jeudi 25 août 2016

"Comme des bêtes" de Yarrow Cheney et Chris Renaud

Comme des bêtes afficheL'histoire : La vie secrète que mènent nos animaux domestiques une fois que nous les laissons seuls à la maison pour partir au travail ou à l’école.

La critique Nelfesque : Que ceux qui ont des animaux domestiques chez eux et se sont toujours demandés ce que leurs bêtes à poils faisaient durant leurs absences lèvent la main. "Comme des bêtes" nous le dévoile et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne s'ennuient pas.

Vous avez un chat et vous pensez qu'il passe ses journées à dormir ? Un chien et vous imaginez qu'il se morfond toute la journée en vous attendant derrière la porte d'entrée ? Un oiseau en cage et pour vous il n'a rien d'autre à faire qu'à picorer ses graines ? Détrompez-vous ! Nos bestiaux ont une vie trépidante ! Bon soit, j'ai du mal à imaginer Tesfa dans une telle aventure mais je veux bien lui accorder le bénéfice du doute ^^

Max coule des jours heureux avec sa maîtresse Katie dans son appartement new-yorkais. Il a tout le confort qu'il désire, elle lui concocte des bons petits plats qu'il déguste avec elle sur une terrasse donnant sur Hyde Park, il a un dogsitter attitré qui l'emmène s'amuser la journée avec ses camarades au parc. Une vie de chien chouchouté ! Oui mais voilà, un soir, Katie rentre du travail avec Duke, chien malheureux qu'elle a récupéré à la fourrière. Molosse indélicat, il est l'opposé de Max. Ces deux là ont du mal à s'entendre et vont se retrouver embarquer dans de folles aventures.

Comme des bêtes 5

Et ces aventures, ils ne les feront pas seuls ! Toute une kyrielle de potes à poils et là pour les aider. A commencer par Gidget, très prout prout ma chère, secrètement éprise de Max, Mel, un carlin neuneu qui passe son temps à aboyer après les écureils et courir derrière les papillons, Chloé, une chatte obèse en plein régime, Pops, un vieux parrain basset hound handicapé... Ensemble ils vont devoir faire face à une équipe de bras cassés, animaux abandonnés vivant en meute dans les égouts de la ville. Des chiens galeux, des serpents, des crocodiles, des araignées... et même un lapin mignon ! Ne vous fiez pas à la bonne bouille de Pompon, c'est un lapin psychopathe.

Avec leurs péripéties, Cheney et Renaud, les réalisateurs de ce film d'animation, nous entraîne dans un joyeux délire. On retrouve notre âme d'enfant, on évite avec succès le pipi / caca, on jubile devant certaines scènes démentes et on prend honnêtement un plaisir fou avec ce dessin animé régressif à souhait. En même temps, c'est une nana qui s'éclate devant des vidéos de chats débilus sur Youtube qui vous parle. Si vous n'aimez pas les bêtes, passez votre chemin. Pour autant, il n'est pas utile d'être complètement gaga de son chat ou de son chien pour apprécier l'humour de "Comme des bêtes". Un animal est un animal et a sa place d'animal mais avouons tout de même qu'ils sont bien trognousses et que si on les laissait faire, ils nous feraient faire leurs 4 volontés !

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L'idée de base est très sympa et fédératrice, le spectateur fait son curieux et il en a pour son compte. Le rire est omniprésent et la scène de l'usine à saucisses sur la musique de Grease restera dans les annales. Pour moi, c'est LA scène du film, complètement aware, WTF et hallucinante. J'en ai pleuré de rire. Bourré de références cinématographiques qui raviront les plus grands (coucou Shining), ce film est une petite pépite sans prétention et une très bonne surprise. Courrez-y !

La critique de Mr K : 6/6. Quelle marade ! J'ai rarement autant rigolé devant un animé jeunesse au cinéma. J'en ai même pleuré et Nelfe n'était pas très loin derrière en terme de larmes de joie. Il faut dire que les gags, situations cocasses et références multiples pullulent tout le long du métrage et que les auteurs de Moi, moche et méchant se sont surpassés. Comme des bêtes est assez génial dans son genre !

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Ceux qui nous connaissent vous le diront, nous sommes gagas d'animaux à la maison. Alors quand un métrage pour enfants nous propose de découvrir ce qui se passe quand nous partons au travail tous les jours, l'occasion est trop belle de lever le voile sur les habitudes de nos compagnons de vie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas triste ! Vous verrez un caniche royal métalleux à ses heures perdues quand son bourgeois de maître s'absente, une chatte boulimique et philosophe, un vautour esseulé en mal d'amitié malgré ses instincts de rapace, un carlin accrocs au papillon et commère de première, un lapin orphelin devenu psychopathe par la force des choses, un cochon d'Inde sans aucun sens de l'orientation, deux chiens nouvellement colocataires qui vont devoir apprendre à s'accepter mutuellement, une horde de chats errants, un chaton mignon fou à lier, une perruche adepte de simulation de vol à l'Afterburner, une chienne amoureuse à la folie... et toute une galerie de personnages tous plus dingues les uns que les autres.

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C'est la grande force du métrage qui reste par ailleurs assez classique du côté narratif. En même temps vu la cible visée, il ne faut pas s'attendre à de l'original. Une fois de plus, il est question d'amitié, de courage et de dépasser ses difficultés. Pour autant le charme agit grâce à un humour ravageur et loin de se cantonner dans le bas de plafond (il y en a beaucoup moins que dans d'autres production) : il y a un côté cartoon criant, des références qui ont ravi les grands enfants que nous sommes et un rappel de certaines habitudes de nos amis à poils et à plumes assez délectable. On rit énormément mais sans s'abêtir et toujours naturellement. Le sens du rythme y est pour beaucoup et par moment on part dans des délires totalement ubuesques, à se demander ce qu'ils mangeaient, buvaient ou fumaient en concevant certaines scènes. Celle se déroulant dans l'usine à saucisses restera longtemps graver dans nos mémoires !

