Cafards at home

Le capharnaüm éclairé

dimanche 22 novembre 2009

"Confessions d'un linceul" Clive Barker

clivebL'histoire:

Et si les fantômes prenaient corps? À la morgue, le médecin légiste vient de déloger la balle qui trouait le front de Ronnie. L'ouverture, bien nette, est soudain une terre promise à son esprit encore lucide. Revivre, mais comment? Le drap qui le recouvre absorbe ce qui reste de sa conscience comme un Kleenex efface les traces de larmes...

Mais peut-être vaut-il encore mieux ce revenant drapé dans son linceul que Rawhead, l'ogre dévoreur d'enfants, qui sort de terre après des siècles... Et que dire de cette statue qui s'incarne dans ses victimes, pompant leur existence, aspirant leur âme?

La critique de Mr K:

Et de trois! Ce volume est en effet le troisième d'une série intitulée Livres de sang qui réunit les nouvelles du maître britannique de l'horreur: Clive Barker. Le présent opus est très réussi, je le classerai même en pôle position par rapport à ces prédécesseurs que j'avais trouvé inégaux (ici et ). Ici nous avons affaire à cinq nouvelles d'une soixantaine de pages chacune où le suspens est maintenu de bout en bout.

L'enfant de celluloïd ouvre ce bal mortifère avec une histoire de dimension parallèle et de revenant se déroulant dans un vieux cinéma. On retrouve ici une des obsessions de l'auteur, le rapport entre réalité et fiction. Très efficace, au style enlevé, la conclusion ne manquera pas de surprendre le lecteur averti.

Vient ensuite Rawhead Rex, une des deux meilleures nouvelles de ce recueil. Un ogre pluri-millénaire est réveillé par un paysan labourant son champ et son éveil est des plus brutal. Meurtres gores, personnages cernés et tués en une page, la religion comme sauf-conduit; c'est quasiment un opéra gothique flamboyant qui se déroule devant nos yeux. Là encore, le style alerte fait merveille et la fin abrupte laisse le lecteur pantelant.

S'ensuit Confessions d'un linceul (de pornographe) qui nous narre les déboires d'un comptable injustement accusé de pornographie, revenu d'entre les morts sous la forme de son suaire pour assouvir sa juste vengeance. Une bonne première partie, juste et réaliste à souhait. Petite déception cependant quand sa réincarnation passe à l'action, limite ridicule la vengeance reste trop douce à mes yeux par rapport au crime originel. L'écriture reste fluide et agréable mais le scénario limité m'empêche de classer cette nouvelle parmi les meilleures, la plus faible de ce lot en tout cas!

Les boucs émissaires est la quatrième nouvelle de ce volume et pour moi la meilleure. Quatre jeunes gens échouent sur une île absente de toute carte, caillouteuse aux relents de pourriture. Seuls êtres vivants présents, trois moutons dans leur enclos... Une merveille de suspens mais aussi de poésie. Le lecteur flotte entre descriptions impressionnistes et passages d'action fulgurants. La chute est terrible et laisse peu de place à l'espoir. Sans aucun doute, une des meilleures nouvelles de Barker.

Débris humains clôture ce volume en nous racontant l'histoire de Gavin, gigolo au visage d'ange qui au détour d'une passe va faire la rencontre d'une statue des plus étranges. L'entrée dans le fantastique se fait ici encore plus lente avec 2/3 d'histoire d'un réalisme glauque puis une course poursuite infernale. On retrouve ici les thèmes de l'ubiquité, de pacte diabolique. Une belle réussite même si la fin est attendue et ne surprendra pas grand monde.

Une bien bonne lecture que celle-ci. Dans les mois qui vont suivre, il me restera à vous critiquer le volume 4 que j'ai dégoté il y a déjà un petit moment...

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samedi 21 novembre 2009

Endors toi avec Mùm...

