mercredi 11 juillet 2018

Puces de Doëlan 2018 (29)

Comme chaque année, fin juin, se tenaient les Puces de Doëlan. Petit port typique sur la commune de Clohars-Carnoët dans le Finistère Sud que j'aime particulièrement, j'adore m'y promener à n'importe quel moment de l'année. Printemps, été, automne, hiver, à chaque saison son charme. La côte est magnifique et je ne m'en lasse pas. C'est donc tout naturellement que ce rendez-vous est inscrit dans notre agenda longtemps à l'avance.

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Toute la journée, on flâne à travers les étals dans ce cadre enchanteur. Allier notre amour de la chine, des découvertes livresques avec celui de la Bretagne, nous sommes aux anges. Et quand le soleil est aussi de la partie (comme à chaque édition), touristes et locaux sont contents et en prennent plein les yeux.

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Avec 120 exposants, il y a de quoi faire. Très peu d'étals pro, c'est vraiment le vide-grenier authentique qui permet de faire de bonnes affaires et l'ambiance familiale où on discute très facilement et échange sur nos passions (notamment littéraire, vous commencez à nous connaître) est très agréable.

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Plutôt qu'un long discours, je vous laisse profiter du cadre et de l'ambiance encore un peu avant de vous présenter les petits nouveaux qui ont rejoint notre bibliothèque. Si vous n'en avez pas assez, vous retrouverez des informations supplémentaires sur le coin et d'autres photos sur les billets des années précédentes et .

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Alors, alors ! Qu'est-ce qui a attiré notre attention cette année dans les bacs ? Des bouquins bien sûr ! Oh, quelle surprise ! Mais aussi une petite gourmandise découverte en fin de parcours (victime de son succès, j'ai été obligée d'être raisonnable).

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Comme d'habitude, j'ai été plus sélective que Mr K (il faut dire aussi qu'il a un rythme de lecture de malade). Voici mes acquisitions du jour :

Acquisitions 1

- "Watership down" de Richard Adams. Trop contente de le trouver en état neuf, la précédente lectrice n'ayant pas accroché (il y a encore son marque-page dans l'ouvrage), de mon côté j'en avais beaucoup entendu parler lors de sa traduction et sortie en France en 2016. Je ne m'y attendais pas du tout. Hop, je l'embarque !

- "Surtensions" d'Olivier Norek. Norek est un auteur que bon nombre d'amateurs de thriller aime beaucoup. Pour ma part, ne l'ayant encore jamais lu, c'est l'occasion de le découvrir.

- Et la lichouserie, comme on dit en Bretagne du côté de Quimper : de la confiture maison de cassis. Miam !

Et côté Mr K ? Une sélection éclectique :

Acquisitions 5

- "La Clé de l'abîme" de José Carlos Somoza. Un Actes Sud, il passe rarement à côté. Avec déjà un ouvrage de l'auteur, "La Caverne des idées", dans sa PAL, c'est ici la passe de 2.

- "L'Ecole des chats" de Kim Jin-Kyeon. On avait déjà acquis la suite il y a quelques temps, sans savoir qu'il s'agissait d'une saga. Surprise de tomber sur cette première intégrale. C'est bon, maintenant on a tout !

Acquisitions 4

- "Une Balle dans la tête" de Dan Simmons. Inconditionnel de l'auteur, forcément, un ouvrage non lu se retrouve directement dans le sac !

- "Sacré Bleu" de Christopher Moore. Même remarque que pour le roman précédent. Moore est un auteur que Mr K aime beaucoup. Hop, dans le sac !

- "La Triste fin du petit Enfant Huître" de Tim Burton. Madeleine de Proust pur jus !

Acquisitions 3

- "La Quête du Graal" et "Guerre des Gaules" de César. Typiquement le genre de bouquins à côté desquels je passe totalement mais l'historien du couple saute dessus. Enjoy !

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Encore une belle édition dans tous les sens du terme ! De belles choses à se mettre sous les yeux et de bonnes heures de lecture sous la dent ! J'espère que cette petite promenade littéraire et touristique vous aura plus. N'hésitez pas à nous laisser un petit mot pour nous donner vos impressions, vos conseils sur tel ou tel livre à lire en premier. Ça prolonge le plaisir !


dimanche 15 avril 2018

"Envoûtement" de Ramsey Campbell

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L'histoire : Quand quelqu'un insiste pour garder une mèche de vos cheveux, ce n'est pas toujours par affection...

Queenie, une vieille femme hargneuse et possessive, a toujours persécuté ses nièces Alison et Hermione. Maintenant qu'elle est morte, tout devrait rentrer dans l'ordre. Mais, le jour des funérailles, on s'aperçoit que Queenie s'est fait enterrer avec un médaillon contenant des cheveux de sa petite nièce.

Bientôt la fillette commence à avoir un comportement étrange. Mais, quand on n'a que huit ans et que l'on ignore jusqu'au mot "envoûtement", comment échapper à l'emprise d'une morte ?

La critique de Mr K : Petite incursion horrifique aujourd'hui avec un de mes auteurs favoris dans le genre : Ramsey Campbell. Dans Envoûtement, il explore la thématique classique de l'emprise d'outre-monde à travers le prisme d'une cellule familiale en crise. Frissons assurés avec une dissection au scalpel des relations entre proches et quand on connaît le talent de l'auteur pour l'analyse psychologique des personnages, on ne peut que se régaler !

Tout commence avec le décès d'une vieille tante acariâtre. Queenie a toute sa vie mené la vie dure à ses proches, les assommant de sarcasmes et de réflexions désobligeantes. Lorsqu'elle meurt, le chagrin est donc limité dans la famille et c'est même pour certaines personnes un soulagement à peine voilé. Là où d'habitude la mort clôture une histoire, ici elle la débute avec Rowan la dernière née qui commence à se comporter bizarrement. En effet, Queenie n'a pas dit son dernier mot et semble avoir lancé un maléfice sur la petite fille. Au milieu des tensions familiales et des rebondissements à venir, elle change et ne comprend pas ce qui lui arrive. Lorsque tout bascule dans l'irréel, le lecteur ne sait plus à quel saint se vouer et bien malin celui qui découvrira la vérité avant la toute fin de l'ouvrage.

Composé de chapitres courts et par là même incisifs, ce roman se lit d'une traite. On rentre vraiment dans l'intimité d'une famille lambda avec ses soucis quotidiens qui peuvent de prime abord paraître négligeables mais qui finalement vont se révéler cruciaux quand les fils narratifs se nouent et se dénouent. Le couple parfait formé par Alison et Derek se révèle finalement bien fragile face aux événements inexplicables qui se précipitent, la belle harmonie cède bientôt la place à la suspicion et la méfiance quand Rowan change de comportement. De vieilles fêlures remontent à la surface, créant une ambiance délétère dans la famille et accentuant le désarroi des personnages de plus en plus livrés à eux-même.

