lundi 17 septembre 2018

"Am Stram Gram" de M. J. Arlidge

Am Stram GramL'histoire : Une jeune femme émerge de la forêt, à peine vivante. Son histoire est au-delà du raisonnable. Mais elle est vraie. Chaque détail sordide l'est. Quelques jours plus tard, un autre survivant est retrouvé ; et une série semble se former. Des paires de victimes sont enlevées, emprisonnées et confrontées à un choix terrible : tuer ou être tué.
Préféreriez-vous perdre votre vie plutôt que votre esprit ? L'inspecteur Helen Grace connaît la part d'ombre de la nature humaine, y compris la sienne. En dirigeant l'enquête, elle comprend que les survivants détiennent la clé de l'énigme. Et rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

La critique Nelfesque : Inscrit dans ma wish-list depuis sa sortie et chiné chez Emmaüs en fin d'année dernière, il ne m'a fallu que quelques heures pour le lire. Nos lecteurs m'avait prévenue sur IG et ils ne s'étaient pas trompés. Moi qui suis adepte de thriller, "Am Stram Gram" ne m'a pas déçue. Il s'est avéré très efficace !

Tout le monde connaît le principe du "plouf plouf", le hasard déterminant un choix qu'il est impossible de faire. Tout le monde à l'école a joué à "Am Stram Gram". "Am stram gram, Pic et pic et colégram, Bour et bour et ratatam, Am stram gram" dit la chanson des cours de récré et paf le choix est fait. C'est le principe de ce roman : un impossible choix. Sauf qu'ici il n'y a rien d'enfantin. Tuer ou être tué sont les seules issues possibles.

M. J. Arlidge rentre directement dans le vif du sujet avec un premier chapitre glaçant. Sam et Amy sont dans le grand bain d'une piscine désaffectée face au choix crucial. L'angoisse est palpable et il n'y a pas besoin de beaucoup d'immagination pour se mettre à la place des protagonistes. Notre sang se glace instantanément. Véritable page-turner, on ne peut pas reposer le bouquin avant la fin. Voyeurisme macabre, "Am Stram Gram" joue sur nos peurs primales.

La tension ne se départit pas au fil des pages, les chapitres sont courts et efficaces. L'auteur ne nous laisse pas souffler une seconde et sitôt une personne sauvée, un nouveau duo se retrouve soumis au choix. Ce roman m'a fait penser à d'autres oeuvres telles que la série des films "Saw" et "Un sur deux" de Steve Mosby, la même ambivalence entre sentiment d'injustice pour les victimes et rétablissement du cours normal des choses dans un cerveau malade. Car bien que libérés, les rescapés ne sortent pas indemnes de cette expérience et bien plus que choqués par ce qu'ils viennent de vivre, ils se posent également la question du pourquoi. La culpabilité ne les lâchera plus jamais après ça.

"Am Stram Gram" est un très chouette thriller qui tient bien en haleine. Même si j'ai deviné certaines choses en amont, ce n'était que quelques pages avant, et ça fait du bien d'être surprise ! On a lu plus original dans l'approche ou l'écriture, plus fin, mais il fait très bien son office. Reste que quelques semaines plus tard, il n'en reste plus grand chose dans ma tête. Le genre de roman qui se lit super bien, qui sur le moment fait passer un excellent moment mais qui ne laisse pas de traces profondes, qui ne change pas notre vie de lecteur. "Am Stram Gram" est un très bon roman de plage (ou de gare), sans rien de péjoratif, débutant la saga Helen Grace, du nom de l'inspecteur de l'enquête, femme aux multiples facettes, que j'ai hâte de poursuivre.

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samedi 15 septembre 2018

"Séance infernale" de Jonathan Skariton

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L'histoire : Quelle est la teneur de Séance infernale, film mythique aujourd’hui perdu ? Et qu’est-il arrivé à son réalisateur, le Français Augustin Sekuler, mystérieusement disparu en 1890 lors d’un voyage en train entre la Bourgogne et Paris ? Le film est-il lié à une série de meurtres qui endeuillent la ville d’Édimbourg ?

Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Alex Whitman, chercheur de reliques cinématographiques pour riches collectionneurs, tente de répondre, sans se douter des dangers auxquels il s’expose. De Los Angeles à Genève en passant par Paris, un puzzle diabolique se met en place, sur lequel apparaît peu à peu l’incroyable vérité qui se cache derrière ce film maudit.

La critique de Mr K : Chronique d'un ouvrage dévoré en deux jours aujourd'hui avec Séance infernale de Jonathan Skariton, roman tout juste sorti à l'occasion de cette rentrée littéraire 2018 aux éditions Sonatine. Attention ! Livre hautement addictif... Quand on y a goûté, on ne peut le relâcher sans un sentiment de manque fortement prononcé et le goût amer de l'attente en bouche. Crimes en série irrésolus, chasse au film maudit, la perte irréparable d'un enfant et ésotérisme perlé sont au programme d'un thriller virevoltant, référencé et mené de main de maître.

Vu comme le "Da Vinci Code du cinéma" sur son bandeau de présentation en librairie, il me faisait de l'oeil dans cette période de rentrée littéraire si riche. Non à cause de cette accroche purement commerciale (j'en suis revenu de Dan Brown et Inferno m'avait définitivement vacciné de cet auteur grand compilateur des articles sur l'art de Wikipedia) mais plutôt par les thématiques abordées dont notamment celle du cinéma. D'ailleurs en quatrième de couverture, les éditeurs font le parallèle avec le cultissime La Conspiration des ténèbres de Théodore Roszak qui faisait la part belle aussi au cinéma et aux films perdus. Très vite, on se rend compte que le livre de Skariton n'est pas du même tonneau. Plus branché thriller pur et dur, avec un récit plus classique, ici on est plus dans du divertissement pur et dur. Mais attention, du divertissement très réussi !

Alex Whitman est chercheur de reliques cinématographiques. Travaillant en freelance et essentiellement pour de riches collectionneurs privés, il n'a pas son pareil pour dénicher des objets de tournage rares ou des films oubliés. Ça tombe bien, un de ses clients réguliers lui propose LA quête ultime : retrouver le film La Séance infernale du pionnier du cinéma Augustin Sekuler. Plus par défi que par réel appât du gain, notre héros accepte cette mission qui va s'avérer plus complexe et dangereuse que prévue. Il n'est pas tout seul à vouloir retrouver ce film maudit qui semble porter le malheur dans ses parages et puis... il y a cette accumulation de références mystiques qui influencent l'enquête et vont emmener le héros dans ses retranchements, entre la foi et la folie...