M_m___Sing_along_to_songs_you_don_t_know

Mùm (prononcez "Moum") est un groupe expérimental islandais fondé en 97. Depuis, pas mal de changements ont eu lieu au sein du groupe et ils nous livrent là leur 5ème album: "Sing along to songs you don't know".

Depuis "So go sumear the poison ivy", leur précédent album, et le départ des soeurs jumelles Valtysdottir, Mùm a pris un virage plus orienté "grand public". Ce dernier opus ne fait que confirmer cette amorce. En effet après le départ de Gyða en 2002, c'est au tour de Kristen de se retirer avant "So go...". Ces voix même qui faisaient pour beaucoup le charme du groupe planent aujourd'hui comme des spectres regrettés. Pour les habitués, il faut donc opérer un temps d'adaptation et un certain "effort d'écoute" pour tenter d'oublier le Mùm "d'avant" et repartir de zéro. Dur dur...

Ici, la musique se veut plus orchestrale et les voix multiples. Fini les atmosphères mystérieuses et fantasmagoriques proches de Sigur Ros, place à de la pop électronique gentillette. Cela suffit-il?

L'album débute avec "If I were a fish" qui semble être interprété avec des instruments-jouets cristallins. Ces instruments ne nous quitterons pas au fil de l'album. Si vous n'aimez pas le premier titre, je vous le dis tout de suite, passez votre chemin. Pour les besoins de la critique, j'ai poursuivi mon écoute. "Sing along" utilise des rythmes syncopés entêtants avant de mourir dans une fin éthérée qui tranche avec les minutes précédantes et introduit assez mal "Prophecies and reversed memories" sautillant et répétitif à la limite de la nausée. "A river don't stop to breathe" à l'accent classique et arrière plan électro précède "The smell of today is sweet like breastmilk in the wind" (non on peut pas faire plus long comme titre!) à l'instru faisant étrangement penser aux accompagnements préenregistrés de synthé "boumboum chak boumboum boumboum chak". "Show me" à la base onirique se trouve gâchée par les voix à l'unisson des chanteurs, ces voix multiples typées chorale. "Hullaballabalù" nous ramène vers le Mùm des débuts mais version "popisée" et là on enrage! "Blow your nose" commence comme un air de boîte à musique et relève un peu le niveau de l'album. "Kay-ray-ku-ku-ko-kex" résonne comme une incantation reposante pour nos oreilles et notre santé mentale. "Last shapes of never" composées d'arpège de guitare annonce "Illuminated"  encore une fois très chorale mais cette fois ci version canon (!!!). C'en est trop, c'est foutu, je deviens allergique! "Ladies of the new century" au piano annonce la fin de l'album telle une oraison funèbre. Mélodique et franchement écoutable mais très loin de ce à quoi Mùm nous avait habitué...

Mùm a toujours eu un style qui n'appartenait qu'à eux, un style que j'aimais vraiment beaucoup. Puis il a évolué... dans le bon ou le mauvais sens, question de goût. Pour moi, c'est terminé.

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vendredi 20 novembre 2009

Censure sécuritaire

serge_gainsbourg_vie_heroique_17159_1667442716Après la pipe de Jacques Tati et la cigarette de Coco Chanel, c'est au tour des volutes de fumée sur l'affiche du film Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar d'être bannies des couloirs du métropolitain par la régie publicitaire de la RATP, au nom du respect de la loi Evin contre le tabac.

"Cette affiche tombe sous le coup de la loi Evin, qui n'a pas changé même si l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité a demandé à la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, d'ouvrir des discussions en vue de l'assouplir", explique une porte-parole de la régie, Métrobus. En mai, l'ARPP avait estimé que des produits liés au tabac pourraient désormais figurer sur des publicités sous certaines conditions. Ils devaient notamment être "inséparables de l'image et de la personnalité de la personne disparue" et avoir une "finalité culturelle ou artistique". Mais Métrobus estime que cet avis "n'a pas de valeur juridique".

