardé deux fois. Une première fois, pour une immersion en VO dans la langue anglaise et la seconde en incitant fortement Mr K à se joindre à moi. Je n'exclue pas la voir une 3ème fois mais on va attendre un peu pour ne pas faire peur à mon entourage...

Toujours est-il que lorsqu'il a été annoncé qu'une fin sur grand écran était en tournage, je trépignais d'impatience. Puis le jour est venu de se diriger vers le cinéma et au générique, j'en ai eu des frissons. Il faut voir celui-ci comme un gros "épisode spécial", ni plus ni moins. Je ne vois pas l'intérêt d'aller voir ce film si on n'a pas suivi la série (bien que j'ai discuté avec des spectateurs pour qui c'était le cas et qui ont fortement apprécié la séance) mais pour les habitués, c'est un très chouette point d'orgue à l'ensemble.

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Dans la continuité de la série donc on retrouve tout le casting habituel, que ce soit du côté des domestiques que du côté de la noblesse. Comme un dernier au-revoir, aucun à mon sens n'est là pour faire plaisir aux fans mais tous ont une utilité dans les intrigues ici proposées. Plusieurs s'imbriquent et ne dérogent pas aux règles déjà connus. Il n'y a pas de grosses surprises, c'est cousu de fils blancs mais ça ne vient pas non plus en contradiction avec des situations ou des caractères auxquels nous sommes habitués.

Venue de la famille royale à Downton, spoliation d'héritage, amour naissant, conquête de droits sociaux... sont autant de thèmes abordés dans le respect de l'ensemble de l'oeuvre. Nos chouchous restent nos chouchous, chacun a sa petite part de tendresse. Une page se tourne et les larmes pointent en fin de visionnage. Un peu pour la fin d'une histoire, beaucoup pour la fin d'un personnage que je voyais arriver mais qui m'a fendu le coeur... Ca n'est pas fait frontalement et je remercie le scénariste et réalisateur pour ça, sinon j'aurais fait une dépression (j'exagère ? à peine !), c'est subtil et bien amené mais ce n'est pas moins douloureux pour mon petit coeur de fan.

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L'humour est toujours au rendez-vous, au détour d'une scène avec Violet très souvent et lors de joutes verbales entre cette dernière et Isobel. C'est un véritable régal de retomber dans l'ambiance Downton Abbey et à entendre les rires et réactions des autres spectateurs dans la salle, on réalise que ça fait mouche chez tout le monde. Nous qui sommes habitués aux séances quasi privées, ici le public est venu nombreux.

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Il n'y a pas grand chose à rajouter. Si vous aimez la série, allez voir le film (je pense que vous l'avez déjà fait d'ailleurs !). Si vous êtes curieux, même si il y a pas mal de saisons, regardez la série avant d'enchaîner sur le film, vous ne le regretterez pas. Tout cela en VO bien entendu ! Si vous avez vu le film (déjà sorti il y a 1 mois, oui je suis longue pour écrire des chroniques en ce moment, je sais) et l'avez apprécié, vous avez tout intérêt à tout reprendre depuis le début. Vous n'imaginez pas toutes les surprises qui vous attendent... "Donwton Abbey" c'est terminé et tout cela est passé beaucoup trop vite !

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La critique de Mr K : 6/6. Quel plaisir de retrouver les Crowley et leurs serviteurs dans ce film qui ponctue à merveille une série que m’a fait découvrir Nelfe et que j’ai tout autant adoré qu’elle ! J’ai lu ici ou là qu’on pouvait aller voir ce film sans même connaître la série. Pour le coup, je pense que ces spectateurs sont passés à côté de nombreuses références et le film ne doit être qu'une bonne évocation de la vie de château chez les rosbifs. Si par contre, comme nous, vous êtes férus de la série et totalement addicts, courez-y, le film vaut vraiment le détour, propose des trames secondaires riches et ponctue magnifiquement la série sans en rajouter ou faire d'effets de manche artificiels.

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Au cœur du métrage, la venue du couple royal à Downton Abbey ! Ça c’est de la nouvelle pour les Crowley mais aussi un gros chamboulement ! À visite royale, exigences royales et dans cette demeure où chacun sait où est sa place et les règles qui lui incombent, le choc sera parfois dur à encaisser. On navigue donc entre le haut et le bas, poursuivant les protagonistes de notre curiosité et de notre intérêt. On est vraiment servi dans le domaine avec notamment un très bel arc narratif autour de Thomas Barrow (my number one in my heart, j’ai un côté midinette dès qu’on aborde son sujet !) ou encore une Violet déchaînée comme on l’aime à propos d’une captation d’héritage. On est donc en terrain connu mais quand on le cultive avec passion et talent, on ne peut que récolter de beaux fruits et je suis sorti ravi de cette séance de 2h qui m’a paru bien trop courte !

