lundi 13 novembre 2017

"Le Jour où la guerre s'arrêta" de Pierre Bordage

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L’histoire : Un enfant sans mémoire, petit Prince d’aujourd’hui perdu sur la Terre, s’étonne et souffre de ne voir partout que violences, conflits, souffrances et injustices, pour les victimes comme pour les bourreaux. L’enfant décide alors de faire taire les armes...

La critique de Mr K : Un Pierre Bordage de plus à mon actif avec Le Jour où la guerre s’arrêta, conte spirituel universel et assez bouleversant dans son genre. C’est l’occasion pour l’un de mes auteurs favoris de brosser un portrait pas très reluisant de l’humanité et de la questionner à travers le regard d’un être naïf et innocent. Au final, ce fut une lecture plaisante et enrichissante, l’écrivain se plaisant à mélanger références, cultures et interrogations de notre temps.

Un étrange enfant apparaît sans crier gare sur Terre. Tour à tour, il va rencontrer nombre de personnes aux situations bien différentes : des flics de banlieue, un journaliste en mal d’amour, des intégristes musulmans et leurs victimes, deux soldats ennemis de la même nationalité, des filles de joie, un curé et un docteur, un psychanalyste, des représentants de l’ONU. Chaque rencontre est l’occasion pour cet être de découvrir l’humanité et surtout de découvrir la souffrance inhérente à la condition humaine. Maîtrisant la matière, il décide d’instaurer une trêve au monde entier durant sept jours, une semaine pendant laquelle il part en quête de lui-même, de sa mémoire perdue et du but qu’il poursuit.

Roman initiatique ou roman d’apprentissage malgré quelques passages parfois un peu violents, c’est un ouvrage qu’il conviendrait de faire lire à tous les jeunes pousses en mal de repères. On retrouve la "patte" de Bordage, son ouverture d’esprit et sa pédagogie qui fait merveille. Clairement, on est ici dans le domaine de la parabole et ce Petit Prince a des allures bien christiques même s’il se dérobe aux croyances et règles de notre monde. Ses assertions, ses remarques possèdent une fraîcheur, une naïveté et un caractère de bon sens bien éloignés de la réalité quotidienne des peuples de notre planète. D’où une certaine incompréhension, un décalage totale entre l’enfant et ses interlocuteurs successifs. Par son attitude et son comportement, il expose au lecteur nos défauts et notre tendance à l’égocentrisme sans vision globale de l’humanité et de son environnement. Les valeurs véhiculées sont du domaine du lâcher prise, de l’ouverture au monde, de la liberté de faire ce que l’on veut pour trouver le bonheur sans empiéter sur celui des autres... C’est un mix vraiment improbable qui s’abreuve aux sources des savoirs de multiples cultures et croyances.

Mais que le chemin est long et désarçonnant pour cet être d’apparence fragile qui se confronte à la misère du monde et à la peine qui nourrit tous les vices. Chagrin d’amour, séparation de l’être aimé, désir refoulé, intégrisme religieux et course au pouvoir, consensus stérile, violence physique, violence sexuelle, mélancolie de l’âme, conflit armé, perte de tout ce que l’on possède et bien d’autres lui sont livrés à travers les rencontres qu’il fait. À chaque discussion, dialogue, c'est le quiproquo et l’incompréhension pour l’espèce humaine incapable finalement de saisir le message porté par cet être venu d’ailleurs. Mais chaque frustration et déception va mener l’enfant vers une vérité inébranlable concernant l’être humain, une révélation qui le mènera au bout du chemin, vers l’expérience ultime.

Je ne peux en dire davantage au risque de déflorer l’intrigue mais je peux vous dire qu’elle tient ses promesses, permettant à chacun d’appréhender notre espèce avec originalité, douceur, compassion et surtout réflexion. Bien sûr certains passages ou raisonnements ont déjà été écrits et entendus mais l’ensemble dégage une force et une cohésion hors du commun avec en plus la langue limpide et simple d’un auteur amoureux de son sujet. Un petit bijou d’intelligence sans prosélytisme ni emphase, un condensé de sagesse conté avec talent.

Autres ouvrages de Bordage chroniqués au Capharnaüm éclairé :

- Le Feu de Dieu
Atlantis : les fils du rayon d'or

Hier je vous donnerai de mes nouvelles
Chroniques des ombres
Les Dames blanches
Graine d'immortels
Nouvelle vie et autres récits
Dernières nouvelles de la Terre
Griots célestes
L'Evangile du Serpent
Porteurs d'âmes
Ceux qui sauront
Les derniers hommes
Orcheron
Abzalon
Wang

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mardi 18 juillet 2017

"Le Feu de Dieu" de Pierre Bordage

Le Feu de DieuL'histoire : Prévoyant la catastrophe, Franx a convaincu les siens de fortifier le Feu de Dieu, une ferme du Périgord, conçue pour une autonomie totale de plusieurs années. Mais le cataclysme le surprend à Paris et, pour rejoindre sa famille, il entreprend une impossible odyssée, à pied dans des ténèbres perpétuelles, en compagnie d'une autre survivante, une petite fille muette. Pendant ce temps, dans l'arche transformée en bunker, sa femme et leurs deux enfants se retrouvent sous la menace d'un dangereux paranoïaque qui a pris possession des lieux...

La critique Nelfesque : Bordage est un auteur qu'aime beaucoup Mr K. De mon côté, j'ai lu il y a quelques années "Abzalon" que j'ai fortement apprécié. Avec "Le Feu de Dieu", on change complètement de lieu et de thème. Dans un monde post-apocalyptique, Pierre Bordage nous emmène sur les routes de France, sur les traces de son héros qui tente de rallier Paris à sa ferme survivaliste du Périgord.

Le Périgord est une région à laquelle je suis très attachée et je dois dire que pour cette lecture, c'est mon côté chauvin qui m'a fait m'intéresser à ce roman. Pourtant du Périgord, nous ne verrons pas grand chose ici. La fin du monde est là, la Terre craque, les plaques tectoniques se déplacent, de nouvelles se forment, un froid glacial et meurtrier s'abat sur le monde. Alors que Franx a mis en place avec l'aide de sa famille et de sa communauté, une forteresse pour faire face à cet événement qu'il savait inéluctable et proche, le destin fait que le jour J, il se retrouve bien éloigné de ses proches et l'histoire se scinde ainsi entre son expédition pour rejoindre la ferme et la vie qui s'organise dans cette arche périgourdine.

Même si il n'y a pas de grosses surprises dans cette lecture, on passe un excellent moment à suivre les aventures des uns et des autres. La route est balisée, ça se lit extrêmement facilement. Les fans de SF, biberonnés aux ouvrages exigeants, trouveront sans doute que l'ensemble est ici certes intéressant mais bien trop simple. Pour ceux qui comme moi lisent un ouvrage ou deux de ce type de temps en temps, "Le Feu de Dieu" fait bien le job ! Rajoutez à cela une dimension thriller psychologique au sein de la ferme avec un huit clos oppressant et un personnage tête à claques que l'on aimerait bien éviscérer de ses propres mains et vous obtenez un roman de 440 pages qui se lit en moins de temps qu'il ne faut pour dire ouf.

Parce que chez Bordage tout parait naturel. Ici, il nous dépeint un univers post-apo, une France métamorphosée, des rapports aux autres en pleine mutation et une force intérieure qui pousse chacun à aller au delà de ses forces. L'écriture est fluide, rien ne vient heurter la lecture et l'addiction se fait sentir très vite. On retrouve ici quelques thématiques chères au coeur de l'auteur, comme la spiritualité, et le lecteur le connaissant bien s'amusera de retrouver, aux détours d'une de ses pages, un personnage qui lui ressemble énormément. "Le Feu de Dieu" est un roman malin qui décortique les liens qui unissent les hommes, montre la folie qui peut se cacher au fond de chaque être et dans des conditions extrêmes se révéler au grand jour. Et puis il y a la notion de l'amour. L'amour au sens large, l'amour filial, l'amour qui unit deux êtres et l'amour de son prochain. L'espoir, la foi, l'aspiration à une vie simple et noble. Cette notion donne à l'ensemble une dimension spirituelle (qui relève de la pensée, de l'esprit et non de la religion) qui met du baume au coeur du lecteur, malgré les nombreux obstacles qui vont se dresser sur la route des personnages de cette histoire.

"Le Feu de dieu" est une belle surprise. Un roman simple et efficace qui amène le lecteur à se poser des questions sur le sens de la vie. Un chouette Bordage que l'on prend plaisir à lire. Un post-apo qui ne révolutionne pas le genre mais qui est bien mené, avec des idées intéressantes et une vision d'un monde dévasté crédible.

