jeudi 5 mars 2015

Et pendant qu'on détourne les yeux...

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Dessin de Pétillon tiré du Canard Enchaîné n°4922 du mercredi 25 février 2015


dimanche 25 janvier 2015

Une tentation nommée l'Abbé !

Je vous entends d'avance... Irrécupérables! Surtout Mr K! Pour ma défense, c'est Nelfe qui a insisté pour qu'on y aille (oui je sais, je suis une balance). Je ne m'attendais franchement pas à craquer autant car notre Emmaüs est en pleine reconstruction et la place réservée aux livres s'est réduite à la portion congrue. Mais voilà, le responsable du rayon est un gros malin et il s'est arrangé pour mixer ses vieilles acquisitions avec des nouveautés bien sympathiques qui vont une fois de plus exploser nos PAL. Je vous rassure, on arrive encore à marcher sans souci dans la maison et au rythme de lecture que je suis, le ratio est presque nul. Voici donc nos derniers adoptés!

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Les acquisitions de Mr K:

- Silo de Hugh Howey: Un roman prometteur à la lecture de la quatrième de couverture et précédé d'une belle réputation! Du post-apocalyptique enrobé d'une ambiance étouffante et paranoïaque. Je suis déjà dans sa lecture. Verdict à suivre dans les prochaines semaines!
- L'Orange mécanique d'Anthony Burgess: Jamais lu, quelle honte! Le tort sera levé d'ici quelques temps, j'ai hâte de tâter de ce livre dont l'adaptation de Stanley Kubrick m'a marqué à jamais.
- Cauchemar... cauchemars! de Jean-Pierre Andrevon: Le résumé est très intrigant avec cette histoire d'un jeune homme en totale perte de repères à la quête de son identité. Ça promet d'être une lecture bien barrée comme je les aime!
- Terre il faut mourir de James Blish: L'auteur du livre-culte Un cas de conscience nous propose ici un recueil de nouvelles autour de la disparition du berceau de l'humanité. On nous promet des récits ingénieux et profonds. Je vais vérifier cela!
- Les Visiteurs de Clifford D. Simak: Je ne peux décemment pas résister à un ouvrage de cet auteur pour qui j'ai une affection toute particulière. Il est ici question d'étranges apparitions extra-terrestres et d'enlèvements. Nous verrons bien où cela nous mène!

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- Lumière froide de Marvin Kaye et Parke Godwin: Une histoire de maison hantée dans laquelle vont pénétrer cinq personnes voulant percer les secrets du lieux. À priori, ils ne vont pas être déçus! J'espère qu'il en sera de même pour moi.
- Les Contes noirs du golf de Jean Ray: Mauvais golfeur devant l'éternel, Jean Ray règle ses comptes avec cette discipline sportive dans un recueil de nouvelles alternant les genres. Entre épouvante et facétie, l'auteur n'a pas su choisir. Très prometteur!
- Train perdu wagon mort de Jean-Bernard Pouy: Un livre bien noir écrit par une référence du genre ne se refuse pas. La preuve, il rejoint ma PAL et je pense pour pas longtemps! Mais pourquoi ce wagon et ses passagers se retrouvent-ils perdus au milieu de nulle part?
- Sans portes ni fenêtres de Peter Straub: Un jeune garçon cherche à manipuler son cadet pour se livrer à des expériences. Ce livre a l'air bien malsain et sa quatrième de couverture m'a fait penser au Jeu du jugement lu et apprécié l'année dernière. Wait and see!
- Les Neuf dragons de Michael Connelly: Une des dernières enquête d'Harry Bosch qu'il me reste à lire. Ça faisait trop longtemps que je ne l'avais pas pratiqué! Hâte d'y être aussi!

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- Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia: Gros succès public, l'histoire ne disait rien à Nelfe. Je me suis laissé tenter, il n'est pas dans mes priorités mais vu le prix défiant toute concurrence, je trouvais dommage de passer à côté...
- Mort aux cons de Carl Aderhold: Un homme décide de supprimer tous les abrutis qui croisent son chemin, le défouloir prend vite les allures d'une mission. J'adore le postulat de départ et c'est un véritable coup de poker que cet achat!

