dimanche 20 janvier 2019

Premiers craquages de 2019 !

Et oui ! 2019 a débuté depuis peu et nous avons déjà craqué en matière d'ouvrages d'occasion. Bon en fait, surtout moi, mais cela ne vous surprendra pas, Nelfe a toujours su être plus raisonnable que moi en la matière. Mais bon, on ne se refait pas et comme je ne crois pas aux résolutions de début d'année, je n'avais rien promis... Vous retrouverez dans ce post des articles dégotés à prix vraiment très bas dans notre recyclerie locale et dans notre très achalandé Emmaüs, deux hauts lieux de chinage qui décidément nous déçoivent rarement ! Regardez-moi ça !

Ensemble janv 19

De belles prises, non ? Pour éviter de définitivement plomber ma PAL qui dépasse allégrement les 200 ouvrages dormants, j'essaie désormais d'aller vers des auteurs et des ouvrages que je souhaite absolument lire. Ça réduit un peu le degré de tentation même si ça ne permet pas d'éviter tous les écueils. Le butin est en tout cas bien alléchant et je m'en vais vous le présenter en détail !

Contemporain janv 19
(Ouvrages contemporains en pagaille)

- Les Vivants et les morts et La Brigade du rire de Gérard Mordillat. Un auteur que j'adore et sur lequel je fais coup double ! Je suis justement en train de lire son dernier (Ces femmes-là) qui dépote. J'aime la langue simple et truculente de l'auteur, son engagement à gauche et sa façon d'aborder les problèmes sans fioriture. Typiquement le genre de littérature qui me parle, fait réfléchir et donne du baume au coeur dans un monde devenu fou à mes yeux. Ils ne resteront pas longtemps dans ma PAL même si je vais essayer d'espacer mes lectures pour éviter l'overdose.

- Dans l'or du temps de Claudie Gallay. Une autre auteure que j'affectionne tout particulièrement. Depuis ma lecture enthousiaste des Déferlantes, dès que je vois un Claudie Gallay trainer dans un bac, je ne peux pas résister ! Elle nous raconte ici la rencontre improbable entre un homme père de famille et une vieille dame singulière qui va finir par se confier sur sa vie passée haute en couleur. On peut compter sur l'auteure pour nous dévoiler des personnages attachants et profonds, raconter les fêlures intimes voir l'indicible au détour d'un récit enlevé. Hâte d'y être !

- Hors d'atteinte d'Emmanuel Carrère. Encore un auteur que je pratique régulièrement et qui ne m'a jusque là jamais déçu. Il nous propose dans ce roman de suivre Frédérique, une prof de collège qui va tomber dans l'addiction au jeu et remettre sa vie au main du hasard par pur défi. On peut compter sur Emmanuel Carrère pour nous proposer un récit vertigineux à partir d'un point de départ basique. Je pense que ce sera encore une lecture plaisante.

- Comment j'ai raté mes vacances de Geoff Nicholson. Voici ma prochaine lecture, j'ai enfin réussi à trouver un ouvrage fun et décalé. J'enchaine les lectures sombres et pessimistes, il est bon aussi de bien rigoler parfois un livre à la main ! Croisement entre Tom Sharpe et les Marx Brother, l'auteur nous invite à passer des vacances en compagnie d'Éric et sa famille. À priori, rien ne se passe comme prévu et l'on croise un nombre impressionnant de personnages plus branques les uns que les autres. M'est avis que ça devrait me plaire ! Je vous en reparle très bientôt sur IG!

Imaginaire janv 19
(Pour quelques livres de genre en plus...)

- L'Oeuf du dragon de George R. R. Martin. En attendant que le maître incontesté de la lenteur d'écriture nous offre ENFIN la conclusion de sa saga, je suis tombé sur ce petit volume se déroulant avant Le Trône de fer. Ça me fera patienter et je suis impatient de passer quelques temps en compagnie du chevalier sans terre et surtout de son écuyer, un certain Aegon Targaryen ! Conspiration, baston et voyages en terres lointaines sont au programme. Ce volume ne restera certainement pas bien longtemps dans ma PAL, Westeros me manque trop !

- Druide d'Oliver Peru. Voici un volume qui m'avait fait de l'oeil plusieurs fois lors de nos séjours successifs aux Utopiales. Le hasard fait donc bien les choses, j'ai hâte là aussi de me plonger dans la lecture de cet ouvrage de fantasy mettant en lumières le culte druidique, protecteur du monde. Un crime va remettre tout en cause provoquant le chaos et le désordre. Précédé d'une excellente réputation, cet ouvrage promet beaucoup. Qui lira, verra!

- L'Univers en folie de Fredric Brown. Petit détour par la science fiction avec un auteur qui n'est plus à présenter et qu'il fait bon fréquenter régulièrement quand on est fan du genre. Suite à un accident lors d'un lancement de fusée, un journaliste renait dans un monde parallèle où il va devoir se confronter puis conjuguer avec son double. L'expérience promet d'être fascinante et complètement décalée.

- Le Djinn de Graham Masterton. Un petit ouvrage de terreur enfin avec un Graham Masterton auquel je ne peux pas résister non plus ! Un objet ancien venu de l'autre bout du monde, un esprit malveillant qui ne demande qu'à être libéré, une obsession dangereuse, un auteur aimant la démesure et à l'écriture addictive... Ce sont les ingrédients idéaux pour fournir un bon récit fantastique et gore. Le genre de lecture-récréation qui ne se refuse pas !

Thriller janv 19
(LA trouvaille de Nelfe !)

- Les Morsures de l'ombre de Karine Giébel. Une auteure que ma douce a découvert sur le tard mais qu'elle a beaucoup apprécié sur sa première lecturede Toutes blessent la dernière tue (chronique à venir quand elle le voudra bien...). Nelfe est une grande amatrice de thriller devant l'éternel, nul doute que cette histoire d'homme mis en cage suite à un RDV amoureux va lui plaire. On nous parle en quatrième de couverture de frontières floues entre bourreaux et victimes, de hasard inexistant et de psychologie torturée... Purée ça promet !

Au final, on n'est pas peu fiers de nos achats. Malgré une grille de sélection plus resserrée, on a vraiment de très bons dealers de livres de seconde main dans notre secteur et cela promet encore de très bonnes heures de lecture. La PAL ne s'en porte pas mieux mais que voulez-vous, quand on aime, on ne compte plus! Suite au prochain numéro, lors des chroniques à venir dans les jours, semaines, mois et années à venir !


vendredi 18 janvier 2019

"La Mort vivante" de Stefan Wul

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L'histoire : Loin de la terre désertée, Joachim désire poursuivre des recherches biologiques en un temps où le Consistoire l'interdit, car, désormais, la hiérarchie religieuse a reconquis sa toute-puissance.