Au centre du récit, Rowan se révèle un personnage très touchant dans sa lente descente aux enfers. Cette petite fille joyeuse et aimante a tout pour être heureuse : des camarades à l'école, des parents qui l'aiment et une envie de dévorer la vie sans pareil. Sur quelques chapitres, l'équilibre va se fragiliser et nous rentrons dans sa tête, partageons tout d'abord son étonnement puis sa peur. L'empathie fonctionne à plein avec cet être innocent qui se retrouve livré à une puissance démoniaque qui la ronge littéralement petit à petit. Rêves, cauchemars et réalités finissent par se confondre laissant Rowan dans une solitude intense où personne ne peut l'atteindre.

L'effroi atteint donc un certain paroxysme tant l'auteur se plaît à toucher au sacré, aux valeurs le plus positives pour ensuite les inverser pour mieux provoquer le malaise. Dans le domaine de la terreur, ce titre est une vraie réussite avec des passages vraiment inquiétants qui dérangent le lecteur dans ses certitudes. Seul bémol, une fin finalement plutôt convenue que j'aurais volontiers désirée plus sombre et jusqu'auboutiste. Mais ne boudons pas notre plaisir ici ; le roman est très bien écrit, bien rythmé et le suspens parfois insoutenable tient le lecteur en haleine jusqu'au bout. Un bon trip pour les amateurs !

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lundi 2 avril 2018

Craquage chez l'abbé (part I)

En février dernier, Nelfe et moi sommes allés chez notre abbé préféré pour fouiner un peu du côté des rayonnages de livres. Pour une première en 2018, on a fait fort ! La preuve, il faudra pas moins de deux billets pour vous décrire le butin en commençant aujourd'hui par les ouvrages appartenant au domaine de l'imaginaire au sens large. Regardez plutôt !

Acquisitions avril ensemble

Comme d'habitude, le hasard fait bien les choses et il y avait vraiment de quoi se régaler lors de notre visite avec des auteurs que j'affectionne et dont certains titres m'étaient encore inconnus et des découvertes vraiment intrigantes qu'il me tarde de faire lors de leurs lectures. Pas d'ouvrage pour Nelfe cette fois-ci, elles viendront lors du second billet sur les ouvrages de littérature plus contemporaine. Allez, c'est parti pour le grand déballage !

Acquisitions avril Denoel
(Le charme intemporel des couvertures vintage de la collection Présence du futur)

- Noô 1 de Stefan Wul. Un auteur auquel je ne peux pas dire non et qui propose bien souvent des oeuvres inclassables que certains aiment appelés "délires lucides" ou "surréalisme rationnel". C'est bien barré en tout cas et en matière de SF le Monsieur s'y entend. il est ici question de migration forcée à travers l'espace et de questionnements sur le pouvoir. Le héros réfugié sur une autre planète va connaître bien des déboires et se révéler à lui-même. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que cet ouvrage sera une belle expérience de lecture.

- Le Coeur désintégré de Théodore Sturgeon. J'adore cet écrivain et avec ce recueil de cinq nouvelles autour de l'amour, la haine et le coeur qui comprend tout, ce sera ma première incursion dans ses récits courts. J'ai hâte de m'y frotter tant chaque lecture de Sturgeon s'est révélée un délice de chaque instant entre vision neuve et écriture séduisante à souhait.

- Persistance de la vision de John Varley. Des nouvelles encore avec ce recueil qui m'a fait de l'oeil avec une quatrième de couverture faisant la part belle à l'immortalité possible grâce à l'ingénierie génétique. On imagine qu'au delà du progrès technique, ces trois textes seront l'occasion pour l'auteur (que je découvrirai lors de cette lecture) d'aborder des thèmes plus philosophiques comme la notion de morale et d'éthique mais aussi de désir et d'accomplissement de soi, des thématiques qui m'intéressent tout particulièrement lorsqu'on aborde le genre SF.

Acquisitions avril j'ai lu folio
(Un beau mix fort prometteur !)

- Visages volés de Michaël Bishop. Présenté comme une puissante métaphore de la colonisation, cet ouvrage met en scène un monde civilisé reléguant à la marge des êtres repoussants de par leur apparence physique. Le nouveau responsable de cette communauté honnie par les puissants va prendre au fur et mesure fait et cause pour eux, liant son destin au leur et devra faire face à une vérité que les humains ne sont pas forcément prêt à entendre. Un pitch accrocheur pour un roman à la très bonne réputation. M'est avis que je suis tombé sur une belle pièce littéraire !

- Mainline de Deborah Christian. Là encore, c'est le résumé du dos qui m'a séduit avec une trame se déroulant sur une planète aquatique dévolue au commerce sous toutes ses formes notamment les plus malhonnêtes. Au coeur de l'intrigue une femme-assassin aux pouvoirs très étendus dont celui de voir les futurs alternatifs qui s'offrent à elle. Mais tout pouvoir à son revers... Un roman de SF entre space-péra et cyberpunk, un mix intéressant à première vue qu'il faudra confirmer à la lecture.

- Cugel saga de Jack Vance. Ca fait un bon bout de temps que je n'ai pas lu un Jack Vance, auteur très prolifique qui m'a à chaque fois bluffé et complètement emporté avec lui dans des univers riches pour des voyages immersifs. Il est ici question de vengeance dans un univers fantasy avec son lot de sorciers, de magiciens, de voleurs et de royaumes en péril. Miam miam !

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(Roooooo, que de promesses encore !)

- Un Monde d'azur de Jack Vance. Même auteur mais dans de la SF pure et dure. Dans un monde sans consistance, fait d'océan, d'air, de soleil et d'algues, les habitants n'ont pas à se soucier de leur survie car la nourriture leur est distribuée en abondance à condition qu'ils nourrissent régulièrement le roi qui les protège. Mais ce dernier est-il un Dieu ou un monstre marin ? Drôle de résumé pour un ouvrage qu'il me tarde de découvrir lui aussi.

- Hérésie et Inquisition d'Anselm Audley. Ce sont les deux premiers tomes d'une trilogie de fantasy que je ne connaissais ni de nom ni de réputation. Le cycle se déroule sur une planète géante en grande partie recouverte d'océan où des fanatiques religieux tiennent le pouvoir d'une main de fer. Mais la résistance s'organise... C'est le genre d'achat coup de poker que j'affectionne. Qui lira, verra !

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(Un dernier mélange pour la route !)

