Cafards at home

mercredi 22 octobre 2014

"La Prophétie de l'oiseau noir" de Marcus Sedgwick

la prophetie de l'oiseau noirL'histoire: Tom va mourir. Alexandra le sait.
Elle a encore vu l'oiseau noir, le messager de la mort. Elle a vu le revolver, la balle qui file vers son frère sur le champ de bataille.
Car elle a un don: voir la mort prochaine des êtres qui l'entourent.
Mais cette fois, elle ne laissera pas l'oiseau noir lui prendre son frère. Elle ira retrouver Tom, au cœur de la Grande Guerre. S'il n'est pas déjà trop tard...

La critique de Mr K: Retour dans la littérature jeunesse aujourd'hui avec ce roman de Marcus Sedgwick, auteur anglo-saxon plutôt connu outre-manche pour ses écrits pour adolescents et jeunes adultes. Il aborde dans La Prophétie de l'oiseau noir un sujet difficile: La Première Guerre mondiale et la boucherie qu'elle s'est révélée être. Il y rajoute un petit aspect fantastique avec une Cassandre des temps modernes incarnée ici par l'héroïne Alexandra.

Troisième enfant d'une famille anglaise bien installée, elle vit jusque là une vie des plus banales pour une jeune fille de l'époque. Son plus grand frère Edgar est dans une école d'officiers de l'armée royale et Tom (son préféré) veut suivre les traces de son père en faisant médecine. Mais la guerre vient tout chambouler et fait ressurgir un ancien don qu'elle avait enfoui au plus profond d'elle. Elle a la capacité de voir la mort des êtres qu'elle croise! Ses deux frères vont s'engager pour le front et la peur ne la quitte plus. Il lui faudra braver les interdits paternels et les us de l'époque pour mener sa quête afin d'essayer de sauver son frère.

La grosse réussite de ce livre est la reconstitution historique qui nous est proposée. L'auteur aborde 14-18 par le biais d'un point de vue novateur, celui d'une jeune fille aspirante infirmière qui va tour à tour être au contact de poilus rapatriés en Angleterre puis directement sur le terrain. Pas de suite d'événements historiques donc mais plutôt un témoignage fort prenant à travers le fonctionnement d'un hôpital de guerre qui doit accompagner les mourants et les mutilés. Cela donne lieu à des scènes poignantes et réalistes à souhait. Cette plongée est sans concession et l'on rentre parfaitement dans l'esprit des gens de l'époque entre exaltation pour aller au combat mais aussi toute la souffrance et les déceptions qui en ont aussi résulté. Dans la deuxième partie, l'action se déroule en France sur le front nord-est et l'auteur nous donne à lire des descriptions fort réussies de l'arrière immédiat du front entre grondements de l'artillerie, exode des populations civiles et mouvements de troupes. En cela ce livre est une belle réussite.

Autre point positif, le portrait d'une famille anglaise du début du XXème siècle qui apparaît en filigrane au fil du déroulé du récit. Autre temps, autres mœurs, l'autorité paternelle est omnipotente et même si le père d'Alexandra ne veut que son bien, il la freine dans sa découverte de soi et la réalisation de son idéal: soigner les autres et leur apporter du réconfort. Rajoutez là-dessus sa propension à voir l'avenir funeste de chacun et cela finit forcément en clash. La mère et le frère aîné ne lui sont d'aucun réconfort, Alexandra doit donc se débrouiller seule. Heureusement, elle fera des rencontres qui lui permettront d'avancer comme une consœur apprentie infirmière et le mystérieux Jack.

Voilà par contre où le bât blesse: le côté convenu du récit. L'immersion dans l'époque est bien réussie mais le récit en lui même ne sort jamais des sentiers battus. Aucune surprise et des personnages plutôt caricaturaux qui empêchent finalement l'histoire de vraiment décoller et de procurer l'évasion promise en quatrième de couverture. La prophétie en elle même n'est finalement qu'un prétexte pour aborder cette période mais ne vous attendez pas à des révélations fracassantes. Pour autant, on ne lit pas ce livre difficilement et on est tenu en haleine jusqu'au bout mais sans réelle passion. La faute sans doute aussi à une écriture plate et sans réel relief affectif en ce qui concerne les personnages, reste de belles pages sur la guerre et ses victimes.

