dimanche 11 août 2019

"La Trilogie des joyaux" de David Eddings

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L’histoire : Emouchet, le chevalier pandion, est de retour d'exil, prêt à reprendre sa place de Champion de la reine. Mais sa maîtresse est frappée d'un mal mystérieux et Séphrenia, la vieille sorcière, n'a pu que retarder l'échéance : assise sur son trône, enchâssée dans un bloc de cristal, la jeune reine est mourante ; il faut vite trouver un remède.

Cette histoire se passe dans une terre de royaumes combattants, d'intrigues de cour, de magie noire et de haute aventure. La maladie de la reine est une aubaine pour les ambitieux. Alors, Emouchet part chercher les remèdes en compagnie de Séphrenia et de la petite Flûte aux étranges pouvoirs. Après bien des franches galopades et des téméraires traversées, il ne saurait manquer d'atteindre enfin cet objectif qui se dérobe sans cesse...

Mais les Zemochs, pour la première fois depuis cinq cents ans, sont aux portes de l'Elénie. On murmure qu'Azash, leur dieu aîné, convoite le Bhelliom, la pierre sacrée perdue, qui ferait de lui le maître du monde. Contre une telle menace, que peuvent les coups d'épée ? Allons, les ténèbres rôdent, la reine agonisante est peut-être - à l'insu de tous - l'ultime espoir de la lumière. Et le valeureux Emouchet n'est pas au bout de ses peines.

La critique de Mr K : J’aime tout particulièrement profiter des congés de l’été pour me lire un bon cycle de fantasy. J’ai plus de temps à consacrer à la lecture et quand on dépasse les 1000 pages à suivre, il est bon d’être moins interrompu par les aléas de la vie. La Trilogie des joyaux de David Eddings m’a été envoyé par la copinaute Walpurgis suite à mes avis enjoués sur La Belgariade et La Mallorée, deux cycles qui m’ont hautement séduit lors de ma découverte de cet auteur par la maîtrise des trames proposées, l’écriture accessible et un certain décalage dans un genre trop souvent sclérosé dans un trop plein de sérieux. C’est pour toutes ces raisons qu’il me tardait d’entamer cette lecture qui au final s’est révélée très réjouissante et fortement addictive une fois de plus.

Trois romans composent ce cycle qui ne laisse pas un instant de répit à son lecteur : Le Trône de diamant, Le Chevalier de rubis et La Rose de saphir. Trois beaux volumes qui font la part belle à l’aventure, la magie, les complots, créatures et dieux païens et surtout, des passages récurrents à l’auberge du coin tout au long d’un périple des plus périlleux ! Malgré un nombre de pages impressionnant (quoique inférieur à mes lectures précédentes de cet auteur), l’intérêt ne baisse jamais et franchement, on ne voit pas le temps passer en compagnie Émouchet et de ses compagnons !

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À la manière d’un conte de fée, on trouve au départ de l’histoire une princesse en grand danger. Ehlana, héritière du royaume d’Érenie se retrouve emprisonnée dans une chrysalide de cristal à la suite d’un empoisonnement dont elle a été victime et qui pourrait bien lui être fatal. En fait, ce sortilège la protège momentanément d’une mort certaine mais le temps est compté et c’est à son gardien, Émouchet, de trouver une solution pour sauver la jeune femme. Heureusement, il peut compter sur l’aide de ses proches et amis, de l’ordre des chevaliers Pandion et le soutien plus étrange d’une petite fille aux pouvoirs mystérieux. Il faut dire que les forces contraires qui se dressent devant lui sont importantes : des usurpateurs au trône, un ancien coéquipier devenu renégat, une menace insidieuse venue de l’est et l’arrivée prochaine d’Azash, Dieu ancien très rancunier et colérique pour qui le moindre vice est une vertu. Sacré programme pour nos héros qui vont connaître nombre de mésaventures et obstacles pour le plus grand plaisir du lecteur évidemment !

Au cœur du récit, on trouve la figure tutélaire d’Émouchet qui n’est pas sans rappeler Conan par son caractère bien trempé même s’il fait quand même davantage preuve de finesse (dans une certaine mesure). Champion de la reine, il m’a irrésistiblement fait penser au personnage d’Hawkmoon de Michael Moorcock qui m’avait tant plu lors de ma lecture de l’intégrale qui lui a été consacrée aux éditions Omnibus. Assez froid et investi totalement par sa mission, il m’a fallu du temps pour domestiquer la bête et surtout apprécier ce personnage qui s’avère bien plus nuancé que ce qu’il laisse paraître au départ. Quasiment parfait, des faiblesses sont tout de même bien présentes entre sa colère qu’il maîtrise mal, ses soucis de raisonnements aussi parfois... Cela laisse donc de la place à toute la petite troupe qui l’accompagne dans laquelle on retrouve une magicienne sans âge qui n’a pas sa langue dans sa poche, le meilleur ami bien bourrin mais sympa, l’écuyer fidèle qui a formé aux armes le jeune Émouchet, une série de chevaliers pas piqués des vers et bien d’autres personnages secondaires qui se comptent par dizaines et qu’on aime croiser et recroiser au fil des pérégrinations du groupe principal. En soi, il n’y a rien de vraiment original dans leurs caractérisations, les habitués découvriront bien assez tôt certaines relations cachées ou vérités secrètes. Mais que voulez-vous quand les recettes sont bonnes, il serait dommage de ne pas les refaire surtout que le background est d’une grande richesse.

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Ne se déroulant pas dans le même monde que les cycles de La Belgariade et de La Mallorée, le Cycle des joyaux nous invite à découvrir le continent d’Eosie où plusieurs royaumes se partagent des territoires aussi vastes que variés. Moi qui adore les cartes en début de roman, j’ai été gâté et comme toujours avec Eddings, vous pouvez être sûr que nos héros vont parcourir toutes les terres connues en long, en large et en travers ! On voyage donc beaucoup entre forêts, déserts, montagnes, marais, citadelles hantées (j’adore ce passage !) et autres décors faramineux qui nourrissent l’imagination. C’est bien simple, j’ai lu d’une traite les trois volumes tant j’étais happé par cet univers entier, complexe et cohérent. Comme souvent avec cet auteur, la part réservée aux croyances est importante et plus précisément ici l’opposition entre une Église traditionnelle et des croyances pluri-séculaires qui réactualisent à la mode SF le combat entre religions monothéistes et rites païens des origines. Rien n’échappe au lecteur concernant Eosie car à travers les multiples aventures vécues, nous explorons aussi les sociétés en présence, la sociologie des habitants et leur manières de vivre totalement antagonistes parfois. Vraie réussite à ce niveau là, ce triptyque propose vraiment une immersion totale.