- Pire que le mal de Jay R. Bonansinga. Un petit tour dans la dimension Terreur avec une histoire de stripteaseuse condamnée par un cancer qui guérit miraculeusement grâce à une technique d'auto-hypnose. La contre-partie est cependant inquiétante car elle semble avoir réveillé quelque chose d'épouvantable qui était en dormance depuis son plus jeune âge. Typiquement le genre de résumé qui me fait craquer, à confirmer lors de la lecture !

- La Magnificence des oiseaux de Barry Hughart. Un livre qui semble n'être qu'un pur délire mélangeant enquête, Histoire et éléments fantastiques. Impossible à résumer sans trahir une quatrième de couverture bien space. Décrit comme un mélange improbable (mais réussi !) du Juge Ti et de Terry Pratchett (deux références qui me parlent), j'attends de voir ce que cela va donner !

- La Malédiction des rubis de Philip Pullman. J'ai sauté sur l'occasion lorsque j'ai croisé la route de cet ouvrage. J'ai littéralement dévoré la trilogie de La Croisée des mondes et il me tardait de replonger dans un livre de cet auteur au talent immense. Il est ici question d'une jeune fille intrépide qui se retrouve seule dans le Londres inquiétant de l'époque victorienne et qui va devoir percer les secrets d'un rubis très convoité qui attise la mort autour de lui. Trop hâte d'y être!

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Voila pour cette première partie d'achats qui, vous en conviendrez, sont sources de promesses de lectures tantôt passionnantes tantôt intrigantes. Ils vont désormais rejoindre leurs petits camarades en attendant d'être choisis. Très vite, je vous reparlerai des acquisitions de cette session Emmaüs février 2018 avec le reste des ouvrages qui se sont faits adopter. 

dimanche 11 février 2018

Ouverture de la chasse aux livres 2018

Voici le premier post acquisitions pour l'année 2018 au Capharnaüm éclairé. Je vais vous parler aujourd'hui de trouvailles très sympathiques faites au détour de balades en terres bretonnes entre boîtes à livres, librairies d'occasion et brocantes. Comme vous allez pouvoir le constater, janvier s'est révélé riche en adoptions livresques prometteuses. Jugez plutôt !

acquisition fev 2018 ensemble

Sept petites pépites qui vont venir enrichir ma PAL bien fournie ! Nelfe ne s'est pas laissée tenter cette fois-ci, mais bon... 2018, ne fait que commencer. Débutons sans attendre le tour d'horizon de mes nouvelles acquisitions !

acquisition fev 2018 sf

- La Machine à explorer l'espace de Christopher Priest. On ne peut pas dire non à Christopher Priest. Encore plus quand il revisite HG Wells à travers un mix délirant de ses oeuvres les plus célèbres. Écrit de jeunesse, j'ai hâte de visiter Mars et d'assister à la guerre des mondes en compagnie de voyageurs déboussolés. Un livre qui ne restera pas longtemps dans ma PAL à coup sûr !

- Enfants des étoiles de HG Wells. Justement, à côté de l'ouvrage précédent, j'ai trouvé un ouvrage de Wells que je ne connaissais pas. De la SF à nouveau donc avec de mystérieux rayons cosmiques qui bombardent en permanence la surface de la Terre et dont on ne connaît pas l'origine. L'auteur se propose d'éclairer notre lanterne à sa manière... Je dois avouer que je ne sais pas du tout à quoi m'attendre, n'ayant jamais été déçu par l'auteur, je suis très optimiste !

acquisition fev 2018 horreur

- Soleil de minuit de Ramsey Campbell. Un roman de la collection Terreur chez Pocket qui promet beaucoup. L'auteur m'a déjà séduit par le passé, cette balade morbide au pays des contes glacés du Nord que nous propose Ramsey Campbell attise mes attentes de lecteur. Au programme, un passé enfoui qui ressurgit et convoque des fantômes fait s'éloigner de la réalité un héros incrédule. On peut compter sur l'auteur pour lâcher les chevaux et malmener au maximum son personnage principal. 

- Envoûtement de Ramsey Campbell. Même auteur pour une toute autre histoire dans le genre terreur qu'il affectionne. Une tante hargneuse et possessive revient d'entre les morts en prenant possession de sa petite nièce, bien trop jeune pour comprendre ce qui lui arrive. M'est avis que ce roman va bousculer les lignes et fournir une expérience sur le fil du rasoir. J'ai bien hâte d'aller voir cela de plus près !

- La Tempête du siècle de Stephen King. Un King que je n'ai jamais eu l'occasion de lire et qui s'est présenté à moi au gré d'un hasard heureux. Une mystérieuse tempête qui approche et s'annonce apocalyptique, un individu menaçant aux objectifs obscurs, une ambiance de fin du monde qui plane sur une communauté isolée... Pas de doute, on est en terrain connu et l'on peut compter sur le roi de l'épouvante pour nous mener par le bout du nez !

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- L'Équipage de Joseph Kessel. Un livre que j'ai adopté de suite sans même connaître son contenu, là encore on ne peut pas dire non à un monstre sacré de la littérature. De retour à la maison, après prise de renseignements sur le web, les étoiles se sont alignées : le récit se déroule durant la Première Guerre mondiale et décrit la vie des membres d'une escadrille française d'observation. Un grand roman que j'ai hâte de découvrir !

- Belle du Seigneur d'Albert Cohen. Enfin, un classique qui m'a toujours échappé et qui de surcroît peut servir d'arme d'auto-défense tant le volume s'apparente à une brique ! Une histoire d'amour étirée sur plus de 1000 pages, ça ne se refuse pas, ça se goûte et se découvre ! Wait and read.

Voila voila, pour cette première série d'acquisitions qui va rejoindre ma PAL. Sachez d'ors et déjà qu'hier avec Nelfe nous sommes allés à notre Emmaüs préféré pour la première fois cette année et que le craquage a été énorme ! Inutile de vous dire que vous serez bientôt informés de nos nouvelles trouvailles. En attendant, je vous laisse, j'ai quelques lectures qui m'attendent...

lundi 11 décembre 2017

Noël avant l'heure...

Dernier post d'acquisitions de l'année au Capharnaüm éclairé avec un énième séjour fructueux à notre centre Emmaüs préféré. Nous n'avons plus trop le moral depuis la disparition de notre très chère Tesfa, on essaie donc de se consoler comme on peut et quoi de mieux qu'un gros craquage pour oublier un temps la peine qui nous étreint le coeur. Comme vous allez pouvoir le constater, nous n'y sommes pas allés avec le dos de cuillère, y compris ma Nelfe adorée !

Acquisitions dec ensemble
(Oui, oui tout cela ! On assume !)