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Ça ne vous surprendra pas si je vous dis que cet animé est magnifique en terme de forme : les couleurs explosent à l'écran, les bestioles sont trognonnes à souhait même la confrérie des gouttières, sorte de cours des miracles vivant dans les égouts de New-York à l'abri des hommes qui les ont soit rejetés soit abandonnés. La musique alterne le pire (la chanson d'intro) comme le meilleur (il y a du System of a down !) mais c'est souvent le cas avec ce genre de production. Les dialogues font mouche et ne prennent pas nos chères têtes blondes pour des imbéciles ce qui est à souligner. En tous les cas, on ne s'ennuie pas une seconde entre gros fous rire et moments plus tendres (on ne tombe jamais dans le pathos et le ringard pour autant). Ce fut une sacrée bonne séance de cinéma qu'il serait dommage de laisser passer si vous êtes amateur !

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samedi 9 juillet 2016

"La Tortue rouge" de Mickaël Dudok de Wit

La Tortue rouge affiche

L'histoire : À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

La critique Nelfesque : J'avais remarqué ce film d'animation lors de la dernière édition du Festival de Cannes mais il m'était sorti de la tête. France Info étant partenaire du film, les journalistes officiant sur ses ondes ont fait pas mal de promo lors de sa sortie et nous nous sommes un peu plus penchés dessus avec Mr K jusqu'à avoir furieusement envie d'aller voir. Chose que nous fîmes.

"La Tortue rouge" n'est pas un film comme les autres. D'aussi loin que je m'en souvienne, je ne crois pas avoir vu une pareille oeuvre un jour. Ce film sans paroles, où bruits de la nature et musique collant parfaitement aux propos sont omniprésents, fait la part belle aux sensations et au ressenti. Le spectateur ne peut s'empêcher de se transposer et s'imaginer à son tour échoué sur une île déserte. Que ferions-nous ? Comment appréhenderions-nous notre environnement ? Quelles idées nous passeraient alors par la tête ?

Nous suivons ici un homme dont nous ignorons tout. Sans nom, sans profession défini, il n'est déterminé par aucun signe extérieur. C'est simplement un homme, d'une vingtaine d'années lors de son naufrage. Ici, sur cette île peuplée de crabes et d'insectes, il va chercher un moyen de reprendre le large et construire des radeaux mais inlassablement une tortue rouge détruira ses frêles esquifs.

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De rage et de désespoir, il va alors commettre un acte qui va changer sa vie à tout jamais. Cet acte symbolique, dont je ne vous parlerai pas en détail, pas plus que je vous ne donnerai ma théorie sur la suite qui en découle pour ne pas vous gâcher la surprise et influencer votre jugement, va faire basculer le récit dans l'étrange.

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Plus qu'elle ne se regarde, "La Tortue rouge" est une oeuvre qui se ressent. Difficile d'en parler sans en dire trop mais une chose est sûre : ce film vous bouleversera ou vous laissera complètement indifférent. Il n'y a pas de demi mesure possible. Soit elle parlera à une partie de vous-même par les thématiques qu'elle aborde (vieillesse, famille, parentalité, mort, solitude, amour...) soit elle vous ennuiera parce que foncièrement ici il ne se passe pas grand chose d'autres que le cours d'une vie, tout simplement.

Oui mais quel bel écrin pour ce parcours ! Avec des paysages et des couleurs sublimes (les camaïeux changeants de l'horizon dont je ne me lasse pas), des petits clins d'oeil attendrissants (les petits crabes curieux), un rythme lent et contemplatif et un grain unique faisant penser à la photographie argentique, ce film touche autant les âmes sensibles que les esthètes. A voir et revoir sans modération tellement c'est beau, à tous les niveaux !

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La critique de Mr K : 7/6. Oui, oui vous avez bien lu, une note abracadabrantesque pour un film qui m'a "liquéfié" littéralement à la sortie de la salle. On touche ici au sublime, à la perfection... Ça faisait bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Le postulat est simple : un naufragé se retrouve isolé sur une île déserte avec pour seuls compagnons de drôles de petits crabes et des tortues. L'une d'entre elles qui donne son titre au métrage de part son étonnante couleur va modifier à jamais son destin.

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Inutile d'en dire plus pour ne pas gâcher les surprises à venir, sachez simplement que ce récit s'apparente à une belle métaphore sur l'existence humaine. Sans paroles, le métrage nous immerge au plus près de cet homme seul qui tente de survivre et au début surtout de quitter cette île. Le film alterne découvertes de la nature, petits moments à tonalité légère avec des crabes facétieux et moments de tensions forts comme la chute dans un trou d'eau ou l'imminence d'une catastrophe naturelle. Mais peu à peu, le ton s'épaissit, révélant la densité des éléments abordés à travers des moments de vie croqués fort justement par un réalisateur au talent immense.

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Ne vous laissez pas abuser par les traits minimalistes des dessins, le film fourmille d'idées et de références que chacun appréhendera à son niveau qu'il soit jeune ou moins jeune. Les décors sont de toute beauté avec des couleurs magnifiques virant parfois à la bichromie notamment dans les scènes se déroulant de nuit. Naturalisme et onirisme se mêlent présentant un récit foisonnant et poignant. La vague des émotions nous emporte très loin, le tout bercé par une bande originale soulignant parfaitement la beauté de l'ensemble. On navigue entre partitions et envolées lyriques à la Sébastien Tellier, et parfois vers des sonorités que n'auraient pas reniés les Pink Floyd de la période Meddle.

C'est les yeux tout humides que je suis sorti de cette séance vraiment hors-norme. Ce film est une perle alliant richesse graphique, humanisme profond et expérience cinéphile incroyable. Franchement… Ne passez pas à côté au risque de le regretter plus tard !

jeudi 7 janvier 2016

"Avril et le monde truqué" de Franck Ekinci et Christian Desmares

avril-et-le-monde-truque-afficheL'histoire : 1941. Le monde est radicalement différent de celui décrit par l’Histoire habituelle. Napoléon V règne sur la France, où, comme partout sur le globe, depuis 70 ans, les savants disparaissent mystérieusement, privant l’humanité d’inventions capitales. Ignorant notamment radio, télévision, électricité, aviation, moteur à explosion, cet univers est enlisé dans une technologie dépassée, comme endormi dans un savoir du XIXème siècle, gouverné par le charbon et la vapeur.
C’est dans ce monde étrange qu’une jeune fille, Avril, part à la recherche de ses parents, scientifiques disparus, en compagnie de Darwin, son chat parlant, et de Julius, jeune gredin des rues. Ce trio devra affronter les dangers et les mystères de ce Monde Truqué. Qui enlève les savants depuis des décennies ? Dans quel sinistre but ?

