Cafards at home

vendredi 29 avril 2016

"Tu n'as rien à craindre de moi" de Joann Sfar

Tu n'as rien à craindre de moi sfarL'histoire : C'est l'histoire des meilleurs moments de l'amour : ils se rencontrent, se regardent, se parlent des nuits entières, s'aiment sans cesse. Il la peint, elle s'amuse à être peinte... et après ?

La critique Nelfesque : Joann Sfar est un touche-à-tout. Dessinateur de talent, incroyable réalisateur, surprenant auteur, il est aussi prolixe sur les réseaux sociaux où on peut lire son avis et ses questionnements sur l'actualité, la politique, la religion mais également connaître ses goûts musicaux, ses coups de coeur ciné... Sfar, c'est un peu un copain... mais avec un cerveau (non, les amis revenez !) tant il pousse loin la réflexion. Qu'il soit en petit comité ou en ITW, il est fidèle à lui-même, en toute simplicité et sans arrière pensée. Proche de ses admirateurs et accessible, il n'en est pas moins quelqu'un de profond avec une vision sur le monde qui lui est propre. Avec "Tu n'as rien à craindre de moi", Joann Sfar nous le prouve encore une fois.

Seabearstein est artiste peintre. En couple avec Mireille Darc (pas la vraie comme il dit, mais sa fiancée qu'il aime appeler ainsi), il prépare une exposition pour le musée d'Orsay et pour cela s'apprête à peindre sa dulcinée dans le plus simple appareil. Commencent alors des questionnements, des tabous, des "brides d'inspiration". Sa fiancée ainsi peinte sera à la vue de tout un chacun et ça Seabearstein ne peut le supporter. Mireille Darc est belle, très belle mais elle est à lui et il garde jalousement sur elle son oeil lubrique et amoureux.

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Cette bande dessinée déroutera plus d'un lecteur. Il y est question de la vie d'un couple mais cette dernière n'est pas relatée d'une façon classique (on n'en attendait pas moins de Sfar). Bien que témoin des moments forts de leur vie à deux, le lecteur survole des instants fugaces et tenant plus de l'émotion et du sensoriel que du factuel. Point ici de premier repas dans la belle famille ou de récit d'emménagement dans les moindres détails. Sfar s'attache aux ressentis de ses personnages et particulièrement de celui de Seabearstein dans lequel il met une part de lui-même, de son talent, de ses obsessions. "Tu n'as rien à craindre de moi" n'est pas une BD facile qui s'appréhende dès la première planche, c'est une sorte de compilation de moments solitaires et à deux qui s'égrainent au fil des pages comme de minuscules sauts de puce. La sensation en fin de lecture est unique et l'envie de s'y replonger pour découvrir des détails passés inaperçus est immédiate.

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Amour, sentiment de solitude ou de dépendance, sensualité, sexualité, fantasmes et mensonges sont au coeur de cet ouvrage mais pas seulement. Quand on connaît Sfar, cela fait longtemps que l'on s'est rendu compte que certains sujets revenaient quasi systématiquement dans ses oeuvres. Des petites choses qui font que certains se sont lassés ou agacés, des "marronniers" spirituels, des schémas de pensée ou des raisonnements qui tournent en monologues philosophiques. On retrouve dans cet album la question de la religion et plus particulièrement du judaïsme. Sfar n'est jamais avare de considérations sur ce sujet. Quel place tient un juif dans le monde ? Y-a-t'il un dénominateur commun psychologique au peuple juif ?... Il y a une véritable quête de sens dans les ouvrages de Sfar et dans celui-ci en particulier, quitte à perdre en chemin ceux qui ne se sentent pas intéressés par le sujet, à l'image de Mireille Darc ici qui au détour d'une bulle apostrophe Seabearstein ainsi : "On peut tout de même se promener aux Galeries sans créer une guerre de religions !". La religion est au coeur de cet ouvrage, comme dans la vie de celui qui en pratique une ou tout simplement se questionne. Autant dire que Sfar se questionne beaucoup et nous bouscule avec ses cheminements de pensée et les réactions parfois surprenantes de ses personnages.

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Enfin, et surtout, il est beaucoup question d'Art. Seabearstein est peintre, il est artiste dans l'âme et pratique son art comme une nécessité. L'Art est vital pour lui. Quand l'expression de celui-ci se retrouve intrinsèquement lié à une femme qui devient à la fois sa maîtresse et sa muse, tout se complexifie. La création artistique est imbriquée à l'existence de ces personnages, de cet homme et de cette femme, de ce couple, de ce moment de vie volé au temps. Se posent alors les questions de processus créatifs, de la position du modèle et du peintre, de la Beauté...