17 petits nouveaux pour exploser nos PAL pourtant déjà bien portantes ! IRRÉCUPÉRABLES ? Pas seulement... Je pense qu'on est désormais dans le cas d'une pathologie grave et malheureusement incurable. Mais je vous connais... Ça vous plaît bien de nous voir nous enfoncer dans ce mal pernicieux du matérialisme littéraire à outrance ! Je vous pardonne bien volontiers et vous convie à me suivre pour la présentation des ouvrages nouvellement acquis.

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(Actes Sud et compagnie, je vous aime !)

- "La Double vie d'Anna Song" de Minh Tran Huy. En tant que fervent adepte de littérature asiatique et de la maison d'édition Actes Sud, je n'ai pas résisté longtemps face à ce titre qui me tendait les bras. Suite à la disparition de la pianiste célèbre qui donne son nom à l'ouvrage, un scandale éclate sur la réalité de son travail artistique. Jeu de miroirs fascinant faisant à priori la part belle à la trahison et l'imposture, ce livre ne garnira sans doute pas très longtemps les étagères de ma PAL.

- "L'Accompagnatrice" de Nina Berberova. On reste dans le milieu musical avec les relations tortueuses entre une soprano issue de la haute société et sa jeune accompagnatrice bâtarde et pauvre relatées par une auteure russe que je vais découvrir avec ce roman. Antagonisme sournois des classes sociales et envoûtement de la musique sont au programme. Ca n'a pas l'air mal du tout !

- "Photo de groupe au bord du fleuve" d'Emmanuel Dongala. Ce roman raconte la révolte de casseuses de cailloux dans un pays de l'Afrique contemporaine contre la pauvreté, la guerre, l'oppression au travail, les violences sexuelles et domestiques. Un jour, elles décident de vendre le sac de gravier plus cher. La journée et les suivantes pourraient bien bouleverser leur existence à toutes, à défaut de changer le monde. Féminisme, portrait réaliste d'une Afrique loin d'être exotique et humour de bon aloi ont permis à l'auteur d'obtenir de nombreux prix pour ce titre, hâte de voir ce que cela donne !

- "Le Moine" de Matthew G. Lewis. Un des premiers romans gothiques qui fit scandale lors de sa sortie (1796 !) et qui fut interdit un moment car soit-disant licencieux. Un moine vertueux entre tous et apprécié de la bonne société de son époque va devoir confronter sa foi à ses désirs les plus sombres. On nous promet beaucoup dans le domaine des vicissitudes et une écriture à tomber par terre. Il n'en fallait pas moins pour que je me laisse tenter !

Acquisitions dec 3
(Quand l'Histoire rencontre les histoires...)

- "Journal" d'Anne Frank. Un classique qu'on ne présente plus et dont j'ai utilisé des extraits il y a peu avec mes élèves de 3ème PEP lors d'une incursion dans la seconde guerre mondiale. Désirant le relire (ma lecture remonte au collège, c'est dire !), je me suis rappelé que je l'avais alors emprunté au CDI et que je n'en avais jamais fait l'acquisition (la honte, je sais !). L'occasion faisant le larron, c'est tout naturellement qu'il s'est présenté à moi lors de notre dernier passage chez l'abbé. Un futur re-reading entre Devoir de mémoire et émotion que j'entreprendrai très bientôt entre deux SP de janvier.

- "À l'ouest rien de nouveau" de Erich-Maria Remarque. La Guerre 14-18 entre à nouveau dans ma PAL, c'est une de mes marottes régulières en littérature historique avec ici le témoignage d'un soldat allemand sur le conflit pour un roman pacifique et réaliste dont j'ai beaucoup entendu parlé. Gros succès mondial lors de sa parution en 1929, je ne doute pas un instant que la lecture de ce roman sera bouleversante.

- "Le Café de l'Excelsior" de Philippe Claudel. J'aime les histoires tendres et souvent pleines d'émotions de Philippe Claudel, c'est donc tout naturellement que j'acquiers automatiquement tous les ouvrages d'occasion qui me tombent entre les mains. Ici un petit garçon ayant perdu ses parents va habiter avec son grand-père qui tient un bar, lieu d'oubli et assommoir pour les êtres qui le fréquentent mais aussi un petit paradis vu à travers les yeux d'un enfant. Très prometteur !

- "Ce que le jour doit à la nuit" de Yasmina Khadra. Typiquement le genre d'acquisition pulsionnelle et maso que je pratique régulièrement, avec ce choix un auteur adoré pour un sujet difficile : la guerre d'Algérie. Je suis sûr d'avance que je vais adorer cet ouvrage malgré les horreurs qu'il va me décrire car Yasmina Khadra n'a pas son pareil pour décrire les splendeurs et décadences de notre espèce. Une lecture redoutée donc...

Acquisitions dec 2
(Du thriller en veux-tu ? En voila !)

- "Cadres noirs" de Pierre Lemaitre. Dans cette course à la sélection, un cadre de 57 ans au chômage depuis quatre ans ne reculera devant rien pour être choisi. Cependant, quelle réaction pourrait-il bien avoir s'il se rendait compte que les dés étaient pipés depuis le départ ? On peut compter sur Pierre Le Maître (un auteur que j'aime par dessus tout) pour explorer les abysses de l'esprit humain et lâcher les chevaux. M'est avis que celui-ci aussi ne restera pas bien longtemps dans ma PAL !

- "Derniers adieux" de Lisa Gardner. Une agent du FBI enceinte travaille sur les disparitions mystérieuses de plusieurs prostituées. Peu à peu émerge l'idée d'un serial-killer qui frapperait déjà depuis de nombreuses années, un piège invisible semble alors se refermer inexorablement autour de l'héroïne. Je n'ai pas réfléchi plus de deux minutes, j'adore Lisa Gardner et une lecture d'un de ses ouvrages promet forcément un suspens haletant et un plaisir de lecture durable. Hâte d'y être !

- "Seul à savoir" de Patrick Bauwen. Facebook comme révélateur d'un passé qu'on ne veut pas oublier pour l'héroïne, Patrick Bauwen explore avec ce roman les arcanes de la recherche médicale de pointe, le circuit de l'argent sale et les nouvelles technologies. Ayant déjà pratiqué avec bonheur cet auteur, je me suis laissé tenté. Wait and read !

Acquisitions dec 1
(Non, vous ne rêvez pas, Nelfe tient ici son record de craquage même si elle ne me dépasse pas... faut pas rêver non plus !)

- "Puzzle" de Franck Thilliez. Amatrice forcenée (et il faut bien l'avouer sadique, elle me fait peur parfois) de thriller, Nelfe était toute contente de tomber sur cette pièce de choix de Franck Thilliez, un auteur qu'elle apprécie beaucoup. Deux spécialistes des chasses au trésor vont participer au jeu ultime Paranoïa qu'ils souhaitaient intégrer depuis longtemps. À priori, ils ne seront pas déçus...

