samedi 21 novembre 2020

Acquisitions sous confinement

L'envie m'a pris de passer commande de quelques ouvrages d'occasion en ce début du mois auprès d'une librairie parisienne spécialisée dans les livres de seconde main. Nelfe m'avait dit qu'elle avait lu sur le net que ce haut lieu de la tentation que je fréquentais assidûment lorsque j'habitais en région parisienne rencontrait des difficultés... alors si je peux à la fois les aider en apportant ma pierre à l'édifice et succomber par la même occasion à une tentation qui me démangeait depuis quelques temps (NOUVEAUUUUUX LIIIIIIIIIIIIIIIIVRES !), je n'allais pas me gêner ! Ma PAL est déjà fournie mais pas de culpabilité pour autant, côté SF c'est tout de même réduit, il était donc temps de l'achalander à nouveau.

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C'est donc un très beau butin que je vous présente aujourd'hui avec trois auteurs que j'aime tout particulièrement. D'ailleurs, si vous nous lisez depuis un certain temps, vous les avez sans doute déjà croisés plusieurs fois et souvent avec une chronique plus que positive voire dithyrambique. Entre Dan Simmons auteur US surdoué, le pape de la SF française Pierre Bordage et les récits de haute volée entre aventure et SF de Jack Vance, je pense que je vais me régaler. Voici une brève présentation de mes nouvelles acquisitions qui s'annoncent plus que prometteuses !

- Le Styx coule à l'envers de Dan Simmons. On commence avec ce recueil de douze nouvelles qui se propose de nous faire voyager jusqu'au bout de l'Enfer entre SF et fantastique. Je n'ai jusqu'à maintenant jamais lu cet auteur dans le format nouvelles. J'en ai entendu le plus grand bien et avec la quatrième de couverture bien barrée présentant des textes au contenu délirant (un parc d'attraction pour se rejouer la guerre du Vietnam, une nouvelle technologie qui a permis de vaincre la mort, la reconstitution de l'Enfer de Dante...), voila un recueil qui fait saliver.

- L'Abominable de Dan Simmons. Même auteur mais en version roman cette fois-ci avec ce titre qui me fait de l’œil depuis que j'ai lu des avis enthousiastes publiés sur IG, notamment celui de ma copinaute blogueuse Walpurgis. On se lance ici sur les traces du Yéti ni plus ni moins dans un thriller fantastique à priori très documenté et haletant. L'ambiance décrite entre folie humaine et expédition vouée à l'échec m'ont directement fait penser au très bon Terreur du même auteur et que j'avais dévoré. M'est avis que celui-ci ne fera pas long feu dans ma PAL !

- Résonances de Pierre Bordage. Cela faisait trop longtemps que je n'avais pas lu de roman de cet auteur que j'adore. Dans ce roman, Bordage revient au space opera, un sous-genre de la SF qu'il maîtrise sur le bout des doigts. Amour et aventure promettent d'être au RDV avec cette histoire de deux êtres que tout sépare et qui vont devoir s'associer. Trame classique chez l'auteur avec sans doute pour moi un grand plaisir de lecture entre voyage spatial, complot, capacités spéciales et religion. J'en m'en délecte d'avance.

- Mission M'Other de Pierre Bordage et Melanÿn. Même auteur mais en association cette fois-ci avec un scénariste bien connu du monde de la BD. Une jeune femme suite à une avarie sur son vaisseau spatial va se retrouver sur Terre, une planète désormais en ruine où personne ne semble avoir subsisté. Elle commence un terrible périple afin de retrouver d'éventuels survivants... J'imagine que les auteurs vont nous livrer un récit initiatique mitonné à la sauce post-apocalyptique. Avec le talent de conteur des deux hommes, ça promet !

- La Mémoire des étoiles de Jack Vance. À l'heure où j'écris ces lignes, j'ai terminé l'intégrale des Chroniques de Durdane du même auteur (chronique à venir). Je me suis tellement régalé une fois de plus que j'ai commandé celui-ci pour avoir toujours un Jack Vance d'avance -sic-. Lors d'une expédition ethnologique, un couple sauve un garçonnet de six ans d'une mort certaine et l'adoptent. Mais qui est ce petit garçon qui régulièrement semble habité par des visions et qui reçoit des messages télépathiques ? Un long voyage plein de révélations débute. Cet ouvrage est excellemment noté par mes collègues blogueurs, je n'ai donc pas hésité une seconde pour l'acquérir.

Beau programme, n'est-ce pas ? J'ai hâte de les découvrir, ce sera pour la fin du mois avec pour le moment deux titres qui se battent en duel pour avoir la primauté de la lecture. Et vous, par lequel me conseilleriez-vous de débuter ? Il n'y a rien à gagner si ce n'est la mention de votre nom dans la future chronique de l'ouvrage concerné. Hé hé !


samedi 12 septembre 2020

"Vongozero" de Yana Vagner

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L’histoire : Anna vit avec son mari et son fils dans une belle maison près de Moscou. Un virus inconnu a commencé à décimer la population. Dans la capitale en quarantaine, la plupart des habitants sont morts et les survivants – porteurs de la maladie ou pillards – risquent de déferler à tout instant. Anna et les siens décident de s’enfuir vers le nord, pour atteindre un refuge de chasse sur un lac à la frontière finlandaise : Vongozero. Bientôt vont s’agréger à leur petit groupe des voisins, un couple d’amis, l’ex-femme de Sergueï, un médecin... Le voyage sera long, le froid glacial, chaque village traversé source d’angoisse, l’approvisionnement en carburant une préoccupation constante.

La critique de Mr K : Cet ouvrage m’avait échappé lorsqu’il était paru aux éditions Miroboles en 2014. Et pourtant, Vongozero de Yana Vagner avait tout pour me plaire et il a fallu que je retombe dessus à la faveur d’une critique élogieuse sur un blogami pour que je repense à lui et que je me décide enfin à l’acquérir mais dans le format poche pour le coup. Oh que j’ai bien fait ! Voilà un ouvrage qui m’a bien scotché avec son ambiance post apocalyptique crépusculaire hyper réaliste et son traitement psychologique d’orfèvre. Accrochez vous, ça va chauffer au pays du grand froid !

Une épidémie sévit dans le monde entier, les morts se comptent en millions. Le virus (qui à certains égards rappelle le COVID19) s’étend inexorablement et les villes dont celle de Moscou sont mises en quarantaine. Anna vit en proche banlieue et voit un jour son beau père arriver à l’improviste pour prévenir son fils qu’il faut partir au plus vite, les gens paniquent et les pillards ne sont plus loin. La seule solution ? Fuir ailleurs, loin, très loin des hordes qui risquent de déferler. Avec son mari, son enfant, les voisins puis l’ex-femme et le premier enfant de son mari, les voila partis sur les routes vers un refuge possible, une cabane au bord du lac Vongozero situé dans la région nord du pays à la limite de la frontière finlandaise. On se doute bien que la folle équipée ne sera pas de tout repos...