On rentre dans ce livre comme chez soi. Pas de perte de temps inutile, l'auteur démarre de suite et sans temps mort par la suite. On fait rapidement connaissance avec Alex qui est un énième avatar de l'enquêteur cassé par la vie. Pour lui, c'est la disparition de sa fille de 8 ans qui a tout brisé neuf ans auparavant. Séparé de son épouse, il ne vit plus que pour son métier, se sentant toujours coupable et préférant se plonger dans le travail. Bien que classique dans sa caractérisation de départ, très vite on s'éloigne quelque peu des chemins connus avec un Whitman abîmé, bien teigneux à ses heures perdues et capable du pire quand il se sent acculé. Je l'ai de suite adopté, j'ai aimé son côté brut de décoffrage, ses connaissances très étendues dans son domaine (avec des anecdotes parfois géniales) et finalement son côté humain. Ainsi par moment, des chapitres racontent quelques morceaux de bravoure propre au genre (course poursuite, évasion d'un lieu clos...) et on ne tombe jamais dans la surenchère. Ainsi, il arrive que le protagoniste n'ait pas la solution pour s'en sortir, qu'il doive s'en remettre à d'autres pour pouvoir progresser. C'est ici remarquablement relaté et donne un aspect crédible à un personnage au charisme certain.

On retrouve ensuite le meilleur ami fidèle qui est bien plus malin qu'il n'en a l'air, un commanditaire exigeant pour ne pas dire inquiétant, une mystérieuse descendante du cinéaste aussi fatale qu'intrigante, une fliquette en mal d'enquête, un pur sociopathe aux pratiques bien crades et une pléthore de personnages secondaires qui plantent de bonnes situations et donnent un caractère vivant à l'ensemble. Franchement ça fonctionne et au fil de la lecture, on se surprend à voir les pages se tourner toutes seules. Certes, on ne peut parler ici de grande originalité (peu ou pas de surprises de mon côté lors de ma lecture) mais le livre s'apparente à une très complexe construction qui gagne en densité, en attrait au fil des parties et la fin vient clôturer idéalement une enquête-aventure très réussie. J'aime être "capté" par un livre et ce fut le cas tout du long avec celui-ci.

Le background et les apports divers donnent une touche supplémentaire au charme de ce livre qui mélange allègrement notre époque contemporaine adepte de joujoux technologiques, Histoire du cinéma entre splendeur et décadence, et croyances ésotériques anciennes dont je ne dirais rien de plus pour ne pas révéler quelques arcs narratifs cruciaux. Sachez simplement qu'érudition rime ici avec plaisir de partager, éclairage intéressant et découvertes inoubliables. L'auteur maîtrise son sujet, mêle avec un plaisir évident fiction et éléments réels, pour au final proposer une expérience immersive totale. Rajoutez à cela, une écriture exigeante et source de plaisir renouvelé et vous obtenez un thriller implacable et à lire absolument si le genre et les thématiques vous plaisent.

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mardi 11 septembre 2018

"Une Douce lueur de malveillance" de Dan Chaon

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L'histoire : "Nous n’arrêtons pas de nous raconter des histoires sur nous-mêmes. Mais nous ne pouvons maîtriser ces histoires. Les événements de notre vie ont une signification parce que nous choisissons de leur en donner une."

Tel pourrait être le mantra de Dustin Tillman, psychologue dans la banlieue de Cleveland. Ce quadragénaire, marié et père de deux adolescents, mène une vie somme toute banale lorsqu’il apprend que son frère adoptif, Rusty, vient d’être libéré de prison. C’est sur son témoignage que, trente ans plus tôt, celui-ci a été condamné à perpétuité pour le meurtre de leurs parents et de deux proches. Maintenant que des tests ADN innocentent son frère, Dustin s’attend au pire.

Au même moment, l’un de ses patients, un policier en congé longue maladie, lui fait part de son obsession pour une étrange affaire: la disparition de plusieurs étudiants des environs retrouvés noyés, y voyant la marque d’un serial killer. Pour échapper à sa vie personnelle, Dustin se laisse peu à peu entraîner dans une enquête périlleuse, au risque de franchir les limites que lui impose son rôle de thérapeute.

La critique de Mr K : Attention livre choc avec une chronique dédiée à un livre inclassable et marquant. Une Douce lueur de malveillance de Dan Chaon est la dernière sortie en date de la très belle collection Terres d'Amérique de chez Albin Michel et l'on peut dire qu'ils frappent fort en cette rentrée littéraire 2018. Mélange détonant entre roman noir, thriller et chronique familiale, l'auteur nous propose un voyage sans concession dans les abysses de l'âme humaine doublé d'expérimentations stylistiques vraiment originales en terme d'écriture. Suivez le guide !

Dustin Tillman est un psychologue à qui tout semble réussir. Heureux en ménage, père de deux fils, installé solidement en terme professionnel, il mène une vie agréable et à priori sans nuages à l'horizon. Cependant, le jour où son frère adoptif est innocenté du crime épouvantable de leur famille il y a plus de 20 ans, le passé remonte à la surface. La carapace se fendille, les flashback affluent et tout va être remis en question. Contradictions, apparences trompeuses, folie galopante, perception troubles se conjuguent et vont amener les personnages principaux vers des zones d'ombre qu'ils auraient bien voulu enfouir définitivement et qui vont ressurgir pour le plus grand plaisir sadique du lecteur ! Rajoutez là-dessus, une enquête échevelé sur un serial-killer noyant ses victimes alcoolisées et vous obtenez un cocktail explosif et bien dérangeant par moment.

Disons-le tout net, ce livre ne plaira pas forcément à tout le monde tant il bouscule des conventions bien établies. En effet, désirant se mettre réellement dans la peau des personnages (qui sont tous plus ou moins barrés ce qui n'arrange rien ! - sic -), l'auteur a bougé les lignes en terme d'écriture en rajoutant des blancs pour simuler les hésitations, les interruptions orales, certaines phrases se terminent de manière abrupte sans ponctuation ni syntaxe respectées. Ça m'a beaucoup surpris au départ, au point même de me demander si ce n'était pas une erreur d'impression ! C'est très déstabilisant mais au fil de la lecture, le stratagème fonctionne à plein régime et l'on comprend mieux les raisons de cette mise en page et en mots divergents. Cela distille une ambiance bien sombre, réaliste et prenante à souhait qui enrichir l'expérience et l'amène vers des sommets insoupçonnés au préalable.

Malgré cette difficulté d'appréhension de l’œuvre de prime abord, j'ai été captivé dès le départ par les protagonistes du récit. Le malheur plane sur nombre d'entre eux, hantés qu'ils sont par un passé épouvantable qu'ils ont essayé d'effacer de leur conscience. Chacun a tenté de se reconstruire vaille qui vaille avec plus ou moins de bonheur : certains se sont réfugié dans leur travail, d'autres dans les paradis artificiels ou encore le déni. Les personnages sont traités avec finesse et livrent leurs secrets petit à petit. Loin de se contenter d'une construction linéaire et classique, l'auteur se plaît à mêler passé et présent, changer les points de vue et revenir parfois sur des éléments que l'on pensait être des certitudes mais qui s'avèrent finalement être de belles fausses pistes. Tout est fait pour perdre le lecteur, l'orienter dans de mauvaises directions pour mieux le capturer de nouveau quelques chapitres plus tard. J'aime me faire bousculer et tromper par un auteur, j'ai été servi ici !