- "Am Stram Gram" de M. J. Arlidge. Là encore une heureuse trouvaille pour une Nelfe qui avait inscrit cet ouvarge dans sa wish list. Des paires de victimes sont enlevées, emprisonnées et confrontées à un terrible choix : tuer ou être tué. Gasp... le genre de choix impossible que l'auteur va prendre un malin plaisir à exposer à ses lecteurs. De la bonne perversité au programme, tout pour plaire à ma douce et tendre. Je commence à grave flipper moi là...

- "Amelia" de Kimberly McCreight. Une mère d'adolescente apprend que sa fille a sauté du toit de son établissement scolaire. Ce suicide était totalement imprévisible à ses yeux et un mystérieux message anonyme envoyé plus tard semble sous entendre qu'il s'agirait d'un meurtre... Aie aie aie, ça va chauffé dur et les appétits de Nelfe en matière de récits tortueux vont être sans doute mis à rude épreuve. Purée, il faut que je prenne mes précautions et que je retouche mon testament moi...

- "Dans le silence du vent" de Louise Erdrich. À la fin des années 80, une femme amérindienne est agressée, battue et violée. La vie de son fils de treize ans s'en voit bouleversée et devant la lenteur de la police à tenter de résoudre ce crime, il va mener l'enquête avec ses potes. Un roman qui promet d'être déchirant avec un ado confronté à la violence et à l'injustice. sans doute un ouvarge que je repiquerai à Nelfe après sa lecture.

- "Rendez-vous à Crawfish Creek" de Nickolas Butler. Dix nouvelles, dix balades le long des routes du midwest. Un choix logique et sans doute imparable quand on sait que Nelfe et moi sommes fans de la collection Terres d'Amérique de chez Albin Michel. Ici les destins se croisent entre réalisme et poésie pour nous livrer des portraits sans fards d'âmes du Wisconsin. Aaaarg, je le lui piquerais bien aussi !

- "À moi pour toujours" de Laura Kasischke. Une professeur d'université reçoit un billet doux d'un mystérieux admirateur. Ce qui s'annonce tout d'abord comme une lumière brillante dans une vie morne va en fait totalement désorganiser sa vie et la faire chavirer. Au Capharnaüm éclairé, on adore Laura Kasischke, impossible donc de résister à la tentation que représente un livre de cette poétesse des temps modernes qui n'a pas son pareil pour dépeindre les femmes, leurs tentations et leurs désirs. 

Au final, une sacrée bonne sélection qui va intégrer les anciens volumes de nos PAL respectives. Dur dur de résister face à des auteurs adorés ou des quatrièmes de couverture attrayantes. Reste maintenir à lire tout cela et à en juger la qualité à travers les chroniques à venir dans les semaines, mois et années à venir. Y'a du boulot !


vendredi 20 octobre 2017

"Deuils de miel" de Franck Thilliez

Deuils_de_mielL'histoire : Une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Pour le commissaire Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l'entraîner au plus profond de l'âme humaine : celle du tueur... et la sienne.

La critique Nelfesque : Retour dans l'univers de Franck Thilliez après quelques années de disette. J'ai découvert sa plume en 2011 et n'avais lu que 3 romans de lui jusqu'alors. Il était donc temps de me replonger dans ses écrits avec "Deuils de miel", troisième volet de sa saga dédiée à Franck Sharko et Lucie Hennebelle. Comme avec beaucoup de saga thriller / polar, il est tout à fait possible de lire les ouvrages indépendamment les uns des autres, chacun étant dédié à une enquête. Seulement, si vous souhaitez comme moi, en apprendre plus sur le personnage et suivre son évolution, il vaut mieux les prendre dans l'ordre.

Franck Sharko est ici un homme meurtri. Veuf et démoli, il tente chaque jour de reprendre le dessus et s'accroche à son métier pour ne pas perdre pied. C'est alors que le cadavre d'une femme est retrouvée dans une église. En position de prière, entièrement nue et rasée, elle ne présente pas de blessures apparentes et l'ensemble semble être une mise en scène particulièrement macabre. Sept papillons sont posés sur son crâne lisse. Commence alors un jeu de pistes où le commissaire Sharko tiendra une place de choix. Principal "chasseur" du tueur, il va se jeter corps et âme dans cette enquête qui réveillera des douleurs encore vives du passé.

Dépassant allégrement les frontières du bien et du mal et de ce qui se fait dans le cadre de ses fonctions, Sharko est ici borderline à souhait. N'en faisant qu'à sa tête, fonctionnant 100% à l'instinct, il a des réactions on ne peut plus primaires et basiques et perd totalement pied pour le plus grand bonheur du lecteur qui se délecte de la précision avec laquelle Franck Thilliez fait sombrer son personnage.

Après une première partie intéressante mais somme toute assez classique dans son approche (ceux qui sont friands de thrillers y trouveront leur compte mais sans crier au génie pour autant) le dernier tiers est un festival jouissif qui vaut à lui seul la lecture de ce roman. La tension monte crescendo et l'auteur ne fait pas dans la dentelle pour nous servir un final absolument dantesque. Quel pied ! L'épilogue vient d'ailleurs clore l'ensemble et laisse le lecteur sans voix. Je suis une habituée de thrillers mais je dois dire que là Thilliez fait très fort ! Que va-t-il advenir du commissaire dans les volumes suivants ? La question reste plus que jamais en suspens et je ne tarderai pas autant à me plonger dans la suite.

L'écriture est maîtrisée, laissant voir au départ un ouvrage de bonne facture mais en gardant sous le pied pour mieux nous amadouer et nous époustoufler par la suite. Un parti pris qui paye puisque la surprise n'aurait pas été aussi intense si Thilliez n'avait pas aussi bien jaugé son suspens et la tension au fil de ses pages. Autant par le passé, j'ai pu faire preuve de tempérance sur ses écrits, autant ici, je suis bluffée et je l'avoue, je n'aurai pas pensé l'être autant par cet auteur (pourtant adoré dans le genre, j'aurai dû m'en douter).

Amateurs de thrillers, je crois qu'il est inutile de vous faire un dessin : foncez ! "Deuils de miel" vous ravira sur tous les points : histoire, personnages, psychologie, écriture et émotions. Ca fait du bien par où ça passe !

jeudi 12 octobre 2017

"Le Trône de Satan" de Graham Masterton

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L’histoire : Rick Delatolla se flattait d'avoir le don pour flairer les bonnes affaires. Et le fauteuil en acajou richement sculpté de serpents et de corps humains entrelacés paraissait bien être l'occasion du siècle.

Jusqu'à ce que des choses étranges commencent à arriver à Rick et sa famille : arbres du jardin dépérissant en quelques heures, journées entières s'écoulant en un clin d'œil, chien dévoré de l'intérieur par un monstrueux insecte.