Autres ouvrages de Bordage chroniqués au Capharnaüm éclairé :
-
Atlantis : les fils du rayon d'or
- Hier je vous donnerai de mes nouvelles
Chroniques des ombres
Les Dames blanches
Graine d'immortels
Nouvelle vie et autres récits
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jeudi 13 juillet 2017

Puces de Doëlan 2017 (29)

Nous avons découvert les puces de Doëlan l'an dernier et depuis, nous nous sommes promis que si nous étions dans le coin fin juin, nous irions chaque année. Doëlan est un de mes lieux préférés près de chez nous mais nous ne connaissions pas du tout ses puces et chiner dans un tel cadre est absolument magique !

Pour ceux qui ne connaissent pas Doëlan, notez bien le nom de ce petit village pour une prochaine escale en Bretagne. C'est incontournable. Ici, point d'animations pour touristes ou de bals populaires tout l'été mais un petit port typique, de jolies maisons, une criée et la vie bretonne à l'état pur ! Eté comme hiver, je prends toujours beaucoup de plaisir à me promener le long de la Laita et du sentier côtier, sauvage et battu par les vents. A la limite Finistère Sud / Morbihan, sur la commune de Clohars-Carnoët, c'est ici qu'ont donc lieu chaque fin juin les puces du même nom.

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Ici, les habitants ouvrent leur garage, sortent les tables de jardin, les parasols, et vendent ce qui ne les intéressent plus. Vous connaissez le principe des puces...

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On trouve aussi quelques stands de professionnels mais de façon très marginale. Ici, c'est encore du vide-grenier pur jus, avec les bonnes affaires et la bonne ambiance qui va avec ! Il fait beau, vendeurs comme acheteurs ont le sourire !

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Et puis, comme je le disais, on profite du cadre. On chemine le long de la Laita, on admire les bateaux. C'est l'été, les parterres sont fleuris, l'eau est bleue, la vie est belle !

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Ici, il y a de tout et de rien sur les étals des brocanteurs d'un jour. De vieilles nappes, des objets que l'on retrouve également chez nos grands-parents, de jolies "vintageries" et du kitsch. Tout le monde y trouve son compte.

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Place maintenant à nos petites trouvailles. Bon... Vous nous connaissez... On a un détecteur à bacs de bouquins au bout du nez alors forcément on a pas mal fureté de ce côté là. Mais pas que ! Voyez plutôt :

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Côté bouquins :

- "L'Enjomineur 1792" de Pierre Bordage que Mr K est plus que ravi d'avoir trouvé dans son édition de chez L'Atalante. Bordage est un ses auteurs favoris et cette trilogie qui débute avec ce tome ci n'était pas encore dans sa PAL. C'est maintenant chose faite !
- "Le Gardien de phare" de Camilla Läckberg que je suis ravie d'avoir trouvé dans son édition Actes Sud / Noirs pour compléter ma collection ! J'ai commencé cette série littéraire il y a quelques années et tout cela est fort classieux dans une bibliothèque (huhu).
- "Impératrice" de Shan Sa. Mr K avait lu "La Joueuse de go" et l'avait adoré. Et hop, dans le panier !
- "Haka" de Caryl Férey parce que j'adore cet auteur tout simplement !
- "Les Justes" d'Albert Camus pour le plaisir de tomber sur cet ouvrage après en avoir justement parlé avec ses collègues la veille...

Côté thé :

Et oui parce que chez nous, nous sommes aussi de gros consommateurs de thé, nous sommes tombés en amour devant ce petit service en porcelaine anglaise. Petites subtilités de la chose, il sera détourné de sa fonction première. J'adore utiliser les théière en pot de fleurs sur ma terrasse (et oui !). Du coup, après une légère custumisation, la théière ira rejoindre ses copines dehors, le pot de lait et la tasse rejoindront quant à eux la cuisine. Je vous montrerai sans doute tout ça sur IG !

Tout ça pour 7€, franchement, on n'allait pas se priver... Autosatisfaction à son comble !

mardi 7 février 2017

"Atlantis : les fils du rayon d'or" de Pierre Bordage

Atlantis BordageL’histoire : Tcholko, jeune guerrier barbare des steppes sibériennes, et Arthéa, prêtresse de la Lune dans la lointaine Atlantis, sont originaires de deux mondes que tout sépare. Mais, à la suite d'un grave accident, leurs destins vont se rejoindre et les pousser à mettre en commun le meilleur de leurs deux cultures. Désormais, deux objectifs vitaux les rassemblent : survivre dans le désert glacé de Sibérie et atteindre Séphren, la capitale atlante.

Arthéa doit à tout prix arriver à temps pour prévenir la reine qu'un gigantesque complot menace la paix d'Atlantis. L'alliance contre nature de la technologie atlante et de la magie barbare sera-t-elle de taille face aux forces du dieu Soleil ?

La critique de Mr K : Mon premier Bordage de l’année et pas n’importe lequel : celui que je m’étais fait dédicacer lors de nos dernières Utopiales qui s’étaient révélées riches en découvertes et en rencontres. Atlantis est un peu particulier car au départ il s’agissait pour l’auteur de le rédiger comme un complément à un jeu vidéo. Au final, il s’agit d’une œuvre à part entière, un roman d’aventure comme cet auteur prolifique en a le secret, entre évasion dans les grands espaces et humanisme à fleur de mot. Un bon moment de lecture comme vous allez pouvoir le constater en lisant la suite.

Ce roman est l’histoire de deux êtres que rien ne destinait à se rencontrer mais que le hasard (et un peu les Dieux) va aider. Pas grand chose de commun en effet entre eux : Tcholko est un barbare des steppes orientales vivant de la chasse et de la cueillette, dans un univers rigoureux et une tribu archaïque. Arthéa quant à elle, est une jeune prêtresse de la Lune venue de la lointaine île d’Atlantis, vivant dans le confort et l’opulence. Une menace insidieuse va les réunir au court d’une rencontre impromptue et ce sera le début d’un long périple à travers les steppes puis les airs pour rejoindre la patrie de la jeune femme et prévenir sa souveraine du danger qui pointe. Vous imaginez bien que tout cela ne va pas se passer sans encombre et dieu sait que Bordage est champion toute catégorie pour mettre des bâtons dans les roues de ses personnages...

Une fois de plus, l’aventure est belle et source d’émotion. Point trop de présentation des personnages avec un voyage qui démarre dare-dare et sans temps mort ensuite. Immersive à souhait, l’écriture de Bordage souligne à merveille l’immensité des paysages, les rigueurs climatiques et les changements d’états d’esprit des personnages. On retrouve dans ce roman certains archétypes propres à l’univers de cet écrivain avec notamment au centre de tout l’innocence bafouée, un personnage qui doit affronter le monde tel qu’il est vraiment et qui par un parcours quasi initiatique, va se nourrir d’expériences, grandir, gagner en maturité et finalement se révéler à lui-même. Ça a beau être couru d’avance, on ne peut qu’adhérer au schéma développé qui donne lieu à de sacrés passages marquants entre drame et parfois même humour.

L’univers-monde proposé est bluffant de détail et de crédibilité, l’action prenant place dans une Terre fantasmée qu’on ne peut réellement placer dans la chronologie de notre planète. La fantasy se fait ici accessible et même très proche d’une époque type moyen-âge teinté de pointes de magie et de mysticisme. On connaît le goût de Bordage pour la spiritualité et on a le droit ici à de beaux passages concernant le chamanisme des peuples orientaux mêlant soins du quotidien et fusion avec la nature avec notamment une chouette effraie qui semble veiller sur le héros parti bien loin de chez lui. L’autre pendant est le culte de la Lune auquel est dévoué corps et âme Arthéa et qui cache bien des complots pour la prise du pouvoir. Là encore, une autre préoccupation de Bordage dans son œuvre est développée avec la collusion entre religion, politique, pouvoir et négation de l’individu. Les bad guys sont d’ailleurs très réussis, garantissant une tension palpable très vite et durable. Pendant très longtemps, on se demande bien comment la situation pourrait être renversée et c’est encore un coup du sort et beaucoup d’ingéniosité qui démêleront le noeud du problème...

On partage donc son temps entre voyage dépaysant, dialogues enlevés entre les deux personnages principaux, plongée dans les arcanes du pouvoir, expériences mystiques et bonnes bastons à l’ancienne (ben oui quand même la fantasy c’est aussi ça !). Difficile dans ces conditions de relâcher le volume avant la dernière page surtout que le vendéen n’a pas son pareil pour développer une histoire, lui imprimer un rythme et un souffle épique, et proposer une variété d’émotions importantes et ceci dans un livre ne faisant que 380 pages. Un bon Bordage, un de plus !

Autres ouvrages de Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé :
- Hier je vous donnerai de mes nouvelles
Chroniques des ombres
Les Dames blanches
Graine d'immortels
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Dernières nouvelles de la Terre
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L'Evangile du Serpent
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jeudi 1 décembre 2016

Nos Utopiales 2016

Du 29 octobre au 3 novembre dernier, se tenait à Nantes, notre festival de Science-fiction préféré : les Utopiales ! C'est maintenant une habitude depuis plusieurs années, nous ne ratons aucune édition. Et cette année, petite nouveauté, nous avons décidé de ne pas nous contenter d'une seule journée mais de doubler la mise en étant présents à la Cité des Congrés de Nantes sur 2 jours. Le thème 2016 était "Machine(s)"...