Au final, c'est un livre qui gagne à être lu par des primo-lecteurs ou des lecteurs n'ayant lu que peu d'ouvrages. Il y trouveront une histoire sympathique, bien menée et une belle évocation de la Première Guerre mondiale. Pour les autres, cette lecture s'avère dispensable à part, si comme moi, vous êtes un passionné de ce conflit et de tout ce qui y touche de près ou de loin.

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mardi 21 octobre 2014

Les ovules disparus de Dana Scully, c'était eux en fait!

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“Et pour attirer des candidates brillantes comme vous, nous allons congeler et stocker vos ovules afin que vous puissiez vous concentrer sur votre carrière sans distractions.
- J'ai déjà un enfant
- Pas de problème ! On aura juste besoin d'un plus grand frigo”
Sur le journal : “Apple et Facebook proposent à leurs employées de congeler leurs ovules”

Dessin de Rachel Gold alias Markus Szyszkowitz + traduction dénichés et appréciés sur le site du Courrier International

lundi 20 octobre 2014

Fête de l'automne à Pont Scorff (56)

Comme je vous le disais dernièrement, j'adore l'automne et quand j'ai appris l'existence d'une fête dédiée à cette saison près de chez nous, la tentation a été trop grande d'aller y jeter un petit coup d'oeil. Dimanche dernier, nous avons donc chaussé nos lunettes de soleil (et oui parce que c'est encore presque l'été ici) et nous sommes dirigés vers le Manoir de Saint-Urchaut à Pont-Scorff pour découvrir cette fête locale.

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Le manoir de Saint-Urchaut date du XVII-XVIIIème siècle. Ce fut le siège de la seigneurie de Saint-Truchau et propriété de Jean Grasset, maître charpentier en 1650 (petite parenthèse historique). Le site est vraiment superbe pour cette Fête de l'automne ! Il règne ici une ambiance familiale où le soleil et la chaleur se sont invités pour le plus grand plaisir des participants.

Ce n'est pas une fête immense et les activités sont modestes mais la beauté des lieux alliée à la musique bretonne, aux crêpes et aux châtaignes grillées arrosées d'un cidre fermier suffisent à mon bonheur.

Allez, je vous emmène y faire un tour !

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L'an prochain nous y retournerons sans doute, en espérant que le temps sera aussi clément que cette année. Par contre nous irons plus tôt car il n'y a plus rien à manger aux alentours de 17h et ça c'est le drame quand on pense venir faire un tour dans le coin au moment du goûter ! Mr K croise également très fort les doigts pour que les galettes s'invitent aussi à la Fête. Le pauvre était tout triste face aux gourmandises sucrées. Si il n'a pas sa galette, en bon breton qu'il est, il a tendance à dépérir ! Messieurs les organisateurs, si vous passez par là, faites lui plaisir s'il vous plaît et laissez entrer le sarrasin sur vos étals !

Nous avons repris la route de la maison, l'estomac plein et quelques légumes bio sous le bras. On trouvait sur place cucurbitacées, oignons, tomates vertes, betteraves, pommes de terre... histoire de prolonger un peu la fête dans nos assiettes.

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dimanche 19 octobre 2014

"Le Jeu du jugement" de Bernard Taylor

le jeu du jugement

L'histoire: Pourquoi maman et papa ne s'aiment-ils plus? Pourquoi faut-il qu'on vive avec papa? Il est super-gentil, mais vraiment on ne peut pas sentir Netta.
Et qu'est-ce qu'on s'ennuie à la campagne! Papa nous y a emmenés parce qu'il voudrait qu'on aime notre nouvelle maman, cette horreur de Netta.
Aujourd'hui papa est parti voir grand-mère et, dans la maison, il n'y a plus que Netta et nous quatre les enfants.
Netta va être tellement surprise quand on va lui parler du jeu qu'on a imaginé. Qu'est-ce qu'ils sont mignons, va-t-elle penser. Mais c'est pas du tout un jeu, c'est sérieux...

La critique de Mr K: Fruit d'un craquage récent, Le Jeu du jugement m'avait interpelé par sa quatrième de couverture intrigante, diffusant un malaise profond et lourd en promesses cauchemardesques. J'étais loin de la vérité tant on s'abime ici dans les tréfonds d'âmes torturés de personnages plus branques les uns que les autres et les méfaits de dysfonctionnements familiaux chroniques. Prenez votre respiration, on plonge en Enfer!

