lundi 17 juillet 2017

"La Mallorée - Intégrale" de David Eddings

La Mallorée 1

L’histoire : Voici venus les temps où les peuples respirent. Torak est mort, le Dieu-Dragon, l’Enfant des Ténèbres, et la menace cosmique paraît conjurée. Tout est calme en tous lieux dans les royaumes du Ponant. Pourtant la Prophétie des Ténèbres est bien gravée dans les mémoires : une parole, ça ne peut pas mourir. Et le vieux Gorim, dans sa grotte, entend gémir et gronder la terre : une pierre maléfique s’est réveillée à l’autre bout du monde. Le culte de l’Ours aurait-il encore, contre toute attente, des adeptes secrets ? Çà et là, on complote, on assassine, on repère des enfants marqués par le destin. Déjà, la guerre s’allume dans les états du Sud. Puis, une nuit, la Voix parle à Garion. Qu’est ce que le Sardion, la pierre tombée du ciel dont le nom fait frémir les Ulgos ? Où est "l’endroit qui n’est plus" ? Faut-il combattre encore les Ténèbres vaincues ? Bien, les Gardiens du Ponant vont reprendre du service...

La critique de Mr K : Il y a deux ans, je vous parlais de ma chouette découverte fantasy du moment : la très belle et fun pentalogie de La Belgariade de David Eddings, lue durant notre voyage de noces à l’autre bout du monde. Lors du même chinage en janvier 2015, j’avais récupéré la deuxième partie de la saga nommée La Mallorée. Je n’avais donc que trop attendu pour retourner dans ces terres d’aventures et d’humour. Je me lançai il y a un mois dans cette deuxième partie de la saga en entrecoupant mes lectures pour prolonger au maximum le plaisir.

La Mallorée compte cinq romans :
- Les Gardiens du Ponant
- Le Roi des Murgos
- Le Démon majeur de Karanda
- La Sorcière de Darshiva
- La Sibylle de Kell

C’est avec une impatience non feinte que je replongeai dans le cycle de David Eddings dont l’action reprend quelques mois après la défaite de Torak dans La Belgariade. La paix semble être revenue sur tous les territoires qui ont échappé de peu à la catastrophe et le retour de l’âge des ténèbres. C’est le temps de l’espoir, de l’insouciance entre rencontres amicales entre grands, naissances et globalement des tensions moindres entre royaumes et empires. Cependant, une nouvelle menace va faire son apparition, une influence séditieuse tout d’abord qui se conclura ensuite par un rapt d’enfant qui pourrait bien changer la face du monde. Le Mal a été vaincu par le passé mais peut-on combattre le Chaos lui-même ? Commence alors pour nos anciens amis de la Belgariade une nouvelle quête haute en danger et sensations à travers deux continents dans un road movie ponctué de moments de bravoures, de découvertes mystiques, d’alliances improbables et d’engueulades drolatiques.

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Qui dit heroïc-fantasy dit aventure et voyage. Une fois de plus le contrat est largement rempli avec un ouvrage faisant la part belle à la route, ses rencontres et péripéties. Durant les deux premiers volumes, on replonge avec délectation dans les royaumes du Ponant et les territoires Angaraks entre les royaumes du nord humain, le territoire des hommes serpents perdus dans des jungles impénétrables (ou presque), les lointains territoires Murgos... La joyeuse troupe en parcourt des kilomètres et va même par la suite découvrir un deuxième continent, pendant du premier et qui leur réserve bien des surprises. Cette lecture est donc l’occasion de se confronter à nombre de civilisations et sociétés diverses avec leurs différences de culture, de religion et de manière de vivre. On en profite aussi pour parcourir des paysages grandioses avec cette science si particulière qu’à Edding de nous immerger dans des espaces hallucinants sans pour autant nous perdre en route avec une multitude de détails qui au final ne compterait pas beaucoup dans la compréhension globale. Rajoutez là dessus, une exploration de royaumes livrés au mal absolu avec un chaos menaçant et implacable et cela vous donne un cycle de fantasy totalement bluffant et gigantesque en terme de background.

Loin d‘être seulement un gigantesque tableau, le cycle de La Mallorée complète à merveille le précédent en réutilisant des éléments et personnages présents dans les cinq premiers tomes, et en y rajoutant un certain nombre de créatures nouvelles au premier rang desquelles des dragons et surtout des démons tout droit sortis des enfers (l’aspect Dark Fantasy est ici plus poussé pour ma plus grande satisfaction). La magie est toujours aussi présente et l’aspect mystique encore davantage expérimenté avec en toile de fond une lutte pour la suprématie pour le monde entre anciennes et nouvelles divinités. L’aventure est donc dantesque entre rencontres impromptues, morceaux de bravoure, complots et stratégies tramés à l’ombre des cours, passages plus intimistes et la vie du groupe.

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C’est la grande force d’Edding, la caractérisation des personnages est toujours aussi fun. Loin de rester coincé dans le style parfois ampoulé du genre fantasy, les personnages bien que plutôt classiques livrent des duels verbaux de haute volée et l’on rit énormément notamment dans les discussions et piques que se lancent Belgarion, sa tante et son grand-père autour desquels gravitent une pléthore de personnages tous plus truculents les uns que les autres. Malgré une trame de fond sombre, les personnages vivent leur vie pleinement entre querelles de générations, histoires d’amour naissantes, confrontations des ego et tracas divers et variés de la vie d’aventurier. On passe donc régulièrement du rire à des émotions plus noires et à des passages assez impressionnants en terme d’aventure pure et de révélations. Quelle imagination et quelle maestria dans l’art d’agencer l’ensemble ! L’équilibre entre les deux est toujours bien dosé, sans rajouts inutiles et toujours pour le grand bonheur du lecteur.

L’accroche est immédiate et l’on retrouve le style si efficace d’Edding avec une langue accessible mais néanmoins nuancée qui provoque un plaisir de lire durable. Les pages se tournent toutes seules amenant le lecteur bien souvent à se coucher à des heures indues. Je me suis vraiment plu à lire cette suite entre retrouvailles et nouvelles découvertes, c’est le cœur un peu gros que j’ai terminé cette nouvelle pentalogie très réussie et qui me semble essentielle à découvrir pour tout amateur de fantasy. Je vais désormais me rabattre sur d’autre titres du même écrivain qui paraît-il réserve encore de beaux ouvrages. Miam miam !

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jeudi 1 juin 2017

"L'Enfer du Troll" de Jean-Claude Dunyach

L'enfer du troll

L’histoire : " Nous sommes censés accompagner Sheldon et Brisène dans leur voyage de noces à l’autre bout du monde et jeter un coup d’œil à la situation d’une des mines locales, qui s’ouvre à flanc de volcan. Les rapports qui lui parviennent ne sont pas conformes au planning.

– Tu t’attends à quoi ?