Il fuira donc une planète d'exil pour poursuivre ses travaux en toute liberté.

Martha a vu mourir sa fille. Elle dispose de la puissance et de la fortune. Joachim ne peut ressusciter la fille de Martha, mais, peut-être est-il en son pouvoir d'en créer, l'exacte réplique.

Au risque de déchaîner La mort vivante.

La critique de Mr K : Petit trip revival SF avec La Mort vivante de Stefan Wul. Dégoté à notre Emmaüs préféré pour un prix modique, j'aime à l'occasion replonger dans des ouvrages des années 70. On y trouve souvent une fraîcheur dans l'écriture et des thématiques transgressives de bon aloi dans notre époque actuelle bien trop sage à mon goût et plutôt dans une optique réactionnaire depuis quelques temps. Dans cet ouvrage, il est question de recherche scientifique et notamment de la notion de Création. À la manière d'un baron de Frankenstein dont la créature lui échappe, Joachim est lui aussi un Prométhée mais des temps futurs ! Sous ses airs de ne pas y toucher et de série B littéraire assumée, ce livre va très loin et m'a ravi !

Joachim, un biologiste vénusien voit ses activités scientifiques bridées par la théocratie au pouvoir qui encadre sévèrement tous les aspects de la société au nom d'une foi unique et omnipotente. Le vieil homme s'en accommode malgré des regrets, il ne peut poursuivre ses travaux comme il le souhaite et sent bien qu'il est à deux doigts d'une découverte fondamentale. C'est dans cette période de doute qu'un étrange colporteur toque à sa porte et lui propose de lui vendre de vieux ouvrages mis à l'index par le pouvoir en place. Peu à peu se noue une relation faite d'attirance et de répulsion, le scientifique étant partagé entre son appétit inextinguible en matière de connaissances et la menace d'être mis au ban de la société à laquelle il appartient. De fil en aiguille, Joachim va apprendre l'existence d'une organisation basée sur Terre et dont fait partie le marchand itinérant.

Exilé de force par sa nouvelle relation, Joachim fait alors connaissance du chef de cette organisation : Martha. Endeuillée par la mort de sa petite fille suite à la morsure d'un animal venimeux, elle ne se remet pas de cette perte à priori irréparable... Joachim comprend mieux alors pourquoi il a été enlevé et mené sur Terre : il travaille justement sur une technique de reproduction asexuée, méthode de clonage qui s'offre comme une solution miraculeuse pour opérer la résurrection de la jeune disparue. À partir de tissus prélevés sur le cadavre, il va tenter l'impossible : rendre une fille décédée à sa mère. Tout paraît bien se passer au départ mais attention... à vouloir jouer à Dieu, on réveille souvent des forces insoupçonnées. Gare aux conséquences !

En 153 pages, l'auteur réussit le tour de force de nous proposer une histoire prenante, au suspens insoutenable et au sous-texte riche. Ne perdant pas beaucoup de temps pour planter le décor, le background et caractériser ses personnages, Stefan Wul privilégie clairement les événements, leur enchaînement et leur amplification. Quelle tension crescendo durant tout le roman ! Partant de la traditionnelle opposition entre Foi et Raison, les vingt premières pages sont un modèle du genre. On s'oriente ensuite sur un récit d'expérimentation scientifique à la manière du classique de Shelley évoqué en ouverture de chronique. Les meilleures intentions menant souvent au pire, l'expérience dérape et l'on ne sait plus à quel saint se vouer. Le clonage initial se révèle être vite être le truchement d'un être humain et quelque chose d'autre, une entité insatiable qui va grandir, grossir et dont on ne peut garantir le contrôle ! En parallèle par petites touches au milieu d'événements qui les dépassent, on explore aussi les destinées de Joachim et Martha entre amour naissant, affres de la parentalité et obsessions qui peuvent en découler...

Très série B dans son écriture, simplissime à comprendre au départ, aux deux-tiers on vire dans l'abstraction, le délire mental (la couverture m'avait déjà mis sur la voie...). Au delà du mythe du Prométhée à la sauce SF, c'est l'humanité, son libre-arbitre et sa soif de connaissance qui est ici questionnée. Quelles limites doit-on poser à la science ? La Foi apporte-t-elle toutes les réponses ? Le dénouement dramatique remet tous les compteurs à zéro et m'a paru d'une logique implacable et assez jouissive dans son genre. Sans concessions, ce roman laisse peu d'espace à l'espoir mais nous marque durablement par sa vision globale pessimiste d'une terrible actualité. Un très bon moment de lecture que je ne peux que conseiller à tous les afficionados de SF vintage. Stefan Wul a encore frappé !

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- Oms en série
- Le Temple du passé
- Niourk

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dimanche 30 décembre 2018

"Le Gang des rêves" de Luca Di Fulvio

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L'histoire : New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de "rêve américain". C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

La critique de Mr K : Voila un livre dont j'avais beaucoup entendu parler notamment sur IG. Une connaissance de ce réseau m'a proposé de m'envoyer le livre pour que je puisse à mon tour goûter à sa magie. Ne refusant jamais une découverte littéraire (surtout quand elle est précédée d'une très flatteuse réputation), je me lançais donc corps et âme dans la lecture du Gang des rêves de Luca Di Fulvio, roman fleuve aux accents scorcesiens qui m'a totalement emporté, ne me laissant pas le choix que de continuer inlassablement ma lecture de ce pavé de plus de 950 pages. Attention lecture hautement addictive en approche !

Tout commence en Sicile, où la jeune Cetta suite à un viol se retrouve enceinte et donne naissance au petit Christmas. Pour échapper à sa condition et au déshonneur, elle décide d'embarquer pour l'autre côté de l'Atlantique à la poursuite du fameux rêve américain qui semble exaucer tous les vœux. Mais entre le rêve et la réalité, il y a un monde âpre et difficile que la jeune italienne va devoir affronter. Très vite, des chapitres s'intercalent mettant en scène Christmas devenu un jeune garçon gouailleur qui commence à recruter d'autres âmes perdues pour former sa propre bande (les fameux Diamond Dogs), période charnière de sa vie où il va faire des choix cruciaux pour son futur. Il va notamment un soir rencontrer Ruth, une jeune fille juive violentée qu'il va sauver. C'est le début alors d'un amour fou, une passion inarrêtable qui hantera les deux protagonistes principaux, ceci durant toutes les pages du roman... car longue et tortueuse est la route menant au bonheur.