PAS DE FUMÉE SANS CIGARETTE

Le distributeur du film en France, Universal Pictures, souligne pourtant dans un communiqué qu'il avait "pris soin de ne faire apparaître aucune cigarette sur l'affiche". "La RATP est ainsi le seul réseau qui refuse aujourd'hui cette affiche", déplore le distributeur.

Le zèle dont fait preuve la RATP est d'autant plus surprenant que sa décision a été dénoncée vendredi par le Comité national contre le tabagisme. "Cette affiche, pas plus que celle de l'exposition dédiée à Tati ou la couverture des Mémoires de Jacques Chirac, n'a fait l'objet de la moindre démarche en faveur d'une interdiction de la part des associations mandatées pour veiller à l'application de la loi Evin", souligne le CNCT dans un communiqué.

"Avant d'être un fumeur, Serge Gainsbourg était un poète et un musicien de génie [...]. Nous gardons tous la mémoire de son visage enveloppé de volutes de fumée et il serait effectivement difficile d'imaginer de rendre compte de sa vie en dissimulant cette dimension de sa personnalité", rappelle le CNCT.

Lu sur le monde.fr

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jeudi 19 novembre 2009

Frankestein vs mother nature

En surfant sans but sur le web, je suis retombé sur cette petite vidéo concernant les méfaits de l'agriculture intensive sur la biodiversité et la qualité de nos sols. Édifiant et surtout flippant. Il s'agit d'un extrait du documentaire "Alerte à Babylon" du français Jean Druon sorti en 2005. Il va falloir que Nelfe et moi le dégotions au plus vite...


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mardi 17 novembre 2009

"Je, François Villon" Jean Teulé

francois_villon_L_1L'histoire:

Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a étudié à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les curés, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps. Il a ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes: l'absolue liberté.

L'avis de Mr K:

Mon premier contact avec Villon remonte à fort longtemps lorsque je n'étais qu'un littéraire boutonneux de lycée. Puis est venue la période de mes chères études d'Histoire avec ma spécialisation sur la période médiévale. Et puis, il y a eu le post de l'amie Ys concernant ce livre et mon père qui me prête le bouquin en me disant que j'allais prendre une claque et que l'époque est fidèlement retranscrite par Teullé.

J'ai dévoré ce volume. Déjà la vie de Villon en soi est passionnante: personnage historique abject par ses actes (viols, meurtres et tutti quanti) il a été aussi un génie hors norme: inventeur stylistique et linguistique, centrage de son oeuvre sur les réprouvés et esprit en avance sur son temps. Bien que parcellaire (beaucoup d'éléments restent encore inconnus pour les historiens), la vie de Villon nous emmène dans les prieurés, le faste des châteaux de la noblesse et dans les culs de basse fosse les plus sordides. C'est d'ailleurs dans la description de ces derniers, des cimetières de l'époque (manquent plus que les cochons qui dévoraient les cadavres!), des demeures des pauvres et tavernes mais aussi des tortures judiciaires pratiquées à l'époque que Teulé excelle, on retrouve ici la fascination morbide de l'auteur de Darling.

Le personnage du tuteur de Villon est une merveille: homme bon de nature qui se laisse dépasser par son filleul et ne pourra l'empêcher de faire les pires atrocités. Isabelle la jeune fille noble amoureuse de Villon qui lui fera subir la pire des humiliation (attention scène choc!) est un véritable éclat de soleil au milieu de la fange qui nous est ici décrite. Niveau glauque, on est servi par les personnages de la prostituée initiatrice, le charcutier cannibale, le bourreau sadique, un inquisiteur complètement félé et un Villon véritable génie du mal pour qui je n'ai eu aucune sympathie si ce n'est pour son oeuvre.

Une bien bonne lecture avec un tout petit reproche cependant. La fascination morbide de Teulé éclipse tous les pans positifs de l'époque notamment la grande solidarité sociale qui pouvait exister dans la société française au niveau du peuple (fêtes, entraide etc...).

