dimanche 23 juin 2019

"Je suis la reine" d'Anna Starobinets

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L’histoire : Maxime, sept ans, vit avec sa soeur et leur père à Moscou. Bientôt des transformations déconcertantes s'opèrent chez le petit garçon. De quel hôte est-il devenu la proie ? Les "histoires inquiétantes" de ce recueil font évoluer des personnages poignants dans une Russie contemporaine sombre et absurde. Ici, un employé de bureau développe des sentiments troubles pour une denrée moisissant au fond d'un réfrigérateur. Là, un dresseur de chiens se réveille dans un train à côté d'une femme qu'il n'a jamais vue mais dit être son épouse, et qu'il devra apprendre à aimer... D'une plume extraordinairement poétique, "Je suis la reine" brouille les frontières entre réel et imaginaire et offre une représentation saisissante de la folie et de l'horreur quotidiennes.

La critique de Mr K : Ça faisait un bail que je n’avais pas pratiqué Anna Starobinets, une de mes auteures favorites sur la scène littéraire actuelle. Après les très très bons Refuge 3/9 et Le Vivant, il me restait à découvrir le recueil de nouvelles Je suis la reine qui traînait depuis bien trop longtemps dans ma PAL. Justice est rendue aujourd’hui à cette auteure hors norme qui conjugue une fois de plus thématiques déviantes et écriture splendide. Attention, accrochez-vous, ce voyage livresque laisse des traces !

Six nouvelles composent ce recueil, six textes entre fantastique et fantasmagorie qui sentent le soufre et vont très loin dans la folie et l’horreur. Je déconseille de suite cet ouvrage aux âmes sensibles car Starobinets n’a que faire des carcans moraux et des convenances, elle s’attaque ici frontalement aux codes sociétaux convenus, à l’enfance et à la notion même de stabilité tant elle fait vivre l’enfer à ses personnages. Navigant constamment entre réel et imaginaire, les âmes qui peuplent ces pages ne savent plus à quel Saint se vouer. Le lecteur n’est pas en reste avec l’impression d’être manipulé de bout en bout sans espoir de retour possible dans la normalité.

Dans la nouvelle Les Règles, un petit garçon comme tant d‘autres vit avec ses tocs, ses manières. Sauf qu’au bout d’un moment ici, elles prennent une importance dramatique qui laissent le lecteur sur les fesses avec un jeune héros qui fait peur. Ce court récit installe une tension palpable et progressive mettant très mal à l’aise le lecteur, dès le départ Anna Starobinets réussit son coup. Dans La famille, la nouvelle suivante, un homme lors d’un voyage en train se réveille marié avec une femme qu’il ne connaît pas. Ce changement d’identité est totalement ubuesque, versant dans un absurde proche d’un auteur comme Gogol par exemple. Étrange texte que celui-ci qui brouille les pistes, joue avec les nerfs du héros oscillant entre folie et fantastique pur. Un autre élément perturbateur va finir d’achever le récit de fort belle matière. Là encore, ça marche !

J’attends, le texte suivant est le plus court du recueil et un des plus percutants. Il narre la fascination de plus en plus obsessionnelle d’un homme pour une pourriture qui se développe dans son frigo. Totalement barré, non dénué d’humour, ce texte prend à la gorge et aux tripes. On en ressort tout ému par cette description sans fard et très juste d’une folie galopante. Viens ensuite le morceau le plus consistant de ce recueil avec Je suis la reine, la nouvelle éponyme qui raconte les angoisses d’une mère face aux changements étranges qui s’opèrent chez son jeune fils (introversion extrême, pratiques étranges, éloignement affectif de plus en plus prononcé notamment...). Il s’agit sans doute du texte le plus inquiétant de l’ouvrage avec un drame qui se joue en deux actes, en deux points de vue différents. Clairement fantastique puis virant dans l’horreur pur, j’ai pensé en le lisant aux très bons ouvrages d’Andreas Fäger parus chez la même maison d’édition.

L’Agent est de tous les textes celui qui m’a paru le plus faible. On suit le quotidien d’un homme au métier consistant à mettre en œuvre des scénarios de vie et à faire respecter certaines règles. L’introduction est ultra-efficace mais la suite s’enlise un peu et la conclusion manque de panache à mes yeux. Sympathique tout de même mais pas inoubliable. Le recueil s’achève avec L’éternité selon Yacha qui se révèle être un petit bijou de poésie, écrit à la manière d’un conte. Un homme se réveille avec le cœur arrêté et sans respirer. Il est mort et pourtant il peut interagir avec tout le monde. S’enchaînent toutes une série de situations délirantes et une vie éternelle promise. Derrière le fantastique naïf se cache un véritable texte initiatique qui fait réfléchir entre humour noir et une certaine forme d’espoir.

Se lisant en un temps record, cet ouvrage est de toute beauté. Certes, on navigue dans le glauque, au frontière de l’esprit humain et de ses déviances mais franchement dans le genre, on tient le haut du pavé. Remarquablement construit avec une plume très particulière entre poésie et amour profond pour les personnages qu’elle invente, ce recueil procure de nombreuses sensations à son lecteur qu’il capte et ne relâche jamais vraiment comme un insecte qui se prend dans une toile d’araignée. Bravo au passage à la traductrice Raphaëlle Pache qui une fois de plus fait merveille et réussit à reconstituer l’ambiance si spéciale que l’on retrouve uniquement chez Anna Starobinets. Un ouvrage que tous les amateurs du genre se doivent d’avoir lu.

Lus et chroniqués de la même auteure au Capharnaüm Éclairé:
- Refuge 3/9
- Le Vivant


jeudi 30 mai 2019

"Les 7 églises" de Milos Urban

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L’histoire : À peine embauché, K est viré de la police après que la personne qu'il était chargé de protéger a été retrouvée pendue sous un pont. Ses études d’histoire ne vont pas non plus pour le mieux, ses professeurs avides de batailles et de manœuvres politiques déplorent sa passion pour la vie ordinaire des gens au Moyen-Âge.

Mais un jour, un mystérieux chevalier décide de s’enticher de K pour mener une mission à travers le temps, les conduisant de l’une à l’autre des églises de Prague.

À mesure qu’ils avancent dans leur enquête, qu’ils explorent les hauts lieux et l’histoire de la ville, les cadavres s’amoncellent et la situation devient de plus en plus cryptique. Quel est ce mystérieux projet des Sept Églises ? Pourquoi le chevalier a-t-il choisi pour le seconder un zéro que tout le monde rejette ?

