samedi 19 octobre 2019

"Magie maya" de Graham Masterton

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L‘histoire : Rafael Diaz, le nouvel étudiant de Jim Rook, paraît calme, timide et réservé. Mais le jeune Mexicain semble avoir un don étonnant : en ayant recours à un ancien rituel maya, il parvient à débarrasser ses camarades de leurs phobies et de leurs peurs les plus profondes... Bientôt des meurtres monstrueux sont commis sur le campus. Le jeune Rafael en serait-il involontairement responsable ? Ou serait-il l'incarnation de Xipe Totec, démon friand de sacrifices humains ? Et n'avoir plus peur de rien, n'est ce pas la chose la plus dangereuse et la plus effrayante qui soit ?

La critique de Mr K : Voyage en terres horrifiques aujourd’hui avec Magie maya de Graham Masterton, deuxième ouvrage de sa série consacrée à Jim Rook, héros récurrent d’un auteur qu’on ne présente plus. Pour tout vous dire, Magie des neiges ne m’avait pas convaincu mais comme j’avais acheté les deux volumes en même temps, je décidai de redonner une chance à ce héros qui m’avait particulièrement agacé lors de ma précédente lecture. J’ai bien fait car même si on ne peut pas crier au génie, on passe un bon moment avec une pure série B littéraire qui se déguste très très vite !

On retrouve donc ce professeur d’anglais spécialisé dans les publics difficiles alors qu’un curieux phénomène se déroule dans sa classe. Le jeune Rafael, son nouvel étudiant mexicain, semble avoir une curieuse influence sur ses camarades. Apprécié, entouré, il est capable de soigner les phobies de ses camarades. Bye bye ces peurs irraisonnées des araignées, du noir ou encore de la noyade... Pas de quoi s’inquiéter donc même si la peur en elle-même est un moyen de défense bien utile face au danger. Voyant des choses que les autres ne sont pas capables de percevoir, Jim soupçonne des puissances occultes d’être cachées dans l’ombre de ces événements miraculeux...

La suite lui donne raison avec une série de morts particulièrement atroces qui touchent justement certains de ses élèves ! Membres arrachés, décapitation et autres joyeusetés sont au menu avec des victimes que l’on retrouve toujours le sourire aux lèvres ! Qui est donc Rafael ? Victime, coupable ou complice ? Que cachent les cérémonies secrètes qui ont eu lieu et quel est cet être informe et mystérieux qui rode autour de Jim ? Il lui faudra tout son courage, son abnégation et son sang froid pour venir à bout d’une monstruosité antédiluvienne qui ne s’arrêtera que lorsqu’elle aura sa moisson d’âmes !

C’est typiquement le genre de livre que l’on commence très facilement et qui se lit tout aussi aisément. Le page-turner à la sauce Masterton fonctionne toujours aussi bien. Pas prise de tête pour un sou, enchaînant horreur pure et scénettes plus intimistes, on se plaît à s’enfoncer avec Jim dans une affaire hors du commun. Pour le coup, je l’ai trouvé bien moins énervant que dans ma précédente lecture. Bon, le personnage n’est pas du tout crédible en tant que professeur (manque de distance, discours creux...) mais j’ai trouvé le personnage moins pédant et plus humain. Il faut dire qu’il a fort affaire ici et qu’il n’est pas loin d'y laisser la vie à plusieurs reprises. Les autres protagonistes tiennent aussi la route avec notamment un Rafael inquiétant et intriguant qui souffle le chaud et le froid pendant une bonne moitié de l’ouvrage.

Par contre, c’est le genre de lecture qui réserve peu de surprise quand on pratique régulièrement le genre. Tout ici est bien huilé, relié, construit mais finalement très attendu car à part deux / trois rebondissements bien sentis, on voit les autres arriver à 10km. Cela n’empêche pas de passer de très bons moments avec des meurtres particulièrement sanglants (Masterton excelle dans les descriptions gores) et des effets flippants maîtrisés. Un petit plaisir coupable en somme, un récit vif et maîtrisé qui procurera quelques menus frissons et une belle addiction à tous les amateurs du genre !

Egalement lus et chroniqués de Masterton au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
Apparition
La Cinquième sorcière
- Le Jour J du jugement
- Le Trône de Satan
- Le Sphinx

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dimanche 11 août 2019

"La Trilogie des joyaux" de David Eddings

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L’histoire : Emouchet, le chevalier pandion, est de retour d'exil, prêt à reprendre sa place de Champion de la reine. Mais sa maîtresse est frappée d'un mal mystérieux et Séphrenia, la vieille sorcière, n'a pu que retarder l'échéance : assise sur son trône, enchâssée dans un bloc de cristal, la jeune reine est mourante ; il faut vite trouver un remède.

Cette histoire se passe dans une terre de royaumes combattants, d'intrigues de cour, de magie noire et de haute aventure. La maladie de la reine est une aubaine pour les ambitieux. Alors, Emouchet part chercher les remèdes en compagnie de Séphrenia et de la petite Flûte aux étranges pouvoirs. Après bien des franches galopades et des téméraires traversées, il ne saurait manquer d'atteindre enfin cet objectif qui se dérobe sans cesse...

Mais les Zemochs, pour la première fois depuis cinq cents ans, sont aux portes de l'Elénie. On murmure qu'Azash, leur dieu aîné, convoite le Bhelliom, la pierre sacrée perdue, qui ferait de lui le maître du monde. Contre une telle menace, que peuvent les coups d'épée ? Allons, les ténèbres rôdent, la reine agonisante est peut-être - à l'insu de tous - l'ultime espoir de la lumière. Et le valeureux Emouchet n'est pas au bout de ses peines.

La critique de Mr K : J’aime tout particulièrement profiter des congés de l’été pour me lire un bon cycle de fantasy. J’ai plus de temps à consacrer à la lecture et quand on dépasse les 1000 pages à suivre, il est bon d’être moins interrompu par les aléas de la vie. La Trilogie des joyaux de David Eddings m’a été envoyé par la copinaute Walpurgis suite à mes avis enjoués sur La Belgariade et La Mallorée, deux cycles qui m’ont hautement séduit lors de ma découverte de cet auteur par la maîtrise des trames proposées, l’écriture accessible et un certain décalage dans un genre trop souvent sclérosé dans un trop plein de sérieux. C’est pour toutes ces raisons qu’il me tardait d’entamer cette lecture qui au final s’est révélée très réjouissante et fortement addictive une fois de plus.

Trois romans composent ce cycle qui ne laisse pas un instant de répit à son lecteur : Le Trône de diamant, Le Chevalier de rubis et La Rose de saphir. Trois beaux volumes qui font la part belle à l’aventure, la magie, les complots, créatures et dieux païens et surtout, des passages récurrents à l’auberge du coin tout au long d’un périple des plus périlleux ! Malgré un nombre de pages impressionnant (quoique inférieur à mes lectures précédentes de cet auteur), l’intérêt ne baisse jamais et franchement, on ne voit pas le temps passer en compagnie Émouchet et de ses compagnons !