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"Tu n'as rien à craindre de moi", vous l'aurez compris, est un ouvrage singulier. Complexe et pur, philosophique et cru mais surtout libre. Libre dans son expression et dans son ton. Une oeuvre à part que je vous conseille de découvrir quand vous vous sentirez prêt pour apprécier au mieux ce moment de lecture !

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jeudi 28 avril 2016

"En remorquant Jéhovah" de James Morrow

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L'histoire : L'annonce en fut faite au capitaine Anthony Van Horne le jour de son cinquantième anniversaire. L'archange Gabriel se tenait devant lui, ailes lumineuses, auréole clignotante : "Dieu est mort. Il est mort et Il est tombé dans la mer".

Mission du capitaine : aux commandes du supertanker Valparaiso, remorquer le divin Corps (trois kilomètres de long) des eaux équatoriales jusqu'aux glaces de l'Arctique, pour Le préserver des requins et de la décomposition. Là-bas, sur la banquise, les anges Lui ont construit un tombeau…

Oui, mais ça n'arrange personne, cette histoire. Écologistes et féministes s'en mêlent. Le Vatican aimerait éviter toute publicité – on le comprend ! Bref, ils sont plus d'un à vouloir enterrer l'affaire, c'est-à-dire couler le Valparaiso… et sa précieuse cargaison!

La critique de Mr K : C'est le hasard d'un chinage (une fois de plus) qui a mis sur ma route un livre pas tout à fait comme les autres. Je connaissais l'auteur, James Morrow, de nom grâce à une vieille amie qui en son temps n'avait pas tari d'éloges sur Notre mère qui êtes aux cieux du même auteur narrant l'histoire d'une petite fille, progéniture de Dieu livrée à la vindicte des humains (je l'ai dans ma PAL, il ne fera pas de vieux os je pense!). On retrouve ici dans En remorquant Jéhovah le goût de l'auteur pour le savant mélange de SF et de religion avec cette histoire incroyable aux lourdes répercussions et interrogations sur le genre humain. Vous allez voir, ça dépote!

Rien que le thème déjà interpelle: la mort de Dieu! Pour plus de la moitié de la planète, ce serait une catastrophe épouvantable si ça venait à se savoir. Il n'en est rien dans ce livre car un petit groupe d'humains triés sur le volet sont au courant de cette vérité inouïe. La révélation leur en est faite par le biais des archanges qui se meurent à la suite du Créateur. Ils confient à un ex capitaine de supertanker une mission sacrée: celle de convoyer dans le grand Nord le Corpus Deo dans sa sépulture de glace. Il sera accompagné dans sa tâche par un prêtre jésuite cosmologue et un équipage au complet. Le voyage va être celui de tous les dangers: extérieurs car bien des lobbys et intérêts particuliers s'intéressent à la mystérieuse cargaison mais aussi intérieurs avec les doutes et questionnements qui assaillent les protagonistes cohabitant avec le cadavre du Démiurge…

Ce livre est d'abord un très bon roman d'aventure maritime. Je suis amateur du genre et James Morrow est un talentueux conteur pour narrer la vie à bord d'un navire. Rien ne nous est épargné des atermoiements de l'équipage, des fortunes de mer et des rebondissements techniques. On pourrait se dire que le cadre d'un pétrolier gigantesque a moins de charme qu'un trois mâts ou un paquebot, loin de là! Le voyage en est plus exotique, original et la nature même du bateau prend toute son importance au moment clef de l'intrigue. On ne s'ennuie pas une seconde et la tension devient vraiment palpable et saisissante aux deux tiers du récit quand les éléments contraires se déchaînent contre l'expédition, on s'accroche aux pages comme à la barre d'un navire en pleine tempête, sensations fortes garanties!

Les personnages quoiqu'un peu caricaturaux (pas de réelle surprise dans leur développement personnel, leurs fêlures et les éléments de résolution) sont attachants, en premier lieu desquels le capitaine Anthony Van Horne hanté par un manquement qui a changé à jamais sa carrière et ses rapports avec un père autant admiré que craint. Figure tragique par excellence, c'est un chemin de croix pour lui que ce voyage aux frontières avec le fantastique et ses limites personnelles. Gravite autour de lui une galerie de personnages aux destins contrariés et aux aspirations biens différentes que l'auteur traite avec détail et finesse pour nourrir un récit qui très vite décolle et atteint des sommets insoupçonnés. Il y a Cassie, naufragés involontaire, féministe acharnée fascinée par Anthony Von Horne, Oliver son athée intégriste de fiancé qui la recherche partout grâce à la fortune accumulée de son industriel de père, les cardinaux du Vatican obnubilés par le Pouvoir en place et les conséquences de la révélation au monde de la mort de Dieu, deux associés amateurs de reconstitutions de batailles de la Seconde Guerre mondiale grandeur-nature obsédés par la menace japonaise et tout une pléthore d'autres personnages que je vous laisse découvrir par vous-même lors de cette lecture.