La critique de Mr K : Voici un livre qui traînait dans ma PAL depuis bien longtemps, je l’avais dégoté par hasard lors d’un passage dans un magasin discount. C’est typiquement le genre d’achat "coup de poker" comme je le dis souvent, je ne connaissais ni l’ouvrage ni l’auteur avant de tomber dessus inopinément. C’est vraiment la quatrième de couverture qui m’a attiré avec Les 7 églises de Milos Urban car on y trouve un certain K, amateur de culture du moyen-âge. Forcément, je ne pouvais que l’adopter ! Au final, ce fut une bonne lecture, quoiqu’un peu rugueuse par moment...

L’action se déroule à Prague où l’on suit les pérégrinations d’un certain K qui a honte du nom dont il a hérité à sa naissance. Policier par défaut, il rate dans les grandes largeurs une mission qu’on lui avait confié alors qu’il n’est à la base qu’un simple gardien de la paix : protéger une vieille dame, architecte de son état. Mis au placard, il ne semble pas faire grand cas de la situation. Et pourtant, il va être rappelé par ses supérieurs pour accompagner un certain Gmünd pour faire le tour de grands édifices religieux de la capitale tchèque. Étonnant, vous avez dit ? Mais ce n’est que le début, derrière cette tâche à priori sans grand intérêt se cache quelque chose d’énorme qui pourrait à jamais changer le cours des choses à Prague.

Ce livre est à la confluence de plusieurs genres. C’est à la fois un bon roman policier qui brille ici par sa tortuosité, un roman gothique par la forme et ses thèmes mais aussi un récit fantastique qui peut faire perdre pied à son lecteur à n’importe quel moment. Véritable gloubi boulga, je vous préviens de suite, il faut s’accrocher ! Il arrive qu’on se perde un peu au fil des descriptions et des événements avec une trame étrange, qui sort clairement des sentiers battus et réserve bien des surprises à la condition de bien se concentrer et de ne pas hésiter parfois à faire des allers retour dans l’ouvrage pour tout saisir. Amateurs de easy-reading, passez donc votre chemin, vous pourriez être déçus !

Je vous rassure, il n’y a pas que le lecteur qui soit largué ! K est bien dans la mouise et aura fort à faire entre l’accumulation de meurtres sordides d’architectes, le caractère frappadingue des deux mystérieux commanditaires qui ont demandé à ce qu’il les accompagne (le mystérieux chevalier Gmünd et son assistant facétieux) et qui lui cachent bien des choses. Taciturne et en retrait, il semble subir les choses, n’a semble-t-il pas énormément de volonté et va se retrouver mêlé à un événement qui le dépasse. On croise beaucoup d’âmes étranges dans cet ouvrage, vivantes ou mortes peu importe, chacune a une place bien précise assignée par l’auteur pour son gros projet. Les rencontres sont donc nombreuses, les retournements de situation aussi et le final vertigineux vient clouer le lecteur et lui confirmer qu’il a bien fait de se forcer un peu pour en terminer avec ce livre magnétique et foisonnant.

En effet, Milos Urban se lâche et nous propose une balade inoubliable au cœur de Prague avec des descriptions magiques de hauts sites culturels et religieux, notamment toute une série de bâtiments gothiques du XIVème siècle. Pour autant, on n’est pas dans la démonstration stérile comme ça peut être le cas avec un Dan Brown (je ne me suis toujours pas remis de la lecture d’Inferno qui m’a déplu au possible !). Ici les détails servent à l’avancée de l’enquête et l’on finit par comprendre où l’auteur veut en venir. L’écriture est très agréable une fois que l’on s’est habitué au foisonnement des phrases alambiquées et énigmatiques. Tout prend corps au fil de la lecture et l’on termine Les 7 églises le sourire aux lèvres, conscient d’avoir lu un livre à part.

À réserver aux amateurs de lectures cryptiques et différentes, dans ce domaine on se régale !

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samedi 25 mai 2019

"Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle" de Stuart Turton

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L’histoire : Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.
Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.
Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.
Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

La critique de Mr K : Je vais vous présenter aujourd’hui une lecture toute particulière avec un des derniers nés de la maison d’édition Sonatine: Les Sept Morts d’Evelyn Hardcastle de Stuart Turton. Présenté comme un mix entre Agatha Christie, Downton Abbey et Un jour sans fin, voilà un roman qui intrigue et qui personnellement m’a totalement laissé pantois durant toute sa lecture. Il est rare d’être autant surpris par un roman quand on lit beaucoup et depuis longtemps. Le pari est superbement relevé ici entre enquête policière, ambiance crépusculaire et éléments fantastiques. Le voyage livresque fut de haute volée !

Aiden Bishop est condamné à revivre la même journée dans des corps différents. Mais attention, un mystérieux homme lui annonce qu’il n’a le droit qu’à huit emprunts de corps (donc il pourrait vivre huit fois la même journée) pour deviner qui va tuer la fameuse Evelyn Hardcastle et annoncer à cet étrange commanditaire le résultat de ses déductions. Célébrant un triste anniversaire, les Hardcastle ont convié dans cette vieille demeure un grand nombre d’invités qui cachent bien des secrets. Les domestiques ne sont pas en reste et au fil de ses tentatives, notre héros va devoir faire le lien entre les indices qu’il découvre, éviter les fausses pistes, se méfier de tout le monde et essayer de rester en vie car un tueur implacable est à ses trousses et élimine un à un chacun de ces hôtes d’un jour...

Véritable labyrinthe narratif, Les Sept Morts d'Evelyn Hardcastle se dévore sans vergogne avec l’impression d’être prisonnier de cette demeure qui révèle petit à petit ses mystères. Objets, personnes, événements, on se croirait dans un Cluedo littéraire et l’on prend plaisir à revivre les scènes sous différents angles, avec des points de vue divergents qui donnent à voir des vérités cachées qui lèvent peu à peu le voile sur les relations exactes entre personnages, époques et sentiments évoqués. Très bien construit, même s’il faut s’accrocher entre changement d’hôte, d’époque et flashback, c’est assez jubilatoire de se sentir totalement manipulé comme le pauvre héros de notre histoire. Le suspens est constant et l’on se demande bien comment cette histoire se terminera. Le jeu en vaut la chandelle car je vous défie de deviner le fin mot de cet ouvrage dense et extrêmement bien construit.