Le rythme du récit est haletant, la tension ne se relâche jamais vraiment sur les personnages principaux et donc sur le lecteur. On a notre part de morceaux de bravoure, de passages à la taverne (yes !) mais aussi de moments plus intimistes très touchants. À plusieurs reprises, on se retrouve tout de même scotché par certains déroulés qui mettent à mal nos certitudes. Et puis, il y a la patte Eddings qui n’hésite pas à saupoudrer l’ensemble d’un humour léger qui décrispe le genre. Comique de situation, dialogues bien barrés et bêtise humaine sont au centre de passages drolatiques qui allègent l’ensemble et lui donnent un supplément d’âme. Loin d‘être des personnages hiératiques qui vivent à la mode péplum des années 60, ceux ci vivent vraiment, ont peur, ont faim, souffrent de la chaleur ou encore des efforts qu’ils fournissent... Cela rajoute une couche de réalisme qui n’est pas pour me déplaire même si ici on croise le fer et la magie et l’on peut rencontrer des trolls et autres monstruosités peu commodes. Pas le temps de s’ennuyer en tout cas !

Très facile à lire sans pour autant tomber dans l’indigence, le style Eddings fait toujours son effet avec des pages qui se tournent toutes seules tant l’addiction est quasi immédiate. Les amateurs de fantasy se doivent de se pencher sur cet auteur atypique dans le genre (bien aidé par sa femme dans la conception de certains personnages notamment) et il mérite vraiment qu’on lui donne sa chance. Pour ma part, je n’en ai pas fini avec lui, Émouchet revient dans une nouvelle trilogie, il va falloir que je me la dégote pour l’été prochain!

Lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- La Belgariade
- La Mallorée

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mardi 4 juin 2019

"Les Aventures de Tom Bombadil" de J.R.R. Tolkien

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L’histoire : Apprenons en plus sur Tom Bombadil, le mystérieux personnage que Frodon rencontre dans le premier tome du seigneur des anneaux. Tom Bombadil est un joyeux drille vivant dans la Vieille Forêt en plein cœur de la Terre du Milieu.

La critique de Mr K : Avec cette lecture, on touche au sacré pour moi. Gros fan devant l’absolu de J.R.R. Tolkien qui a nourri mes rêves d’évasion étant enfant, j’avais envie de relire ce petit ouvrage versifié du maître de la fantasy. Les Aventures de Tom Bombadil est un recueil de poésie qui regroupe en son sein plusieurs pièces plus ou moins longues, mélange de contes et de chansons que l’on raconte à ses petits enfants quand on habite en Terre du Milieu. Ce re-reading s’est avéré savoureux et plein de nostalgie.

Mon édition étant bilingue, j’ai pu compulser cet ouvrage en passant de la langue de Shakespeare à sa traduction française par Dashiell Hedayat, écrivain / musicien ayant officié dans les 70's avec le très talentueux et planant groupe Gong. Ce fut une belle expérience que de passer d’une langue à l’autre, cela permet de saisir toutes les nuances dans la forme et le propos, la poésie ayant cette subtilité supplémentaire qui nourrit l’âme et le cœur. À ce propos, sans rentrer dans de la métrique ou dans l’étude purement littéraire, on se rend vite compte de la maîtrise langagière de Tolkien qui en tant que versificateur n’a rien à envier aux grands noms de la poésie anglo-saxonne. C’est beau, pur, cristallin, presque évident quand on le lit. Répercussions des sons, rythmique languissante, enveloppante sont autant d’éléments qui procurent un plaisir de lire et de relire immédiat.

Alors que trouve-t-on dans ce recueil ? Je dois bien avouer que depuis ma première lecture le temps avait passé et que je n’en avais plus beaucoup souvenir. Bien évidemment, on retrouve ce bon vieux Tom Bombadil qui nous a tant manqué dans l’adaptation de Peter Jackson du Seigneur des anneaux. Amateur d’herbe de Langoulet et de bonne bière, dragueur de nymphes et hédoniste assumé, peut-être était-il trop barré, irrévérencieux (les hobbits y passent une soirée mémorables dans le livre pour ceux qui s’en rappellent) et ne convenait pas aux grands studios américains ? Le fan que je suis avait été un peu douché par cette absence, heureusement il nous reste la matière originelle. Tom est présent dans les deux premiers poèmes où l’auteur nous invite à le suivre dans ses pérégrinations dans la nature, ses rencontres étranges avec diverses créatures et ses mésaventures de soirée. C’est frais, poétique, drolatique même et on se laisse porter par les vers qui s’écoulent comme une bonne vieille ballade à l’ancienne. Ça y est, on y est, on est de retour en Terre du Milieu !

Et puis ensuite, il y a les autres poèmes qui mettent en scènes divers personnages dans des scénettes plus courtes où alternent poésie pure, contemplation, aventures picaresques et rocambolesques. Un troll esseulé en quête de compagnie, les elfes qui s’apprêtent à quitter le monde des mortels, des chats-gluants redoutables vivant dans des cavernes, des dragons gardant jalousement leur trésor ou encore des fêtards qui ont du mal à rentrer chez eux sont autant de poèmes délicats et drôles à la fois. Là encore, c’est un pur plaisir de retourner dans cet univers si vaste et fantasmagorique. On se retrouve en enfance, on sourit, on essuie même parfois une larme face à certains passages pathétiques. Nature et créatures ne font plus qu’un et l’on imagine les parents racontant ces histoires au coin du feu, les soirs d’hiver où le sommeil ne vient pas. Et puis, il y a en filigrane ces valeurs positives qui ressortent des poèmes sans pour autant tomber dans la morale liberticide et convenue.

Les Aventures de Tom Bombadil de J.R.R. Tolkien est une lecture inoubliable, une madeleine de Proust vers laquelle se tourner quand l’esprit est embrumé et la peine parfois trop présente dans nos existences. Un doux baume dans un écrin langagier unique à découvrir au plus vite si ce n’est déjà fait !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Les Enfants de Hùrin
- Bilbo le hobbit

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samedi 11 mai 2019

"Kraken" de China Miéville

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L‘histoire : Billy Harrow est le spécialiste des céphalopodes au Musée d'histoire naturelle de Londres. Il organise les visites pour les collections privées, dont le Architeuthis dux (un calmar géant) est la pièce majeure. Lors d'une de ces visites, il constate avec horreur que le mollusque de huit mètres a disparu ! La vie de Billy bascule très vite : une branche secrète de la police vient l'interroger, il découvre l'existence d'une secte des adorateurs du Dieu Kraken et comprend qu'il existe un Londres souterrain et surnaturel...

La critique de Mr K : Lecture bien space aujourd’hui avec Kraken de China Miéville, un ouvrage qui dormait depuis bien trop longtemps dans ma PAL alors qu’il me faisait de l’œil ! J’avais une légère appréhension car les critiques étaient très partagées allant du roman passionnant au bric à brac indigeste ! Pour autant, je ne m’en laissais pas compter, les thématiques et surtout la quatrième de couverture complètement folle, ont fini par me convaincre. Au final, ce fut une lecture âpre mais très particulière, j’ai beaucoup aimé même si je peux comprendre les réticences de certains lecteurs.