Là où le livre frappe vraiment fort, c'est dans sa dimension spirituelle. Loin d'être un ouvrage évangélisateur ou moralisateur, il nous interroge clairement sur la nature de la divinité, sur la notion de croyance et d'espoir. On peut apprécier ce livre que l'on soit croyant ou non, il donne à réfléchir sur la nécessité pour l'homme d'imaginer ce qu'il y a ou non après la mort (cause principale à mes yeux de la création des religions). Sur la nature humaine, cet ouvrage est assez éclairant notamment sur la notion d'engagement mais aussi d'hybris qui peut conduire à l'extrémisme (et Dieu sait qu'en ce moment, cette notion est au centre de l'actualité mondiale). Une fois quelques termes techniques déminés, fiction et éléments de science des religions (mon dada lors de mes études d'Histoire) se mêlent pour apporter au lecteur plaisir et enrichissement dans un mélange digeste et vraiment humaniste.

J'ai adoré cette lecture que je ne peux que conseiller aux amateurs du genre tant elle procure évasion et réflexion. Sachez qu'il s'agit du premier tome d'une trilogie mais que ce roman peut se lire en one-shot, vous n'avez donc aucune raison de ne pas vous laisser tenter!

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mercredi 27 avril 2016

Chronique d'un naufrage annoncé...

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Dessin de Bar tiré de son blog

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mardi 26 avril 2016

"Compartiment tueurs" de Sébastien Japrisot

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L'histoire : Quand vous prenez une couchette dans un train de nuit, méfiez-vous des rencontres. Quand on retrouve une femme étranglée dans votre compartiment, méfiez-vous de vos voisins. Quand on supprime un a un tous vos voisins, méfiez-vous tout court. Si vous n'êtes pas vous-même l'assassin, c'est embêtant!

La critique de Mr K : Petite déception que ce Compartiment tueurs pourtant prometteur de part son thème et son auteur, Sébastien Japrisot. Comme dit lors de son acquisition, j'aime les histoires se déroulant dans des trains, notamment quand on navigue dans le genre policier (l'incontournable Crime de l'Orient Express d'Agatha Christie), et Japrisot est suivi d'une sacrée réputation. Une intrigue bien ficelée mais un traitement ultra-classique qui ne réserve finalement aucune surprise et patine un peu en terme de rythme.

Une femme est retrouvée morte étranglée dans son compartiment couchette, cinq autres personnes ont passé la nuit au même endroit. La police part donc à la recherche de témoignages pour retrouver l'assassin qui sans doute faisait partie du voyage. La tâche se révèle ardue et surtout un compte à rebours funèbre est lancé, en effet les putatifs témoins meurent les uns après les autres assassinés d'une balle de revolver. L'enquête promet d'être longue et difficile.

Chaque chapitre correspond à un numéro de couchette et même si le procédé en soi n'est pas nouveau, je dois avouer qu'il fait son petit effet. Tour à tour, nous alternons le point de vue d'un des occupants du compartiment ou nous suivons les enquêteurs chargés de l'affaire. C'est le point fort du roman, la propension de l'auteur à caractériser en profondeur ses personnages et les situations qu'ils rencontrent. On rentre dans l'intimité de tous, même les petites gens à priori sans importance, les éléments se succèdent sans réels liens ce qui, vous vous en doutez, prendra toute son importance dans l'acte final.

Finesse des protagonistes ne rime pourtant pas avec une œuvre inoubliable. La faute à une trame principale trop classique, qui ne décolle jamais vraiment et qui abuse des clichés sans en retirer la substantifique moelle (ben oui, les clichés ont du bon et permettent bien souvent de structurer une œuvre pour après en dévier et mieux retourner le lecteur). Alors oui, les personnages sont denses mais les surprises rares et l'ennui fait même son apparition par moment. Dommage car du potentiel il y en avait mais si vous êtes un vieux renard de la lecture, vous devinerez la fin dès la moitié de l'ouvrage, ce qui est ballot vous en conviendrez.

Reste un style d'écriture plaisant car accessible, parfois amusant (un des policiers parle à la Audiard, je vote pour!) et l'ensemble se lit sans difficulté malgré une motivation en berne pour ma part à partir de la moitié de l'ouvrage. Un livre de genre totalement dispensable tant le genre policier pullule de classiques.