Robert vit désormais seul avec ses quatre enfants (Kester, Michaël, Ben et Daisy) dont il a obtenu la garde suite aux déficiences criantes de son ex épouse dans l'éducation de sa progéniture (la maman est vraiment barrée et a lâché sa famille du jour au lendemain pour partir s'éclater!). Pour autant, il ne veut pas les priver de leur mère et régulièrement, essentiellement les deux aînés, les enfants passent du temps avec elle. Il ne sait pas que cette dernière vit le rêve de pouvoir réunir la famille comme avant et manipule les esprits de Kester et Michaël. Le père de famille, prof d'anglais vit une nouvelle histoire d'amour avec Netta une collègue du lycée où il travaille. Il ne rêve que d'une chose: créer une nouvelle famille où sa nouvelle fiancée soit acceptée par ses mômes. Il est loin de se douter de la tournure que les événements vont prendre!

Tout commence par un premier chapitre où les deux aînés s'amusent à torturer une colonie de chenilles. Effet garanti, on se dit de suite qu'ils ne sont pas nets! Puis, la pression monte peu à peu, très lentement. L'auteur nous décrit le quotidien de Robert et de ses enfants. Rien de vraiment extraordinaire, simplement une nouvelle vie difficile à accepter pour Kester et Michaël. C'est lors de leur séjour chez leur mère que le lecteur commence à être secoué. Malsaine et manipulatrice, sa relation avec ses enfants m'a mis vraiment mal à l'aise, elle dérape quasiment constamment et beaucoup de tabous sont levés. L'horreur est profondément humaine dans ce livre, pas d'effets de manche mais simplement des codes sociaux complètement bouleversés et amoraux. La haine est de mise, les pulsions de morts sont exacerbées.

A la mi-livre, l'auteur passe à la vitesse supérieur. On s'attend désormais au pire tant ces deux gamins sont dérangés. Aveuglé par son nouvel amour et l'attention constante que lui réclame ses deux plus jeunes enfants, Robert ne voit rien et ceci malgré les remarques de plus en plus insistantes de sa nouvelle compagne. La colère et la frustration vont frapper lorsqu'il sera parti au chevet de sa mère malade. Kester et son bras droit Michaël vont perdre tout sens commun et exprimer leur haine. Préparez-vous à des moments de pure cruauté, savamment orchestrés, jamais dans la démesure plutôt dans l'analyse clinique et froide d'actes guidés par des pulsions irrépressibles. C'est bien pire que n'importe quel livre gore lambda! Franchement, rien que d'y penser me fait frémir!

Le côté remarquable de cet ouvrage réside dans le traitement des personnages. Bernard Taylor est un fin tacticien. Il ne révèle les éléments de psyché de chacun que par petites touches intelligentes et emboîtées les unes dans les autres. Cette famille qui peut paraître banale au premier abord est très bien décrite et les rapports qu'entretiennent les quatre gamins entre eux sont d'une rare finesse. Cela a une importance cruciale pour le dernier acte qui m'aura marqué comme rarement. Jalousie, envie, désir de reconnaissance, confiance en soi... autant de sentiments exacerbés par la puberté qui sont ici au cœur d'une trame dramatique. On ressort de cette lecture littéralement rincé mais assez épaté par cet opéra sanglant intimiste.

L'écriture en elle-même n'est pas phénoménale, pas de quoi sauter au plafond, c'est plutôt dans la structuration du récit que Bernard Taylor sort son épine du jeu. Rien n'est laissé au hasard et le dénouement est imparable. Les amateurs de terreur intimiste seront ici conquis et bien des fois j'ai pensé à l'excellent et dérangeant film Eden Lake. À vous de voir si vous voulez tenter l'expérience!

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samedi 18 octobre 2014

Vide médiathèque et petits nouveaux

Ce matin, j'étais sur le pont dès potron-minet pour le vide médiathèque d'une ville voisine. Afin de renouveler ses stocks, la médiathèque proposait une vente aux collectivités et scolaires hier et continuait aujourd'hui sur sa lancée en entrée libre. Beaucoup de bonnes choses ont dû partir hier mais je ne suis pas rentrée les mains vides !