Dans ce récit de survie qui décrit une fin du monde basée sur une crise sanitaire sans précédent, l’auteure prend son temps. Ne vous attendez donc pas à un rythme trépidant, à une accumulation de scènes chocs ou d’exploits individuels phénoménaux. C’est plus la description du voyage et des rapports psychologiques qui s’instaurent entre les protagonistes qui sont au centre de ce récit. Tous les personnages sont fouillés à commencer par Anna qui raconte l’histoire de son point de vue et n’hésite pas à nous faire partager ses pensées les plus profondes. Loin d’être lisse, cette héroïne doit accuser le coup : perdre du jour au lendemain sa maison, partager son intimité avec des étrangers et même l’ex de son mari. Les tensions apparaissent très vite, les caractères s’affirment, l’atmosphère devient lourde accentuée par les tiraillements de la faim, les dangers qui peuvent surgir à n’importe quel moment et la quête constante de carburant pour pouvoir avancer toujours plus loin et peut-être atteindre leur but.

On suit avec appréhension ce périple en voiture long de plusieurs centaines de kilomètres dans des conditions climatiques très difficiles (c’est l’hiver en Russie, il fait très froid vous imaginez !), les paysages semblent désertés, des villages et des villes sont livrées à elles-mêmes et au pillage. On se méfie de tout et de chacun, la contamination est toujours possible faisant monter d’autant plus un sentiment de crainte voire de paranoïa. Les obstacles sont nombreux et l’on s’y croirait, la narratrice racontant le moindre détail de ce voyage éprouvant, du quotidien de ses infortunés compagnons de voyage, quasiment aucune ellipse n’est employée ici, on suit donc l’action et le temps qui passe sans jamais rien rater. Certains trouveront cette lecture monotone, ennuyante (je l’ai aussi lu sur le net), j’ai trouvé cela hypnotique, assez novateur et proche dans l’esprit d’un La Route de McCarthy (un ton en dessous tout de même).

Vongozero se lit très facilement, j’ai aimé la souplesse et l’accessibilité de cette écriture très incisive et immersive comme jamais. Les 540 pages se parcourent à vitesse grand V et on en redemande. Ça tombe bien, il y a une suite, Le lac, qui s’annonce comme un huis clos sous haute pression. Je n’attendrai pas aussi longtemps que pour celui-ci pour le lire !

samedi 15 août 2020

"La Trilogie des magiciens" de Katherine Kurtz

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L’histoire : Tout commence lors d'une partie de chasse, quand Brion Haldane, le roi de Gwynedd, meurt d'une crise cardiaque, provoquée par une puissante magicienne derynie. Kelson, encore adolescent, succède à son père. Alaric Morgan, l'un des rares Derynis de Gwynedd qui ose afficher ses origines et ses pouvoirs, sait comment transmettre à Kelson les pouvoirs magiques inhérents à la charge royale dans la dynastie des Haldanes. Kelson en aura grand besoin : révoltes localisées, complots de certains nobles, emprise croissante de la hiérarchie religieuse... Mais au Conseil de Régence, Jehana, la veuve de Brion veut faire condamner Morgan comme traître et hérétique, afin que son fils ne perde pas son âme en étant corrompu par la magie derynie... Situé dans un Moyen Age alternatif, le monde est l'enjeu d'une lutte entre les humains et les Derynis race d'apparence humaine aux pouvoirs psi innés.

La critique de Mr K : Chronique mitigée aujourd’hui pour La Trilogie des magiciens de Katherine Kurtz, première intégrale d’une série de quatre du cycle des Derynis, nom d’une caste de magiciens aux pouvoirs étendus. Cet ouvrage était dans ma wishlist depuis bien longtemps, plus précisément depuis une conférence très intéressante sur les univers de la fantasy qui m’avait enthousiasmé lors de nos premières Utopiales. Malgré une lecture très rapide (4 jours pour 1054 pages), mon bilan est mi-figue mi-raisin avec un ouvrage vraiment prenant, un background bien fouillé mais finalement bien classique et même parfois ringard...

Tout commence comme dans la saga du Trône de Fer de George R. R. Martin avec un accident de chasse pas si fortuit que cela et un royaume qui se retrouve fragilisé. Le jeune prince Kelson va devoir asseoir son autorité avec l’aide de quelques compagnons de confiance, lutter contre des intrigants retors, le fanatisme religieux et la bêtise humaine. Ces trois volumes réunis en un font donc la part belle aux complots de toutes sortes avec en fond thématique l’éternelle quête du pouvoir qu’il soit temporel (le trône du royaume de Gwynedd) ou spirituel avec une lutte d’influence entre une église chrétienne expansionniste (si si !) et les Derynis pourchassés à cause de leur nature propre considérée comme déviante et dangereuse. Les rebondissements sont nombreux, chaque chapitre se dévore facilement et se termine toujours par une punchline ou une situation inextricable (ou du moins qui semble l’être) qui titille la curiosité du lecteur l’incitant fortement à poursuivre sa lecture.

Le récit se déroule dans un moyen âge parallèle. On retrouve les mêmes caractéristiques sociétales : la religion chrétienne et son clergé ; la noblesse, sa hiérarchie complexe et ses obligations morales et militaires. Le bon peuple lui ne semble être qu’un ramassis de moutons auxquels d’ailleurs l’auteure ne prête pas vraiment attention sauf pour souligner leur crédulité voire leur intransigeance envers les Derynis, fanatisés qu’ils sont par la religion dominante et les rites qui règlent leur existence. Les Derynis sont l’élément de fantasy central de cette trilogie. Ressemblant à s’y méprendre à des humains, ils possèdent des pouvoirs qui dépassent l’imagination à condition de savoir les utiliser (contrôle et exploration de l’esprit, guérisons, sorts d’attaques, convocation d’esprits et de créatures...). Ces capacités font peur, attisent la jalousie et a provoqué quelques décennies avant ce récit une véritable chasse aux sorcières marquée par de nombreux massacres et actes immondes commis par des humains se sentant menacés et totalement manipulés par les détenteurs de la sainte morale. Depuis, les Derynis vivent en fugitifs, soit cachés soit ignorants de leur condition, de leur don. La question de leur coexistence avec les humains, la notion de respect et de reconnaissance de l’autre rajoutent une dimension sympathique à l’ensemble même si on reste avant tout dans un ouvrage purement récréatif.