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lundi 25 avril 2016

"Fabrika" de Cyril Gely

fabrikaL'histoire : lls sont condamnés. Vous aussi. Mais vous ne le savez pas...
Blessé au cours d'une fusillade entre Russes et séparatistes, Charles Kaplan, photographe de guerre, se retrouve dans un hôpital de Kiev. L'homme qui l'accompagnait est mort et son cadavre s'est mystérieusement volatilisé. Tout comme sept autres...
Kaplan se lance sans une enquête effarante hantée par l'ombre d'un homme : Terek Smalko, chirurgien auréolé d'une légende noire. Et par deux mots sibyllins : Fabrika böbrekler, "l'usine à reins".
Un thriller remarquablement orchestré et documenté qui nous plonge, de Prague à Bucarest, de Shangai à Ankara, au coeur d'une réalité aussi terrifiante que vraisemblable.

La critique Nelfesque : Découvrir "Fabrika" de Cyril Gely s'est décidé sur un coup de tête. Je ne connaissais pas cet auteur mais la couverture m'a attirée et l'histoire me tentait beaucoup. J'ai donc abordé cette lecture comme l'occasion de découvrir une nouvelle plume dans un genre que j'affectionne et de peut-être être séduite. Pari gagné puisque j'ai dévoré ce roman (ce qui dans le thriller est gage de qualité).

Charles Kaplan est reporter de guerre, un photographe qui a couvert divers conflits majeurs de ces 30 dernières années. Son quotidien est fait d'adrénaline, de stress mais aussi d'une volonté profonde de témoigner de la réalité des guerres contemporaines. Cette particularité professionnelle du personnage principal n'est pas chose courante dans le thriller où le lecteur suit plus habituellement un flic ou un groupe d'enquêteurs. Il faut alors que l'ouvrage soit très bon pour qu'un lecteur assidu du genre soit surpris et conquis. Ici, découvrir l'histoire par le prisme d'un photographe apporte à la fois de la fraîcheur et de la nouveauté mais soulève également des problématiques différentes. N'étant pas agent de police, Charles n'est pas armé, n'a pas d'insigne ni de passe droit lui permettant d'agir à sa guise (la carte de presse a ses limites (d'ordre légal pour commencer)). Ses découvertes au fil des pages ne sont donc pas officielles, il navigue en eaux troubles dans un contexte violent et dangereux et aucune organisation d'état ne peut lui venir en aide en cas de besoin.

"Fabrika" est un page turner qui se lit très rapidement tant le lecteur est pris dans l'histoire et souhaite connaître le fin mot de l'histoire. Les rebondissements sont nombreux, on ne sait pas où l'auteur veut en venir et il nous mène du début à la fin par le bout du nez. En grande amatrice de thriller, j'ai adoré ne pas deviner à l'avance le point final de l'histoire et j'ai voyagé avec plaisir et tension aux quatre coins du monde. Cyril Gely débute son roman à Kiev où Charles Kaplan couvre le conflit ukrainien (pour rappel la Crise de Crimée a eu lieu en 2014). Accompagné d'un civil séparatiste qu'il rencontre au détour d'un reportage photo dans les rues de la capitale, il va très vite se retrouver face à des chars russes et par la suite sur un lit d'hôpital. C'est là qu'il apprend que son camarade est décédé et qu'un sombre trafic de cadavres a vu le jour au sein de l'institution. Dans l'agitation due à la guerre et avec un personnel débordé par l'arrivée massive de blessés, plusieurs dizaines de corps de personnes décédées ont mystérieusement disparus. Charles va alors se mettre en route, au péril de sa vie, pour découvrir la vérité.

L'écriture est simple et efficace. Les phrases sont courtes, le rythme est donné. Nous ne sommes pas ici en présence d'un ouvrage verbeux, Cyril Gely ayant très clairement une vision cinématographique des scènes qu'il nous donne à lire. On ne peut pas ne pas évoquer ici Grangé qui en la matière est un spécialiste du genre. Cyril Gely n'a pas à rougir de la comparaison tant le lecteur prend autant de plaisir à découvrir son roman.

Entre misère et pauvreté, pays en guerre, catastrophes naturelles, ONG frauduleuses et trafic d'organes, le lecteur est pris à la gorge. Que révèlent ces disparitions ? A qui profitent-elles ? Quelle organisation nécessitent-elles et qui la met en place ? Autant de questions qui vont hantées Charles et le lecteur qui le suit à la trace. Kiev, Prague, Bucarest, Shangai, Ankara, c'est pour un long voyage en terme de kilomètres parcourus que l'auteur nous embarque, sur un laps de temps court qui laisse peu de place à l'erreur et à l'égarement. Charles doit alors se révéler méthodique, instinctif et efficace tout en évitant de mettre ses jours en danger, toujours sur le fil du rasoir.