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Oui, je sais, on ne peut pas dire que je suis en manque de lecture mais quand il y a des affaires à faire, je ne peux pas m'en empêcher ! Essayez de deviner combien j'ai dépensé pour ce petit butin ?

Côté lecture :

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- "Suttree" de Cormac McCarthy parce que j'ai adoré "La Route" et que la 4ème de couv' de ce roman ci m'a fait de l'oeil.
- "Et pendant ce temps-là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets" de Raphaële Moussafir pour le titre ! Et parce que j'ai été charmée par l'adaptation cinématographique de "Du vent dans mes mollets".

Côté BD :

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- "Les formidables aventures de Lapinot - Amour et Intérim" de Lewis Trondheim parce que j'adore ce dessinateur et que je lis quotidiennement son blog.
- "Aristide broie du noir" de Séverine Gauthier et Jérémie Almanza pour les dessins qui m'ont donné envie de le découvrir.

Côté musique :

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- "Going to where the tea trees are" de Peter Von Poehl parce que je ne l'avais pas en physique.
- "In Case we die" de Architecture in Helsinki pour les 3 F Télérama et parce que j'avais aimé les quelques titres déjà entendus.

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Rajoutez à la pêche du jour un beau soleil qui réchauffe bien et on peut dire que le week-end commence bien !



vendredi 17 octobre 2014

"Still the water" de Naomi Kawase

affiche-still-the-waterL'histoire: Sur l'île d'Amami, les habitants vivent en harmonie avec la nature, ils pensent qu'un dieu habite chaque arbre, chaque pierre et chaque plante. Un soir d'été, Kaito, découvre le corps d'un homme flottant dans la mer, sa jeune amie Kyoko va l'aider à percer ce mystère. Ensemble, ils apprennent à devenir adulte et découvrent les cycles de la vie, de la mort et de l'amour...

La critique Nelfesque: Vous avez bien lu le synopsis du film là juste au dessus ? Bon ben oubliez l'intrigue de l'homme mort dans la mer, sérieusement, ça n'a pas vraiment d'importance ici. Ce sont les premières images du film mais ne vous attendez pas à un thriller ou un polar au rythme endiablé. Vous risquez d'être déçu. D'ailleurs si vous avez bien regardé la bande annonce avant de vous rendre en salle, normalement, il ne devrait pas y avoir de méprise...

"Still the water" a été présenté à Cannes cette année dans la sélection officielle. L'affiche est sublime, la bande annonce aussi. La BO, n'en parlons pas. Il se dégage de l'ensemble une force déjà palpable. "Still the water" est un film contemplatif. C'est japonais et ça ne plaira pas à tout le monde. Parfois, j'ai un peu de mal avec certains aspects du cinéma nippon, la lenteur notamment mais souvent la beauté des images l'éclipse (ou la sublime, diront les amateurs). 

On entend beaucoup parler de ce film en ce moment, on lit ça et là qu'il est sublime, touché par la grâce, que c'est un chef d'oeuvre. Je n'irai pas jusque là. Mr K tend à le penser mais de mon côté, je suis plus nuancée.

Still the water

Les plus belles images sont dans la bande annonce. Je m'attendais à un festival de poésie visuelle et finalement je n'ai pas réussi à rentrer totalement dedans, certains plans ne m'ayant pas touchée ou n'ayant peut être tout simplement pas compris la symbolique de certains d'entre eux. Ce qui m'a beaucoup plu en revanche, c'est la philosophie de vie des personnages, surtout celle des adultes. Sur l'île d'Amami, il y fait bon vivre et les évènements se déroulent tels qu'ils doivent se dérouler. La naissance, l'amour, la mort, chacun s'attend à les vivre un jour et accepte les choses telles qu'elles arrivent. Ce qui n'est pas le cas de Kaito et Kyoko, jeunes adolescents en pleine période d'apprentissage de la vie. Cet aspect là du film m'a vraiment séduite. La jeune Jun Yoshinaga, actrice talentueuse et magnifique est sublime ici et son jeu va droit au coeur. Ecouter les personnages faire leurs longues tirades sur la vie a quelque chose de reposant et quand la lumière se rallume, le silence règne encore dans la salle.