La critique Nelfesque : Voilà un petit moment que nous avions repéré ce film d'animation dans le magazine de notre cinéma habituel. Oui, mais voilà, bien que sorti en salle le 4 novembre, le jour J, il n'était pas projeté chez nous. Frustration ! Râleries ! Vous imaginez le topo...

Et puis, je ne sais pas si ce sont les vacances de Noël qui ont joué en notre faveur mais c'est à ce moment là que nous avons eu la joie de découvrir "Avril et le monde truqué" à l'affiche ! Zou, on saute dans la voiture et on file voir ce dessin animé 100% français et dont la création et l'univers graphique sont de Tardi (excusez du peu !).

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Nous voici embarqué pour 1h45 dans un univers SF historique type steampunk. Le monde n'est pas vraiment ce qu'il a été au moment où se déroule l'histoire de ce film, des changements ont eu lieu en amont et nous sommes ici dans une sorte de monde parallèle où les choses sont à la fois habituelles et complètement décalées pour le spectateur. Une part donc d'inconnu dans un Paris pourtant reconnaissable et diablement bien rendu.

Tardi est aux manettes de ce film d'animation et ça se voit. Les dessins sont simples, le trait assez classique mais on décèle pourtant au détour de chaque scène des surprises aux seconds plans, des clins d'oeil... Un univers foisonnant et onirique ! Pendant presque 2 heures, on retombe en enfance et l'on s'émerveille ! La couleur est chaude, un peu sépia, les machines et les infrastructures font rêver et l'ensemble est très agréable à regarder.

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Côté scénario, nous sommes en pleine intrigue policière. Les parents d'Avril, scientifiques reconnus, ont disparu lorsqu'elle était enfant. Elle va poursuivre leurs travaux et leurs recherches dans la clandestinité et tenter de sauver le monde. Vaste programme et grande espérance pour une jeune fille de son âge mais Avril a plus d'un tour dans son sac et surtout elle n'a pas les deux pieds dans le même sabot. Femme forte, avec du caractère, elle est difficilement impressionnable et c'est un bonheur de rencontrer un personnage comme elle dans un dessin animé destiné aux enfants à partir de 6 ans (à noter tout de même qu'il n'est pas sûr qu'à cet âge, les gamins comprennent tous les tenants et les aboutissants de l'histoire).

Avec Tardi aux pinceaux comme je l'ai dit mais aussi Marion Cotillard, Philippe Katerine, Jean Rochefort, Marc-André Grondin au casting pour les voix des personnages, "Avril et le monde truqué" a su s'entouré pour donner à voir au spectateur une oeuvre de qualité et surtout une oeuvre différente de ce que l'on a l'habitude de voir. Il y a dans ce film d'animation un petit côté "à l'ancienne" qui fait plaisir à voir et une dimension fantastique, un ton et un imaginaire qui lui sont propres. On ressort de la séance, des étoiles plein les yeux, avec la certitude d'avoir vu un dessin animé unique. A voir !

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La critique de Mr K : 5/6. Un très bon moment de cinéma que ce film d'animation français passé malheureusement trop inaperçu en cette période de blockbuster spatial omniprésent (on va aussi aller le voir dans le mois de janvier quand le calme sera revenu). Avec Jacques Tardi à la barre, on pouvait s'attendre à un récit haut en couleur et une approche de la dystopie intéressante et nouvelle. C'est une franche réussite qui prend toute son ampleur sur grand écran avec à la clef une immersion totale et jubilatoire.

Le temps semble s'être arrêté au milieu du XIXème siècle. Le progrès a été stoppé à l'énergie de la vapeur et la France est un Empire perclus dans ses certitudes et son système rétrograde et répressif. Au centre de l'histoire, il y a ces mystérieuses disparitions de savants à travers le monde entier et la menace muette qui pèse sur l'équilibre de notre monde. Avril est la fille d'un couple de scientifiques ayant mis au point un miraculeux sérum très convoité par les autorités, ils vont être enlevé devant les yeux de la petite fille qui ne perdra jamais l'idée de les retrouver un jour. Elle continue les recherches en cachette, va faire des rencontres essentielles pour mener sa quête et révéler une vérité incongrue aux conséquences catastrophiques. Tout un programme me direz-vous? Même plus encore tant les créateurs de ce film malin et intelligent ont semé embûches et indices sur le chemin du personnage principal.

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On s'attache immédiatement à cette orpheline à fleur de peau obsédée par ses recherches. Elle n'en reste pas moins une jeune fille qui se cherche elle-même et qui en se confrontant à la réalité et aux autres va devoir s'accepter, se révéler à elle-même et finalement s'accomplir. Elle peut compter pour cela sur son grand-père (voix de Rochefort délectable à souhait) attentionné et un peu fou, son chat parlant (si!si! En plus c'est Philippe Katerine qui le double! Huge!) dont la paresse n'a d'égal que son courage et sa sagesse et un gentil filou embringué dans une histoire qui le dépasse. Les opposants ne sont pas mal non plus entre un policier bourru en pleine disgrâce et la mystérieuse menace. Mélange d'humour et de scènes plus graves, une alchimie étonnante se dégage des interactions entre personnages donnant une densité au dessus de la moyenne dans ce type de métrage.

D'une grande beauté (le dessin de Tardi se déploie admirablement sur grand écran), on enchaîne scènes intimistes très recherchées avec des séances d'action parfois trépidantes et saisissantes (passages dans des tunnels notamment) et des décors flamboyants immersifs à souhait: Paris et ses deux tours Eiffel jumelles en guise de gare, une jungle impénétrable, objets rétro-futuristes… Tout concourt pour fournir un univers dystopique complet, cohérent et inquiétant. On sent que ce projet a été longuement travaillé pour fournir plaisir immédiat et réflexion à plus longue portée.

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Pas de note maximum pour autant pour quelques légères scories comme la musique que j'ai trouvé à deux moments inappropriées car trop grandiloquente, des trames scénaristiques parfois convenues (on n'est pas surpris très souvent si vous voulez) et je n'aime pas qu'il y ait un générique avant le début d'un métrage (défaut très minime je vous l'accorde).

Mais ne boudons pas notre plaisir, il faut aller voir ce film pour le faire vivre et encourager les initiatives du même genre car elles sont encore trop peu nombreuses en France et en Europe face aux rouleaux compresseurs habituels. De la poésie, un graphisme différent, un univers fascinant, trois arguments imparable qui font d'Avril et le monde truqué un mètre étalon en la matière d'animé made in France.