Amateurs de thrillers allant à 100 à l'heure où rebondissements et révélations sont légion, "Fabrika" est pour vous. Cyril Gely ne ménage pas ses lecteurs et nous donne à lire un ouvrage efficace et prenant qui ne nous laisse pas une minute de répit. Suspens haletant, contexte singulier, intrigue poisseuse et dévorante, on en redemande !

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samedi 23 avril 2016

"Mémoires d'un yakuza" de Saga Junichi

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L'histoire : L'histoire véridique d'Ijichi Eiji ou la vie d'un gangster japonais, d'un yakuza, telle qu'il la confia à son médecin avant de mourir, à la fin des années 1970. Chef de gang spécialisé dans les " affaires de jeu " à Tokyo, il raconte avec sincérité son apprentissage, son ascension sociale, ses amours, les tripots de jeu, les assassinats, ou bien comment il se coupa un doigt en signe de repentir. Il confesse coups de main, interrogatoires, prison, nous dévoile les coutumes et les rituels de cette confrérie et nous guide dans le monde souterrain du crime organisé au Japon.

La critique de Mr K : Retour en terres nippones aujourd'hui avec un document assez exceptionnel, le témoignage d'un authentique yakuza qui s'est confié à son médecin au crépuscule de sa vie. Se sentant proche de la mort et en confiance, il lui livre ses souvenirs de jeunesse, son entrée dans la confrérie Dewaya et sa montée en puissance en son sein. Belle lecture qui fait la part belle à une biographie haute en couleur qui tord le cou aux clichés et mêle des éléments culturels du Japon au début du siècle dernier pour une immersion totale et captivante.

Ijichi Eiji, le héros narrateur est né dans le ruisseau. Ce n'était pas gagné pour lui, il va faire ses armes sur les docks où il vivra chichement de petits boulots dont celui de batelier chargé de faire passer en douce de la marchandise et des clandestins. Mais très vite, il se rend compte que sa vie est ailleurs, que l'ennui guette et qu'il aspire à autre chose. C'est à ce moment crucial de son existence qu'il va être introduit dans la société de yakuza Dewaya où il va monter peu à peu en grade. Il y aura les passages obligés en prison, la gestion de sa maison de jeu, les rencontres d'un soir et le mariage, la fuite en avant et la rédemption... Autant de moments clefs que Ijichi Eiji raconte sans fard à son médecin fasciné par une existence hors du commun.

Avec Mémoires d'un yakuza, l'effet d'addiction est quasi immédiat. Il faut dire que le style clinique et sans fioritures de l'écriture y est pour beaucoup. Clairement, le style témoignage fonctionne à plein, passez donc votre chemin si vous êtes plutôt à la recherche du style nippon plus imagé à la Murakami. Sans ambages, nous suivons le jeune homme dans ses errances d'adolescent avec ses doutes et ses aspirations. On s'attache assez rapidement à lui tant il cherche à s'en sortir et à s'enrichir des rencontres qu'il peut faire. D'ailleurs chacune d'entre elles donne lieu à un développement du passé de cette personne, enrichissant considérablement les interactions entre individus, chacune apportant à l'autre un petit quelque chose qui le fera progresser. On assiste ainsi à la naissance de belles amitiés qui resteront indéfectibles, des antagonismes puissants et des rivalités qui apportent leur lot de tensions exacerbées et de passions fugaces mais puissantes. Il se dégage de l'ensemble une densité émotionnelle enveloppante comme rarement.

C'est un Japon méconnu qui nous est donné à voir. On est bien loin des images d'Épinal véhiculées sur les Yakuzas. On est loin des orgies de sexe et de sang qui inondent les écrans. Plus intimiste, le grand banditisme est ici paternaliste et protecteur. La violence est présente bien sûr, le machisme aussi mais les drames se jouent de manière plus feutrée et c'est vraiment en dernier recours que l'on commet l'irréparable. En parallèle, à travers quelques courtes scènes ou allusions, c'est un Japon du quotidien, des laissés pour compte qui est décrit: ici les travailleurs des fleuves et leur dur quotidien, là les geishas et leur existence entre luxe et clientélisme, les luttes de territoire dans tous les domaines (famille, commerce, industrie, crime organisé). Bien qu'assez court (362 pages), le volume propose une vision large d'un pays et de ses traditions et valeurs. Franchement, on ressort plus enrichi et plus calé sur un pays décidément fascinant.

