le livre de dina

L'histoire : Figé dans un linceul de glace, à l'extrême pointe de la Norvège, le Nordland est un pays de fin du monde... Là-bas, se déchaîne une furie, une femme, Dina, que la mort suit comme son ombre. Enfant, Dina est frappée par le destin, par la main de Dieu ou par celle du diable. Ou par les trois. Elle tue sa mère.
Maudite par son entourage, abandonnée à elle-même, elle grandit, sauvage et, surtout, libre. Dès lors, Dina, arrogante, farouche, ira seule sur un long chemin de hargne.

La critique Nelfesque : Voici une saga que j'ai lu cet été un peu par hasard. Ma belle-mère m'avait sortie "Le Livre de Dina" de sa bibliothèque il y a quelques temps en me disant "si tu veux, je te les donne". Vous me connaissez, concernant les livres, je ne sais pas dire non et je suis repartie avec ces 3 volumes sous le bras. Avant notre départ pour la montagne, j'ai eu envie de lire quelque chose de long pour les vacances, une saga était alors bienvenue et vu l'ambiance et le décor de ce roman, je pensais tenir là la lecture parfaite pour mon séjour auvergnat.

Pendant plus de 600 pages, Herbjorg Wassmo nous présente Dina, son évolution, sa vie. De ce drame qui adviendra dans sa petite enfance où par accident elle ébouillante sa mère qui décédera de la suite de ses blessures, à son mariage arrangé avec un homme plus vieux qu'elle et sa vie dans le Nordland régnant en matrone autoritaire sur sa famille, sa ferme et son commerce, rien ne nous est omis du caractère de Dina. Mais en tournant la dernière page, une question reste sur les lèvres : la connaissons-nous finalement vraiment ?

Car Dina est une femme à part, loin des stéréotypes de cette fin du XIXème siècle. Indépendante, sauvage, déterminée et surtout libre, elle traverse le temps en bouleversant ses contemporains. Du statut d'orpheline de mère poussant comme une herbe folle, elle deviendra peu à peu la femme que l'on craint et que l'on respecte. Dina ne laisse pas indifférent par son attitude et sa façon d'être. Elle monte à cheval comme un homme, elle fume la pipe et le cigare et ne s'embarrasse pas des convenances.

Les paysages du roman accompagnent l'histoire à merveille. Le froid, la neige, les tempêtes de bord de mer servent l'ensemble de la meilleure des façons, rajoutant au fond amère et destructeur, une dimension oppressante supplémentaire. Voyager à bord de navires marchands sur les mers norvégiennes, découvrir les îles Lofoten, vivre les hivers rudes et exigeants propres aux pays sous ces latitudes a été un vrai plaisir. Les images défilent, nous sommes à une autre époque et cette dimension ci du roman est jouissif.

Pour le reste, je ne serai pas aussi enthousiaste. Cette saga avait sur le papier tout me plaire. Je ne savais pas trop où je mettais les pieds mais une femme au caractère fort et au destin hors du commun me donne forcément envie de découvrir son histoire. Oui mais voilà... Je n'ai pas accroché au personnage de Dina et dans ce cas là difficile de faire abstraction de cet "élément" de l'histoire qui crève les pages. Dina est partout, omniprésente, l'auteur nous faisant régulièrement découvrir ses pensées les plus intimes. Lorsqu'elle devient jeune fille, j'ai très vite compris que je ne serai pas véritablement touchée par son histoire. Elle est d'une telle froideur qu'à mon sens toute empathie est impossible et de là tout ce qui pouvait lui arriver n'était que détails du roman. Je n'ai pas ressenti cette histoire telle que j'aurai voulu la ressentir. La vivre avec mes tripes, me prendre une grande claque avec une saga bouleversante. Même les passages concernant sa vie amoureuse sonnent faux à mes yeux. Tout est dans l'excès.

Tour à tour, c'est l'agacement, la lassitude et l'incompréhension désinvolte qui envahit le lecteur. Les pages défilent, ce qui peut arriver à Dina n'est pas passionnant et à la fin du roman, une grande indifférence pointe le bout de son nez... Je ne suis ni déçue, ni réjouie par cette lecture, je n'ai pas eu l'impression de perdre mon temps puisque certains aspects du roman m'ont touchés mais je ne conseillerai pas pour autant ce roman tant il m'a paru terne, caricatural sous certains aspects et loin d'être exaltant. Un coup dans l'eau de la mer de Norvège en somme.