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mercredi 1 juillet 2015

"Vice-Versa" de Pete Docter

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L'histoire : Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité, Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie...

La critique Nelfesque : Gros coup de coeur pour "Vice-Versa", dernier né des studios Disney-Pixar ! J'aime les films d'animation, j'aime le temps d'un dessin-animé retourner en enfance et rêver mais j'ai rarement vécu autant d'émotions qu'avec celui ci. Tout simplement hors du commun.

Que se passe-t-il dans nos têtes ? Pourquoi sommes-nous parfois tirailler quand il faut prendre une décision ? Qu'est ce qui fait la personnalité de chacun ? Les festivaliers et les critiques à Cannes cette année ont été unanimes : "Vice-Versa" était bouleversant et sa projection fut un triomphe. Je partage totalement leur avis. On navigue ici entre rires, larmes et réflexion. Notre gymnastique cérébrale est très bien rendue. Les explications complexes sont finement simplifiées et imagées pour que tout devienne accessible sans pour autant galvauder des faits scientifiques. Chacun en ressort grandit, petits et grands ont appris des choses. Même si tout n'est pas compréhensible pour les plus petits, ils peuvent ressentir grâce aux images les émotions qui nous sont traduites. Un vrai tour de force qui nous cueille à chaque minute.

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Riley a 11 ans. Elle vient de quitter son Minnesota natal pour San Francisco et c'est la tempête dans sa tête. Elle a quitté la maison qu'elle aime, ses repères, ses amis, une vie calme à la campagne pour une ville qu'elle ne connaît pas, une maison qui ne lui plaît pas et tout un avenir à construire. Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût sont alors à pied d'oeuvre pour que cette transition se fasse de la meilleure façon possible et que Riley ne souffre pas trop de ce changement de vie.

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Oui mais voilà, rien ne va se passer comme prévu et nous suivons les pérégrinations de ces 5 sentiments dans le cerveau de Riley. La tour de contrôle des émotions, les îles de la personnalité qui constituent cette dernière, la mémoire à long terme, le train de la pensée, le stockage des souvenirs, la fabrication des rêves, le parc de l'imaginaire, le subconscient... tel est le décors reflétant tout cerveau. Le film commence comme une friandise au goût acidulé, Riley est petite et heureuse, tout n'est que bonheur et paillettes puis peu à peu l'ambiance bascule dans quelque chose de plus angoissant, de plus complexe et perturbant. Loin des sentiers balisés de dessins animés édulcorés pour enfants, beaux à regarder mais sans messages ou très simplistes, "Vice-Versa" pose des questions essentielles sur l'accomplissement de soi, sur la gestion des émotions, sur le fait de grandir, sur l'oubli...

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Cette petite fille si seule dans sa nouvelle vie est pourtant peuplée d'une petite bande remuante et énergique qui remue ciel et terre pour qu'elle garde le cap. Evoluants dans un monde riche et coloré, les 5 sentiments ont une multitude de solutions à leur portée et se bagarrent parfois pour trouver la bonne. C'est foisonnant, passionnant et certains détails éveillent en nous des choses enfouies. Qui n'a pas eu enfant un ami imaginaire et l'a complètement oublié ? Découvrir où celui ci réside à présent crève le coeur... Avec ce film d'animation diablement malin et efficace, le spectateur est tour à tour surpris, émerveillé, ému et apaisé.

Une très jolie histoire, un très beau film d'animation, très loin d'être bête, qui plait aussi bien aux petits qu'aux grands. Le meilleur Pixar et, psychologiquement, le plus abouti jusqu'à présent ! J'attends le DVD avec impatience ! Une réussite !

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La critique de Mr K: 6/6, une grande et belle claque que le dernier né de chez Pixar. A mes yeux, le plus réussi, le plus abouti et le plus riche de tous leurs métrages. Il sera sans nul doute dans mon top 3 de l'année tant il m'a remué et diverti. Attention chef d’œuvre! Et en animation, c'est tout de même assez rare depuis ces dernières années.

Le concept est simple, on rentre dans la tête d'une jeune fille et nous suivons le fonctionnement de son cerveau à travers les cinq émotions principales qui régissent nos vies (la joie, la tristesse, la colère, la peur et le dégoût). Tout se passe pour le mieux pour Riley jusqu'au jour où elle déménage de son Minnesota natal pour San Francisco. Ça fait beaucoup de changements pour elle et la transition va s'avérer bien rude pour cette petite fille normalement enjouée. Crispations avec la famille, éloignement avec ses amis, premiers jours à l'école, nombreux sont les obstacles à son épanouissement, heureusement ses émotions veillent et vont la guider dans cette période pas très facile.

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Ce film est imparable et d'une grande finesse. Ma référence reste le Alice au pays des merveilles de Disney dans le genre récit initiatique mais celui-ci n'est vraiment pas loin derrière. Au fil des aventures de Joie et Tristesse pour revenir dans la salle de contrôle, elles croiseront l'ancien ami imaginaire de Riley, Bing Bong, un mix fortement improbable de barbe à papa, d'éléphant, de chat et de dauphin, déambuleront dans sa mémoire à long terme (et verront au passage comment les souvenirs sont conservés ou effacés), prendront place à bord du train de la pensée, traverseront le pays de l'imaginaire et bien d'autres choses encore. Les enfants dans la salle s'amusent beaucoup des situations décrites, les adultes aussi avec en plus la conscience d'assister à un spectacle peu commun.

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Ce dessin animé est d'une rare intelligence, d'une justesse de tous les instants et s'avère être un beau résumé d'une étape essentielle dans notre développement: la fin de l'enfance et de l'enchantement pour entrer dans l'âge de l'adolescence et le début de la conscience de soi et surtout des autres. L'architecture du métrage est remarquable car tout le monde s'y retrouve et comprendra le message selon son degré d'évolution si je peux m'exprimer ainsi. Un bonheur de cinéma entre rire et grosses larmes (oui, j'ai pleuré et beaucoup même!), à ne louper sous aucun prétexte!

vendredi 11 juillet 2014

"Dragons 2" de Dean DeBlois

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L'histoire: Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix. Harold et Krokmou vont se battre pour défendre leurs valeurs et préserver le destin des hommes et des dragons.