Tout commence plutôt de manière incongrue. Billy travaille au musée et fait visiter une galerie à des visiteurs passionnés et pressés de voir un calmar géant qui y est conservé. Mais voila, cette pièce unique a disparu et à priori de manière totalement délirante vu que la manœuvre est impossible à faire sans laisser de traces ! Passé ce premier chapitre classique, l’œuvre bascule dans une autre dimension. Très vite, à l’instar du héros, on se rend compte que les apparences sont trompeuses, qu’un monde parallèle existe à côté du nôtre et qu’il est peuplé d’êtres extraordinaires dont on ne soupçonnait pas jusqu’alors l’existence. Commence alors un véritable road movie qui mettra Billy aux prises avec une brigade de police spécialisée dans les faits surnaturels (X-files en version encore plus déjantée), des tueurs sans merci aux capacités défiant toute loi physique, une secte d’illuminés qui attend patiemment le retour du Dieu Kraken qui annoncerait la fin du monde, un caïd de la pègre à la nature changeante et tout un ensemble de personnages plus fantasmagoriques les uns que les autres. Inutiles de vous dire que l’on n’a pas le temps de s’ennuyer...

Folie et non-sens sont peut-être les termes qui caractériseraient le mieux cet ouvrage hors norme qui demande un sacré temps d’adaptation. Si vous êtes amateurs de récits linéaires, balisés et logiques, passez votre chemin, vous pourriez être agacé... Ainsi pendant la plupart des chapitres, le héros lui-même ne sait pas ce qu’il doit faire, où il est et à quoi il est confronté. Ce n’est pas faute de demander mais quasiment systématiquement, on lui répond à côté ou on passe à un autre sujet de conversation. Cela a pour effet immédiat de frustrer le personnage mais aussi le lecteur qui doit faire un effort conséquent pour aligner les éléments, les confronter et construire sa vision du monde extraordinaire qui lui est donné à deviner et non à voir ! Pas facile donc, ce voyage livresque est vraiment à part et perdra sans doute quelques âmes au passage... Par contre, si vous vous accrochez, vous verrez une générosité sans borne dans les lignes qui vous sont données à lire car l’auteur a une imagination dingue et propose un univers neuf et vraiment barré !

On a affaire à un mix improbable entre la série des Harry Potter, American God de Neil Gaiman (à lire absolument tellement c’est génial !), des thématiques proches de Lovecraft et un ton / des personnages décalés. C’est assez unique en son genre et l’on saute d’une situation à une autre de manière totalement impromptue et désarçonnante. On suit principalement la quête de Billy qui est de retrouver le Kraken sans se faire pincer par toutes les forces qui voudraient lui mettre la main dessus. Cependant, l’auteur nous donne à voir de multiples points de vue avec notamment une policière-sorcière aussi efficace qu’ordurière, une petite amie en quête de nouvelles pour son mec disparu assassiné dès les premières pages d’une manière plus qu’insolite ou encore des divinités mineures en mode syndicaliste (la grève des animaux familiers est à se pisser dessus !). Flamboyant, d’une densité énorme, abandonnant toutes les lois de la nature et de la narration parfois, l’ouvrage se perd en conjectures et en détails plus étranges les uns que les autres mais au final nous conduit tout droit à un dénouement assez bluffant (aaah, ce dernier chapitre !).

Kraken a donc les défauts de ses qualités. Remarquablement écrit, d’une richesse scénaristique complexe et gouleyante, il peut séduire autant que rebuter. À chacun de tenter l’expérience ou pas tout en sachant qu’elle ne vous laissera pas indifférent. Pour ma part, ce fut une longue lecture plaisante et délirante comme je les aime. Avis aux amateurs !

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dimanche 31 mars 2019

"Druide" d'Oliver Peru

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L'histoire : 1123 après le Pacte. Au Nord vivent les hommes du froid et de l'acier, au Sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d'ombres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse depuis la nuit des temps. Mais un crime impensable va bouleverser cet équilibre : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats sont sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier. Certains voient là l'ouvre monstrueuse d'un mal ancien, d'autres usent du drame comme d'un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, a pour mission de retrouver les assassins avant qu'une nouvelle guerre n'éclate. Mais pour la première fois, Obrigan se sent impuissant face à l'énigme sanglante qu'il doit élucider. Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n'ont pas de réponses. Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.

La critique de Mr K : J'ai profité des dernières vacances scolaires pour lire cet ouvrage de fantasy, genre que j'affectionne beaucoup lorsque je suis de repos. L'évasion et le dépaysement sont garantis, ça relâche les neurones et l'on réveille la part d'enfance que l'on conserve précieusement au fond de soi. J'ai dégoté Druide d'Oliver Peru lors d'un après-midi chinage à notre Emmaüs préféré et certains d'entre vous sur IG ou sur l'article acquisition qui avait suivi m'avait encouragé à ne pas trop le laisser traîner dans ma PAL vu le plaisir de lecture qu'il avait pu leur apporter. C'est désormais chose faite et je suis plutôt bien content de l'avoir lu même s'il n'est pas exempt de défauts...

Au cœur du récit, on retrouve deux royaumes humains à l'antagonisme antédiluvien. Une paix chaude a été instaurée depuis des dizaines d'années mais les braises des conflits précédents sont encore actives et il suffirait d'un rien pour que la guerre soit à nouveau déclarée. À leur frontière méridionale, se situe une gigantesque forêt où règnent et vivent les druides, en harmonie avec la nature et dont le rôle est de veiller au bon ordre du monde, notamment en conseillant les hommes et en observant la nature. Un pacte ancien les unit aux royaumes du nord et nul n'est sensé le transgresser. Bien évidemment, il faut que ce fragile équilibre chancelle pour que le récit débute et il prendra la forme d'un massacre innommable commis au sein même d'une forteresse humaine par de mystérieux agresseurs qui semblent invisibles et intouchables. Les victimes de ce carnage accusent le royaume adverse et promettent de venger leur mort. Obrigan, druide de l'ordre des loups n'a que quelques jours pour découvrir la vérité sur cet acte inqualifiable et éviter un conflit qui embraserait à nouveau le continent, aidé de ses deux apprentis et de quelques alliés improbables. Il se livre à une véritable enquête qui va remettre en cause nombre de ses certitudes et pourrait bien faire définitivement basculer le monde connu dans le chaos...

Le roman démarre bien avec une carte des lieux. Je dois sans doute me répéter pour celles et ceux qui nous suivent depuis longtemps mais j'adore les cartes dans les récits de fantasy ! Ensuite, l'auteur ne prend pas de gants, l'exposition est courte, les événements s'enclenchent quasi directement et dès la cinquantième page le compte à rebours est lancé (le livre compte tout de même 600 pages !). Je peux vous dire que ça n'arrête plus après, avec un enchaînement de révélations, de passages d'exploration pure, de bastons homériques et d'introspections douloureuses. Le monde court à sa perte et la tension monte crescendo. La première partie du roman est un petit bijou dans ce domaine, on ne sent pas passer les pages, les éléments s'additionnent se complètent, les pistes se multiplient fourvoyant le lecteur pour mieux le remettre sur le droit de chemin. Rien à dire, c'est bien mené.