Alors certes, le Villlon fut un bien mauvais garçon mais sa vie fut un roman et Jean Teulé maîtrise son sujet. Tout cela m'a donné envie de replonger dans l'oeuvre du célèbre poète en commençant peut-être d'ailleurs par les adaptations qu'en a fait Brassens.

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lundi 16 novembre 2009

Bouse apocalyptique

affiche2012L'histoire (sic):

On va tous crever sauf ceux qui ont de la thune!

Critique de Mr K:

1/6, assurément le nanar de l'année le charme en moins! Pendant plus de 2h30 mon beauf et moi avons beaucoup ri (jaune évidemment), lorsque le morceau de musique final a débuté ("pop-soupe" à la mode) et que la salle s'est illuminée, nous avons pris conscience d'avoir assisté à l'Armaggedon de ce que peuvent produire les grands studios US: scénario grotesque tenant sur une feuille d'OCB, acteurs qui en font des tonnes, le tout soupoudré d'une propagande pro-américaine marque de fabrique il est vrai d'Emmerich, célèbre pour son "film-catastrophe (hic) " Independance day. Honnêtement, on ne s'attendait pas à voir le film du siècle mais un bon divertissement sans prétention et son précédent métrage Le jour d'après était plutôt sympatoche.

Le bilan n'est pas brillant. Je lui accorde un point pour les effets spéciaux et encore... Ca sonne faux notamment lors des destructions urbaines et on a plus l'impression d'assister à la démo d'un jeu vidéo (je suis de ceux qui pensent que sans les jeux vidéos, le cinéma n'aurait jamais eu autant d'idées en matière de scènes reconstituées par ordinateur). Alors soit, ça pète de partout mais on y croit pas une seconde. Problème...

"Mais Mr K, le cinéma s'est fait pour rêver" me diront certains. Perso, ça ne me fait pas triper de suivre les péripéties d'ersatz de personnages à peine ébauchés déjà balancés à la poubelle (papa d'Adrian, le président US, la famille indienne...). Tout cela pour entretenir la pseudo sacro-sainte émotion, aucune catarsis de mon côté: ils peuvent tous crever, rien à foutre tant ça sent le réchauffé. Ne parlons pas de l'indigence des scénaristes (ils se sont mis à plusieurs pour le pondre, ça fait peur!), exemples: le réseau de téléphonie est bloqué sur l'ensemble de la planète, le pote indien du héros trouve réussi à l'appeler avec son portable pour lui dire qu'il n'a pas eu son avion et qu'il s'apprête à se manger une vague d'un kilomètre sur le coin de la tronche, l'ex femme en un  temps record fait des reproches à son ex, le trouve pas si mal, perd son nouveau mari et retourne avec l'ancien (en une journée de temps réel!), la fin se terminant sur un lever de soleil: R.I.D.I.C.U.L.E! Y'en a plus d'une dizaine comme ça!