– Une menace inconnue, terrifiante, du genre que les humains ne sont pas taillés pour affronter. Une apocalypse à l’échelle du monde, qui risque d’éradiquer toute vie intelligente sur Terre. Et ça pourrait même nous affecter, par ricochet..."

Pour venir à bout de leur quête, le Troll et ses complices vont devoir affronter les typhons des mers du sud, une armée de zombies et de consultants, et résister aux pièges des épouvantables souvenirs pour touristes. Mais ils disposent d’une arme secrète : leur mission est dotée d’un budget.

La critique de Mr K : Il y a deux ans environ, je vous parlais avec enthousiasme de ma découverte de Jean-Claude Dunyach avec le très réussi L’instinct du Troll qui mélangeait allégrement clichés de fantasy avec des notions et un vocabulaire moderne du type du pastiche Le Conseil corporate basé sur l’adaptation ciné du Seigneur des anneaux. J’ai depuis croisé l’auteur aux Utopiales et rencontré un homme heureux d’écrire, d’une bonté et d‘une gentillesse de tous les instants. C’est donc avec un plaisir immense que j’entamai cette nouvelle lecture qui s’inscrit complètement dans la lignée du précédent en reprenant certains personnages connus et en enfonçant à nouveau le clou de l’humour grinçant et des passages ubuesques. Amateurs de gaudriole et de références léchées, vous êtes les bienvenus !

On retrouve ici notre bon gros troll pour une nouvelle quête aux bordures du monde connu, son chef l’envoie sur une île lointaine, dans un volcan où se trament d’étranges événements qui pourraient rompre l’équilibre précaire du monde. Mais la route est longue, il va falloir survivre à la croisière organisée à laquelle il participe et supporter les impondérables qui vont en découler, sans compter la compagnie de zozos plus dingos les uns que les autres. C’est l’occasion pour l’auteur de continuer à asticoter le lecteur et notre monde à travers des moments de bravoures, des situations cocasses et de grands moments de solitudes. Délectable !

Avec L'Enfer du Troll, Dunyach nous montre le pendant féminin de notre troll de héros en la personne de sa compagne qui va prendre les commandes très tôt ; c'est une force de la nature romantique, cela donne de belles pages de romance et de tendresse version troll. Attendez un peu de lire les passages concernant leurs étreintes et vous comprendrez l’amour fou qui les unit. C’est à la fois touchant, drôle et décalé. Il faut dire qu’il ne sont pas trop de deux pour affronter la bêtise ambiante entre des nécromants vendeurs versés dans l’escroquerie organisée, les elfes foldingues aux motivations obscures, un stagiaire décidément très tarte et naïf (aaaaah ces humains !), une jeune mariée possessive et dictatoriale, des chevaliers peu toniques qui se révèlent être des incompétents notoires dans leur domaine, des fonctionnaires avides de réunions qui se transforment en brutes sanglantes si vous avez le malheur de ne pas porter de badge...

Je crois que vous pouvez vous faire une petite idée de l’esprit qui souffle sur ses pages entre quête du Graal assistée par GPS (Graal Position System), parcs d’attraction pour touristes avec des zombies asservis dedans, des machines à café où se tractent les pires complots, des boules à neige contenant de vraies âmes à l’intérieur, une fin du monde capitaliste à souhait et des personnages complètement largués qui ne peuvent compter que sur leur malice et un bon budget pour s’en sortir. C’est ultra-efficace, très bien ciblé et ça démoli aux passages les classiques évoqués au détour de quelques lignes bien senties (le passage sur l’aube rouge est un modèle du genre, Legolas retourne te coucher !). C’est irrévérencieux, très très drôle si on aime l’humour à la mode Pen of Chaos et qu’on aime la fantasy. Si ce n’est pas votre cas, vous feriez mieux de passer votre tour, les amateurs de fantasy pure à la mode Tolkien en seront pour leur frais. Pour ma part, j’ai été comblé par ce dépoussiérage rigolard qui ne se prend jamais au sérieux tout en garantissant une belle qualité littéraire au lecteur.

Le risque principal de ce genre d’ouvrage réside souvent dans le trop plein. Heureusement l’auteur nous sert ici un roman de deux cents pages donc court mais suffisant. Pas de lassitude donc, un style gouleyant à souhait et un rythme endiablé qui ne laisse que très peu de moments de pause au lecteur qui se retrouve englué dans un univers fantastico-comique assez impressionnant et complet. C’est avec un grand sourire que l’on repose l’ouvrage une fois fini et qu’on se dit qu’on en reprendrait bien une petite louche. Honnêtement, si vous êtes amateur de Pratchett, vous en avez ici un dérivé à la mode gestion-administration de très haut vol qui vous mènera vers des sommets de plaisir insoupçonné. Un must dans le genre !

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lundi 27 mars 2017

"La Quête de l'Oiseau du Temps" de Le Tendre et Loisel

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L'histoire : Le légendaire chevalier Bragon pense en avoir fini avec sa vie aventureuse dont les exploits ont fait les heures les plus riches des conteurs d'Akbar. À présent qu'il est vieux, il n'aspire plus qu'au repos, retiré qu'il est dans sa ferme des hauts plateaux du Médir. Mais la tranquillité n'est pas de mise pour les héros.

Un jour vient à lui Pélisse, jeune vierge sauvage et rousse aux formes généreuses, accompagnée de son Fourreux, animal étrange aux mystérieux pouvoirs. Elle lui apporte un message de sa mère, la princesse-sorcière Mara, elle-même ancienne maîtresse de Bragon. La situation est grave : Ramor, le dieu maudit, va bientôt sortir de la conque où les dieux l'avaient enfermé pour contenir sa soif de pouvoir. La destruction et la mort s'étendraient alors sur Akbar sans que quiconque puisse s'y opposer.

Il ne reste que huit jours avant la "Nuit de la saison changeante" où s'achèvera l'enchantement qui retient Ramor prisonnier. Mara a besoin de l'Oiseau du Temps, car il est le seul capable d'arrêter le temps, ce qui lui permettrait d'achever, avant la fin des huit jours, la trop longue incantation qui lie Ramor à la conque. Mais la première épreuve de la quête sera d'aller récupérer la Conque de Ramor, jalousement gardée par Shan-Thung, le prince-sorcier de la Marche des Terres Éclatées.

Sollicité par son ancien amour, agacé par la fougue et l'insolence de Pélisse qui prétend être sa fille, Bragon sort sa fidèle faucheuse de son étui et s'embarque sans plus d'hésitation dans ce qui sera la plus hasardeuse des entreprises jamais vues sur Akbar : La Quête de l'Oiseau du Temps !...

La critique de Mr K : Nouvel emprunt au CDI de mon bahut : l’intégrale de La Quête de l’Oiseau du Temps de Le Tendre et Loisel. Il s’agit d’une relecture pour enfin savoir le fin de mot l’histoire m’étant arrêté au volume 3 à l’époque. Mieux vaut tard que jamais me direz-vous, à la vue de l’œuvre dans son entier, j’avais bien trop attendu tant cette bande dessinée est une merveille d’intelligence, d’humour et d’esthétisme.