Durant la lecture, on constate qu’il y a peu de descriptions des grands espaces traversés par les personnages (il y a par contre une carte des lieux en début d’ouvrage, yes !). Ici, on évolue plutôt dans les palais, les villes et les forteresses où se jouent alliances et complots. Cela m’a désarçonné et un peu déçu, l’univers entraperçu est foisonnant et j’aurai apprécié avoir plus de détails sur la nature environnante, un aspect plus naturaliste qui aurait complété à merveille le reste. J’ai déploré aussi le fait qu’il n'y ait qu’une seule scène de taverne sur plus de mille pages ! Une vraie hérésie à mes yeux pour un ouvrage de fantasy ! Bon, l’ensemble est tout de même pas mal réussi à commencer par les personnages qui sont plutôt attachants et l’on tremble bien souvent pour eux (faut dire qu’ils cumulent les ennuis tout de même!). Morgan et Duncan sont mes préférés, ces deux êtres entre deux mondes sont des victimes de choix pour tous les fanatiques, les épreuves seront bien nombreuses. Ça bastonne aussi sévère par moment (à la mode Moorcock ou Howard) et la magie a toute sa place avec effets sons et lumières garantis et des invocations rimées du plus bel effet. Franchement, on passe plutôt un bon moment.

Malheureusement, l’ouvrage a des défauts qui l’empêchent de côtoyer les cieux littéraires où résident les meilleurs auteurs du genre comme Tolkien, Martin, Moorcock, Howard ou encore Sapowski. D’abord, l’auteure se complaît à décrire la moindre tenue portée par tous ses personnages, ce n’est pas inintéressant en soi mais quand ça devient systématique, cela n’apporte pas grand-chose à l’ensemble et relève plus du remplissage roboratif. Plus grave, par moment l’auteur verse dans le mélo type Harlequin (genre littéraire que je ne goutte guère) avec des personnages secondaires ampoulés et niaiseux qui ridiculisent quelque peu le récit, ainsi la sœur de Morgan est un bel exemple de personnage plus qu’agaçant qu’on a envie de dessouder au plus vite. Et puis surtout l’ensemble est très classique, sans réelle surprise et les fins abruptes laissent un sentiment d‘inachevé légèrement frustrant.

Reste cependant un bon moment de lecture-détente, La Trilogie des magiciens n’est pas un classique ou alors elle est à réserver à de jeunes lecteurs qui désirent commencer à découvrir ce genre. Ce n’est pas prise de tête, ça se lit vite et on prend tout de même plaisir à explorer ce monde pas si éloigné du nôtre dans les thématiques qu’il développe. Je reste réservé quant à mon envie de poursuivre avec les trois autres volumes du cycle... Dans le genre, il me reste nombre de classiques que je n’ai pas encore lu et qu’ils n’attendent que moi. Wait and see !

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jeudi 9 juillet 2020

"La Lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry" de Rachel Joyce

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L’histoire : Jeune retraité à la vie bien rangée, malmené par une épouse exaspérée par le moindre de ses gestes, Harold Fry reçoit un matin une lettre de Queenie, une vieille amie perdue de vue qui lui annonce sa mort prochaine. Une lettre à laquelle Harold s’empresse de répondre mais qu'il ne postera jamais.

Mû par l'intuition qu’il doit remettre cette lettre en main propre à son amie et que, tant qu’il marchera, elle vivra, sans boussole ni carte, sans téléphone ni chaussures de marche, Harold entame une traversée de près de 1 000 km à travers l'Angleterre.

L’occasion pour lui de réfléchir sur sa vie : son enfance douloureuse entre un père alcoolique et une mère absente, sa relation avec sa femme, Maureen, et leur première rencontre, ses rendez-vous manqués avec son fils David, sa vie professionnelle ratée, l’alcool, Queenie... Le destin d’un homme ordinaire prêt à traverser à pied un pays tout entier sur la seule certitude qu’il peut par ce geste sauver son amie.

La critique de Mr K : Lecture coup de cœur aujourd’hui avec un roman qui m’a captivé du début à la fin procurant une addiction incroyable qui m’a laissé totalement sidéré en le refermant. Je ne m’attendais pas à être autant accroché par La Lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry de Rachel Joyce et pourtant... Derrière une histoire qui a l’air toute simple (quoique étrange je vous l’accorde), ce roman est de ces œuvres que l’on dévore littéralement, l’engrenage est vraiment terrible et il est tout bonnement impossible d’y échapper.

Un sexagénaire tout ce qui a plus de commun mène une retraite plutôt sans histoires. Harold n’a pas eu une vie remarquable en soi, sa carrière professionnelle s’est révélée chaotique et anecdotique, il n’a jamais vraiment réussi à créer un lien fort avec son fils et son épouse semble ne plus le supporter. C’est donc la réception d’une lettre d’une amie qui va donner un coup de pied dans la fourmilière. Atteinte d’un cancer en phase terminale, elle est à l’agonie. Harold lui répond mais sur la route le menant à la boite aux lettres, il décide de partir à pied, de traverser le Royaume-Uni du Sud au Nord pour lui porter son pli en main propre, persuadé que le sachant sur la route pour la rejoindre, elle va gagner du temps dans sa lutte contre la Faucheuse. Un voyage initiatique démarre pour Harold qui au fil des miles, de ses observations et de ses rencontres fait le point sur son existence. Il en va de même pour Maureen sa femme restée à la maison et totalement dépassée par cette décision subite. Au fil des pages, de l’alternance des points de vue, le voile se lève sur ce couple, sur les motivations et réactions de chacun, livrant au final des vérités bien senties et une résolution qui m’a ému aux larmes.

Ce roman est une merveille de construction. Le rythme est plutôt lent au départ, le temps pour l’auteure d’installer les forces en présence. Sans livrer beaucoup de détails, on assiste au quotidien d’Harold en un premier chapitre qui plante bien le décor. On se dit alors que l’on a bien compris la logique de fonctionnement d'un couple à bout de souffle. C’est sans compter les omissions et ellipses invisibles qui sont en jeu et qui vont se révéler au fil de la lecture. Les apparences sont ici bien plus trompeuses qu’on ne le croit et au final, diablement malin est celle ou celui qui devinera les tenants et aboutissants de la relation entre Harold, Maureen et leur fils David. On se fait vraiment bien avoir dans cette affaire. Je me suis pris à juger très vite des personnages, à les percevoir sous un mauvais jour et toutes les pistes envisagées se sont avérées fausses ou du moins tronquées d’un élément essentiel que Rachel Joyce assène à un moment où on ne s’y attend pas.