2012_090817_02Les images sont belles mais les personnages ne sont que des caricatures. Danny Glover campe un président US qui se sacrifie, adepte des paroles consensuelles et lourdes de relents baptistes (d'ailleurs le lobby baptiste s'en donne à coeur joie, le film montre très clairement la mort du pape considéré comme un gourou de secte par nombre d'américains), le héros est plat, sans envergure rien de ce qu'il entreprend ne surprend vraiment le spectateur, Thandie Newton reste certes une des plus belles actrices du monde mais qui ici se révèle nominable à l'oscar de la plante verte tant elle se contente de nous servir son regard perdu et épleuré (elle était bien mieux dans Urgence!)... tout le reste du casting est du même acabit, y compris Woody Harrelson qui nous fait son numéro de félé déjà vu et en bien mieux dans Tueurs nés d'Oliver Stone. Le pompon revient au deuxième héros du film, un afro-américain géologue qui va sans le vouloir faire rire une bonne partie de la salle en déclamant une ode à la solidarité propre à l'espèce humaine pour laisser les gens restés à quai des arches (oups! j'ai spoilé!) rentrer dans les navires... sauf que ces fameux quidam sont pétés de thune! Que dire de toutes les personnes mortes dans cette catastrophe: c'est-à-dire les pauvres? Quantité négligeable sans doute... Et puis ils ne peuvent s'acheter la Bentley à détection vocale qui déconcentre le héros alors que la fin est proche... Du bling bling tout ça je vous dis! C'est dans l'air du temps... On aperçoit les pauvres, les déshérités, le peuple errant les habits en haillon, le visage couvert de larmes en tout et pour tout 10 min dans le film (vaut mieux vu qu'on atteint des sommets de niaiserie malsaine). Les fameuses scènes de dégâts ne concernent quasiment que les USA sauf quand il s'agit de dézinguer le souverain pontif à Rome. C'est essentiellement des américains qui sont mis en scène (alors que c'est la fin du monde tout de même!) et du coup, ce sont leurs valeurs qui sont véhiculées dans ce film. Valeurs martelées avec peu de finesse et surtout, beaucoup d'hypocrisie.  À signaler pour terminer la mise à mort, la quasi totale absence de cadavres à l'écran et de réelle représentation de la souffrance, un comble quand il s'agit de décrire la fin des temps... Quant à l'idée de fin, elle me semble déplacée et moralement intenable vu la façon dont nous occidentaux considérions et considérons encore aujourd'hui l'Afrique (je n'en dirai pas plus pour éviter de révéler trop de choses...)

Bref bref bref... à mes yeux un film à classer dans la catégorie NNN: Navrant, Niais et Néo-fascisant. Fin du monde et cinéma font vraiment mauvais ménage, mieux vaut se tourner vers la littérature SF pour en avoir un aperçu plus réaliste donc traumatisant. 2012 rime avec bouse... quelle belle langue que le français!

Posté par Mr K à 21:38 - La Kinoton du projectionniste - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 15 novembre 2009

On "Tilt" pour le Peuple de l'herbe

Le_peuple_de_l_herbe___Tilt

Le Peuple de l'herbe, nous offre là son 5ème album, enregistré à domicile, dans leur propre studio, la Supadope Factory, dans une volonté de maîtriser au mieux la vie quotidienne et la carrière du groupe. Loin des compromis et du consensuel, le Peuple est difficilement classable. Facilement relégué dans la famille "électro", leur musique est un mélange de dub, rock et postpunk aux influences black et hip-hop, parsemée de touches d'instru cinématographique. Difficile donc de mettre Le Peuple dans une case tant ils surfent avec brio entre les styles.

"Tilt" débute avec le titre "Heart & soul" qui anonce d'emblée la couleur d'un album énergique et puissant. Envolées cuivrées, breakbeats efficaces, basses lourdes, rythmiques d'acier, paroles tranchantes, nappes sombres et riffs nerveux sont les piliers de la musique azimutée des lyonnais du Peuple de l'herbe. Les morceaux s'enchaînent: "Brick by brick" fracassant hip-hop, "L'esprit d'une époque" pop aux chorus jazz, "Look up!" battle des voix de Jc001 et Sir Jean, "Pretty bad drug" drum'n'bass envoûtant, "Matchbox" trip-hop, "Supabreakin'" rétro, "Swamp" morceau hypnotique, "Get stronger" rock, "Green card" interlude de 51 secondes, sorte d'intro à "Nightmare" aux basses dub et à la trompette jazz, "Back against the wall". "Catch up" clôture l'album en summum électro et ne fait que nous confirmer que l'on vient de passer 50 minutes en dehors des sentiers battus, en plein trip musical qui fait du bien entre les 2 oreilles!

"Tilt" est une boule de flipper qui va droit au but...

En plus de l'écoute de ce dernier album, je ne peux que vous conseiller d'aller les voir sur scène pour prendre une bonne claque et ressortir "laver" de toutes les tensions accumulées. Le Peuple de l'herbe, un groupe qui fait du bien!