Bon, nous ne sommes clairement pas dans une œuvre qui respire la joie de vivre. Au programme, souffrance, séparation, deuil, folie insidieuse, famille dysfonctionnelle... Autant d'éléments qui se complètent les uns les autres, enrichissent la trame et la rendent parfois brillante tant tout a été parfaitement pensé et agencé. C'est grisant et flatte l'intellect tout en étant très accessible en terme de lecture. Passé la surprise stylistique dont je vous parlais précédemment, l'ouvrage est d'une grande clarté, aéré, vif et toujours en mouvement. Pas de gros passages à vide et de longueurs, l'auteur s'y entend pour insérer suspens et attente dans le cœur du lecteur avec les nombreuses révélations successives qui nous sont livrées.

On a donc affaire ici à un sacré roman qui passé une première phase de découverte-apprivoisement livre une histoire terrifiante aux personnages écorchés vifs qui reste longtemps en mémoire et donne à réfléchir sur l'humain et sa destinée. Une Douce lueur de malveillance est un bien bel ouvrage que je ne peux que vous conseiller, il ne ressemble vraiment à aucun autre.

mardi 4 septembre 2018

"Under the silver lake" de David Robert Mitchell

Under the silver lake afficheL'histoire : À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

La critique Nelfesque : "Under the silver lake" est un film à part. Classé sur les sites de cinéma entre thriller et comédie, on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre en allant voir ce long métrage. Repéré lors du dernier Festival de Cannes, j'attendais sa sortie avec impatience et la bande annonce a fini de me convaincre (non mais cette BO !).

Le réalisateur, David Robert Mitchell, ne m'était pas inconnu. Vous n'avez pas vu "It follows" ? Précipitez-vous dessus ! Ici, nous sommes dans un style différent mais "Under the silver lake" est aussi intrigant qu'"It follows" est angoissant. Perso, j'adhère à 100% !

Il y a des films où il faut accepter de se laisser porter, de ne rien comprendre, de partir dans des contrées complètement WTF. La plupart du temps, c'est plutôt Mr K qui est friand de ces ambiances que je trouve souvent trop perchées ou absconses et qui m'agacent par leur côté "il faut être plus intelligent que ça pour appréhender le fond" (aka "t'es trop con pour comprendre, rentre chez toi"). Ici, c'est différent car il y a plusieurs niveaux de lecture et je me suis autant amusée que j'ai été séduite et bluffée. Par certains aspects, ce film m'a fait penser à  "Inherent Vice", notamment pour l'effet ressenti au moment de rallumer les lumières et pour la beauté des plans. Attention, je pense que c'est ce genre de long métrage que l'on adore ou que l'on déteste. Je ne garantis pas que vous accrocherez mais ça vaut vraiment le coup de tenter l'expérience ne serait-ce que par amour du cinéma et envie de voir un vrai film qui propose des choses nouvelles et qui ne tombe pas dans la facilité des scénarios et ficelles vus et revus.

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Le ton est décalé et on est souvent pris à contre pied. Drôle sans l'être, pathétique sans l'être, on ne sait pas vraiment où se placer et ça fait un bien fou ! Les 2h20 passent à toute vitesse, les plans sont superbes, on échafaude 10.000 théories qui tombent à l'eau, la musique colle parfaitement à l'ensemble qui parait intemporel et on savoure chaque instant et chaque trouvaille du réalisateur. Le film a un rythme atypique, c'est lent sans être ennuyeux. C'est étrange. Fou. Inattendu.

Sortis de la séance sous le choc, on n'a pas tout compris mais on a envie de creuser la chose. On en discute pendant des heures en se disant qu'on a vu un putain de film et que c'est bon le cinéma qui ose. Parce que les acteurs sont parfaits. Parce que tout est superbement construit. Parce que ça nous transporte sans que l'on puisse bien l'expliquer. Parce que sous ces airs loufoques, il est bien plus profond qu'il n'y parait et critique notre époque et la société. Du coup, écrire une chronique dessus même 3 semaines plus tard, c'est mission impossible mais l'envie de laisser une trace est plus forte. Je vous souhaite que Mr K ait un raisonnement plus construit... En attendant, si il est encore à l'affiche près de chez vous, lancez-vous et plongez sous le lac argenté !

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La critique de Mr K : 6/6. Voilà un film que j'attendais avec beaucoup d'enthousiasme ayant découvert la terrible bande annonce du métrage lors de son passage à Cannes. En plus, il s'agit du troisième film de David Robert Mitchell, réalisateur que j'adore depuis son génialissime et déjà culte It Follows qui m'a fait frémir comme jamais depuis Ring version japonaise of course ! Film à énigmes, thriller, moments de comédie pure... difficile de classer Under the silver lake dans un genre particulier tant on est à la confluence de différents tons et différents univers. Un véritable OFNI (Objet Filmique Non Identifié) en quelque sorte !

Sam, un jeune homme totalement apathique glande à longueur de journée dans son appartement. Il ne fait rien, ne semble pas travailler et observe ses voisins. C'est ainsi qu'un jour, il fait la rencontre de Sarah, une jolie voisine avec qui il flirte, arrachant un RDV pour le lendemain. Malheureusement pour lui, elle disparaît sans laisser de nouvelles ni de traces. Intrigué et inquiet, il décide de mener l'enquête quand il s'aperçoit que son appartement est totalement vide comme si elle avait décidé de déménager dans la nuit... Commence alors pour Sam, un long périple au cœur de Los Angeles, ses mœurs, ses secrets et il découvrira peut-être au fond de lui quelque chose pour sortir de la torpeur qui l'a envahi depuis trop longtemps.

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Ce film dure plus de deux heures et je peux vous dire que Nelfe et moi n'avons pas vu le temps passer. C'est bien simple, il n'y a pas de temps morts. On démarre de suite, évitant une période d'exposition trop longue pour rentrer dans le vif du sujet. Sam est très attachant, complètement paumé, il y a du Lebowski en lui (MON film culte !) : fainéant, drôle, beau gosse, amateur de clopes et de filles, geek à ses heures perdues, curieux mais aussi lunaire par moment et totalement en roue libre, il est remarquablement joué par un Andrew Garfield qui m'a surpris et séduit. De manière générale, tous les protagonistes du film sont complètement branques à leur manière, la bizarrerie guettant au moindre intérieur privé ou coin de rue. Ne pouvant se reposer sur rien de solide, de concret ; le spectateur est obligé de lâcher prise et de suivre les chemins tortueux du héros aussi dépassé que nous.

