mercredi 9 août 2017

Petit tour à la ressourcerie...

Avant notre départ en Périgord, Nelfe et moi sommes allés innocemment à la ressourcerie de Lorient pour voir un peu ce qu'ils proposaient. Plus précisément, nous recherchions quelques verres à vin, vu ma mauvaise habitude de les casser en faisant la vaisselle. Aucun verre nous ne trouvâmes mais par contre, le rayon livre était bien achalandé... Jugez plutôt des nouvelles acquisitions que nous avons ramené à la maison !

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(aie aie aie...)

Vous voyez où on en est arrivé ??? I.R.R.E.CU.P.E.R.A.B.L.E.S ! Enfin surtout moi comme vous allez pouvoir le constater, Nelfe s'étant une fois de plus illustrée par sa capacité de résistance à la tentation. Voici un traditionnel post de craquage comme nous en avons le secret, suivez le guide pour la présentation des petits nouveaux qui viennent rejoindre leurs congénères dans nos PAL respectives. 

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(THE trouvaille !)

- La Ligne verte de Stephen King. Un des derniers "vieux" titres de Stephen King qui m'avait échappé jusqu'ici. Comme beaucoup, j'ai adoré le film mais je souffrais de ne pas avoir lu ce titre paru sous forme de feuilletons et réputé comme très réussi dans l'oeuvre de cet ogre littéraire. Gros coup de chance donc de tomber sur les six volumes réunis au même endroit et dans la toute première édition. Sans doute, une de mes prochaines lectures tant l'attente fut longue !

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(Librio en force, again !)

- La Morte amoureuse de Théophile Gautier. Sans doute, le premier roman mettant en scène un mort-vivant, et féminin de plus ! Rajoutez là-dessus un auteur que j'adore, une bonne pincée de XIXème siècle, un prêtre amoureux, des esprits qui se déchaînent et vous obtenez un court récit que j'ai hâte de parcourir. Là encore, il ne devrait pas trop traîner dans ma PAL !

- Aurélia de Gérard de Nerval. Entre hallucinations et mystères, De Nerval propose ici un voyage subliminal dans son imagination au coeur de son romantisme à fleur de peau et de ses rêves éveillés mêlant femmes disparues, ancêtres regrettés et paysages merveilleux. Je ne sais pas pour vous mais personnellement, je suis plus que tenté !

- Le Prince de Machiavel. Un classique hors norme que je vais relire avec grand plaisir (emprunt au CDI dans mon année de terminale). Précurseur dans la pensée politique, cet ouvrage explique clairement et nettement le principe de realpolitik et le contrôle des masses. Rajoutez un bon ouvrage de Debord (La société du spectacle au hasard...) et vous obtenez la société actuelle. Pas le genre de lecture rassurante en soi mais comme on dit knowledge is power !

- Le Grand dieu Pan de Arthur Machen. Première incursion dans l'univers d'un auteur présenté comme un maître de la terreur et des mondes inconnus. L'action se déroule à Londres où une femme fatale sème la folie et l'effroi sur son sillage. Qui est-elle vraiment ? Que recherche-t-elle ? Navigant constamment entre réalité et déviances diaboliques, on promet au lecteur une lecture tumultueuse. Ça promet !

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(Un pot-pourri, bien sympathique !)

- L'Attente de l'aube de William Boyd. Un acteur se voit proposer de devenir agent secret par une commanditaire dont il tombe amoureux... J'aime beaucoup cet auteur qui à priori multiplie les surprises et les rebondissements dans un roman salué par la critique. Wait and read.

- Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland. Un récit dynamitant le roman familial traditionnel et qui met à mal l'American way of life. Connu pour sa subvertion, l'auteur s'amuse à envoyer une tribu de sympathiques cinglés dans une Floride de carte postale. Gare à la casse !

- Les Sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra. Un Khadra, ça ne se refuse jamais, j'ai donc adopté celui-ci sans même regarder le résumé en dos d'ouvrage. On retrouve ici les thématiques chéries par cet auteur : le fanatisme, la violence et la confrontation entre tradition et modernité. M'est avis qu'une fois de plus, je ne sortirai pas indemne de cette lecture !

- Balade pour un père oublié de Jean Teulé. Road movie insolite qui voit un jeune père kidnappé son nourrisson à la naissance et partir revoir les différentes femmes qui ont jalonné sa vie ; je m'attends au meilleur d'un auteur que j'affectionne tout particulièrement. Vous lirez un peu plus bas que j'ai doublé la mise à son sujet !

- Les Carnassières de Catherine Fradier. Une ex flic virée pour bavure se retrouve projetée dans une enquête à haut risque dans le milieu russe des Baléares. Au programme : mafia sibérienne, ex du KGB et meurtres en série. C'est très engageant et le style incisif semble se rapprocher d'un Despentes. Tout pour me plaire donc !

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(Pot pourri de brochés pour changer !)

- Retour en absurdie de Stephane de Groodt. Là encore, un pot monstrueux que de tomber sur ce titre. Nelfe m'avait offert le premier tome il y a quelques années et j'avais adoré cette expérience bien branque et délectable à souhait. Je vais pouvoir rééditer cette lecture hautement plaisante avec ce volume deux des chroniques télévisuelles d'un as du calembourg et du jeu de mot.

- Héloïse, ouille ! de Jean Teulé. Teulé deuxième acte avec un volume consacré à Abelard et Héloïse, couple mythique que l'auteur va s'employer à démystifier dans le style si vert qu'on lui connait. Hâte de lire celui-ci aussi !

- La Tâche de Philip Roth. Troisième volume d'une trilogie thématique sur l'identité et l'histoire de l'Amérique d'après guerre (j'ai les deux autres volumes dans ma PAL), il est ici question de mensonge, d'honneur et d'amour. Le genre d'ingrédients qui bien mixés donnent souvent de grandes oeuvres et quand on connait les talents de Roth en matière de narration et de style, ça risque d'être très bon !

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(La sélection de Nelfe... Oui, elle est 10 000 fois plus raisonnable que moi!)

- Ni vu ni connu d'Olivier Adam. J'aime beaucoup Olivier Adam (là, c'est Nelfe qui parle) et je suis curieuse de découvrir celui-ci paru dans une édition jeunesse. Ça va se lire très vite mais je ne doute pas que ça soit encore une fois intense !

- Mississippi de Hillary Jordan. Un Belfond ! Une maison d'édition de qualité ! Limite je peux y aller les yeux fermés. Mississippi des années 40, "dans la lignée d'un Faulkner", nous dit la quatrième de couverture : ça donne envie !

- L.A. Requiem de Robert Crais. Encore un Belfond ! Une enquête, un flic en pleine rédemption mais au passé trouble. Miam miam !