Je peux déjà vous dire qu'en terme de péripéties, le roman se pose là. Il s'en passe des vertes et des pas mûres durant cette lecture qui ne ménage vraiment pas son lecteur entre naïveté et cruauté, amitiés et trahisons, amour et haine, richesse et pauvreté... Très polarisé, ce roman nous plonge avec fracas et un grand talent dans le début du XXème siècle américain lors de l'éveil d'une civilisation qui va bientôt dominer le monde avec sa culture et ses industries. C'est ainsi que l'on commence au plus bas de l'échelle, à la hauteur du quartier de Christmas et de sa maman qui fait le tapin pour pouvoir nourrir son fils et espérer s'élever socialement. On enchaîne les passages rudes, la vie n'étant pas facile pour une majorité de personnes car l'envers du décor est peu reluisant. Derrière l'Amérique rêvée se cachent les tensions raciales, la corruption des forces de police, le règne des gangs, l'incurie des puissants et le machisme en vogue dans tous les milieux sociaux (chaque personnage féminin du roman le subit d'ailleurs à sa manière). Pour autant, on ne tombe pas dans le manichéisme bête et méchant, des passerelles s'opèrent entre les mondes décrits et des personnages évoluent énormément, ceci de manière nuancée et touchante (le cas de Sal est très éclairant en la matière).

C'est le grand point fort de ce roman : les personnages. Qu'ils soient repoussoirs ou attirants, ils ont tous un supplément d'âme, un traitement quasi amoureux de la part de l'auteur qui a voulu créer de toute pièce des personnages crédibles, des repères auxquels s'accrocher pour dérouler ensuite le récit foisonnant qui nous est proposé. Je ne m'attarderai pas particulièrement sur untel ou untel, tous m'ont fasciné à leur manière. Rien ne nous est caché au final, l'histoire mettant en valeur leur quotidien, leurs obligations, leurs rapports avec les autres dans toute leur complexité mais aussi leur psyché bien souvent tourmentée qui les travaille et provoque réactions et pulsions à de nombreuses reprises. On rentre vraiment dans leur esprit et cela donne au final une gigantesque toile d'araignée, remarquablement maîtrisée qui sert admirablement bien un récit d'une densité énorme et totalement prenante. S'étalant sur environ 20 ans, on a donc le temps de voir évoluer les personnages entre espoirs, déchéances, rebonds et révélations. Comme on est irrémédiablement pris par tout cela, inutile de vous dire que l'on devient très vite asocial et totalement accro. Je remercie au passage Nelfe pour sa patience...

C'est un livre qui nous parle obligatoirement en touchant droit au coeur. Il nous parle de la condition humaine, des tracas et énormes soucis qui peuplent notre vie (la peur du lendemain, les injustices sociales, la pauvreté et la précarité, les tensions sociales et raciales). Il nous raconte aussi une très belle rencontre d'amour avec une histoire romantique à souhait comme je les aime (le dernier acte m'a semblé un peu too much quand même), l'émergence de la radio et du cinéma (et en parallèle une description peu reluisante des mœurs en cours dans ses milieux, Weinstein n'a rien inventé loin de là), la montée en puissance de l'industrie US (en filigrane les progrès de l'automobile, le taylorisme et le syndicalisme) et de multiples thèmes annexes que je vous laisse découvrir par vous-même. Là encore, tous ces éléments ne sont pas gratuits, ils s'insèrent parfaitement dans la trame principale, l'enrichissant et lui donnant une dimension hors norme qui contribue au charme incroyable qui se dégage de cet ouvrage.

Pour être tout à fait honnête, ce livre n'a qu'un défaut. Il a un petit côté convenu avec des passages obligés, des clichés propres au genre. En fait, il y a peu de surprises dans le déroulé de la trame qui suit des chemins balisés. Pour autant, l'intérêt est toujours là, impossible de relâcher ce maudit ouvrage qui est diablement séduisant aussi par l'écriture employée. Simple, accessible, maligne, elle ne peut que séduire entre fraîcheur, verdeur parfois (il y a des passages bien olé olé !) et purs moment de poésie par moment. Elle suscite toute la palette d'émotions que l'on peut ressentir lors d'une lecture, à la manière des montagnes russes, on alterne plaisir pur et inquiétudes dans une immersion totale. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi c'est un des aspects de la lecture que je préfère et on peut dire que dans ce domaine, ce livre est une vraie petite bombe. Je confirme donc les pressentiment de nombres d'amis blogueurs à mon endroit : je rejoins le gang des Diamond Dogs. À qui le tour ?

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dimanche 9 décembre 2018

Petit craquage hivernal...

Aujourd'hui, chronique d'un petit craquage effectué la semaine dernière lors d'un passage impromptu dans notre Emmaüs préféré pas loin de chez nous. En théorie, vu l'ampleur de ma PAL, je ne suis pas sensé y mettre les pieds ! Mais bon... je n'allais pas laisser Nelfe y aller toute seule, elle avait absolument besoin de moi pour la conseiller en matière de pelotes de laine (je suis un expert sur cette question, c'est bien connu, on vient de loin pour me consulter...) car Madame aime aussi les loisirs créatifs et s'est prise d'une passion soudaine pour le crochet. Bref, impossible d'aller là-bas sans faire un petit tour au rayon livres qui est toujours fort bien achalandé... Voici le résultat en image !

Acquisitions dec 2018 ensemble

Je trouve que j'ai été plutôt raisonnable et croyez moi ce fut dur ! J'ai du laisser derrrière moi une bonne dizaine de titres qui m'intéressaient fortement... Mais il parait que la vie est une question de priorité, je rajouterai pour ma part que c'est une question de temps et de place à la maison! Nelfe sachant se montrer convaincante - et légèrement autoritaire aussi -, je mes suis concentré sur l'essentiel avec neuf titres très pormetteurs, Madame se contentant d'un seul livre (elle a toujours été plus light que moi niveau craquage, ça ne surprendra personne parmi nos habitués !). Et c'est parti pour les traditionnels commentaires des nouvelles acquisitions !

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(Petite sélection classique pour commencer !)

- Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas. Cela va en surprendre certains mais je ne l'avais pas à la maison alors que ce fut une de mes premières lectures de jeunot. Je le recherchais depuis des années en occasion ! En fait pour la petite histoire, j'ai choppé Vingt ans après d'Alexandre Dumas depuis déjà quelques années et que je n'ai jamais lu. Avant de le lire, je voulais absolument relire le classique de base pour pouvoir profiter au maximum de sa suite. C'est désormais chose possible et je me réjouis d'avance de ce re-reading et de ce qui va suivre.

- Le Voleur d'enfants de Jules Supervielle. Ma récente redécouverte de cet auteur via ma lecture de L'Enfant de la Haute mer m'a enthousiasmé (chronique à venir très prochainement) et ce roman venait à point pour continuer l'exploration de la bibliographie de Supervielle, cet auteur franco-uruguayen à la langue si poétique et si marquante. Pas de nouvelles donc au programme avec cet ouvrage mais un récit long sous forme de conte d'une enfance perdue et mélancolique.

- Les Fourmis de Boris Vian. J'ai du mal à résister à Boris Vian je l'avoue. Malgré une oeuvre inégale, il reste pour moi l'auteur du plus beau roman qui soit : L'Écume des jours (ne venez pas me parler de l'adaptation de Gondry que je trouve bof !). Il s'agit ici d'un recueil de nouvelles qui s'inscrivent, selon la quatrième de couverture, justement dans la veine de mon livre préféré. Je n'ai pas hésité deux secondes et j'adoptais immédiatement ce petit orphelin où l'on est sensé retrouver toute l'émotion, la verve, la fantaisie et l'insolence de Vian. Hâte d'y être !

- Madame Chrysanthème de Pierre Loti. Comme de nombreuses personnes avant moi, je suis tombé sous le charme de Pierre Loti avec son Pêcheur d'Islande qui malgré le temps qui passe reste un livre culte au charme indéniable. Basé sur ses voyages et expériences en Orient (il a été officier de Marine), cet ouvrage fait la part belle à la culture japonaise, la découverte de l'Empire du Soleil levant et à la rencontre avec une femme fantasmée qui devient bien réelle. Ce livre a tout pour me plaire !

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(Quelques ouvrage contemporains pour continuer...)

- Notre part des ténèbres de Gérard Mordillat. J'ai découvert Gérard Mordillat en tant qu'écrivain de roman l'année dernière avec son très bon La Tour abolie. On retrouve à priori la même verve et le même engagement bien à gauche avec cette histoire d'employés qui vont séquestrer en pleine mer les actionnaires de leur société. À priori, la peur change de camp ! Ce n'est pas pour me déplaire...

- Nouvelles chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin. Voila un volume que je recherchais aussi tout particulièrement depuis quelques années, c'était le tout dernier tome qu'il me manquait pour pouvoir me proposer un défi lecture de taille : relire toutes les chroniques à la suite l'été prochain ! J'ai adoré cette saga lors de sa découverte au début de mes études, il me tarde d'y retourner y faire un tour et de vous la chroniquer.  Trop content d'avoir enfin la collection complète !!!

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(Un petit passage dans la dimension SF...)

- Janua vera de Jean-Philippe Jaworski. J'ai beaucoup entendu parler de ce livre en 2008 lorsqu'il a reçu le prix du Cafard Cosmique. Ouvrage de fantasy réputé par sa densité et sa puissance évocatrice, il me tarde de suivre les aventures de héros dépassés par leurs tourments intérieurs, d'odieux complots et des destins contrariés. M'est avis qu'il ne fera pas long feu dans ma PAL celui-là !

- La Mort vivante de Stephan Wul. Typiquement, l'auteur auquel je ne peux résister, chacune de mes lectures précédentes de lui se sont révélées riches et sources de plaisir de lecture. Dans ce roman, Stephan Wul met en jeu l'opposition classique entre science et croyance religieuse. Joachim le héros est un biologiste talentueux qui fuit sa planète d'origine qui est frappée par un interdit religieux. Cet apprenti sorcier, qui cherche à créer la vie, veut se substituer à Dieu, mais cela se fera-t-il sans risque ? C'est tout l'enjeu de ce petit roman de 150 pages qui est diablement tentant !

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(La seule et unique acquisition de Nelfe)

- Les Larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Typiquement le genre de livre qui plait à ma douce : une héroïne au bout du rouleau abandonnée de tous, l'arrivée dans une communauté de réprouvés et l'entraide qui finit par s'installer mais ne garantit pas d'atteindre sans risque la stabilité et pourquoi pas le bonheur... Vu le sourire que Nelfe arborait en trouvant ce livre, je pense que ça va être une très chouette lecture pour elle.

C'en est fini de cet état des lieux qui fait la part belle aux livres espérés, aux valeurs sûres mais aussi aux découvertes intéressantes qui restent à confirmer. Les petits nouveaux vont donc aller rejoindre leurs compagnons de PAL dès maintenant et attendront sagement (et plus ou moins longtemps...) qu'on vienne les chercher pour les dévorer. Ce qui est sûr, c'est qu'ils finiront tous par être chroniqués !

mercredi 10 octobre 2018

"Petit traité sur l'immensité du monde" de Sylvain Tesson

petit traitéL'histoire : Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, escalade aussi les monuments à mains nues.
Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes.
Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.
Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.

La critique Nelfesque : Sylvain Tesson est quelqu'un que j'aime beaucoup. Autant pour ses écrits, ses réflexions, ses essais, son travail d'écrivain que pour l'homme qu'il est tout simplement. Il m'apaise, me donne à réfléchir et ses phrases résonnent incroyablement en moi.

Le lire n'est pas forcément chose aisée. Il est fortement conseillé de se poser, de se préparer à un moment d'introspection quand on ouvre un livre de cet auteur. Parfois, j'ai besoin de relire ses phrases plusieurs fois pour m'en imprégner, chacune étant fortement travaillée, mais ce qu'il dit est d'une telle justesse... Sylvain Tesson n'est pas homme à livrer ses sentiments de façons brutes et certains trouveront que cela manque de spontanéité. Ce n'est pas faux. Cependant, pour qui adhère à sa plume et à sa façon de voir les choses, il va directement à l'âme du lecteur. Personnellement, ça me touche et je n'aborde pas cet auteur comme n'importe quel autre. Il a vraiment une place à part. Je ressors de ses écrits un peu moins con qu'avant (c'est déjà pas mal), en entamant ou poursuivant une réflexion qui a du sens.

Bon mais trêve de blabla, parlons un peu de ce "Petit traité sur l'immensité du monde".