Affiche

C'est sur les bords de la Loire, à 15 minutes à pied du lieu du festival, que nous avons posé nos bagages. On change de quartier, face à l'Ile de Nantes, on profite d'une balade sympathique matin et soir. Ça réveille ou ça décrasse selon l'heure de la marche. L'environnement est sympa et calme et ça nous permet d'arpenter un coin de la ville que nous ne connaissions pas encore. Bref, c'est tout bénef !

Bords de Loire

Lorsque les Utos approchent et que le programme est enfin dispo sur le net, c'est la course aux réservations de logement pour dégoter THE bon plan. Tout est une question de méthode. On imprime le programme que l'on checke chacun de notre côté puis on met tout cela en commun afin de déterminer quel jour conviendra le plus à l'un ou à l'autre. Cette année, encore plus que les années précédentes (ou alors c'est l'âge qui commence à me faire perdre la boule), aucun jour ne se détachait vraiment et la frustration pointait déjà le bout de son nez. Voilà pourquoi nous avons supprimé cette année notre journée en ville avec shopping et pause thé à La Cigale pour 2 journées complètes à la Cité. Ceux qui nous suivent sur Instagram ont eu un petit aperçu en live de nos pérégrinations. Ceux qui le font sur twitter ont pu suivre quelques conf' avec moi (chanceux !).

Check programme

Trève de blablas et pénétrons maintenant là où tout se joue en matière de SF pendant presque une semaine. Nous sommes samedi matin, nous arrivons à la Cité des Congrés en passant au dessus de l'Erdre. Avouez que je n'ai pas menti et que la promenade matinale est on ne peut plus agréable ! Surtout sous le soleil !

Erdre

Je ne vais pas vous faire ici de comptes-rendus détaillés de chaque conférence. Tout simplement parce que je ne prends pas de notes, que je préfère profiter de l'instant et que tout simplement d'autres l'ont déjà fort bien fait. De mon côté, je vais plutôt vous donner un aperçu de tout ce que l'on a fait sur 2 jours. Pour les conférences en particulier, je vous renverrai vers des vidéos ou documents audios disponibles sur le net et que je vous conseille vivement de visionner / écouter tant les contenus sont intéressants (ben oui, on est pas maso, c'est pas pour rien que l'on aime les Utos !). N'hésitez pas à cliquer sur les liens !

Arrivee Utos

♠ Côté conférences :

On commence samedi dès 11h avec "Voitures volantes, souvenir d'un rétro-futur" que nous ne suivrons pas jusqu'au bout car après une première moitié intéressante où j'ai appris que ma voiture avait existé en version volante (si si je vous jure, il y a vraiment eu une Fiat Punto lancée dans les airs...), les intervenants ont dévié du sujet... Je vous laisse juger par vous-même.

Conf vue de haut

Pour "Qu'est-ce qu'une Intelligence Artificielle ?", le public est au RDV et à la guerre comme à la guerre, c'est le cul posé au sol que nous suivrons cette conférence. Pour la voir ou la revoir confortablement dans son canapé, une vidéo Youtube est disponible ici.

Conf AI

Dans "Le Vaisseau spatial comme personnage" nous tentons de déterminer si la machine à voyager est devenue un protagoniste récurrent et nécessaire de la science-fiction et chacun y va de son vaisseau préféré. "Le Voyage fantastique", conférence animée par des scientifiques, nous apprend que l'on peut désormais programmer des mini-pompes présentes dans nos corps pour délivrer directement des médicaments et stimuler le cerveau.

Conf Vaisseau spatial

La Rencontre avec François Rouiller clôturera notre journée côté conférence. Une rencontre qui restera longtemps dans nos mémoires tant le personnage est sympathique, intéressant et jovial ! Mr K a lu et adoré son "Métaquine". Après cette rencontre, je pense vraiment lui emprunter ce roman tant l'auteur a piqué ma curiosité et m'a beaucoup amusée. François Rouiller est un véritable couteau suisse (ça tombe bien il est suisse) ! Pharmacien, il est également membre fondateur et premier président de l’association des Amis de la Maison d’Ailleurs et bien sûr un passionné de science-fiction et de bandes dessinées. Il est aussi illustrateur et écrivain. Une exposition consacrée à "Métaquine" était présentée aux Utopiales cette année (voir plus bas) et son roman était également nommé au Prix Européen des Utopiales.

Rencontre Rouiller

Dimanche, à 11h, nous assistons à la Rencontre avec Anna Starobinets. Pour ne rien vous cacher, c'est pour elle que nous sommes ici ce jour. Mr K ayant adoré "Refuge 3/9", il voulait absolument rencontrer l'auteure et pouvoir discuter avec elle. De mon côté je ne l'ai jamais lu mais après avoir assisté à cette rencontre, je pense que je me laisserai également tenter. L'auteure est incroyable et on se demande bien où ce petit bout de femme de 38 ans qui en parait 30 va chercher tout ça ! Elle est surnommé la "Reine russe de l'horreur" et à priori, ce n'est pas pour rien... A suivre de mon côté, confirmé pour Mr K. Son roman, "Le Vivant", était également nommé cette année au Prix Européen des Utopiales et l'a d'ailleurs remporté ! Une récompense bien méritée tant il a aussi fait son effet au Capharnaüm éclairé (la chronique de Mr K qui a lu l'ouvrage depuis est à retrouver ici).

Rencontre Starobinets 1

Rencontre Starobinets 2

On continue de suivre Anna Starobinets dans ses conférences du jour avec "Les Machines nécrophoniques" (en plus, on retrouve Xavier Mauméjean à la modération ce qui promet une discussion passionnante). Et si la machine gardait infiniment trace de nous ? Si nous pouvions écouter les morts ? Lorsque l'on voit que les comptes FB des personnes décédées restent ouvertes après la mort de leurs propriétaires et que chacun peut aller y mettre un petit mot comme autant de témoignages ou de recueillements sur une tombe, on est en droit de se poser la question... Qui n'a jamais été confronté à la situation de voir une personne décédée apparaître dans son fil d'actualité parce qu'un "ami" a publié quelque chose sur son profil ? 

Conf Machines nécrophoniques

Puis nous avons assisté à l'"Interro surprise sur les machines dans Ulysse 31" qui s'est plutôt transformée en un cours sur Ulysse 31. J'ai vu quelques épisodes quand j'étais gamine mais j'ai pu constater ici qu'il y a de vrais fondus de la série. Mr K les a tous revu il y a peu et Hervé de La Haye, qui a mené cette rencontre avec le public (et qui est également chercheur indépendant dans les domaines du dessin animé et de la musique pour le cinéma et la télévision), connaissait son sujet !

Interro surprise Ulysse 31

Après avoir assisté à la fin de la conférence dédiée à "La Machine mythologique", retour sur une conférence en présence d'Anna Starobinets pour "Les Machines sont-elles nos esclaves ou... ?". Gros coup de fatigue à ce moment là (et oui, c'est intense 2 jours d'Utos et pour l'instant je n'ai parlé que des conférences...), nous décidons de tester pour la première fois les casques de traduction simultanée. N'ayant pas de problèmes majeurs avec l'anglais, d'habitude nous ne les utilisons pas mais je dois dire qu'après en avoir fait l'expérience, je suis conquise ! Quel confort ! Confortablement installés, nous avons pu profiter pleinement des interventions et nous en sommes ressortis ravis. Sommes-nous encore capables de nous passer des machines ou bien avons-nous troqué notre  autonomie pour la sécurité et le confort ? Oups... Avec nos casques récemment empruntés, on est en plein dans la problématique ! Ce fut pour nous la meilleure conférence. Grâce aux machines ? Possible...

Traducteurs

Conf Machines esclaves

Enfin, nous clôturons ce week-end Utopiales avec la remise du Prix Julia Verlanger qui fut attribué cette année à Karim Berrouka pour "Le Club des punk contre l’apocalypse zombie" :

Remise du Prix Julia Verlanger

D'autres conférences du festival ont été enregistrées et mises en ligne sur le site d'Actu SF. C'est par là que ça se passe et c'est du super boulot !

Conf public

♠ Côté expos et animations :

Nous avons pu nous promener sur Mars grâce au projet VR2Planets issu des travaux de recherche du laboratoire de Planétologie et Géodynamique de Nantes. En s'inscrivant à l'avance, par petit groupe de 12 personnes, nous avions accès à une salle d'étude immersive dont seuls les planétologues et étudiants en géodynamiques ont accès habituellement. Une expérience inoubliable ! Un planétologue nous a équipé chacun d'une paire de lunettes spéciales et nous a fait une visite de Mars. Nous avons découvert ainsi la diversité des paysages martiens, avons observé son relief, parlé de sa géologie... De vraies données, des éléments à notre échelle, une explication à la fois simple d'accès et passionnante. Nous y étions. J'ai adoré !