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On retrouve tous les bons ingrédients de la série avec l’avantage de voir le récit sur grand écran. Ça passe bien, les acteurs assurant tous leur partition avec talent. On reprend l’action quelques années après la dernière saison et tout s’intercale parfaitement. On retrouve nos personnages sans qu’ils aient vraiment changé, c’est comme si on retrouvait notre famille après quelques mois d’absence. Il y a l’événement de la visite qui provoque des réactions, des adaptations nécessaires mais au final on poursuit le visionnage surtout pour suivre le devenir de chacun. Passions, jalousies, amour, lutte d’influence, besoin de reconnaissance, convenances et désirs personnels se mêlent pour notre plus grand plaisir. Le format court impose un rythme plus rapide, des intrigues parfois seulement survolées mais franchement, le compte y est.

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Techniquement le film est irréprochable. On ne tombe pas dans le génie ou l’innovation mais le réalisateur fait le job et plutôt bien. Parcourir les jardins, couloirs et pièces de Downton Abbey sur grand écran est un plaisir de tous les instants et même si la facture classique de la réalisation manque d’ambition, on reste dans la continuité de la série. C’est avec émotion qu’on retrouve des lieux chéris, qu’on réentend le thème musical de la série et que l’on se replonge dans l’ambiance unique des lieux. Pas de regrets ou de récriminations à attendre de ma part pour le coup, le film s’apparentant à une douce sucrerie au parfum de nostalgie qu’il fait bon déguster et qui apportera son lot de surprises et de satisfaction aux amateurs de la série.

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jeudi 24 octobre 2019

"Danses du destin" de Michel Vittoz

Danses du destinL’histoire : J'ai tiré, il est tombé dans le caniveau. Je me souviens du bruit. Sourd. Un sac de terre sur le pavé. Je ne savais même pas qui c'était. Après je lui ai encore donné des coups de pied. La haine. Je ne croyais pas que c'était possible, haïr à ce point. Haïr un inconnu qu'on vient de tuer. Haïr un mort. Je ne sais pas combien de fois il aurait fallu que je le tue pour cesser de le haïr. Mes coups de pied l'ont fait rouler jusqu'au bord du quai. Il est tombé dans le canal entre deux bateaux. Je l'ai vu disparaître dans l'eau noire.

Je tue mon père sans le savoir. Tu veux comprendre pourquoi. Elle, Il devait la tuer. Nous n'en savons pas plus. Vous non plus. Ils se demandent ce qui a bien pu se passer.

La critique de Mr K : Chronique d’un ouvrage différent aujourd’hui, Danses du destin de Michel Vittoz appartient à cette catégorie d’ouvrage qui marquent durablement leur lecteur : une trame basique à portée universelle et une forme narrative éclatée jouant ici sur les pronoms personnels qui amorcent chaque début de chapitre comme une indication du point de vue adopté. La surprise initiale se meut très vite en la découverte d’une construction narrative originale qui porte le récit et lui donne une force insoupçonnée. Suivez le guide !

Sachez tout d’abord que cet ouvrage est la suite d’un livre que Michel Vittoz a publié il y a déjà bien des années. Ne l’ayant pas lu, je partais avec une petite appréhension que la suite de ma lecture a rapidement levé. Rassurez-vous donc, on peut tout a fait lire Danses du destin indépendamment et en retirer la substantifique moelle.

Tout commence par une course poursuite entre un malfrat et un policier qui se termine en drame. Le policier passe l’arme à gauche, le meurtrier s’échappe et se rend compte qu’il a tué sans le savoir son géniteur qu’il croyait mort depuis bien longtemps ! Commence une lente et profonde introspection matinée de références à Oedipe et à la psychanalyse qui y est liée. Tuer le père... En parallèle, nous suivons divers personnages qui de prime abord ne semblent pas reliés à la trame principale : un tueur à gage rend visite à une petite mamie esseulée, le Serpent une huile de la République Française qui agit dans l’ombre des puissants depuis des décennies ou encore un jeune flic plongé dans une enquête tortueuse. Des liens apparaissent, des faisceaux de présomption aussi et au final tout s’emboîte et emporte l’adhésion admirative du lecteur.

Il faut dire que l’auteur s’y entend pour proposer des personnages attachants et complexes. Chacun voit ici ses motivations les plus intimes remonter à la surface et livrées sur un plateau. Il souffle sur ces pages une certaine urgence, une dramaturgie intense qui prend à la gorge. Relations familiales, sociales et politiques sont décortiquées au-delà des apparences et des poncifs. En cela il se dégage une profonde humanité de ce récit dans ce qu’elle a parfois de beau mais souvent aussi de cruel et d’inique. On parcourt ces lignes avec une impression de malaise qui va grandissante, on réfléchit et on ne peut que constater les béances existantes dans certaines vies, tronquées, gâchées ou tout simplement touchées par un fatum annihilant.