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À la manière d’un conte de fée, on trouve au départ de l’histoire une princesse en grand danger. Ehlana, héritière du royaume d’Érenie se retrouve emprisonnée dans une chrysalide de cristal à la suite d’un empoisonnement dont elle a été victime et qui pourrait bien lui être fatal. En fait, ce sortilège la protège momentanément d’une mort certaine mais le temps est compté et c’est à son gardien, Émouchet, de trouver une solution pour sauver la jeune femme. Heureusement, il peut compter sur l’aide de ses proches et amis, de l’ordre des chevaliers Pandion et le soutien plus étrange d’une petite fille aux pouvoirs mystérieux. Il faut dire que les forces contraires qui se dressent devant lui sont importantes : des usurpateurs au trône, un ancien coéquipier devenu renégat, une menace insidieuse venue de l’est et l’arrivée prochaine d’Azash, Dieu ancien très rancunier et colérique pour qui le moindre vice est une vertu. Sacré programme pour nos héros qui vont connaître nombre de mésaventures et obstacles pour le plus grand plaisir du lecteur évidemment !

Au cœur du récit, on trouve la figure tutélaire d’Émouchet qui n’est pas sans rappeler Conan par son caractère bien trempé même s’il fait quand même davantage preuve de finesse (dans une certaine mesure). Champion de la reine, il m’a irrésistiblement fait penser au personnage d’Hawkmoon de Michael Moorcock qui m’avait tant plu lors de ma lecture de l’intégrale qui lui a été consacrée aux éditions Omnibus. Assez froid et investi totalement par sa mission, il m’a fallu du temps pour domestiquer la bête et surtout apprécier ce personnage qui s’avère bien plus nuancé que ce qu’il laisse paraître au départ. Quasiment parfait, des faiblesses sont tout de même bien présentes entre sa colère qu’il maîtrise mal, ses soucis de raisonnements aussi parfois... Cela laisse donc de la place à toute la petite troupe qui l’accompagne dans laquelle on retrouve une magicienne sans âge qui n’a pas sa langue dans sa poche, le meilleur ami bien bourrin mais sympa, l’écuyer fidèle qui a formé aux armes le jeune Émouchet, une série de chevaliers pas piqués des vers et bien d’autres personnages secondaires qui se comptent par dizaines et qu’on aime croiser et recroiser au fil des pérégrinations du groupe principal. En soi, il n’y a rien de vraiment original dans leurs caractérisations, les habitués découvriront bien assez tôt certaines relations cachées ou vérités secrètes. Mais que voulez-vous quand les recettes sont bonnes, il serait dommage de ne pas les refaire surtout que le background est d’une grande richesse.

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Ne se déroulant pas dans le même monde que les cycles de La Belgariade et de La Mallorée, le Cycle des joyaux nous invite à découvrir le continent d’Eosie où plusieurs royaumes se partagent des territoires aussi vastes que variés. Moi qui adore les cartes en début de roman, j’ai été gâté et comme toujours avec Eddings, vous pouvez être sûr que nos héros vont parcourir toutes les terres connues en long, en large et en travers ! On voyage donc beaucoup entre forêts, déserts, montagnes, marais, citadelles hantées (j’adore ce passage !) et autres décors faramineux qui nourrissent l’imagination. C’est bien simple, j’ai lu d’une traite les trois volumes tant j’étais happé par cet univers entier, complexe et cohérent. Comme souvent avec cet auteur, la part réservée aux croyances est importante et plus précisément ici l’opposition entre une Église traditionnelle et des croyances pluri-séculaires qui réactualisent à la mode SF le combat entre religions monothéistes et rites païens des origines. Rien n’échappe au lecteur concernant Eosie car à travers les multiples aventures vécues, nous explorons aussi les sociétés en présence, la sociologie des habitants et leur manières de vivre totalement antagonistes parfois. Vraie réussite à ce niveau là, ce triptyque propose vraiment une immersion totale.

Le rythme du récit est haletant, la tension ne se relâche jamais vraiment sur les personnages principaux et donc sur le lecteur. On a notre part de morceaux de bravoure, de passages à la taverne (yes !) mais aussi de moments plus intimistes très touchants. À plusieurs reprises, on se retrouve tout de même scotché par certains déroulés qui mettent à mal nos certitudes. Et puis, il y a la patte Eddings qui n’hésite pas à saupoudrer l’ensemble d’un humour léger qui décrispe le genre. Comique de situation, dialogues bien barrés et bêtise humaine sont au centre de passages drolatiques qui allègent l’ensemble et lui donnent un supplément d’âme. Loin d‘être des personnages hiératiques qui vivent à la mode péplum des années 60, ceux ci vivent vraiment, ont peur, ont faim, souffrent de la chaleur ou encore des efforts qu’ils fournissent... Cela rajoute une couche de réalisme qui n’est pas pour me déplaire même si ici on croise le fer et la magie et l’on peut rencontrer des trolls et autres monstruosités peu commodes. Pas le temps de s’ennuyer en tout cas !

Très facile à lire sans pour autant tomber dans l’indigence, le style Eddings fait toujours son effet avec des pages qui se tournent toutes seules tant l’addiction est quasi immédiate. Les amateurs de fantasy se doivent de se pencher sur cet auteur atypique dans le genre (bien aidé par sa femme dans la conception de certains personnages notamment) et il mérite vraiment qu’on lui donne sa chance. Pour ma part, je n’en ai pas fini avec lui, Émouchet revient dans une nouvelle trilogie, il va falloir que je me la dégote pour l’été prochain!

Lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- La Belgariade
- La Mallorée

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jeudi 1 août 2019

"Le Sphinx" de Graham Masterton

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L’histoire : Au cours d'un cocktail, Gene Keller, jeune politicien ambitieux, fait la connaissance de Lorie Semple, une jeune femme d'origine égyptienne. Il tente de la revoir, mais elle le fuit. En essayant malgré tout de s'introduire chez les Semple, Gene est victime d'une agression. Soigné par la mère de Lorie, une femme aussi belle et mystérieuse que sa fille, il apprend qu'elles descendent d'une ancienne tribu qui vénérait Bast, le Dieu-lion.

Après bien des réticences et des propos étranges, Lorie fini par accepter d'épouser Gene. Mais les incidents troublants se multiplient. Outre sa prédilection pour la viande crue, la jeune femme, une nuit, sort de la propriété. Quand elle revient au petit matin, elle est entièrement nue et couverte de sang...

La critique de Mr K : Petit plaisir coupable estival aujourd’hui avec Le Sphinx de Graham Masterton, ouvrage de la collection Terreur des éditions Pocket qui me rappelle allégrement mes jeunes années lectures. Lire cet auteur est toujours synonyme de divertissement et même si sa bibliographie peut s’avérer inégale, on se plaît à doucement frissonner au fil des récits échevelés qu’il nous livre. Beauté fatale, vieilles traditions ésotériques et héros imbu de lui-même sont au programme d’un ouvrage qui ne m’a résisté qu’un après-midi !