La critique Nelfesque: Le premier volet, "Dragons" est sorti en salle en 2010. Nous l'avons laissé passer et c'est finalement l'hiver dernier, lors de notre escapade parisienne, et profitant de l'écran géant de notre location que nous avons pris une jolie claque visuelle avec un film d'animation loin d'être bête. Tout naturellement, nous n'allions pas laisser passer cette fois ci le second opus sans aller le voir au cinéma.

Une fois encore, ici, nous sommes en plein dans l'action. Il y a moins de surprise concernant le contenu, la claque est moindre puisqu'il s'agit d'une suite mais l'aventure est plaisante et surtout l'humour est toujours au rendez-vous. J'avais un petit garçon de 5 ans comme voisin, nous ne riions pas des mêmes choses, mais ça permet de se mettre dans le bain. Et oui "Dragons 2" est avant tout un film d'animation pour les enfants mais les adultes y trouvent leur compte sans pour autant régresser intellectuellement.

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C'est avec joie que l'on retrouve Krokmou, le dragon d'Harold, un Furie Nocturne dernier du nom, une espèce connue pour semer la désolation mais qu'il a réussi à dompter. Harold se sert encore une fois de son don avec les dragons pour tenter d'empêcher qu'une guerre n'éclate. Dorénavant, dragons et Hommes sont amis dans sa contrée mais rien n'arrête la cupidité humaine. Les montres ne sont pas ici ceux que l'on croit.

Modérez vos ardeurs toutefois, "Dragons" tout comme "Dragons 2" ne sont pas des productions underground. On reste dans le commercial mais le commercial de bonne facture et intelligent. Rien à voir avec les dizaines de daubes qui inondent nos écrans ciné chaque année pour faire débourser quelques euros à des parents voulant distraire leurs bambins mais provoquant sans doute des dégâts irrémédiables sur leurs petits cerveaux. Ici, c'est toujours le même prix mais ça vole tout de même bien plus haut (sans mauvais jeu de mots).

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Dès la scène d'intro, le ton est donné. L'humour et toujours présent, les dragons ont toujours des têtes pas possibles, les personnages sont caricaturaux mais sympathiques et la sauce prend ! Les paysages sont superbes, les vols en dragons sont un vrai plaisir et le spectateur se sent pousser des ailes (!) d'aventurier à l'image de celle d'Harold.

Je ne m'étendrai pas d'avantage sur cette oeuvre. On n'est pas là dans un film d'auteur et je risque de tourner vite en rond. Toutefois, si vous recherchez un film d'animation pas dégueu, drôle, sensible et où vos enfants ne seront pas pris pour des quiches en abordant des sujets forts tels que la perte d'un être cher, l'ambition et le besoin de liberté qu'à tout un chacun au fond de son coeur, ruez-vous en salle pour leur faire découvrir "Dragons 2". On en reparlera en bien !

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La critique de Mr K: 4/6, Nelfe et moi n'étions pas allés voir le premier lors de sa sortie au cinéma, la faute à une bande annonce des plus médiocres. Puis, lors d'un séjour à Paris, nous avons pu le voir sur un grand écran de salon et nous avions vraiment beaucoup aimé ce mélange d'aventure, d'action et d'humour; le tout servi dans un écrin technique des plus réussis. La Fête du Cinéma tombant à pic, nous en avons profité pour aller voir la suite dans une salle obscure remplie de gamins tout excités. Au final, ce fut une belle séance faisant la part belle aux rêves de gamins qui ne m'ont jamais vraiment quittés...

On retrouve Harold, le jeune héros viking dragonnier et sa monture et amie Krokmou. Destiné à prendre la place de son père comme chef du village, Harold préfère l'exploration de mondes inconnus en compagnie de son dragon; mais il va faire une découverte surprenante qui va lever le voile sur ses origines et mettra en exergue une menace planant sur son village et leurs amis ailés.

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Clairement, on est dans la production commerciale et maline. Pas de réelle surprise, on vole en terrain conquis avec des personnages très marqués entre les faire-valoir et les figures tutélaires. Mais il se dégage une certaine frénésie, un humour frais et à divers degré (on sort tout de même du scato) et un souffle épique de cette nouvelle aventure. Ce métrage est de toute beauté, on traverse d'immenses étendues à couper le souffle: le village de Beurk qui ressemble à s'y méprendre au village de Jak et Dexter, le refuge des dragons, l'armada du bad guy... Autant de dépaysement garanti avec en prime un certain nombre de créatures plus délirantes les unes que les autres... et nous, au Capharnaüm Éclairé, on adore les monstres à tronche de cake! Ainsi vous verrez des dragons obèses endormis qui doivent entretenir les feux de forge, des petits dragons qui n'écoutent personne à part leurs instincts, un Krokmou plus félin et mignon que dans le premier, des moutons complètements stones... autant de rires et parfois de moments de stress qui ont ravi la salle en son entier.

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Autre point positif, on n'est pas ici dans le meilleur des mondes possibles cher à Leibnitz. Comme dans le premier opus, des drames surviennent et permettent au jeune public de relativiser l'idée de bonheur et de durabilité. Je ne spoilerai pas mais sachez qu'il se passe quelque chose d'assez rude dans Dragons 2 et qui a quelque peu refroidi la salle pendant quelques instants. Dans son ensemble, on rit tout de même beaucoup et on s'extasie devant les scènes de batailles et de chevauchées à dos de dragon. Daenyris peut aller se rhabiller, je préfère largement ces dragons-ci!

Ce film s'est donc avéré un très bon divertissement entre aventures virevoltantes, émotions fortes et apprentissage de la vie. Contrat rempli!


lundi 3 février 2014

"Le vent se lève" d'Hayao Miyazaki

Affiche-Le-vent-se-lèveL'histoire: Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

La critique Nelfesque: "Le Vent se lève" signe la prise de retraite de Miyazaki et, en bons adeptes de ses films d'animation, nous voulions absolument voir ce dernier au cinéma. Après avoir rêvé sur "Mon Voisin Totoro", "Le Château dans le ciel", "Nausicäa de la vallée du vent" et autres "Voyage de Chihiro", nous étions tristes à l'idée de ne plus voir de Miyazaki sur grand écran...