Très anglais dans l’ambiance qu’il dégage, c’est vrai qu’il y a du Downton Abbey dans ce roman mais un Downton Abbey en pleine déliquescence où les méduses rôdent. Secrets anciens, inimitiés, trahisons, ressentiments et course contre la montre se mêlent au détour des couloirs et des événements liés à cette réception : partie de chasse, nuit d’ivresse, repas collectif, entrevues secrètes sont au menu et la demeure est vaste. À noter que l’auteur a glissé une liste des invités de la party et une carte des lieux en début de recueil (moi qui adore les cartes j’étais comblé). C’est bien utile pour se repérer et cela participe d’autant plus à l’immersion du lecteur.

J’ai beaucoup aimé aussi le parti pris de Stuart Turton de nous placer dans la peau du personnage en utilisant la première personne. On participe à l’enquête, on doute, on cherche, on se fait avoir... On vit avec lui la difficile prise de conscience du changement d’hôte, la nécessité de s’adapter à ce nouveau corps, à ce nouvel esprit. Cela donne des passages détonants tantôt drôles, tantôt tragiques. Les événements s’accélèrent d’ailleurs très vite mettant une pression très forte sur Aiden et donc sur nous. Difficile, vraiment très difficile de s’échapper de cette lecture qui nous happe sans espoir de retour. L’élément fantastique n’est pas proéminent, certes il y a cette enquête ubuesque où l’on rejoue la même pièce, mais c’est surtout l’occasion pour l’auteur de rendre à sa manière un hommage talentueux à Agatha Christie et à Conan Doyle. Un certain classicisme apparaît en terme de caractérisation des personnages, de certaines situations, de la façon de confondre les personnes et de raccrocher les événements les uns aux autres mais la nature profonde des êtres qui animent ce théâtre de papier fait basculer le roman dans le thriller, le sanglant, l’extrême. Je peux vous dire que certains personnages sont bien retors et ne reculent devant rien pour assouvir leurs pulsions ou intérêts personnels.

Pour parachever le tout, l’ouvrage est remarquablement écrit. Très accessible malgré des choix narratifs osés, on se laisse porter par l’histoire, une galerie de personnages hauts en couleur et les coups du sort avec une aisance qui ne se dément jamais et un plaisir de lire optimum. A la fois classique dans les thèmes abordés et très novatrice dans sa forme, c’est le genre d’expérience qui vaut vraiment le détour. Une lecture coup de cœur qui fera date au Capharnaüm éclairé !

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lundi 20 mai 2019

"Le Djinn" de Graham Masterton

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L’histoire : Un collectionneur d'antiquités de Moyen-Orient meurt dans des conditions aussi étranges que soudaines. Sa veuve parle d'une obsession fanatique que lui aurait inspirée une poterie très ancienne, une jarre mystérieuse qui, semblerait-il, contiendrait un esprit maléfique... un djinn. Et voici que ce djinn redoutable, terrifiant, cherche bel et bien à se matérialiser et que, pour y parvenir, il déploie les pires abominations...

La critique de Mr K : Petit plaisir coupable aujourd’hui avec un Graham Masterton sorti de ma PAL lors de mes dernières congés. J’adore cet auteur qui livre bien souvent des romans d’épouvante efficaces, bien saisis en terme de gore et avec un sens du rythme soutenu et addictif. Avec Le Djinn, il s’attaque à sa manière au mythe de la lampe merveilleuse et propose une course contre la montre haletante qui se lit en un après-midi !

Suite à la mort de son parrain, le héros, un extra-lucide arnaqueur en petite forme, se rend compte que le disparu ne tournait plus rond depuis un certain temps. Ce passionné de sciences et de cultures orientales a ramené lors d’un de ses voyages une mystérieuse jarre qui semble avoir une emprise diabolique sur celui qui la possède. Selon la légende, elle renfermerait un djinn, une créature / démon des airs qui terrifie les enfants dans les contes. Sauf qu’ici elle est bien réelle et ne demande qu’une chose : qu’on la libère ! Les événements et morts suspectes commencent à s’enchaîner et la menace se fait de plus en plus insidieuse. Mais comment peut-on combattre une entité plurimillénaire qui semble invincible ? Surtout quand personne ne vous croit et que seul une poignée de personnes est prête à vous emboîter le pas...

Ce roman est de facture très classique, n’attendez pas la moindre surprise lors de sa lecture. Cette petite déception dite, le reste est très bon et surtout efficace. On frissonne pas mal et franchement on en redemande. Difficile en effet de relâcher ce livre avant la fin tant on est pris par l’histoire, les rebondissements et finalement la possibilité de livrer le monde à un djinn pas très engageant. C’est mon côté sadique qui s’exprime, on aimerait bien parfois que les forces obscures gagnent. Une fois de plus la menace sera battue mais à quel prix ! Cruel avec ses personnages (comme souvent avec lui), Masterton leur réserve un destin peu enviable.

À ce niveau, je dois avouer que j’ai largement préféré les seconds rôles que j’ai trouvé remarquablement croqués avec concision et efficacité. La marraine possédée, sa dame de compagnie étrange, un docteur émérite courageux et branque, une jeune femme spécialisée dans la rétrocession d’Antiquités à leur pays d’origine sont autant d’âmes qui vont révéler bien des secrets à la lueur du danger qui les guette. Le héros par contre m’a laissé froid, pas très crédible, faussement cynique, volontiers misogyne par moment (ne vous inquiétez pas il mange ses dents à plusieurs reprises), on en viendrait à souhaiter que la mort le frappe tant il peut se révéler agaçant. Un coup dans l’eau à ce niveau là.

Les codes du fantastique sont parfaitement respectés avec notamment un basculement dans le surnaturel qui se déroule petit à petit avec des allers retours entre passé et présent, l’irruption de phénomènes inquiétants qui font monter la pression comme il faut et cette fois-ci, une certaine économie au niveau des détails sordides. Plus soft mais du coup plus évocateur, laissant libre court à l’imagination, le lecteur est vraiment pris au piège. Quelques références culturelles et historiques complètent l’opus à l’occasion, donnant une vision assez effrayante de quelques histoires populaires que l’on a pu nous raconter étant petit (Aladin et la lampe merveilleuse, Ali Baba et les 40 voleurs notamment).

Bien écrit, allant à l’essentiel, on passe un bon moment avec Le Djinn même si je dois avouer que ce n’est pas mon préféré de l’auteur. Une bonne distraction en tout cas qui conviendra à tous les amateurs de récits d’épouvante pas prise de tête.