Rick savait qu'il n'avait pas le choix : il fallait qu'il détruise le fauteuil avant que le fauteuil ne détruise tout ce qui comptait pour lui.

Mais le trône de Satan l'avait pris en affection et tenait absolument à lui accorder ses bienfaits...

La critique de Mr K : Petit séjour sympathique dans la planète terreur aujourd’hui avec cet ouvrage de Graham Masterton, un orfèvre anglais en la matière qui ne m’a jamais déçu. Une fois de plus, c’est par hasard que je tombai sur Le Trône de Satan, sombre histoire d’objet démoniaque qui va bouleverser le quotidien d’une famille. Cette lecture, à défaut d’être d’une grande originalité, a le mérite d’être redoutablement efficace et d’être menée de main de maître.

Rick est un brocanteur à qui la vie sourit : son couple est à son zénith, ils ont un enfant adorable et ses affaires marchent très bien. Plutôt aisé, il croque la vie à pleines dents et ne se préoccupe pas vraiment du lendemain. Mais voila qu’un jour, un étrange personnage lui propose un fauteuil à la valeur présumée très intéressante. Au final, Rick en devient acquéreur un peu contre son gré et va s’en mordre les doigts. Il semblerait bien que le meuble soit maudit et doué d’une raison propre. Les événements étranges, surnaturels et bientôt macabres s’accumulent autour de la petite famille. Très vite, ils vont se rendre compte qu’il est très difficile de se défaire de la marque du Seigneur des mouches dont l’ombre semble planer sur les pages de ce roman au rythme vif et haletant.

On retrouve dans ce récit des thèmes classiques du fantastique à commencer par l’objet hanté qui semble très attaché à son nouveau propriétaire. Apparaissant et disparaissant à l’envie, mu par une volonté et une vie propre, il étend son influence sur ses familiers mais aussi leurs proches. Déjà flippant par son apparence, le bois acajou cédant la place sur certaines faces à des sculptures d’un goût douteux, il finira par s’adresser directement à Rick entre menaces et mystérieuses requêtes. C’est en faisant des recherches à son sujet, que le héros découvrira toute la vérité sur cet objet pluri-séculaire qui sème le chaos et la mort sur son passage. D’ailleurs la petite famille ne va pas échapper à la malédiction avec des intersignes très inquiétants, le chien de la maison périssant d’une mort affreuse et un enfant de plus en plus en danger. Non, décidément, on ne rigole pas avec le Seigneur des Ténèbres.

Face à lui, les personnages tentent de s’en sortir comme ils peuvent. Bien qu’il ne soit pas des plus originaux, j’ai aimé suivre Rick dans ses aventures notamment parce que tout cela se déroule autour de l’histoire de l’art et de la brocante, des thèmes intéressants et ici très bien exploités. Histoire, fantastique et mysticisme font très bon ménage une fois de plus, apportant profondeur et questionnement durant les 223 pages de cet ouvrage. Certes, on devine une bonne moitié des ressorts de l’intrigue (surtout si on n’est pas à sa première lecture du genre) mais on prend plaisir à suivre les manifestations démoniaques et leur possible résolution. À noter, la présence d’un personnage ambigu de bon aloi (David) qui brouille un peu les pistes et dont on ne sait pas vraiment quoi penser tout au long du livre tant il ménage la chèvre et le chou, vouant une fascination malsaine pour le fauteuil et éprouvant pour autant beaucoup d’empathie pour les malheurs de Rick et sa famille.

Plutôt avare ici en scènes purement gores (un peu sa spécialité à la base) malgré des passages bien salés en la matière, Masterton se concentre beaucoup sur ses personnages et leurs réactions / sentiments. L’appréhension et la peur se font ici insidieux, rampants et au final très communicatifs. L’action débute dès les premières pages et clairement, le rythme reste soutenu jusqu’à l’ultime chapitre, à la manière d’un bon page-turner. Rajoutez là-dessus les qualités littéraires de cet écrivain qui en font un des meilleurs dans le genre qui compte tout de même pas mal de tâcherons et vous obtenez une série B littéraire addictive à souhait et rudement menée. Les amateurs apprécieront grandement !

Egalement lus et chroniqués de Masterton au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
Apparition
La Cinquième sorcière
- Le Jour J du jugement

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jeudi 7 septembre 2017

"La Secte sans nom" de Ramsey Campbell

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L’histoire : Jamais vous ne connaitrez le nom de vos geôliers. Vous ne serez plus rien. Rien qu'une victime. Et personne ne vous entendra hurler.

Le corps sauvagement mutilé d'une enfant est retrouvé dans les bois.

Neuf ans plus tard, Barbara, en se plongeant dans une activité fébrile, a presque réussi à se remettre du meurtre et du kidnapping de sa fille. Jusqu'à ce qu'une petite voix lui dise au téléphone : "Maman, maman, j'ai besoin de toi".

Son enfant est vivante, prisonnière d'une secte sinistre, se livrant à des rites sataniques, innommables.

Affolée, Barbara essaie de retrouver la trace de la secte. Les adeptes l'attendent...

La critique de Mr K : Retour dans la planète terreur de chez Presse Pocket avec cet ouvrage qui fait la part belle à l'angoisse et au mystère. Un petit plaisir coupable comme je les aime, idéal pour les vacances (celui-ci a été lu cet été), une lecture sans prétention qui n'invente pas le fil à couper le beurre, un livre qui ne prétend pas être un classique mais qui se révèle globalement efficace dans son genre.

Barbara a dû se reconstruire par le travail suite à la disparition tragique de sa fille, elle que la vie n'a déjà pas épargné avec la mort prématurée de son mari lors de sa grossesse. Angela a été enlevée à son école puis retrouvée morte assassinée. Le deuil est très difficile à supporter pour l'héroïne qui se sent responsable. 9 ans après, la traductrice est devenue agente d'écrivains, elle mène désormais sa barque d'une main de maître. Un coup de téléphone à priori anodin va bouleverser la nouvelle existence qu'elle s'est efforcée de construire du mieux qu'elle peut. Sa fille semble être revenue d'entre les morts et tente de la recontacter ! Commence alors un jeu du chat et de la souris, une enquête à haut risque qui ira de révélation en révélation.

On rentre dans le vif du sujet très vite avec ce roman qui commence fort avec le coup de fil d'outre-tombe et quelques flashback bien sentis sur la vie que menait Barbara avant le drame. Tout est prêt pour la grande bascule et quand celle ci se déclenche, tout semble échapper à Barbara qui perd ses moyens et s'enfonce dans une spirale infernale. Elle va devoir démêler le vrai du faux entre espoirs et fausses pistes, et enquêter sur une mystérieuse secte, composée d'anonymes, extrêmement bien organisée et qui laisse peu de traces voir aucune. Elle ne peut compter que sur elle même et un ami proche. La menace au fil des pages se fait plus insidieuse et le final révèle bien des vérités, pas forcément faciles à accepter.