Des yeux verts perçants en Diable, des courbes plus que généreuses à se faire damner un Saint, elle a du charme Lorie Semple ! C’est bien simple, à un cocktail de haut vol, Gene Keiller ne voit qu’elle et le voila ensorcelé. Ce jeune affairiste de la politique brave les refus de la belle, et la relance sans cesse tant il est instantanément tombé fou amoureux. Il est tellement pris par la passion qu’un soir, il tente le tout pour le tout et pénètre dans la demeure familiale par effraction et finit assommé ! À son réveil, sa future belle-mère lui apprend qu’elle lui donne sa bénédiction et voila bientôt l’heureux homme marié. Mais voila, les apparences se révèlent une fois de plus trompeuses et très vite Gene tombe de Charybde en Sylla à base de révélations successives mêlant meurtres sanglants et vieille lignée égyptienne qui tente de survivre coûte que coûte.

Comme dans ma lecture précédente de Masterton (Le Djinn), le héros m’a laissé de marbre. Finalement assez suffisant malgré les airs qu’il se donne, limite misogyne envers sa secrétaire (un amour de jeunesse dont il aime entretenir volontairement ou non les braises à l’occasion), possédant globalement une perception vieux jeu de la femme et des apparences, on prend assez vite plaisir à le voir essuyer ses premiers déboires. Dévoré par le désir, puis la culpabilité, il embarque dans une histoire d’amour dont il ne soupçonnait pas la part d’ombre ! Frustré, perdu et en quête de repères, il mange ses doigts à de nombreuses reprises... En face, la personnalité de la jeune femme évolue fortement et celle qui pouvait s’apparenter au départ à une proie facile cache un lourd secret qui va faire basculer le récit vers un fantastique aussi insidieux qu’efficace. Ok, les personnages sont un peu caricaturaux, on retrouve des recettes déjà éprouvées mais la mayonnaise prend bien et le mix entre le monde politique et vieille croyances surgit des âges anciens fonctionne bien. Et puis, c’est bien connu, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.

Le genre est maîtrisé une fois de plus par Masterton qui distille le suspens avec subtilité. Certes les vieux de la vieille vont percer bien des mystères avant leur divulgation officielle mais la gradation de la tension est là, le présent réaliste bascule à l’improviste vers un ésotérisme oriental aussi létal que séduisant et l’on se plaît à se demander jusqu’où l’auteur va aller. Le bât blesse quelque peu avec une fin que je qualifierai finalement d’heureuse (à modérer cependant), personnellement j’aurai été plus loin dans l’horreur et le pessimisme, vu les forces en jeu dans ce roman, ça aurait été plus logique... Reste un récit rythmé, bien mené qui à défaut de réellement surprendre se révèle plaisant et efficace. Une bonne série B que les amateurs apprécieront comme une chouette petite confiserie !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
Apparition
La Cinquième sorcière
- Le Jour J du jugement
- Le Trône de Satan
- Le Djinn

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mardi 9 juillet 2019

Six mois de craquages !

Post particulier aujourd'hui avec la présentation de toutes nos acquisitions effectuées en matière de livres d'occasion au cours des six derniers mois. Emmaüs, boîtes à livre, magasins discount et autres brocantes nous ont fait succomber plus d'une fois et par petites touches bien senties. Addict un jour, addict toujours ! Revenons donc sur l'étendue des dégâts...

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(Belle photo de famille, non ?)

Le butin s'avère très varié avec des livres que je recherchais depuis un certain temps, des auteurs chouchous dont il me manquait un titre ou encore des ouvrages prometteurs où le charme agit de suite par la couverture ou la quatrième de couverture sans que l'on puisse résister. Ce qui vous surprendra moins, c'est le fait qu'une fois de plus Nelfe a été beaucoup plus sage que moi. Une section spéciale lui sera tout de même consacrée en toute fin d'article !

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(Voyage en terres asiatiques...)

Quelques trouvailles bien sympathiques venues d'Orient aux éditions Picquier qui ne sont plus à présenter.

- "Les Chroniques de Zhalie" de Yan Lianke. Direction la Chine avec la chronique d'un village pauvre qu'une femme hors du commun veut transformer en cité flamboyante. Entre folie, ambition et parabole de la Chine moderne tournée en dérision, voila un ouvrage qui promet beaucoup.

- "L'Hiver dernier, je me suis séparé de toi" de Nakamura Fuminori. Roman noir japonais, l'ouvrage s'attache à suivre l'enquête d'un journaliste sur un photographe accusé de tuer ses modèles pour prendre un cliché de leur mort en direct... Attirance pour la perdition, on nous annonce des apparences trompeuses et une frontière de plus en plus mince entre raison et pulsions meutrières. Typiquement le genre d'ouvrage qui peut me plaire !

- "Le Jardin arc-en-ciel" d'Ogawa Ito. Une rencontre miraculeuse, un amour qui emporte tout sur son passage et le destin d'une famille pas comme les autres sont au programme de ce roman très apprécié sur la toile qui s'apparente à une ode à la tolérance et à l'acceptation des différences. Je suis intrigué par cet ouvrage qui ne tardera pas à quitter ma PAL tant il se dégage un charme inexpliquable de la quatrième de couverture.

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(Black is black !)

- "Peur blanche" de Ken Follett. Ce sera mon premier Ken Follett en dehors de ses romans historiques. Miam miam ! Thriller scientifique, ce livre a un postulat de départ des plus inquiétants : une terrifiante arme bactériologique a été dérobée et un vent de panique souffle sur la Grande Bretagne. J'ai hâte de découvrir cet auteur sous un jour nouveau, comme en plus il a bonne presse, je ne pense pas m'être trompé en adoptant ce volume !

- "Delirium Tremens" de Ken Bruen. Un roman policier venu d'Irlande qui a l'air particulièrement sombre avec un antihéros alcoolique et complètement borderline. Face au classement par la police d'affaires touchant à des jeunes filles retrouvées mortes noyées, il va reprendre du poil de la bête pour que justice soit faite. Ça a l'air bien hardboiled !

- "Magie maya" et "Le Sphinx" de Graham Masterton. Deux ouvrage d'un de mes auteurs favoris en littérature d'épouvante. Graham Masterton nous propose ici deux danses avec des démons et divinités démoniaques qui vont bouleverser pour notre plus grand plaisir les vies apparemment sans histoire de héros improbables. Cet écrivain est mon pêché mignon et j'ai vraiment hâte de le relire. M'est avis que je vais prendre un des deux volumes avec moi pour nos vacances.

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(Classique quand tu nous tiens !)

 - "Un Capitaine de quinze ans" de Jules Verne. Trop content d'avoir dégoté chez Emmaüs ce titre de Jules Verne qui m'avait échappé jusque là. Cette histoire d'adolescent se retrouvant à la barre d'un grand navire à voile à tout juste quinze ans a tout pour m'emballer. Il ira rejoindre après sa lecture ma collection d'ouvrages parus chez Hachette (superbe collection) de cet auteur qui a bercé mon enfance avec des romans immortels.

- "Le Fantôme des Canterville" d'Oscar Wilde. J'avais lu il y a quelques temps Le Portrait de Dorian Gray qui m'avait, je l'avoue, refroidi. Le style a vieilli à mes yeux et je m'étais ennuyé. N'étant pas rancunier, je vais retenter l'aventure Oscar Wilde avec ce recueil de nouvelles trouvé à prix d'or. Gageons qu'il me rabiboche avec cet auteur culte !