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La trame est plutôt classique : le monde d’Akbar est en grand danger, dans huit jours un dieu vengeur emprisonné dans une conque va se libérer et asservir le monde, rien de moins ! La princesse-sorcière Mara va rassembler une petite troupe et l’envoyer en quête du mystérieux oiseau qui donne son nom aux albums pour pouvoir arrêter le flux du temps et réaliser l’incantation qui convient pour éviter l’apocalypse. Mais vous imaginez bien que cette quête se révélera ardue, riche en rebondissements et le final laissera des traces (y compris sur le lecteur !). On retrouve ici tous les ingrédients qui font une bonne BD de fantasy.

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En premier lieu, une joyeuse bande constituant un groupe disparate où chacun est complémentaire. Une jolie fille gouailleuse accompagnée d’une mystérieuse créature toute mignonne (Kawaï comme on dit maintenant), un vieux chevalier grognon au cœur gros comme ça qui passe son temps à râler (j’adore ce personnage), un mystérieux inconnu masqué aussi couard qu’obsédé par les formes généreuses de l’héroïne et toute une galerie de personnages secondaires tous plus farfelus et délirants les uns que les autres avec notamment un ancien écuyer revanchard, une sorcière obnubilée par sa mission de sauveuse du monde, un chasseur solitaire reclus dans un territoire perdu... L’ensemble forme une communauté imaginaire crédible, originale et très engageante pour un lecteur conquis par ce microcosme crée de toute pièce.

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Ce qu’il y a de génial dans cette série, c’est son aspect drolatique. Bien que n’épargnant par leurs personnages de moments de bravoure intense (on a parfois le souffle coupé au détour d’une ou deux mésaventures), les auteurs n’ont pas voulu fournir une BD qui se prenne trop au sérieux. L’aventure est belle mais l’humour omniprésent lui donne un cachet sympathique qui empêche le sourire esquissé en début de lecture de s’effacer du visage ravi du lecteur. Réparties truculentes, situations ubuesques s’enchaînent pour notre plus grand plaisir empêchant cette histoire de tomber dans les clichés d’une fantasy sans finesse sombrant dans des situations déjà vues et ennuyeuses aux yeux du fan que je suis. Les nanas ont ici de la répartie, les gros bras souvent mis en porte-à-faux voir pire (j’adore Bulrog) et les créatures croisées sont souvent attendrissantes et totalement barrées. Et même si parfois, elles n’apparaissent que sur une case ou deux d’une planche, le souvenir perdure et on rigole encore en y repensant.

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Les deux auteurs nous proposent vraiment une immersion totale avec des planches parfois de toute beauté. Bien que le style ait changé légèrement entre le premier et le quatrième tome, on prend quelques claques esthétiques qui se combinent entre elles pour fournir un scénario intéressant bien que plutôt convenu. Heureusement, le quatrième et ultime tome réserve son lot de surprises et c’est avec une certaine émotion qu’on le referme. J’en avais même les yeux tout humide, chose très rare pour moi en matière de lecture de BD de ce style.

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Rien à reprocher donc à cette tétralogie à la fois immersive en terme d’aventure et comique dans les rapports tissés entre les personnages. Dessins et textes sont au diapason pour fournir un excellent moment de détente dont on se souvient bien longtemps après notre lecture. Cette œuvre est absolument à découvrir si vous êtes amateur de ce type d’univers car dans le domaine on ne fait pas mieux !

jeudi 16 février 2017

Craquage de février, PAL explosée !

Le moment fatidique est finalement arrivé... Nous avons fini par céder aux sirènes de l'abbé et avons fait un petit tour à notre Emmaüs préféré hier (ceux qui nous suivent sur IG sont déjà au courant !). Une fois de plus, cette petite visite innocente (sic) s'est révélée fructueuse avec pas moins de 16 nouveaux volumes qui viennent rejoindre leurs petits camarades dans nos PAL respectives. Voici la photo de famille des nouveaux arrivants et le fameux post de nos dernières acquisitions !

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Je vous laisse deviner qui a craqué le plus... 15 livres pour moi et 1 pour Nelfe ! Irrécupérable, je sais mais c'est vraiment impossible de résister à tous ces séduisants volumes qui vous tendent leurs petites pages en implorant votre pitié. La vraie raison? Je n'ai aucune volonté face à certains auteurs ou certaines couvertures / quatrièmes de couverture. Comme en plus, je me plante rarement sur mes choix... Y'a pas de raison que ça change ! En plus, ça vous donne une bonne raison de vous moquer de moi. Et ça, c'est vraiment sympa de ma part, non ? Trève de bavardage, c'est l'heure du déballage !

Acquisitions fev 2017

- Chroniques de San Francisco et Babycakes d'Armistead Maupin. Chinage après chinage, je me rapproche de mon objectif de réunir la série complète pour un trip re-reading de fou pour cet été. Oui, je sais, je suis prévoyant et ambitieux ! J'avais adoré cette saga lors de ma première lecture et j'ai hâte de m'y replonger. Il ne m'en manque plus que 4 volumes sur les 9 que compte la collection. Miam miam !

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Le rayon littérature asiatique était plus fourni que d'habitude, il m'a fallu choisir parmi une vingtaine de titres, ces deux là ressortaient nettement du lot :

- Hotel Iris de Yôko Ogawa. Vous n'imaginez pas ma joie en tombant sur ce livre, je l'ai embarqué sans même regardé la quatrième de couverture tant je suis tombé amoureux de la sensibilité à fleur de mot de Yôko Ogawa, une auteur japonaise qu'il faut absolument découvrir si ce n'est déjà fait. Elle dépeint l'âme humaine comme personne et se détourne des sentiers battus pour fournir de fortes émotions à ses lecteurs. Ici, on nous promet une histoire d'amour, de désir et de mort. Tout un programme !

-English de Wang Gang. Coup de poker que cette acquisition vu que je ne connais pas du tout cet auteur chinois. En pleine révolution culturelle en Chine, un jeune garçon va découvrir la langue de Shakespeare et s'ouvrir au monde grâce à un précepteur très gentleman. Ca risque de détoner en pleine dictature maoïste ! Bien hâte de voir ce que ça va donner. 

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Voici les fameux auteurs à qui je ne peux décemment pas dire non. Des génies, des immortels ? Chacun jugera mais pour moi, ils font partie des classiques et de mes chouchous que j'adore. Non non, je ne suis pas gaga !

- Bestiaire magique de Dino Buzzati. Voici un titre de l'auteur que je ne connais pas et pourtant je l'ai beaucoup pratiqué. Il s'agit d'un recueil de nouvelles propulsant au centre des récits des animaux pour mieux dépeindre la condition humaine. Naturaliste scrupuleux, il n'hésite pas dans le présent volume à le mêler de fantastique et de merveilleux. Je suis bien curieux de lire ça !