Belle moisson d'ensemble, non ? Certes les livres sont encore plus serrés qu'avant dans nos PAL mais les promesses de lecture sont riches et nos chroniques prochaines et à venir en témoigneront certainement. Qu'il est bon d'être book addict, une passion dévorante mais pas vraiment ruineuse quand comme nous, on aime les livres de seconde main... À quand le prochain craquage ?


mercredi 1 février 2017

"Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson

Dans-les-forêts-de-SibérieL'histoire : Assez tôt, j'ai compris que je n'allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m'installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.
J'ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal.
Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j'ai tâché d'être heureux.
Je crois y être parvenu.
Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie.
Et si la liberté consistait à posséder le temps ?
Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d'espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ?
Tant qu'il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

La critique Nelfesque : Voici un livre que j'avais dans ma PAL depuis déjà un petit bout de temps. Il avait croisé ma route lors de notre Lune de miel à Saint-Malo il y a 2 ans et j'attendais le bon moment pour l'ouvrir. J'ai toujours vu "Dans les forêts de Sibérie" comme un ouvrage qu'il fallait pouvoir apprécier et il se dégage de sa 4ème de couverture une certaine aura. J'avais besoin de sentir l'instant pour le lire et ce moment est arrivé il y a quelques jours. Un froid extrême sur nos terres bretonnes (hey -8° c'est déjà très froid), l'hiver bien installé, je pris mon plaid doudou et mon chat et je me lançais donc dans ce témoignage de Sylvain Tesson comme on rentre en religion, avec respect et avide de découvertes spirituelles.

Sylvain Tesson, à l'aube de ses 40 ans a décidé de partir loin, très loin, pendant 6 mois de sa vie. Partir, il connaît, il a déjà effectué bon nombre de voyages, mais cette fois ci, c'est pour un voyage immobile qu'il souhaitait quitter la France. Le voici donc installé près du lac Baïkal, en pleines forêts de Sibérie, à expérimenter la solitude, le silence et la nature et en ressortir changé.

Je me suis retrouvée dans le personnage de Sylvain Tesson, dans son ras le bol de la vie moderne, dans sa quête du bonheur et de la simplicité, dans son côté authentique et proche de la nature. La liberté, un concept bien flou et galvaudé à notre époque. Aussi une question très occidentale et réservée aux petits privilégiés que nous sommes et qui peuvent se payer le luxe de se poser des questions existentielles telles que celle ci. Maladie de notre temps, névrose de bobos, la vie parfois nous parait fade ou du moins incomplète. Nous nous sentons incomplets... Sylvain Tesson, par son expérience, veut se sentir vivant et va l'être. Tout n'est pas rose, tout n'est pas noir mais la proximité de la nature lui permet d'ouvrir les portes de sa perception sans drogues (mais avec pas mal de vodka) et de coucher sur le papier des pensées sur notre façon de vivre, sur sa vie personnelle et sur la notion de besoins, terme que nous utilisons à tort et à travers.

J'ai été particulièrement touchée par cette impulsion qui l'a mené en Sibérie, par ses réflexions, par ses doutes et ses peurs. Je l'ai envié dans sa démarche pourtant simple (partir) mais si difficile à entreprendre (partir) quand nous traînons nos habitudes sociales tels des boulets que nous nous créons nous-même. A la lecture de "Dans les forêts de Sibérie", difficile de ne pas se poser la question : pourrais-je partir moi aussi et me découvrir ? Peut-on réellement savoir qui nous sommes en restant enfermés dans nos habitudes ?

Au delà des considérations personnelles de l'auteur et des réflexions que cela engendre chez lui sur nos vies en société, Sylvain Tesson est ici au plus près de la nature, dépendant d'elle, devant la respecter, l'apprécier et la craindre pour ce qu'elle est. Pendant 6 mois, elle le nourrit, lui donne à voir quotidiennement des paysages somptueux, le fait vivre en communion avec elle mais elle est aussi dangereuse et l'auteur en a bien conscience et n'est pas parti dans son refuge tel un conquérant. Quand les températures atteignent les -30°, personnellement, je ne sais pas comment il fait... Mais le monsieur a de l'expérience, c'est un aficionados de la montagne et il est déjà bien averti des risques qu'il peut prendre.

Dans un décor à couper le souffle, Sylvain Tesson nous donne à voir une expérience initiatique exceptionnelle et couche sur papier 6 mois de réflexions quotidiennes sur la vie avec un cheminement de pensée posé et étayé. "Dans les forêts de Sibérie" est un ouvrage à part sur lequel on peut revenir plusieurs fois pour y trouver ce dont on a besoin. A défaut de tenter soi-même l'expérience, par la plume de Sylvain Tesson, simple, moderne et qui laisse voir une certaine érudition et culture, le lecteur parcourt plus de 5000 km et vit dans une isba de bois comme si il y était. De quoi alimenter son imaginaire et faire carburer sa cervelle. Un excellent livre de chevet !

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jeudi 26 janvier 2017

"La Mer des Cosmonautes" de Cédric Gras

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Le contenu : Durant trois mois, Cédric Gras a partagé le quotidien du brise-glace Akademik Fedorov, chargé de ravitailler les bases russes en Antarctique. Parti d’Afrique du Sud, naviguant à travers les Quarantièmes rugissants, il a découvert le monde des poliarniks. Des hommes qui luttent contre le froid martien et le blizzard polaire au nom de la science. Marins, mécaniciens ou géophysiciens, ils consacrent leur vie au continent austral, loin de leurs proches.

La critique de Mr K : C’est à une nouvelle exploration polaire que je vous convie aujourd’hui avec ce témoignage de Cédric gras, écrivain voyageur russophone qui a embarqué dans le brise-glace russe Akademik Fedorov pour une expédition de trois mois en Antarctique. Ce sujet me parle particulièrement car gamin, j’étais fasciné par les récits d’explorateurs tels que Magellan, Gama, Colomb mais aussi plus proche de nous les équipées de Perry, Amundsen ou encore le destin tragique de Robert Scott mort d’épuisement lors de sa tentative d'atteindre le Pôle Sud. Le voyage de Cédric Gras s’est déroulé lui il y a environ deux ans et le présent ouvrage fait la part belle à des retours sur la conquête soviétique du pôle Sud et aux instantanés de vie que l’auteur a partagé avec l’équipage.

Le périple de La Mer des Cosmonautes débute et se termine en Afrique du sud, base de départ des expéditions russes vers le continent Antarctique. On suit les préparatifs, les aléas mécaniques (le départ est retardé d’une semaine pour une question de pièce manquante qu’il faut acheminer jusque là) et c’est le départ avec une traversée oscillant entre le calme et la tempête. Un passage dans ce domaine est assez saisissant concernant les Quarantièmes rugissants qui portent très bien leur nom, Cédric Gras retranscrivant à merveille la vie sur un navire pris dans une ambiance de fin du monde (le bateau qui tangue, la vaisselle qui casse, les livres qui gisent au sol de la bibliothèque, les esprits agités...), luttant contre les courants et les creux gigantesques semblant pouvoir submerger à n’importe quel moment un navire pourtant costaud mais plus armé pour fendre la glace. A peine remis de cet épisode terrible que c’est déjà presque l’arrivée vers le grand blanc...