Posté par Nelfe à 15:49 - Le sonotone déchaîné - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 13 novembre 2009

Mythologie sarkozyste suite...

sarko_partout_REDUIT

Il est vraiment trop fort notre omniprésident. Déjà qu'il avait stoppé à lui tout seul la guerre en Géorgie à l'été 2008, stoppé la crise mondiale l'hiver dernier... Récemment, il déclarait qu'il avait assisté à la chute du mur de Berlin. Franchement, je dis bravo!
Tout est bon pour Monsieur pour se construire une légende. N'oublions jamais cependant que les mots mythologie et mythomanie ont la même racine...

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jeudi 12 novembre 2009

Quand la musique est bonne!

Cela fait un moment que Cachou m'a tagguée musicalement. Mais comme Mr K est un gros râleur (et oui, un mythe s'effondre...) qui n'aime pas les tags, je l'avais presque oublié! Profitant d'un moment où je suis seule, je me rebelle et m'en vais illustrer ma vie en musique! MOUHAHA! (je sais, je fais peur!)

La chanson que j'écoute en ce moment: "Take it easy" de Ghinzu (extraite de l'album "Mirror mirror"). J'ai tout de suite accroché et depuis, elle tourne pas mal dans mon lecteur CD. En musique, je deviens vite monomaniaque...

La chanson qui me rend joyeuse: "Malidor" de Franck Monnet. La première fois que je l'ai entendue, un sourire inexplicable est venu se coller sur ma figure. Depuis, à chaque écoute c'est la même chose. C'est sûrement la seule chanson capable de me faire me lever le matin avec une facilité déconcertante et avec le sourire (quand on sait comme j'aime mon lit et à quel point je suis de mauvaise humeur le matin, ça relève du miracle!). "Goûtez les! Goûtez les!"

La chanson qui me rappelle un ex-copain: Facile... En même temps, j'ai pas envie de chercher plus loin. "Le petit voisin" de Jeanne Cherhal.

La chanson qui me rapelle un ami perdu: "Ordinary life" de Kristen Barry. Une chanson qu'il aime plus que passionnément depuis plusieurs années. Pas tout à fait un ami perdu mais disons qu'une page s'est tournée.

La chanson qui me fait pleurer: "Chatenay Malabry" de Vincent Delerm qui me fait penser à ma grand-mère seule dans sa grande maison. Elle est tellement vraie cette chanson... "Je vous écris dans le silence qui s'installe, c'est un dimanche après midi je suis assise ds la grande salle... Les murs de Chatenay Malabry, les rires du passé me font mal..." Ce couplet me tue à chaque écoute.

La chanson qui me fait réfléchir sur le monde: Pfiou, alors celle là elle est pas facile... Disons que les chansons bien pensantes "sur le monde" et donneuses de leçons m'emmerdent profondément, je n'ai pas d'exemple précis... Plus que "sur le monde" en général, il y a des chansons dont le sujet me touche, parce que ça parle de ce qui fait notre quotidien et d'humanité. Ces petits combats qui mis bout à bout font "le monde". Pour ça, Monsieur Roux tient une place de choix avec "Le clodo" ou "L'homme ordinaire" par exemple.

La chanson qui en dit beaucoup sur moi: "Négatif" de Benjamin Biolay. Mon "dark side". Tout le monde connait mon côté "tagada pouet pouet", celui ci beaucoup moins...

La chanson qui fait que mes amis pensent à moi: Sans hésitation: "Again" d'Archive. Cette chanson fait partie de ma vie, dans les bons comme dans les mauvais moments, elle ne cesse d'être là.

La chanson qui me rappelle mon enfance: "Les roses blanches" de Berthe Sylva. Je pleurais quand j'entendais les paroles mais je la réclamais tout le temps! Elle me rappelle les personnes chères à mon coeur qui me la chantaient: "Et quand tu t'en iras, au grand jardin là bas, toutes ces roses blanches, tu les emporteras". Je vous préviens, c'est vieillot , années 20 :)

La chanson avec laquelle j'aime m'endormir: Je n'aime pas m'endormir avec de la musique. Allez hop, au suivant!