- Le Soleil se lève aussi d'Ernest Hemingway. Encore un monstre sacré pour une oeuvre moins connue et que je vais découvrir au plus vite. On suit la destinée d'un jeune américain séjournant en France, partagé entre un amour contrarié et une amitié plus que pesante. J'espère retrouvé le style inimitable du maître et sa propension à nous transporter loin, très loin dans l'universalité de ses récits.

- Les Raisins de la colère de John Steinbeck. Re-reading ultra-séduisant que celui-ci, un livre qui a marqué mon adolescence et désacralisé le monde tel que je le percevais alors. J'avais adoré à l'époque, tellement que j'en ai oublié que je l'avais déjà en bibliothèque ! Je lirai quand même cet exemplaire que je transmettrai à mon tour... Un incontournable, une bombe, un bonheur d'engagement et d'humanisme. Steinbeck quoi !

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SF quand tu nous tiens ! Bel effort aussi dans le rayonnage pour ce genre souvent trop boudé par le grand public. Là encore, du très très lourd en perspective !

- Le Silmarillion et Les Aventures de Tom Bombadil de J.R.R Tolkien. Culte de chez culte, un re-reading avec Tom Bombadil et une lecture trop longtemps repoussée pour le Silmarillion. C'est tout bonnement mon auteur de fantasy préféré juste devant George R.R. Martin (la feignasse qui n'écrit pas la suite de sa saga, vous savez ?). Trop hâte d'y être et de replonger en Terre du Milieu surtout qu'injustement, Peter Jackson a évincé le bon Tom de sa néanmoins très bonne adaptation du Seigneur des anneaux

- Les Déportés du Cambrien de Robert Silverberg. Plus de place dans les prisons ! Oubliez les solutions toutes faites proposées par les gugusses en campagnes, Bob a la solution ! Envoyez tout ce petit monde en pleine préhistoire quand la vie n'a pas encore émergé de l'eau. Le concept est tentant, non ? la plume poétique et alerte de l'auteur saura sans nul doute me convaincre... Mais qu'entends-je ? Tout ne se passerait pas comme prévu ?

- Le Monde de la mort d'Harry Harrisson. Clairement, la série B du lot avec une histoire de joueur professionnel envoyé sur une planète hostile à la suite d'un deal truqué. Il va devoir survivre dans la nature hostile et affronter les inquiétants habitants de ce monde en friche. Une histoire bien sympathique pour se détendre après un bon vieux classique !

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Gasp ! Le rayon fantastique / épouvante est lui aussi bien fourni... Horreur, malheur !

- Le Jour J du jugement de Graham Masterton. Le concept est délirant : un tank hanté par des GI morts sur le champ d'honneur! Je le concède, c'est plutôt "space" écrit comme ça. Mais quand on sait que c'est Masterton qui tire les ficelles, je dis que ça se tente. C'est un auteur qui ne m'a que très rarement déçu. Vous reprendrez bien un peu de gore Mr K ?

- Le Disciple de Laird Koenig. Un ersatz de Jésus écume les États-Unis accompagné de fidèles accros aux miracles. À priori, il y a anguille sous roche et le Paradis se transforme en Enfer. Je ne sais pas pour vous mais j'aime bien les histoires d'apocalypse même si je dois bien avouer que celle-ci flirte avec la série B. Qui lira verra !

 - L'Horreur du métro de Thomas Monteleone. La couverture est bien cheap (laide diront certaines, chuuuut Nelfe !) mais cette histoire de bestioles vivant sous terre et grignotant les pauvres humains passant à leur portée me tente bien. On nous promet une vengeance terrifiante de la nature sur le cancer humain régnant sur notre planète. Il m'en fallait pas plus pour basculer dans le côté obscur...

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Enfin, deux ouvrages US pur jus dont le fameux livre dégoté par Nelfe. Si ça, ce n'est pas un teaser de dingue !

- Pandemonium de Les Standiford. Un pur hasard que cette acquisition basée uniquement sur une quatrième de couverture intrigante où il est question d'armes chimiques en circulation sur le territoire américain. Un cauchemar à page ouverte selon certains, je me suis laissé tenté. Gageons que j'ai eu raison !

- Dalva de Jim Harrison. Le voila, le fameux, l'unique, le précieux ouvrage dégoté par Nelfe ! Un Jim Harrison plein de promesse, roman des grands espaces comme ma douce les affectionne doublé d'une saga familiale et d'un hymne à la vie. Franchement, si elle n'est pas contente avec cela, on ne peut plus rien pour elle...

Voili voilou. De belles trouvailles non ? Il ne reste plus qu'à trouver le temps de les lire mais je pense que je m'en arrangerai. Ne soyez pas trop triste pour Nelfe, elle va bientôt prendre sa revanche. En effet, ce samedi, c'est la vente de destockage de livres chez le même Emmaüs et les réserves sont à priori immenses (dixit le libraire de l'assos) et libres d'accès. Pour ma part, je suis puni et je n'irai pas (sinon, une pièce entière serait à consacrer à ma PAL) par contre Nelfe y sera et peut-être ses pas croiseront des ouvrages qui sauront la séduire à son tour. Wait and see...

mardi 7 février 2017

"Atlantis : les fils du rayon d'or" de Pierre Bordage

Atlantis BordageL’histoire : Tcholko, jeune guerrier barbare des steppes sibériennes, et Arthéa, prêtresse de la Lune dans la lointaine Atlantis, sont originaires de deux mondes que tout sépare. Mais, à la suite d'un grave accident, leurs destins vont se rejoindre et les pousser à mettre en commun le meilleur de leurs deux cultures. Désormais, deux objectifs vitaux les rassemblent : survivre dans le désert glacé de Sibérie et atteindre Séphren, la capitale atlante.

Arthéa doit à tout prix arriver à temps pour prévenir la reine qu'un gigantesque complot menace la paix d'Atlantis. L'alliance contre nature de la technologie atlante et de la magie barbare sera-t-elle de taille face aux forces du dieu Soleil ?

La critique de Mr K : Mon premier Bordage de l’année et pas n’importe lequel : celui que je m’étais fait dédicacer lors de nos dernières Utopiales qui s’étaient révélées riches en découvertes et en rencontres. Atlantis est un peu particulier car au départ il s’agissait pour l’auteur de le rédiger comme un complément à un jeu vidéo. Au final, il s’agit d’une œuvre à part entière, un roman d’aventure comme cet auteur prolifique en a le secret, entre évasion dans les grands espaces et humanisme à fleur de mot. Un bon moment de lecture comme vous allez pouvoir le constater en lisant la suite.