Conspirationnisme et codes cachés, ultra-solitude pesante, mœurs déjantées et tortueuses d'Hollywood, légendes urbaines farfelues, quête intérieure et rédemption, sectarisme et tout un ensemble d'éléments sont ici brassés pour fournir un film au ton unique et à la beauté sans pareil. Bien que certains éléments soient dramatiques, des révélations plus que surprenantes, ce film garde toujours un ton léger qui détend l'atmosphère. Les situations ubuesques s’enchaînent, les bévues du héros aussi, pour livrer une histoire d'une grande profondeur, aux ramifications complexes et à la fin elliptique qui ne livre pas tous les secrets mais ouvre des portes insoupçonnées. Dans le principe, on se rapproche d'un Lynch mélangé à du frères Coën (période Lebowski encore et toujours !) : Lynch pour le goût pour les énigmes et les intrigues à tiroir, les Coën pour la folie qui règne au moindre plan.

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Techniquement c'est parfait avec des images d'une grande beauté, des plans inventifs, des couleurs qui explosent, des décors grandioses et une bande originale qui scotche et convient parfaitement à l'étrangeté de cette entreprise filmique. Que dire de plus, sinon qu'on tient avec ce réalisateur, un des plus grands de sa génération et que c'est véritablement une honte qu'il n'ait rien décroché à Cannes tant on touche ici à quelque chose d'original, d'unique et de totalement réussi. Un must à voir absolument !

samedi 25 août 2018

"La Terre des morts" de Jean-Christophe Grangé

La Terredes mortsL'histoire : Quand le commandant Corso est chargé d'enquêter sur une série de meurtres de strip-teaseuses, il pense avoir affaire à une traque criminelle classique.
Il a tort : c'est d'un duel qu'il s'agit. Un combat à mort avec son principal suspect, Philippe Sobieski, peintre, débauché, assassin.
Mais ce duel est bien plus encore : une plongée dans les méandres du porno, du bondage et de la perversité sous toutes ses formes. Un vertige noir dans lequel Corso se perdra lui-même, apprenant à ses dépens qu'un assassin peut en cacher un autre, et que la réalité d'un flic peut totalement basculer, surtout quand il s'agit de la jouissance par le Mal.

La critique Neslfesque : Ah Grangé, mon auteur chouchou en matière de thrillers. Chaque nouvelle parution est une joie pour moi et, tout comme pour Ellory, je me jette dessus sans même lire la 4ème de couverture. Qu'importe l'histoire, il faut que le lise ! Parce que j'aime sa façon d'écrire, efficace et incisive, ses histoires, tordues et jusqu'au-boutistes et que je sais qu'avec ses romans je passerai un bon moment (non rassurez-vous, je suis tout à fait saine d'esprit (enfin, je crois...) !).

"La Terre des morts" ne déroge pas à la règle, même si on notera tout de même quelques bémols qui ne donnent toutefois pas le ton de l'ensemble et seront éclipsés au fil de la lecture. Comme à son habitude, les chapitres sont courts et la fin de chacun donne irrésistiblement envie de poursuivre. Grangé est un excellent faiseur de suspens et les pages défilent en général très vite. Ici, on regrette quelques longueurs mais l'auteur met tout en oeuvre pour raccrocher les wagons quelques pages plus loin.

Avec Grangé, on ne fait pas dans la finesse, ni des situations, des scènes clés, ni des personnages. Pour ces derniers, ici, on tombe dans la caricature mais peu à peu, s'enlisant dans les bas-fonds on s'y accroche comme à une étrange bouée de sauvetage. Découpé en 3 parties, le début de ce roman est un peu convenu pour qui est habitué à lire ce genre de littérature mais la partie "procès" est vraiment très bien menée. C'est d'ailleurs dans cette dernière que le roman trouve à mon sens tout son intérêt.

Une prostituée est retrouvée morte, ligotée et mise en scène en plein Paris. Puis une deuxième... L'enquête tend vers la recherche d'un serial-killer particulièrement tordu semblant apprécier l'oeuvre de Goya. Déformées, affreusement belles et macabres, comme exposées pour survivre au temps, elles rappellent des peintures du maître espagnol. Captivé par le travail de ce dernier, l'auteur des meurtres est à sa manière un artiste, un esthète, sans cesse à la recherche du Beau, jusqu'à la folie.

Dès le début ou presque, Corso tient son coupable. Sobieski, un artiste au passé à l'opposé de celui d'un ange, est passé par la case prison et tient aujourd'hui son succès, au delà de son talent, à la légende qui s'est construite autour de son personnage. Véritable rédemption ou loup déguisé en brebis, Corso a son idée bien tranché sur la question et, plus qu'à une enquête, c'est à un duel que nous avons affaire. Art et fascination morbide se croisent, se côtoient, s'imbriquent. Le coupable nous le tenons dès le début mais le procès de celui-ci et l'arrivée d'un personnage féminin va changer la donne.

En fin d'ouvrage, tout s'accélère. Le lecteur est balancé de tout côté, mettant à mal ses théories et tout s'imbrique avec la révélation finale. Alors oui "La Terre des morts" est glauque, pouvant choquer parfois par les images qu'il suscite et les détails poisseux qu'il contient (hey, après tout, c'est de Grangé dont on parle là !) mais pour qui aime le genre il remplit bien le contrat. On ne fait pas dans la finesse, on ne ménage pas le lecteur, on y va, on fonce tête baissée dans des univers borderline mais c'est ce que l'on cherche en lisant des ouvrages de cet auteur. Plonger dans l'horrible, l'insoutenable et l'inhumain. Mission accomplie.

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "Congo Requiem"
- "Lontano"
- "Kaïken"
- "Le Passager"
- "La Forêt des Mânes"
- "Le Serment des limbes"
- "Miserere"

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jeudi 26 juillet 2018

"Réveille-toi !" de François-Xavier Dillard

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L'histoire : C'est lorsque vous vous réveillerez que le cauchemar va vraiment commencer...

Basile Caplain est un greffé du cœur qui vit reclus, sans travail ni perspective. Sa seule obsession : dormir le moins possible, car ses nuits sont peuplées de cauchemars. Son unique ami, Ali, le gérant d'une station-service, est passionné par les faits divers. Un soir, ce dernier lui parle du meurtre barbare d'une jeune femme. Or, ce crime atroce, c'est exactement le rêve que Basile a fait deux jours plus tôt...

Paul est un paraplégique de dix-huit ans, génie de l'informatique, qui développe pour la police scientifique un programme baptisé Nostradamus – un algorithme révolutionnaire devant permettre de réaliser des portraits-robots hyperréalistes des criminels présumés.

Alors que des meurtres sauvages sont perpétrés à Paris, la police judiciaire met sur le coup son meilleur atout : le Dr Nicolas Flair, psychiatre mentaliste, qui a déjà résolu de nombreuses affaires.

Lorsque les chemins de ces trois protagonistes se croiseront, l'Inconscient, la Science et la Psychiatrie vont devoir collaborer pour essayer d'arrêter le pire des monstres...