Vous verrez par la suite que Mr K et moi, comme ça arrive parfois, n'avons pas du tout le même ressenti sur ce film ci. Je vous laisserai découvrir le sien par la suite mais en ce qui me concerne, celui ci se résumerait aisément en une onomatopée: ZzzzzZZZZzzz!

Sérieusement, je me suis levée un dimanche matin pour aller voir "Le Vent se lève" et j'ai bien cru m'endormir dans mon siège. Surtout lors du dernier tiers. Il faut dire aussi qu'un film d'animation sur les avions qui durent plus de 2 heures, c'est dur!

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"Mais ça tu aurais pu le savoir en regardant la bande annonce!" me diriez-vous. Et bien oui et non. Bien sûr je savais qu'il était beaucoup question d'aéronautique mais j'attendais le côté féérique, la part de folie poétique, présente dans chaque film de Miyazaki. Et là... Ben je l'attends toujours...

Alors oui, c'est beau. Les dessins sont superbes, notamment ceux du tremblement de terre et dans la nature mais bon sorti de là je crois que je peux annoncer que je me suis bien fait suer. Et ça me fait mal de le dire. C'est mou, il ne se passe rien. Le fond historique est bien présent et en même temps pas assez développé. Les évènements sont tout juste effleurés et les néophytes en histoire contemporaine japonaise sont largués au bord du chemin.

L'histoire d'amour, quant à elle, est mignonette mais bon dieu, passez la seconde à un moment donné!!! J'ai commencé à regarder ma montre, j'ai baillé, j'ai les yeux qui ont tourné, j'ai lutté... et j'ai retrouvé un Mr K tout ému et charmé par la fin du film là où moi je n'avais qu'une hâte: aller déjeuner pour me réveiller! Pour le coup, on était pas sur la même longueur d'onde.

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La critique de Mr K: 4/6. Dernière sortie Miyazaki dans les salles obscures avec Le vent se lève, présenté comme l'ultime travail du maître de l'animation japonaise. Je suis un grand amateur malgré mon peu de goût pour le manga de manière générale. Miyazaki est pour moi avant tout un artiste au sens noble du terme, entre peintre et poète, qui m'a bouleversé à de nombreuses reprises comme avec Mon voisin Totoro, Nausicaa et la vallée du vent, Le château ambulant ou encore Princesse Mononoké. Jusque là, je n'ai jamais été déçu... il faut tout de même avouer que Le vent se lève malgré de belles fulgurances me semble être le plus faible de ses longs métrages.

Peu ou pas de fantaisie dans ce métrage qui s'attache à suivre la vie d'un concepteur d'avion japonais Jiro Horikoshi. Depuis ses rêves de gosse (de très beaux moments bien barrés dont seul Miyazaki a le secret) aux années de tourmentes, nous suivons un être uniquement guidé par son goût pour les belles machineries volantes de l'époque. En filigrane, nous suivons aussi l'idylle qui nait entre Jiro et une jeune fille rencontrée par hasard dans un train et qui deviendra par la suite son unique grand amour.

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On assiste à de très beaux moments dans ce métrage. Le passage sur le tremblement de terre est très bien rendu et de manière générale, l'histoire du Japon est bien relatée mais jamais vraiment directement. C'est à la fois intéressant et frustrant. Pour quelqu'un qui découvre les événements cela peut suffire mais je dois avouer que Miyazaki nous promène dans le pays des bisounours et comment croire une seconde que tous ces admirables ingénieurs japonais aient pu ignorer le but de leurs recherches et développements. Pour moi ça coince et c'est ce qui fait baisser la note. Quid de l'alliance Japon-Allemagne nazie? Quid de l'utilisation par les kamikazes japonais des fameux Zéros conçus par le héros?

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Restent de beaux moment oniriques où Jiro rencontre son idole italien, de beaux moments de romance à l'eau de rose dont les japonais ont le secret (superbe passage avec les avions de papier), les dessins sont vraiment magnifiques et l'animation à la hauteur de l'histoire. Au final, ce Miyazaki peine à décoller (sic) de la réalité qu'il décrit mais ce qui nous est montré est tout de même bien au dessus des productions courantes. Dans la bouche, un sentiment d'inachevé et le regret de ne plus avoir l'occasion de découvrir de nouveaux films du maître. Salut l'artiste!

lundi 22 juillet 2013

"Le Congrès" d'Ari Folman

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L'histoire: Robin Wright (que joue Robin Wright), se voit proposer par la Miramount d’être scannée. Son alias pourra ainsi être librement exploité dans tous les films que la major compagnie hollywoodienne décidera de tourner, même les plus commerciaux, ceux qu’elle avait jusque-là refusés. Pendant 20 ans, elle doit disparaître et reviendra comme invitée d’honneur du Congrès Miramount-Nagasaki dans un monde transformé et aux apparences fantastiques...

La critique Nelfesque: J'avais repéré "Le Congrès" lors du dernier Festival de Cannes (oui parce que je suis le Festival de Cannes) et sa sélection à la Quinzaine des réalisateurs. J'attendais sa sortie en salle avec impatience et c'est dans une salle vide que nous avons eu notre projection privée d'un film de toute beauté.

Je ne sais pas pourquoi le public ne s'est pas rué en salle pour voir cette oeuvre mi long-métrage mi film d'animation. Peut-être le concept était-il trop "barré", peut-être l'histoire était-elle trop complexe ou trop SF (quoi que ce genre fonctionne pas mal en ce moment) ou peut-être tout simplement ne sommes nous pas ici en présence d'une production classique blockbuster hollywoodienne et que l'été, c'est bien connu, le spectateur veut majoritairement du "pré-mâché" en matière de cinéma? Toujours est-il que si vous n'avez pas vu "Le Congrès", vous avez râté quelque chose!

"Le Congrès" est un film à part, un OCNI (objet cinématographique non identifié) et il est difficile de le ranger dans une case en particulier tant il mélange les genres, les techniques, les points de vue et les émotions. C'est un film rare d'une beauté à couper le souffle que nous propose ici Ari Folman, célèbre réalisateur de "Valse avec Bachir". Visuellement il se rapproche par moments de l'approche qu'a pu avoir George Dunning pour "Yellow submarine" à la différence qu'ici j'ai trouvé les dessins plus riches et moins naïfs. Ils se font psychédéliques, tourbillonants et foisonnants de détails et le spectateur en prend plein les yeux.