On bascule alors dans un autre univers où l’homme n’est plus au sommet de l’évolution : c’est la lutte constante contre le froid qui corrompt les corps et parfois l’esprit. Les organismes sont mis à rude épreuve, le rythme biologique ralentissant et émoussant les réflexes. La nature reprend ses droits et l’espèce humaine doit s’adapter dans ses rythmes de vie et en terme de technologie. C’est l’occasion pour Cédric Gras de nous faire partager des moments de tension mais aussi de convivialité avec en toile de fond les relations humaines et parfois la situation internationale (on est en pleine crise ukrainienne avec l’annexion de la Crimée par Poutine). Ces parties de récit sont vivantes et enlevées, l’immersion est totale pour le lecteur.

En parallèle, au détour de nombreux chapitres, Cédric Gras nous restitue une partie de l’Histoire des expéditions russes en Antarctique avec des points complets sur l’installation ou la désertion de bases d’études scientifiques (un traité des années 60 déclare le continent austral comme zone pacifique à vocation de recherches scientifiques), sur les techniques d’analyse des glaces et tous les soucis logistiques liés aux contraintes naturelles. On rencontre aussi des personnages-clef de cette exploration russe, des hommes pour la plupart inconnus des occidentaux baignés dans des références américaines ou scandinaves dans le domaine de l’exploration polaire. C’est passionnant et si le sujet vous intéresse, vous serez servi. Les autres pourraient par contre trouver le procédé quelque peu fastidieux...

Ce livre plutôt court (180 pages seulement) se lit d’une traite. Le thème est addictif, le récit plein de vie et l’écriture est très belle entre envolées stylistiques par moments et érudition sans pesanteur à d’autres endroits. J’ai clairement pris une belle claque à la lecture de ce récit d'expédition qui ravira sans aucun doute les amateurs du genre. Un beau voyage en somme !

lundi 9 janvier 2017

"Sacrés américains !" de Ted Stanger

Sacrés américains - Ted StangerL’histoire : Après Sacrés Français !, son impertinent best-seller, Ted Stanger récidive. À l'issue de dix années passées en France, notre Yankee parisien est retourné chez lui, dans l'Ohio, et nous livre ses impressions sur une Amérique qu'il ne reconnaît plus. Abordant des thèmes graves ou légers illustrés par de nombreuses anecdotes, il brosse, sur le ton ironique et distancié qui le caractérise, le portrait de l'Amérique profonde. Ted Stanger décrypte avec humour le système électoral diaboliquement complexe de ce pays où les lois changent d'un État à l'autre. Il raconte la patrie du dieu dollar et des fous de Dieu ; le sexe à l'américaine où puritanisme et sexualité débridée se côtoient allègrement ; l'apocalypse gastronomique qui sévit au pays du fast-food et nous menace déjà...

La critique de Mr K : Retour à Ted Stanger avec cet ouvrage qui fait écho à celui que j’avais lu sur les Français vus à travers les yeux d’un francophile américain. Écrit en 2004 en plein guerre en Irak, il date donc un peu mais fait office de piqûre de rappel à l’aube de la présidence Trump qui va sans doute changer la face du monde et notamment nos rapports avec la première puissance mondiale. Certains éléments sont à recontextualiser mais dans les grandes lignes, le portrait des américains ici fourni est drolatique à souhait, parfois dérangeant (les différences culturelles sont énormes entre nos deux pays) et toujours éclairant.

Rappelons tout d’abord que Ted Stanger est un journaliste et un polémiste américain qui a séjourné en France durant 10 ans et qui est tombé amoureux de notre pays malgré ses doutes sur notre système d’État Providence et certaines caractéristiques socio-culturelles de la population (voir ma chronique de Sacrés français !). N’étant ni sociologue, ni ethnologue mais simplement un journaliste américain curieux, l’ouvrage n’est donc qu’un ensemble de ressentis personnels et de faits / données livrés au lecteur qui fera par lui-même son chemin. Le principe est sympathique et l’écriture bien déjantée de l’auteur fait passer un très agréable moment.

Comme dans son précédent opus sur la France, c’est par des thématiques très précises et traitées de manière rapide que Ted Stanger nous invite à découvrir les USA. Tous les aspects de la sociétés sont ainsi passés en revue des conceptions de l’État en vogue en Amérique (le capitalisme-libéral, l’organisation des élections et du pouvoir, la décentralisation à l’américaine), en passant par les images d’Epinal à casser (les GI, l’efficacité US...), le mode de vie (la mal-bouffe, la séduction et le sexe aux USA) mais aussi les rapports tendus qui pouvaient exister lors de la sortie du livre en 2004. On découvre nombre de choses avec cette lecture et on en redécouvre aussi. J’ai constamment navigué entre stupeur et rigolade, l’auteur se plaisant à souffler le chaud et le froid, révélant un pays à la fois très attirant par les rêves qu’il peut susciter (les grands espoirs, la notion de liberté d’entreprendre et la réussite possible pour tous) mais aussi un pays où les laissés pour compte sont nombreux au nom de la sacro-sainte répulsion des américains envers l’État Providence (santé et école à la carte, discrimination sociale et raciale, ghettoïsation).

Heureusement pour faire passer la pilule, Ted Stanger n’a pas son pareil pour manier l’humour et l’ironie. Il souligne à merveille grâce à ce don de la dérision un beau portrait de l’Amérique mais aussi les défauts de ses compatriotes avec une bonne dose de mauvaise foi à l’occasion, de caricature (plus c’est gros plus c’est drôle) et toujours un sens de l’humain malgré parfois des sujets plus graves. On passe donc un très bon moment grâce aussi à une écriture journalistique mais séduisante par sa simplicité, sa vigueur et son ton léger qui n’oblitère pas le sérieux des propos. Le livre se lit à une vitesse record avec un plaisir durable même si parfois, j’ai trouvé les propos en inadéquation avec ce que je pense (notamment sur le rôle que doit jouer le rôle de l’État dans la vie des gens).

L’Histoire fait que nous sommes alliés depuis les origines des USA (rappelez-vous La Fayette !) mais les influences culturelles divergentes, la colonisation des grands espaces et les origines diverses des américains en ont fait la société que nous connaissons aujourd’hui. Les divergences sont donc grandes mais il me semble important de bien les appréhender pour mieux nous comprendre. Sacrés américains ! y contribue à sa manière et apportera à celui qui le lira un bonheur immédiat de lecture et beaucoup d’éléments de réflexion.

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mercredi 20 juillet 2016

"En suivant la mer" de Marie-Magdeleine Lessana

En suivant la merL'histoire : Que peut-on saisir d’un peuple par la vie qu’il mène l’été sur ses rivages ?
En juillet et août 2015, Marie-Magdeleine Lessana fait le tour de la France par ses côtes, à la manière de Pasolini dans l'Italie de 1959. De Dunkerque à Hendaye et de Portbou à Menton, elle observe une France qui s'abandonne et se dévoile sur les plages, porte un regard juste sur ceux qui organisent avec soin des bonheurs à leur mesure.