Ça se gâte un peu par la suite avec un long passage central que j'ai trouvé lent, lourd et finalement pas très utile. Comme si l'auteur avait besoin d'arriver à un certain nombre de pages et qu'il faisait du remplissage, on se retrouve à suivre sur plus de 70 pages les états d'âmes de personnes pris au piège dans un siège à priori sans espoir de survie. Heureusement que l'écriture de Peru est agréable, la pilule passe mieux mais franchement, j'ai vraiment cru que j'allais le perdre surtout que durant tout l'ouvrage il n'y a aucune scène se déroulant dans une taverne (Blasphème !!!). Heureusement, il reprend le dessus juste après avec des révélations fracassantes que je n'avais pas vu venir et un dernier acte épique. Trop peut-être d'ailleurs avec des personnages aux discours trop guindés à la limite du ridicule, mais bon... ne boudons pas notre plaisir pour autant.

En effet, ce one-shot (suffisamment rare dans le genre pour être précisé) est d'une grande densité en terme de background, l'auteur nous proposant une belle immersion dans un monde qui, à défaut d'être réellement original, se tient et provoque une évasion immédiate. J'ai particulièrement aimé les passages traitant des druides avec les descriptions de leur habitat, de la forêt mais aussi l’organisation de leurs ordres, leurs techniques d’apprentissage ou encore leur philosophie de vie. À ce propos, oubliez tout ce que vous avez comme à priori sur eux, on est loin de Panoramix ou de Merlin, la fin de l’ouvrage livrant au passage des vérités qui en surprendront plus d'un ! Bien caractérisé aussi est le monde des hommes avec leurs incessantes rivalités, les rapports de force en jeu et les manœuvres opérées pour garder le pouvoir. Et puis, il y a l'Est, les territoires désertés et livrés aux forces de l'ombre que l'on apprend à connaître au fil de la lecture et qui flirtent à l’occasion avec un certain Mordor... Les personnages à défauts d'être originaux font le service avec quelques uns d'entre eux très attachants comme le héros mais aussi Arkantia une druidesse intrépide qui va tenter une expérience éprouvante pour sauver tout le monde. Ce personnage est celui qui m'a le plus surpris et qui du coup restera mon préféré.

On passe donc globalement un bon moment, on est dans du classique, les repères sont là (mais pas les tavernes, nom de Dieu !) et tout se lit bien et sans difficultés. Druide est typiquement le genre de lecture détente pour les amateurs du genre. On ne regrette pas un moment de l'avoir lu même si on est tout de même un bon cran en dessous des auteurs classiques comme Tolkien et Martin, ou plus proche de nous Adrien Tomas qui m'avait soufflé avec La Geste du VIème royaume. L'ouvrage d'Oliver Peru reste donc bon un petit plaisir, à réserver aux fans du genre.

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samedi 16 mars 2019

"L'Œuf de dragon" de George R. R. Martin

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L'histoire : Quatre-vingt-dix ans avant les péripéties du "Trône de Fer", Aegon, de la lignée royale, surnommé l'Œuf, court les routes incognito comme écuyer d'un chevalier errant, Dunk. Au hasard des chemins, le duo se voit convié par le fringant Jehan le Ménétrier à participer à un tournoi richement doté qui sera le clou des noces de lord Beurpuits. Au champion ira le grand prix, un inestimable œuf de dragon. Mais il apparaît bientôt que les noces et le tournoi sont un nid d'intrigues et d'ambitions, petites et grandes, et qu'une prophétie annonce de grands événements.

La critique de Mr K : Ferveur et ressentiment m'habitent quand il s'agit d'aborder le cas de George R. R. Martin. Admiration tout d'abord face au talent déployé dans sa saga du Trône de fer que je trouve brillante et menée de main de maître. Colère face au retard qu'il a accumulé pour conclure le cycle dans sa version littéraire, n'étant que moyennement conquis par la série qui s'en est inspiré et qui même s'il elle s'avère spectaculaire, gâte certains personnages et évolue vers une fin plus que prévisible. Pour me faire patienter et avec un grand coup de pot, je suis tombé à Emmaüs sur L'Œuf de dragon, une sorte de préquelle se déroulant toujours à Westeros mais sur une échelle bien plus petite (en terme de localisation géographique et de nombre de pages). Au final, ce fut une lecture très rapide, plaisante et qui m'a permis d'émousser quelque peu mon impatience...

Se déroulant quasiment un siècle avant les événements narrés dans la saga du Trône de fer, ce court récit de 181 pages nous propose de suivre le chevalier errant Duncan et son jeune écuyer à la très noble ascendance. Voyageant de régions en régions, ils vont croiser une troupe lors d'un passage en forêt et se retrouver malgré eux mêlés à un mariage qui sous ses dehors de félicité cache de lourds secrets. Ripailles, joutes et plaisanteries douteuses sont au rendez-vous ainsi que tractations secrètes et complots ourdis pour prendre le pouvoir. Rajoutez là dessus un œuf de dragon très convoité et pas de doute, vous y êtes ! C'est bien du George R. R. Martin !

L'addiction ne met vraiment pas longtemps à faire son apparition, en quelques pages seulement, on se prend immédiatement d'affection pour ce chevalier bourru et son jeune assistant de 11 ans. Leurs rapports prêtent à sourire et à l'admiration, entre un chevalier revenu de tout qui gagne maigrement sa subsistance et en impose avec son physique hors norme (c'est un géant) et le jeune Aegon qui découvre la vie d'aventurier en explorant peu à peu ses capacités et qualités. On passe un bon moment entre réparties bien senties, échanges initiatiques et moments de tensions mémorables. Ces deux là s'apprécient, se jaugent, se prennent la tête mais une douceur et une lueur de tendresse éclairent cette relation unique.

On retrouve tout autour de ce duo, la force des récits fantasy du maître. Un monde dangereux où la rapacité se dispute à la férocité des rapports humains. Il ne fait pas bon être noble et humble dans un univers gouverné par la peur, la force et des alliances toujours mouvantes. On croise en la matière de sacrés personnages qui même s'ils n'égalent pas les principaux protagonistes de la saga originelle, tiennent la dragée haute en terme de vilenie et de perfidie. Et puis, il y a cette alternance constante du regard posé par les personnages principaux sur leur environnement immédiat avec des descriptions prenantes et des scènes d'action rudement menées avec notamment une journée de joute aussi tendue que saisissante de réalisme. On se prend vraiment au jeu et l'on retrouve des sensations depuis longtemps éprouvées lorsque je découvrais le Trône de fer.

Bien que concis, le récit est bien mené, le suspens est relativement présent (même si j'ai deviné bien des choses en avance) et l'on ne s'ennuie pas une seconde. Resserrée, la trame au détour de certaines circonvolutions fait référence à la saga à venir et donne des informations pas dénuées d'intérêt sur les Targaryens, famille de Daenyris. Bon, en la matière, ça reste maigre, mais si on est fan du Trône de fer ce serait dommage de se priver de ce petit plaisir qui même s'il n'est pas définitif apporte de bons moments de lecture et permet de retrouver un univers aussi foisonnant que passionnant. Laissez vous tenter !

Lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
Chanson pour Lya
Le trône de fer, intégrale 1
Le trône de fer, intégrale 2
Le trône de fer, intégrale 3
Le trône de fer, intégrale 4
Le trône de fer, Le bûcher d'un roi, volume 13
Le trône de fer, Les dragons de Meereen, volume 14
Le trône de fer, Une Danse avec les dragons, volume 15
- Dragon de glace

- L'Agonie de la lumière

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jeudi 22 novembre 2018

"Le Feu primordial" de Martha Wells

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L'histoire : Le royaume d'Île-Rien vit sous la menace d'un dangereux sorcier, l'énigmatique Urbain Grandier. Dans sa capitale de Vienne, le jeune et faible roi Roland règne sous l'influence d'un entourage équivoque et ambitieux. Seule Ravenna, la reine douairière, garantit encore l'intégrité du royaume. Or voici que reparaît à la cour la soeur bâtarde de Roland, Kade la demi-fée, fille du vieux roi défunt et de la reine de l'air et des ténèbres. Vient-elle s'emparer du trône ? Est-elle de mèche avec Urbain Grandier?

Le capitaine Thomas Boniface, ex-amant de Ravenna, est peut-être le dernier rempart entre Île-Rien et le chaos. À lui de comprendre qui est l'ami, qui l'ennemi. Mais son intelligence et ses qualités de soldat suffiront-elles à préserver le trône, surtout si la magie du royaume des fées fait irruption dans Vienne?

La critique de Mr K : Retour à la fantasy aujourd'hui avec cet ouvrage lu durant la période des Utopiales. Dégoté pour presque rien lors du défrichage de la médiathèque de Lorient, Le Feu primordial de Martha Wells m'avait attiré par sa quatrième de couverture intrigante (notamment le goût de l'auteur pour l'Histoire de France) et la maison édition L'Atalante que j'aime beaucoup. Ce fut une lecture rapide et très plaisante, même si les surprises ont été rares (le genre est assez codifié), on se plaît à suivre les intrigues de palais et les combats à l'épée qui parsèment ce roman très efficace.

Qui dit fantasy, dit souvent grandes chevauchées à travers de vastes espaces, des quêtes mystiques aux relents initiatiques et souvent, des nuits improbables dans des tavernes isolées (mon côté breton apprécie à chaque fois). Oubliez cela pour ce titre qui se déroule quasiment en huis-clos dans le château royal de Vienne, capitale du royaume d'Ile-Rien. Une sourde menace semble peser sur les lieux, le roi-enfant faible et influençable pourrait bien perdre sa place au profit de comploteurs parfois à peine masqués : des nobles ambitieux et sans scrupules, un magicien échappé du royaume voisin qui convoiterait le pouvoir du monarque ou encore l'invasion possible depuis l'outre-monde où réside des fées bien loin de celles qu'on nous vante dans les contes du même nom. Bel imbroglio dans lequel se débattent les personnages principaux dont Thomas Boniface, capitaine de la garde de la reine, fidèle à son serment d'allégeance et grand bretteur.

L'unité de lieu s’accompagne d'une unité de temps. Il ne se passe pas une semaine entre le début et la fin du volume, cette action concentrée donne une densité bienvenue au récit qui du coup se concentre sur l'essentiel. Pas de délayage ici mais une succession de rencontres, d’interactions entre personnages forts, combats épiques mêlant magie, poudre et lames, éléments d'enquêtes digne d'un roman policier plus classique, révélations plus ou moins attendues et même amour filé entre deux êtres très différents. Pas le temps de s'ennuyer, on enquille les pages sans vraiment s'en rendre compte et c'est même parfois frustrant de devoir s'arrêter tant on est happé par l'histoire et le rythme trépidant qui nous est proposé.

Le héros en lui-même n'est pas le plus attachant des personnages, bien que souvent ironique et plein d'à propos, je l'ai trouvé plutôt monolithique. Cette fadeur ne lui enlève pourtant pas ses qualités et met en lumières les autres protagonistes. Au premier rang d'entre eux, j'ai adoré le personnage de Kade, la demi-sœur du roi, fruit d'une union hors du commun entre le roi et une fée. Appartenant à deux mondes, repoussée de toute part, cette fêlure nourrit le personnage et la porte toujours en avant, la dotant d'un caractère bien pourri comme je les aime. C'est bien simple, dès qu'elle fait partie d'une scène (c'est-à-dire quasiment sur la moitié du livre), elle rayonne et charme irrémédiablement le lecteur. Étant amateurs de complot et de trahisons à la Game of Thrones, j'ai aussi particulièrement apprécié les bad guys qui s'avèrent très réussis, entre félonie abjecte et frustration de leur condition sociale. L'ensemble se marie bien, baignant dans une ambiance crépusculaire qui habille le roman d'oripeaux très séduisants. De manière générale, les personnages bien que plutôt convenus sont bien traités, explorés en profondeur et enrichissent un récit finalement pas si développés que cela, l'action étant limité dans le temps comme dit précédemment.

La fantasy est ici virevoltante et sans concession (l'attaque de la Horde sur le château à mi-parcours est impressionnante, la description des arts magiques), séduisant l'amateur que je suis malgré un air parfois de déjà lu. J'ai aussi beaucoup apprécié la caractérisation, les descriptions liées au château et ses dépendances (belles cartes jointes au début du livre) qui donne un réalisme bien poussé au contexte. On aime faire l'aller retour entre les passages écrits et le document cartographié, on s'imagine complètement dans les scènes décrites et l'on s'amuse à suivre les héros au plus près. Je peux vous dire qu'on l'explore en long, en large et en travers ce château et qu'il réserve bien des surprises.

Bonne lecture donc, idéale pour passer un bon moment loin de la réalité et s'évader vers un monde onirique où l'héroïsme et le danger vont de pair. Les amateurs de fantasy devraient apprécier surtout s'ils veulent se lire un one-shot sans prétention et facile d'accès. Avis aux amateurs !

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samedi 30 septembre 2017

"Conan" de Robert E. Howard

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L’histoire : "C’est alors que vint Conan le Cimmérien – cheveux noirs, regard sombre, épée au poing, un voleur, un pillard, un tueur aux accès de mélancolie tout aussi démesurés que ses joies – pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre." Les chroniques némédiennes

La critique de Mr K : C’est à l’occasion du Motocultor festival que je me décidai à me relancer dans un re-reading d’un ouvrage culte de fantasy : Conan de Robert E. Howard. Ça me semblait être le lieu idéal pour retourner en Aquilonie et suivre les aventures de ce barbare ultra-célèbre qui fit mon bonheur plus jeune entre lecture de l’ouvrage, BD pleines d’action et un film mémorable avec un futur gouverneur de Californie dans le rôle titre. Presque trente ans après, le bonheur de lecture est intact et j’ai redécouvert au passage la richesse de la langue de l’auteur qui est considéré à raison comme un pilier du genre.