Dans les allées des Utos, nous avons également croisé plusieurs fois Pepper, un robot japonais créé en 2014 et qui est disponible en France depuis cette année. Il communique par la voix, par la gestuelle, mais aussi de manière visuelle grâce à sa tablette intégrée. Il peut comprendre des mots et des phrases, permettant ainsi des interactions naturelles et intuitives avec les personnes. Il est aussi reconnu comme le premier robot humanoïde au monde à posséder la capacité de reconnaissance émotionnelle, ce qui lui permet d’adapter son comportement. Une attraction qui a attiré pas mal d'enfants à ses côtés.

Rencontre avec Pepper

Cette année, c'est Bajram qui a fait l'affiche des Utopiales et son travail était mis à l'honneur dans une grande exposition donnant à voir ses planches BD, ses esquisses, ses recherches, ses dessins... Une somme de productions qui en a mis plein les yeux aux festivaliers ! De notre côté, on aime particulièrement avoir accès aux documents de travail, voir les "brouillons", les premiers prémisses d'images raturées et déjà structurées.

collage Bajram

L'une des meilleures expositions cette année, pour ne pas dire la meilleure, était celle consacrée à "Métaquine" de François Rouiller. "Métaquine" est un roman de SF (que Mr K a lu et adoré) autour duquel l'auteur, également pharmacien, a développé tout un univers semant ainsi le doute dans l'esprit des lecteurs et de collègues chercheurs qui ont réellement cru à son projet de médicament. Ainsi en plus de son excellente production littéraire, nous avions déjà découvert chez nous le site de son produit pharmaceutique. Aux Utopiales, nous avons pu voir ses carnets de croquis, ses dessins et peintures (non mais ce gars est bourré de talent dans tous les domaines c'est dingue !) mais également tout le travail autour du packaging de la Métaquine®, ce médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Une exposition vraiment très chouette qui a elle seule valait le déplacement.

Expo Metaquine 3

Expo Metaquine 2

Expo Metaquine 1

Expo Metaquine 4

Nous sommes restés assez hermétiques à l'expo "Science Machina" que nous avons survolée, sans doute à cause du manque d'informations et parce qu'aucun intervenant n'était là lors de nos passages. Exposition mise en place par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) et l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), elle présentait les machines à l’origine des découvertes les plus extraordinaires de ces dernières années.

Expo Science Machina

Site

L'exposition "Prototypes du Grand Napotakeu" fut également une expérience assez déroutante avec les installations de Jérôme Lefdup (plasticien, musicien, réalisateur et artiste vidéo) entre attractions bizarroïdes et cabinet de curiosités high-tech. Il a réalisé de nombreuses expérimentations vidéo et musicales, des clips, des émissions de télévision (comme "L’Oeil du Cyclone"), des spectacles...

Expo Jérôme Lefdup

Celle consacrée à "La Petite Bédéthèque des Savoirs" m'a quant à elle beaucoup plus parlé. Avec notamment l'humour de Marion Montaigne et son Professeur Moustache toujours présent pour vulgariser des notions scientifiques avec humour et justesse.

Expo La Petite BDtheque des savoirs

Sans oublier le Pôle Ludique toujours aussi attrayant et agréable. Malheureusement, les parties de RP étant assez longues (ouais je vis avec un ancien MJ de JDR (et avec toutes ces abréviations, je viens de perdre les lecteurs non rôlistes...)), nous n'avons fait que passer cette année encore... Qui sait, peut-être qu'un jour nous nous attarderons plus longtemps à ces tables. En tout cas, ça donne envie !

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Pole ludique 2

♠ Côté rencontres et boissons :

Oui parce que tout ça, ça donne soif quand même ! Comme vous pouvez le voir, quand on va aux Utopiales, on est assez "studieux" mais ça ce n'est que de la façade...

D'ordinaire, nous ne sommes pas présents la première journée du festival et nous ratons systématiquement le discours inaugural et le pot qui va avec. Ce ne fut pas le cas cette année et pour avoir fortement apprécié ce moment de convivialité autour d'un verre nous permettant de discuter tranquillement avec auteurs et éditeurs avant de rentrer dans nos pénates, je pense que ce ne sera pas la dernière ! J'ai pu notamment échanger avec Vincent Gessler, venu incognito cette année, et discuter de ses futurs projets. Je l'avais déjà dit lorsque je l'avais rencontré pour la première fois en 2011 mais cet homme est une perle. Disponible, gentil et à l'écoute, c'est toujours un plaisir d'échanger avec lui. Nous avions aussi prévu de nous voir avec Nadège Augullo, éditrice de la maison du même nom, après avoir pas mal échangé par le passé. Ce moment convivial, qui fut prolongé le lendemain avec Anna Starobinets et dans les allées de la librairie, nous conforte vraiment dans ce que nous faisons au Capharnaüm éclairé. Tant de moments enrichissants ont découlé de sa création... Nous sommes chanceux et ravis !

Inauguration

Le Bar de Mme Spock est un incontournable aux Utos. C'est là que l'on se repose entre deux conférences, que l'on reconnaît quelques copinautes (coucou Mariejuliet et BlackWolf) et où on discute le bout de gras. Et puis il parait que son punch est délicieux. De notre côté, nous ne pouvons pas nous prononcer, la journée on reste sobre...

Bar Spock

Mais c'est pour mieux nous lâcher quand arrive la soirée et ses happy-hour ! Ben quoi, on est dans une grande ville, il faut en profiter !

Cocktail Nantes

♠ Côté bouquins et dédicaces :

Librairie 3

L'un des plus gros kiff des Utos est sans conteste sa librairie ! Chaque année c'est un plaisir pour les yeux, une torture pour nos nerfs et le sentiment d'être un enfant dans un magasin de jouets. Dorénavant nous n'achetons plus à cette occasion que les romans que nous souhaitons faire dédicacer sur place et que nous ne possédons pas déjà. Sans ça, c'est la ruine assurée et une belle scoliose avec une valise de 18kg à se trimballer toute la journée...

Librairie 1
(avec la désormais traditionnelle photos des productions Mirobole Editions !)

Forcément avec ses 25.000 ouvrages présents et représentant toutes les maisons d'édition, si t'es amateur de SF et de littérature de l'imaginaire, t'as les yeux qui te sortent de la tête. T'inquiète, c'est normal, ça nous fait ça à nous aussi...

Librairie 2
(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen, dont les excellents "Métaquine", "Futu.re" et "Le Vivant")

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris. Ces séances sont une des choses que nous préférons aux Utos. C'est l'occasion d'échanger, parfois brièvement, parfois plus longuement, avec des auteurs qui nous ont fait vivre des émotions fortes dans leurs romans. C'est le moment où des solitaires se retrouvent sur une passion commune. L'auteur seul face à l'écriture de son oeuvre, le lecteur seul face à sa lecture. J'aime beaucoup ce moment de convergence !

collage Starobinets

Nous avions amené avec nous notre exemplaire de "Refuge 3/9" et Mr K a pu dire à Anna Starobinets tout le bien qu'il pense de ses bouquins. Nous avions commencé à suivre cette auteure chez Mirobole, nous la suivrons désormais chez Agullo. Si vous ne la connaissez pas encore, vous pouvez lire nos chroniques et vous jeter sur ses écrits. Chanceux que vous êtes !

collage Rouiller

Nous rencontrions également pour la première fois François Rouiller pour une dédicace particulière. Quand vous rencontrez un auteur, vous ne pensez pas repartir avec un dessin... L'auteur l'a signalé dès le début, il va falloir être patient pour obtenir sa signature car chaque dessin est unique et demande du temps mais quand c'est à notre tour d'être devant lui, cela laisse tout le loisir de parler de "Métaquine" avec lui. Posologie et prescription comprises !

Et puis il y a les retrouvailles. Ceux que l'on a déjà vu 1, 2, 3 fois (voir plus pour certains !) et que l'on a toujours plaisir à retrouver !

collage Spinrad

Norman Spinrad, un monument de la SF ! On le retrouve aux Utos chaque année et parfois nous sommes surpris de le voir seul face à sa table de dédicace... Non mais les gens ! On parle de Spinrad là !!! Du coup, systématiquement, on passe le voir, on échange deux ou trois mots, on est amusé de le voir former avec sa femme un petit couple haut en couleur et on repart avec du baume au coeur.

collage Genefort

L'an dernier, nous avions assisté à l'Interro surprise de Laurent Genefort sur les extraterrestres. Du coup, cette année, nous lui avons pris son ouvrage, histoire de savoir quoi faire en cas d'invasion !

collage Bordage

Pierre Bordage, pour Mr K, c'est une grande histoire d'amour... On a tous ses ouvrages à la maison et un jour ils seront tous dédicacés... Bordage est particulier lorsqu'on le rencontre pour la première fois. Un peu impressionné, on peut vite être déconcerté par son côté évaporé. Une mouche passe et le déconcentre, on perd son attention. Il faut savoir apprivoiser "la bête"... Cette année c'était chouette ! On a même parlé de peinture et d'art en général et il nous a même montré une de ses productions en photo sur son smartphone. C'est bon, je crois que maintenant on est quasi potes ! (GENRE !)

collage Xavier

Et puis, il y a Xavier... Notre chouchou ! Oui, je sais, il faut pas le dire, c'est pas sympa pour les autres et le favoritisme c'est mal... N'empêche que Xavier Mauméjean, c'est l'auteur le plus chouette qu'il nous ait été donné de rencontrer. Cela fait maintenant 5 ans que nous nous croisons en festival et c'est toujours un vrai bonheur d'échanger avec lui (et le mot n'est pas choisi au hasard). Comme d'habitude, on a parlé de tout plein de choses, on s'est nourri mutuellement de références, on est reparti avec notre liste de choses à lire ou à voir. C'est toujours stimulant d'échanger avec Xavier et c'est un peu notre instant bonbon des Utos. Celui que l'on attend et que l'on savoure.