La critique Nelfesque : Marie-Magdeleine Lessana est psychanalyste et écrivaine. Auteure de plusieurs articles de presse, romans et essais, elle nous propose avec "En suivant la mer", un road trip du nord au sud de la France en longeant ses côtes. L'idée est originale, le lecteur se demande bien ce qu'il va découvrir et apprendre au fil de ces pages. Suivons l'auteure dans son voyage sans but, telle une errance, avec la côte pour seule ligne de conduite.

Le voyage commence entre Sangatte et Dunkerque pour se terminer à Menton. Entre les 2, quelques milliers de kilomètres, des passages de frontières physiques et mentales, des plages de galets et de sable fin, des petits ports, des hôtels touristiques, des hommes et des femmes. Lorsque l'on commence "En suivant la mer", il faut accepter l'idée de se laisser porter. Ici, point d'intrigues à développer mais une idée folle dans la tête de l'auteure, celle de suivre la côte et flâner au gré des envies. Ne pas rester trop longtemps au même endroit, essayer de ne pas survoler les choses pour autant, juste capter l'instant présent et l'ambiance des lieux le temps d'une nuit ou deux.

Il y a dans cet ouvrage, un petit côté Florence Aubenas avec son "En France", l'analyse en moins. Marie-Magdeleine Lessana ne fait pas une analyse de ce qu'elle voit, elle ne fait que constater, vivre l'instant et le lieu en essayant de rester neutre. Les à priori sont tout de même là, on ressent bien qu'elle préfère certaines régions à d'autres, pour y avoir des souvenirs, pour y avoir déjà passé des vacances... On n'évite pas non plus les clichés. Au détour d'une page, il est question de l'ouverture d'esprit des habitants, de la notion d'accueil, des migrants à Calais ou en Italie... Des questions sont soulevées. Au lecteur ensuite d'entreprendre la démarche pour y répondre si il le souhaite.

Cet ouvrage ne révolutionne pas notre façon de voir la vie mais il donne envie d'entreprendre ce type de voyage au long cours. Profiter de la vie, se laisser bercer par la mer, suivre son instinct. Sans attaches, sans contraintes, aller où la route nous mène, à un endroit on l'on se sent bien. Marie-Magdeleine Lessana utilise sa plume de la même façon en nous laissant entrevoir ses pensées au gré des kilomètres parcourus. Parfois avec rudesse, souvent avec poésie, comme une personne qui aime la mer et le sentiment de liberté qu'elle procure.

Seul bémol à mon sens, il manque une carte à la fin de l'ouvrage pour suivre le road trip de l'auteure plus facilement. Le lecteur est un peu perdu quelque fois (mais n'était-ce pas voulu également ?). De grands sauts sur le littoral sont souvent effectués (notamment le Morbihan complètement zappé (forcément, je l'ai remarqué, puisque je l'attendais)) mais dans ces 200 pages, on appréhende aisément le littoral français de Lessana, celui qu'elle a voulu nous montrer, celui où elle s'est arrêtée.

"En suivant la mer" est un ouvrage à part. En vous aventurant dans ses pages, acceptez de vous laisser porter par la magie de l'instant. Vous ne contrôlez plus rien, Marie-Magdeleine Lessana s'occupe de tout et vous emmène avec elle le long des falaises et des plages françaises. Passez un été à la mer, parcourez la France et appréciez la beauté de ces grandes étendues d'eau salée à la fois intrigantes, cruelles et magnifiques.

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mardi 10 mai 2016

"Bienvenue à Calais" de Marie-Françoise Colombani et Damien Roudeau

Bienvenue à CalaisLe contenu : Textes et croquis, sur le vif, pour écrire et décrire la situation des migrants à Calais.
Ce livre est le fruit d'une immersion des coauteurs dans ce "no man's land" pour donner à un problème politique et social, des noms, des visages, des souffrances, des rêves.
Les bénéfices et les droits d'auteur de ce livre sont reversés à l'association L'Auberge des migrants.

La critique Nelfesque : "Bienvenue à Calais" est un court essai de 56 pages faisant le constat de la gestion actuelle de la "crise migratoire" et des flux de migrants arrivant régulièrement sur notre sol français et plus particulièrement ici dans le Nord-Pas-de-Calais. Un constat froid, des chiffres, des faits. Des mots qui mis bout à bout font froid dans le dos...

Il ne faut pas plus d'une dizaine de pages pour avoir la nausée. Pour qui s'intéresse à la cause des migrants, ce qui est mon cas, rien de nouveau sous le soleil. Marie-Françoise Colombani décrit tout simplement l'actualité, les actions mises en place (ou non) par notre gouvernement, les conditions de vie des familles, hommes, femmes et enfants présents dans la junte, l'hostilité de certains habitants voisins, l'aide des associations, des quidam qui veulent bien donner de leur temps, de leur désarrois parfois aussi face à certains actes et les conditions de vie ici. Une mise à plat du contexte qu'il est important de décrire et de présenter à l'ensemble des personnes qui liront cet ouvrage tant on peut entendre tout et son contraire dans les médias (suivant les chaînes que l'on regarde). Ici nous sommes dans l'information pure, sans parti pris, sans commentaire. La réalité. Implacable.

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Agrémenté de croquis d'illustration de Damien Roudeau mettant des visages sur des prénoms et rendant visuel et plus percutant ce paysage de désolation, l'essai se transforme peu à peu en témoignage. Par de courtes présentations de 2 ou 3 phrases, nous faisons la connaissance de quelques réfugiés, leur histoire, leurs espoirs. Des témoignages bouleversants, qui font monter les larmes aux yeux et pétrifient le lecteur. Que ferions-nous à leur place ? Ne chercherions pas nous aussi à fuir notre pays, tout abandonner et essayer de retrouver une vie meilleure ailleurs, la peur au ventre et le coeur lourd ?

Face aux bombardements de la coalition, à la barbarie de Daesh et à la folie meurtrière de ceux qui les gouvernent, des hommes et des femmes prennent leurs enfants sous le bras (des mineurs continuent la route seuls sans famille) et arrivent chez nous qui avons la chance de vivre dans un pays en paix. Ils sont alors parqués dans des camps qui dans leur organisation, toute proportion gardée, font atrocement écho à ceux de la seconde guerre mondiale. Dénuement, manque d'hygiène, mépris : voici leur quotidien. Dans le froid, dans la boue, ils tentent malgré tout de recréer un semblant de vie normale en attendant de pouvoir partir pour l'Angleterre, leur eldorado. Tentant leur chance chaque jour, certains se font écraser, d'autres sont abusés. Avec des conditions de vie que nous n'accepterions pas pour nos animaux de compagnie, nous fermons les yeux, préférant ne pas voir, et laissons par lâcheté, par désintérêt ou par ignorance crasse, des centaines de personnes mourir sous nos fenêtres.

J'entends souvent des gens dire ce qu'ils auraient fait pendant la guerre, se révolter du traitement réservé aux juifs, handicapés, tsiganes, homosexuels (etc) pendant la seconde guerre mondiale et, sûrs de leur fait, s'exclamer "plus jamais ça". Non il n'est pas pensable aujourd'hui que l'on traite des personnes ainsi, comme des sous-hommes. Les mêmes s'émeuvent de l'exode de familles entières fuyant le territoire occupé dans les années 40. Et pourtant... Le constat de cet essai n'est-il pas tout aussi révoltant ? Les familles syriennes pèsent-elles moins lourds que Pierre et Paulette partant sur les routes avec leurs enfants ? Peu de personnes s'indignent sur ce sujet, se portent volontaire pour aider, s'informent tout simplement et passent le message comme nous le faisons modestement aujourd'hui grâce à cet ouvrage.