Très bonne lecture donc que ces mémoires rapportées qui font revivre une époque révolue d'un Japon maintenant complètement plongé dans la course au modernisme et au libéralisme à tout crin. Ce fut un beau voyage dans le temps et dans les traditions nipponnes, une escapade que je ne peux que conseiller à tous les amoureux du pays du Soleil levant.

vendredi 22 avril 2016

Un jeudi sous la Purple Rain...

C'est avec stupeur que j'apprenais la Mort du Kid de Minneapolis hier soir lors d'une soirée crêpes entre collègues. La claque! La seconde après la mort de Bowie en janvier. 2016, année maudite pour les artistes cultes?

Le petit Prince de Fauna93

Dessin de Fauna93

Prince, c'est une part de mon enfance dans les eighties avec une mère fan, un best of qui tournait à plein volume certains dimanche après-midi, parfois en voiture, parfois en faisant le ménage sous les rythmes endiablés de ce génie de la musique. Musicien hors pair, compositeur de génie, personnalité bien trempée, je me souviens notamment de son combat contre sa maison de disque pour pouvoir créer autant qu'il le voulait.

Productif à la manière d'un Zappa en son temps, il m'a définitivement fait chavirer avec l'album Rainbow children où il conjugua avec brio free-jazz, funk et des accents hendrixiens sur certains solos mémorables de guitare. Performer de 1ère classe, il gâtait régulièrement ses fidèles lors de concerts à rallonge parfois improvisés.

Alors voila, je suis de nouveau orphelin et mon coeur saigne lorsque je repense à d'autres souvenirs liés à cet artiste incroyable: de bons trip avec ma meilleure amie, des séances festives de haut vol et des moments de grâce face à des morceaux d'anthologie.

Je vous laisse avec son tube immortel Purple Rain que j'ai écouté hier soir en rentrant à la maison passablement ébranlé. J'imagine déjà les boeufs de fous qu'il pourra désormais réaliser au Paradis des révolutionnaires de la musique avec Bowie, Reed, Harrisson et consorts...

2016, définitivement une année sombre pour les amateurs de musique.

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mercredi 20 avril 2016

"Hôpital nord" de Jean-Pierre Andrevon et Philippe Cousin

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L'histoire : Cette fois, ça y est ! Vous ne pouvez plus y échapper : il vous faut y aller. À L'HÔPITAL. L'hôpital ! Cet endroit lourd de terreurs secrètes et glacées, où l'on sait quand on entre, mais jamais quand on sort. Si on en sort. Que de bruits ne colporte-t-on pas, sur l'hôpital... Au sujet de Gabriel Chadenas, que l'on aurait opéré, et opéré encore, jusqu'à ce qu'il ne reste de lui que... Et de Mme Duprèze, la femme du patron de la morgue, qu'on n'aurait jamais revue. Et de la petite Frédérique, qui y aurait traversé un cauchemar de nuit et de brouillard. Et du mystérieux Debronkaert, malade introuvable qui serait bloqué dans un bloc opératoire entièrement automatisé... Sait-on vraiment ce qui se passe, à l'intérieur de l'énorme bloc cubique de L'HÔPITAL NORD ?

La critique de Mr K : C'est la couverture bien glauque et la quatrième de couverture nébuleuse qui m'ont de suite attiré. En effet, qui n'a pas passé un séjour horrible à l'hôpital? Étant quelque peu maso, j'achetai en seconde main le présent volume dans la double optique de retrouver un auteur apprécié (Andrevon qui s'entoure d'un comparse pour l'occasion) et l'envie d'être dérouté par un univers à priori complètement branque. Le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu!

Hôpital nord s'apparente à un recueil de nouvelles indépendantes toutes reliées cependant par un fil rouge: un mystérieux hôpital où il s'en passe de belles! Des patients disparaissent, d'autres sont traités alors qu'ils sont en parfaite santé, des portes ouvrent sur d'autres monde, des robots peuvent faire office de garde chiourme, les bébés peuvent être livrés à domicile et ceci par erreur (!), autant de petites histoires (11 en tout) décalées et dérangeantes qui conduisent le lecteur vers des territoires insoupçonnés et neufs d'un lieu que nous connaissons tous: l'hôpital!

En effet, on navigue constamment dans l'étrange à la manière des personnages principaux qui sont ballottés comme des fétus de paille, leur destin semblant leur échapper totalement. Les deux auteurs se plaisent à explorer ce lieux hanté par un fantastique moderne lorgnant vers la SF la plus pure sur certains récits. Nos fantasmes inavoués sur ce lieu clos médical explosent en plein jour entre peur, appréhension et parfois nécessité absolue de guérison. Les frissons sont au RDV ainsi qu'un humour noir saignant à souhait et saisissant. Certaines nouvelles retournent vraiment le cœur tant un fatum funeste plane au dessus de la tête de personnages profondément humains et vulnérables.