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Au niveau des idées, "Le Congrès" est une critique acerbe du cinéma américain d'aujourd'hui. Bien sûr ici nous sommes en pleine science fiction, jusqu'à preuve du contraire les studios n'ont pas encore développé une industrie de scan d'acteurs (non la motion capture ne compte pas...) où toutes leurs émotions, leur jeu, leur moëlle d'artiste seraient capturés et utilisables à l'infini. Et ce n'est que le début d'un plan bien plus vaste qui sous couvert du divertissement tend à annihiler l'esprit critique et le libre arbitre de tout un chacun. "Du pain et des jeux" comme dirait l'autre...

On retrouve une Robin Wright "actrice" époustouflante de justesse et de sobriété qui joue le rôle d'une Robin Wright pas si éloignée que cela de la "vraie". Il est ici question de ses choix cinématographiques, de sa vie d'actrice et on ne peut pas dire que le réalisateur ait ménagé la principale intéressée. Il faut du courage pour se retrouver ainsi devant ses propres contradictions. On retrouve également au casting Harvey Keitel qui comme à son habitude nous livre dans "Le Congrès" un jeu d'acteur tout en retenu mais d'une intensité incroyable. La scène de capture des émotions de Robin Wright dans une "machine à flash" avec le long monologue d'Harvey Keitel est un des moments forts du film. Quels acteurs!

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Je crois que vous l'aurez compris, je vous conseille vivement de voir "Le Congrès". Au cinéma, sur grand écran, il déploie toute la puissance de sa beauté et nous immerge dans une ambiance contemplative et éthérée. Malheureusement, il ne passe plus dans beaucoup de salles alors vous vous devez de le voir à sa sortie en DVD. Croyez-moi, vous m'en direz des nouvelles!

La critique de Mr K: 6/6. Voilà un très beau film atypique comme on en voit peu au cinéma. Heureusement qu'une salle de cinéma de Lorient propose à l'occasion quelques films en VO sortant des circuits commerciaux qui fonctionnent à plein régime en période estivale. L'histoire en elle-même est déjà tout un programme avec une Robin Wright jouant son propre rôle. Sans proposition intéressante depuis un certain temps, l'actrice va se voir proposer de se faire scanner intégralement pour assurer sa fin de carrière. Elle perdra en même temps tout droit sur son image ce qui va à l'encontre de tous les principes qui ont mené sa vie d'actrice jusqu'ici. Tout va basculer lors d'un mystérieux congrès auquel elle va participer et qui va voir le film se transformer en métrage d'animation psychédélique...

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Vous l'avez compris il y a deux films dans le film! Les passages filmés au naturel sont magnifiques. Le jeu de Robin Wright est toujours aussi juste et touchant, sa beauté intemporelle marquée tout de même par l'âge illumine l'écran et les relations qu'elle entretient avec ses enfants et son agent sont d'un naturel et d'une humanité confondante, le tout servi par une pureté formelle et technique sans failles. Puis vient le fameux congrès! Là, le spectateur est perdu, balloté par un réalisateur qui s'interroge sur le monde du cinéma actuel, ses exigences, ses thèmes et son fonctionnement. Sous son aspect psychédélique très réussi, se cache une critique sans ambages de la machinerie hollywoodienne, des grands studios du monde entier en fait, qui ne proposent plus que des métrages aseptisés et calibrés à l'extrême, le tout menant à une uniformisation des schémas de pensée. Loin d'être un pensum assommant, ce film a pris le parti d'en rire et d 'en délirer à travers des scènes fantasmagoriques à souhait qui ne sont pas sans rappeler des scènes du film "The Wall" d'Alan Parker. La fin est un modèle du genre et on ne peut pas dire qu'on verse ici dans l'optimisme!

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Ce fut une expérience rare, d'une intensité très forte. À la manière d'un "Cloud Atlas" ou d'un "Mr Nobody" (vu récemment en DVD et adoré!), on a affaire ici à un film-ovni porté par son réalisateur et son actrice principale. Le rythme est certes lent mais c'est par petites touches que la construction narrative se fait, les descriptions émaillent l'ensemble, approfondissent les personnages et le background. Cela rend la plongée dans le fameux congrès plus forte et plus efficace. J'ai adoré ce film et je suis ravi d'avoir pu le voir seul avec Nelfe dans une salle obscure rien que pour nous deux pendant la Fête du Cinéma! Un petit bijou injustement boudé par le grand public que je vous invite fortement à découvrir.

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vendredi 20 juillet 2012

"L'âge de glace: la dérive des continents" de Steve Martino et Mike Thurmeier

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L'histoire: Alors que Scrat poursuit inlassablement son gland avec toujours autant de malchance, il va cette fois provoquer un bouleversement d’une ampleur planétaire… Le cataclysme continental qu’il déclenche propulse Manny, Diego et Sid dans leur plus grande aventure. Tandis que le monde bouge au sens propre du terme, Sid va retrouver son épouvantable grand-mère, et la petite troupe va affronter un ramassis de pirates bien décidés à les empêcher de rentrer chez eux...

La critique Nelfesque: Héhé! Un nouvel Age de glace au cinéma, vous pensiez bien qu'on serait dans la salle en moins de deux! Et oui, on avoue, malgré nos 30 ans passés, dès qu'un épisode de la saga sort sur grand écran, on s'en réjouit des mois à l'avance. Que voulez-vous, nous sommes de grands enfants!

Rien de nouveau pour cette "Dérive des continents". Si vous aimez la franchise, vous adorerez cet opus, si vous n'aimez pas, n'y allez pas (c'est logique ce que je raconte...). Perso, celui ci est bien placé dans mes préférés. Meilleur que le troisième à mon sens, j'ai ri bien plus souvent et de nombreux nouveaux personnages viennent ajouter de l'intérêt.

Sid n'est plus l'orphelin que l'on connait puisqu"il retrouve ici sa mémée. Vieille paresseuse édentée, elle est vraiment excellente et détrône le temps d'un épisode le célèbre Scrat. Complètement gâteuse, elle est là où on ne l'attend pas, sort des phrases ubuesques et rajoute une touche de fraîcheur (pour une mémée il fallait le faire) au dessin animé. Au chapitre nouveaux personnages, les pirates ne sont pas en reste, notamment un lapin à la tronche plus que comique. Le cochon-taupe, meilleur ami de Pêche, est aussi tout choupinoux.