La chanson pour laquelle je ferai n'importe quoi pour l'entendre en live: Pas facile... Je dirai "Echoes" des Pink Floyd. Mais à part remonter le temps, je ne vois pas comment faire... David Gilmour, quel beau gosse!!!

La chanson qui me fait penser à ma solitude: "La solitude" de Barbara. Quand on est seul et qu'on ne le vit pas très bien, c'est exactement les mots de Barbara que l'on ressent.

La chanson qui n'est pas mon type de musique mais que j'aime quand même: "Beggin" de Madcon qui fait une très bonne reprise de Frankie Valli and the four seasons. Je n'aime pas du tout ce style de musique, même le clip est naze, mais quand j'entends celle ci, je me lève et je danse sur la table!

La chanson avec laquelle j'aime travailler: Si vraiment il faut que je bosse, bien concentrée, je n'écoute pas de musique.

La chanson que j'écoute dans ma voiture: Il y a une semaine, j'aurais dit: "rien du tout mon autoradio ne fonctionne plus". Maintenant que j'ai rerentré le code (suite à un changement de batterie, c'est passionnant ce que je raconte!), j'ai de nouveau la radio. Mais je n'ai QUE la radio... Donc en voiture, j'écoute pas mal de bouses...

La chanson que j'écoute en boucle sans me lasser: "Space oddity" de David Bowie sans hésitation. Le volume à fond, j'ai l'impression de voler avec cette chanson.

Je refile le bébé à ma copine Marie qui aime autant que moi la musique et se fera un plaisir de répondre à ce tag chronophage!

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mercredi 11 novembre 2009

"Junky" de William S. Burroughs

junkyL'histoire:

"On devient drogué parce qu'on n'a pas de fortes motivations dans une autre direction. La came l'emporte par défaut. J'ai essayé par curiosité. Je me piquais comme ça, quand je touchais. Je me suis retrouvé accroché. La plupart des drogués à qui j'ai parlé m'ont fait part d'une expérience semblable. Ils ne s'étaient pas mis à employer des drogues pour une raison dont ils pussent se souvenir. On ne décide pas d'être drogué. Un matin, on se réveille malade et on est drogué".

La critique de Mr K:

Lu en deux traites! Un classique des classiques concernant le thème de l'addiction et ses conséquences. William Lee, le héros héroïnomane de ce roman est en pleine errance: nous le suivons pendant ces deals, ses prises mais aussi (et surtout!) pendant ses phases de privation et ses démélés avec les forces de l'ordre. Véritable descente aux enfers, on assiste petit à petit à la lente déchéance d'un être humain qui à la base n'est pas plus stupide qu'un autre mais qui devenu "accro" va cumuler les revers et les conneries. Plus qu'un plaisir, la thèse implicite de ce recueil est que la came est un mode de vie. Ca fit scandale, le livre sera interdit de publication pendant plusieurs années (voir la très bonne préface d'Allen Ginsberg qui recontextualise parfaitement ce moment de l'histoire littéraire américaine).

Plus qu'un roman, c'est un témoignage. Celui indirect de Burroughs qui par ce premier roman nous raconte ses propres errances dans les paradis artificiels de sa prime jeunesse. Le style est lumineux: phrases courtes, syntaxe mécanique, froide. Pas d'apologie ni de condamnation ferme de l'usage de stupéfiants, juste une trajectoire d'un camé comme un autre. On est loin d'un univers humanisé à la Trainspotting, l'humour est totalement absent et des passages sont vraiment glaçant de réalisme (recherche d'une bonne veine pour se piquer, les rapports entre junky...). Une oeuvre qui se rapproche plus d'un Requiem for a dream tant l'amertume est ce qu'il reste comme goût dans la bouche à la fin de sa lecture. Livre culte donc mais à ne pas mettre entre toutes les mains!

Posté par Mr K à 15:27 - Des mots sous nos yeux - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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