Puis, peu à peu l'ensemble gagne en cohérence, les textes se répondant les uns aux autres avec notamment l'évocation d'un certain Debronkaert que tout le monde cherche, la solution étant donné dans l'ultime texte. L'effet est confondant et fait passer cet ouvrage dans une autre dimension, celle des textes totalement maîtrisés, remarquablement construits qui amènent à réfléchir sur nombre de thématiques passées, actuelles ou à venir, le tout dans une langue abordable mais néanmoins précise, faisant la part belle à l'introspection et à la sidération face à des événements parfois vraiment délirants.

Une sacré bonne lecture à la fois rafraîchissante et étonnante bien que pessimiste dans le fond. Avis à tous les amateurs!

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
Un horizon de cendres
Tout à la main
Le monde enfin
La Fée et le géomètre
Le Travail du furet
Cauchemar... cauchemars !
- Gandahar

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lundi 18 avril 2016

"Les Invisibles" de Hugh Sheehy

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L'histoire : Hantées par de mystérieuses disparitions, des traces de violence ou une odeur de sang encore fraîche, les nouvelles de Hugh Sheehy sont autant d’éclats de noirceur au sein d’une Amérique singulière et étrange. Tous les personnages pourraient être "invisibles" à nos yeux, sans les drames qui les percutent de plein fouet et viennent bouleverser le cours de leurs existences. Une institutrice est séquestrée par deux marginaux dans le sous-sol de son école, avec l’un de ses élèves. Une adolescente de dix-sept ans en vient à envier ses meilleurs amis, certainement victimes d’un tueur en série. Un jeune homme retourne dans sa ville natale pour apprendre que son amour de jeunesse a été sauvagement assassinée...

La critique de Mr K : Nouvelle incursion dans la collection Terres d'Amérique d'Albin Michel avec le premier recueil de nouvelles d'un auteur américain émergent: Hugh Sheehy. En le recevant, j'ai de suite pensé à deux ouvrages que j'avais adoré Le Paradis des animaux de David James Poissant et Les Lumières de Central Park de Tom Barbash, deux recueils de nouvelles de jeunes pousses américaines placées sous le sceau du réalisme et de la désespérance humaine. Le pari est moins réussi avec Les Invisibles qui malgré quelques fulgurances ne décolle jamais vraiment et a manqué d'intensité émotionnelle à mes yeux. Mais revenons plus en détail sur cette lecture.

11 nouvelles réparties sur 284 pages se proposent de nous présenter des parcours de vie brisés dans une économie de mots poussée à l'extrême. On dépasse ici rarement la vingtaine de pages lors de micro-récits qui n'épargnent rien à leurs personnages: un surveillant de plage va rencontrer le sosie de sa fiancée disparue et confondre rêve et réalité, deux gamins jouent à se faire peur lors d'un soirée entre voisins, un homme recherche son beau-fils handicapé accusé d'incendie volontaire répété, un adolescent en perdition suit les pas d'un copain bien barré, un amnésique tente de retrouver la mémoire, un homme se souvient de son enfance quand il apprend que sa voisine a été sauvagement assassinée, un couple attend la venue de leur enfant et essaie de trouver un prénom qui convienne aux deux partis, un homme tente de rentrer chez lui alors qu'il se trouve en plein blizzard, une jeune fille se rend compte que ses amis ont été les proies d'un serial killer et une institutrice se retrouve séquestrée avec un de ses jeunes élèves par deux marginaux. Autant de situations qui vont dévisser de manière irrémédiable et marquer dans leur chair et leur esprit des humains lambda, loin des images véhiculées dans les films et certaines séries US.

Chaque nouvelle est donc un instantané d'une existence marquée par le lieu de l'action, l'époque est quant à elle contemporaine sauf dans certains flashback. On voyage beaucoup à travers les États-Unis entre fermes isolées, forêt profonde, routes verglacées, appartement en haut d'un building, plage californienne inondée de soleil et battue par le vent... Nul doute, on est en Amérique, terre éprise de liberté (certains personnages en sont les dépositaires dans ces nouvelles) mais percluse de contradictions dont l'ultra-solitude que peuvent ressentir certaines personnes. C'est d'ailleurs le point commun à chacun des textes, la solitude qui peut envahir n'importe qui et le faire sombrer dans une profonde mélancolie. Il y a de très beaux passages qui rendent compte d'un spleen persistant et funeste, l'auteur excelle dans la description de l'état d'esprit des adolescents en perdition. On est pris à la gorge par ce mal-être qui nous saute au visage et amène une réflexion sur ces êtres de papier mais aussi un peu sur nous-même, quelques flashback m'ont assailli d'ailleurs pendant cette lecture. Le malaise est vraiment palpable par moment malheureusement cette impression ne dure pas et un certain nombre de textes tombent du coup un peu à plat.