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Après avoir vu ce film d'animation, la dérive des continents n'aura plus de secrets pour vous. La scène d'entrée explicative est excellente (on la voit dans la bande annonce) et le film démarre très fort. Scrat bien évidément a la vedette et les fans de l'Age de glace apprécient. On ne peut guère dire plus de choses sur cet Age de glace. Il faut avouer que les créateurs ont trouvé la recette miracle et bien qu'il n'y ait rien de bien neuf sous le soleil, on aime toujours autant régresser devant ce dessin animé.

La critique de Mr K: 4/6 comme pour le 3ème opus. Le deuxième est toujours indépassable mais le plaisir de retrouver toute la bande est toujours là et à defaut de se renouveler, les auteurs nous amusent toujours autant. Sid est toujours aussi stupide et se voit coller au train par sa mémé qui est LA révélation du métrage: mi gâteuse mi espiègle, vous ne serez pas déçus tant ses apparitions font mouche à chaque fois! La petite de Mani est devenue ado et donc particulièrement pénible (frange en travers la face et le béguin pour un jeune mammouth poseur), ses oncles opposums sont toujours aussi crétins et Diego se sent seul (haaannnnn!). Séparés à cause de Scrat (la dérive des continents c'est sa faute!), ils vont croiser sur leur route une bande de pirates malfamés et mal-intentionnés. Le scénario est épais comme du papier à cigarette et il est surtout prétexte à une suite de courses poursuites, de gags et d'apparition de Scrat toujours aussi obsédé par sa noisette (l'ultime gag le mettant en scène est tout bonnement énorme, dépassant même celui de l'épisode deux avec le paradis des noisettes). Un très bon divertissement en somme, bien vide-ciboulot et délicieusement régressif!

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samedi 24 décembre 2011

"Le Chat Potté" de Chris Miller

le-chat-potte-afficheL'histoire: C’était bien avant que notre mythique Chat Potté ne croise la route de Shrek… Le légendaire félin, et non moins redoutable amant, s’était alors embarqué dans un périple riche en rebondissements, avec la ravissante et rusée Kitty Pattes de Velours et Humpty Alexandre Dumpty, véritable "cerveau" de l’opération. Leur objectif : s’emparer de la fameuse Oie aux Œufs d’Or pour sauver la ville où le Chat Potté a grandi. Voici l’histoire véridique du Chat, du Mythe, de la Légende et… des Bottes!

La critique Nelfesque: ENFIN! Cela faisait un sacré bout de temps que j'attendais le dessin animé dédié au Chat Potté, l'excellent personnage secondaire de "Shrek". A l'image de Scrat dans "L'âge de glace", ce chat séducteur a marqué les esprits et donne une autre dimension aux dessins animés "Shrek".

Alors que dire de ce "Chat Potté" d'1h30 avec des vrais morceaux de félins dedans (non pas de cannibalisme ici, c'est tout de même pour enfants à la base!)? Visuellement, c'est une belle claque: les paysages sont superbes et les détails léchés. Nous ne sommes pas fanas de la 3D en général et sommes allés le voir en numérique "classique" mais on en a tout de même pris plein la vue.

Au niveau de l'histoire, on aurait pu s'attendre à un dessin animé plus drôle, à l'instar des interventions du Chat Potté de "Shrek" mais ce n'est pas pour autant que nous n'avons pas éclaté de rire à plusieurs reprises. Ma scène préférée étant celle de la rencontre entre le Chat Potté et Miss Kitty, déguisée en Cat Woman, les menant tout droit dans un bar à chats où tous les mardis c'est soirée battle de danse. Rien que pour ces quelques minutes, je le reverrai avec plaisir!

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L'oeuf qui parle et toute la morale culcul qui consiste à dire que même le plus pourri s'avère avoir un bon fond (mouais...) m'a moins plu. Un oeuf qui parle? Quelle drôle d'idée! Une vraie tête à claque qui ne ressemble à rien et qui en plus fomente un plan contre le Chat Potté! SCANDALE!

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Bon, vous l'aurez compris, j'ai pris plaisir à voir ce dessin animé au cinéma. Et même si il est bien connu que l'attente est la porte ouverte aux fantasmes (non c'est un dessin animé pour enfants, on a dit!) et à la possible déception, ici point de tout cela. Ce n'est pas le DA du siècle mais il est drôle et aussi bien pour les petits (il n'y a pas de gros mots! est-ce possible!?) que pour les grands avec des références tels que "Matrix", "Kill Bill", "Fight Club", "Zorro" bien sûr... Je ne regrette pas une seconde!

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La critique de Mr K: 4/6. Un très bon divertissement et surtout, un grand plaisir que de retrouver le personnage secondaire de Shrek que je préférais. Il faut dire que je suis un fan de matou et que dans ce domaine le Chat Potté est terrible! Je n'ai pas vu le temps passer et le premier mot qui me vient à l'esprit pour en parler c'est la beauté. Ce dessin animé est très beau esthétiquement parlant et bien souvent j'ai été bluffé par le spectacle proposé. Heureusement d'ailleurs car le scénario est convenu (encore un détournement de compte de fée, ici il est question d'un oeuf parlant et d'haricots magiques) et la fin se révèle cucul à souhait (ô surprise!). Mais Potté mouille le maillot avec talent et nous avons bien ri avec Nelfe à certains moments: numéros de séduction à deux balles avec sa rivale féminine, la détention d'herbe à chat en provenance du Népal, la galerie de chats plus loufoques les uns que les autres dans une remise abandonnée, des passages à la Matrix quand le chat s'échappe, la tronche de l'oisillon pondeur d'or, le duo de bad guys Jack et Jill parlant enfant et plein d'autres passages...

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Bon, rien de neuf sur la toile je vous l'accorde mais un bon détente neurone, idéal pour amener sa progéniture au cinéma ou pour retrouver un temps son âme d'enfant.

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vendredi 28 mai 2010

Immortalité simiesque

Nelfe et moi aimons les cours métrages d'animation, l'Inde, les temples hindous, la nature, les petits singes, la forêt tropicale, les petites bébêtes colorées. Mais pas contre nous n'aimons pas du tout la chasse... mais alors pas du tout!!! Le petit film qui suit en est une bonne illustration! Encore un fantastique boulot d'élèves de l'ESMA (École Supérieure des Métiers Artistiques). Cocorico!

 

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