La critique de Mr K : Critique d’un petit thriller bien sympathique aujourd’hui, le genre de lecture idéale lors des grandes vacances quand on cuit sous le soleil face à la grande bleue. Et pourtant, on ne peut faire plus éloigné comme univers avec dans Réveille-toi ! des meurtres épouvantables, des forces de l’ordre sur les dents et des révélations qui au fil de leurs apparitions mettent à mal nombre de certitudes et d’hypothèses de lecture. Plutôt classique dans ces artifices, ses situations et personnage, ce roman tire son épingle du jeu grâce à son rythme haletant, sa langue impeccable et un ensemble cohérent et bien mené.

Une série de meurtres particulièrement sauvages ont lieu à Paris depuis maintenant quelques semaines. Les victimes sont toutes des jeunes femmes plutôt jolies que l’on retrouve quasiment en pièces détachées sur les lieux du crime. L’aspect barbare, sans limite entre Bien et Mal interpelle les enquêteurs qui ont du mal dans un premier temps à trouver le dénominateur commun entre ces actes atroces. On retrouve plusieurs personnages qui de près ou de loin vont tenter d’arrêter la folie meurtrière d’un être qui a basculé définitivement dans la monstruosité. On retrouve ici le vieux de la vieille à qui on ne la fait pas (du moins, il le croit), de jeunes pousses en devenir dans la police qui cachent bien des secrets, des relents nauséabonds de corruption dans le monde politique (c’est de saison !), les liens familiaux qui font et défont les individus et la science la plus pointue qui lorgne dangereusement vers un futur à la Minority Report...

La première force de cet ouvrage réside dans son rythme qui se révèle très vite trépidant. À raison de six / sept pages maximum par chapitre, on les enchaîne sans s’en rendre compte, l’auteur usant d’astuces certes déjà lues et relues mais ici maîtrisées et réservant un suspens très vite envahissant ! C’est bien simple, une fois entamé, il est très difficile (voir impossible) de relâcher ce livre ! Alternant entre ses trois / quatre personnages principaux, François-Xavier Dillard aime laisser les situations en berne, nourrissant par la même frustration et désir chez son lectorat. C’est pas neuf mais c’est efficace et la tournure des événements ne va que faire augmenter angoisses et surprises qui sont nombreuses lors de cette lecture enthousiasmante.

Car au départ, on se dit que ça ne décole pas vraiment, que les personnages ne s’apparentent qu’à des ombres voir des caricatures. C’est sans compter l’imagination fertile et l’esprit retors de l’auteur qui aime aussi prendre à rebours ses lecteurs. Ainsi, derrière le flic en fin de carrière, le jeune-homme en fauteuil roulant génie de l’informatique, le transplanté cardiaque livré à de sombres et violents cauchemars se cachent des vies bien plus complexes qu’elles n’apparaissent au départ. Fêlures familiales, manque affectif, petits arrangements malsains, chantages dissimulés sont légion et les personnages pour beaucoup sont des abîmés de la vie qu’ils en soient conscients ou non. Ce côté borderline explose en bouche au bout d’une cinquantaine de pages, une fois la machine lancée plus rien ne peut l’arrêter. On rentre alors dans une autre dimension : l’étau se resserre entre tous, des points communs apparaissent et la résolution de l’affaire donnera lieu à une réaction en chaîne qu’on ne voit pas forcément venir, l’auteur s’étant amusé à distiller indices, repères en cours de lecture sans pour autant que cela soit flagrant. L’ensemble est assez bluffant de cohérence et donne vie à une trame vraiment dense et sans fioriture qui m’a rendu accro très vite.

Quand on referme l’ouvrage, on ressort avec un profond sentiment de satisfaction. La lecture s’est révélée très plaisante de bout en bout, l’histoire est suffisamment complexe pour que je reste accroché jusqu’au bout et au passage, on égratigne pas mal la famille, le monde politique et certains dysfonctionnements de la société. Réveille-toi ! est le deuxième titre que je lis de François-Xavier Dillard, l’écrivain talentueux mais légèrement prévisible de Ne dis rien à papa cède la place ici à un auteur à suivre pour tous les amateurs de thriller, vous vous régalerez !

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vendredi 22 juin 2018

"Sauvez-moi" de Jacques Expert

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L'histoire : Nicolas Thomas vient de fêter son cinquante-deuxième anniversaire lorsqu’il passe les portes de la centrale de Clairvaux. Après trente ans d’incarcération, il est enfin libre. Personne ne l’attend. Tous ceux qu’il connaissait l’ont abandonné depuis longtemps, depuis le jour où il a été reconnu coupable d’avoir sauvagement assassiné quatre jeunes femmes dans des conditions terribles.
Sophie Ponchartrain est commissaire divisionnaire à Paris. Lorsqu’elle apprend la libération conditionnelle de Nicolas, elle se souvient de cette journée harassante de garde à vue où elle lui a arraché des aveux. C’est à elle seule, jeune recrue à la criminelle, qu’il avait confessé ses crimes avant de revenir soudainement sur sa déclaration. C’est en clamant son innocence qu’il a été condamné à la perpétuité.

L’affaire ne tarde pas à la rattraper. En effet, quelques jours après sa libération, Nicolas disparaît. Et un nouveau meurtre est commis, en tous points semblable à ceux dont il a été accusé trente ans plus tôt.
Sophie reçoit alors une nouvelle lettre de Nicolas, dans laquelle il nie être l’auteur des meurtres. Elle se conclut par ces mots : "Sauvez-moi !"

La critique de Mr K : Place à la chronique du dernier Jacques Expert aujourd'hui, cet ancien journaliste que j'écoutais jadis sur France Info qui s'est désormais converti dans l'écriture de thrillers et qui m'a séduit à chaque lecture par le passé. Sauvez-moi s'inscrit dans la lignée de ses précédents ouvrages mais est-ce pour autant une réussite ?

Dans cet ouvrage, tout débute par un homme que l'on enferme pour des crimes atroces. Ce dernier ne cesse de clamer son innocence mais les faisceaux de présomptions sont contre lui et le voila enfermé pour 30 ans. C'est grâce à la jeune enquêtrice Pontchartrain que le soit-disant monstre a pu être condamné. Le criminel est libéré trente ans après mais dès sa sortie de prison disparaît. En parallèle, les crimes recommencent comme si l'homme n'attendait que sa remise en liberté pour rééditer ses exploits macabres. Pontchartrain devenu commissaire reprend l'enquête et va tout faire pour l'arrêter à nouveau.

Il n'y a pas à dire, Expert s'y connaît pour mener sa barque. Chapitres courts, personnages ciselés au cordeau, renversements de situation et révélations sont au RDV et captent immédiatement le lecteur. Utilisant le changement de point de vue de manière régulière, l'auteur nous invite à suivre l'enquête à travers les yeux des policiers, de leurs adjoints mais aussi parfois du tueur, des victimes et de tierces personnes. Roman polyphonique, ces ajouts et touches supplémentaires donnent une cohérence d'ensemble réussie, rendant l'histoire crédible et addictive.