Lights

C'est sur ce moment bisounours, et encore la tête dans les nuages d'avoir pu assister à tant de belles choses encore cette année, que je vais terminer mon loooooong billet consacré à nos Utopiales 2016. Hého, y a quelqu'un !? Vous êtes tous partis !? Non, il reste encore quelques lecteurs !? A l'année prochaine les Utos ! On compte déjà les jours !


dimanche 6 novembre 2016

Craquages du week-end de Mr K

C'est de façon tout à fait innocente que Nelfe et moi allions faire nos courses ce samedi. Par le plus grand des hasards, mes pas m'ont conduit sur un rayonnage déstockage de livres de la super maison d'édition Au Diable Vauvert à des prix riquiquis. Impossible de laisser passer cette occasion, vous me connaissez !

Voici le fruit de mes trouvailles :

Acquisitions novembre

- Hiroshima n'aura pas lieu de James Morrow. Un livre à priori complètement frappé où l'armée américaine décide durant 1945 de faire appel à un acteur spécialisé en monstres de tout genre pour éviter de recourir à l'arme atomique contre l'empire du soleil levant. L'idée ? Des iguanes géants cracheurs de feu prêts à dévaster les terres nippones. Dingue, vous avez dit dingue ? À priori, on nage dans le loufoque et l'auteur rend hommage au passage au cinéma de série Z. Tout bon pour moi !

- Le Jour où la guerre s'arrêta de Pierre Bordage. Un Bordage que je n'ai pas lu. Si si, c'est possible ! Dans ces conditions, je ne regarde même pas la quatrième de couverture et j'adopte directement l'opus. Sachez qu'il est ici question d'un mystérieux jeune homme qui fait cesser toute forme de conflit sur Terre pendant toute une semaine. Comment ? Pourquoi ? Pour le savoir, il ne me reste qu'à lire l'ouvrage. Hâte, hâte, hâte !

- Crime d'Irvine Welsh. Là encore difficile de résister à un auteur qu'on apprécie beaucoup et Irvine Welsh en fait partie notamment depuis la lecture enthousiaste du très space Une Ordure et du classique Trainspotting (lu avant l'ouverture du blog). Suite à une mauvaise passe, un inspecteur écossais se retrouve en Floride pour changer de vie, malheureusement pour lui on ne fuit sa nature qu'un temps et il va devoir à nouveau se mouiller pour protéger l'enfance en danger. Ça promet un polar captivant et sans doute inspiré. Wait and read !

- Transparences et Balade choreïale d'Ayerdhal. Disparu trop tôt selon beaucoup d'amateurs de SF, Ayerdhal m'est inconnu en terme d'oeuvre littéraire pour le moment. L'occasion était rêvée de le découvrir avec ces deux brochés à moindre prix, l'un étant un polar pur jus mettant en perspective notre histoire immédiate et l'autre versant plus dans la SF avec la thématique de la colonisation d'une nouvelle planète par l'espèce humaine. Je suis impatient de découvrir cet auteur, j'essaierai de m'y mettre avant la fin de l'année.

plage novembre

Aujourd'hui c'est dimanche, le temps le permettant, Nelfe et moi sommes allés nous promener sur le beau littoral de Guidel près de chez nous. Du beau temps, du vent et quelques nuages après nous rentrons chez nous et paf ! Nous croisons la boîte à livre de Guidel placée en face de l'église et patatra, je tombe sur trois volumes intéressants ! Qui a dit que j'étais irrécupérable ? Aaaaaarrrrrrrg !

Acquisitions novembre 2

- Niourk de Stefan Wul. Un roman de SF pour la jeunesse où dans un monde post-apocalyptique, un jeune enfant différent fuit l'incurie des adultes superstitieux. La quatrième de couverture est engageante et vu mon amour immodéré pour Stefan Wul, je ne pouvais décemment laisser ce livre dans le froid de ce mois de novembre commençant. 

- Une saga moscovite de Vassili Axionov. Deux volumes pour un roman, format traditionnel des grandes sagas russes à la Dostoïevski. L'auteur nous raconte la destinée des Gradov, famille de grands militaires et de fameux médecins pendant la période du règne stalinien de 1924 à 1953. C'est le genre de pitch qui me parle, il mêle à la fois l'Histoire et la vie des gens qui la font ou la défont, et ici plus particulièrement, l'auteur a l'occasion de peindre le portrait de la Russie au temps de la dictature. De grandes promesses que j'ai hâte de découvrir.

+ 8 dans ma PAL ! Aie aie aie ! C'est mal barré cette affaire ! On a beau dire, on a beau faire, on ne sait jamais quand l'addiction frappera. Je suis quand même bien content d'avoir croisé ces volumes qui tous autant qu'ils sont promettent de riches heures de lecture.

Si vous avez lu l'un ou l'autre, n'hésitez pas à laisser vos avis dans les commentaires. Je ne sais pas encore par lequel je vais commencer...

vendredi 14 octobre 2016

"Hier je vous donnerai de mes nouvelles" de Pierre Bordage

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Le contenu : "J’inspecte les rayonnages de ma bibliothèque, je n’y trouve aucun livre d’Homère, pas la moindre trace du grand inspirateur. Qu’ai-je bien pu faire du vieux bouquin tant de fois corné qu’il avait fini par renoncer à sa forme livresque ? Comment ai-je pu le laisser s’exiler de chez moi ? Qui me l’a volé ?

Puis je souris. Quelle importance ? Ces œuvres qui m’ont vivifié, nourri, enchanté, ne sont-elles pas mieux dans des mains avides que sur des planches de bois grises de poussière ? Ne sont-elles pas mieux à voyager et à s’ouvrir à de nouvelles âmes ? Les livres (que dire des versions électroniques ?) se déplacent, se prêtent, jaunissent, se déchirent. Je les ai sans doute offerts de bon cœur, mû par le plaisir unique de partager un secret, un vertige… Les personnages que j’ai aimés, eux, ne meurent pas, à jamais admis dans l’olympe des archétypes.

Et moi, j’essaie de me faire une petite place, modeste laboureur des mots, dans le sillon éternel et fécond tracé par les grands faiseurs d’histoires."

Pierre Bordage pour ce troisième recueil nous offre quinze nouvelles et un préambule.

La critique de Mr K : Hier je vous donnerai de mes nouvelles est le dernier ouvrage paru à ce jour de Bordage. Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles écrites entre le début du millénaire et l'année 2015, certains écrits étant restés inédits jusque là, d'autres ayant été insérés dans des ouvrages collectifs ou dans certains journaux dont Télérama ou le journal Libération. Après un prologue prenant où l'auteur nous explique son amour immodéré pour les œuvres imaginaires, le lecteur oscillera pendant quinze nouvelles entre anticipation, SF pure et fantasy. Beaucoup de variété donc pour une majorité de textes réussis, addictifs et sacrément bien menés. Mais qu'attendre d'autre d'un tel talent ? (je sais je me répète)

Tour à tour, l'auteur nous convie à remonter le temps en compagnie d'un voyageur recherchant ses origines et qui va rencontrer un certain nombre de ses aïeuls et constater malheureusement que l'Histoire se répète. On suit la révélation que va faire un grand-père à son petit-fils en sortant de leur confort habituel et en explorant le grand monde. Au détour d'un autre texte, on suit les pérégrinations existentielles d'un rescapé d'un crash spatial qui va se retrouver confronter à un choix cornélien puis juste après, l'auteur nous offre un petit "morceau" de son œuvre culte Les Guerriers du silence qu'il a ôté du substrat originel. L'occasion pour moi de renouer avec les terribles Scaythes d'Hyponéros ! Ceux qui n'ont pas lu cette trilogie doivent absolument se ruer dessus, je l'ai littéralement dévoré à l'époque et ceci bien avant le blog (d'où l'absence de chronique, je sens que je vais devoir le relire !).