- "Les Âmes mortes" de Gogol. J'adore cet auteur que je n'ai plus pratiqué depuis de nombreuses années (avant le blog, c'est dire !). Ce roman appartient aux grands classiques de la littérature russe et nous conte l'odyssée d'un escroc pour acheter des âmes mortes (des serfs disparus) pour s'enrichir ensuite illégalement. On peut compter sur Gogol pour livrer un ouvrage remarquablement écrit et au passage un tableau satirique de la société russe de l'époque.

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(Mix de contemporains bien alléchants !)

- "Trilogie maritime" de William Golding. Sous la forme d'un journal intime, l'auteur culte de Sa Majesté des mouches nous invite à suivre le voyage vers les antipodes d'un jeune aristocrate anglais qui durant la traversée va perdre ses illusions et découvrir le monde, le vrai ! Cet ouvrage me fait vraiment de l'oeil, il me tarde de le découvrir et de replonger dans l'écriture à la fois subtile et puissante d'un des auteurs les plus doués de sa génération.

- "Katiba" de Jean-Christophe Rufin. Quel plaisir de tomber sur cet ouvrage de Rufin, un de mes auteurs chouchou ! Dans la lignée de son très bon Le Parfum d'Adam, il nous propose à nouveau un thriller avec le terrorisme en toile de fond, ici dans la mouvance islamiste. J'ai hâte de retrouver l'écriture à la fois simple et gouleyante d'un auteur qui ne m'a jamais déçu !

- La Conversation amoureuse d'Alice Ferney. Je vous avoue que je ne savais pas de quoi parle ce roman lorsque je l'ai croisé dans un bac de livres d'occasion. J'ai vu le nom d'Alice Ferney et je l'ai adopté directement étant un grand fan de cette auteure pas comme les autres qui propose avec chacun de ses ouvrages un voyage livresque puissant et marquant dans la durée. Après recherche sur internet, il est question d'un amour adultère nourrit par une passion féroce ! Hâte d'y être !

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(Voyages en terres étranges en vue !)

- "Brocéliande" de Jean-Louis Fetjaine. Voici un ouvrage que je recherchais depuis plusieurs années en occasion, il s'agit de la suite du Pas de Merlin de Jean-Louis Fetjaine, un autre auteur que j'apprécie grandement. Ce livre reprend l'épopée de Merlin là où on l'avait laissé et si je me souviens bien, il était en bien fâcheuse posture !

- "Le Dernier loup-garou" de Glen Duncan. Moi, Lucifer du même auteur m'avait totalement conquis lors de sa lecture, je vais remettre le couvert avec ce premier volume d'une trilogie prometteuse. Un vieux loup-garou suicidaire et blasé va faire une rencontre qui va changer totalement son existence, les avis de certains amis blogueurs sont parfois dithyrambiques concernant ce tome 1. Il ne me reste plus qu'à franchir le Rubicon !

- "Les Chroniques de Durdaine" de Jack Vance. Encore un hasard heureux avec cette intégrale de Jack Vance qui promet de l'aventure en pagaille, un univers SF bien barré et des révélations fracassantes sur un monde où les habitants sont contrôlés par la terreur (une variation autour du collier explosif à la Battle Royale - oeuvre cinématographique culte à mes yeux -). Considéré comme une oeuvre culte du space-opéra, m'est avis que cet ouvrage ne restera pas longtemps dans ma PAL !

- "Sargasso" de Edwin Corley. Un vaisseau spatial US se pose en plein triangle des Bermudes, un drame se noue alors mettant en prise directe mystères de l'espace, secrets sous-marins enfouis, manoeuvres politiques et phénomènes naturels stupéfiants. Le contenu m'attire fortement (toutes les thématiques me sont chères) et la couverture est sublime de surcroît. Y'a plus qu'à !

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(Futures lectures nelfesques !)

Comme promis, voici la section dédiées aux acquisitions de ma chère et tendre, sélection qui bien que moins dense promet de merveilleuses heures de lecture :

- "Fumiers et Cie" de Tom Sharpe. Auteur se situant entre les Monthy Python, les Marx brothers et le no-sense à l'anglaise, il est très apprécié de ma douce qui l'avait dégusté avec Wilt 1. On retrouve de nouveau son goût pour la satire au vitriol avec cette histoire totalement farfelue suivant des personnages déjantés. Je pense que Nelfe va bien s'amuser !

- "La Théorie des six" de Jacques Expert. Fan de thriller, Nelfe n'a pas hésité longtemps à acquérir cet ouvrage de Jacques Expert, un auteur que nous pratiquons assez régulièrement. Un tueur en série bien retors annonce qu'il va faire six victimes et lance un défi aux forces de l'ordre : pourront-ils l'arrêter avant la fin de son cycle ? On peut compter sur cet auteur pour maintenir le suspens jusqu'au bout. Nelfe vous dira ce qu'elle en a pensé lors de son retour de lecture.

- "Une pluie sans fin" de Michael Farris Smith. Là encore, Nelfe succombe à la tentation de replonger dans l'oeuvre d'un auteur qu'elle aime tout particulièrement avec son génial Nulle part sur la Terre et Le Pays des oubliés (qu'elle n'a toujours pas chroniqué la feignasse !). Ici, il verse dans l'anticipation à la mode La Route de McCarthy avec des USA coupés en deux suite à des aléas climatiques exceptionnels. C'est l'occasion pour Michael Farris Smith d'explorer les psychés humaines et de livrer en filigrane un portrait sans concession de son pays. Je le piquerais bien à Nelfe après sa lecture...

Il ne reste maintenant plus qu'à opérer des choix de lecture, lire encore et toujours pour voyager, se transcender, explorer notre humanité, rire, pleurer, s'indigner et encore et toujours prendre du plaisir. Nos PAL bien descendues depuis quelques mois reprennent du poil de la bête... Belle variation autour du mythe de Sisyphe, non ? Comptez sur nous en tout cas pour vous faire partager ces futurs moments qui je n'en doute pas seront intenses et susceptibles de vous intéresser.

mardi 4 juin 2019

"Les Aventures de Tom Bombadil" de J.R.R. Tolkien

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L’histoire : Apprenons en plus sur Tom Bombadil, le mystérieux personnage que Frodon rencontre dans le premier tome du seigneur des anneaux. Tom Bombadil est un joyeux drille vivant dans la Vieille Forêt en plein cœur de la Terre du Milieu.

La critique de Mr K : Avec cette lecture, on touche au sacré pour moi. Gros fan devant l’absolu de J.R.R. Tolkien qui a nourri mes rêves d’évasion étant enfant, j’avais envie de relire ce petit ouvrage versifié du maître de la fantasy. Les Aventures de Tom Bombadil est un recueil de poésie qui regroupe en son sein plusieurs pièces plus ou moins longues, mélange de contes et de chansons que l’on raconte à ses petits enfants quand on habite en Terre du Milieu. Ce re-reading s’est avéré savoureux et plein de nostalgie.

