La-ChuteL'histoire: Tandis que les vampires envahissent les rues de New York, l'épidémiologiste Ephraïm Goodweather, le professeur Abraham Setrakian et un petit groupe de rescapés tentent de s'organiser au milieu du chaos. Car, partout dans la ville et dans le monde, des émeutes éclatent, des milices se mettent en place et les êtres humains se retrouvent impuissants face à leurs prédateurs, les vampires.

Ephraïm et ses amis pourront-ils faire échouer le plan diabolique du Maître qui menace de plonger l'humanité dans la nuit éternelle?

La critique de Mr K: Finalement, j'ai pu lire le deuxième volume de cette trilogie très vite. Nelfe voyant mon désarroi à l'idée de ne pouvoir le lire avant fin août est passée me le prendre sur Lorient juste avant notre départ pour le Sud-Ouest. Il faut dire que le précédent volume m'avait laissé haletant et ma frustration était grande à l'idée de l'attente forcée qui s'annonçait...

On retrouve dans "La Chute" toutes les qualités de "La Lignée". Un scénario plus complexe qu'il en a l'air avec dans cette suite une ramification encore plus dense des relations entre les personnages. Ainsi, on en apprend encore plus sur la nature exacte des vampires et du lien qui les unit entre eux. Le plan du Maître est lui aussi plus clair même si des zones d'ombre perdurent (faut bien que les auteurs écrivent le troisième volume!). Les héros-résistants s'épaississent, des petits nouveaux apparaissent mais des personnages clefs vont quant à eux disparaître à jamais (dont un que j'affectionnais tout particulièrement). De ci de là, des passages font écho aux défauts du monde actuel et la marche forcée de l'humanité vers sa propre perte, exemple avec le passage ci-dessous (page 228-229) où un puissant homme d'affaire explique son rôle et son ambition pour le nouveau monde à venir: Nous, la caste supérieure, exploitons les besoins basiques de l'homme pour bâtir nos fortunes. Nous avons monétisé les envies de consommation de l'humain, manipulé la morale et les lois pour diriger les masses grâce à la peur ou la haine, et, ce faisant, réussi à créer un système qui concentre la majorité des richesses mondiales entre les mains d'une poignée de privilégiés. Pendant deux mille ans, cette organisation a plutôt bien fonctionné, je crois, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Vous avez pu constater, lors de la récente crise des marchés, que nous fonçons droit dans le mur. De l'argent issu d'argent issu d'argent. Ne reste qu'une alternative: l'effondrement total […]. Ça fait froid dans le dos tant le réalisme colle alors à une œuvre avant tout fantastique et délirante. L'écriture reste agréable et simple, pas de souci pour rentrer dans le récit cette fois-ci! On retrouve aussi des passages gores et des descriptions hallucinantes. L'atmosphère apocalyptique est bien rendue et rarement un livre n'a aussi bien porté son titre.

On n'est pas pour autant devant un authentique chef d'œuvre malgré des qualités indéniables. A mes yeux, on ne peut reprocher à cette entreprise qu'un seul écueil: le manque d'originalité. Certes ça se lit bien, on prend son pied et on veut savoir la suite... mais on est trop peu surpris au cours de cette lecture. Beaucoup de situations ont déjà été traitées, les rapports entre personnages sont parfois caricaturaux et nous avons devant nous une vision bien centrée sur l'Amérique (au contraire d'un bon bouquin comme World War Z de Max Brooks).

Mais bon, je ne vais pas bouder mon plaisir pour autant. J'ai vraiment aimé ce second volume et j'attends avec impatience l'ultime tome de la trilogie tant mon attente est forte pour savoir ce qui va arriver aux survivants et assister peut-être au renouveau de l'humanité. Une bonne lecture distrayante à souhait, idéale pour les vacances d'été.