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L’histoire : Jamais vous ne connaitrez le nom de vos geôliers. Vous ne serez plus rien. Rien qu'une victime. Et personne ne vous entendra hurler.

Le corps sauvagement mutilé d'une enfant est retrouvé dans les bois.

Neuf ans plus tard, Barbara, en se plongeant dans une activité fébrile, a presque réussi à se remettre du meurtre et du kidnapping de sa fille. Jusqu'à ce qu'une petite voix lui dise au téléphone : "Maman, maman, j'ai besoin de toi".

Son enfant est vivante, prisonnière d'une secte sinistre, se livrant à des rites sataniques, innommables.

Affolée, Barbara essaie de retrouver la trace de la secte. Les adeptes l'attendent...

La critique de Mr K : Retour dans la planète terreur de chez Presse Pocket avec cet ouvrage qui fait la part belle à l'angoisse et au mystère. Un petit plaisir coupable comme je les aime, idéal pour les vacances (celui-ci a été lu cet été), une lecture sans prétention qui n'invente pas le fil à couper le beurre, un livre qui ne prétend pas être un classique mais qui se révèle globalement efficace dans son genre.

Barbara a dû se reconstruire par le travail suite à la disparition tragique de sa fille, elle que la vie n'a déjà pas épargné avec la mort prématurée de son mari lors de sa grossesse. Angela a été enlevée à son école puis retrouvée morte assassinée. Le deuil est très difficile à supporter pour l'héroïne qui se sent responsable. 9 ans après, la traductrice est devenue agente d'écrivains, elle mène désormais sa barque d'une main de maître. Un coup de téléphone à priori anodin va bouleverser la nouvelle existence qu'elle s'est efforcée de construire du mieux qu'elle peut. Sa fille semble être revenue d'entre les morts et tente de la recontacter ! Commence alors un jeu du chat et de la souris, une enquête à haut risque qui ira de révélation en révélation.

On rentre dans le vif du sujet très vite avec ce roman qui commence fort avec le coup de fil d'outre-tombe et quelques flashback bien sentis sur la vie que menait Barbara avant le drame. Tout est prêt pour la grande bascule et quand celle ci se déclenche, tout semble échapper à Barbara qui perd ses moyens et s'enfonce dans une spirale infernale. Elle va devoir démêler le vrai du faux entre espoirs et fausses pistes, et enquêter sur une mystérieuse secte, composée d'anonymes, extrêmement bien organisée et qui laisse peu de traces voir aucune. Elle ne peut compter que sur elle même et un ami proche. La menace au fil des pages se fait plus insidieuse et le final révèle bien des vérités, pas forcément faciles à accepter.

Bien rythmé, La Secte sans nom se lit d'une traite alternant de manière régulière des passages stressants avec des immersions bien senties dans l'esprit des personnages qui sont plus qu'éprouvés par les événements du livre. Les rapports entre les différents protagonistes sont très bien rendus notamment les changements qui s'opèrent chez Barbara : activ woman sûre d'elle, le passé qui ressurgit va la transformer et fêler le personnage qu'elle s'est bâtie. Prise entre le remord et le fol espoir de revoir sa petite fille, elle va vraiment devenir borderline et les passages concernés sont vraiment saisissants de réalisme. Intéressant aussi le personnage de Ted, son ami divorcé qui jongle entre sa vindicative ex femme et l'étrange histoire dans laquelle il se retrouve plongé. Ces deux là semblent s'engluer dans une toile d'araignée qui les dépasse. Un climat de paranoïa s'installe durablement chez eux et contamine irrémédiablement le lecteur, ravi d'être pris en otage.

Au final, on passe un très bon moment malgré quelques scories narratives qui ralentissent parfois le déroulé de la narration (répétition inutile d'exploration de demeures abandonnées notamment) et un manque de développement autour de la secte, ses origines et ses pratiques. A ce propos, rien de vraiment satanique chez elle (mêmes si les pratiques sont horribles je vous l'accorde). Malgré tout, La Secte sans nom se lit très bien et on en ressort satisfait. Une bonne lecture détente-neurone en somme.