Mon édition étant bilingue, j’ai pu compulser cet ouvrage en passant de la langue de Shakespeare à sa traduction française par Dashiell Hedayat, écrivain / musicien ayant officié dans les 70's avec le très talentueux et planant groupe Gong. Ce fut une belle expérience que de passer d’une langue à l’autre, cela permet de saisir toutes les nuances dans la forme et le propos, la poésie ayant cette subtilité supplémentaire qui nourrit l’âme et le cœur. À ce propos, sans rentrer dans de la métrique ou dans l’étude purement littéraire, on se rend vite compte de la maîtrise langagière de Tolkien qui en tant que versificateur n’a rien à envier aux grands noms de la poésie anglo-saxonne. C’est beau, pur, cristallin, presque évident quand on le lit. Répercussions des sons, rythmique languissante, enveloppante sont autant d’éléments qui procurent un plaisir de lire et de relire immédiat.

Alors que trouve-t-on dans ce recueil ? Je dois bien avouer que depuis ma première lecture le temps avait passé et que je n’en avais plus beaucoup souvenir. Bien évidemment, on retrouve ce bon vieux Tom Bombadil qui nous a tant manqué dans l’adaptation de Peter Jackson du Seigneur des anneaux. Amateur d’herbe de Langoulet et de bonne bière, dragueur de nymphes et hédoniste assumé, peut-être était-il trop barré, irrévérencieux (les hobbits y passent une soirée mémorables dans le livre pour ceux qui s’en rappellent) et ne convenait pas aux grands studios américains ? Le fan que je suis avait été un peu douché par cette absence, heureusement il nous reste la matière originelle. Tom est présent dans les deux premiers poèmes où l’auteur nous invite à le suivre dans ses pérégrinations dans la nature, ses rencontres étranges avec diverses créatures et ses mésaventures de soirée. C’est frais, poétique, drolatique même et on se laisse porter par les vers qui s’écoulent comme une bonne vieille ballade à l’ancienne. Ça y est, on y est, on est de retour en Terre du Milieu !

Et puis ensuite, il y a les autres poèmes qui mettent en scènes divers personnages dans des scénettes plus courtes où alternent poésie pure, contemplation, aventures picaresques et rocambolesques. Un troll esseulé en quête de compagnie, les elfes qui s’apprêtent à quitter le monde des mortels, des chats-gluants redoutables vivant dans des cavernes, des dragons gardant jalousement leur trésor ou encore des fêtards qui ont du mal à rentrer chez eux sont autant de poèmes délicats et drôles à la fois. Là encore, c’est un pur plaisir de retourner dans cet univers si vaste et fantasmagorique. On se retrouve en enfance, on sourit, on essuie même parfois une larme face à certains passages pathétiques. Nature et créatures ne font plus qu’un et l’on imagine les parents racontant ces histoires au coin du feu, les soirs d’hiver où le sommeil ne vient pas. Et puis, il y a en filigrane ces valeurs positives qui ressortent des poèmes sans pour autant tomber dans la morale liberticide et convenue.

Les Aventures de Tom Bombadil de J.R.R. Tolkien est une lecture inoubliable, une madeleine de Proust vers laquelle se tourner quand l’esprit est embrumé et la peine parfois trop présente dans nos existences. Un doux baume dans un écrin langagier unique à découvrir au plus vite si ce n’est déjà fait !

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Les Enfants de Hùrin
- Bilbo le hobbit

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lundi 20 mai 2019

"Le Djinn" de Graham Masterton

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L’histoire : Un collectionneur d'antiquités de Moyen-Orient meurt dans des conditions aussi étranges que soudaines. Sa veuve parle d'une obsession fanatique que lui aurait inspirée une poterie très ancienne, une jarre mystérieuse qui, semblerait-il, contiendrait un esprit maléfique... un djinn. Et voici que ce djinn redoutable, terrifiant, cherche bel et bien à se matérialiser et que, pour y parvenir, il déploie les pires abominations...

La critique de Mr K : Petit plaisir coupable aujourd’hui avec un Graham Masterton sorti de ma PAL lors de mes dernières congés. J’adore cet auteur qui livre bien souvent des romans d’épouvante efficaces, bien saisis en terme de gore et avec un sens du rythme soutenu et addictif. Avec Le Djinn, il s’attaque à sa manière au mythe de la lampe merveilleuse et propose une course contre la montre haletante qui se lit en un après-midi !

Suite à la mort de son parrain, le héros, un extra-lucide arnaqueur en petite forme, se rend compte que le disparu ne tournait plus rond depuis un certain temps. Ce passionné de sciences et de cultures orientales a ramené lors d’un de ses voyages une mystérieuse jarre qui semble avoir une emprise diabolique sur celui qui la possède. Selon la légende, elle renfermerait un djinn, une créature / démon des airs qui terrifie les enfants dans les contes. Sauf qu’ici elle est bien réelle et ne demande qu’une chose : qu’on la libère ! Les événements et morts suspectes commencent à s’enchaîner et la menace se fait de plus en plus insidieuse. Mais comment peut-on combattre une entité plurimillénaire qui semble invincible ? Surtout quand personne ne vous croit et que seul une poignée de personnes est prête à vous emboîter le pas...

Ce roman est de facture très classique, n’attendez pas la moindre surprise lors de sa lecture. Cette petite déception dite, le reste est très bon et surtout efficace. On frissonne pas mal et franchement on en redemande. Difficile en effet de relâcher ce livre avant la fin tant on est pris par l’histoire, les rebondissements et finalement la possibilité de livrer le monde à un djinn pas très engageant. C’est mon côté sadique qui s’exprime, on aimerait bien parfois que les forces obscures gagnent. Une fois de plus la menace sera battue mais à quel prix ! Cruel avec ses personnages (comme souvent avec lui), Masterton leur réserve un destin peu enviable.

À ce niveau, je dois avouer que j’ai largement préféré les seconds rôles que j’ai trouvé remarquablement croqués avec concision et efficacité. La marraine possédée, sa dame de compagnie étrange, un docteur émérite courageux et branque, une jeune femme spécialisée dans la rétrocession d’Antiquités à leur pays d’origine sont autant d’âmes qui vont révéler bien des secrets à la lueur du danger qui les guette. Le héros par contre m’a laissé froid, pas très crédible, faussement cynique, volontiers misogyne par moment (ne vous inquiétez pas il mange ses dents à plusieurs reprises), on en viendrait à souhaiter que la mort le frappe tant il peut se révéler agaçant. Un coup dans l’eau à ce niveau là.

Les codes du fantastique sont parfaitement respectés avec notamment un basculement dans le surnaturel qui se déroule petit à petit avec des allers retours entre passé et présent, l’irruption de phénomènes inquiétants qui font monter la pression comme il faut et cette fois-ci, une certaine économie au niveau des détails sordides. Plus soft mais du coup plus évocateur, laissant libre court à l’imagination, le lecteur est vraiment pris au piège. Quelques références culturelles et historiques complètent l’opus à l’occasion, donnant une vision assez effrayante de quelques histoires populaires que l’on a pu nous raconter étant petit (Aladin et la lampe merveilleuse, Ali Baba et les 40 voleurs notamment).

Bien écrit, allant à l’essentiel, on passe un bon moment avec Le Djinn même si je dois avouer que ce n’est pas mon préféré de l’auteur. Une bonne distraction en tout cas qui conviendra à tous les amateurs de récits d’épouvante pas prise de tête.