Bien rythmé, La Secte sans nom se lit d'une traite alternant de manière régulière des passages stressants avec des immersions bien senties dans l'esprit des personnages qui sont plus qu'éprouvés par les événements du livre. Les rapports entre les différents protagonistes sont très bien rendus notamment les changements qui s'opèrent chez Barbara : activ woman sûre d'elle, le passé qui ressurgit va la transformer et fêler le personnage qu'elle s'est bâtie. Prise entre le remord et le fol espoir de revoir sa petite fille, elle va vraiment devenir borderline et les passages concernés sont vraiment saisissants de réalisme. Intéressant aussi le personnage de Ted, son ami divorcé qui jongle entre sa vindicative ex femme et l'étrange histoire dans laquelle il se retrouve plongé. Ces deux là semblent s'engluer dans une toile d'araignée qui les dépasse. Un climat de paranoïa s'installe durablement chez eux et contamine irrémédiablement le lecteur, ravi d'être pris en otage.

Au final, on passe un très bon moment malgré quelques scories narratives qui ralentissent parfois le déroulé de la narration (répétition inutile d'exploration de demeures abandonnées notamment) et un manque de développement autour de la secte, ses origines et ses pratiques. A ce propos, rien de vraiment satanique chez elle (mêmes si les pratiques sont horribles je vous l'accorde). Malgré tout, La Secte sans nom se lit très bien et on en ressort satisfait. Une bonne lecture détente-neurone en somme.

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mercredi 9 août 2017

Petit tour à la ressourcerie...

Avant notre départ en Périgord, Nelfe et moi sommes allés innocemment à la ressourcerie de Lorient pour voir un peu ce qu'ils proposaient. Plus précisément, nous recherchions quelques verres à vin, vu ma mauvaise habitude de les casser en faisant la vaisselle. Aucun verre nous ne trouvâmes mais par contre, le rayon livre était bien achalandé... Jugez plutôt des nouvelles acquisitions que nous avons ramené à la maison !

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(aie aie aie...)

Vous voyez où on en est arrivé ??? I.R.R.E.CU.P.E.R.A.B.L.E.S ! Enfin surtout moi comme vous allez pouvoir le constater, Nelfe s'étant une fois de plus illustrée par sa capacité de résistance à la tentation. Voici un traditionnel post de craquage comme nous en avons le secret, suivez le guide pour la présentation des petits nouveaux qui viennent rejoindre leurs congénères dans nos PAL respectives. 

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(THE trouvaille !)

- La Ligne verte de Stephen King. Un des derniers "vieux" titres de Stephen King qui m'avait échappé jusqu'ici. Comme beaucoup, j'ai adoré le film mais je souffrais de ne pas avoir lu ce titre paru sous forme de feuilletons et réputé comme très réussi dans l'oeuvre de cet ogre littéraire. Gros coup de chance donc de tomber sur les six volumes réunis au même endroit et dans la toute première édition. Sans doute, une de mes prochaines lectures tant l'attente fut longue !

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(Librio en force, again !)

- La Morte amoureuse de Théophile Gautier. Sans doute, le premier roman mettant en scène un mort-vivant, et féminin de plus ! Rajoutez là-dessus un auteur que j'adore, une bonne pincée de XIXème siècle, un prêtre amoureux, des esprits qui se déchaînent et vous obtenez un court récit que j'ai hâte de parcourir. Là encore, il ne devrait pas trop traîner dans ma PAL !

- Aurélia de Gérard de Nerval. Entre hallucinations et mystères, De Nerval propose ici un voyage subliminal dans son imagination au coeur de son romantisme à fleur de peau et de ses rêves éveillés mêlant femmes disparues, ancêtres regrettés et paysages merveilleux. Je ne sais pas pour vous mais personnellement, je suis plus que tenté !

- Le Prince de Machiavel. Un classique hors norme que je vais relire avec grand plaisir (emprunt au CDI dans mon année de terminale). Précurseur dans la pensée politique, cet ouvrage explique clairement et nettement le principe de realpolitik et le contrôle des masses. Rajoutez un bon ouvrage de Debord (La société du spectacle au hasard...) et vous obtenez la société actuelle. Pas le genre de lecture rassurante en soi mais comme on dit knowledge is power !

- Le Grand dieu Pan de Arthur Machen. Première incursion dans l'univers d'un auteur présenté comme un maître de la terreur et des mondes inconnus. L'action se déroule à Londres où une femme fatale sème la folie et l'effroi sur son sillage. Qui est-elle vraiment ? Que recherche-t-elle ? Navigant constamment entre réalité et déviances diaboliques, on promet au lecteur une lecture tumultueuse. Ça promet !

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(Un pot-pourri, bien sympathique !)

- L'Attente de l'aube de William Boyd. Un acteur se voit proposer de devenir agent secret par une commanditaire dont il tombe amoureux... J'aime beaucoup cet auteur qui à priori multiplie les surprises et les rebondissements dans un roman salué par la critique. Wait and read.

- Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland. Un récit dynamitant le roman familial traditionnel et qui met à mal l'American way of life. Connu pour sa subvertion, l'auteur s'amuse à envoyer une tribu de sympathiques cinglés dans une Floride de carte postale. Gare à la casse !

- Les Sirènes de Bagdad de Yasmina Khadra. Un Khadra, ça ne se refuse jamais, j'ai donc adopté celui-ci sans même regarder le résumé en dos d'ouvrage. On retrouve ici les thématiques chéries par cet auteur : le fanatisme, la violence et la confrontation entre tradition et modernité. M'est avis qu'une fois de plus, je ne sortirai pas indemne de cette lecture !

- Balade pour un père oublié de Jean Teulé. Road movie insolite qui voit un jeune père kidnappé son nourrisson à la naissance et partir revoir les différentes femmes qui ont jalonné sa vie ; je m'attends au meilleur d'un auteur que j'affectionne tout particulièrement. Vous lirez un peu plus bas que j'ai doublé la mise à son sujet !

- Les Carnassières de Catherine Fradier. Une ex flic virée pour bavure se retrouve projetée dans une enquête à haut risque dans le milieu russe des Baléares. Au programme : mafia sibérienne, ex du KGB et meurtres en série. C'est très engageant et le style incisif semble se rapprocher d'un Despentes. Tout pour me plaire donc !

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(Pot pourri de brochés pour changer !)