Comme toujours, les propos de Tesson sont ici très justes. Il nous livre ses pensées sur ses voyages, ses marches, son rapport à la nature. L'ouvrage est court (166 pages seulement) et on aborde différents types d'errance. Chaque chapitre traite une réflexion, revient sur une expérience, tire des leçons et on avance pas à pas. Déconcertant par moment car différent des autres ouvrages que j'ai pu lire de Tesson, ici on survole plus les choses. Cela est dû au format court et à une approche qui fait plus penser à la nouvelle qu'à l'ouvrage que l'on dévore de bout en bout. A déguster donc, en livre de chevet, un peu comme un ouvrage de développement personnel qui aide à y voir plus clair. Les propos perdent de leur impact si on lit avidement les chapitres les uns après les autres, nous noyant quelque peu dans des expériences sans lien apparent, si ce n'est ce besoin de vivre d'une façon opposée à la politique libérale et le monde capitaliste et consumériste que l'on nous sert chaque jour jusqu'à la nausée.

Voilà ce qu'est le "Petit traité sur l'immensité du monde" de Sylvain Tesson. Une marche à contre-courant de l'urbanisation quasi omniprésente, de l'asphalte et du béton. Une ode à la découverte, à la marche, à la connexion ou la reconnexion à la nature et à ce que nous sommes vraiment. Certains choisissent de partir sur les routes pour comprendre ce qui leur échappe, retrouver leur élément. Comme ce fut le cas par le passé avec les grandes découvertes et les expéditions vers l'inconnu. Tesson nous livre ici un essai d'une grande poésie à travers les grandes étendues sauvages, au sommet d'un arbre ou d'une cathédrale. Toujours en fuite et en quête. Un état d'esprit.

Livra'deux pour pal'Addict

J'ai lu cet ouvrage dans le cadre du challenge "Livra'deux pour pal'Addict".

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jeudi 2 août 2018

"Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra

 

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L’histoire : Algérie, années 1930. Les champs de blés frissonnent. Dans trois jours, les moissons, le salut. Mais une triste nuit vient consumer l’espoir. Le feu. Les cendres. Pour la première fois, le jeune Younes voit pleurer son père.

Confié à un oncle pharmacien, dans un village de l’Oranais, le jeune garçon s’intègre à la communauté pied-noire. Noue des amitiés indissolubles. Et le bonheur s’appelle Émilie, une "princesse" que les jeunes gens se disputent. Alors que l’Algérie coloniale vit ses derniers feux, dans un déchaînement de violences, de déchirures et de trahisons, les ententes se disloquent. Femme ou pays, l’homme ne peut jamais oublier un amour d’enfance...

La critique de Mr K : C’est toujours un grand plaisir de replonger dans l’œuvre de Yasmina Khadra. Certes c’est souvent éprouvant mais on a affaire à un grand auteur qui a un don incroyable pour la narration romanesque et en même temps pour porter un regard sans concession sur l’Homme et sa propension à vouloir asseoir son pouvoir par la violence et l’injustice. Ce titre ne fait pas exception, Ce que le jour doit à la nuit va explorer, à travers le récit de la vie d’un jeune garçon, la société algérienne coloniale puis son émancipation du joug français. Plus apaisé malgré un background pas facile, cet ouvrage a été dévoré en deux jours avec aucune possibilité de revenir en arrière.

Durant les près de 500 pages de l’ouvrage, on suit donc le destin contrarié du jeune Younès qui se voit très vite confié à son oncle par un père désemparé de ne pas avoir réussi à reprendre la main sur l’existence de sa famille après la perte de leurs terres ancestrales. De la pauvreté dont il est issue, Younès a appris à se contenter de peu et à toujours respecter les anciens et l’ordre établi. Timide, réservé, peu sûr de lui, grâce à ce nouveau cocon familial, il ne manquera de rien. Vivant dans l’aisance (mais sans exagération), il va aller à l’école et se construire un bel avenir professionnel, chéri et aimé par son oncle et sa tante qui ne pouvaient pas avoir d’enfants.

En parallèle, il va se constituer une bande de copains où règne l’amitié indéfectible ou presque... C’est l’époque des sorties, des conneries et de l’éveil des sens (scène très sympathique et emblématique de la visite au bordel). L’irruption de la belle Émilie qui cristallise les passions de tout le village va fissurer le tableau. Crispations, tensions, rivalités et trahisons vont s’enchaîner autour d’elle au grand dam de Younès qui par sa tendance à ne pas choisir, à ne pas s’engager va se compliquer la vie et au final passer à côté de sacrées bonnes choses. Au delà des drames intimes narrés, l’irruption des événements algériens, la guerre civile (parfois fratricide) vont rajouter une dimension supplémentaire à une histoire qui explore sans fard et avec justesse la vie d’une communauté qui évolue inexorablement malgré les vents contraires.

Avec Khadra c’est bien simple, il suffit de deux / trois chapitres pour se retrouver happé par le souffle de l’histoire. On s’attache très vite aux personnages (même le héros qui personnellement m’a agacé plus d’une fois) que l’auteur cisèle à merveille sans pour autant tartiner des pages et des pages de descriptions et de flashbacks. Quelques mots, un ou deux paragraphes et les voila propulsés sur la scène et les événements feront le reste. C’est vivant, bouillonnant et d’une grande fraîcheur. Bon, ils ne sont pas épargnés et ils prennent un certain nombre de coups mais ils restent vivants dans le sens où chacun à sa manière essaie de surmonter les drames et les tensions. Une vie humaine est tellement riche et les épreuves sont nombreuses, Khadra en aborde beaucoup dans ce roman fleuve s’étendant principalement de 1930 à 1962 date de l’indépendance algérienne: l’ascenseur social à l’épreuve des déterminismes sociaux culturels, la posture paternelle et la nécessité de la dépasser, l’amitié qui s’effiloche avec les épreuves de la vie, le mystère de l’amour et ses innombrables méandres (désir, jalousie, obstacles innombrables), la soif de liberté de toute une nation et l’incurie de la puissance coloniale avec la nécessité pour chacun de prendre position... Vous l’avez compris, l’Histoire fait ici partie intégrante des destins contés. Jamais envahissante mais toujours éclairante et révélatrice, elle densifie les traits et donne à voir un monde en pleine mutation.