Les spectateurs, comme envoûtés, ne quitteront leurs sièges qu'à la toute fin du générique. C'est une habitude chez nous mais c'est la première fois que je vois une telle communion dans une même salle obscure. Personne ne s'est levé avant la dernière note, avant le dernier mot. Un film à voir tant il est peu commun et laisse une sensation de plénitude au spectateur qui veut bien se laisser charmer.

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La critique de Mr K: 6/6. Décidément 2014 est un grand crû en terme de films, Still the water a pris dans mon cœur la palme d'or de mon année cinématographique détenue jusqu'à il y a peu par Under the skin et / ou Zero Theorem. Je suis sorti époustouflé, soufflé, ému comme jamais de ce film aussi beau esthétiquement que dans son propos. Une grande claque salvatrice dans ce monde de l'immédiateté et de la superficialité.

Naomi Kawase, dont c'est le premier film que je vois (et ce ne sera pas le dernier), nous invite à suivre les destins de deux adolescents japonais habitant sur l'île d'Amami-Ōshima, monde replié sur lui-même, vivant dans un microcosme culturel particulier où notamment chants et danses traditionnels se mêlent à la vie de tous les jours. Un matin, un cadavre est repêché sur la plage et Kyoko et Kaito, deux amis très proches au bord de vivre une belle histoire d'amour réagissent très différemment. Kaito semble se refermer comme une huître alors que Kyoko doit faire face au décès prochain de sa maman très malade. Le titre du film en japonais signifie "deux fenêtres", ce qu'il est vraiment avec les deux points de vue adoptés qui vont finir par se rejoindre dans une apothéose finale d'une rare intensité.

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Ce film est parmi les plus beaux que j'ai jamais vu sur le thème de l'adolescence, cet âge dominé par l'Éros et le Thanatos, pulsions d'amour et de mort tour à tour vécues par Kyoko et Kaito. Ce temps des hésitations, des incompréhensions, des voies de garages, des retours en arrière est remarquablement construit et décrit dans ce film où la légèreté et la finesse ne trahissent jamais le propos. Cet âge est rude, handicapant et terrifiant à vivre pour de nombreux ados. Les deux familles qui nous sont présentées sont un miroir très fidèle à la réalité, il en transpire un profond humanisme et des situations parfois désespérées. Comment ne pas être touché par la lente agonie de la mère de Kyoko et le courage dont fait preuve son mari et sa fille lors d'une dernière cérémonie des plus décalées pour des occidentaux comme nous? Et ce jeune garçon qui n'accepte pas la séparation de ses parents et ne comprend pas pourquoi sa mère voit d'autres hommes que son père désormais parti exercé son métier à Tokyo? Images crues (les sacrifices de chèvres, plus vrais que nature évoquant la mort), réactions à fleur de peau (la révolte violente de Kaito face à sa mère), moments de détentes avec un vrai ami, les conseils et visions ancestrales transmis par le grand-père qui attend la fin de sa vie... autant de petites touches mises bout à bout qui conjuguent au sublime et à la beauté.

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Les deux personnages principaux rayonnent de présence avec deux beautés adolescentes faites pour être ensemble mais que les difficultés de la vie testent et éprouvent. Ils jouent merveilleusement bien et malgré l'extrême lenteur parfois de leurs réactions (ben c'est japonais tout de même!), il ressort une profondeur sans faille de cette relation complexe et puissante. Captivé, intrigué, on ne peut qu'espérer un dénouement heureux mais dieu que la cinéaste nous égare en chemin! Kyoko et Kaito m'ont vraiment touché au plus haut point et leur histoire dépasse pour le coup le cadre purement asiatique, chacun repensant à ses expériences passées pourra y prendre quelques morceaux d'histoire et y coller la sienne. Pour transcender ce couple, tous les autres personnages sont des merveilles d'interprétation et de justesse avec une mention spéciale pour les parents et le grand père légèrement espiègle, figure quasi incontournable du cinéma japonais. Je retiendrai beaucoup de scènes de ce film, tout particulièrement la scène d'enlacement familial devant la maison où seul ne père n'a pas la possibilité de poser la tête sur un des siens, ou encore la balade romantique en vélo au bord de l'eau, les scènes de typhons sont aussi très réussies, le plan sur les mains de la maman lors de son agonie... sans compter les cinq dernières minutes qui m'ont arraché je l'avoue quelques larmes d'émerveillement!