Il faut dire qu’elle s’y entend en terme de caractérisation des personnages. Pas simplement le trio familial, le voisin Rex et même tous les inconnus qui vont croiser la route d’Harold apportent leur pierre à l’édifice et se révèlent tous très fouillés. Ce voyage est en fait le prétexte d’une grande remise en question, d’une introspection prolongée pour Harold. Par touches successives, au gré de rencontres clefs, d’observations de la nature, Harold change. Ce voyage éprouvant ne l’est pas seulement physiquement, psychologiquement il va subir des chocs violents, se révéler à lui-même et évoluer à sa manière. Il prend conscience de ses manquements, revient sur des passages clefs de son existence. Il réfléchit à son couple et sa relation avec Maureen, à son fils qu’il n’a jamais compris, à sa relation avec Queenie aussi (la fameuse collègue condamnée par la maladie). Ce cheminement mental est passionnant, mené de main de maître comme d’ailleurs le processus qui s’opère en parallèle chez sa femme. Ces deux-là souffrent et très vite le lecteur est submergé par des émotions contradictoires, durables qui le maintiennent captif de ces pages au charme impressionnant.

Les pages se tournent toutes seules grâce à la magie des mots et le sens aigu de la narration que possède l’auteure. Quand on sait que c’était un premier roman à sa sortie, ça a de quoi épater ! J’ai adoré ce roman, je trouve que dans son genre, il fait partie des meilleurs que j’ai pu lire. Je ne saurais donc trop vous le recommander.

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dimanche 21 juin 2020

Acquisitions post-confinement

Le confinement a été l'occasion pour beaucoup d'entre nous de réaliser des travaux, des choses qu'en temps normal on remet toujours aux calendes grecques. Le bricolage très peu pour moi, je me suis donc concentré sur Little K, le jardinage et sur ma PAL notamment la partie encartonnée qui se trouve dans le grenier. À cette occasion, je me suis rendu compte que certains titres ne correspondaient plus à mes attentes de lecteur ou que d'autres faisaient partie de séries incomplètes. Il était temps de mettre de l'ordre, d'écarter les livres dont je veux me séparer pour ensuite pouvoir les mettre à disposition dans les boîtes à livre du secteur quand elles seront de nouveaux accessibles. 

L'excuse était toute trouvée pour passer commandes d'ouvrages que je souhaitais lire depuis un petit moment. Étant adepte des livres de seconde main, je suis passé par une boutique de livres d'occasion (référence parisienne ultime dans son domaine), qui pratique de surcroît la vente à distance. Je suis resté plutôt raisonnable comme vous allez le voir et j'ai pu regarnir ma PAL dans des genres qui commençaient à être sous-représentés. Suivez le guide !

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- L'Inclinaison de Christopher Priest. Je vous ai parlé récemment de ma découverte d'un volume du cycle de l'Archipel du rêve avec le très bon ouvrage La Fontaine pétrifiante. Je n'ai donc pas pu résister à l'envie de m'y replonger avec encore une fois ici une histoire de double et de temporalité modifiée entre deux mondes parallèles et dissemblables à la fois. Histoire d'une descente aux enfers d'un compositeur de musique à bout de souffle, je ne doute pas un moment du plaisir de lire que je vais pouvoir ressentir, Christopher Priest ne m'a jamais déçu tant par son écriture unique que les thématiques qu'il peut aborder. Chouette, chouette, chouette !

- Vongozero de Yana Vagner. Il s'agit d'un survival russe sur fond d'épidémie galopante où l'on suit un groupe de personnes éclectiques qui part vers le lac qui donne son nom à l'ouvrage pour y trouver refuge. Cet ouvrage m'avait échappé lors de sa sortie en broché aux éditions Miroboles. Le tort est désormais réparé avec un roman très prometteur où l'on sauve sa peau au prix de son humanité et où la psychologie des personnages est poussée à son paroxysme. Vu mon goût prononcé pour la littérature russe de genre, je pense que je vais passer un bon moment.

- La Trilogie des magiciens de Katherine Kurtz. Il était plus que temps que j'étoffe ma réserve de romans de fantasy, un genre que j'aime beaucoup et qui permet bien souvent une évasion immédiate. Ce premier recueil d'une oeuvre plus que conséquente (quatre trilogies qui se suivent dans le cycle de Derynis) me faisait de l'oeil depuis longtemps, plus précisément depuis nos premières Utopiales où l'oeuvre de Katherine Kurtz avait été cité lors d'une conférence mémorable sur les mondes imaginaires de la fantasy. J'ai franchi le pas, ce sera ma lecture de notre séjour estival dans le Périgord chez ma belle-famille. Hâte d'y être !

- Les Résidents de Maurice G. Dantec. C'était l'un des derniers ouvrages qui me restait à lire de cet auteur que j'adore, ce n'est pas pour rien que je l'avais intégré à mon "onze de rêve" en terme de littérature. Il revient ici avec un roman bien noir qualifié d'oeuvre totale dont la quatrième de couverture bien tordue m'attire comme un éphémère sur une ampoule brûlante. Trois déglingos de la vie progressent tous vers un centre secret d'expérimentation où pourrait bien se joindre l'avenir de l'espèce humaine. Écriture unique, obsessions de l'auteur seront je n'en doute pas au RDV pour mon plus grand plaisir. Wait and read.

Voici donc les quatre beaux ouvrages qui intègrent ma PAL qui bien que délestée, comme dit précédemment, reste assez conséquente. Espérons qu'avec l'âge et la paternité (en ce jour si particulier), je réussisse à me garder de mes errements passés et à juguler mes crises de manque en terme d'acquisitions littéraires compulsives. L'espoir fait vivre, paraît-il.....


lundi 18 mai 2020

"Sphinx" de Christian Jacq

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L’histoire : Ils sont neuf.
Neuf représentants d’une confrérie mystérieuse dénommée Sphinx.
Neuf détenteurs des secrets de la vie, disséminés à travers le monde.
Neuf condamnés à mort par les nouveaux maîtres de la technologie, adeptes de l’argent-roi, dont l’objectif fait froid dans le dos : la prise de contrôle définitive du cerveau humain par les machines. Depuis New York ces derniers ont engagé une traque implacable pour éliminer, un à un, les membres de Sphinx.
C’est compter sans la détermination d’un journaliste écossais, Bruce Reuchlin, redoutable enquêteur, prêt à prendre tous les risques pour déjouer leur plan diabolique.
Pour Bruce, désormais, chaque pas est un danger de mort. Plus il avance dans son enquête, plus la question l’effraie :
Qui gouverne vraiment notre monde ?

La critique de Mr K : Je ne peux pas me vanter d’avoir l’apanage du bon goût mais au moins d’habitude je choisis plutôt bien mes lectures... Mais voila, Sphinx de Christian Jacq était un cadeau qu’on m’a offert il y a déjà pas mal de temps et c’est la moindre des choses de tenter l’expérience. Pour la petite histoire, je suis allergique à cet auteur que je n’ai jamais trouvé crédible dans ses fictions historiques se déroulant en Égypte ancienne, la faute essentiellement à mon côté intégriste quant il s’agit d’Histoire avec un grand H. Cet ouvrage échappant à cet univers, je me disais que c’était l’occasion peut-être de découvrir cet auteur sous un autre jour. Pour le coup ça a été le cas, j’ai rarement lu quelque chose d’aussi mauvais...