La grande Histoire fait son apparition assez rapidement avec notamment l’évocation du passé trouble de certains protagonistes. La Seconde Guerre mondiale avec l’épisode de l’occupation allemande et le fractionnement en deux de la société française entre collabos et résistants est très subtilement évoquée à travers l’évocation du passé des plus âgés des protagonistes. Héros et salauds se côtoient, traversent parfois les barrières de la morale et leurs errances ont des retombées bien des années plus tard. Cela rajoute une profondeur à la trame, nourrit la perception que l’on a des personnages et invite à la révision des horizons d’écriture que l’on avait pu construire auparavant. C’est judicieux et totalement addictif surtout que l’auteur revenant au temps présent se permet entre deux phases de narration pure de distiller quelques messages de bon aloi en total cohérence avec ma perception de la société avec notamment la collusion médias / pouvoir et un message social clinique mais plein de vérité.

Cet ouvrage est donc bien plus qu’un simple roman fait de regret, de haine, de revanche et de règlement de comptes. Servi bien noir, sans réelle lueur d’espoir, il se lit avec une facilité déconcertante. La langue est gouleyante sans être exigeante. Il faut simplement s’adapter à l’organisation déstructurée des chapitres, faire le lien entre pronoms personnels et personnages, prendre patience et laissé le récit venir à soi et même se laisser interpeller par l'auteur qui n'hésite pas dans certains passages à nous interpeller directement ! Une fois les trente premières pages parcourues, on commence à saisir la logique adoptée et l’ensemble fascine. Très difficile à relâcher par la suite, on finit sa lecture heureux et quelque peu ébranlé par la teneur de l’ensemble. C'est typiquement le genre d’ouvrage que j’adore et que je ne saurais que trop vous conseiller.

mardi 22 octobre 2019

"Jack et le jackalope" de Ced et Mino

Jack couvL'histoire : Difficile de se faire remarquer quand on est le fils d’une légende de l’ouest. Pourtant, le petit Jack n’a qu’une idée en tête : impressionner son cowboy de papa ! Pour cela, il va capturer un animal mythique jamais vu de personne, le légendaire Jackalope, aussi connu sous le nom de "lapin cornu".

La critique Nelfesque : Makaka est une maison d'édition spécialisée dans la découverte de jeunes auteurs. Ced et Mino m'étaient jusqu'alors inconnus et en ça cette publication fait donc bien son job. Partons en plein far-west au côté de Jack, un jeune cowboy épris d'aventure.

Avec un trait qui n'est pas sans rappeler nos BD d'antan, Mino au dessin et Ced au scénario nous offrent une immersion au temps des westerns, au côté d'un Jack intrépide et prêt à tout pour faire briller l'étincelle de fierté dans les yeux de son père. Enfin, prêt à tout... jusqu'à un certain point. En voulant épater son paternel, il se met en chasse d'un animal légendaire. Son choix se porte assez vite sur le jackalope, un lapin cornu "farouche mais mignon" et en aucun cas dangereux. En se lançant à sa poursuite Jack ne veut pas risquer sa vie mais s'offrir sa petite dose de frissons et de péripéties.

Jack 1

Sur son chemin, il va rencontrer "Cri-de-l'élan-aux-pieds-froids-l'hiver-par-temps-moite", une jeune indienne fervente défenseuse de la nature. Pensant au départ que Jack n'est qu'un vulgaire chasseur sanguinaire, elle va lui faire promettre de ne pas faire de mal à l'animal. Nous allons retrouver ce personnage de-ci de-là au cours du récit et par son côté décalé, elle apporte une touche de fantaisie qui parlera plus aux adultes dans cette BD très axée jeunesse.

D'autres personnages féminins ne sont pas en reste, tels que Miss Crooton, une mamie légèrement gateuse qui fait également office de babysitter et Susan la soeur de Jack, bien plus lucide que son frangin. Sans en avoir conscience au départ, Jack va voir son aventure se mouvoir en quelque chose de plus important (si tant est que l'on puisse considérer que partir à la recherche du jackalope ne l'est pas) et donner d'excellentes raisons de rendre son père fier de lui.

Jack 2

Comment ne pas penser à des BD type "Yakari" ou "Lucky Luke" lorsqu'on lit "Jack et le jackalope" ? Sans doute est-ce le contexte ou encore l'époque qui forcément nous mène dans ces coins reculés de notre mémoire. Colorisée à l'aquarelle, dans des teintes chaudes et automnales, on garde un côté suranné qui n'est pas pour déplaire. Seul le choix de la typo fait tordre le nez tant elle fait penser au Comic Sans Ms (je n'ose m'imaginer que ce soit celle-ci...), la pire typo que l'on ait pu inventer. On perd en poésie et c'est dommage. Oui, ça tient à peu de chose chez moi...

Reste une bande dessinée attendrissante qui nous rappelle notre enfance, plaira aux plus petits et avec ses touches d'humour nous offre une histoire sur la paix, le partage et la tolérance.

Posté par Nelfe à 18:15 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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