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La nature est omniprésente dans ce film, elle ne fait qu'un avec l'histoire soulignant les différentes phases du récit. Images hypnotiques de vagues venant se casser sur le rivage, la douceur puis la violence du vent dans la végétation, l'arbre totem devant la maison de Kyoko, la végétation luxuriante sur les bords de la route côtière... La nature nous accepte en son sein et non l'inverse, rien ne sert de lui résister dit un personnage au cours d'une scène clef où Kaito pense avoir perdu sa mère à tout jamais. Ce film est perlé de références à la philosophie zen, contemplative et pour mieux accentuer ces lignes de force, Naomi Kawase nous sert une œuvre d'une grande douceur et d'une beauté extrême. Certains vous diront que c'est trop, je vous dirais que je n'ai pas vu les deux heures passées et que ça aurait pu durer encore plus longtemps tant je ne me suis pas ennuyé. On passe un moment d'une grande liberté, d'une grande zénitude finalement sans pour autant que le cerveau tourne à vide. Au contraire, le moindre cadrage, la moindre réaction, la moindre péripétie nous interroge si tant soit peu qu'on se laisse guider sans résistance en relâchant nos barrières culturelles et en se laissant aller au gré de ce rythme lancinant qui emporte tout avec lui.

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Rien que d'en parler me donne envie d'y retourner! M'est avis que j'en ferai l'acquisition dès qu'il sera disponible en DVD. Malheureusement, je ne retrouverai qu'une once de la puissance évocatrice et de la beauté de cette expérience vraiment géniale au cinéma. Ça va être dur de faire mieux au cinéma cette année pour moi!

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jeudi 16 octobre 2014

Musicologie économique...

macron

Dessin de Lasserpe tiré de son blog.

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mercredi 15 octobre 2014

"L'Amour tarde à Dijon" - Série Le Poulpe- de Jacques Vallet

le poulpe L'histoire: Deux frères cultivateurs en Bourgogne sont retrouvés cuités à mort. Les gendarmes classent l'affaire. Pas le Poulpe qui doute de la réalité d'un suicide. Son arrivée à Dijon coïncide avec une mutinerie à la maison d'arrêt et un scandale à la cathédrale Saint-Bégnine; elle provoque même une brusque effervescence meurtrière. Qu'est-ce qui met ainsi la gendarmerie de Saint-Seine en folie? Quel rôle tient la belle ingénieur du service architecture de la ville? Quel est le lien entre la pompe d'un chanoine et la pompe à fric d'un yakusa? Suivez le Poulpe...

La critique de Mr K: Un été sans lecture d'un volume de la série du Poulpe, c'est un peu comme un repas sans fromage, ça manque de saveur! Hasard du calendrier, nous avons justement reçus des amis de Madame originaires de Dijon, l'occasion était trop belle d'aborder le présent volume, "L'Amour tarde à Dijon" qui se déroule justement dans la belle cité bourguignonne. Décollage immédiat pour une nouvelle aventure rocambolesque et haute en couleur!

Une fois de plus, c'est en feuilletant le journal dans son bistrot préféré que Gabriel Lecouvreur tombe sur un fait divers qui va retenir son attention et le lancer vers une nouvelle enquête. Deux agriculteurs sont retrouvés alcoolisés à mort et le verdict tombe: suicide collectif! Étrange étrange se dit Le Poulpe, il paraît impossible de pouvoir réussir une mort pareille sans aide extérieure! Il n'en faut pas moins pour que notre justicier libertaire se déplace en Bourgogne pour fouiner. Il n'est pas au bout de ses surprises.

Il va de suite attirer la méfiance sur lui.Qui est ce parisien venu mettre son nez là où il ne faut pas? Cela donne lieu à des rencontres des plus tendues, farfelues et parfois ubuesques. Un souffle grolandais tourne les pages avec nous et c'est avec jubilation que le lecteur attend la prochaine péripétie. De troquets aux chambres d'hôtel, en passant par ses sempiternels coups de téléphone à son amoureuse de coiffeuse (Aaaah Chéryl!), bon gré mal gré, le Poulpe se rapproche de la vérité. Une révélation qui mettra une fois de plus à mal l'establishment et les apparences d'une ville bien sous tout rapport. Ça castagne aussi sec et les bons mots pleuvent pour le plus grand plaisir du lecteur embarqué comme toujours dans un rythme haletant ne laissant que peu de répit. Le final vient nous cueillir avec une ouverture bienvenue qui ravira les amateurs de réalisme (vous repasserez pour le happy end!).