- Retour en absurdie de Stephane de Groodt. Là encore, un pot monstrueux que de tomber sur ce titre. Nelfe m'avait offert le premier tome il y a quelques années et j'avais adoré cette expérience bien branque et délectable à souhait. Je vais pouvoir rééditer cette lecture hautement plaisante avec ce volume deux des chroniques télévisuelles d'un as du calembourg et du jeu de mot.

- Héloïse, ouille ! de Jean Teulé. Teulé deuxième acte avec un volume consacré à Abelard et Héloïse, couple mythique que l'auteur va s'employer à démystifier dans le style si vert qu'on lui connait. Hâte de lire celui-ci aussi !

- La Tâche de Philip Roth. Troisième volume d'une trilogie thématique sur l'identité et l'histoire de l'Amérique d'après guerre (j'ai les deux autres volumes dans ma PAL), il est ici question de mensonge, d'honneur et d'amour. Le genre d'ingrédients qui bien mixés donnent souvent de grandes oeuvres et quand on connait les talents de Roth en matière de narration et de style, ça risque d'être très bon !

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(La sélection de Nelfe... Oui, elle est 10 000 fois plus raisonnable que moi!)

- Ni vu ni connu d'Olivier Adam. J'aime beaucoup Olivier Adam (là, c'est Nelfe qui parle) et je suis curieuse de découvrir celui-ci paru dans une édition jeunesse. Ça va se lire très vite mais je ne doute pas que ça soit encore une fois intense !

- Mississippi de Hillary Jordan. Un Belfond ! Une maison d'édition de qualité ! Limite je peux y aller les yeux fermés. Mississippi des années 40, "dans la lignée d'un Faulkner", nous dit la quatrième de couverture : ça donne envie !

- L.A. Requiem de Robert Crais. Encore un Belfond ! Une enquête, un flic en pleine rédemption mais au passé trouble. Miam miam !

Belle moisson d'ensemble, non ? Certes les livres sont encore plus serrés qu'avant dans nos PAL mais les promesses de lecture sont riches et nos chroniques prochaines et à venir en témoigneront certainement. Qu'il est bon d'être book addict, une passion dévorante mais pas vraiment ruineuse quand comme nous, on aime les livres de seconde main... À quand le prochain craquage ?

mardi 25 juillet 2017

"Le Zéro et l'infini" d'Arthur Koestler

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L'histoire : Inspiré des grands procès de Moscou, le roman imagine l'itinéraire d'un responsable communiste, Roubachof, jeté en prison et jugé après avoir été lui-même un "épurateur".

La critique de Mr K : Chronique d'un classique de la littérature du XXème siècle aujourd'hui avec cette critique féroce du totalitarisme qu'il est de bon ton de lire encore aujourd'hui et qui est restée bien trop longtemps dans ma PAL à mes yeux. Bien qu'il ait quelque peu vieilli dans le style, ce fut une lecture choc, de celles qu'on n'oublie pas et qui reste trotter dans votre tête des semaines, des jours et des mois après sa lecture.

Un cadre du parti est arrêté en bas de chez lui. Emprisonné, il réfléchit au pourquoi du comment. Agent communiste en Europe, épurateur de soviet qui chassait le déviationniste, le voilà inculpé du même crime, celui de douter et de remettre en question le bien-fondé de la politique menée par le grand chef. Commence pour le héros le long temps de l'enfermement, des interrogatoires et la prise de conscience de la dure logique en jeu derrière le rêve commun prôné par les autorités. Dans un pouvoir totalitaire, l'homme n'est rien (le zéro) contrairement à la pensée humaniste qui expose l'idée que l'infini est contenu en l'homme par la multiplicité des chemins qui s'offre à lui.

Roman de prison peuplé de flashback éclairant le lecteur sur Roubachof le héros, très vite l'ambiance pesante nous envahi. C'est la découverte de la geôle et les interrogations qui vont avec : pourquoi n'a-t-il rien à manger ? Qui essaie de communiquer avec lui depuis la cellule d'en face grâce à un vieux code ? Comment va-t-il passer l'épreuve de l'interrogatoire ? Va-t-il craquer ? Autant d'angoisses et de raisonnements de l'homme aux abois que l'auteur nous invite à partager au plus près, dans l'intimité profonde d'un homme au bout du rouleau, qui sait que les dés sont pipés et qu'il est condamné d'avance. Nous assistons alors à ses derniers moments, ses tentatives de rendre la monnaie de leur pièce à ses bourreaux et sa prise de conscience progressive de la nature profonde du pouvoir en place.

On alterne donc scènes du quotidien en prison avec ses rituels et ses longues plages de temps qui rendent fou et les simulacres d'activités que l'on poursuit pour s'occuper l'esprit avec des flashback de l'ancienne vie de Roubachov, agent zélé du régime en place qui a eu le malheur de s'écarter de l'orthodoxie la plus pure. Antihéros charismatique, j'ai aimé son évolution tout au long de l'ouvrage, plus particulièrement ses tentatives désespérées pour contrecarrer l'interrogatoire de Gletkin, l'agent russe chargé de l'accusation. Pas de place pour le libre arbitre et pour la vérité durant ce procès, on fabrique les preuves s'il faut, l'individu est avili et réduit à l'impuissance. C'est un grand cri qui est poussé dans Le Zéro et l'infini, une descente aux enfers effroyable dans la mécanique bien huilée des régimes totalitaires.

La parcours de l’auteur en lui-même est intéressant, Arthur Koesler était un communiste qui petit à petit a perdu la foi dans une doctrine qui, loin d'émanciper les peuples, les rendaient encore plus dépendants et serviles qu'au temps des tsars. A la suite d'un voyage en Union Soviétique, dégoûté par ce qu'était devenu son idéal, il a décidé d'écrire ce livre accablant d'authenticité. C'est un véritable documentaire sur l'appareil répressif soviétique et il a fait grand bruit à sa sortie. Mieux, tout ce qui est décrit en dehors des éléments dogmatiques purs expliquent la logique en marche dans le fonctionnement du pouvoir et le contrôle des consciences par le chef tout puissant. Le roman sert ici à merveille l’Histoire et le devoir de mémoire. Dans ce domaine, il reste toujours aussi efficace.

Seul bémol que je me permettrais de signaler sur cette œuvre culte, le style d’écriture qui pourrait en décourager certains. On n’écrit plus pareil aujourd’hui qu’hier et l’ensemble pourrait sembler ampoulé et lourd stylistiquement. Loin de couler simplement et d‘être accessible au premier venu, c’est un ouvrage qui se décortique, se goûte et se digère. Mais ce léger effort mérite vraiment qu’on s’y attarde tant on touche à des éléments clefs avec cet ouvrage et que la dénonciation y est constructive et bien menée. Un petit bijou qu’il faut lire absolument si le sujet vous intéresse.

Posté par Mr K à 18:29 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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