Egalement lus et chroniqués de Masterton au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
Apparition
La Cinquième sorcière
- Le Jour J du jugement
- Le Trône de Satan

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samedi 11 mai 2019

"Kraken" de China Miéville

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L‘histoire : Billy Harrow est le spécialiste des céphalopodes au Musée d'histoire naturelle de Londres. Il organise les visites pour les collections privées, dont le Architeuthis dux (un calmar géant) est la pièce majeure. Lors d'une de ces visites, il constate avec horreur que le mollusque de huit mètres a disparu ! La vie de Billy bascule très vite : une branche secrète de la police vient l'interroger, il découvre l'existence d'une secte des adorateurs du Dieu Kraken et comprend qu'il existe un Londres souterrain et surnaturel...

La critique de Mr K : Lecture bien space aujourd’hui avec Kraken de China Miéville, un ouvrage qui dormait depuis bien trop longtemps dans ma PAL alors qu’il me faisait de l’œil ! J’avais une légère appréhension car les critiques étaient très partagées allant du roman passionnant au bric à brac indigeste ! Pour autant, je ne m’en laissais pas compter, les thématiques et surtout la quatrième de couverture complètement folle, ont fini par me convaincre. Au final, ce fut une lecture âpre mais très particulière, j’ai beaucoup aimé même si je peux comprendre les réticences de certains lecteurs.

Tout commence plutôt de manière incongrue. Billy travaille au musée et fait visiter une galerie à des visiteurs passionnés et pressés de voir un calmar géant qui y est conservé. Mais voila, cette pièce unique a disparu et à priori de manière totalement délirante vu que la manœuvre est impossible à faire sans laisser de traces ! Passé ce premier chapitre classique, l’œuvre bascule dans une autre dimension. Très vite, à l’instar du héros, on se rend compte que les apparences sont trompeuses, qu’un monde parallèle existe à côté du nôtre et qu’il est peuplé d’êtres extraordinaires dont on ne soupçonnait pas jusqu’alors l’existence. Commence alors un véritable road movie qui mettra Billy aux prises avec une brigade de police spécialisée dans les faits surnaturels (X-files en version encore plus déjantée), des tueurs sans merci aux capacités défiant toute loi physique, une secte d’illuminés qui attend patiemment le retour du Dieu Kraken qui annoncerait la fin du monde, un caïd de la pègre à la nature changeante et tout un ensemble de personnages plus fantasmagoriques les uns que les autres. Inutiles de vous dire que l’on n’a pas le temps de s’ennuyer...

Folie et non-sens sont peut-être les termes qui caractériseraient le mieux cet ouvrage hors norme qui demande un sacré temps d’adaptation. Si vous êtes amateurs de récits linéaires, balisés et logiques, passez votre chemin, vous pourriez être agacé... Ainsi pendant la plupart des chapitres, le héros lui-même ne sait pas ce qu’il doit faire, où il est et à quoi il est confronté. Ce n’est pas faute de demander mais quasiment systématiquement, on lui répond à côté ou on passe à un autre sujet de conversation. Cela a pour effet immédiat de frustrer le personnage mais aussi le lecteur qui doit faire un effort conséquent pour aligner les éléments, les confronter et construire sa vision du monde extraordinaire qui lui est donné à deviner et non à voir ! Pas facile donc, ce voyage livresque est vraiment à part et perdra sans doute quelques âmes au passage... Par contre, si vous vous accrochez, vous verrez une générosité sans borne dans les lignes qui vous sont données à lire car l’auteur a une imagination dingue et propose un univers neuf et vraiment barré !

On a affaire à un mix improbable entre la série des Harry Potter, American God de Neil Gaiman (à lire absolument tellement c’est génial !), des thématiques proches de Lovecraft et un ton / des personnages décalés. C’est assez unique en son genre et l’on saute d’une situation à une autre de manière totalement impromptue et désarçonnante. On suit principalement la quête de Billy qui est de retrouver le Kraken sans se faire pincer par toutes les forces qui voudraient lui mettre la main dessus. Cependant, l’auteur nous donne à voir de multiples points de vue avec notamment une policière-sorcière aussi efficace qu’ordurière, une petite amie en quête de nouvelles pour son mec disparu assassiné dès les premières pages d’une manière plus qu’insolite ou encore des divinités mineures en mode syndicaliste (la grève des animaux familiers est à se pisser dessus !). Flamboyant, d’une densité énorme, abandonnant toutes les lois de la nature et de la narration parfois, l’ouvrage se perd en conjectures et en détails plus étranges les uns que les autres mais au final nous conduit tout droit à un dénouement assez bluffant (aaah, ce dernier chapitre !).

Kraken a donc les défauts de ses qualités. Remarquablement écrit, d’une richesse scénaristique complexe et gouleyante, il peut séduire autant que rebuter. À chacun de tenter l’expérience ou pas tout en sachant qu’elle ne vous laissera pas indifférent. Pour ma part, ce fut une longue lecture plaisante et délirante comme je les aime. Avis aux amateurs !

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vendredi 26 avril 2019

"L'heure des fauves" d'Andrew Klavan

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L'histoire : New York, le jour de la fête de Halloween. Nancy Kincaid découvre qu'elle a disparu : lorsqu'elle se rend à son travail, elle s'entend demander par la secrétaire ce qu'elle fait là dans le bureau de ... Nancy Kincaid. Terrifiée, elle s'aperçoit que personne ne la reconnaît plus. Ni ses collègues, ni ses parents. Elle dérive alors dans la ville, poursuivie par une petite voix insistante qui lui murmure à l'oreille qu'un meurtre va être commis le soir même. A huit heures, l'heure des fauves. Un rendez-vous qu'elle ne doit pas manquer sous aucun prétexte... Mais est-ce pour être l'assassin, ou la victime ? Et d'abord, qu'est-ce exactement, "l'heure des fauves" ?

La critique de Mr K : Petit plaisir coupable aujourd'hui avec une nouvelle incursion dans la collection terreur de chez Pocket. Pour le coup, je trouve qu'avec L'heure des fauves d'Andrew Klavan, la maison d'édition est hors-jeu. On est plus proche d'un thriller que d'un roman d'épouvante pur-jus ici avec un récit faisant la part belle aux rebondissements, aux révélations et livrant des personnages principaux vraiment torturés. J'ai passé un très bon moment, voici pourquoi...

Une femme va à son travail comme d'habitude sauf qu'elle se rend très vite compte que personne ne la reconnaît et qu'elle n'est pas vraiment la personne qu'elle pense être. Passant pour une folle, commence pour elle un véritable road movie : poursuivie par la police, non reconnue par ses proches, elle entend des voix qui lui parlent d'un mystérieux rendez-vous où elle doit se rendre... En parallèle, on suit Oliver, un poète en panne d'inspiration et sa douce voisine attentionnée qui se verrait bien être plus qu'une simple amie. Et puis, il y a Zach, le frère du précédent, complètement allumé de la tête, pseudo mystique qui est retombé dans la drogue depuis peu. Rajoutez à cela, un cadavre décapité, un bébé braillard, une grand-mère adorable qui sucre les fraises et une odieuse conspiration qui se fait jour et vous obtenez un page-turner rondement mené et bien addictif!