Egalement lus et chroniqués de Masterton au Capharnaüm éclairé :
Le Portrait du mal
Magie des neiges
Apparition
La Cinquième sorcière
- Le Jour J du jugement
- Le Trône de Satan

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jeudi 16 mai 2019

"Wolff & Byrd : Avocats du macabre" de Batton Lash

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L'histoire : Dans la jungle des cabinets d'avocats américains, deux juristes sont restés intègres et ont choisi de défendre ceux que la société rejette... les monstres ! Ils sont Wolff & Byrd, les avocats du surnaturel, et rien ne peut les arrêter lorsqu'il s'agit de faire triompher la justice. Humour, mystère et parodie sont au programme, sans oublier la présence de Sodd, la Chose nommée truc, qui est certainement leur client le plus fidèle.

Méfiez-vous des créatures de la nuit... Maintenant elles ont des avocats !

La critique de Mr K : Dégoté à prix d'or dans une brocante Wolff & Byrd: avocats du macabre de Batton Bash avait tout pour me plaire sur le papier. Gros amateurs de récits d'horreur des années 60 / 70, je vous invite notamment à lire mes chroniques des volumes publiés aux éditions Delirium qui rééditent avec talent et goût les vieilles BD Creepy et Eerie notamment. Cet ouvrage est une pure découverte liée au hasard, je ne connaissais même pas son existence avant de tomber dessus. Au final, ce fut une lecture plaisante mais pas inoubliable, ce volume étant tout de même inférieur aux œuvres suscitées.

Wolff et Byrd sont deux avocats spécialisés dans le surnaturel. Ils n'enquêtent pas à proprement parlé, ils défendent en général les causes perdues : celles des monstres ou d'humains victimes d'objets surnaturels. Ils sont le dernier espoir pour bien des cas que la science n'explique pas et jouent sur les subtilités de la loi pour sortir de l'ornière des accusés souvent victimes de leur apparence ou de leur maladresse : un homme végétal se voit ainsi accusé de gêner la voie publique et de représenter un danger pour les enfants, un couple se voit attaquer en justice à cause des dégâts causés par leur maison hantée, une ligue de vertu parentale veut empêcher la diffusion d'un programme horrifique présenté par une goule (toute ressemblance avec le gardien des Contes de la crypte est purement fortuit évidemment...) ou encore, un humain est victime des vœux désastreux qu'il prononce grâce à un artefact vaudou... Sacré programme, non ?

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Découpé à chaque fois en deux planches, les récits sont très vifs. Ces strips étaient destinés à être publiés quotidiennement, le lecteur devant attendre le jour suivant pour connaître la suite des événements, l'aspect est un peu suranné avec des rappels réguliers des ressorts des intrigues. Cette narration à l'ancienne n'empêche pas pour autant les surprises et les bons twists finaux dont je suis si friand. On reste dans du classique avec notamment une critique à peine voilée envers la bien-pensance en vogue aux USA (aujourd'hui comme avant d'ailleurs) et le machisme et la réduction des femmes au rôle de faire valoir (le personnage d'Alana Wolff est là pour démontrer tout le contraire). À ce propos, j'ai apprécié les deux personnages principaux et le décalage présent souvent dans leurs actions et réactions (un peu à la manière de la Famille Addams). Très bons aussi les passages mettant en scène les créatures victimes de l'incurie des êtres humains, ce qui m'a au passage rappelé le très très bon film Cabal de Clive Barker (un film culte, foncez le regarder !).

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Le gros défaut de l’ouvrage tient dans son aspect graphique. Les planches sont moyennes et certaines cases mêmes hideuses. Le dessinateur semble s'être parfois reposé sur ses lauriers, sans doute dû au rythme de parution de l'époque qui imposait un rythme effréné à ses auteurs. Quelques éléments de la traduction française semblent aussi hasardeux, donnant un caractère inachevé ou carrément puéril à certaines répliques. C'est dommage car le contenu est bon, intéressant mais l'écrin manque d'éclat et douche quelque peu l'enthousiasme. Reste tout de même un bon petit bonheur régressif qui devrait convenir aux amateurs de récits horrifiques.

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mercredi 13 février 2019

"Un Ciel radieux" de Jirô Taniguchi

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L'histoire : Mais qui croira mon histoire ? Moi-même, parfois, je me demande si tout cela est réellement arrivé...

La critique de Mr K : Je continue l'exploration de l’oeuvre de Jirô Taniguchi aujourd'hui avec Un Ciel radieux qui est ma deuxième incursion dans l'univers de ce mangaka décidément à part. Sous les conseils de ma douce, j'avais emprunté à la médiathèque il y a quelques temps déjà Quartier lointain qui m'avait littéralement subjugué par sa profondeur et la maîtrise de son récit. Je remets donc le couvert avec un titre que j'ai pris par hasard, sans consulter le moindre résumé (la quatrième de couverture est réduite au minimum comme vous avez pu le constater), histoire de partir à l'aveuglette. Comme vous allez le voir, je ne me suis pas trompé et j'ai vécu une lecture une fois de plus prenante et surtout ici très touchante.

Tout commence par un accident de la route dramatique par une nuit d'été dans une rue de la banlieue de Tokyo, entre un motard et une fourgonnette. 10 jours plus tard, le conducteur de la fourgonnette, Kazuhiro Kubota, 42 ans, meurt sans avoir repris connaissance. Au même instant, l'encéphalogramme du motard, Takuya Onodera, 17 ans, en état de mort cérébrale, montre à nouveau des signes d'activité. En une vingtaine de jours, il a repris connaissance et semble en voie de guérison totale : un vrai miracle. Mais celui qui se réveille dans le corps de Takuya, c'est Kazuhiro. Après un instant de surprise, il admet ce qui lui arrive et comprend qu'une deuxième chance lui a été donnée. Mais cette chance est temporaire : en effet, la mémoire du vrai Takuya lui revient petit à petit. Avant de rendre le corps de Takuya à son légitime propriétaire, Kazuhiro décide de transmettre coûte que coûte à sa femme et sa petite fille de 8 ans qu'il les aime et qu'il regrette de les avoir trop souvent négligées jusqu'à sa mort. Mais qui pourra croire son histoire ?