Ce roman est l’histoire de deux êtres que rien ne destinait à se rencontrer mais que le hasard (et un peu les Dieux) va aider. Pas grand chose de commun en effet entre eux : Tcholko est un barbare des steppes orientales vivant de la chasse et de la cueillette, dans un univers rigoureux et une tribu archaïque. Arthéa quant à elle, est une jeune prêtresse de la Lune venue de la lointaine île d’Atlantis, vivant dans le confort et l’opulence. Une menace insidieuse va les réunir au court d’une rencontre impromptue et ce sera le début d’un long périple à travers les steppes puis les airs pour rejoindre la patrie de la jeune femme et prévenir sa souveraine du danger qui pointe. Vous imaginez bien que tout cela ne va pas se passer sans encombre et dieu sait que Bordage est champion toute catégorie pour mettre des bâtons dans les roues de ses personnages...

Une fois de plus, l’aventure est belle et source d’émotion. Point trop de présentation des personnages avec un voyage qui démarre dare-dare et sans temps mort ensuite. Immersive à souhait, l’écriture de Bordage souligne à merveille l’immensité des paysages, les rigueurs climatiques et les changements d’états d’esprit des personnages. On retrouve dans ce roman certains archétypes propres à l’univers de cet écrivain avec notamment au centre de tout l’innocence bafouée, un personnage qui doit affronter le monde tel qu’il est vraiment et qui par un parcours quasi initiatique, va se nourrir d’expériences, grandir, gagner en maturité et finalement se révéler à lui-même. Ça a beau être couru d’avance, on ne peut qu’adhérer au schéma développé qui donne lieu à de sacrés passages marquants entre drame et parfois même humour.

L’univers-monde proposé est bluffant de détail et de crédibilité, l’action prenant place dans une Terre fantasmée qu’on ne peut réellement placer dans la chronologie de notre planète. La fantasy se fait ici accessible et même très proche d’une époque type moyen-âge teinté de pointes de magie et de mysticisme. On connaît le goût de Bordage pour la spiritualité et on a le droit ici à de beaux passages concernant le chamanisme des peuples orientaux mêlant soins du quotidien et fusion avec la nature avec notamment une chouette effraie qui semble veiller sur le héros parti bien loin de chez lui. L’autre pendant est le culte de la Lune auquel est dévoué corps et âme Arthéa et qui cache bien des complots pour la prise du pouvoir. Là encore, une autre préoccupation de Bordage dans son œuvre est développée avec la collusion entre religion, politique, pouvoir et négation de l’individu. Les bad guys sont d’ailleurs très réussis, garantissant une tension palpable très vite et durable. Pendant très longtemps, on se demande bien comment la situation pourrait être renversée et c’est encore un coup du sort et beaucoup d’ingéniosité qui démêleront le noeud du problème...

On partage donc son temps entre voyage dépaysant, dialogues enlevés entre les deux personnages principaux, plongée dans les arcanes du pouvoir, expériences mystiques et bonnes bastons à l’ancienne (ben oui quand même la fantasy c’est aussi ça !). Difficile dans ces conditions de relâcher le volume avant la dernière page surtout que le vendéen n’a pas son pareil pour développer une histoire, lui imprimer un rythme et un souffle épique, et proposer une variété d’émotions importantes et ceci dans un livre ne faisant que 380 pages. Un bon Bordage, un de plus !

Autres ouvrages de Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé :
- Hier je vous donnerai de mes nouvelles
Chroniques des ombres
Les Dames blanches
Graine d'immortels
Nouvelle vie et autres récits
Dernières nouvelles de la Terre
Griots célestes
L'Evangile du Serpent
Porteurs d'âmes
Ceux qui sauront
Les derniers hommes
Orcheron
Abzalon
Wang

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dimanche 18 décembre 2016

"Roi du matin, reine du jour" de Ian McDonald

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L’histoire : Emily Desmond, Jessica Caldwell, Enye MacCall, trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d'autres. La première fréquente les lutins du bois de Bridestone quand son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres qu'il imagine embarqués sur une comète. La seconde, jeune Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à Enye MacColl, katana à la main, elle mène un combat secret contre des monstres venus d'on ne sait où.

La critique de Mr K : C’est à un voyage incroyable que je vous convie aujourd’hui avec un étrange et envoûtant roman en triptyque qui bouscule les lignes et trouble profondément le lecteur provoquant des réactions et des sentiments contradictoires. Auteur irlandais bien connu des amateurs de littérature, Ian McDonald nous propose à travers le destin de trois femmes en marge de la société de leur époque de revisiter les légendes irlandaises. Accrochez-vous, ça décoiffe!

Roi du matin, reine du jour par définition est difficile à résumer car au-delà des trois histoires distinctes se forme un substrat global déconcertant et tissé à la manière d’une toile d’araignée qui emprisonne sans espoir de retour un lecteur pris littéralement en otage. Emily dans le premier tiers est une jeune fille rêveuse qui aperçoit des créatures de contes de fée dans les bois bordant le domaine familiale. Son bourgeois de père la délaisse pour une lubie délirante autour d’extra-terrestres vivant sur une comète. Le père et la fille s’éloignent inexorablement l’un de l’autre et cela va provoquer une série d'événements qui auront de grandes conséquences. On rebondit alors sur le curieux personnage de Jessica, une jeune fille fort en gueule, mythomane compulsive qui n’arrive pas à trouver sa voie et va rencontrer un charmant jeune homme membre de l’IRA. Elle va partir avec lui loin de sa famille pour un voyage aux marges de la légalité et du réel. Enfin, le roman se termine avec Enye, une adepte du katana qui livre régulièrement de féroces combats dans les ruelles de Dublin contre des monstres difformes venus la provoquer. Mais pourquoi elle ? Et surtout quel(s) lien(s) peut-il exister entre ces trois femmes hautes en couleur ?

Autant vous le dire tout de suite, il va vous falloir vous munir de beaucoup de patience pour connaître le fin mot de l’histoire. Le livre est dense (480 pages) et chargé de références. Au delà de la narration de trois destins malmenés, c’est l’occasion pour l’auteur de nous parler de l’Irlande avec son histoire tumultueuse (notamment les rapports complexes avec l’Angleterre) au travers de trois époques bien particulières : le XIXème siècle, les années 20 et la fin du XXème siècle. Les références sont parfois difficiles à saisir mais une micro-recherche sur internet permet de lever le voile sur certains concepts qui nous sont étrangers. Cela donne au final, une belle évocation du pays qui donne d’ailleurs bien envie d’y aller. On côtoie toutes sortes de milieux, d’époques et l’ensemble donne une bonne vision globale de la société irlandaise (entre conservatisme des mœurs, traditions ancestrales et la liberté qui s’exprime dans les beaux paysages traversés).