Ce roman est aussi un très beau miroir sur la société algérienne de l’époque et sa course ensuite à l’indépendance. Très nuancé comme à son habitude, Khadra s’attache avant tout à transmettre une vision réaliste et profondément humaniste de ce pays au passé complexe et toujours douloureux encore aujourd’hui. Des bidonvilles d’Oran aux quartiers bourgeois, en passant par quelques incartades en Europe, cet ouvrage nous fait partager une ambiance, des mœurs et des coutumes parfois dépaysantes. L’immersion est totale, les images mentales se bousculent et procurent une expérience de lecture optimum sans temps morts ni passages rébarbatifs. Il faut dire aussi que l’auteur a toujours une aussi belle plume, accessible, souple et maline à l’occasion. Un pur bonheur de lecteur que je vous convie à découvrir au plus vite si ce n’est toujours pas fait !

Lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- L'Attentat
- Les Hirondelles de Kaboul
- Les Agneaux du seigneur

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mardi 24 juillet 2018

Incartade recyclage !

À l'occasion d'une après-midi soldes pour occuper une journée de mauvais temps (la seule depuis des semaines, yes !), Nelfe et moi nous sommes arrêtés zieuter à la recyclerie de Lorient. L'occasion pour nous de partir en quête de verres à pied que j'ai l'indélicatesse de régulièrement casser et qu'il faut donc renouveler. Nous sommes revenus broucouille à ce niveau là... Par contre, une fois de plus, le rayon livre s'est révélé fourni et quelques titres m'ont fait tellement de charme que je n'ai pas pu résister ! Jugez plutôt...

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- Histoires d'ici et d'ailleurs de Luis Sepulveda. Il m'est tout bonnement impossible de résister à cet auteur et comme ce recueil m'avait échappé jusque là... Sepulveda nous raconte le Chili à travers 25 courts contes, celui de l'après Pinochet que l'auteur redécouvre lors de son retour d'exil. Je m'attends à une belle claque entre humanisme, dénonciation de la dictature et regard naturaliste sur le pays natal.

- Le Riz de Shahnon Ahmad. Dur dur de résister à un ouvrage de chez Babel surtout que celui-ci a très bonne réputation. Chronique familiale sur la paysannerie asiatique, ce roman à valeur presque documentaire selon l'éditeur met le riz au centre de tout et quand les nuages de mauvais augures s'amoncèlent, on fait bloc pour survivre et continuer sa culture. On nous promet un roman haletant et envoûtant, faisant la part belle au cycle de la nature. J'ai bien hâte de m'y mettre !

- L'Heure des fauves d'Andrew Klavan. Voici le plaisir coupable de mon craquage, un roman de la collection Terreur de chez Pocket. L'histoire est bien étrange avec une femme qui disparait du monde au sens littéral, elle existe physiquement mais plus personne ne la connaît. D'ailleurs, il semblerait qu'un double ait pris sa place... Ubiquité ? Assassin ? Victime ? C'est un sacré mystère qui semble entourer l'héroïne. Il me tarde de démêler le vrai du faux.

- Le Soleil de minuit de Pierre Benoît. Récit d'un amour perdu puis retrouvé, je ne connais pas ce court roman d'un auteur que j'ai lu il y a longtemps et que j'ai à chaque fois apprécié (notamment le toujours très bon L'Atlantide). Le héros réussira-t-il dans ce roman à résister à la passion qui l'anime quand il revoit la belle princesse Armide ? Où va-t-il laisser tout tomber (famille, travail) pour succomber à la tentation ? Wait and read.

- La Maison des hommes vivants de Claude Farrère. Auteur méconnu mais talentueux, à cheval sur deux siècles, Claude Farrère a écrit nombre de bons récits fantastiques. Celui-ci est un des plus connus, je n'ai pas raté l'occasion de m'en porter acquéreur. Le  personnage principal navigue entre rêve et réalité, suite à une randonnée en pleine landes où les éléments semblent ligués contre lui, le voila prisonnier d'une étrange demeure où il ne semble plus maître ni de sa vie ni de sa mort ! Bizarre, bizarre... Le résumé vaut la peine de se pencher sur la question, non ?

- Chopin - Valses aux éditions Choudens. Vous n'êtes pas sans savoir que ma très chère Nelfe est pianiste depuis son plus jeune âge, quel ne fut pas son bonheur de tomber sur ces partitions d'un de ses compositeur préférés ! Bon, certains morceaux font doublon avec d'autres partoches déjà en sa possession mais voici une belle édition qui va venir enrichir sa petite collection !

Petit craquage donc mais de belles promesses dans les lectures à venir. J'aime aider au recyclage et cela donne bonne conscience... du moins si on ne regarde pas trop sa PAL qui grandit inexorablement !

mercredi 11 juillet 2018

Puces de Doëlan 2018 (29)

Comme chaque année, fin juin, se tenaient les Puces de Doëlan. Petit port typique sur la commune de Clohars-Carnoët dans le Finistère Sud que j'aime particulièrement, j'adore m'y promener à n'importe quel moment de l'année. Printemps, été, automne, hiver, à chaque saison son charme. La côte est magnifique et je ne m'en lasse pas. C'est donc tout naturellement que ce rendez-vous est inscrit dans notre agenda longtemps à l'avance.

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Toute la journée, on flâne à travers les étals dans ce cadre enchanteur. Allier notre amour de la chine, des découvertes livresques avec celui de la Bretagne, nous sommes aux anges. Et quand le soleil est aussi de la partie (comme à chaque édition), touristes et locaux sont contents et en prennent plein les yeux.

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Avec 120 exposants, il y a de quoi faire. Très peu d'étals pro, c'est vraiment le vide-grenier authentique qui permet de faire de bonnes affaires et l'ambiance familiale où on discute très facilement et échange sur nos passions (notamment littéraire, vous commencez à nous connaître) est très agréable.

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Plutôt qu'un long discours, je vous laisse profiter du cadre et de l'ambiance encore un peu avant de vous présenter les petits nouveaux qui ont rejoint notre bibliothèque. Si vous n'en avez pas assez, vous retrouverez des informations supplémentaires sur le coin et d'autres photos sur les billets des années précédentes et .

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Alors, alors ! Qu'est-ce qui a attiré notre attention cette année dans les bacs ? Des bouquins bien sûr ! Oh, quelle surprise ! Mais aussi une petite gourmandise découverte en fin de parcours (victime de son succès, j'ai été obligée d'être raisonnable).

Acquisitions 2

Comme d'habitude, j'ai été plus sélective que Mr K (il faut dire aussi qu'il a un rythme de lecture de malade). Voici mes acquisitions du jour :

Acquisitions 1

- "Watership down" de Richard Adams. Trop contente de le trouver en état neuf, la précédente lectrice n'ayant pas accroché (il y a encore son marque-page dans l'ouvrage), de mon côté j'en avais beaucoup entendu parler lors de sa traduction et sortie en France en 2016. Je ne m'y attendais pas du tout. Hop, je l'embarque !