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Les acquisitions de Nelfe :

- La Gifle de Christos Tsiolkas : Bon ok c'est un pavé de presque 600 pages mais qu'est ce que la série du même nom sur Arte m'avait plu ! On verra bien côté style littéraire. Je tente l'expérience ! 
- Fragiles de Philippe et Martine Delerm : Parce que dans la famille Delerm, je prends tout le monde: le père, la mère et le fils. Cet ouvrage écrit par Philippe Delerm et illustré par sa femme Martine sera une lecture rapide mais de qualité, je n'en doute pas.
- Les Dossiers du Canard : 1982 Les Dessins de l'An II : Parce que c'est mon année de naissance ! Et que nous sommes fidèles à ce journal.
- Sont absents de la photo de classe des magazines et patrons couture que j'ai eu pour une bouchée de pain. J'en parlerai dans un billet dédié à mes pérégrinations sewing quand je me serai décidé à ouvrir une catégorie dédiée ici...

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Il ne reste désormais plus qu'à les intégrer dans nos PAL et à les lire. Quand on pense en plus que nous n'en avons eu que pour seulement 20€, il aurait été vraiment dommage de se priver! Ceci explique en partie cela...

mercredi 21 janvier 2015

L'effroyable imposture 2: le retour...

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Dessin de Delambre, lu et apprécié dans le Canard enchaîné du mercredi 21 janvier 2015 (n°4917)

samedi 9 janvier 2010

Cochon qui s'en dénie...

viande_labDans "2001: l'odyssée de l'espace", Stanley Kubrick sert à ses astronautes du boeuf synthétiquement reconstitué. Et bien, figurez-vous qu'une joyeuse bande de scientifiques s'est mis en tête, pour cette nouvelle décennie, de nous faire avaler la même tambouille. Les chercheurs néerlandais de l'Université de technologie d'Eindhoven viennent de réussir à faire pousser de la viande in vitro. En fait, des cellules de muscles porcins ont été mises en culture dans un sérum nutritif concocté à partir de sang de foetus de cochon. Le plus appétissant, c'est qu'avant de réussir cet exploit culinaire, l'équipe s'était fait un nom dans la chirurgie reconstructrice, plus précisément dans la culture des vaisseaux sanguins humains. Jusqu'à ce qu'un marchand de saucisses s'entiche de leurs compétences. En l'occurence Stegeman, la filiale néerlandaise de l'américain Smithfield Foods, numéro 1 mondial de la transformation de viande de porc avec 28.5 millions de cochons utilisés chaque année et environ 8 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Ce mastodonte de la charcuterie, qui possède entre autres, chez nous, Justin Bridou, Cochonou, Aoste et Jean Gaby, a défrayé la chronique l'an dernier lorsque les premiers cas de grippe A sont apparus, pile-poil dans la région où sa filiale méxicaine possède 8 porcheries industrielles géantes... Certes, le morceau de viande obtenu en éprouvette serait apparemment gluant et sans goût. Mais peu importe, puisqu'il suffira d'épicer la saucisse. On attend avec impatience les montagnes de sauciflards fabriqués quasiment ex nihilo dans des usines dignes de "L'aile ou la cuisse". Et vendues avec l'estampille "Aucun animal n'a été tué" et "Bon pour la couche d'ozone". A moins que les consommateurs ne fassent leurs têtes de lard...

Article "Un tour de cochon" tiré du Canard enchaîné n°4654 du 06/01/10

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mercredi 25 novembre 2009

Uchronie: fin du débat sur l'Identité nationale

supdupontUn débat qui tourne mal

Lorsque, le 4 février 2010, le ministre des charters Eric Besson clôtura les 3 mois du Grand débat sur l'Identité nationale qu'avait lancé l'Élysée juste avant les régionales pour séduire à nouveau les lepénistes écoeurés par le sarkozysme, il se retrouva gêné aux entournures. Car les Français n'avaient pas faits ce qu'on attendait d'eux. Dans les 100 préfectures où ils avaient été convoqués, ils avaient renâclé à vanter, comme on les y avait vivement encouragés, "notre patrimoine", "nos églises et nos cathédrales", "notre art culinaire que le monde entier nous envie". Ils avaient fait remarquer que l'identité nationale était liée à d'autres valeurs... Exemples.

Les impôts. Se tirer à l'étranger pour échapper à l'impôt, notèrent les débatteurs, ne relève pas vraiment de l'identité nationale. Ainsi le chanteur Johnny, établi en Suisse: peut-il vraiment encore être pris pour un grand chanteur national? Et chanter le 14 juillet jour de la fête nationale? À l'invitation du chef de la Nation? Il fut décidé que non. Qu'il serait désormais considéré comme chanteur suisse, et qu'on lui dresserait une statue en chocolat à Zurich. Idem pour les 3000 et quelques exilés fiscaux établis en Belgique: mieux valait désormais les considérer comme des sans-papiers à jeter en centre de rétention à la première incursion sur le territoire national.