Avant même la lecture des nouvelles en elles-mêmes (7 courts textes composent ce recueil), une judicieuse préface nous présente l’auteur et son apport à la littérature. C’est ainsi que j’ai appris que Howard fut au départ un enfant doué intellectuellement, timide et du coup (comme c’est encore trop souvent le cas) régulièrement malmené par les autres. En réaction, il devint un fanatique de sport et de culture physique, devenant même un temps boxeur. La peur changea de camp ! C’est après qu’il commença à entreprendre une carrière liée à l’écriture avec Conan mais aussi Solomon Kane. Malgré une réussite qui lui tend les bras, il finira par se donner la mort à l’annonce du décès prochain de sa mère dont il était très proche. Bien qu’indépendante de l’œuvre elle-même, je trouve que sa vie a été passionnante et éclaire quelque peu la teneur de ses ouvrages et notamment la raison d’être de ce cimmérien à la force brute et au cœur chaud.

Dans ces sept nouvelles, nous suivons donc Conan, un jeune barbare cimmérien qui trace sa route et son destin à travers les différents empires et royaumes de l’âge hyperboréen. Le jeune fuyard de la première nouvelle aux prises avec une horde de loup et une momie ressuscitée se transformera au fil des récits en voleur expérimenté puis en mercenaire / guerrier que l’on recherche ardemment en ces temps troublés. Les différentes nouvelles le mettent aux prises avec de vils magiciens, des créatures venues d’autres plans d’existence et du tréfonds des ténèbres. Chaque récit est l’occasion d’un voyage en terre étrangère avec la rencontre d’autres peuples et souvent le déclenchement d’une quête ardue qui mettra à rude épreuve notre barbare de héros.

Le personnage principal n’a rien perdu de son charisme malgré les années et le temps qui passe. On retrouve ce charme animal et sauvage qui font littéralement décoller le lecteur durant sa lecture. Impressionnant de force, les actes herculéens sont légions durant ces pages, le monde décrit est rude et Conan peut compter sur son physique hors norme pour se tirer des situations délicates où l’emmène un auteur assez sadique à son endroit. Loin d’être seulement un monolithe de force brute, Conan est plus malin qu’il n'en a l’air et se révèle parfois même faillible. Il n’est pas rare en effet que la peur l’envahisse lorsqu’il se retrouve face au surnaturel ou la magie, phénomènes que les cimmériens abhorrent. Bon, il reste malgré tout un bon gros barbare bourrin mais cette faiblesse ajoutée à son empathie envers certains personnages et les jeunes filles en détresse rajoute un caractère plus humain à ce géant qui s’apparente à une machine de guerre impitoyable.

Très branché action, le tempo est mené tambour battant. C’est la marque de fabrique de Howard dans sa façon de narrer et décrire les histoires qu’il propose. Le genre de la nouvelle est d’ailleurs exigeant dans le genre, il faut savoir planter rapidement et efficacement un lieu, un temps et une intrigue. Les textes présentés ici sont des modèles du genre avec à chaque fois des récits bien ficelés, jamais redondants ni bâclés. Malgré le peu de descriptions (je suis un aficionados du style de Tolkien d’où cette légère frustration), on est immergé immédiatement en ces temps sombres et on s’émerveille devant les lieux où se déroulent les histoires : des villes luxuriantes aux tripots les plus malfamés, des cryptes les plus darks aux forêts les plus mystérieuses, on voyage beaucoup et l’on côtoie divers dangers bien flippants. Et puis, les scènes d’action pures sont d’une rare efficacité et donnent à voir un spectacle total, sans fioritures où la crudité se mêle à la virtuosité. Un pur bonheur de lecture qui passe très vite sans que l’on s’en rende compte.

Force est de constater que depuis les années 30, Conan reste la pièce maîtresse du genre Sword and sorcery et qu’il est indéboulonnable en terme de référence ultime. Sous ces apparences de simple roman d’aventure et d‘action se cache une expérience littéraire toujours aussi délectable qui fait la part belle aux exploits et au dépaysement. Un classique parmi les classiques !

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lundi 17 juillet 2017

"La Mallorée - Intégrale" de David Eddings

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L’histoire : Voici venus les temps où les peuples respirent. Torak est mort, le Dieu-Dragon, l’Enfant des Ténèbres, et la menace cosmique paraît conjurée. Tout est calme en tous lieux dans les royaumes du Ponant. Pourtant la Prophétie des Ténèbres est bien gravée dans les mémoires : une parole, ça ne peut pas mourir. Et le vieux Gorim, dans sa grotte, entend gémir et gronder la terre : une pierre maléfique s’est réveillée à l’autre bout du monde. Le culte de l’Ours aurait-il encore, contre toute attente, des adeptes secrets ? Çà et là, on complote, on assassine, on repère des enfants marqués par le destin. Déjà, la guerre s’allume dans les états du Sud. Puis, une nuit, la Voix parle à Garion. Qu’est ce que le Sardion, la pierre tombée du ciel dont le nom fait frémir les Ulgos ? Où est "l’endroit qui n’est plus" ? Faut-il combattre encore les Ténèbres vaincues ? Bien, les Gardiens du Ponant vont reprendre du service...

La critique de Mr K : Il y a deux ans, je vous parlais de ma chouette découverte fantasy du moment : la très belle et fun pentalogie de La Belgariade de David Eddings, lue durant notre voyage de noces à l’autre bout du monde. Lors du même chinage en janvier 2015, j’avais récupéré la deuxième partie de la saga nommée La Mallorée. Je n’avais donc que trop attendu pour retourner dans ces terres d’aventures et d’humour. Je me lançai il y a un mois dans cette deuxième partie de la saga en entrecoupant mes lectures pour prolonger au maximum le plaisir.

La Mallorée compte cinq romans :
- Les Gardiens du Ponant
- Le Roi des Murgos
- Le Démon majeur de Karanda
- La Sorcière de Darshiva
- La Sibylle de Kell

C’est avec une impatience non feinte que je replongeai dans le cycle de David Eddings dont l’action reprend quelques mois après la défaite de Torak dans La Belgariade. La paix semble être revenue sur tous les territoires qui ont échappé de peu à la catastrophe et le retour de l’âge des ténèbres. C’est le temps de l’espoir, de l’insouciance entre rencontres amicales entre grands, naissances et globalement des tensions moindres entre royaumes et empires. Cependant, une nouvelle menace va faire son apparition, une influence séditieuse tout d’abord qui se conclura ensuite par un rapt d’enfant qui pourrait bien changer la face du monde. Le Mal a été vaincu par le passé mais peut-on combattre le Chaos lui-même ? Commence alors pour nos anciens amis de la Belgariade une nouvelle quête haute en danger et sensations à travers deux continents dans un road movie ponctué de moments de bravoures, de découvertes mystiques, d’alliances improbables et d’engueulades drolatiques.