- "Surtensions" d'Olivier Norek. Norek est un auteur que bon nombre d'amateurs de thriller aime beaucoup. Pour ma part, ne l'ayant encore jamais lu, c'est l'occasion de le découvrir.

- Et la lichouserie, comme on dit en Bretagne du côté de Quimper : de la confiture maison de cassis. Miam !

Et côté Mr K ? Une sélection éclectique :

Acquisitions 5

- "La Clé de l'abîme" de José Carlos Somoza. Un Actes Sud, il passe rarement à côté. Avec déjà un ouvrage de l'auteur, "La Caverne des idées", dans sa PAL, c'est ici la passe de 2.

- "L'Ecole des chats" de Kim Jin-Kyeon. On avait déjà acquis la suite il y a quelques temps, sans savoir qu'il s'agissait d'une saga. Surprise de tomber sur cette première intégrale. C'est bon, maintenant on a tout !

Acquisitions 4

- "Une Balle dans la tête" de Dan Simmons. Inconditionnel de l'auteur, forcément, un ouvrage non lu se retrouve directement dans le sac !

- "Sacré Bleu" de Christopher Moore. Même remarque que pour le roman précédent. Moore est un auteur que Mr K aime beaucoup. Hop, dans le sac !

- "La Triste fin du petit Enfant Huître" de Tim Burton. Madeleine de Proust pur jus !

Acquisitions 3

- "La Quête du Graal" et "Guerre des Gaules" de César. Typiquement le genre de bouquins à côté desquels je passe totalement mais l'historien du couple saute dessus. Enjoy !

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Encore une belle édition dans tous les sens du terme ! De belles choses à se mettre sous les yeux et de bonnes heures de lecture sous la dent ! J'espère que cette petite promenade littéraire et touristique vous aura plus. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot pour nous donner vos impressions, vos conseils sur tel ou tel livre à lire en premier. Ça prolonge le plaisir !

dimanche 15 avril 2018

"Envoûtement" de Ramsey Campbell

envoutement

L'histoire : Quand quelqu'un insiste pour garder une mèche de vos cheveux, ce n'est pas toujours par affection...

Queenie, une vieille femme hargneuse et possessive, a toujours persécuté ses nièces Alison et Hermione. Maintenant qu'elle est morte, tout devrait rentrer dans l'ordre. Mais, le jour des funérailles, on s'aperçoit que Queenie s'est fait enterrer avec un médaillon contenant des cheveux de sa petite nièce.

Bientôt la fillette commence à avoir un comportement étrange. Mais, quand on n'a que huit ans et que l'on ignore jusqu'au mot "envoûtement", comment échapper à l'emprise d'une morte ?

La critique de Mr K : Petite incursion horrifique aujourd'hui avec un de mes auteurs favoris dans le genre : Ramsey Campbell. Dans Envoûtement, il explore la thématique classique de l'emprise d'outre-monde à travers le prisme d'une cellule familiale en crise. Frissons assurés avec une dissection au scalpel des relations entre proches et quand on connaît le talent de l'auteur pour l'analyse psychologique des personnages, on ne peut que se régaler !

Tout commence avec le décès d'une vieille tante acariâtre. Queenie a toute sa vie mené la vie dure à ses proches, les assommant de sarcasmes et de réflexions désobligeantes. Lorsqu'elle meurt, le chagrin est donc limité dans la famille et c'est même pour certaines personnes un soulagement à peine voilé. Là où d'habitude la mort clôture une histoire, ici elle la débute avec Rowan la dernière née qui commence à se comporter bizarrement. En effet, Queenie n'a pas dit son dernier mot et semble avoir lancé un maléfice sur la petite fille. Au milieu des tensions familiales et des rebondissements à venir, elle change et ne comprend pas ce qui lui arrive. Lorsque tout bascule dans l'irréel, le lecteur ne sait plus à quel saint se vouer et bien malin celui qui découvrira la vérité avant la toute fin de l'ouvrage.

Composé de chapitres courts et par là même incisifs, ce roman se lit d'une traite. On rentre vraiment dans l'intimité d'une famille lambda avec ses soucis quotidiens qui peuvent de prime abord paraître négligeables mais qui finalement vont se révéler cruciaux quand les fils narratifs se nouent et se dénouent. Le couple parfait formé par Alison et Derek se révèle finalement bien fragile face aux événements inexplicables qui se précipitent, la belle harmonie cède bientôt la place à la suspicion et la méfiance quand Rowan change de comportement. De vieilles fêlures remontent à la surface, créant une ambiance délétère dans la famille et accentuant le désarroi des personnages de plus en plus livrés à eux-même.

Au centre du récit, Rowan se révèle un personnage très touchant dans sa lente descente aux enfers. Cette petite fille joyeuse et aimante a tout pour être heureuse : des camarades à l'école, des parents qui l'aiment et une envie de dévorer la vie sans pareil. Sur quelques chapitres, l'équilibre va se fragiliser et nous rentrons dans sa tête, partageons tout d'abord son étonnement puis sa peur. L'empathie fonctionne à plein avec cet être innocent qui se retrouve livré à une puissance démoniaque qui la ronge littéralement petit à petit. Rêves, cauchemars et réalités finissent par se confondre laissant Rowan dans une solitude intense où personne ne peut l'atteindre.

L'effroi atteint donc un certain paroxysme tant l'auteur se plaît à toucher au sacré, aux valeurs le plus positives pour ensuite les inverser pour mieux provoquer le malaise. Dans le domaine de la terreur, ce titre est une vraie réussite avec des passages vraiment inquiétants qui dérangent le lecteur dans ses certitudes. Seul bémol, une fin finalement plutôt convenue que j'aurais volontiers désirée plus sombre et jusqu'auboutiste. Mais ne boudons pas notre plaisir ici ; le roman est très bien écrit, bien rythmé et le suspens parfois insoutenable tient le lecteur en haleine jusqu'au bout. Un bon trip pour les amateurs !

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lundi 2 avril 2018

Craquage chez l'abbé (part I)

En février dernier, Nelfe et moi sommes allés chez notre abbé préféré pour fouiner un peu du côté des rayonnages de livres. Pour une première en 2018, on a fait fort ! La preuve, il faudra pas moins de deux billets pour vous décrire le butin en commençant aujourd'hui par les ouvrages appartenant au domaine de l'imaginaire au sens large. Regardez plutôt !