Par la suite, on croise aussi un extra-terrestre qui observe l'humanité depuis très longtemps et en dresse un portrait peu flatteur, des migrants fuyant le réchauffement climatique se heurtant au protectionnisme nationaliste (ça ne vous rappelle rien ?) et d'autres fuyards luttant contre une invasion végétale des plus ragoûtantes ! Quelques pointes de fantasy font aussi leur apparition avec la quête d'une jeune reine à la recherche de son empathie perdue et un tueur à gage pris de remords quand il découvre la cible qui lui a été vendue... Et puis, du post-apocalyptique des familles avec une zone de quarantaine isolée du reste du monde, un barde en panne d’idées qui cherche l'inspiration auprès d'une sirène captive, le jugement d'un autocrate par d'anciennes victimes et pour finir un très beau texte faisant la part belle aux origines de toute vie à travers un voyage sans retour.

Sacré programme donc ! On retrouve les thématiques chères à Pierre Bordage notamment son goût pour l'humanisme à travers des luttes parfois vaines mais souvent portées par de magnifiques personnages allant du vieux sage au jeune en devenir. Rien n'est jamais gratuit ici, tout n'est que volupté de la langue, enrobé de messages sous-jacents. Mélange d'aventure, de scènes de partage et d'échange, de quêtes intérieures, on retrouve un souffle épique, universaliste qui fait que le récit le plus irréaliste peut nous parler et nous interroger sur nous et surtout sur le monde que nous construisons. C'est aussi une vision sans fard des destructions et exactions de l'homme sur ses congénères et sur son berceau, belle planète bleue sacrifiée au nom des raisons économiques et nationalistes. Certains passages font réellement froid dans le dos dans leur caractère prophétique mais les habitués de l'auteur ne seront pas surpris, les fans de SF encore moins...

On passe donc de bien bons moment avec des récits certes courts mais d'une densité de contenu important, des personnages charismatiques et un style d'écriture toujours aussi entraînant et facteur de rêve et d'évasion. Par forcément le meilleur Bordage (je lui préfère ses romans) mais de belles parenthèses enchantées (ou non) en attendant le prochain long récit du maître. À lire !

Autres ouvrages de Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé :
- Chroniques des ombres
- Les Dames blanches
- Graine d'immortels
- Nouvelle vie et autres récits
- Dernières nouvelles de la Terre
- Griots célestes
- L'Evangile du Serpent
- Porteurs d'âmes
- Ceux qui sauront
- Les derniers hommes
- Orcheron
- Abzalon
- Wang

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mardi 2 février 2016

"Chroniques des ombres" de Pierre Bordage

chroniques-des-ombres-bordage

L'histoire : Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné la partie privilégiée de la population mondiale dans des mégapoles équipées de filtres purificateurs d'air. La plupart des capitales sont désormais regroupées en Cités Unifiées. NyLoPa, la plus importante et stable des CU, réunit New York, Londres et Paris et compte 114 millions d'habitants. Les citoyens sont équipés d'une puce d'identité et la sécurité est assurée par une armée suréquipée qui fait office de police, les fouineurs, sorte de super détectives, un corps spécial composé d'individus sélectionnés pour leurs capacités analytiques. Dans ce monde en survie à l'équilibre plus que précaire, des centaines de meurtres sont soudain perpétrés, dans toutes les villes et en quelques minutes, par d'invisibles assassins. On soupçonne une secte d'en être à l'origine, mais l'enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir, tandis que les Ombres continuent de frapper de plus belle. Remontant la piste, les fouineurs vont être entraînés hors des cités, dans le "pays vague", à l'extérieur du monde civilisé, le lieu inconnu de tous les dangers...

La critique de Mr K : Lire un Pierre Bordage est synonyme d'évasion, de réflexion et de plaisir pur pour l'amateur de roman. C'est un de mes auteurs favoris, il est de ceux qui ne m'ont jamais déçu ou si peu... La lecture est un bonheur immédiat tant les talents de conteurs sont ici déployés avec une maestria littéraire qui n'est plus à prouver et une pureté sans fard ni paillettes. À l'image de cet homme évasif et luneux, ses ouvrages font la part belle au mysticisme et au romanesque intemporel. Très productif, il ne m'en reste pas grand-chose à lire et cet ouvrage en faisait partie jusqu'à notre séjour rituel à Nantes pour les Utopiales 2015. Profitant de la dédicace annuelle que je ne veux rater sous aucun prétexte, j'acquis les Chroniques des ombres et les fis signer par Master Bordage himself. Il m'invitait alors à l'ombre des Ombres… La Lumière est venue à moi peu à peu et elle fut éblouissante lors de notre séjour de nouvel an en bordure de Loire, cadre idéale pour une lecture de ce type.

Le futur une fois de plus est angoissant chez Bordage. Proche dans les thématiques des Derniers hommes, l'espèce humaine a une fois de plus dérapé et une grande guerre atomique a ravagé la belle Bleue ne laissant que des cités unifiées repliées sur elles-mêmes et des territoires irradiés où tentent de survivre des clans revenus aux temps primitifs. À la manière des feuilletons du XIXème siècle (quelle divine époque pour la production littéraire!) comme Les mystères de Paris d'Eugène Sue, Bordage alterne un chapitre sur l'autre entre les cités ultramodernes et aseptisées où se débat Ganesh un jeune fouineur avide de vérité (il y a du Fox Mulder chez lui, ce qui ne me déplaît pas, mais alors pas du tout!) qui va se confronter à une menace insidieuse et implacable et la hors zone en compagnie de Demi Lune, un jeune guérisseur à qui les aléas du destin vont jouer bien des tours avant de le délivrer. C'est à un rythme haché, lent et remarquablement construit que l'on suit ces deux trajectoires qui vont en rejoindre d'autres et finalement confluer vers une révélation aussi glaçante que logique et perverse.

36 chapitres en tout (X2 à cause des points de vue adoptés) auxquels se mêlent des paragraphes à la typographie différenciée qui exposent des extraits de journal télévisé, des extraits de journaux intimes, des citations de pensées et sentences ancestrales, des rapports de mission et toute une pléthore d'autres éléments qui éclairent le background dans sa structure générale, ses ramifications, les us et coutumes en vogue, la technologie en place… Narration classique et textes informatifs densifient un univers très fouillé, pensé intelligemment dans le seul but d'éclairer le lecteur, de le transporter dans un ailleurs et un temps bien marqué qui font écho aux temps actuels et parfois aux dérives auxquelles on assiste impuissant.

Bordage ne nous épargne rien dans cette vision apocalyptique du monde où les êtres humains des cités ne sont que des pions asservis par des biopuces implantées dans leur cortex. Le pire étant qu'ils acceptent cette situation au nom de la sacro-sainte Sécurité de tous. Les barrières de la morale et de nos valeurs démocratiques sont bafouées depuis longtemps et des forces de l'ombre manipulent les ficelles sans faillir vers un but mystérieux des plus ultimes. Ganesh va devoir faire appel à toutes ses capacités et toute sa méfiance pour démêler le vrai du faux et trouver qui ou quoi se cache derrière ces mystérieuses Ombres qui font tant de victimes. La technologie se fait ici utile par moment mais surtout liberticide. Belle réflexion sur l'évolution possible d'une société autocentrée ayant peur du changement.

Ils sont coupés de l'extérieur où survivent tant qu'ils peuvent des humains oubliés de tous, livrés aux radiations et au chaos. Des passages saisissants nous décrivent ces sociétés humaines elles aussi repliées sur elle-même et régulièrement en conflit. Le long cortège des maladies et des exactions se succèdent sur ces terres désolées où l'espoir n'a plus fait son nid depuis longtemps. On retrouve alors le caractère quasi prophétique de la mission d'un héros sorti du ruisseau en quête de lui-même et du Salut du genre humain. On est dans du 100% Bordage et on retrouve son goût pour la spiritualité qui émane des pores de tous ses personnages qu'ils soient bons ou mauvais. Très riche, la caractérisation des personnages épouse à merveille décors et intrigues comme une savante pièce à tisser d'une grandeur et d'une trame incomparable. Amour, revanche, fuite en avant, complot, aide et traîtrise, survie pure et manœuvres d’alcôves sont au rendez-vous dans ce pavé de 750 pages qui se lit passionnément du premier au dernier mot.

Que dire de plus! Un bonheur de tous les instants, une langue à la fois simple et riche, un sens du récit hors-pair et une intrigue bluffante et marquante. Des émotions à fleur de peau, un grand train fantôme où alternent surprises, révélations et un intérêt qui ne se dément jamais, les marques d'un bon et long roman. Un grand et beau Bordage tout simplement.

Autres Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé:
Wang
- Abzalon
Orcheron
Les derniers hommes
Ceux qui sauront
Porteurs d'âmes
L'Evangile du Serpent
Griots célestes
Dernières nouvelles de la Terre
Nouvelle vie et autres récits
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vendredi 20 novembre 2015

Nos Utopiales 2015

Il est temps de nous replonger dans la dernière édition du Festival Utopiales qui a eu lieu à Nantes il y a 3 semaines. Ce sera aussi l'occasion de revenir sur de bons souvenirs et en ce moment, il y en a besoin ! Alors c'est parti, en route pour la planète SF !