Espérons que "Bienvenue à Calais" permette d'éveiller les consciences, que bien au chaud dans nos chaumières et avec nos privilèges dans ce pays des droits de l'homme, nous ouvrions les yeux et exigions de nos politiques qu'ils agissent enfin. Pour eux. Pour nous. Pour l'humanité.

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La critique de Mr K : Document coup de poing avec ce petit livre paru en début d'année chez Actes Sud sur le scandale des conditions d'existence de certains êtres humains sur notre sol français, le cher pays de notre enfance. Loin des clichés véhiculés par les médias, les auteurs s'attachent à décrire la situation dans sa globalité, de manière factuelle avec des statistiques froids mais évocateurs. La dernière partie (sans doute la plus effroyable) raconte par de courts textes de 3 à 15 lignes, le parcours de certains migrants qui par bien des égards se rapprochent de nous et font écho aux pulsions qui nous animent.

On a tous en tête des images de ce qui se passe à Calais. Bien souvent, elles sont noyées sous un flot de commentateurs, de politiques et d'agités du bocal. On traite cette information de façon passionnée et finalement sans distanciation, faisant la part belle aux délires paranoïaques et la déshumanisation d'individus jetés sur les routes comme nos concitoyens dans les années 40. Mais avoir la mémoire courte semble être le credo du moment… Ici, point de tout ça, pas d'angélisme non plus, simplement des constats clairs avec des chiffres qui donnent parfois le tournis et une description des conditions de vie dantesques de ces naufragés de l'existence.

Parmi eux des médecins, des profs, des artistes, des cuisiniers… on est loin des masses de mendiants et de miséreux que se plaît à colporter les extrêmes et la masse abrutie par la crise, la télévision et la consommation à tout crin. Des destins singuliers nous sont livrés en fin de livre et je peux vous dire que nous ne sommes pas dans un film édulcoré, beaucoup ont connu l'incurie de l'injustice et des avilissements qui auraient mis à bas n'importe lequel de ces français soit disant en souffrance qui passent leur temps à rejeter la faute sur ces pauvres diables à la quête d'un Eldorado (le Royaume-Uni) qui se dérobe à eux… Loin de moi l'idée de nier une réalité parfois difficile pour un certain nombre de français mais force est de constater qu'il faut raison et proportion garder. Lisez les courtes lignes de fin d'ouvrage et on en reparlera!

Bienvenue à Calais 3

Des hommes et des femmes regroupés en associations ou parfois de leur propre chef font leur possible pour améliorer l'ordinaire. On retrouve alors l'humanité et l'esprit fraternel que sont censés inspirer nos fameux Droits de l'homme, clef de voûte en théorie de notre société. Combat de Don Quichotte face à ses fameux moulins, ils ne baissent pas les bras. Loin d'être un hommage dithyrambique, ce livre expose ces petites actions quotidiennes qui sont de simplement prêter ses toilettes ou sa salle de bain à une famille, d'apporter du café chaud, de recueillir illégalement des enfants séparés de leur famille depuis plusieurs mois… autant d'actions qui semblent aller de soi si l'on respecte le contrat social qui nous lie tous.

On ressort profondément bouleversé de cette très courte lecture. On a beau se douter des réalités qui peuvent exister sur notre territoire national, là on n'est plus en Europe, plus au XXème siècle. La description des latrines et des douches font penser aux camps de concentration que l'on a connu durant la Seconde Guerre mondiale ou plus proche de nous les malheureusement trop méconnus camps mis en place en Tchétchénie à partir de la fin des années 90 pour "normaliser" la population résistante à l'occupant. Le parquage, l'insalubrité des conditions de vie, les vexations, la séparation des familles, les mafias qui s'engraissent, les politiques qui récupèrent le tout, les simplets qui attisent la haine… tout cela nous saute à la gueule sans fioriture ni arrangement avec la réalité. Un livre fort et plus que nécessaire pour peut-être retrouver notre humanité perdue et le sens civique pour ne pas dire humain qui devrait tous nous guider… J'ai parfois vraiment honte de mon pays.

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lundi 28 mars 2016

"Guillermo Del Toro : Des hommes, des dieux et des monstres" de Charlotte Largeron

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Le contenu : Amoureux des œuvres de H.P. Lovecraft, Tolkien et Ray Bradbury, Guillermo Del Toro s'est familiarisé avec l'anglais dès son plus jeune âge en regardant des films d'horreur sous-titrés et en lisant, avec l'aide d'un dictionnaire bilingue, le magazine Famous Monsters of Filmland. Cela donne le ton et détermine le champ des inspirations du futur cinéaste mexicain, également auteur d'une étude détaillée du cinéma d'Alfred Hitchcock. Dès Cronos, son premier long métrage, Del Toro impose un univers original, mêlant mythologie, spiritualité et épouvante. La suite de son œuvre va s'enrichir de mondes sous le monde, d'univers emboîtés, de monstres humains et surhumains, créatures, super héros, fantômes, vampires.

La critique de Mr K : Une fois n'est pas coutume, voici le compte rendu d'un essai. Il m'a été offert à Noël par ma chère sœur qui connaît mes goûts en terme de cinéma et notamment pour sieur Del Toro qui nourrit mon imaginaire depuis très longtemps. Il s'agit pour l'auteur Charlotte Largeron d'exposer en le simplifiant son travail de thèse, il y a pire comme sujet! Voyage donc dans l'enfance, la formation et l’œuvre d'un génie ultra-productif qui n'est pas prêt de s'arrêter.

Après une préface de Joann Sfar que je qualifierai gentiment de dispensable (il est à la mode et les éditions Rouge Profond le mette en avant), on rentre de suite dans le vif du sujet avec l'enfance de Guillermo Del Toro. Friand de lecture et de fantastique dès son plus jeune âge, il fait écho à mes propres expériences littéraires de mes débuts. En fait, nous avons beaucoup de lectures communes au même âge: Tolkien bien évidemment mais aussi Lovecraft, Poe et consorts. Il multiplie les références cultes et celles-ci se ressentent grandement dans les œuvres qu'il va livrer par la suite. En hommage d'ailleurs à toutes ces références, Del Toro possède sa Bleak House à Los Angeles où il expose nombres d'objets et livres en rapport avec ses influences. Je vous laisse découvrir la plupart des détails croustillants et autres anecdotes de sa vie privée mais sachez qu'ils sont nombreux et très éclairants sur le parcours d'un artiste hors norme.