L’histoire a pourtant tout me plaire. J’aime l’évasion, le easy-reading à l’occasion si c’est bien ficelé. Un à un, des membres d’un groupuscule très ancien sont sauvagement assassinés aux quatre coins du globe. A priori ils gêneraient la bonne marche du progrès et notamment celui concernant le contrôle du cerveau humain par l’IA, rien que ça ! Deux amis tentent d’enrayer le massacre et essaient coûte que coûte d’empêcher ce plan terrifiant d’aboutir. La lutte est féroce et l’issue très incertaine.

Je commencerai tout d’abord par le seul point positif, la gestion du suspens. Chapitres courts, éléments distillés au compte-gouttes et autres recettes des bons page turner sont au rendez-vous, j’ai lu le livre en trois jours malgré un agacement montant crescendo. Malgré de nombreuses scories, l’auteur s’y entend pour attiser la curiosité et nous obliger à lire la suite. Dommage que la fin soit si convenue, expédiée en quatre pages et qu’elle ne nourrisse qu’un sentiment de frustration quand on sait l’épreuve qu’a été de lire ce livre parfois.

En effet, les personnages principaux sont détestables au possible, caricaturaux et pas du tout crédibles. Le journaliste freelance est un gros bourrin, vulgaire, alcoolique (comme tous les mecs du livre d’ailleurs), agaçant de suffisance. Dans la vie réelle, il aurait été dégommé depuis longtemps et ses entrées VIP un pur fantasme. Son meilleur pote, fils de bonne famille, né avec une cuillère en argent dans la bouche, se donne des airs d’homme vertueux malgré une fortune colossale sans doute construite sur l’exploitation de malheureux. Et ces deux là se la jouent enquêteurs de choc, voulant venger un père assassiné et sauver l’espèce humaine en se vautrant dans un luxe ostentatoire étouffant et abject, l’auteur se complaisant dans la description du moindre repas de luxe qu’ils prennent (mis bout à bout avec les bouteilles éclusées, il doit y en avoir pour 40 pages !).

Franchement, on est parfois à la limite de l’écœurement. Quant aux femmes (femelles devrais-je dire), elles sont présentes pour le repos du guerrier. On enfile (si je puis dire) les clichés notamment celui de la femme fatale, de la séductrice à qui on ne la fait pas mais qui finalement finit au plumard ou plutôt dans un jaccuzi chauffé à 35° (il paraît que c’est la température idéale...). Clairement la plupart des interactions entre personnages sont soit ridicules soit cousues de fil blanc. Et quand on tient un personnage intéressant (le tueur mercenaire), on le fait disparaître en deux lignes comme si de rien n’était. Niveau psychologie des personnages, on n’est pas loin du néant absolu, le tout s’apparentant quasiment à de la série Z (que je préfère regarder que lire). Et puis franchement, au final, il ne se passe pas grand-chose, "l’édifice littéraire" s’apparentant à du vent et une accumulation de choses lues et relues.

Pour ne rien arranger, l’écriture est très décevante. Là encore, ça sent le bouquin expédié, uniquement écrit pour faire du fric mais sans inspiration ni originalité. Une très mauvaise expérience. Sphinx était clairement le dernier livre de cet auteur que je lisais.

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samedi 25 avril 2020

"Fog" de James Herbert

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L’histoire : Cela commença par un tremblement de terre. Dans la confusion, au milieu des cris des victimes, personne ne prêta vraiment attention à ce brouillard jaunâtre qui s’échappait de la terre éventrée et que le vent eut tôt fait d’emporter vers la campagne anglaise. Puis des massacres inexplicables, déments, furent signalés sur le passage de la nappe de brouillard. Elle se mit à croître, progressant inexorablement vers les zones les plus peuplées d’Angleterre...

La critique de Mr K : Chronique d’un petit plaisir bien régressif aujourd’hui avec Fog de James Herbert, un auteur que j’aime pratiquer à l’occasion. Auteur d’ouvrages horrifiques sentant bon la série B, il me déçoit rarement, sachant que j’attends avant tout de ce genre de lecture de la détente entre suspens, gore et action. On peut dire qu’au niveau hémoglobine et scènes détonantes on est servi, pour le suspens c’est plutôt râpé... mais vraiment dans l’ensemble on passe un bon moment.

Suite à un tremblement de terre aussi soudain que destructeur, un mystérieux brouillard est libéré des profondeurs de la terre. Il sème le chaos sur son chemin car il a la propension à rendre fous les êtres vivants qui le respirent. Des animaux aux êtres humains, tous deviennent des psychopathes en puissance se réjouissant de la souffrance et de la mort qu’ils peuvent essaimer. Holman lui, en a réchappé, hospitalisé et maintenu en contention le temps que les effets disparaissent, le voila immunisé contre le Mal. Il devient, bien malgré lui, le champion de la cause humaine face à cette menace d’un nouveau genre dont les origines vont révéler bien des secrets cachés et obliger les autorités à utiliser les grands moyens.

Je vous le dis tout de go, pour l’originalité on repassera. Clairement, le scénario est cousu de fil blanc pour qui aime le genre et le pratique depuis un certain temps. On devine très vite les origines de ce brouillard meurtrier mais au final on s’en fiche un peu. L’intérêt est d’abord de suivre les descriptions du mal que l’auteur se complaît à faire le long de chapitres intermédiaires bien barrés qui ne lésinent pas sur le sadisme et le gore. Certains vous diront que c’est de la violence gratuite, que c’est trop... Pour ma part, c’est tellement exagéré, gros, qu’on n’y croit pas une seconde. Ce côté outrancier au contraire provoque de belles marades et ravira les amateurs de thrash bien saisi. Les âmes sensibles s’abstiendront par contre, au risque de faire des cauchemars à n’en plus finir. Il faut dire que le brouillard réveille en chacune de ses victimes ses pulsions les plus viles, les plus secrètes et gare à celles et ceux qui croisent son chemin.

Au delà des scènes bien salées que propose l’ouvrage, j’ai aimé l’ambiance de fin du monde qui y règne. Les règles n’ont plus cours, l’anarchie guette et le chaos et la destruction sont de mises. Il y a une ambiance à la Romero qui plane dans ces pages, cela donne lieu à des scènes dantesques et même à ce que l’on appelle des "plans monuments" au cinéma. Je ne vous dévoile pas grand-chose mais sachez que même la capitale y passe à un moment et que cela donne lieu à des scènes assez indescriptibles. La tension est bien rendue notamment quand on pénètre dans les arcanes du pouvoir et que l’on assiste de l’intérieur à la gestion de crise. C’est plutôt bien mené même si l’on peut relever quelques incohérences de ci de là avec des situations pour le moins abracadabrantesques.