Jacques Vallet fournit donc un très bon volume poulpesque, son écriture répond complètement au cahier des charges imposé par la maison d'édition. Gabriel est plus que jamais railleur et aventureux, les personnages secondaires sont de petites merveilles d'incongruité et le récit se tient de bout en bout. La lecture s'est révélée une fois de plus aisée, agréable et drolatique à souhait.

Un petit bonheur de Poulpe une fois de plus!

Autres Poulpe chroniqués au Capharnaüm Éclairé:
- Nazis dans le métro
- J'irai faire Kafka sur vos tombes
- Du hachis à Parmentier
- Vomi soit qui malle y pense
- La petit fille aux oubliettes
- La bête au bois dormant
- Arrêtez le carrelage
- Légitime défonce
- La Cerise sur le gâteux

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mardi 14 octobre 2014

Nelfe et Le Capharnaüm éclairé sur twitter

Nous avons ouvert notre page Facebook seulement l'année dernière. Et oui, les réseaux sociaux et nous à la base ça fait plutôt 36 ! J'étais pour ma part une fervente adepte des fora (un forum, des fora) et à l'arrivée du méchant Facebook, tout s'est déserté peu à peu. Les fora ont fermé les uns après les autres et dans mon coin je ruminais et regrettais déjà le temps béni du flood et des chouettes rencontres faites par ce biais. Ayant été modo sur de nombreuses plate-formes, je peux vous dire que j'étais à fond dans le phénomène et j'ai vu ce changement avec un oeil noir (même 2 !).

Mais c'est le jeu ma pauvre Lucette et bien qu'arrivant avec 15 trains de retard, j'ai bien envie de vivre l'expérience Twitter de l'intérieur. C'est pourquoi j'ai ouvert un compte hier soir associé au blog. A comprendre par là que j'y mettrai les actualités de notre Capharnaüm mais aussi j'y partagerai avec vous des choses plus personnelles. Je vous arrête tout de suite, non je ne compte pas mettre mon menu du soir ou mes derniers achats fringues (pour l'instant) parce que je n'en ai pas envie (pour l'instant) et je ne vois pas vraiment l'intérêt (pour l'instant) mais je retweeterai des articles en rapport avec la littérature mais aussi mes autres passions comme la photo, le ciné, la vie made in BZH...

Parait il que twitter c'est le mal et qu'une fois dedans, c'est foutu ! On verra bien ! Pour l'instant j'essaye de comprendre les #FF, RT et autre LT... #Gné ? Oui, à tes souhaits !

Si vous souhaitez nous suivre (ou plutôt me suivre puisque Mr K me laisse les clés de ce nouvel espace (il est en ce moment même en train de semer de l'ail partout dans la maison)), j'ai mis en place un petit oiseau bleu dans la colonne de droite qui vous redirigera directement dans l'antre de l'enfer.

Vous avez un twitter ? Laissez moi vos pseudos dans les commentaires !

A tout de suite ;)

follow-me-twitter
Sois fou, clique sur le piou piou

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lundi 13 octobre 2014

Russie bionique !

Quoi de meilleur qu'une bonne vidéo bien ringarde pour commencer la semaine? Abolument rien, je vous l'accorde!

Revenons ce lundi à quelque chose de bien gras, de bien ringue avec ce "Moscau" du groupe russe Dschinghis Khan. Vous y retrouverez quelques accents de Boney M rythmés par la plus pure des musiques slaves. La choré est sympa même si on reste dans du classique, ce qui a retenu mon attention, c'est surtout l'ambiance type Flash Gordon avec des costumes hauts en couleur! Deux femmes dans la pure tradition Abba et quatre hommes peu fréquentables vestimentairement parlant! J'ai une petite faiblesse pour force bleue qui ressemble à l'empereur Ming s'il avait été joué par Yul Brynner et surtout force verte au look rétro et inquiétant! La moustache est de toute beauté et le regard ténébreux à souhait! Vous voila prévenus!

Bonne semaine!

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