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La suite de l'ouvrage se veut plus thématique. Certains thèmes en effet traversent l’œuvre de Del Toro, certaines obsessions et questionnements traités différemment se retrouvent et se mélangent pour donner l'alchimie si particulière que l'on trouve dans la filmographie du maître. Ainsi, il a une fascination pour le temps qui passe et qu'on ne maîtrise pas. Certains des personnages des films de Del Toro tentent justement de contrôler ce temps qui coule et en général n'y arrivent pas. Le goût pour l'Histoire, le surnaturel et le sacré est aussi très ancré dans les productions de Del Toro. C'est le mélange de son éducation catholique (sa grand-mère était très fervente et exerçait une influence forte sur le jeune Guillermo) et de son attirance pour le mystique qui donne une couleur si connotée à son œuvre entre paganisme et christianisme, magie et religion, le mysticisme nazi à l'occasion (que l'on retrouve dans nombre de films de genre)...

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Et puis, il y a son amour pour les monstres, ces êtres différents qui attisent le ressentiment et la haine des hommes en occident mais qui sont appréciés en Amérique latine, les êtres humains qui se révèlent être finalement les vrais monstres dans la plupart des films que Del Toro a réalisé ou produit. Le bestiaire de la filmographie du mexicain fou est impressionnant et a donné des figures qui resteront à jamais dans les mémoires du cinéma international: l'archange prophétique de Hellboy 2 est pour moi la plus belle représentation de la mort jamais crée, il y a l'homme faune du Labyrinthe de Pan, les insectes humanoïdes de Mimic, et bien d'autres encore (quelle richesse de création dans le domaine!). Les personnages les plus cruels sont finalement les humains, enfermés dans leurs certitudes, leur tendance au fanatisme et au totalitarisme larvé. Dans ce domaine, le colonel Vidal du Labyrinthe de Pan est dix fois plus effrayant que n'importe quel Grand Ancien lovecraftien. La violence est ici moins graphique, plus intime et psychologique. Elle dérange durablement et en profondeur le spectateur. Car Del Toro c'est aussi cela, un imaginaire flamboyant au service d'émotions profondes.

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D'ailleurs une autre thématique est souvent présente chez lui, celle de l'enfance et de son rapport à la mort. Il met souvent en lien l'innocence supposée des jeunes avec la dureté de la vie et l'échéance finale qui nous guette tous. Cela facilite l'insertion de l'angoisse et de la peur qui est souvent présente dans l’œuvre de cet artiste. Ces grands petits personnages transpercent l'écran et luttent pour la survie de leurs proches et la leur. En cela L'Échine du diable est un modèle du genre où de jeunes orphelins sont confrontés à la grande Histoire et à l'incurie d'hommes fanatisés, leurs grands yeux et leur ventre creux sont les plus beaux symboles de l'humanisme dont est pétri le travail de Del Toro. 

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Au final, ce fut une lecture jubilatoire et très enrichissante. Très abordable, remarquablement documentée (beaucoup d'illustrations pour enrichir le propos), on passe un excellent moment en compagnie d'un super réalisateur. Bravo à Charlotte Largeron pour son travail de fourmi et son enthousiasme qui s'exprime à chaque page d'un ouvrage à lire absolument si l'on est amateur.

Voici en bonus quelques notes et avis personnels sur l'ensemble de sa filmographie :

Cronos (1993) : Toujours pas vu mais après cette lecture, ça ne saurait tarder! Il s'agit d'une variation originale autour du mythe du vampire.

Mimic (1997) : 4,5/6. Un pur film de genre, assez réussi avec une Mira Sorvino électrique et une menace sourde et insidieuse.

L'Échine du Diable (2001) : 6/6. Une sacré claque, prise récemment après lecture de cet ouvrage, entre poésie, film de fantôme et chronique de l'enfance qui passe.

Blade 2 (2002) : 3/6. Très très con mais superbement réalisé. Avis aux amateurs de gore et d'action.

Hellboy 1 et 2 (2004 et 2008) : 5/6. De très bons films entre flamboyance, intimisme et humour. Je ne suis pourtant pas fan de super-héros mais ici c'est jouissif et tellement beau.

Le Labyrinthe de Pan (2006) : 6/6. Sans doute son chef d’œuvre, un monument de cinéma où émotion et émerveillement sont palpables à chaque plan. Rien que d'en parler me donne envie de le revoir!

Pacific Rim (2013) : 4/6. Honnêtement, je n'y croyais pas et j'ai aimé malgré tout. Pas pour les robots mais plutôt pour les créatures venues d'un autre plan existentiel et des scènes intimistes bien menées. Un blockbuster avec du cœur. Honnête!

Crimson Peak (2015) : 5/6. Dernier en date, magnifique dans la forme pour un fond un peu classique mais là encore quelle maestria et quelle maîtrise!

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dimanche 20 mars 2016

Frémissements de PAL

Nouveaux arrivants dans ma PAL et pour une fois, l'abbé n'est pas responsable. D'ailleurs, je n'ai plus le droit d'y mettre les pieds avant l'été tant les dégâts causés par notre dernier séjour chez lui ont été importants... Cela n'empêche pas de tomber sur quelques occasions auxquelles on ne peut résister tant le hasard fait bien les choses, mettant sur notre route ici un livre recherché depuis longtemps ou là, une découverte prometteuse.

Acquisitions (2)

Belle pioche, non?  Destockage massif dans une chaîne de magasins discount, brocante pétrocorienne, recyclage municipal made in 56... autant de lieux ou événements qui se sont mis au travers de ma route de repentance concernant mon addiction aux achats de livres de seconde main. J'ai joué... et une fois de plus, j'ai perdu! Reste des ouvrages à fort potentiel dont je vais vous parler.

Acquisitions (6)

- "L'Humanité disparaîtra, bon débarras!" de Yves Paccalet. Prix du pamphlet 2006, il comblera sans aucun doute mes tendances misanthropiques avec un essai écologique teinté d'humour noir. À travers 13 scénarios catastrophes, l'auteur s'affère à pointer du doigt le caractère envahissant, nuisible, mal embouché et peu durable de notre espèce. Ça sent la fessée!

- "Le Journal de Zlata" de Zlata Filipovic. Quel bonheur de tomber sur ce livre! J'en avais déjà lu des extraits et je me suis toujours dit que je le lirai en entier un jour. Un premier pas a été effectué! Journal d'une enfant plongée bien malgré elle dans le conflit yougoslave des années 90, on le compare souvent à Anne Franck tant sa lecture est aisée et poignante. J'ai bien hâte de m'y mettre!

- "Le Coeur cousu" de Carole Martinez. Coup de poker que cette acquisition où un héritage familial (une mystérieuse boîte) va entraîner l'héroïne dans une histoire teintée de merveilleux et de roman picaresque. Les critiques sont dithyrambiques, le serai-je aussi?Grande

Acquisitions (4)

- "Je suis vivant et vous êtes morts" d'Emmanuel Carrère. J'adore cet auteur et j'aime encore plus son sujet, K. Dick étant ce qui se fait de mieux à mes yeux en terme de SF dérangeante et immersive. Ce portrait romanesque promet beaucoup et son format étrange (j'innove avec ce titre et celui qui suit) rajoutera un degré supplémentaire à l'expérience. RDV dans quelques temps pour le verdict!