On se passionne assez vite pour le personnage sorti de prison qui crie son innocence depuis des décennies. Intéressant de voir son parcours, d'essayer de démêler le vrai du faux. Intéressant aussi de suivre l'enquêtrice principale à la carrière dorée, mélange dérangeant d'autoritarisme et de confiance en soi exacerbée, troublante aussi la personnalité de son assistance en admiration devant elle mais qui commence à trouver des failles chez sa patronne... Tous les personnages bien que caricaturaux marquent le lecteur par leur caractère, leurs actes et quand au fil du déroulé, leurs destins finissent par s'entremêler, la vérité faisant son chemin, on se rend compte que l'auteur est assez doué dans le rôle de grand manipulateur.

Très classique dans sa forme et son développement, on est tout de même finalement rarement surpris par le scénario global (surtout si on est habitué à lire ce genre d'ouvrage). C'est le principal défaut de ce livre qui finalement ne prend jamais de gros risques. Très codifié en terme de caractérisation des personnages, des situations et des rapports de force entretenus tout du long ; on parcourt l'ouvrage avec un léger sentiment de déjà lu, de recettes réutilisées (avec réussite tout de même). C'est dommage car le postulat de base est intéressant, reste un matériau lisse et finalement expédié de manière lapidaire dans les trente dernières pages. Dommage dommage... Surtout que certains points restent obscurs et méritaient un meilleur traitement.

D'une lecture aisée et plaisante, Sauvez-moi est un thriller efficace et bien mené mais pour moi sans génie et sans exclamation de bonheur en refermant le livre. La faute a des éléments convenus et un dénouement abrupt qui manque de densité. De plus, le personnage de la commissaire m'a très vite gavé. Je n'ai rien forcément contre les personnages repoussoirs mais on atteint ici des sommets et la conclusion du roman ne fait que renforcer mon opinion sur elle. Une lecture sympathique donc mais sans éclat et qui ne restera pas dans ma mémoire comme le meilleur de son auteur.

Lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- La Femme du monstre
- Tu me plais
- Qui ?

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mercredi 30 mai 2018

"Une Femme entre nous" de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen

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L’histoire: En ouvrant ce livre, vous allez imaginer beaucoup de choses.
Vous allez penser que c’est l’histoire d’une femme délaissée par son mari.
Vous allez croire qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle.
Enfin, vous vous attendrez à une histoire classique de triangle amoureux.
Un conseil : oubliez tout ça !

La critique de Mr K : Retour au thriller aujourd’hui avec Une Femme entre nous, ouvrage écrit à quatre mains par un duo bien déterminé à nous faire frémir ! Derrière une histoire à priori classique de couple en perdition et de tromperie, se cache un récit à rebondissements efficace, surprenant parfois et surtout maîtrisé de bout en bout. Suivez avec moi les pas de Jessica, Nellie et Richard dans une valse endiablée des sentiments et des pulsions.

L’ouvrage débute par des chapitres alternant deux points de vue différents. Jessica vit très mal son divorce avec Richard, elle ne supporte pas l’idée qu’il puisse refaire sa vie avec quelqu’un d’autre. Elle ressasse ses frustrations, son chagrin et nourrit une rancœur particulière envers sa future remplaçante à laquelle elle semble préparer une surprise plus que désagréable. Nellie quand à elle prépare son mariage avec le beau Richard, prince charmant des temps modernes, aussi attentionné que prévenant. Derrière les apparences chacun cache son jeu entre vérités enfouies, perceptions et ressentis altérés et révélations fracassantes à venir.

On suit donc une femme blessée par l’échec de son mariage qui par petites touches bien senties revient sur les moments forts qu’elle a vécu avec Richard et la lente déliquescence de leur vie de couple avec en point de mire la volonté de faire un enfant et de constituer un véritable foyer. Le ver est dans le fruit, on le sent bien surtout qu’en parallèle, on vit les moments de grâce d’une nouvelle histoire d’amour qui pervertit l’esprit de l’épouse bafouée qui ne vit plus que par une volonté farouche de détruire ce nouveau bonheur naissant. Paranoïa, alcool, médicaments, folie galopante ne sont pas loin et contrastent avec la fraîcheur et la spontanéité de Nellie, la jeune femme tombée sous le charme d’un Richard qui veut tourner la page. Récit volontiers niaiseux pour le coup, tout cela semble trop beau pour être vrai tant les deux tourtereaux enfilent les perles et les clichés dans un conte de fées très contemporain : Les cadeaux et les déclarations d’amour, les points de convergences en terme de goût et de conversation. La tension monte d’autant plus que Jessica semble bien décider à fouler au pied ce bonheur récent...

Tout est très bien mené pendant le premier tiers du roman qui bascule ensuite vers d’autres horizons, l’équilibre instauré et les hypothèses du lecteur étant remis en question par un coup de théâtre qui remet tout en perspective : la nature de chacun, le mariage à venir et même l’identité des protagonistes. Bon, avec l’avertissement malencontreux des éditeurs en quatrième de couverture, je m’en suis un peu douté et comme je commence à avoir quelques expériences dans la lecture de thriller, je ne me suis pas fait avoir. À force de prévenir les lecteurs, ces derniers sont plus prudents et je n’ai donc pas été bluffé outre mesure (ce qui n’est pas le cas de nombres de blogueurs et blogueuses qui ont chroniqué aussi ce livre). Pour autant, ce renversement de situation est très plaisant et donne à voir une autre facette de chacun et l’on se demande bien où tout cela va nous mener. D’ailleurs cela va très très loin avec un deuxième, un troisième puis un quatrième coup de théâtre qui chacun leur tour rebattent les cartes et brouillent encore plus les pistes. Pour le coup, je me suis fait avoir à chaque fois ensuite !

Bien mené, redoutablement addictif (je vous mets au défi de reposer le livre avant la dernière page), on se plaît à rentrer dans l’intimité des personnages, à sonder leur âme et à découvrir toutes les aspérités de leur existence. Passé un premier acte plutôt convenu, ça fuse dans tous les sens et l’on ne sait plus à quel saint se vouer. Chaque détail compte et quand l’ensemble finit par s’imbriquer, on se retrouve bien penaud et heureux de s’être laissé mener en bateau. L’écriture est agréable, (on ne tombe pas dans le génie pour autant) et des situations / réactions sont très caricaturales (des scènes "obligées" dirons-nous, ce besoin d’absolution / rédemption qu’on retrouve dans la culture US dominante) mais au final, tout est détourné et déstructuré pour livrer des vérités pas forcément très bonnes à entendre pour les personnages. D’ailleurs aucun n’en sort véritablement indemne et les méfaits de l’amour ne sont plus à prouver quand celui-ci sort des rails.

Une Femme entre nous est une bonne lecture qui ravira tous les amateurs de suspens et de coups du sort qui peuvent faire basculer une vie et un esprit.

mardi 1 mai 2018

"La Mort blanche" de Frank Herbert

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L’histoire : Lorsque la voiture piégée explosa dans une rue de Dublin, John O'Neill vit mourir sa femme et ses deux fils par la faute d'un terroriste.