Acquisitions avril ensemble

Comme d'habitude, le hasard fait bien les choses et il y avait vraiment de quoi se régaler lors de notre visite avec des auteurs que j'affectionne et dont certains titres m'étaient encore inconnus et des découvertes vraiment intrigantes qu'il me tarde de faire lors de leurs lectures. Pas d'ouvrage pour Nelfe cette fois-ci, elles viendront lors du second billet sur les ouvrages de littérature plus contemporaine. Allez, c'est parti pour le grand déballage !

Acquisitions avril Denoel
(Le charme intemporel des couvertures vintage de la collection Présence du futur)

- Noô 1 de Stefan Wul. Un auteur auquel je ne peux pas dire non et qui propose bien souvent des oeuvres inclassables que certains aiment appelés "délires lucides" ou "surréalisme rationnel". C'est bien barré en tout cas et en matière de SF le Monsieur s'y entend. il est ici question de migration forcée à travers l'espace et de questionnements sur le pouvoir. Le héros réfugié sur une autre planète va connaître bien des déboires et se révéler à lui-même. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que cet ouvrage sera une belle expérience de lecture.

- Le Coeur désintégré de Théodore Sturgeon. J'adore cet écrivain et avec ce recueil de cinq nouvelles autour de l'amour, la haine et le coeur qui comprend tout, ce sera ma première incursion dans ses récits courts. J'ai hâte de m'y frotter tant chaque lecture de Sturgeon s'est révélée un délice de chaque instant entre vision neuve et écriture séduisante à souhait.

- Persistance de la vision de John Varley. Des nouvelles encore avec ce recueil qui m'a fait de l'oeil avec une quatrième de couverture faisant la part belle à l'immortalité possible grâce à l'ingénierie génétique. On imagine qu'au delà du progrès technique, ces trois textes seront l'occasion pour l'auteur (que je découvrirai lors de cette lecture) d'aborder des thèmes plus philosophiques comme la notion de morale et d'éthique mais aussi de désir et d'accomplissement de soi, des thématiques qui m'intéressent tout particulièrement lorsqu'on aborde le genre SF.

Acquisitions avril j'ai lu folio
(Un beau mix fort prometteur !)

- Visages volés de Michaël Bishop. Présenté comme une puissante métaphore de la colonisation, cet ouvrage met en scène un monde civilisé reléguant à la marge des êtres repoussants de par leur apparence physique. Le nouveau responsable de cette communauté honnie par les puissants va prendre au fur et mesure fait et cause pour eux, liant son destin au leur et devra faire face à une vérité que les humains ne sont pas forcément prêt à entendre. Un pitch accrocheur pour un roman à la très bonne réputation. M'est avis que je suis tombé sur une belle pièce littéraire !

- Mainline de Deborah Christian. Là encore, c'est le résumé du dos qui m'a séduit avec une trame se déroulant sur une planète aquatique dévolue au commerce sous toutes ses formes notamment les plus malhonnêtes. Au coeur de l'intrigue une femme-assassin aux pouvoirs très étendus dont celui de voir les futurs alternatifs qui s'offrent à elle. Mais tout pouvoir à son revers... Un roman de SF entre space-péra et cyberpunk, un mix intéressant à première vue qu'il faudra confirmer à la lecture.

- Cugel saga de Jack Vance. Ca fait un bon bout de temps que je n'ai pas lu un Jack Vance, auteur très prolifique qui m'a à chaque fois bluffé et complètement emporté avec lui dans des univers riches pour des voyages immersifs. Il est ici question de vengeance dans un univers fantasy avec son lot de sorciers, de magiciens, de voleurs et de royaumes en péril. Miam miam !

Acquisitions avril j'ai lu folio 2
(Roooooo, que de promesses encore !)

- Un Monde d'azur de Jack Vance. Même auteur mais dans de la SF pure et dure. Dans un monde sans consistance, fait d'océan, d'air, de soleil et d'algues, les habitants n'ont pas à se soucier de leur survie car la nourriture leur est distribuée en abondance à condition qu'ils nourrissent régulièrement le roi qui les protège. Mais ce dernier est-il un Dieu ou un monstre marin ? Drôle de résumé pour un ouvrage qu'il me tarde de découvrir lui aussi.

- Hérésie et Inquisition d'Anselm Audley. Ce sont les deux premiers tomes d'une trilogie de fantasy que je ne connaissais ni de nom ni de réputation. Le cycle se déroule sur une planète géante en grande partie recouverte d'océan où des fanatiques religieux tiennent le pouvoir d'une main de fer. Mais la résistance s'organise... C'est le genre d'achat coup de poker que j'affectionne. Qui lira, verra !

Acquisitions avril mix
(Un dernier mélange pour la route !)

- Pire que le mal de Jay R. Bonansinga. Un petit tour dans la dimension Terreur avec une histoire de stripteaseuse condamnée par un cancer qui guérit miraculeusement grâce à une technique d'auto-hypnose. La contre-partie est cependant inquiétante car elle semble avoir réveillé quelque chose d'épouvantable qui était en dormance depuis son plus jeune âge. Typiquement le genre de résumé qui me fait craquer, à confirmer lors de la lecture !

- La Magnificence des oiseaux de Barry Hughart. Un livre qui semble n'être qu'un pur délire mélangeant enquête, Histoire et éléments fantastiques. Impossible à résumer sans trahir une quatrième de couverture bien space. Décrit comme un mélange improbable (mais réussi !) du Juge Ti et de Terry Pratchett (deux références qui me parlent), j'attends de voir ce que cela va donner !

- La Malédiction des rubis de Philip Pullman. J'ai sauté sur l'occasion lorsque j'ai croisé la route de cet ouvrage. J'ai littéralement dévoré la trilogie de La Croisée des mondes et il me tardait de replonger dans un livre de cet auteur au talent immense. Il est ici question d'une jeune fille intrépide qui se retrouve seule dans le Londres inquiétant de l'époque victorienne et qui va devoir percer les secrets d'un rubis très convoité qui attise la mort autour de lui. Trop hâte d'y être!

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Voila pour cette première partie d'achats qui, vous en conviendrez, sont sources de promesses de lectures tantôt passionnantes tantôt intrigantes. Ils vont désormais rejoindre leurs petits camarades en attendant d'être choisis. Très vite, je vous reparlerai des acquisitions de cette session Emmaüs février 2018 avec le reste des ouvrages qui se sont faits adopter.