- "La Villes des prodiges" d'Eduardo Mendoza. Livre de l'année 1988 pour le magazine Lire, célébré comme un chef d'oeuvre par beaucoup (dont ma mère!), j'y vais avec beaucoup d'espoir et de curiosité. Véritable saut dans l'inconnu, je suis curieux de découvrir cet écrivain qui m'a été tant vanté!

Acquisitions (5)

- "Double hélice" et "Ring zéro" de Koji Suzuki. Ceux qui nous suivent connaissent mon attachement à ce maître de l'horreur à la mode nippone. Gros coup de pot sur Périgueux quand je tombai sur les deux ouvrages qui manquaient à la série littéraire consacrée à la fameuse cassette maudite de la troublante Sadako. Je remercie encore le dieu des chineurs d'avoir mis ces deux ouvrages sur ma route! Hâte, hâte, hâte!

Acquisitions (7)

- "Ys, le monde englouti" de Gabriel Jan. Maître du suspens et romancier hors pair, Gabriel Jan s'attaque ici à la formidable légende de cette ville engloutie par les flots, la colère divine s'abattant sur les humains présomptueux. Je vogue vers des rivages connus mais l'expérience me tente vraiment entre Madeleine de Proust et plaisirs inconnus. Et puis, il y a Dahut...

- "Compartiment tueurs" de Sébastien Japrisot. Dans un train, les gens se rencontrent, parfois tuent. Vient alors le temps de la suspicion. L'auteur me plaît ainsi que les histoires se passant dans les trains (sans doute depuis Bons baisers de Russie de Terence Young!) et puis ma PAL est dépourvue en matière de policiers... Question de rééquilibrage, vous comprenez? 

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- "Axiomatique" de Greg Egan. 18 récits SF pour terminer ce tour d'horizon, avec ce recueil d'un auteur reconnu pour son écriture et son innovation. Je vais tenter l'expérience tant les thèmes abordés me fascinent: drogues brouillant la réalité, robots intelligents, manipulation génétique, artefacts mémoriels, implants... À priori, ça dépote!

Je suis bien content de ces trouvailles qui vont rejoindre leurs aînées dans ma belle PAL. Vous retrouverez dans les semaines, mois (années?) à venir mes impressions sur mes acquisitions. J'ai quand même limité la casse et niveau PAL, elle semble se stabiliser. La vrai question est: jusqu'à quand?

mardi 1 mars 2016

"Foutez-nous la paix !" d'Isabelle Saporta

Foutez nous la paixL'histoire : Savez-vous quelle pression écologique un âne exerce sur son pâturage ? Votre carrelage est-il réglementaire ? Connaissez-vous le supplice de la pédichiffonnette ? La hauteur de votre " végétation concurrentielle " - l'herbe ! - est-elle conforme ?
Vous êtes perdu ? Eux aussi ! Ils s'appellent Gérard, Nelly, Jean-Baptiste, Anaëlle... Isabelle Saporta, journaliste et auteur notamment du Livre noir de l'agriculture et de VinoBusiness, les a rencontrés.
De Tracy-sur-Loire à Créances, de Noceta à Eygalières, ils sont éleveurs d'agneaux de pré-salé ou de poules de Marans, fabricants de bruccio, de beaufort ou de roquefort, vignerons... Vous mangez leurs viandes, leurs fromages. Vous dégustez leurs vins. Leurs produits sont servis sur les plus grandes tables du monde. Et pourtant... l'administration les harcèle en permanence, transformant leur quotidien en enfer.
Quant à l'agrobusiness, il attend tranquillement son heure. Son arme pour mettre à mort ces défenseurs du terroir ? Les asphyxier sous d'innombrables normes formatées par et pour les multinationales.
Ceux qui résistent ne demandent qu'une seule chose : qu'on cesse d'assassiner en toute impunité la France de la bonne chère !

La critique Nelfesque : J'ai découvert Isabelle Saporta en 2011, lors de la sortie de son "Livre noir de l'agriculture". Une lecture coup de poing qui a changé ma façon de consommer. Déjà regardante de ce que je mettais dans mon assiette, j'ai décuplé mon attention et ajusté certaines choses. Je vous conseille toujours cette lecture, 5 ans après sa sortie, car malheureusement, les pratiques n'ont pas vraiment évolué...

En 2014, Isabelle Saporta s'attaque au lobby du vin. Avec "Vino business", elle s'est mise à dos bon nombre d'exploitants viticoles. Je n'ai pas encore lu cet ouvrage car j'ai peur d'avoir une réaction similaire à celle que j'ai eu pour "Le Livre noir de l'agriculture" et aimant beaucoup le vin (à consommer avec modération, tout ça), ça va me faire mal dans mon petit coeur d'adepte de ballons de rouge, je le sens... Je recule l'échéance mais j'y viendrai car l'auteure n'est pas une faiseuse de buzz, une lanceuse d'alerte opportuniste. Non, Isabelle Saporta est une vraie passionnée, une amoureuse de la nature et de nos terroirs, une citoyenne française qui respecte ce qui fait une des fiertés de la France, son agriculture, et ne veut pas la voir continuer à dégénérer en nous mentant par omission, en nous faisant avaler des couleuvres, en nous empoisonnant et en faisant mourir le monde paysan. Le vrai monde paysan, pas les fermes usines et les amis de la FNSEA.

Avec "Foutez-nous la paix !", Isabelle Saporta met une nouvelle fois les pieds dans le plat. En plein contexte de la crise agricole française, alors que des agriculteurs bloquaient encore nos routes et les centrales d'achats il y a quelques semaines et en pleine semaine du Salon de l'Agriculture où François Hollande s'est fait huer et traiter de menteur, la situation est tendue. J'étais la première à râler et à ne pas soutenir les agriculteurs lors de leur grève récente et je vais vous dire pourquoi sous la forme d'une question. Avec-vous vu beaucoup d'agriculteurs bio dans les rangs des indignés brûleurs de pneus ? Moi pas. J'ai vu des gros exploitants qui n'ont plus rien à voir avec les paysans du temps de nos arrières grands-parents, des représentants syndicaux de la FNSEA, qui plus que faire du bien à l'agriculture est dans une démarche dangereuse de course en avant suicidaire, des concitoyens pour la grande majorité qui soutenaient ces actions sans aller voir plus loin que le bout de leur nez. J'étais en colère.

Acheter à bas coût, pouvoir manger tout ce que l'on veut toute l'année, aider les agriculteurs à continuer en ce sens, pour les sauver, pour qu'ils continuent de nous nourrir avec des produits qu'ils ne mettraient même pas dans leurs assiettes, je dis non. Assez. Stop. Nous n'avons pas pris le bon chemin, il faut faire marche arrière ! Pourquoi continuer ainsi cette fuite en avant qui ne mènera nulle part ? Pour qu'on continue de manger de la merde bourrée de pesticides, que nos eaux soient polluées et que les animaux soient traités comme de la viande (qu'ils deviendront finalement et gavée d'antibio au passage) ?

