conquistador

L’histoire : Tenochtitlan, an 1520. Ils cherchaient le trésor des Aztèques... Ils ignoraient que Le Gardien veillait.

La critique de Mr K : Chronique d’une lecture sympathique à défaut d’être originale aujourd’hui avec cette tétralogie empruntée au CDI de mon établissement pour les vacances de Pâques. Conquistador de Jean Dufaux et Philippe Xavier est une saga en quatre volume qui se lit d’une traite avec un plaisir certain. Cependant, il lui manque un supplément d’âme et une complexité pour qu’elle soit vraiment mémorable. Je m’en explique maintenant...

L’action se déroule dans les années 1520 lors des premières expéditions espagnoles dans le nouveau monde et notamment avec Cortés en territoire aztèque. Il est déjà sur place à Tenochtitlan depuis quelque temps, a noué des relations ambiguës avec l’empereur Moctezuma entre relations amicales et supériorité pseudo divine. Au début du premier volume, il se prépare à repartir à Veracruz pour affronter l’expédition punitive menée par Panfilo de Narvaez. Le royaume d’Espagne considère en effet que Cortés s’enrichit sur le dos de la couronne et veut y mettre un terme. Le général Cortés charge en parallèle un petite groupe de fidèles d’aller repérer et voler une partie du trésor aztèque. Ce qu’ils font non sans causer des dégâts et provoquer une malédiction qui va commencer à les décimer les uns après les autres...

3

L’aspect aventure de la série est très bien mené. Les amateurs d’Indiana Jones seront ravis à commencer par moi. C’est très rythmé, on mélange allégrement Histoire et fantastique avec des passages bien mystiques qui apportent un plus indéniable. De l’action, un peu d’humour (en marge cependant), des jeux de pouvoirs tendus aux renversements nombreux, de la séduction aussi et une belle histoire d’amour en second plan offrent au final un récit aux multiples ramifications qui mène à un ultime volume bien déjanté qui renverse pas mal de certitudes chez les personnages. Certes, on est rarement surpris, les auteurs usent de pas mal de clichés vus et revus mais on se laisse capter sans souci.

2

Le point faible réside cependant dans les personnages. Je les ai trouvé un peu trop caricaturaux avec une psyché plus que limitée. Clairement, par moment, on a l’impression qu’on s’adresse à des enfants malgré des scènes bien choc. Convenus, simplistes parfois, on ne s’attache pas vraiment à eux, notamment les protagonistes principaux. Ou alors, certains disparaissent trop vite ! Je pense au moine amateur de Peyolt qui a des visions des plus space ! Autres clichés, les hommes musclés, forts et robustes et des femmes au corps de rêve, toutes très bien foutues et pour beaucoup passives. Un brin macho, me direz-vous ? Oui et non car certains personnages féminin s’avèrent forts et résistants mais là encore on tombe dans du déjà-vu et du caricatural.

1

Si la BD se résumait à cela, je ne serai pas allé jusqu’au bout. Heureusement, la contextualisation est impeccable, au niveau historique et reconstitution, on n'est pas loin de la perfection (malgré des exagérations dans l’évocation des rites aztèques). On est vraiment plongé dans l’époque, dans les lieux avec ces heurts entre deux civilisations aux modes de vie et de pensée radicalement opposés. Le choc est brusque et très bien retranscrit. L’aspect esthétique est vraiment bluffant notamment dans les scènes de descriptions ou d’attente, dans les vieilles cités aztèques, dans la jungle sombre et profonde avec ses ruines cachées et ses cascades ensorcelantes. Les scènes d’affrontement sont aussi très réussies avec un dynamisme qui ne se dément jamais et des couleurs qui explosent les rétines pour le plus grand bonheur du lecteur.

4

On est donc ici pleinement dans un pur plaisir régressif, une lecture distrayante à défaut d’être révolutionnaire. Idéale pour passer du bon temps même si au final, elle ne restera pas dans les mémoires des bdphiles les plus exigeants. À découvrir ou non selon vos attentes dans le domaine.