C'est le principal défaut de cet ouvrage et il est de taille. La situation de départ est très souvent intrigante mais soit le récit tourne en eau de boudin ou alors le personnage prend une trajectoire étrange voir déplaisante, illogique et non justifiée selon moi. On n'échappe pas non plus parfois aux clichés et certaines histoires m'ont semblé bien légères pour mériter d'être publiée comme si elles n'avaient pas vraiment été achevées. La caractérisation n'est pas exempt de défaut (elle est parfois vraiment limitée au strict minimum et elle ne m'a pas suffi alors) et empêche parfois de s'accrocher au récit. D'ailleurs après trois nouvelles j'étais vraiment dubitatif et un peu déçu tant j'apprécie ce genre de recueil.

Heureusement, Hugh Sheehy a un style incisif qui incite à poursuivre la lecture de son oeuvre malgré tout et quelques nouvelles sont de véritables pépites de noirceur et d'humanité. Il a réussi à me raccrocher et finalement, au moment de se forger un avis définitif, je dirais que c'est un recueil plutôt réussi mais dont la qualité est globalement irrégulière avec des nouvelles vraiment dispensables et d'autres carrément poignantes. À chacun, je pense de se faire sa propre idée...

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samedi 16 avril 2016

Le jour de la Reine

Il y a des événements qui reviennent à chaque saison et aujourd'hui c'est l'anniversaire de Nelfe! En ce jour de terreur (vous ne savez pas ce qu'elle nous fait subir depuis ce matin à Tesfa et à moi), certains de ses grands copains célèbres ont voulu le lui souhaiter à leur manière... Et oui, on connait du beau monde au Capharnaüm Éclairé et en plus, on vous en fait profiter. Vous avez trop de chance! Profite bien de ta journée et bon anniversaire ma chérie!

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Patrick: Je ne peux décemment pas te laisser dans un coin en ce jour sacré pour toi, hein bébé? Ce blog est ton espace vital mais je me permets d'y faire un tour pour te souhaiter un excellent anniversaire. Tu es une de mes plus grandes fans et tes lettres enflammées d'adolescentes m'ont porté pendant toute ma carrière, me forçant à me perfectionner dans mon jeu d'acteur.

Aujourd'hui, depuis le Paradis des acteurs, j'avoue nourrir quelques regrets. Tout aurait pu être possible entre nous si je n'étais pas mort et surtout si tu n'avais pas rencontré ce satané Mr K. Je ne t'en veux cependant pas, juste pour me faire plaisir, fais-lui passer une journée d'enfer pour lui apprendre la vie!

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Daniel: C'est tellement court une vie, tellement fragile aussi, que de courir après le temps ne laisse plus rien à vivre. Nelfe profite bien de ta journée et passe un très bon anniversaire. Pense à ce que je t'ai dit et médite mes paroles. L'amour est le chemin, toujours...

Je ne pourrais malheureusement pas assister aux rejouissances, je suis coincé sur le Mont Ararat. Mon coeur est avec vous, passez une très bonne journée. Quant à Mr K, j'espère qu'il sera un peu moins râleur pour ce jour béni entre tous...

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Dylan: Euh.... euuuuhhh.... hips... hips... Qu'est-ce que je dois dire déjà?! Bon anniversaire Nelfe et même si je ne t'ai pas vu dans ma superbe librairie, je te déteste déjà!

Je tenais à te souhaiter tout de même un happy birthday. Et puis... je n'ai pas de petite amie pour l'été et Manny a mangé toutes mes guêpes mortes... je me sens seul, vite, viens et ... 

Mr K: Je reprends la main car Dylan (Aka Bernard Black dans l'excellente série "Black Books") va un peu trop loin dans son élan d'affection envers ma charmante femme que j'aimerais garder au moins jusqu'à l'année prochaine...

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Tesfa: Et moi alors, je n'ai pas mon mot à dire??? Dégagez les bellâtres, le seul qu'elle aime Nelfe c'est mon papa, c'est Mr K!

Bon anniversaire maîtresse!

J'ai été bien, non? Simple et efficace, j'ai mouillé le maillot, j'aurai le droit à du pâté ce soir pour avoir éloigné les inopportuns?

Alors? Dîtes! S'il vous plaîîîîît!!! Je veux du pâtééééé!!!

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