L'emploi. Tous les PDG qui fragilisent l'économie nationale en fermant leurs usines françaises pour aller s'offrir des salariés dix fois moins chers à l'étranger ne sont pas vraiment des amis de l'identité nationale: ainsi le fabriquant tricolore de bagnoles Renault ou la marque de lingerie Aubade, laquelle a entièrement délocalisé sa production en Tunisie. Tous ces délocalisateurs frénétiques sont priés de suivre des cours de recyclage donnés par des chômeurs nationaux (et c'est pas ce qui manque).

La Sécurité sociale. Le monde nous envie ce système de solidarité nationale (et là, c'est pas du flan). Ceux qui tentent de le torpiller, comme les députés qui viennent de voter son budget avec un trou mahousse de 30 milliards sans prévoir la moindre mesure pour le combler, sont désormais considérés comme des casseurs irresponsables et dangereux. Enquête doit être menée sur cette nouvelle "mouvance terroriste".

Les droits de l'homme. Considérant que la France est reconnue comme la "patrie des droits de l'homme", celle des idéaux forgés par les penseurs des Lumières et la Révolution et Victor Hugo et tutti quanti, les débatteurs décidèrent que réexpédier comme de vulgaires colis dans l'enfer d'Afghanistan des Afghans venus se réfugier chez nous constituait une grave atteinte à l'identité nationale. En conséquence de quoi le ministre des charters initiateur du Grand Débat sur l'Identité nationale était renvoyé à ses études (ou, au choix, à servir la soupe aux clandestins de Sangatte).

Quoique le ministre Besson n'ait pas apprécié la tournure prise par le Grand Débat, il n'en fit rien savoir: la synthèse était écrite d'avance. Elle se résumait d'une phrase: les Français n'aiment pas la burqa mais adorent notre Sarkozy national.

Lu et apprécié dans le Canard enchaîné n°4647 du 18/11/2009, rubrique Plouf, article de Jean Luc Porquet

Illustration "Superdupont" de Gotlib

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mardi 29 septembre 2009

Bientôt la "taxe corail"...

corailC'est une petite info de rien du tout, relevée au passage dans "Le Monde" (04/09): les barrières de corail rendent service à l'humanité, un service qu'un rapport publié sous l'égide des Nations Unies vient d'évaluer à 120 milliards d'euros. Le corail a donc désormais un prix. Quelle belle nouvelle! Le voilà donc quasiment tiré d'affaire. On connaît en effet la thèse des nouveaux calculateurs verts: c'est parce qu'au XIXème siècle les économistes ont négligé de mettre un prix sur la nature que celle ci a subit la razia dévastratrice dont on constate aujourd'hui les dégâts. L'air, l'eau, la biodiversité, les matières premières semblaient infinis, ils étaient donc gratuits ou presque. Aujourd'hui, nous savons que les stocks sont limités et la planète en danger: il faut donc d'urgence donner un prix à la nature, et ainsi on la respectera. La preuve: c'est depuis qu'en 2006 l'économiste en chef du Royaume Uni, sir Nicolas Stern, a calculé que le réchauffement climatique nous couterait entre 5 et 20 points du PIB mondial que les décideurs se sont décidés à agir. Seule solution pour sauver l'éléphant, une prairie, les abeilles, un écosystème: leur mettre un prix! L'homme moder respecte ce qui a de la valeur, ce qui porte une étiquette, ce qui fait chauffer sa calculette.

Revenons au corail. En Egypte, voilà plus de 15 ans que les autorités ont trouvé le moyens de protéger les récifs coralliens au large de Charm-el-Cheikh, sur lequel des capitaines de bateaux de pêche avaient la méchante habitude de balancer leur ancre. A 300 dollars le m² de surface détruite en flagrant déli, les amendes ont été tellement dissuasives que les jets d'ancre intempestifs ont chuté illico. Génial non?

L'économiste qui a chiffré les barrières de corail à l'échelle planétaire a tenu compte, lui, des services que le corail rend aux poissons (qu'il héberge et nourrit), à l'homme (il protège des innondations et fait marcher le tourisme), au patrimoine (il préserve la diversité génétique). Ne reste plus qu'à fixer un prix au m² et mettre des gardes partout, et taxer tout ceux qui provoquent la mort du corail: acidification des océans, rejet d'engrais et de pesticides, pollutions, etc., ça en fait des responsable! On n'aura qu'à leur payer une "taxe corail".