Le scénario comme dit plus haut ne surprend pas, il en va de même pour les principaux personnages qui sont des archétypes lus et relus. Pour autant, on éprouve une certaine satisfaction à subir nombre de situations bien horribles. Plutôt creux dans leurs motivations, parfois risibles dans les sentiments qu’ils éprouvent (l’histoire d’amour entre Holman et Christine est d’une ringardise absolue), on ne s’attache pas vraiment à eux et l’on est plus là pour attendre la prochaine scène d’horreur. L’écriture fait le job sans briller mais se révèle efficace avec le découpage classique chez cet auteur (comme dans la très bonne Trilogie des Rats) où il alterne de courts chapitres qui s’apparentent à des mises à mort de persos plus que secondaires et un retour à la trame principale. Le rythme est effréné et ne laisse pas de répit sauf au milieu du roman lors de la révélation de la nature du mal qui pour le coup est un peu longuette.

Mais ne boudons pas notre plaisir, prenons ce livre pour ce qu’il est avant tout : un bon divertissement pour tout amateur d’horreur. On ne peut pas crier au génie mais les pages se tournent toutes seules et l’on a sa dose de sensations fortes. Des fois, cela suffit et c’est le cas aujourd’hui.

Ouvrages déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
-Le Sombre
-Pierre de Lune
-La Lance
-Le Survivant

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dimanche 15 mars 2020

Acquisitions virales...

2020 a bien commencé pour nous avec notre Little K qui grandit petit à petit. Mais elle n'est pas la seule ! Avant sa naissance, nous avions succombé une fois de plus au virus de l'acquisition d'ouvrages de seconde main. Il était plus que temps de vous faire une petite présentation des nouveaux venus dans nos PAL respectives... en fait dans la mienne, car Nelfe pour le coup n'a rien trouvé à son goût !

acquisitions mars 2020 ensemble

Ces trouvailles viennent d'horizons bien différents entre désherbage du CDI de mon établissement avant une remise à neuf complète, une ou deux boîtes à livres croisées lors de sortie en voiture ou encore des occasions dégotées dans des magasins de brocantes comme il en apparaît de plus en plus depuis quelques temps. Le butin est varié et fait surtout la part belle à des auteurs que j'aime tout particulièrement !

acquisitions mars 2020 2

- Celui qui survit et Fog de James Herbert. Deux titres du même auteur dégotés en même temps et au même endroit ! Coup double donc pour deux ouvrages prometteurs avec une histoire de brouillard maléfique qui rend les gens fous et dans l'autre volume un homme unique survivant d'une catastrophe aérienne confronté au paranormal. Des histoires à priori classiques mais vu le talent de conteur de l'auteur de la très bonne trilogie des rats, je pense que James Herbert va encore me faire passer un bon moment.

- Debout les morts de Fred Vargas. Un des derniers titres de l'auteure que je n'ai jamais eu l'occasion de lire. Pas d'Adamsberg dans celui-ci par contre, avec une étrange histoire d'arbre qui apparait sans prévenir dans le jardin d'une cantatrice qui va finir par disparaître. Bizarre, vous avez dit bizarre ? C'est souvent le cas avec les trames que nous propose Fred Vargas et en général, c'est pour le meilleur. Hâte d'en savoir plus.

- Les Voisins d'à côté de Linwood Barclay. Je suis bien content d'être tombé sur cette histoire de voisinage qui va faire trembler dans les chaumières ! Jusqu'à quel point connaît-on ses voisins ? C'est un peu le principe de base de cette histoire d'assassinat qui va remuer une petite communauté bien sous tout rapport... du moins en apparence ! Linwood Barclay excelle pour faire basculer des quotidiens banals dans le doute et les affres de l'angoisse. Il ne fera pas long feu dans ma PAL !

acquisitions mars 2020

- La Planète de Shakespeare de Clifford D. Simak. Impossible pour moi de résister à cet auteur quand je croise un de ses ouvrages en rayonnage d'occasion et puis cette collection de SF est mythique ! Dur de résumer la quatrième de couverture complètement folle de ce bouquin où un homme se réveille d'un sommeil cryogénique sur une drôle de planète où aurait vécu un certain Shakespeare. Même si je m'attends à tout et n'importe quoi avec un tel pitch, je ne me fais aucun souci, avec Simak je me régale à chaque fois !

- Bizarre ! Bizarre ! de Roald Dahl. Après ma lecture plus qu'enthousiaste de Matilda, il n'y a pas si longtemps, je vais remettre le couvert avec ce maître conteur qui propose ici une série de quinze histoires fantastiques entre drame et humour avec j'imagine le style si particulier et prenant d'un auteur qui a bercé mes jeunes années de lecteur. Typiquement le genre de lecture détente qui fait du bien et dont on a besoin en ces temps troublés.

- Le Roi Arthur : les légendes de la table ronde de Molly Perham. Un très beau livre pour finir le tour d'horizon du jour avec un ouvrage traitant d'un de mes héros préférés et tous les mythes qui l'entourent. J'ai rendez-vous avec Merlin, Arthur, Lancelot, Mordred et consorts avec des histoires éternelles, illustrées de fort belle manière. Que du plaisir en perspective !

Belle brochette d'ouvrages à mon actif encore une fois, la PAL remonte un peu mais rien de vraiment irrémédiable. Qu'il est bon de penser à tous ces mondes imaginaires qui m'attendent et procureront une évasion immédiate au milieu d'une actualité anxiogène au possible. Vous retrouverez comme d'habitude les chroniques de ces ouvrages sur le blog à plus ou moins longue échéance au fil de mes lectures. Portez-vous tous bien en tout cas en attendant. Et que la lecture soit avec vous !

dimanche 24 novembre 2019

Trois mois de craquages !

Revenons aujourd'hui sur les différentes acquisitions que nous avons pu faire Nelfe et moi ces derniers mois, entre échanges dans des boîtes à livres locales, passages dans des dépôts-ventes et autres trocs et puces du secteur. Heureusement que je suis resté sage et que je n'ai pas remis les pieds à notre Emmaüs, le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd ! Pour autant, notre récolte n'est pas ridicule, jugez plutôt !

Acquisitions nov 19 ensemble

Une fois de plus, je dépasse allégremment Nelfe en terme de nouveaux titres. Au Capharnaüm Éclairé, on se partage les rôles : elle est la Raison, je suis la Tentation qu'on ne peut repousser. Le butin en tout cas vaut le détour, varié et ambitieux. Il y en a pour tout le monde et tous les genres, certains ne resteront d'ailleurs pas très longtemps dans nos PAL respectives. Allez, c'est parti pour une présentation des petits nouveaux !