La lecture de "Foutez-nous la paix !" est arrivée à point nommé. De la paix, il y en a. Du ras-le-bol aussi. En donnant la parole à des petits agriculteurs qui cultivent certains en bio, d'autres dans une démarche raisonnée, à petite ou moyenne échelle et toujours dans le respect de l'Agriculture avec un grand A, Isabelle Saporta met en lumière un fonctionnement aberrant, des contrôles et des normes farfelus et une quasi-volonté de nos gouvernements successifs de sacrifier l'agriculture au nom du profit. Consciemment ? Par bêtise, ignorance ou principe de précaution ? Je vous laisserai découvrir cela à travers les voix d'André Valadier, producteur de l'Aubrac, Anaëlle, bergère au Mont-Saint-Michel, Jean-Dominique Musso, éleveur corse, et tant d'autres.

La journaliste / auteure est allée à leur rencontre, parcourant la France d'Est en Ouest et du Nord au Sud pour récolter les témoignages de ceux qui vivent le monde agricole au quotidien. Le citoyen lambda y voit alors plus clair sur l'étendue des problèmes rencontrés. Normes à respecter, jugements arbitraires, sanctions infondées, bon sens paysan bafoué par les autorités, pressions incessantes... Il en faut du courage et de la détermination pour continuer à être agriculteur aujourd'hui. Et il en faut de l'amour !

Isabelle Saporta à travers ses témoignages récoltés et un travail de fond, où elle a été au plus près des institutions et des grandes entreprises imposant leur suprématie et leurs ombres menaçantes, donne à voir aux consommateurs moyens que nous sommes toute une problématique complexe et met en lumière le dysfonctionnement d'un système en bout de course. Elle part au combat, enfonce des portes, nous ouvre les yeux comme bon nombre d'hommes et de femmes de terrain qui se battent chaque jour pour sauvegarder notre patrimoine, nos traditions et notre santé. Ils se battent contre des moulins parfois, pots de terre contre pots de fer, mais ils ne baissent pas les bras. Merci de mener ce combat pour nous car oui, nous voulons continuer de consommer mais pas à n'importe quel prix, pas n'importe comment et pas avec n'importe qui. Je vous conseille vivement la lecture de cet ouvrage instructif et essentiel. Vous verrez qu'à la dernière page, vous aussi vous aurez envie de crier "Foutez-nous la paix !".

lundi 8 décembre 2014

"Les Enfers du Rock" de Philippe Manoeuvre, illustrations de Marie Meier

couvLe contenu: Petite visite au pays du rock avec ses liens tenus avec l'Enfer. Texte de Manoeuvre à droite, illustration de Meier à gauche, voici un petit volume qui sonne comme une invitation au voyage dans les terres de la transgression. Fucking rock-and-roll!

La critique de Mr K: Véritable institution en matière de rock en France, je n'ai jamais lu Philippe Manœuvre ailleurs que dans la revue Rock and Folk que je parcourais religieusement et régulièrement il y a déjà un certain temps. L'occasion d'acquérir le présent livre s'est présentée à moi une fois de plus au détour d'un étal discount du secteur. Rock? Enfer? Franchement, je ne pouvais passer à côté, surtout que derrière les formulations chocs dont Manœuvre a le secret, se présentait l'occasion de réviser mes bases historiques et d'admirer le travail de Marie Meier que je découvrais par la même occasion.

Les Enfers du Rock est divisé en neuf chapitres consacrés chacun à une grande figure du panthéon du rock. Dans les faits, on connaît la propension de l'auteur à la digression et il n'est pas rare qu'il déborde allègrement sur le contexte historique ou artistique de l'époque. Sans compter qu'on ne peut aucunement résumer un grand mouvement musical comme le rock à seulement neuf pointures. L'ouvrage commence par le concert au stade de France d'AC/DC et toute l'influence diabolique en terme de symboles et de paroles de ce groupe australien culte. Il revient aussi sur Richard Ramirez, un serial killer grand obsessionnel du groupe et qui terrifia les faubourgs de LA dans la première partie des eighties.

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Sonne alors la nécessité pour Philippe Manoeuvre d'un grand et bon retour au source avec notamment Robert Johnson qui au détour d'un carrefour aurait rencontré le Diable qui lui aurait appris à jouer divinement (sic) de la guitare en échange de son âme. C'est l'occasion pour l'auteur de recadrer le propos et de revenir aux racines du rock: le blues. Il enchaîne alors sur les expériences mystico-religieuses d'un certain nombre d'artistes que l'ésotérisme attirait fortement et qui fascinait aussi beaucoup les sociétés de l'époque. Ainsi la figure du grand mage Aleister Crowley (que Jimmy Page adorait à sa manière) transparaît tout au long de l'ouvrage. Étranges destins aussi que tous ces rock stars morts à 27 ans, coïncidence ou signe du destin? Le rock s'est aussi construit sur des bases rationnelles et Philippe Manoeuvre se plaît à en raconter des vertes et des pas mûres sur la vie mouvementée des rock stars.

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C'est donc au fil des chapitres, une belle exploration temporelle à laquelle nous convie cet auteur amoureux de sa matière et qui la vit littéralement au fil des pages: Elvis, Les Cramps, Buddy Holly, Screamin' Jay hawkins (un de mes préférés de l'époque, vraiment frappa-dingue dans son genre!), Jimmy Hendrix (sur lequel le livre s'appesantit beaucoup à raison). Puis vient un diptyque diabolique que j'apprécie au plus au point: les Rolling Stones et Led Zeppelin (my favorit band!). Années 70 obliges, on navigue entre génie créateur et folie pas si douce que ça par moment! Sexe, drugs and Rock and roll n'ont jamais pris autant leur sens qu'avec ceux-là. La révolution métal (tribu que j'aime beaucoup, pour ceux qui nous suivent régulièrement cela ne les surprendra pas!) est aussi évoquée avec Black Sabbath mais je trouve que de manière générale, il ne va pas assez loin dans sa réflexion préférant revenir sur ce groupe mythique sans développer leurs fils spirituels, préférant régler ses comptes avec Marilyn Manson de façon d'ailleurs assez injuste... L'ultime chapitre est consacré à l'immortel Jim Morrisson avec toute une série d'anecdotes que les fans comme moi connaissent déjà mais qui ne manqueront pas de réjouir les novices!

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Concis et très bien écrit, ce livre se lit en un temps record et on ne peut qu'être gagné par l'enthousiasme de l'auteur. Pour autant, s'il s'agit d'un excellent essai de vulgarisation, il ne satisfera pas les inconditionnels. Nulle révélation ici, plutôt un micro état des lieux des liens indissolubles entre le rock et la transgression de manière générale. Pour accompagner ces textes cependant efficaces et sincères, vous contemplerez de très belles illustrations de Marie Meïer qui a un talent certain même si j'ai trouvé son travail inégal sur le présent volume. Pas de quoi bouder son plaisir pour autant car cela convient très bien pour planter l'ambiance sombre et décadente voulue par son auteur.

Belle et sympathique lecture que cet ouvrage qui trouvera son chemin dans les bibliothèques des amoureux du rock qui plus que jamais n'est pas mort!

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