Se déroulant sur une journée (le jour d'Halloween), le roman nous propose de suivre le destin de quelques personnages en alternant leur présence chapitre après chapitre. Bien évidemment, vous connaissez le jeu : rien ne semble vraiment les relier les uns aux autres mais il n'en est rien, quand toute la trame sera mise en place, on se rendra compte qu'on s'est bien fait rouler ! À ce niveau, je peux vous dire qu'on se fait avoir et qu'un personnage notamment vous fera hérisser les poils du dos, vous agacera au plus haut point... Personnellement, j'étais dans tous mes états, surtout que je n'avais vraiment rien vu venir alors que je peux tout de même me targuer d'avoir quelques livres du genre à mon actif...

Il faut dire que l'auteur s'y entend pour noyer le poisson et fournir des pistes aussi nombreuses que trompeuses. Présentant longuement les personnages, explorant leurs passés à travers des phases de flashback internes intenses, on se demande bien où il veut en venir. Il en découle des protagonistes très fouillés, crédibles, en proie aux affres du doute et parfois même de la paranoïa. On ne tombe pas dans le cliché dans cet ouvrage, j'ai trouvé ces caractérisations très bien fichues, entre efficacité et détails qui tuent. Certes, le rythme du livre s'en voit ralenti au début, il faut bien attendre la moitié du roman pour que ça décolle mais les passages de réflexions internes sont prenants et l'on ressent complètement tous les états par lesquels passent les personnages.

On navigue donc dans une ambiance étrange à l'image de cette journée d'Halloween qui se déroule très lentement avec en exergue l'heure des fauves fixée à 20h00 quelque part à New York. Angoisse, frissons et même folie sont au rendez-vous. On trouve dans les 410 pages de cet ouvrage de bons passages sur notre propension à perdre pied quand la réalité nous rattrape, voire nous dépasse. Hallucinations, altérations du jugement, poussées craintives et méfiances exagérées s’enchaînent et donnent à voir notamment une héroïne en roue libre qui avant tout se cherche et finira par découvrir la vérité sur ce qui lui arrive. Pas de fantastique au sens propre du coup, mais plutôt une séparation pas très nette entre univers fantasmé et réalité quotidienne, les deux se confondant, se mêlant et entraînant les personnages et le lecteur dans des contrées fort déplaisantes... et c'est peu de le dire ! Petite cerise sur le gâteau, étant amateur de la grosse pomme, c'est toujours un plaisir de lire un ouvrage se déroulant à New York. La ville est un personnage à elle toute seule : la foule, les rues perpendiculaires, les building ombrageux, le métro et ses tunnels mystérieux... elle contribue grandement à la dramatisation de l'histoire et épouse à merveille les événements qui nous sont donnés à lire.

Très bonne lecture donc que ce roman qui s'avale quasiment d'une traite avec ses personnages charismatiques, son écriture très plaisante et une trame bien tordue. Tout n'est pas parfait avec notamment des situations un peu tirées par les cheveux mais au final, on ne lui en tient pas vraiment rigueur, tant on a été pris par l'histoire et ses implications. À lire si vous êtes amateur du genre, vous ne serez pas déçus.

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dimanche 20 janvier 2019

Premiers craquages de 2019 !

Et oui ! 2019 a débuté depuis peu et nous avons déjà craqué en matière d'ouvrages d'occasion. Bon en fait, surtout moi, mais cela ne vous surprendra pas, Nelfe a toujours su être plus raisonnable que moi en la matière. Mais bon, on ne se refait pas et comme je ne crois pas aux résolutions de début d'année, je n'avais rien promis... Vous retrouverez dans ce post des articles dégotés à prix vraiment très bas dans notre recyclerie locale et dans notre très achalandé Emmaüs, deux hauts lieux de chinage qui décidément nous déçoivent rarement ! Regardez-moi ça !

Ensemble janv 19

De belles prises, non ? Pour éviter de définitivement plomber ma PAL qui dépasse allégrement les 200 ouvrages dormants, j'essaie désormais d'aller vers des auteurs et des ouvrages que je souhaite absolument lire. Ça réduit un peu le degré de tentation même si ça ne permet pas d'éviter tous les écueils. Le butin est en tout cas bien alléchant et je m'en vais vous le présenter en détail !

Contemporain janv 19
(Ouvrages contemporains en pagaille)

- Les Vivants et les morts et La Brigade du rire de Gérard Mordillat. Un auteur que j'adore et sur lequel je fais coup double ! Je suis justement en train de lire son dernier (Ces femmes-là) qui dépote. J'aime la langue simple et truculente de l'auteur, son engagement à gauche et sa façon d'aborder les problèmes sans fioriture. Typiquement le genre de littérature qui me parle, fait réfléchir et donne du baume au coeur dans un monde devenu fou à mes yeux. Ils ne resteront pas longtemps dans ma PAL même si je vais essayer d'espacer mes lectures pour éviter l'overdose.

- Dans l'or du temps de Claudie Gallay. Une autre auteure que j'affectionne tout particulièrement. Depuis ma lecture enthousiaste des Déferlantes, dès que je vois un Claudie Gallay trainer dans un bac, je ne peux pas résister ! Elle nous raconte ici la rencontre improbable entre un homme père de famille et une vieille dame singulière qui va finir par se confier sur sa vie passée haute en couleur. On peut compter sur l'auteure pour nous dévoiler des personnages attachants et profonds, raconter les fêlures intimes voir l'indicible au détour d'un récit enlevé. Hâte d'y être !

- Hors d'atteinte d'Emmanuel Carrère. Encore un auteur que je pratique régulièrement et qui ne m'a jusque là jamais déçu. Il nous propose dans ce roman de suivre Frédérique, une prof de collège qui va tomber dans l'addiction au jeu et remettre sa vie au main du hasard par pur défi. On peut compter sur Emmanuel Carrère pour nous proposer un récit vertigineux à partir d'un point de départ basique. Je pense que ce sera encore une lecture plaisante.

- Comment j'ai raté mes vacances de Geoff Nicholson. Voici ma prochaine lecture, j'ai enfin réussi à trouver un ouvrage fun et décalé. J'enchaine les lectures sombres et pessimistes, il est bon aussi de bien rigoler parfois un livre à la main ! Croisement entre Tom Sharpe et les Marx Brother, l'auteur nous invite à passer des vacances en compagnie d'Éric et sa famille. À priori, rien ne se passe comme prévu et l'on croise un nombre impressionnant de personnages plus branques les uns que les autres. M'est avis que ça devrait me plaire ! Je vous en reparle très bientôt sur IG!

Imaginaire janv 19
(Pour quelques livres de genre en plus...)

- L'Oeuf du dragon de George R. R. Martin. En attendant que le maître incontesté de la lenteur d'écriture nous offre ENFIN la conclusion de sa saga, je suis tombé sur ce petit volume se déroulant avant Le Trône de fer. Ça me fera patienter et je suis impatient de passer quelques temps en compagnie du chevalier sans terre et surtout de son écuyer, un certain Aegon Targaryen ! Conspiration, baston et voyages en terres lointaines sont au programme. Ce volume ne restera certainement pas bien longtemps dans ma PAL, Westeros me manque trop !