Et ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Chiffrons les ruisseaux et les rivières, la beauté d'un paysage, le plancton marin (qui produit gratis de l'oxygène, comme c'est gentil!), chiffrons le silence et les coccinelles, les bouses de vache et les glaciers qui fondent, les pissenlits et les ours polaires et les marres à grenouilles, chiffrons toute la nature au lieu de nous contenter du seul pétrole et des métaux rares et des matières premières et des m² constructibles... Toutes choses tellement bien chiffrées qu'elles sont très protégées comme on sait. Chiffrons tout et nous entrerons enfin dans un monde grenello-compatible. Un vrai paradis...

Jean-Luc Porquet, rubrique Plouf, du Canard enchaîné du 09/09/09

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jeudi 10 septembre 2009

Taxe carbone à tout faire ou à jeter

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Pour le spectacle qu'elle offre, voilà une taxe qui mérite d'être chaudement applaudie. A elle toute seule, elle a fait mentir le chef de l'Etat (il avait promis de ne pas augmenter les contributions), ridiculisé Fillon, divisé l'UMP, embarrassé les socialistes et piégé les Verts, enrôlés comme porte-parole de l'Elysée. 2/3 des français ne veulent pas ce nouvel impôt "qui n'en est pas un", parole du ministre du budget. Avec sa lutte contre le réchauffement, Sarko a réussi à échaffer les esprits, cumulant les impairs comme un bleu, ce qui est un comble pour un président qui drague les Verts. Inventaire.

Erreur de timing. A l'automne 2007, Sarko avait repoussé la discussion de la taxe proposée par Hulot pour ne pas polluer son Grenelle de l'environnement. Il se retrouve à l'annoncer 2 ans plus tard, en pleine récession, alors que le gouvernement envisage d'augmenter le forfait hospitalier, que le chômage ne cesse de grimper et les prix de l'énergie d'augmenter. Maladroit.

Erreur de vocabulaire. Sarko a perdu la bataille des mots en laissant s'installer le terme de "taxe carbone", très connoté, alors que les écolos, à l'origine du concept, parlaient de "contribution climat énergie", plus consensuel. Basique.

Manque de préparation. Sarko avait trouvé malin de confier à Rocard la présidence d'une "conférence des experts", pensant faire porter à un socialiste la paternité du nouvel impôt. En fait, ladite conférence comptait beaucoup d'experts de... Bercy, plus soucieux de renflouer les caisses de l'Etat que de verdir la fiscalité. Sarko parle aujourd'hui d'un "choix historique", à l'identique de celui de la décolonisation, rien de moins! Si l'évènement est à ce point historique, fallait-il le laisser à de simples experts?

Manque de pédagogie. Sarko n'a pas expliqué en quoi il est important que la France baisse des 2010 sa consommation de carbone, alors qu'elle n'est responsable que de 1.1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de 11% des émissions européennes. Et s'il fallait aller vite juste pour récupérer l'électorat écolo aux Régionales du printemps prochain?

Manque d'autorité. Sarko a laissé ses ministres se contredire. A peine Borloo avait-il repris l'idée de Hulot d'un "chèque vert" pour compenser la taxe que Woerth a expliqué fin juillet, qu'il était contre les chèques. Du coup, le ministre de l'Ecologie s'est tu, laissant Bercy seul en scène. Ravageur.

Manque de clarté. Woerth n'a pas été capable de fournir un mécanisme simple de compensation, parce qu'il ne voulait pas compenser. La manoeuvre a été dénoncé par ses petits camarades, Alain Juppé en tête: "On nous dit que ce ne sera pas un impôt de plus, on aimerait en avoir la démonstration complète.". Fratricide.

Manque de justice. Tout le débat autour de la taxe carbone a laissé de côté l'industrie lourde et l'élevage, qui représente près de la moitié des émissions de gaz a effet de serre. Au prétexte que les vaches produisent du méthane, pas du CO2, et que les industries les plus polluantes payent déjà des permis à polluer, qui ne leur coûtent pas cher puisque 90% sont alloués gratuitement jusqu'en 2013. Deux poids, deux mesures?

Manque de conviction. Fillon a cherché a s'en sortir en baissant le prix de la tonne de CO2, ce qui dénature la réforme. S'il est trop bas, l'efficacité du "signal prix" pour pousser l'usager à moins consommer d'énergie n'existe plus et ce sont les écolos qui crient au scandale.

Tant de cafouillage pour aboutir à une taxe carbone à rien?

Article de J-M. Th. tiré du Canard enchaîné du 09/09/09 n°4637

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