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"Aujourd'hui, les Etats-Unis ont enfin franchi une nouvelle étape pour effacer cette grande honte qui déshonore ce grand leader", a déclaré, samedi 28 juin, le sénateur John Kerry. Il était en effet temps de retirer l'ancien président sud-africain Nelson Mandela et son parti, le Congrès national africain (ANC) au pouvoir, de la liste noire américaine du terrorisme. C'est désormais presque chose faite. Après la Chambre des représentants en mai, le Sénat a adopté, samedi, une loi en ce sens qui va être transmise à la Maison Blanche. Elle devrait être signée par le président George W. Bush avant les 90 ans de Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et prix Nobel de la Paix, le 18 juillet.

"Nelson Mandela n'a pas sa place sur une liste de surveillance des suspects de terrorisme, point", a affirmé le sénateur Sheldon Whitehouse. Depuis la législation introduite dans les années 1980, sous Ronald Reagan, les membres de l'ANC pouvaient se rendre au siège des Nations unies à New York, mais pas à Washington ou dans le reste des Etats-Unis. La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, avait appelé en avril une commission du Sénat à lever ces restrictions imposées, estimant "plutôt embarrassant" d'avoir à "intervenir personnellement pour autoriser l'entrée sur le territoire de [son] homologue sud-africain, sans parler du grand dirigeant Nelson Mandela".

Le Monde.fr, le 1er juillet 2008