- Druide d'Oliver Peru. Voici un volume qui m'avait fait de l'oeil plusieurs fois lors de nos séjours successifs aux Utopiales. Le hasard fait donc bien les choses, j'ai hâte là aussi de me plonger dans la lecture de cet ouvrage de fantasy mettant en lumières le culte druidique, protecteur du monde. Un crime va remettre tout en cause provoquant le chaos et le désordre. Précédé d'une excellente réputation, cet ouvrage promet beaucoup. Qui lira, verra!

- L'Univers en folie de Fredric Brown. Petit détour par la science fiction avec un auteur qui n'est plus à présenter et qu'il fait bon fréquenter régulièrement quand on est fan du genre. Suite à un accident lors d'un lancement de fusée, un journaliste renait dans un monde parallèle où il va devoir se confronter puis conjuguer avec son double. L'expérience promet d'être fascinante et complètement décalée.

- Le Djinn de Graham Masterton. Un petit ouvrage de terreur enfin avec un Graham Masterton auquel je ne peux pas résister non plus ! Un objet ancien venu de l'autre bout du monde, un esprit malveillant qui ne demande qu'à être libéré, une obsession dangereuse, un auteur aimant la démesure et à l'écriture addictive... Ce sont les ingrédients idéaux pour fournir un bon récit fantastique et gore. Le genre de lecture-récréation qui ne se refuse pas !

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(LA trouvaille de Nelfe !)

- Les Morsures de l'ombre de Karine Giébel. Une auteure que ma douce a découvert sur le tard mais qu'elle a beaucoup apprécié sur sa première lecturede Toutes blessent la dernière tue (chronique à venir quand elle le voudra bien...). Nelfe est une grande amatrice de thriller devant l'éternel, nul doute que cette histoire d'homme mis en cage suite à un RDV amoureux va lui plaire. On nous parle en quatrième de couverture de frontières floues entre bourreaux et victimes, de hasard inexistant et de psychologie torturée... Purée ça promet !

Au final, on n'est pas peu fiers de nos achats. Malgré une grille de sélection plus resserrée, on a vraiment de très bons dealers de livres de seconde main dans notre secteur et cela promet encore de très bonnes heures de lecture. La PAL ne s'en porte pas mieux mais que voulez-vous, quand on aime, on ne compte plus! Suite au prochain numéro, lors des chroniques à venir dans les jours, semaines, mois et années à venir !

vendredi 18 janvier 2019

"La Mort vivante" de Stefan Wul

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L'histoire : Loin de la terre désertée, Joachim désire poursuivre des recherches biologiques en un temps où le Consistoire l'interdit, car, désormais, la hiérarchie religieuse a reconquis sa toute-puissance.

Il fuira donc une planète d'exil pour poursuivre ses travaux en toute liberté.

Martha a vu mourir sa fille. Elle dispose de la puissance et de la fortune. Joachim ne peut ressusciter la fille de Martha, mais, peut-être est-il en son pouvoir d'en créer, l'exacte réplique.

Au risque de déchaîner La mort vivante.

La critique de Mr K : Petit trip revival SF avec La Mort vivante de Stefan Wul. Dégoté à notre Emmaüs préféré pour un prix modique, j'aime à l'occasion replonger dans des ouvrages des années 70. On y trouve souvent une fraîcheur dans l'écriture et des thématiques transgressives de bon aloi dans notre époque actuelle bien trop sage à mon goût et plutôt dans une optique réactionnaire depuis quelques temps. Dans cet ouvrage, il est question de recherche scientifique et notamment de la notion de Création. À la manière d'un baron de Frankenstein dont la créature lui échappe, Joachim est lui aussi un Prométhée mais des temps futurs ! Sous ses airs de ne pas y toucher et de série B littéraire assumée, ce livre va très loin et m'a ravi !

Joachim, un biologiste vénusien voit ses activités scientifiques bridées par la théocratie au pouvoir qui encadre sévèrement tous les aspects de la société au nom d'une foi unique et omnipotente. Le vieil homme s'en accommode malgré des regrets, il ne peut poursuivre ses travaux comme il le souhaite et sent bien qu'il est à deux doigts d'une découverte fondamentale. C'est dans cette période de doute qu'un étrange colporteur toque à sa porte et lui propose de lui vendre de vieux ouvrages mis à l'index par le pouvoir en place. Peu à peu se noue une relation faite d'attirance et de répulsion, le scientifique étant partagé entre son appétit inextinguible en matière de connaissances et la menace d'être mis au ban de la société à laquelle il appartient. De fil en aiguille, Joachim va apprendre l'existence d'une organisation basée sur Terre et dont fait partie le marchand itinérant.

Exilé de force par sa nouvelle relation, Joachim fait alors connaissance du chef de cette organisation : Martha. Endeuillée par la mort de sa petite fille suite à la morsure d'un animal venimeux, elle ne se remet pas de cette perte à priori irréparable... Joachim comprend mieux alors pourquoi il a été enlevé et mené sur Terre : il travaille justement sur une technique de reproduction asexuée, méthode de clonage qui s'offre comme une solution miraculeuse pour opérer la résurrection de la jeune disparue. À partir de tissus prélevés sur le cadavre, il va tenter l'impossible : rendre une fille décédée à sa mère. Tout paraît bien se passer au départ mais attention... à vouloir jouer à Dieu, on réveille souvent des forces insoupçonnées. Gare aux conséquences !

En 153 pages, l'auteur réussit le tour de force de nous proposer une histoire prenante, au suspens insoutenable et au sous-texte riche. Ne perdant pas beaucoup de temps pour planter le décor, le background et caractériser ses personnages, Stefan Wul privilégie clairement les événements, leur enchaînement et leur amplification. Quelle tension crescendo durant tout le roman ! Partant de la traditionnelle opposition entre Foi et Raison, les vingt premières pages sont un modèle du genre. On s'oriente ensuite sur un récit d'expérimentation scientifique à la manière du classique de Shelley évoqué en ouverture de chronique. Les meilleures intentions menant souvent au pire, l'expérience dérape et l'on ne sait plus à quel saint se vouer. Le clonage initial se révèle être vite être le truchement d'un être humain et quelque chose d'autre, une entité insatiable qui va grandir, grossir et dont on ne peut garantir le contrôle ! En parallèle par petites touches au milieu d'événements qui les dépassent, on explore aussi les destinées de Joachim et Martha entre amour naissant, affres de la parentalité et obsessions qui peuvent en découler...

Très série B dans son écriture, simplissime à comprendre au départ, aux deux-tiers on vire dans l'abstraction, le délire mental (la couverture m'avait déjà mis sur la voie...). Au delà du mythe du Prométhée à la sauce SF, c'est l'humanité, son libre-arbitre et sa soif de connaissance qui est ici questionnée. Quelles limites doit-on poser à la science ? La Foi apporte-t-elle toutes les réponses ? Le dénouement dramatique remet tous les compteurs à zéro et m'a paru d'une logique implacable et assez jouissive dans son genre. Sans concessions, ce roman laisse peu d'espace à l'espoir mais nous marque durablement par sa vision globale pessimiste d'une terrible actualité. Un très bon moment de lecture que je ne peux que conseiller à tous les afficionados de SF vintage. Stefan Wul a encore frappé !

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- Oms en série
- Le Temple du passé
- Niourk

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