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Qui dit heroïc-fantasy dit aventure et voyage. Une fois de plus le contrat est largement rempli avec un ouvrage faisant la part belle à la route, ses rencontres et péripéties. Durant les deux premiers volumes, on replonge avec délectation dans les royaumes du Ponant et les territoires Angaraks entre les royaumes du nord humain, le territoire des hommes serpents perdus dans des jungles impénétrables (ou presque), les lointains territoires Murgos... La joyeuse troupe en parcourt des kilomètres et va même par la suite découvrir un deuxième continent, pendant du premier et qui leur réserve bien des surprises. Cette lecture est donc l’occasion de se confronter à nombre de civilisations et sociétés diverses avec leurs différences de culture, de religion et de manière de vivre. On en profite aussi pour parcourir des paysages grandioses avec cette science si particulière qu’à Edding de nous immerger dans des espaces hallucinants sans pour autant nous perdre en route avec une multitude de détails qui au final ne compterait pas beaucoup dans la compréhension globale. Rajoutez là dessus, une exploration de royaumes livrés au mal absolu avec un chaos menaçant et implacable et cela vous donne un cycle de fantasy totalement bluffant et gigantesque en terme de background.

Loin d‘être seulement un gigantesque tableau, le cycle de La Mallorée complète à merveille le précédent en réutilisant des éléments et personnages présents dans les cinq premiers tomes, et en y rajoutant un certain nombre de créatures nouvelles au premier rang desquelles des dragons et surtout des démons tout droit sortis des enfers (l’aspect Dark Fantasy est ici plus poussé pour ma plus grande satisfaction). La magie est toujours aussi présente et l’aspect mystique encore davantage expérimenté avec en toile de fond une lutte pour la suprématie pour le monde entre anciennes et nouvelles divinités. L’aventure est donc dantesque entre rencontres impromptues, morceaux de bravoure, complots et stratégies tramés à l’ombre des cours, passages plus intimistes et la vie du groupe.

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C’est la grande force d’Edding, la caractérisation des personnages est toujours aussi fun. Loin de rester coincé dans le style parfois ampoulé du genre fantasy, les personnages bien que plutôt classiques livrent des duels verbaux de haute volée et l’on rit énormément notamment dans les discussions et piques que se lancent Belgarion, sa tante et son grand-père autour desquels gravitent une pléthore de personnages tous plus truculents les uns que les autres. Malgré une trame de fond sombre, les personnages vivent leur vie pleinement entre querelles de générations, histoires d’amour naissantes, confrontations des ego et tracas divers et variés de la vie d’aventurier. On passe donc régulièrement du rire à des émotions plus noires et à des passages assez impressionnants en terme d’aventure pure et de révélations. Quelle imagination et quelle maestria dans l’art d’agencer l’ensemble ! L’équilibre entre les deux est toujours bien dosé, sans rajouts inutiles et toujours pour le grand bonheur du lecteur.

L’accroche est immédiate et l’on retrouve le style si efficace d’Edding avec une langue accessible mais néanmoins nuancée qui provoque un plaisir de lire durable. Les pages se tournent toutes seules amenant le lecteur bien souvent à se coucher à des heures indues. Je me suis vraiment plu à lire cette suite entre retrouvailles et nouvelles découvertes, c’est le cœur un peu gros que j’ai terminé cette nouvelle pentalogie très réussie et qui me semble essentielle à découvrir pour tout amateur de fantasy. Je vais désormais me rabattre sur d’autre titres du même écrivain qui paraît-il réserve encore de beaux ouvrages. Miam miam !

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jeudi 1 juin 2017

"L'Enfer du Troll" de Jean-Claude Dunyach

L'enfer du troll

L’histoire : " Nous sommes censés accompagner Sheldon et Brisène dans leur voyage de noces à l’autre bout du monde et jeter un coup d’œil à la situation d’une des mines locales, qui s’ouvre à flanc de volcan. Les rapports qui lui parviennent ne sont pas conformes au planning.

– Tu t’attends à quoi ?

– Une menace inconnue, terrifiante, du genre que les humains ne sont pas taillés pour affronter. Une apocalypse à l’échelle du monde, qui risque d’éradiquer toute vie intelligente sur Terre. Et ça pourrait même nous affecter, par ricochet..."

Pour venir à bout de leur quête, le Troll et ses complices vont devoir affronter les typhons des mers du sud, une armée de zombies et de consultants, et résister aux pièges des épouvantables souvenirs pour touristes. Mais ils disposent d’une arme secrète : leur mission est dotée d’un budget.

La critique de Mr K : Il y a deux ans environ, je vous parlais avec enthousiasme de ma découverte de Jean-Claude Dunyach avec le très réussi L’instinct du Troll qui mélangeait allégrement clichés de fantasy avec des notions et un vocabulaire moderne du type du pastiche Le Conseil corporate basé sur l’adaptation ciné du Seigneur des anneaux. J’ai depuis croisé l’auteur aux Utopiales et rencontré un homme heureux d’écrire, d’une bonté et d‘une gentillesse de tous les instants. C’est donc avec un plaisir immense que j’entamai cette nouvelle lecture qui s’inscrit complètement dans la lignée du précédent en reprenant certains personnages connus et en enfonçant à nouveau le clou de l’humour grinçant et des passages ubuesques. Amateurs de gaudriole et de références léchées, vous êtes les bienvenus !

On retrouve ici notre bon gros troll pour une nouvelle quête aux bordures du monde connu, son chef l’envoie sur une île lointaine, dans un volcan où se trament d’étranges événements qui pourraient rompre l’équilibre précaire du monde. Mais la route est longue, il va falloir survivre à la croisière organisée à laquelle il participe et supporter les impondérables qui vont en découler, sans compter la compagnie de zozos plus dingos les uns que les autres. C’est l’occasion pour l’auteur de continuer à asticoter le lecteur et notre monde à travers des moments de bravoures, des situations cocasses et de grands moments de solitudes. Délectable !

Avec L'Enfer du Troll, Dunyach nous montre le pendant féminin de notre troll de héros en la personne de sa compagne qui va prendre les commandes très tôt ; c'est une force de la nature romantique, cela donne de belles pages de romance et de tendresse version troll. Attendez un peu de lire les passages concernant leurs étreintes et vous comprendrez l’amour fou qui les unit. C’est à la fois touchant, drôle et décalé. Il faut dire qu’il ne sont pas trop de deux pour affronter la bêtise ambiante entre des nécromants vendeurs versés dans l’escroquerie organisée, les elfes foldingues aux motivations obscures, un stagiaire décidément très tarte et naïf (aaaaah ces humains !), une jeune mariée possessive et dictatoriale, des chevaliers peu toniques qui se révèlent être des incompétents notoires dans leur domaine, des fonctionnaires avides de réunions qui se transforment en brutes sanglantes si vous avez le malheur de ne pas porter de badge...

