vendredi 20 octobre 2017

"Deuils de miel" de Franck Thilliez

Deuils_de_mielL'histoire : Une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosé. Pour le commissaire Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l'entraîner au plus profond de l'âme humaine : celle du tueur... et la sienne.

La critique Nelfesque : Retour dans l'univers de Franck Thilliez après quelques années de disette. J'ai découvert sa plume en 2011 et n'avais lu que 3 romans de lui jusqu'alors. Il était donc temps de me replonger dans ses écrits avec "Deuils de miel", troisième volet de sa saga dédiée à Franck Sharko et Lucie Hennebelle. Comme avec beaucoup de saga thriller / polar, il est tout à fait possible de lire les ouvrages indépendamment les uns des autres, chacun étant dédié à une enquête. Seulement, si vous souhaitez comme moi, en apprendre plus sur le personnage et suivre son évolution, il vaut mieux les prendre dans l'ordre.

Franck Sharko est ici un homme meurtri. Veuf et démoli, il tente chaque jour de reprendre le dessus et s'accroche à son métier pour ne pas perdre pied. C'est alors que le cadavre d'une femme est retrouvée dans une église. En position de prière, entièrement nue et rasée, elle ne présente pas de blessures apparentes et l'ensemble semble être une mise en scène particulièrement macabre. Sept papillons sont posés sur son crâne lisse. Commence alors un jeu de pistes où le commissaire Sharko tiendra une place de choix. Principal "chasseur" du tueur, il va se jeter corps et âme dans cette enquête qui réveillera des douleurs encore vives du passé.

Dépassant allégrement les frontières du bien et du mal et de ce qui se fait dans le cadre de ses fonctions, Sharko est ici borderline à souhait. N'en faisant qu'à sa tête, fonctionnant 100% à l'instinct, il a des réactions on ne peut plus primaires et basiques et perd totalement pied pour le plus grand bonheur du lecteur qui se délecte de la précision avec laquelle Franck Thilliez fait sombrer son personnage.

Après une première partie intéressante mais somme toute assez classique dans son approche (ceux qui sont friands de thrillers y trouveront leur compte mais sans crier au génie pour autant) le dernier tiers est un festival jouissif qui vaut à lui seul la lecture de ce roman. La tension monte crescendo et l'auteur ne fait pas dans la dentelle pour nous servir un final absolument dantesque. Quel pied ! L'épilogue vient d'ailleurs clore l'ensemble et laisse le lecteur sans voix. Je suis une habituée de thrillers mais je dois dire que là Thilliez fait très fort ! Que va-t-il advenir du commissaire dans les volumes suivants ? La question reste plus que jamais en suspens et je ne tarderai pas autant à me plonger dans la suite.

L'écriture est maîtrisée, laissant voir au départ un ouvrage de bonne facture mais en gardant sous le pied pour mieux nous amadouer et nous époustoufler par la suite. Un parti pris qui paye puisque la surprise n'aurait pas été aussi intense si Thilliez n'avait pas aussi bien jaugé son suspens et la tension au fil de ses pages. Autant par le passé, j'ai pu faire preuve de tempérance sur ses écrits, autant ici, je suis bluffée et je l'avoue, je n'aurai pas pensé l'être autant par cet auteur (pourtant adoré dans le genre, j'aurai dû m'en douter).

Amateurs de thrillers, je crois qu'il est inutile de vous faire un dessin : foncez ! "Deuils de miel" vous ravira sur tous les points : histoire, personnages, psychologie, écriture et émotions. Ca fait du bien par où ça passe !


samedi 9 novembre 2013

"Train d'enfer pour Ange rouge" de Franck Thilliez

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L'histoire: Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination.

Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au coeur de la nuit, loin, beaucoup trop loin...

La critique Nelfesque: Ce faisait un bon moment que "Train d'enfer pour Ange rouge" trainait dans ma PAL. Quoi de mieux qu'un challenge pour l'en sortir? 2 challenges!? Qu'à cela ne tienne!

Vous connaissez mon amour pour les thrillers. J'avais déjà lu par le passé, deux romans de cet auteur, "La Chambre des morts" et "La Forêt des ombres", que j'avais trouvé assez efficaces. Ici, je ne sais pas si ce n'était pas le bon moment pour le lire ou si avec le temps je m'habitue au genre et deviens de plus en plus exigeante, mais je ressors de cette lecture avec une drôle d'impression...

Le premier mot qui me vient à l'esprit est: "too much" (oui ça en fait deux... sauf si on traduit en français par "trop"!). Trop de gore en premier lieu alors que je suis la première à en être friande, trop d'invraisemblances dans la psychologie des personnages à laquelle je suis très attachée dans ce genre de roman, trop de tentatives de suspens qui ont fait flop chez moi, trop de trop! Trop! TROP!

Le roman date de 2002, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis 10 ans, beaucoup de très bons thrillers ont été écrits... Quoi que, là, je suis en train de chercher des excuses à mon manque d'enthousiasme pour ce roman ci puisque fort est de constater que, contre exemple, j'ai adoré "Les Racines du mal" de Dantec paru en 1995. On ne joue pas dans la même cour!