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On retrouve dans cet ouvrage toute la finesse et le regard contemplatif que porte l'auteur à ses personnages. Le rythme est lent et prend le temps de suivre de près l'évolution du héros à la double personnalité. Bien que fantastique dans son postulat de base, le traitement des personnages est d'un réalisme de tous les instants. On se retrouve un peu dans une ambiance à la Haruki Murakami avec des êtres esseulés, qui réfléchissent intensément au pourquoi du comment de leur état avec un brin de folie, de fantaisie voir de fantastique ici. Au final, ce n'est pas forcément les raisons du processus qui importent mais plutôt ce qu'il va révéler sur chacun et les conséquences que cela aura sur leurs proches et eux-mêmes. Parcours intimistes atypiques, on suit avec curiosité et intensité cette expérience hors norme qui va voir les deux âmes s'opposer, se rapprocher et s'entraider. Très différents l'un de l'autre, certaines choses finalement les rapprochent et vont permettre à chacun de poursuivre sa route de son côté avec une relative sérénité.

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Cette histoire nous parle donc de nous, de nos rapports complexes avec nos familles, des frustrations et tabous que l'on s'impose entre égoïsme, volonté de protéger l'autre mais aussi les sacrifices que cela induit. Chaque cellule familiale a son propre fonctionnement et ici nous en avons deux exemples bien distincts que l'auteur s'amuse à explorer en profondeur à la manière d'un chirurgien. Les non-dits sont nombreux, les rapports biaisés ont des conséquences que le héros va découvrir grâce à un nouveau regard, distancié et sans filtre. Cela donne des révélations qui prennent des proportions gigantesques et une émotion d'une force rare. L'amour est donc au centre de ce recueil mais le deuil y a aussi une grande part et Jirô Taniguchi aborde le sujet avec un talent magistral. Il retranscrit à merveille le trou béant que laisse derrière lui un être cher que l'on perd et la nécessaire guérison qui doit suivre pour pouvoir poursuivre sa vie en acceptant notamment la mort qui nous frappe, en la surmontant et finalement en prenant un nouveau départ. Pour ma part, j'ai fini liquide à la fin de ma lecture et croyez moi, il en faut pour y arriver. Touché par la grâce, la beauté mais aussi les tensions dramatiques en jeu, je me rappellerai longtemps de ce manga.

La mise en image est une fois de plus parfaite avec des traits épurés mais fourmillant de détails. Je ne suis pas forcément un gros adepte du genre à la base mais le contenu est tellement emballant et puissant que mes réticences initiales disparaissent dès les premières pages. Les 304 pages se lisent sans souci, d'une traite et l'on est submergé par une émotion prégnante et totalement insoutenable. Moi qui aime être bousculé, j'ai été servi et j'en redemande. M'est avis que je vais recroiser les pas de sieur Taniguchi d'ici quelques semaines...

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La critique Nelfesque : (ou plutôt le petit grain de sel) Je viens de finir cette lecture à l'instant et sans être dans le même état de déliquescence que Mr K je dois avouer que ce "Ciel radieux" est très émouvant. Effectivement, par son côté universel, il touche profondément le lecteur. Tout le monde a connu un deuil. Tout le monde s'est dit qu'il n'avait pas tout dit à l'être aimé. Peut-être que nos disparus ont également pensé celà en nous quittant. Peut-être même nous lancent-ils des signaux de là où ils sont (chacun croit ce qu'il veut). En tout cas, je pense que bon nombre de lecteurs de ce présent manga se sont dit qu'ils auraient aimé avoir cette chance de pouvoir dire un dernier au-revoir.

J'avais découvert Taniguchi il y a quelques années avec "Quartier lointain", je suis ravie de faire cette passe de deux quelques années plus tard. Il a une vision poétique qui me parle, un côté simple et ouvert qui met du baume au coeur. J'aime cette part d'humanité que nos sociétés actuelles ont tendance à perdre, cette beauté dans toute chose, ces plaisirs simples et ces réflexions qui nous font prendre conscience que tout est éphémère et qu'il faut profiter de chaque instant au maximum. Carpe diem. On est en plein dedans ici et ça fait du bien à nos petits coeurs !

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dimanche 27 janvier 2019

"Sanctuaire" & "Sanctuaire Genesis" intégrales de Dorison, Bec, Thirault & Raffaele

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L'histoire : Un sous-marin en mission de surveillance le long des côtes syriennes, le USS Nebraska, reçoit un message de détresse non identifié qui le conduit au bord d’une immense crevasse sous-marine.

L’équipage y découvre l’épave d’un vieux sous-marin soviétique, gisant à proximité de ce qui semble être les gigantesques vestiges d’un sanctuaire antique.

Ce qui devait être une mission de routine se transforme alors en une véritable descente aux enfers.

La critique de Mr K : Chronique d'un cadeau de Noël aujourd'hui avec l'intégrale de Sanctuaire et Sanctuaire Genesis de Dorison, Bec, Thirault et Raffaele qui m'a été offerte par ma belle-mère qui a décidément bon goût car ce cadeau de choix a été opéré sans conseil de ma douce. Mélange d'anticipation, de thriller et de fantastique, voilà une BD qui fait mouche, instaurant une tension et un suspens montant crescendo et proposant une aventure prenante du début à la fin. Ce n'est pas le cas par contre pour Sanctuaire Genesis qui s'avère n'être qu'un bonus sans réelle saveur et plutôt inutile. Je n'en parlerai donc que très peu me concentrant sur la série de trois tomes de la BD originelle. Suivez le guide !

2029, le sous-marin USS Nebraska est en mission en mer Méditerranée pour surveiller les activités de la Syrie. Un jour, il capte un signal d'origine inconnue qui l'emmène explorer une faille où ils vont tomber nez à nez avec un sous-marin russe échoué par plus de mille mètres de fond et surtout l'entrée de ruines mystérieuses... Très vite, les événements s'accélèrent, pendant qu'une puis deux expéditions partent en exploration dans des ruines inexplorées jusqu'alors, des événements inexpliqués s’enchaînent à bord de l'USS Nebraska mettant en péril l'équipage et le bâtiment lui-même. Inutile de vous dire que le lecteur n'est pas au bout de ses surprises...