Je crois que vous pouvez vous faire une petite idée de l’esprit qui souffle sur ses pages entre quête du Graal assistée par GPS (Graal Position System), parcs d’attraction pour touristes avec des zombies asservis dedans, des machines à café où se tractent les pires complots, des boules à neige contenant de vraies âmes à l’intérieur, une fin du monde capitaliste à souhait et des personnages complètement largués qui ne peuvent compter que sur leur malice et un bon budget pour s’en sortir. C’est ultra-efficace, très bien ciblé et ça démoli aux passages les classiques évoqués au détour de quelques lignes bien senties (le passage sur l’aube rouge est un modèle du genre, Legolas retourne te coucher !). C’est irrévérencieux, très très drôle si on aime l’humour à la mode Pen of Chaos et qu’on aime la fantasy. Si ce n’est pas votre cas, vous feriez mieux de passer votre tour, les amateurs de fantasy pure à la mode Tolkien en seront pour leur frais. Pour ma part, j’ai été comblé par ce dépoussiérage rigolard qui ne se prend jamais au sérieux tout en garantissant une belle qualité littéraire au lecteur.

Le risque principal de ce genre d’ouvrage réside souvent dans le trop plein. Heureusement l’auteur nous sert ici un roman de deux cents pages donc court mais suffisant. Pas de lassitude donc, un style gouleyant à souhait et un rythme endiablé qui ne laisse que très peu de moments de pause au lecteur qui se retrouve englué dans un univers fantastico-comique assez impressionnant et complet. C’est avec un grand sourire que l’on repose l’ouvrage une fois fini et qu’on se dit qu’on en reprendrait bien une petite louche. Honnêtement, si vous êtes amateur de Pratchett, vous en avez ici un dérivé à la mode gestion-administration de très haut vol qui vous mènera vers des sommets de plaisir insoupçonné. Un must dans le genre !

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lundi 27 mars 2017

"La Quête de l'Oiseau du Temps" de Le Tendre et Loisel

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L'histoire : Le légendaire chevalier Bragon pense en avoir fini avec sa vie aventureuse dont les exploits ont fait les heures les plus riches des conteurs d'Akbar. À présent qu'il est vieux, il n'aspire plus qu'au repos, retiré qu'il est dans sa ferme des hauts plateaux du Médir. Mais la tranquillité n'est pas de mise pour les héros.

Un jour vient à lui Pélisse, jeune vierge sauvage et rousse aux formes généreuses, accompagnée de son Fourreux, animal étrange aux mystérieux pouvoirs. Elle lui apporte un message de sa mère, la princesse-sorcière Mara, elle-même ancienne maîtresse de Bragon. La situation est grave : Ramor, le dieu maudit, va bientôt sortir de la conque où les dieux l'avaient enfermé pour contenir sa soif de pouvoir. La destruction et la mort s'étendraient alors sur Akbar sans que quiconque puisse s'y opposer.

Il ne reste que huit jours avant la "Nuit de la saison changeante" où s'achèvera l'enchantement qui retient Ramor prisonnier. Mara a besoin de l'Oiseau du Temps, car il est le seul capable d'arrêter le temps, ce qui lui permettrait d'achever, avant la fin des huit jours, la trop longue incantation qui lie Ramor à la conque. Mais la première épreuve de la quête sera d'aller récupérer la Conque de Ramor, jalousement gardée par Shan-Thung, le prince-sorcier de la Marche des Terres Éclatées.

Sollicité par son ancien amour, agacé par la fougue et l'insolence de Pélisse qui prétend être sa fille, Bragon sort sa fidèle faucheuse de son étui et s'embarque sans plus d'hésitation dans ce qui sera la plus hasardeuse des entreprises jamais vues sur Akbar : La Quête de l'Oiseau du Temps !...

La critique de Mr K : Nouvel emprunt au CDI de mon bahut : l’intégrale de La Quête de l’Oiseau du Temps de Le Tendre et Loisel. Il s’agit d’une relecture pour enfin savoir le fin de mot l’histoire m’étant arrêté au volume 3 à l’époque. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous, à la vue de l’œuvre dans son entier, j’avais bien trop attendu tant cette bande dessinée est une merveille d’intelligence, d’humour et d’esthétisme.

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La trame est plutôt classique : le monde d’Akbar est en grand danger, dans huit jours un dieu vengeur emprisonné dans une conque va se libérer et asservir le monde, rien de moins ! La princesse-sorcière Mara va rassembler une petite troupe et l’envoyer en quête du mystérieux oiseau qui donne son nom aux albums pour pouvoir arrêter le flux du temps et réaliser l’incantation qui convient pour éviter l’apocalypse. Mais vous imaginez bien que cette quête se révélera ardue, riche en rebondissements et le final laissera des traces (y compris sur le lecteur !). On retrouve ici tous les ingrédients qui font une bonne BD de fantasy.

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En premier lieu, une joyeuse bande constituant un groupe disparate où chacun est complémentaire. Une jolie fille gouailleuse accompagnée d’une mystérieuse créature toute mignonne (Kawaï comme on dit maintenant), un vieux chevalier grognon au cœur gros comme ça qui passe son temps à râler (j’adore ce personnage), un mystérieux inconnu masqué aussi couard qu’obsédé par les formes généreuses de l’héroïne et toute une galerie de personnages secondaires tous plus farfelus et délirants les uns que les autres avec notamment un ancien écuyer revanchard, une sorcière obnubilée par sa mission de sauveuse du monde, un chasseur solitaire reclus dans un territoire perdu... L’ensemble forme une communauté imaginaire crédible, originale et très engageante pour un lecteur conquis par ce microcosme crée de toute pièce.

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Ce qu’il y a de génial dans cette série, c’est son aspect drolatique. Bien que n’épargnant par leurs personnages de moments de bravoure intense (on a parfois le souffle coupé au détour d’une ou deux mésaventures), les auteurs n’ont pas voulu fournir une BD qui se prenne trop au sérieux. L’aventure est belle mais l’humour omniprésent lui donne un cachet sympathique qui empêche le sourire esquissé en début de lecture de s’effacer du visage ravi du lecteur. Réparties truculentes, situations ubuesques s’enchaînent pour notre plus grand plaisir empêchant cette histoire de tomber dans les clichés d’une fantasy sans finesse sombrant dans des situations déjà vues et ennuyeuses aux yeux du fan que je suis. Les nanas ont ici de la répartie, les gros bras souvent mis en porte-à-faux voir pire (j’adore Bulrog) et les créatures croisées sont souvent attendrissantes et totalement barrées. Et même si parfois, elles n’apparaissent que sur une case ou deux d’une planche, le souvenir perdure et on rigole encore en y repensant.

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Les deux auteurs nous proposent vraiment une immersion totale avec des planches parfois de toute beauté. Bien que le style ait changé légèrement entre le premier et le quatrième tome, on prend quelques claques esthétiques qui se combinent entre elles pour fournir un scénario intéressant bien que plutôt convenu. Heureusement, le quatrième et ultime tome réserve son lot de surprises et c’est avec une certaine émotion qu’on le referme. J’en avais même les yeux tout humide, chose très rare pour moi en matière de lecture de BD de ce style.

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Rien à reprocher donc à cette tétralogie à la fois immersive en terme d’aventure et comique dans les rapports tissés entre les personnages. Dessins et textes sont au diapason pour fournir un excellent moment de détente dont on se souvient bien longtemps après notre lecture. Cette œuvre est absolument à découvrir si vous êtes amateur de ce type d’univers car dans le domaine on ne fait pas mieux !