Il était un génie, il devint le Fou. Il avait perdu toute raison d'exister sauf une, la vengeance : il allait faire partager sa souffrance par la Terre entière. Seul, dans son laboratoire de fortune, il fabriqua une arme bactériologique terrifiante, la peste blanche, qui tuait les femmes, toutes les femmes, sans remède.

La critique de Mr K : Lecture d’un auteur mythique aujourd’hui avec La Mort blanche de Frank Herbert, l’auteur de Dune. C’est ma première incursion ailleurs que dans le space-opéra avec lui avec ce thriller d’anticipation écrit dans les années 1980 et terriblement d’actualité par ses thématiques. C’est une fois de plus le plus grand des hasards qui me l’a fait acquérir (l’abbé encore et toujours...) et la quatrième de couverture fort alléchante ne m’a pas fait hésiter une seconde. C’est donc avec impatience et beaucoup d’attentes que j’entamai la lecture de ce beau pavé de 575 pages. Au final, ce fut une sacrée expérience !

Biologiste moléculaire de renom, John perd tout en un instant suite à un attentat à la voiture piégée : sa femme, ses deux enfants et la raison. Fou de chagrin et de rage, il fera payer les coupables et l’humanité entière gouttera à sa vengeance. Il rentre en clandestinité, fabrique un virus exterminateur qu’il lâche ensuite sur trois principales cibles liées de près ou de loin au drame qu’il a vécu. Cette nouvelle peste condamne à long terme toutes les femmes du globe. On suit alors par l’alternance des chapitres les mesures mises en place par les différentes autorités pour essayer de lutter contre le phénomène et lui trouver un remède, un jeune couple amoureux qui à sa manière va rentrer dans l’histoire et John lui-même dans sa métamorphose et le voyage qu’il entreprend pour voir de plus près ce qu’il a déclenché. Dans ce roman-somme, l’auteur nous offre une vision incroyablement dense, crédible et prenante d’un monde livré à une menace extrême et un magnifique portrait d’un homme brisé que la colère va mener du côté obscur.

Ce roman d’anticipation se caractérise d’abord par son réalisme de tous les instants. Se déroulant dans les années 1980 en pleine Guerre froide, le récit s’attarde très vite sur les réactions en chaîne que suscite la menace pernicieuse de la disparition de la gente féminine. On rentre dans le bureau ovale, les cabinets ministériels, les laboratoires ultra-secrets et dans toute une série de lieux décisionnels qui semblent débordés par l’ampleur de la crise à affronter. En effet, le phénomène est rapide et quasiment hors de contrôle, le chaos guette avec des foules qu’on ne peut plus contrôler, une peur qui gagne le monde entier et de vieux réflexes de survie qui mettent à mal les jalons de toute civilisation. L’aspect géopolitique est ainsi bien poussé avec des références claires à des conflits prégnants à l’époque de l’écriture de cet ouvrage (la Guerre Froide, le terrorisme irlandais, l’Apartheid en Afrique du sud) ou encore d’actualité (Israël et la Palestine, le djihadisme) ce qui donne une densité bluffante à un livre que l’on pourrait même qualifier de prophétique sur certains domaines (notamment la question des armes bactériologiques ou chimiques dont on entend malheureusement parler de plus en plus depuis quelques temps). Sans raccourcis malheureux ni caricature, Herbert nous livre un scénario crédible et fort éclairant sur la nature des relations internationales et sur la manière de réagir des foules et des dirigeants. Ce n’est pas forcément rassurant vous vous en doutez mais on ne pouvait s’attendre à moins de la part de cet auteur qui déjà dans son cycle Dune excellait dans la description des rapports de force entre puissants.

L’aspect purement scientifique est aussi très poussé avec des passages tirant vers la SF Hard-science, un sous-genre que je n’apprécie pourtant pas vraiment au départ mais qui ici a le mérite d’être accessible et totalement intégré au reste. Il donne à voir de très prêt les travaux de John puis de ceux qui vont essayer de contrer son virus. J’ai tout compris, ce qui n’est pas une mince affaire avec le pur littéraire que je suis et ces données rajoutent un aspect réaliste à l’œuvre qui lui donne une puissance terrifiante supplémentaire. Pour contrebalancer cet aspect, l’auteur nourrit son récit de nombreuses références à la foi, la religion et la destinée humaine. À travers les personnages croisés, c’est l’occasion pour Herbert d’aborder des questions existentielles qui peuplent une vie humaine : la notion de paternité, le sens de la vie, la question de la rédemption et du pardon, les rapports homme femme, l’ordre et le chaos. Les différentes situations évoquées apportent vraiment leur lot de réflexion et plus qu’un roman sur un apocalypse possible, c’est une véritable analyse en profondeur de notre espèce qui nous est livrée sans fard ni évitements confortables d’où des passages parfois rudes à appréhender et pouvant choquer la morale communément admise. Moi qui aime être bousculé et interrogé, je n’ai pas été déçu, bien au contraire, on aime poursuivre ses réflexions après avoir refermé l’ouvrage.

Malgré un sous-texte et des questionnements métaphysiques, on accroche immédiatement et avec facilité à ce roman qui présente des personnages forts, attachants et diablement séduisants. Au premier rang d'entre eux, John devenu le terroriste absolu suite à un choc personnel épouvantable. Bien que responsable de millions de morts, on éprouve une empathie certaine en son endroit, la souffrance l’a définitivement abîmé et fait basculer. L’auteur nous livre ici un portrait d’une grande finesse et d’humanité de cet homme brisé que le malheur a poussé vers l’irréparable. La description de cet esprit tourmenté est d’une force incroyable, d’une justesse inégalée dans ce domaine, j’ai été saisi par ce personnage qui évolue énormément et ceci jusqu’à la fin qui étonnera plus d’un lecteur chevronné. Les autres protagonistes bien que moins présents sont tout aussi ciselés et chacun vit avec ses contradictions et ses aspirations, loin des clichés habituels du genre. On a affaire dans La Mort blanche à des personnages complexes dont les trajectoires de vie se mêlent, s’entrechoquent et se révèlent bien souvent imprévisibles pour le plus grand bonheur du lecteur conquis.

Il faut dire qu’on croise toutes sortes de protagonistes tous plus différents les uns que les autres avec notamment un prêtre catholique confronté à la colère de Dieu selon lui, des anciens terroristes de l’IRA qui reprennent le contrôle de leur pays et réitèrent les erreurs des oppresseurs qu’ils ont chassés, un couple vivant dans un caisson d’isolation pour sauver une jeune femme qui pourrait détenir une clef pour éradiquer la maladie, des présidents américains qui tentent de prendre les décisions qui conviennent, un nouveau pape qui tente d’asseoir son autorité, un garçon traumatisé par la perte de sa mère et toute une légion de personnages qui survivent comme ils peuvent dans un monde en plein changement et qui remplace l’ordre établi. Beau focus au passage sur l’Irlande entre luttes intestines pour la prise de pouvoir, la légitimité de la lutte armée et les débordements qu’elle peut générer, la culture irlandaise mais aussi les paysages d’un pays qui me fascine depuis longtemps. On voyage énormément au gré des pérégrinations des personnages et des péripéties du récit qui en compte beaucoup.