Non, je crois tout simplement que je n'aime pas vraiment cet auteur qui, plus que de la qualité, propose à ces lecteurs du sensasionnel pour vendre. J'ai conscience qu'en disant cela je peux m'attirer les foudres des fans de Thilliez mais que voulez-vous, j'ai une vocation de martyr!

Pourquoi donc en suis-je arrivée à cette conclusion et particulièrement avec "Train d'enfer pour Ange rouge"? L'histoire ici est sordide, glauque à souhait, dans le milieu du sado-masochisme et de l'industrie du sexe où une bande de détraqués de la b*** ne trouve rien de mieux que d'astiquer Popole devant des vidéos semblant être le reflet d'activités non consenties et parfois même devant des snuff movies. Thilliez nous amène donc dans un monde très noir fait de perversité poussée à l'extrême. Dès les premières lignes du roman, le ton est donné avec la découverte d'un premier corps mutilé à un point que je ne crois pas avoir lu de descriptions plus insoutenables jusqu'alors. Les morts se succèdent, l'enquête piétine. Sharko, le commissaire et protagoniste principal du roman, est tiraillé entre la disparition de sa femme et son enquête... Comme je le disais précédemment beaucoup de descriptions sordides qui à mon sens ne font pas avancer l'histoire mais donne à montrer aux lecteurs. Une sorte de voyeurisme gratuit auquel je n'ai pas adhéré.

Sharko ensuite, flic en souffrance suite à la disparition de sa femme survenue 6 mois plus tôt. Quand je dis "disparition", c'est d'une vraie disparition dont il s'agit et non une manière élégante de dire qu'il est veuf. De là à penser que celle ci a un lien avec l'histoire principale du roman, il n'y a qu'un pas que je vous laisse franchir si vous le souhaitez. Personnage capable du meilleur comme du pire sous la plume de Thilliez qui tour à tour en fait un homme posé et réfléchi puis le fait s'énerver et jouer les gros bras quelques pages plus loin. Très peu crédible... Autant j'aime bien le premier autant le suivant m'agace par ses interventions vues et revues. Rien d'original sous le soleil et une pointe de lassitude se fait sentir dans ma lecture.

Certains qualifieront "Train d'enfer pour Ange rouge" d'un bon page-turner. Oui, c'est possible... Je l'aurai lu il y a quelques années, je l'aurai peut être dévoré. Au lieu de ça, je l'ai clairement terminé pour honorer mes challenges (et encore, j'en rends un en retard) sans vraiment d'entrain. Sans doute aspiré-je (ceci n'est pas une faute) à plus que du "gore, du cul et du sang" maintenant en matière de thrillers. Tant pis pour cette fois!

challenge thriller
Livra'deux pour pal'Addict

J'ai lu ce roman dans le cadre du "Challenge Thrillers" et du challenge "Livra'deux pour pal'Addict".

jeudi 3 février 2011

"La forêt des ombres" de Franck Thilliez

ForetDesOmbresL'histoire: Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d'un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d'argent.
Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l'on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige...

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La critique Nelfesque: Outch! Vous voyez ce que peut donner un uppercut dans le bide? Et bien c'est avec cette sensation que j'ai fini ma lecture. Ce roman est un match de boxe et on en sort avec la tête pas tout à fait intacte.

"La forêt des ombres" est différent de "La chambre des morts" qui m'a fait découvrir Franck Thilliez le mois dernier. J'ai davantage apprécié cette lecture, même si elle est beaucoup plus physique. L'histoire est assez simple, un huis clos dans un chalet au coeur d'une forêt profonde. Coupés du monde, un auteur, sa femme, sa fille, et un couple de riches admirateurs de son talent, vont s'isoler pendant trois semaines sans moyen de communication ni moyen de transport. Que va-t-il se passer?  Vous vous doutez sûrement qu'ils ne vont pas profiter tranquillement des feux de cheminées et des balades dans les bois...

Autant vous le dire tout de suite: âmes sensibles, abstenez-vous! Le climax est glauque, l'écriture est percutante et sans fioriture, les personnages sont complètement tarés et l'ensemble est jouissif à l'extrême. Impossible de poser le livre, il faut savoir la suite, le plus vite possible. C'est une question de vie ou de mort.

J'ai deviné certains éléments de l'histoire avant la fin mais ça ne m'a pas gaché mon plaisir car au final, bien que l'explication soit importante, c'est avant tout l'enfermement et la tension palpable entre les personnages qui m'a plu. J'ai retrouvé du Jack  dans le personnage de David, du "Shining" de S. King  sous la plume de Thilliez. La folie guette et le lecteur est littéralement pris en otage.

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié cette lecture et je ne peux que vous la conseiller. Toutefois, attention, si vous n'appréciez pas particulièrement le glauque, passez votre chemin. Moi même qui ait tendance à aimer le sang et les larmes, je me suis dit qu'il ne fallait pas que j'enchaîne avec un autre thriller. Vous voilà prévenu!