L’apport culturel est aussi très important en terme de coutumes, de manières de voir et surtout l’immersion dans un imaginaire que l’on évoque beaucoup mais qu’on connaît au final assez mal. J’ai été ainsi très surpris (et agréablement) par l’aspect sombre de certains personnages de légende et autres interactions avec le monde des humains. Les forces en œuvre sont puissantes, tour à tour séduisantes avec des évocations parfois lyriques parfois naturalistes et des passages bien plus ténébreux avec des scènes effrayantes rappelant d’ailleurs les aspects parfois mortifères de nos belles légendes bretonnes. On n’est pas cousins pour rien ! Le génie de McDonald est de garder ce côté authentique et fantasmé et de le confronter à la réalité des femmes qui peuplent (hantent) ce roman. Il n’y en a jamais de trop, juste une savoureuse mesure qui entretient le mystère et le désir d’en savoir encore plus.

Peu à peu, les pièces du puzzle s’assemblent, très lentement mais sûrement. On reste bluffé par la maestria déployée par un auteur vraiment inspiré et inspirant mais qu’il faut suivre parfois dans des délires complètement hallucinés entre réalité pure, altération magique et parfois même chimique. Décidément ce livre était fait pour moi tant McDonald se complaît à repousser les limites de la narration en livrant trois styles différents en trois parties qui se complètent idéalement. On passe ainsi du récit épistolaire à des narrations plus classiques avec différents points de vue. Il faut donc bien suivre et se donner les moyens de le faire. Impossible de prendre ce roman à la légère, au risque de s’y perdre et de le laisser sur le chemin. Ce serait bien dommage vu sa teneur et sa profondeur.

Même s’il est parfois rugueux avec des passages quelque peu complexes dus à une langue foisonnante et très inventive (qu’est-ce que l’auteur écrit bien !), on passe un moment vraiment inoubliable si l’on est amateur de légendes et de narrations expérimentales. Un pur plaisir en bouche pour un voyage vraiment hors du commun.

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vendredi 14 octobre 2016

"Hier je vous donnerai de mes nouvelles" de Pierre Bordage

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Le contenu : "J’inspecte les rayonnages de ma bibliothèque, je n’y trouve aucun livre d’Homère, pas la moindre trace du grand inspirateur. Qu’ai-je bien pu faire du vieux bouquin tant de fois corné qu’il avait fini par renoncer à sa forme livresque ? Comment ai-je pu le laisser s’exiler de chez moi ? Qui me l’a volé ?

Puis je souris. Quelle importance ? Ces œuvres qui m’ont vivifié, nourri, enchanté, ne sont-elles pas mieux dans des mains avides que sur des planches de bois grises de poussière ? Ne sont-elles pas mieux à voyager et à s’ouvrir à de nouvelles âmes ? Les livres (que dire des versions électroniques ?) se déplacent, se prêtent, jaunissent, se déchirent. Je les ai sans doute offerts de bon cœur, mû par le plaisir unique de partager un secret, un vertige… Les personnages que j’ai aimés, eux, ne meurent pas, à jamais admis dans l’olympe des archétypes.

Et moi, j’essaie de me faire une petite place, modeste laboureur des mots, dans le sillon éternel et fécond tracé par les grands faiseurs d’histoires."

Pierre Bordage pour ce troisième recueil nous offre quinze nouvelles et un préambule.

La critique de Mr K : Hier je vous donnerai de mes nouvelles est le dernier ouvrage paru à ce jour de Bordage. Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles écrites entre le début du millénaire et l'année 2015, certains écrits étant restés inédits jusque là, d'autres ayant été insérés dans des ouvrages collectifs ou dans certains journaux dont Télérama ou le journal Libération. Après un prologue prenant où l'auteur nous explique son amour immodéré pour les œuvres imaginaires, le lecteur oscillera pendant quinze nouvelles entre anticipation, SF pure et fantasy. Beaucoup de variété donc pour une majorité de textes réussis, addictifs et sacrément bien menés. Mais qu'attendre d'autre d'un tel talent ? (je sais je me répète)

Tour à tour, l'auteur nous convie à remonter le temps en compagnie d'un voyageur recherchant ses origines et qui va rencontrer un certain nombre de ses aïeuls et constater malheureusement que l'Histoire se répète. On suit la révélation que va faire un grand-père à son petit-fils en sortant de leur confort habituel et en explorant le grand monde. Au détour d'un autre texte, on suit les pérégrinations existentielles d'un rescapé d'un crash spatial qui va se retrouver confronter à un choix cornélien puis juste après, l'auteur nous offre un petit "morceau" de son œuvre culte Les Guerriers du silence qu'il a ôté du substrat originel. L'occasion pour moi de renouer avec les terribles Scaythes d'Hyponéros ! Ceux qui n'ont pas lu cette trilogie doivent absolument se ruer dessus, je l'ai littéralement dévoré à l'époque et ceci bien avant le blog (d'où l'absence de chronique, je sens que je vais devoir le relire !).

Par la suite, on croise aussi un extra-terrestre qui observe l'humanité depuis très longtemps et en dresse un portrait peu flatteur, des migrants fuyant le réchauffement climatique se heurtant au protectionnisme nationaliste (ça ne vous rappelle rien ?) et d'autres fuyards luttant contre une invasion végétale des plus ragoûtantes ! Quelques pointes de fantasy font aussi leur apparition avec la quête d'une jeune reine à la recherche de son empathie perdue et un tueur à gage pris de remords quand il découvre la cible qui lui a été vendue... Et puis, du post-apocalyptique des familles avec une zone de quarantaine isolée du reste du monde, un barde en panne d’idées qui cherche l'inspiration auprès d'une sirène captive, le jugement d'un autocrate par d'anciennes victimes et pour finir un très beau texte faisant la part belle aux origines de toute vie à travers un voyage sans retour.

Sacré programme donc ! On retrouve les thématiques chères à Pierre Bordage notamment son goût pour l'humanisme à travers des luttes parfois vaines mais souvent portées par de magnifiques personnages allant du vieux sage au jeune en devenir. Rien n'est jamais gratuit ici, tout n'est que volupté de la langue, enrobé de messages sous-jacents. Mélange d'aventure, de scènes de partage et d'échange, de quêtes intérieures, on retrouve un souffle épique, universaliste qui fait que le récit le plus irréaliste peut nous parler et nous interroger sur nous et surtout sur le monde que nous construisons. C'est aussi une vision sans fard des destructions et exactions de l'homme sur ses congénères et sur son berceau, belle planète bleue sacrifiée au nom des raisons économiques et nationalistes. Certains passages font réellement froid dans le dos dans leur caractère prophétique mais les habitués de l'auteur ne seront pas surpris, les fans de SF encore moins...

On passe donc de bien bons moment avec des récits certes courts mais d'une densité de contenu important, des personnages charismatiques et un style d'écriture toujours aussi entraînant et facteur de rêve et d'évasion. Par forcément le meilleur Bordage (je lui préfère ses romans) mais de belles parenthèses enchantées (ou non) en attendant le prochain long récit du maître. À lire !