Utos 2015 (1)

Cette année, le thème du Festival International de Science-Fiction était "Réalité(s)". Qu'est-ce que la réalité ? Les Réalités augmentées, les Psycho-réalités, les Réalités alternatives... Tout un programme ! Autant vous dire que le thème nous importe peu puisque cela fait maintenant plusieurs années que nous allons au festival et qu'à chaque fois nous en ressortons enchantés. Cela pourrait être "Les Licornes" ou "Le Bottin à travers les âges", nous serions tout aussi intéressés. Et oui, Les Utopiales, c'est avant tout une ambiance, un état d'esprit et une multitude de choses à voir et à faire. Il y en a pour tous les goûts et tout le monde y trouve son compte.

♠ Côté conférences :

Utos 2015 (14)

Le programme tombe toujours assez tard, comprenez une semaine avant le lancement du festival, et chaque année, à J-7, c'est la course à l'hébergement et la mise en place de notre programme perso lorsqu'il est mis en ligne. Cette année, au vu des conférences et des auteurs présents, nous avons décidé d'y aller le vendredi. En général, nous n'y allons qu'une journée mais on a de plus en plus envie de faire le festival sur plusieurs jours et l'an prochain sera peut être (sans doute !) le passage de cap ! Comme d'habitude, il a fallu faire des choix et nous avons assisté à moins de conférences que les autres années.

A 13h00 sur la Scène Hetzel, nous étions à la conférence "Asiles psychiatriques et lieux de réclusion dans la science-fiction". De "L'Antre de la Folie" à "L'Armée des Douze Singes" en passant par "Arkham Asylum", les asiles et mondes-prisons jouent un rôle-clefs dans la science-fiction. Une conférence vraiment très intéressante à laquelle nous sommes arrivés un peu en retard suite à notre séance cinéma (dommage) et où l'on a pu noter quelques références pour de futures lectures et de futurs visionnages.

Utos 2015 (20)

A 14h00 à l'Agora de M. Spock, nous étions à la Rencontre entre Michal Ajvaz et Xavier Mauméjean. A ce moment là nous priions très fort pour que Michal Ajvaz obtienne le Prix Utopiales Européen pour son roman "L'Autre Ville" que Mr K avait adoré (et nous avons été exhaussé ! Encore bravo Mirobole !). La discussion fut ardue, technique et poussée mais ce fut un plaisir de voir ainsi attablé deux auteurs que nous aimons beaucoup au Capharnaüm éclairé et ainsi nous amuser de leurs approches d'écriture complètement différentes l'une de l'autre.

Utos 2015 (28)

A 17h00, nous avions rendez-vous avec Laurent Genefort pour une "Interro surprise sur... les extraterrestres !" à l'Agora de M. Spock où les festivaliers étaient invités à poser toutes les questions qui leur passaient par la tête sur les petits hommes verts. Une rencontre très sympathique à la fois drôle et intrigante.

A 20h00 sur la Scène Shayol, il était question des "Réalités-gigognes, de Philip K. Dick à Christopher Nolan !". Réalités emboîtées, factices, illusoires... au cinéma, dans la littérature et les comics / BD. Nous avons particulièrement aimé Daniel Tron à la modération. Nous l'avions déjà vu les années précédentes mais cette fois ci nous avons bien noté son nom. Avec sa bonne humeur, son humour et sa pertinence, je pense qu'il sait donner vie à n'importe quel thème. L'an prochain, je le suivrai à la trace je le sens ! Et puis avec un nom pareil, il n'aurait pas pu être ailleurs que dans la grande famille de la SF !

A 21h00, je suis restée au début de la Remise du Prix Verlanger, apprenant quelques minutes plus tôt qu'un hommage serait rendu à Ayerdhal, auteur de SF, décédé quelques jours plus tôt. Un moment d'émotion partagé avec bon nombre d'auteurs et d'amoureux de science-fiction.

♠ Côté cinéma :

Utos 2015 (19)

Nous avons décidé cette année de tester les courts métrages et nous nous sommes rendus à une session de Courts où nous avons pu voter pour le Prix du Public. Au programme 7 courts métrages et environ 1h30 de visionnage. Rien de neuf sous le soleil, nous n'avons pas vraiment été convaincu et avons voté pour "le moins pire". Oui, je sais, c'est vache, ça demande beaucoup de boulot tout ça mais quand ça passe pas ça passe pas. Nous n'avons rien vu de novateur ou de complètement dingo et avons eu l'impression de perdre notre temps. Pas sûr qu'on retente l'expérience dans les prochaines années.

♠ Côté expos :

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Manchu nous accueille dès l'entrée du festival. 25 ans de travail et d'illustrations sont ici exposés. Couvertures de romans pour Folio SF notamment, de BD chez Delcourt, travaux de recherches, croquis... Ce digne héritier de Caza nous en met plein les yeux.

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Au Pôle Jeunesse, nous découvrons Yvan Duque. Dans une aventure arctique, il s'amuse de personnages maladroits, les faisant évoluer dans de riches décors qui le font rêver. Vraiment une chouette découverte ! Je vais creuser du côté de cet illustrateur et quand on aura des nains, c'est tout à fait le genre d'illustrations que nous pourrions mettre dans leurs chambres. Vraiment top !

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(désolée pour les reflets, j'ai fait au mieux)

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(là tu peux laisser tes nains si tu as envie de t'en débarasser le temps d'une journée sans qu'ils soient traumatisés)

Pour les 20 ans de Série B, le festival a vu les choses en grand et nous fait entrer dans les coursives d'un vaisseau ! Fondé au début des années 90 par Fred Blanchard et Olivier Vatine, le label Série B est essentiellement né du désir de redéfinir la bande dessinée de genre, au moment où émergeait la "Nouvelle Bande Dessinée". Ici, ce sont de nombreuses BD, de nombreuses planches et quelques tables de travail qui nous sont données à voir. Très bonne idée !

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L'exposition "Wika" est celle qui nous a le moins plu. Olivier Ledroit, papa des "Chroniques de la Lune Noire", et Thomas Day s'associent et revisitent l'univers des fées. C'est très coloré et les filles sont très poumonnées. C'est sans doute mon côté féministe qui ressort (et celui de Mr K avec) mais la quasi omniprésence des gros nichons dans la BD me sort par les trous de nez...

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(il y avait tout de même de chouettes croquis, pour le reste je vous laisse faire la recherche parce que de notre côté, ça ne nous a pas convaincu...)

"Le Passage errant" de Sarah Scaniglia est un travail intéressant de photomontages mêlant détails architecturaux nantais et univers SF.

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"Galactik bricks" proposait au public pendant toute la durée du festival de créer une flotte galactique d’environ 800 vaisseaux en briques LEGO®. Un projet éphémère, original et unique au monde ! Nous étions là au début mais la flotte après 5 jours de festival fut impressionnante !

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♠ Côté rencontres :

Utos 2015 (29)

Nous avons passé pas mal de temps au bar de Mme Spock à discuter bouquins avec une éditrice chère à notre coeur. C'est aussi ça les Utopiales, des rencontres, des mots échangés, des bières éclusées... Nous avons aussi fait la connaissance IRL, très rapidement mais avec plaisir, de Mariejuliet et Ptite Trolle. Un tweet posté, une curiosité assouvie. La suite lors de prochaines éditions !

♠ Côté bouquins et dédicaces :

Utos 2015 (16)

Bienvenue dans le supermarché de la défonce des amateurs de lecture et de SF en particulier. Ici, t'as les yeux qui te sortent de la tête, t'as envie de tout acheter et tu fais de la muscu pour les 10 prochaines années de ta vie à trimballer tes sacs de bouquins ! Ici, c'est Nantes messieurs dames, c'est la plus grande librairie SF du monde !

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(ne sont-ils pas beaux tous ces petits Mirobole Editions ensemble !?)

Utos 2015 (18)
(et ces petits Folio SF !?)

Alors là tu respires bien fort hein, tu penses à ton banquier et tu te munis de ton plus beau stylo pour noircir les pages de ton carnet de plein de nouvelles idées de lecture ! Comment ça, t'en as pas besoin ? T'as déjà une PAL à faire peur ? Arrête, on n'en a jamais assez !

Utos 2015 (15)
(coucou les compétiteurs pour le Prix Utopiale Européen)

Achats Uto
(côté achats, voyez comme nous avons fait soft !)

C'est ici qu'ont lieu les séances de dédicaces. Pas de BD de notre côté cette année mais de belles rencontres et de belles retrouvailles avec nos auteurs favoris.