Acquisitions nov 19 1

- Le Voyage de l'éléphant de José Saramago. De lui, j'ai lu et adoré Caïn qui m'avait laissé KO à l'époque par la force de son écriture et son érudition ludique. C'est donc avec un plaisir non feint que je tombais inopinément sur ce titre qui promet beaucoup avec les déambulations de Salomon, un éléphant d'Asie qui va traverser l'Europe au gré des caprices de son royal possesseur. Avec José Saramago, on peut s'attendre à beaucoup d'émotions et de sagesse. Hâte de le découvrir !

- Le Mystère de la crypte ensorcelée d'Eduardo Mendoza. Cet ouvrage sera le premier que je lis d'Edouardo Mendoza dont on m'a vanté à plusieurs reprises son don de conteur hors pair. Il est ici question d'une enquête se déroulant dans un collège religieux où des rites sanglants pourraient bien être la cause de la disparition de deux jeunes filles bien sous tous rapports (du moins en apparence...). Un policier véreux, une nonne délirante et un délinquant fou sont les protagonistes principaux d'un ouvrage présenté comme un roman policier parodique au ton impitoyable. Impossible de résister !

- Les Roses d'Atacama de Luis Sepulveda. Le genre d'auteur dont j'accueille de nouveaux titres dans ma PAL sans même regarder la quatrième de couverture. Sepulveda est un vrai ravissement pour l'amoureux des mots que je suis, sa poésie et son engagement sont un modèle pour moi et le plaisir de lire est toujours aussi puissant à chaque nouvelle lecture. Ici, il s'agit d'un recueil de nouvelles humanistes où l'auteur nous propose de découvrir des hommes de l'ombre qui à leur manière sont des héros du quotidien. Prometteur !

Acquisitions nov 19 2

- L'Enfant de l'étranger d'Alan Hollinghurst. Quelle joie de tomber sur cet ouvrage ! J'avais adoré La Piscine-bibliothèque d'Alan Hollinghurst lors de sa lecture en 2015, un livre qui combinait une écriture merveilleuse, une histoire puissante et des personnages charismatiques. Dans ce livre, l'auteur peint une fresque se déroulant sur tout le XXème siècle avec au centre de l'histoire un pacte signé entre trois jeunes gens. Ce gros pavé de 765 pages a de plus reçu le Prix du meilleur livre étranger en 2013, de quoi nourrir de riches promesses de lecture, non ?

- Le Pendule de Foucault d'Umberto Eco. On ne présente plus ce maître de la littérature italienne dont j'avais dévoré notamment Le Nom de la rose ou encore L'Ile du jour d'avant (lus avant la création du blog). Avec cet ouvrage, l'auteur nous invite à nouveau dans un thriller historique, romanesque et érudit dont il a le secret avec ici ses passionnés d'ésotérisme, ses théories du complot et une menace sourde surgie des âges. Purée, ça donne vraiment envie, ce pourrait être une de mes lectures de Noël !

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- Histoires ou Contes du temps passé de Charles Perrault. Impossible de passer à côté de cet ouvrage sans l'adopter ! Depuis ma prime enfance, je suis un grand amateur de contes, j'aimais beaucoup que l'on me raconte des histoires et Perrault fait partie des auteurs qui ont accompagné mes premiers émerveillements d'auditeur (Big up à ma Mémé de la neige trop tôt disparue). Rien de tel que de replonger dans ces histoires dans leur version originale pour réveiller les souvenirs et humer l'odeur si séduisante d'une Madeleine de Proust trop longtemps délaissée.

- Belle mère de Claude Pujade-Renaud. Prix Goncourt des lycéens en 1994, cet ouvrage m'a séduit par sa quatrième de couverture intrigante présentant deux personnes qui vont cohabiter en banlieue à la suite de leurs veuvages respectifs : une belle-mère et son beau-fils. Je m'attends à une histoire très touchante, réaliste et rude... comme la vie quoi !

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- Ad Vitam Aeternam de Thierry Jonquet. Je vais me répéter j'en ai peur, mais il faut lire Jonquet ! Je commence à avoir lu pas mal de ses ouvrage et à chaque fois c'est la claque ! J'ai donc adopté celui-ci sans réfléchir ni vraiment lire son résumé. Dans ce roman qui promet d'être très noir, il est question de vengeance et de vieux secrets enfouis qui n'attendent que d'être révélés. On peut compter sur l'auteur pour nous procurer un suspens intense et une fin tétanisante. Il ne fera pas de vieux os dans ma PAL !

- Pars vite et reviens tard de Fred Vargas. Voila une aventure du commissaire Adamsberg que je n'avais toujours pas lu. Vous parlez d'une aubaine que de tomber sur cet ouvrage de Fred Vargas dans un bac d'occasion ! Je n'ai pas hésité une seconde surtout qu'il est en version brochée et dans un état impeccable. J'ai vraiment hâte de retrouver ce héros lunaire et toute sa bande de collègues plus charismatiques les uns que les autres à la poursuite de l'auteur de mystérieux signes peints sur les portes d'un immeuble du 18ème arrondissement. Un polar qui ira sans doute au delà du genre comme à chaque fois qu'on lit cette auteure.

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- Les Anges meurent de nos blessures de Yasmina Khadra. On ne dit pas non à un Yasmina Khadra. Il est à la fois un remarquable conteur d'histoire et un formidable observateur de son temps. Dans ce roman, il met en scène le parcours d'un jeune prodige de la boxe adulé par la foule, grand amoureux devant l'Éternel et fidèle à ses principes, dépassé par son destin dans l'Algérie de l'entre deux guerre. M'est avis que cet ouvrage ne restera lui non plus pas très longtemps dans ma PAL...

- Les Fontaines du paradis d'Arthur C. Clarke. L'auteur de 2001, l'Odyssée de l'espace aime conjuguer SF, science authentique et dilemme moraux. Dans ce roman, un homme a conçu une machine révolutionnaire qui permettrait de transporter hommes et marchandises hors de l'atmosphère terrestre. Problème, sur Terre un seul endroit conviendrait pour son édification et c'est une terre sacrée protégée par des moines... Je m'attends à quelque chose de bien sombre et de poignant, il va me falloir avoir le coeur bien accroché pour cette lecture je pense.

- Matilda de Roald Dahl. Retour en enfance avec cette acquisition d'un auteur que j'ai lu et relu maintes fois étant bien plus jeune. J'ai vu le film qui a été tiré de cet ouvrage lors de sa sortie (1996), il est temps maintenant de me frotter à la matière littéraire originelle avec la lutte de cette petite fille lectrice précoce contre un environnement de beaufitude absolue. Ce sera l'occasion de replonger dans une écriture qui a bercé mon enfance. Nostalgie quand tu nous tiens !