Sanctuaire 2

Je ne connaissais pas du tout cette œuvre avant que l'on me l'offre et je peux vous dire que j'ai été soufflé. Nous avons affaire ici à une grande BD d'aventure matinée d'ésotérisme, dans une ambiance lorgnant vers la série des Indiana Jones. Malgré toutes leur technologie embarquée, les troupes US vont se retrouver confrontées à des forces qu'elles ne peuvent controler. Car derrière les remparts et statues de pierre peu rassurantes se cachent une entité que personne ne devait délivrer. Au fil des planches, une folie galopante s'insinue dans l'équipage, des actes totalement fous se produisent et aucune explication scientifique ne semble pouvoir éclairer ces événements. En parrallèle, une expédition disparaît lors de son exploration des ruines et la relève va aller de Charybde en Scylla en parcourant grottes, tunnels puis salles cyclopéennes. Quelque chose de terrible s'est déroulé ici bas et malheur à ceux qui souhaitent lever le voile de la vérité.

Sanctuaire 3

Bien que classique dans sa caractérisation et son déroulement, ce récit prend aux tripes. La faute à une tension très bien maitrisée qui met en valeur des personnages charismatiques au premier rang desquels on trouve le commandant de navire inconsolable depuis la mort de son épouse dans un accident de voiture. A la manière de classiques du fantastique, les auteurs s'amusent avec nos nerfs en distillant les informations au compte gouttes, en révélant peu à peu les éléments surnaturels qui au final renversent tous les schémas que l'on a pu établir. C'est très bien fait et très bien mis en image avec des dessins dynamiques, très beaux, précis et impressionnants notamment sur des fresques couvrants des doubles pages entières.

Sanctuaire 1

J'ai aussi adoré l'approche des éléments ésotériques qui mêlent croyances antédiluviennes, rites de passage et menaces sourdes sur le monde d'aujourd'hui. Mélangez à ceci des éléments purement historiques dont la fascination des nazis pour les artéfacts mystiques et la course à la toute puissance de l'URSS et vous obtenez un background efficace qui densifie les tensions dramatiques de l'histoire. Certes, certains vous diront que ce n'est pas original mais ça fait toujours son petit effet. Par contre, on peut se passer de la lecture de Sanctuaire Genesis qui nous promet monts et merveilles et se révèle être un récit sans âme, peuplé de personnages inintéressants. Tenez-vous au récit originel, cela suffit !

Au final, ce fut une très belle découverte, le genre de BD qui s'avale toute seule et sans douleur. Tout amateur du genre se doit de la lire, ça vaut le détour !

jeudi 13 décembre 2018

"La Ligne verte" de Stephen King

La ligne verte

L'histoire : Octobre 1932, pénitencier d'État, Cold Mountain, Louisiane. Le bloc E, celui des condamnés à mort, reçoit un nouveau pensionnaire : John Caffey rejoint ceux qui attendent de franchir la ligne verte pour rencontrer la chaise électrique, Miss Cent Mille Volts. Mais Caffey n'est pas comme les autres. D'accord, on l'a retrouvé auprès des cadavres ensanglantés de deux petites filles, mais il est étrangement absent. Jusqu'au jour où Paul, le gardien-chef, tombe malade et alors une terrible vérité semble s'esquisser. Qui est ce prétendu meurtrier aux pouvoirs étranges ? Qui dresse Mister Jingles, l'étrange souris, bien trop intelligente ? Quand Paul commence à répondre à ces questions, il sent que personne dans le bloc E ne sortira indemne de la rencontre avec John Caffey.

La critique de Mr K : Voici un titre qui m'échappait depuis un certain temps. Je l'avoue, j'ai eu beaucoup plus jeune une grosse période Stephen King, un auteur qui me faisait frissonner comme personne et qui m'avait bluffé à plusieurs reprises avec notamment des titres comme Shining, Simetière ou encore le fabuleux recueil de nouvelles Danse macabre. C'est pendant un chinage que je tombai sur l'édition originale de La Ligne verte (magnifiques couvertures !), un récit écrit à la manière des feuilletonistes d’antan et dont j'ai déjà vu plusieurs fois l'adaptation en film. Il ne m'a pas fallu plus de cinq secondes pour me porter acquéreur des six volumes pour enfin pouvoir me faire ma propre idée sur cette histoire dans sa version littéraire.

Le narrateur Paul écrit depuis sa maison de retraite où il attend sa fin. À travers des feuillets qu'il écrit régulièrement, il revient sur des événements marquants de sa vie lorsqu'il était gardien chef du quartier des condamnés à mort d'une prison d'État de Louisiane dans les années 30 durant la Grande Dépression. Homme de principe, il vit alors pour son travail et sa famille dans une routine qu'il a fait sienne et qui lui convient malgré l'omniprésence de la mort. L'arrivée d'un colosse noir accusé d'un crime atroce va chambouler les existences bien réglées de l'équipe qu'il dirige, révéler la nature de chacun et même explorer les mystères de la foi et du surnaturel.

Il faut bien l'avouer, Stephen King est un redoutable conteur et une fois le premier volume entamé, il ne m'a pas fallu longtemps pour tomber dans le piège, devenir addict et enchaîner les heures de lecture. Style simple et direct, personnages charismatiques (bien que caricaturaux) et récit enlevé sont les principales force de cette histoire toujours aussi séduisante. Certes, il n'y a aucune réelle surprise comme j'avais vu l'adaptation cinématographique auparavant (très fidèle soit dit en passant) mais on se laisse porter par l'ensemble entre plaisir, révolte et grande tristesse. Ah, il s'y connaît le King pour faire monter la sauce, exacerber les tensions et nous faire bondir dans notre fauteuil ! D'ailleurs, je dois bien avouer que certains passages sont vraiment too much, notamment le personnage-repoussoir de Percy qui à mes yeux n'est vraiment pas crédible car véritable incarnation du Diable. Bon, on connaît l'aspect manichéen qui habite les œuvres du maître de l'horreur mais là c'était trop. Ce qui passe en film est souvent moins digeste en littérature...

Heureusement, il y a les autres personnages qui rattrapent l'ensemble avec leurs contradictions et leur simplicité somme toute humaine (notamment l'équipe de surveillance). Gardiens comme prisonniers sont décrits, mis en action avec finesse, tendresse et beaucoup d'efficacité. Peu de temps mort à déplorer, les flash-back, descriptions et autres sources d'information se mêlent à l'histoire qui avance à un rythme soutenu. Pêle-mêle, j'ai adoré le personnage de Paul (notamment ses rapports avec sa femme), mais aussi Dean le jeune père de famille un peu en retrait, Brutal le gros ours au cœur tendre, Mr Jingles la souris apprivoisée par Delacroix un prisonnier attendrissant malgré le crime qu'il a commis. Et puis, évidemment, il y a John Caffey, le mystérieux détenu qui semble posséder des pouvoirs divins, victimes expiatoires de la cruauté des hommes et qui semble accomplir miracles sur miracles. Là encore, on tombe dans la caricature outrancière à grosses ficelles mais sa naïveté naturelle, son absence totale de cupidité et d'ambition ne peut que faire fondre le lecteur et il est bon parfois de revenir aux fondamentaux. On finit la lecture sur les genoux, les yeux baignés de larmes et même si c'est téléphoné, c’est efficace. Une sorte de terrorisme psychologique comme disait Björk à propos de l'histoire de Dancer in the Dark de Von Trier, un de mes films cultes.