Autres ouvrages de Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé :
- Chroniques des ombres
- Les Dames blanches
- Graine d'immortels
- Nouvelle vie et autres récits
- Dernières nouvelles de la Terre
- Griots célestes
- L'Evangile du Serpent
- Porteurs d'âmes
- Ceux qui sauront
- Les derniers hommes
- Orcheron
- Abzalon
- Wang

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mercredi 17 août 2016

"Les Sang des Elfes" et "Le Temps du mépris" d'Andrzej Sapkowski

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L'histoire : Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu'elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l'enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l'antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l'ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s'emparer d'elle et n'hésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins...

La critique de Mr K : Lecture aujourd'hui d'un beau cadeau d'anniversaire de Miss C qui ne me voyant pas poursuivre la lecture du cycle de Sapkowski entamé avec deux préquelles, a accéléré le mouvement en m'offrant ces deux volumes qui constituent l'enclenchement de l'histoire principale (il m'en reste encore trois à lire et croyez-moi, je vais presser le pas). J'ai profité de notre séjour en terre pétrocorienne pour m'envoyer les deux volumes de suite. Rien à dire, Sapkowski est toujours aussi efficace !

Comme je vous l'avais écrit lors de ma précédente chronique de la saga, la jeune Ciri a été recueillie par le sorceleur Geralt de Riv suite à la destruction du royaume de ses parents par la puissante armée nilfgaardienne. Traumatisée par les événements, elle trouve auprès de son tuteur réconfort et encouragement. Car Ciri n'est pas comme toutes les gamines de son âge, elle a un don qu'elle va devoir apprendre à maîtriser auprès des magiciens. Mais en attendant, elle s'entraîne comme une future sorceleuse, chose qui ne s'est jamais vu auparavant, cette caste étant exclusivement masculine. Mais les ennuis la rattrape vite, Geralt et ses amis vont tout faire pour empêcher leurs ennemis de s'emparer de la jeune fille.

J'avais insisté sur le caractère howardien de l'écriture de Sapkowski. Je nuancerai mes propos aujourd'hui car loin de se cantonner à l'action pure, le polonais instaure un climax prenant et nous convie à un voyage immersif au possible, proposant un monde de fantasy solide et complet à défaut d'être original. En même temps, le genre est tellement codifié que c'est difficile de s'en affranchir sans que l'on crie à la trahison ! Du coup, on en apprend beaucoup plus sur l'organisation des royaumes en présence, sur les mœurs des uns et des autres (super scène introductive avec un barde toujours autant en verve) et les rapports sociaux qui en découlent. Le monde est sous tension et cela se ressent dès le départ, l'opposition est forte entre humains et non-humains, et Nilfgaard semble entretenir lasorceleur4 flamme du conflit. Cela donne lieu à de purs moments de vie quotidienne bien croqués comme une belle engueulade en plein marché du matin, les atermoiements de brigands en fuite, les manigances et tractations des puissants, les soirées à l'auberge (un classique en fantasy !) et tout plein de moments qui cumulés densifient la structure de l'histoire et donne vie à un monde nouveau.

Et quel monde ! Enfin Sapkowski se fend de longues pages descriptives qui apportent un regard complexe sur un monde haut en couleurs. On voyage beaucoup et l'on côtoie puissants et pendards. Je me souviendrais longtemps d'une traversée du désert éprouvante pour une jeune initiée, de l'aura mystérieuse qui entoure l'antre des sorceleurs, de la majesté de l'île des magiciens, des forêts impénétrables où vivent dryades et elfes renégats. On s'enfonce avec un plaisir renouvelé dans les lieux les plus incertains et les plus magiques sur les pas des héros qui ont fort à faire et ne sont pas au bout de leurs peines. On en apprend aussi beaucoup plus sur les croyances, les rituels et us des peuples en présence, cela donne une consistance nouvelle aux personnages déjà croisés et élargit les perspectives déjà impressionnantes. On se dit que tout peut encore arriver.

Comme dit précédemment, on retrouve la plume pleine de verve de Sapkowski qui excelle encore et toujours dans la gestion des dialogues et les phases d'action. On ne s'ennuie pas une seconde tant le rythme est soutenu, les péripéties nombreuses et les personnages charismatiques. L'histoire virevolte littéralement entre bastons bien senties, duels magiques incroyables et complots sous-jacents. On en redemande tant on est plongé dans l'histoire, l'envie nous prenant de rejoindre Geralt pour aider Ciri qui décidément possède un charme juvénile certain et un caractère fougueux des plus séduisants.

Cette saga continue sous de bons auspices et j'ai déjà hâte de lire la suite. À lire absolument si vous aimez le genre, on est face à un incontournable.

Egalement lus et chroniqués de la saga au Capharnaüm éclairé:
- Le Dernier voeu
- L'Épée de providence

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lundi 27 juin 2016

"L'Aîné" de Christopher Paolini

l'aine paoliniL'histoire : Eragon et Saphira, sa dragonne, sont à peine sortis vainqueurs de la bataille de Farthen Dûr que des Urgals attaquent de nouveau et tuent le chef des Vardens. Nasuada, sa fille, est nommée à leur tête. Après lui avoir porté allégeance, Eragon entreprend avec Saphira un long et périlleux voyage vers Ellesméra, le royaume des elfes, où ils recevront les enseignements du fameux Togira Ikonoka, l'Estropié qui est Tout.
Pendant ce temps, Roran, le cousin d'Eragon, organise la défense de son village contre les Ra’zacs. Le jeune homme est persuadé qu’il veulent récupérer la mystérieuse pierre trouvée par Eragon sur la Crête. De son côté, le royaume du Surda est toujours en lutte contre l'Empire de Galbatorix.
Eragon, Roran, les Vardens et les rebelles du Surda poursuivent désormais un seul et même but : détruire les forces du Mal.

La critique Nelfesque : Une à deux fois dans l'année, une envie de fantastique et de littérature jeunesse se fait sentir. Vous savez que d'ordinaire, c'est plutôt Mr K qui est friand de cet univers mais de mon côté je ne boude pas mon plaisir de croiser le fer et voler à dos de dragon à l'occasion. La lecture d'"Eragon" datant un peu, j'ai décidé de poursuivre ma découverte de la saga "L'Héritage" de Christopher Paolini avec ce second volet, "L'Aîné".

Cette saga est une aventure pure. L'Aventure avec un grand A avec péripéties, combats, créatures, dragons et paysages grandioses qui vont bien. Se lancer dans la lecture d'un Christopher Paolini, c'est la garantie d'être transporté dans un autre monde fait de magie, de complots et de grandes épopées.

Dans ce tome-ci, nous suivons d'un côté l'apprentissage d'Eragon et Saphira chez les elfes, à Ellesméra, et de l'autre l'exode de Roran, le cousin d'Eragon, et des habitants de Carvahall suite à la destruction de leur village. Le rythme se fait ici plus syncopé. Après un début sur les chapeaux de roues faisant immédiatement suite aux évènements survenus à la fin du tome précédent, c'est le moment de se poser et d'emmagasiner un maximum de connaissances pour Eragon et sa dragonne. Cela donne lieu à de nombreux passages d'apprentissage qui cassent quelque peu la dynamique de l'histoire et, bien qu'utiles pour la suite, font pointer un peu de lassitude du côté du lecteur. D'autant plus que les passages plus nerveux et haletants sont expédiés très rapidement en fin d'ouvrage. La grosse baston finale tient trop peu de place dans ces 804 pages (et oui, quand même !), déséquilibrant quelque peu l'ensemble.