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Laurent Genefort, que nous avions rencontré l'an dernier, a conseillé Mr K pour la suite de sa découverte des Portes de Vangk, un Troll a rajouté un gag à notre exemplaire de "L'Instinct du Troll", Francis Berthelot a signé l'exemplaire d'"Hadès Palace" de Mr K lu et chroniqué au tout début du blog (que les articles étaient courts à l'époque ! (plus courts que l'article que vous êtes en train de lire !!! (hum !))) et on a pu donner notre avis sur la fin du film "Le Prestige" de Nolan à Christopher Priest (joke de l'an dernier où il avait présenté la séance de l'adaptation de son roman du même nom).

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Michal Ajvaz était tout seul à sa table ! Scandale ! Son roman "L'Autre ville" est tellement incroyable ! Lors d'autres séances, nous avons pu constater que ce n'était plus le cas. Ah quand même ! Jean-Claude Dunyach fut LA rencontre de cette année. Nous l'avions seulement croisé les années passées et suite à la lecture de son roman et quelques échanges sur Facebook, nous ne pouvions pas le louper. Jean-Claude est un amour ! Encore une belle rencontre grâce aux Utos ! Pierre Bordage bien sûr, le local de l'étape, celui que l'on est sûr de voir à chaque édition des Utopiales. Bientôt, je crois que tous les livres de Bordage présents dans la bibliothèque de Mr K (autant dire tous les romans de Bordage) seront dédicacés. C'est ça quand on aime... Et Mr K l'aime ! Et puis Xavier Mauméjean, notre chouchou, nous a donné une nouvelle liste de livres à lire avant l'an prochain. C'est maintenant une tradition et ses conseils sont toujours avisés. On repart avec une bonne dose d'amour pour l'année ! Merci !

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Hey Ho !? Y'a quelqu'un !? Vous êtes toujours là !? Oui je sais, c'est un gros pavé que je vous ai écrit aujourd'hui (je vous dis combien j'ai mis d'heures à sélectionner les photos, les retoucher, les uploader et rédiger ce billet ? Non il ne vaut mieux pas, c'est indécent et je saigne des doigts (des yeux aussi remarquez !)). Merci à vous d'avoir lu mon blabla jusqu'au bout. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot en commentaires histoire de me rassurer en me disant que vous êtes toujours en vie ! 

Vivement l'an prochain ! A bientôt les Utos !

lundi 1 juin 2015

"Les Dames blanches" de Pierre Bordage

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L'histoire: Une étrange bulle blanche d’une cinquantaine de mètres de diamètre est découverte un jour dans une bourgade de l’ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d’Élodie. D’autres bulles apparaissent, grossissent, et l’humanité échoue à les détruire. Leur activité magnétique de plus en plus importante perturbe les réseaux électriques et numériques, entraînant une régression technologique sans précédent. Seule l’"absorption" de jeunes enfants semble ralentir leur expansion… La peur de disparaître poussera-t-elle l’humanité à promulguer la loi d’Isaac ? Mais peut-on élever un enfant en sachant qu’il vous sera arraché à ses trois ans ? Camille, qui a elle-même perdu un fils, et son ami Basile, d’origine malienne – ufologue de son état – vont essayer de percer le mystère des dames blanches afin d’éviter le retour à la barbarie.

La critique de Mr K: Aaaaah Pierre Bordage! C'est un de mes chouchous! Il n'y a pas beaucoup de ses ouvrages qui ne me sont pas passés entre les mains. Que de souvenirs de lectures! Quel talent pour planter une situation, des personnages, une histoire qui dépasse souvent la sphère intimiste pour tâter l'universalité! C'est un des maîtres de la SF "à la française" et ce n'est pas son dernier né qui va me contredire avec un savant mélange de prospective et d'humanité dont le vendéen a le secret.

De mystérieuses bulles blanches - bientôt surnommées les Dames blanches - apparaissent sur Terre à divers endroits du globe. Très vite, on signale des disparitions de jeunes enfants (tous âgés de moins de 4 ans) qui semblent avoir été attirés par une force étrangère et "avalés" par ces objets non identifiés. Face à l'inexplicable, les hommes - comme toujours - vont mal réagir, les autorités voyant un ennemi dans ce qu'ils ne comprennent pas, le temps passe et les mesures prises sont de plus en plus extrémistes. On va suivre de chapitre en chapitre des personnes directement concernées par ce phénomène: des parents éplorés, des militaires / miliciens, de simples citoyens lambda… chacun ayant été touché à son niveau par ces apparitions / disparitions et par les mesures politiques mises en place.

Chaque chapitre porte le nom d'un personnage tantôt principal tantôt secondaire. On avance donc par bonds successifs dans notre lecture: des bonds géographiques (on suit deux à trois trames principales) et des bonds historiques (il se passe parfois des mois voir des années entre deux chapitres). Par une simple phrase ou une allusion à peine voilée, nous assistons impuissants à l'évolution d'un monde terrorisé face à l'inconnu. Des lois d'exceptions sont prises et la démocratie recule, la vie des personnages changent du tout au tout comme leur situation personnelle (dépression, mariage, parentalité, séparation…). Le rythme est rapide, les années défilent de page en page et peu à peu face à la radicalisation des autorités, tout espoir semble quitter un monde en perdition dont les Dames blanches sont les principales observatrices et actrices avec des disparitions qui continuent de s'égrener. La fuite en avant est alors inévitable et le lecteur impuissant ne peut qu'assister à la déchéance du monde et des sociétés humaines.

En 377 pages et 41 chapitres, Pierre Bordage réussit le tour de force de nous conter une grande histoire d'anticipation. Le monde qui y est décrit est le nôtre et ce qu'il pourrait devenir si nous étions confrontés aux mêmes événements. Pas de quoi être optimiste quand on constate déjà les méfaits dont nous pouvons nous rendre responsables aujourd'hui. Déclarées ennemies de l'humanité, les boules blanches vont être au centre de toutes les décisions (permettant au passage de calmer tous les conflits en cours) et vont pousser la morale d'état dans ses retranchements et même en dehors de tout sens commun. Des décisions iniques sont prises et imposées, et c'est le cœur gros que le lecteur poursuit sa lecture dans un monde qui s'enfonce dans les enfers (je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais on touche ici à des choses tabous entre toutes). Tout est accentué notamment par les différents points de vue adoptés au travers des différents personnages que nous suivons. Nous sommes bien peu de choses face à ceux qui nous gouvernent, que vaut la douleur d'une mère / d'un proche face à la raison d'État qui par définition n'a pas tort (du moins dans son esprit). Des passages sont vraiment rudes et le lecteur est pris à la gorge par des sentiments violents d'injustice et de colère. La tension va crescendo et on se demande bien comment tout cela va finir. Pour ma part, j'ai commencé à deviner où l'auteur voulait nous emmener à mi parcours, au détour d'un chapitre tout bonnement effrayant relatant les premières mesures prises par les différents gouvernements pour essayer de découvrir d'éventuelles faiblesses aux mystérieuses visiteuses venues d'ailleurs.

Je me suis beaucoup attaché à certains personnages, ce qui m'a été fatal car leurs vies sont décortiquées devant nous et l'auteur ne leur fait pas de cadeaux entre des mères dont l'enfant disparaît, des pères fous de chagrin tombant dans l'alcoolisme, des membres de la même famille qui ne se parlent pas, des trahisons entre amis, des résistants humanistes recherchés et persécutés par un nouvel ordre totalitaire... autant de trajectoires brisées qui font écho aux combats qui ont pu être menés (notamment durant la Seconde Guerre mondiale ou dans des conflits plus localisés, je pense notamment au commandant Massoud en Afghanistan contre les Talibans) ou ceux qui nous attendent dans les décennies à venir (et il y a de quoi faire!). Par moment, des lueurs d'espoir apparaissent portées par une minorité (je pense notamment à Basile, un ufologue à la philosophie humaniste qui m'a profondément touché ou aux nouvelles générations n'ayant pas connu la Terre avant les Dames blanches), cela remet du baume au coeur dans un récit tout de même fortement teinté de pessimisme quant à la capacité des hommes à apprendre de leurs erreurs.

On retrouve dans ce roman toutes les forces narratives de Bordage déjà évoquées en début de chronique, la lecture est une fois de plus un bonheur de tous les instants et l'on retrouve cette écriture accessible et évocatrice qui a fait mon bonheur sur les milliers de pages que j'ai pu lire de cet auteur. On retrouve aussi son goût pour les mythes qui ont jalonné l'évolution humaine, les Dames blanches étant peut-être la prochaine étape. A travers cette constellation de destins, il nous parle de l'homme dans ce qu'il y a de plus fragile, de plus attachant mais aussi de plus désespérant.

Un grand et beau livre de SF.

Autres Bordage chroniqués par mes soins au Capharnaüm éclairé:
- Wang
- Abzalon
- Orcheron
- Les derniers hommes
- Ceux qui sauront
- Porteurs d'âmes
- L'Evangile du Serpent
- Griots célestes
- Dernières nouvelles de la Terre
- Nouvelle vie et autres récits
- Graine d'immortels

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