Au final, je suis donc partagé entre un plaisir de lire évident pour une histoire qui marque les esprits et un sous-texte tout de même simpliste et réducteur à 10 000 lieues de ce que révèle être la nature humaine, subtile mélange contradictoire qui n’apparaît pas trop ici (les gardiens principaux et les détenus sont vraiment tous très sympas, c’est magique !). Je dirai qu'on a ici face à nous une œuvre purement récréative, un super brûlot anti peine de mort (ça tombe bien, j'ai toujours été contre) mais pour la nuance on repassera. Dommage dommage car c'est justement ce qui nous manque dans le monde d'aujourd'hui : de la pondération ! Je garde tout de même un avis positif sur ce livre car il a le mérite vraiment de faire passer un bon moment, notamment pour les plus jeunes qui y trouveront des trésors d'humanité qu'ils pourront à leur tour cultiver.

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mercredi 28 novembre 2018

"Suspiria" de Luca Guadagnino

suspiriaL'histoire : Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l'espoir d'intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Madame Blanc, sa chorégraphe, impressionnée par son talent, promeut Susie danseuse étoile.
Tandis que les répétitions du ballet final s’intensifient, les deux femmes deviennent de plus en plus proches. C’est alors que Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent...

La critique Nelfesque : La claque ! Il n'y a pas d'autres mots ! Mr K est un grand fan du "Suspiria" de 77 réalisé par Dario Argento, ce qui n'est pas forcément mon cas (ne me jetez pas des pierres, il faudrait que je le revois maintenant), mais après le visionnage de la bande annonce de ce remake qui n'en est pas vraiment un, j'ai eu follement envie de le découvrir. Comme j'ai bien fait ! 

Il est très difficile de parler de ce film tant il est à part dans le cinéma actuel. On en ressort littéralement chamboulé. Aller voir "Suspiria" c'est vivre une expérience. Ce film se ressent, se vit. On a affaire à du Cinéma avec un grand C ici, en présence d'une oeuvre d'art où tout est léché, absolument bien calibré et fonctionnant à merveille. Il y a une seule petite chose à laquelle je n'ai pas adhéré (j'en parle maintenant et après, on oublie parce que clairement ça ne pèse pas très lourd dans la balance) : le personnage du Dr Klemperer. Après avoir découvert de qui il s'agissait en réalité, je comprends mieux ma gêne (je vous laisse faire une petite recherche, c'est à l'image du film).

Suspiria 1

Nous sommes ici au coeur du Berlin pré chute du mur, en 1977, au sein d'une académie de danse. Tout ou presque se passe entre les 4 murs de ce bâtiment, véritable personnage à lui tout seul. Suzie, danseuse exceptionnelle, vient des Etats-Unis et intègre la troupe sans trop de difficulté. Elle est impressionnante dans ses expressions corporelles (les amateurs de danse contemporaine et/ou de films de danse apprécieront son côté viscéral) et va très vite prendre la première place du ballet chorégraphié par Mme Blanc (Tilda Swinton magnétique une fois de plus). Mais cette académie n'est pas un simple lieu de danse. Des forces obscures sont à l'oeuvre et les pensionnaires ne sont pas seulement habitées par la danse....

Suspiria 9

Classé en film d'épouvante, "Suspiria" est à mon sens difficile à étiqueter. Bien sûr, il y est question de sorcellerie et de pouvoirs divers mais pas seulement et surtout on ne tombe pas dans le grand-guignolesque et la surenchère. Les amateurs de films de genre efficaces et "faciles" où l'horreur est caractérisé à chaque plan et fléché avec de gros néons risquent d'être déçus. On est ici beaucoup plus dans l'ambiance, dans le ressenti, dans le malaise. Amateurs de gore, la scène finale devrait tout de même vous contenter. Des litres de sang se déversent mais encore une fois sans gratuité aucune. "Suspiria" est un film qui fait réfléchir, qui demande un temps de décantation avant de pouvoir en parler et même après ça les mots semblent bien en dessous de la réalité (on l'a vu il y a 5 jours et j'ai un peu l'impression de partir dans tous les sens et ne pas réussir à faire ressortir toutes les qualités du film).

Suspiria 7

Les actrices sont impressionnantes, la réalisation est superbe, tout comme la bâtisse à l'architecture imposante et épurée (Bauhaus et compagnie, architecture soviétique tout ça) et les couleurs majoritairement grises collant parfaitement à l'ambiance. Parfois des touches de couleurs explosent à l'écran et font émerger certains éléments à nos yeux. Le film est découpé en 6 actes qui rythment la trame narrative. Visuellement, "Suspiria" est superbe. Un objet cinématographique quasi irréprochable. La musique de Thom Yorke (Thom Yorke (les gars... Radiohead, rien que ça !) qui signe ici sa première BO) magnifie l'ensemble et tient une place importante dans ce long métrage, comme l'a été celle de Goblin pour l'oeuvre originelle.

Suspiria Archi
(Regardez-moi cette beauté ! Cliquez poour voir en plus grand si besoin)

Berlin avant la chute du mur, c'est l'Est et l'Ouest qui s'affrontent à l'image du ballet orchestré au sein de l'académie où 2 clans se font face. Cette dualité est lisible à plusieurs niveaux dans le passage d'un état de conscience à un autre avec l'apprentissage de la danse, d'un ballet physiquement éprouvant, de la souffrance pour atteindre un but. La nécessité pour une femme de se couper de sa mère pour avancer et vivre sa féminité aussi. "Suspiria" aborde tout cela. L'ambivalence, la découverte, les luttes internes, la politique, le féminisme, la frontière entre le visible et l'invisible... Quand je vous disais que c'était du grand Cinéma ! Le genre d'oeuvres que l'on peut voir et revoir sans se lasser, toujours en y trouvant de nouvelles choses à appréhender. Une vraie leçon de cinéma. Elegant, juste, radical !