Mais rassurez-vous, "L'Aîné" est tout de même un bon roman qui tient plus de l'ouvrage charnière que de l'épisode déterminant. On sent que l'auteur fait ici une transition et donne à voir une suite des plus appétissantes pour qui aime les situations tendues et les grandes batailles.

Le voyage de Roran et des habitants de Carvahall vers le Surda avec les Ra’zacs à leurs trousses est quant à lui beaucoup plus intéressant et passionnant. Sous la plume imagée de Paolini, on sent bien toute la tension présente au sein de cette troupe et tout l'enjeu de ce voyage. Longs périples et voyages en mer se côtoient donnant ici à "L'Aîné" un petit air des grands romans d'aventure classiques. Délectable à souhait et à haut pouvoir évocateur !

Du haut de mes 34 ans, j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir ces terres et je pense que je l'aurais encore plus apprécié si j'avais été dans l'âge ciblé ici (on peut conseiller cette saga à des lecteurs aux alentours de 10/11 ans, selon l'enfant) notamment pour ce qui concerne l'histoire d'amour qui pointe son nez du côté d'Eragon et qui me laisse de marbre. Mon coeur de pré-ado aurait peut être fondue...

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Avec ce second volet, le plaisir de lecture ne faiblit pas et la saga prend un nouveau tournant qui s'annonce passionnant pour la suite. Voici un cycle fantasy jeunesse bien dense et qui a tout pour plaire. Merci aux auteurs de donner autant envie aux enfants de lire ! Ce cadeau est précieux...

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vendredi 24 juin 2016

"Ys, le monde englouti" de Gabriel Jan

YS - Gabriel jan

L'histoire : En ce temps-là, du côté de Douarnenez, Ys était la plus riche, la plus puissante, la plus réputée mais aussi la plus fragile des cités de Bretagne. Construite en fond de Baie et constamment menacée par la mer, Dahut y régnait en maîtresse absolue aux côtés de son père, Gradlon Le Grand, roi de Cornouaille, ami du moine Guénolé et de l'ermite Corentin. Mais la belle princesse se livrait aussi à la débauche et elle n'hésitait pas à se débarrasser de ses amants en jetant leurs corps dans l'Océan, jusqu'au jour où elle tomba amoureuse d'un séduisant et mystérieux étranger.

La critique de Mr K : Retour en fanfare aujourd'hui sur une légende qui a bercé mon enfance cornouaillaise (dans les alentours de Concarneau) : la ville d'Ys. En novembre dernier, je vous en avais déjà parlé lors de ma chronique de Bran Ruz, superbe BD en noir et blanc d'Auclair et Deschamps à la fois dense et respectueuse des vieilles traditions orales bretonnes courant sur cette histoire qui a traversé les âges et gardé intact son attrait ensorcelant. C'est un grand maître du suspens qui reprend à son compte la légende, Gabriel Jan se proposant ici de revisiter le mythe tout en suivant les textes originaux. Pari réussi comme vous allez pouvoir le lire !

Nous replongeons donc dans les temps immémoriaux, en pleine lutte entre la religion du Dieu unique et les vieilles croyances animistes représentées par les druides. La Bretagne est indépendante et le roi Gradlon règne sur la Cornouaille. Pour faire plaisir à sa fille, il lui fit construire la plus belle des cités au fond de la baie de Douarnenez, la rutilante Ys. Le temps a passé et la ville est devenue le centre de tous les vices humains, la décadence y règne en maître et le vieux monarque vieillissant ne peut que constater les dégâts entre impuissance et regrets.

Nous nous éloignons très vite du cadre (après un prologue digne du Macbeth de Shakespeare avec trois druides conspirateurs et bons vivants) pour suivre sous la plume de Gabriel Jan, le personnage de Gélan d'Édarpt, jeune médecin voulant s'installer à Ys et s'y faire un nom. Intrépide et érudit, il apprend très vite l'état de déliquescence morale dans lequel est plongé la cité de Dahut, il va cependant y entrer pour constater de lui-même les méfaits de l'âme humaine possédée par le pouvoir et l'argent. Il va soigner ses premiers patients, croiser un jeune homme qui deviendra très vite un ami et lui prêtera main forte, devra résister à la très attrayante Dahut et tombera sous le charme de l'amour unique, celui qu'on ne découvre qu'une fois dans une vie. Mais qui est vraiment Gélan ? Sous son aspect innocent et détaché, ne cacherait-il pas une autre identité et une mission de la plus haute importance ?

Si comme moi, vous êtes fan de Dahut et consort (j'avoue, j'en étais amoureux étant jeune), on accroche immédiatement. Les talents de conteur de Gabriel Jan ne sont plus à prouver et on retrouve son sens du récit et de la description hors pair. En peu de mot, on accroche déjà aux personnages et on plonge dans cette lointaine Bretagne si grisante. On ne se lasse pas des visions de la lande bretonne et des pierres levées, de la ville d'Ys la magnifique et sombre cité du vice, l'intérieur des maisons et tavernes… Tout mène à un portrait réaliste et enchanteur qui plonge littéralement le lecteur dans une évasion sans limite. Rajoutez là-dessus des personnages hauts en couleurs et vous obtenez un background solide animé par des personnages attachants et aux destins croisés. Je me souviendrais notamment longtemps des trois druides vieillissants amateurs de bonne chère, de la divine et perverse Dahut qui décidément a toujours autant de charme (oui je sais, je me répète !), de la figure de Gradlon dépassé par son engeance et ployant sous la solitude de la vieillesse, de la révélation quant aux héros qui cache bien son jeu et pléthore de rôles secondaires qui éclairent à merveille la trame principale.

À ce propos, je ne pensais pas être surpris tant j'ai lu et relu des textes sur Ys. Il semblerait que ce n'était pas suffisant tant la légende prend ici un autre visage notamment celui de l'inconnu qui séduit Dahut et va mener la cité à sa perte. Je me suis rendu compte que sur ce point aussi la christianisation a fait des ravages. Point de Diable dans ce roman mais des anciennes croyances qui ressurgissent, de la magie et de l'herboristerie. Ce point de vue apporte beaucoup au mythe et lui redonne un éclat nouveau et frais. Personnellement, j'ai adhéré et redécouvert une légende à part dans mon cursus personnel. Vous l'avez compris, cette lecture est essentielle dans son genre et comblera largement les amateurs de belles histoires et de mythes fondateurs.

Posté par Mr K à 19:07 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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