Acquisitions nov 19 6

Enfin pour terminer, les trois acquisitions de Nelfe !

- Vertige de Franck Thilliez. Nelfe était bien contente de tomber sur cet ouvrage d'un auteur qu'elle affectionne beaucoup. L'histoire fait penser au principe de la série de films Saw avec trois hommes enfermés sans raison apparente dans un lieu inconnu, enchaînés et menacés par une mort imminente et effroyable. Nul doute que Thilliez apportera à ma douce sa dose de frissons avec ce thriller très bien côté chez ses fidèles !

- Le Jardin de bronze de Gustavo Malajovich. Ma chère et tendre ne peut résister aux appels de cette collection qui à chaque lecture lui apporte moult bienfaits. C'est la quatrième de couverture qui l'a convaincue d'adopter celui-ci avec cette histoire d'un homme perclu de douleurs et de peine après la disparition de sa petite fille. Véritable tragédie intime avec au fil des ans la perte de son mariage et de son ancienne vie, il sombre peu à peu mais finira par se confronter à une vérité bien douloureuse. Un auteur argentin qui va lui plaire j'en suis sûr !

- Erik le viking de Terry Jones (avec illustrations de Boulet). Un ouvrage qur lequel Nelfe a craqué en grande partie à cause de la présence de Boulet aux illustrations, un dessinateur qu'elle suit depuis plus de quinze ans sur son blog BD. L'histoire n'est pas mal non plus avec ce voyage exploratoire teinté de fantastique, bourré d'humour (on n'en attend pas moins d'un ex membre des Monty Python) et de références aux sagas islandaises et aux contes norvégiens. Je pense que je le lui piquerai quand elle l'aura lu (ou même avant d'ailleurs...).

De très belles pioches donc que ces ouvrages rencontrés aux hasards et que le destin a mis sur nos pas. On a abandonné depuis longtemps l'idée de domestiquer nos PAL car même en se limitant, on trouve toujours de belles affaires. Le pire est à venir avec laLlittle K à venir à qui nous allons inoculer le virus de la lecture... Ce sera une troisième PAL à gérer... mais ce sera une autre histoire. En attendant ce défi hors du commun - sic -, comptez sur nous pour vous faire (re)découvrir les titres présentés aujourd'hui à travers nos futurs articles.

samedi 19 octobre 2019

"Magie maya" de Graham Masterton

masterton

L‘histoire : Rafael Diaz, le nouvel étudiant de Jim Rook, paraît calme, timide et réservé. Mais le jeune Mexicain semble avoir un don étonnant : en ayant recours à un ancien rituel maya, il parvient à débarrasser ses camarades de leurs phobies et de leurs peurs les plus profondes... Bientôt des meurtres monstrueux sont commis sur le campus. Le jeune Rafael en serait-il involontairement responsable ? Ou serait-il l'incarnation de Xipe Totec, démon friand de sacrifices humains ? Et n'avoir plus peur de rien, n'est ce pas la chose la plus dangereuse et la plus effrayante qui soit ?

La critique de Mr K : Voyage en terres horrifiques aujourd’hui avec Magie maya de Graham Masterton, deuxième ouvrage de sa série consacrée à Jim Rook, héros récurrent d’un auteur qu’on ne présente plus. Pour tout vous dire, Magie des neiges ne m’avait pas convaincu mais comme j’avais acheté les deux volumes en même temps, je décidai de redonner une chance à ce héros qui m’avait particulièrement agacé lors de ma précédente lecture. J’ai bien fait car même si on ne peut pas crier au génie, on passe un bon moment avec une pure série B littéraire qui se déguste très très vite !

On retrouve donc ce professeur d’anglais spécialisé dans les publics difficiles alors qu’un curieux phénomène se déroule dans sa classe. Le jeune Rafael, son nouvel étudiant mexicain, semble avoir une curieuse influence sur ses camarades. Apprécié, entouré, il est capable de soigner les phobies de ses camarades. Bye bye ces peurs irraisonnées des araignées, du noir ou encore de la noyade... Pas de quoi s’inquiéter donc même si la peur en elle-même est un moyen de défense bien utile face au danger. Voyant des choses que les autres ne sont pas capables de percevoir, Jim soupçonne des puissances occultes d’être cachées dans l’ombre de ces événements miraculeux...

La suite lui donne raison avec une série de morts particulièrement atroces qui touchent justement certains de ses élèves ! Membres arrachés, décapitation et autres joyeusetés sont au menu avec des victimes que l’on retrouve toujours le sourire aux lèvres ! Qui est donc Rafael ? Victime, coupable ou complice ? Que cachent les cérémonies secrètes qui ont eu lieu et quel est cet être informe et mystérieux qui rode autour de Jim ? Il lui faudra tout son courage, son abnégation et son sang froid pour venir à bout d’une monstruosité antédiluvienne qui ne s’arrêtera que lorsqu’elle aura sa moisson d’âmes !

C’est typiquement le genre de livre que l’on commence très facilement et qui se lit tout aussi aisément. Le page-turner à la sauce Masterton fonctionne toujours aussi bien. Pas prise de tête pour un sou, enchaînant horreur pure et scénettes plus intimistes, on se plaît à s’enfoncer avec Jim dans une affaire hors du commun. Pour le coup, je l’ai trouvé bien moins énervant que dans ma précédente lecture. Bon, le personnage n’est pas du tout crédible en tant que professeur (manque de distance, discours creux...) mais j’ai trouvé le personnage moins pédant et plus humain. Il faut dire qu’il a fort affaire ici et qu’il n’est pas loin d'y laisser la vie à plusieurs reprises. Les autres protagonistes tiennent aussi la route avec notamment un Rafael inquiétant et intriguant qui souffle le chaud et le froid pendant une bonne moitié de l’ouvrage.

Par contre, c’est le genre de lecture qui réserve peu de surprise quand on pratique régulièrement le genre. Tout ici est bien huilé, relié, construit mais finalement très attendu car à part deux / trois rebondissements bien sentis, on voit les autres arriver à 10km. Cela n’empêche pas de passer de très bons moments avec des meurtres particulièrement sanglants (Masterton excelle dans les descriptions gores) et des effets flippants maîtrisés. Un petit plaisir coupable en somme, un récit vif et maîtrisé qui procurera quelques menus frissons et une belle addiction à tous les amateurs du genre !

Egalement lus et chroniqués de Masterton au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
Apparition
La Cinquième sorcière
- Le Jour J du jugement
- Le Trône de Satan
- Le Sphinx

Posté par Mr K à 15:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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