La lecture s’est révélée passionnante et d‘une saveur incomparable. Certes le style Herbert est particulier, il nécessite un petit temps d’adaptation tant les informations sont nombreuses et les ellipses obscures au départ mais une fois pris par la trame générale, les pages se tournent toutes seules. Alternant passages contemplatifs et descriptions précises, il n’y a aucun élément surfait ou inutile dans ce gros volume, tout s’imbrique parfaitement et propose une expérience assez unique en son genre. Le rythme s’accélère par moment procurant un suspens de bon aloi et l’exploration chirurgicale du personnage de John est d’une subtilité confondante. Il n’y a pas à dire cet auteur est extraordinaire, cet ouvrage est pour moi un classique indéniable dans son genre et tous le amateurs se doivent de l’avoir lu car loin des sentiers battus et s’adressant à notre intelligence, il ouvre une fenêtre vers des horizons insoupçonnés et très enrichissants. Un must !

dimanche 29 avril 2018

"Les Diables de Cardona" de Matthew Carr

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L’histoire :  Espagne, XVIe siècle : un mystérieux tueur musulman s'en prend à l'Église catholique.

1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d'Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe. Est-ce l'œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l'identité, et qui a promis l'extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ? La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l'islam en secret.

À la veille d'une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d'une famille juive, est chargé de l'enquête. Très vite, les tensions s'exacerbent entre les communautés, une véritable guerre de religion se profile. Et les meurtres continuent, toujours aussi inexplicables. Entre l'Inquisition et les extrémistes morisques et chrétiens, la tâche de Mendoza va se révéler ardue.

La critique de Mr K : Un bon thriller historique des familles aujourd’hui au Capharnaüm Éclairé avec Les Diables de Cardona de Matthew Carr, paru récemment chez Sonatine. Voilà un genre que j’aime beaucoup mais à double tranchant. Étant historien de formation, je suis très exigeant concernant les références et le background. On peut très vite tomber dans le pathos ou l’anachronisme. Je suis assez à cheval sur la cohérence et le respect du passé tout autant que dans ma recherche d’intrigues tortueuses et de rebondissements multiples. Mission accomplie pour cet auteur anglais à la fois érudit et maître du récit à suspens. Suivez le guide !

Des meurtres aussi sanglants que mystérieux frappent une petite région de l’Aragon du XVIème siècle. À chaque fois, c’est la chrétienté qui semble visée et le "rédempteur" comme il s’appelle, laisse derrière lui des messages qui livrent sa volonté de provoquer une nouvelle guerre sainte pour venger ses frères musulmans depuis trop longtemps martyrisés et exploités par la très sainte église catholique. Bernardo de Mendoza, juge pour la cause du roi d’Espagne, est dépêché sur place pour enquêter et trouver le ou les coupables. Il se heurte alors à de multiples obstacles entre une population morisque (anciens musulmans convertis de force) méfiante et désabusée, une Inquisition aux méthodes extrémistes qui lui met des bâtons dans les roues, des nobles locaux aux prétentions obscures qui ne reculent devant aucuns stratagèmes et des populations chauffées à blanc qui sont au bord de la rupture. Dur dur de trouver le chemin vers la vérité dans cette forêt de ronces où les épines les plus dangereuses ne sont pas forcément celles auxquelles on pense...

Cet ouvrage est tout d’abord un excellent thriller. Bien que la plupart des ressorts dramatiques soient plutôt classiques, l’ensemble est très bien huilé et maîtrisé. L’auteur prend le temps d’installer de nombreux éléments qui semblent disparates de prime abord mais qui vont s’emboîter les uns les autres avec une précision diabolique au fil des chapitres qui s’égrainent. Les pistes se multiplient, finissent pour certaines en cul de sac, d’autres s’ouvrent vers des voies insoupçonnées. Force est de constater que tous les personnages sont particulièrement soignés, fouillés sans tomber dans la caricature ou la facilité. Chacun ici a ses secrets, sa part d’ombre et le déroulé de l’intrigue va mettre à mal nombre de certitudes et ébranler les consciences et les âmes. On s’attache énormément à eux (même aux plus vicieux), et l’on ne souhaite qu’une chose, ne jamais les quitter et continuer sa lecture indéfiniment tant on est pris par le souffle de cette histoire.

Les effets sont démultipliés par le contexte de l’époque. Période difficile entre toutes qui voit une lutte permanente entre le pouvoir temporel (le roi, l’État) et le pouvoir spirituel (L’Église catholique ici en Espagne), la société est soumise à un carcan d’une rigidité effarante. Règles et codes moraux organisent les sociétés et les notions de liberté individuelle, de conscience et d’opinion n’ont pas encore émergées des Lumières à venir. D’où des passages rudes mais très réalistes et fidèles à l’Histoire sur les atrocités commises au nom du catholicisme par une Inquisition toute puissance qui bafoue par ses pratiques iniques les enseignements de Jésus Christ. Tout être différent (morisque, femme, homosexuel, guérisseur par les plantes) peut se révéler être un suspect potentiel aux yeux des autorités. Heureusement, notre héros ne s’en laisse pas compter et à la manière d’un Guillaume de Baskerville du sublime Nom de la rose  d’Umberto Eco, il va tracer son chemin, déjouer complots et manipulations qui se cachent derrière une affaire qui prend très vite une grande ampleur. La lecture s’avère très éprouvante je l’avoue, tant on passe de Charybde en Sylla, que les retournements de situations sont nombreux et les forces en présence changeantes au fil des révélations successives.

Malgré un background rude, on aime se promener dans cette Espagne du XVIème siècle remarquablement retranscrite avec au détour des chapitres de belles descriptions des us et coutumes des populations (des plus humbles aux plus fortunés), des questionnements sur la nature de la divinité et de la foi (débats en cours à l’époque) et des cercles de pouvoir et leurs stratégies d’embrigadement. Loin de tomber dans l’accumulation de savoir wikipediesque indigeste à la Dan Brown, le livre de Matthew Carr utilise l’Histoire pour mener une intrigue trépidante et éclairante sur le genre humain. Ce n’est pas forcément très rassurant (on tombe parfois vraiment dans les abysses de l’humanité) mais ça fait du bien et c’est très très malin dans la manière d’aborder certaines problématiques toujours d’actualité malheureusement.

Et comme si ça ne suffisait pas, l’écriture est d’une accessibilité et d’une clarté de tous les instants. Le plaisir de lire est immédiat et durable, aucun relâchement n’est a déplorer et surtout le rythme devient très vite infernal, provoquant une addiction absolue jusqu’à l’ultime chapitre qui clôture magistralement un ouvrage d’une rare qualité. Les Diables de Cardona est un "must read" dans le genre thriller historique que je vous invite à découvrir au plus vite. On en redemande !

Posté par Mr K à 16:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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