Suspiria 8

La critique de Mr K : 6/6. Et dire qu'à l'annonce qu'un remake du cultissime film de Dario Argento, j'ai pesté comme un beau Diable : "Bande d'hérétiques ! On ne respecte plus rien !". Pour le coup, j'ai été détrompé et au delà de mes espérances car ce film est une expérience à lui tout seul, un moment unique de cinéma comme on en voit que trop rarement sur les écrans. Hypnotique, ésotérique, labyrinthique, expérimental par moments, d'une beauté à couper le souffle ; j'ai pris une claque monumentale. Il rejoint immédiatement It follows et Martyrs dans la cours des très très grands films "horrifiques" de ces vingt dernières années.

Suspiria 2

On part de loin pourtant. Non exempte de défauts, l’œuvre originelle a été un de mes premiers chocs cinématographiques avec la folie qui habitait le Dario Argento des débuts (la deuxième partie de sa carrière est malheureusement bien plus sujette à caution), une beauté formelle inventive et des scènes cultes qui m'ont profondément marqué. Ce remake prend le parti de rendre hommage au matériel originel sans pour autant faire de la redite et rester coller à la trame de base. On retrouve l'école de danse qui dévient une compagnie de danse féministe et bien space, un bâtiment principal aussi séduisant que flippant, une jeune américaine bien loin de chez elle (mais beaucoup moins niaise que dans l'original) et des encadrantes très inquiétantes dont la terrible Mme Blanc incarnée par la toujours impressionnante Tilda Swinton. Le caractère routinier des journées nous est conté tranquillement, les actes au nombre de six s’enchaînent et des éléments décalés, étranges puis franchement terrifiants interviennent, le tout se terminant dans un acte final éprouvant où les révélations pullulent et scotchent le spectateur à son siège.

Suspiria 3

La première qualité du métrage est son côté original, on est ici loin des sentiers battus et clairement les amateurs de franchises à la Annabelle en seront pour leur frais (on avait un ou deux spécimens du genre dans notre séance, ils ont pas aimé le film je vous le confirme !). La narration lente, très progressive, les détails accumulés sans liens apparents perdent volontairement le spectateur dans un labyrinthe de perspectives. J'aime quand on me sème en route, ça tombe bien ! Rassurez-vous, tout s’emboîte à la perfection et les différentes thématiques se rejoignent dans un final haut en couleur où toutes les certitudes s'effondrent, révélant enfin la Mater Suspiriorium, figure tutélaire qui plane sur tous les protagonistes du film. Certains passages du film m'ont profondément ému et marqués durablement comme les scènes de danse avec des chorégraphies contemporaines bien dérangeantes qui prennent le pas sur la raison et provoquent des événements clef, rythmant de manière infernale le film. Ou encore, les passages oniriques superposant passé / présent, fantasmes et désirs de l'héroïne, de purs moments déviants et poétiques à la fois. Vraiment tripant !

Suspiria 6

Les actrices, car il n'y a que des femmes dans ce film ce qui est loin d'être un hasard (trouverez-vous d'ailleurs le deuxième rôle tenu par Tilda Swinton dans ce film ? Et le troisième ?), sont merveilleuses de justesse mais aussi de folie larvée. On s'attend à tout à n'importe quel moment tant l'ambiance lourde de menace vire à l'étrangeté la plus totale par moment. La réalisation est au diapason, sublime ! Avec des décors et des costumes splendides (spéciale dédicace au look des femmes de la compagnie), des mouvements de caméra étudiés et millimétrés pour sublimer les sujets nombreux abordés par le réalisateur : le mythe des trois Mères, la religion, la culpabilité, l'oppression nazie et l'oppression des hommes sur les femmes. On a affaire ici à une œuvre polymorphe d'où ressort énormément un message féministe fort à la conclusion bien extrême ! Aucune concession à la morale ou à la bienséance n'est ici faite, ce qui explique le classement du film en - de 16 ans. Jusqu'au boutiste, la fin est un modèle du genre et m'a entièrement satisfait. Ne pas oublier aussi la sublime BO de Thom Yorke qui accompagne l'ensemble remarquablement et n'a pas à rougir de la comparaison avec la BO originelle de Goblin qui fait partie de mes BO préférées.

Suspiria 4

Une excellente séance de cinéma donc qui conjugue virtuosité technique, narration originale, passages horrifiques tendus et répulsifs à souhait, et fond fouillé et engagé à sa manière. Ça fait du bien de voir encore des films exigeants, fun et bien tordus ! Le spectateur n'est pas pris pour un imbécile, on vit des émotions fortes et la réflexion se perpétue bien après le visionnage. Un bijou plus que brillant malgré la noirceur qu'il explore.

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dimanche 18 novembre 2018

"La Boucle" de Koji Suzuki

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L'histoire : Une nouvelle forme de cancer, provoquée par un mystérieux virus et semble-t-il contagieuse, commence à faire des victimes au japon.

Kaoru, étudiant en médecine, est directement concerné : son père est atteint et condamné à brève échéance. Plusieurs des anciens collègues de celui-ci sont déjà morts. Pourquoi l'épidémie frapperait-elle en priorité des informaticiens de haut niveau ? Y aurait-il un lien avec "La boucle", gigantesque projet nippo-américain de simulation en réalité virtuelle, auquel son père avait participé ?

Pour en avoir le coeur net, Kaoru se rend en Arizona où s'est réfugié l'un des promoteurs du projet. Là, dans une maison abandonnée, il découvre un ordinateur qui lui donne accès à l'univers inquiétant de "La boucle", tombé sous l'emprise de la sorcière Sadako...

La critique de Mr K : Au programme aujourd'hui, la chronique du troisième volume de la trilogie Ring de Koji Suzuki avec La Boucle, qui débute juste après le précédent intitulé Double hélice. Traumatisé à l'époque de sa sortie au cinéma par Ring d'Hideo Nakata, j'avais été rudement content de tomber sur la trilogie littéraire lors d'un chinage et l'occasion m'était enfin donnée de pouvoir me faire mon avis sur le matériel littéraire originel. On prolonge ici le plaisir une troisième fois avec un volume qui mêle roman initiatique, ésotérisme et hard science. On est pleinement dans la lignée du précédent et même si on ne frissonne pas à un seul instant, il est bon de replonger dans cet univers si particulier et qui finit par livrer tous ses secrets ou presque...

Kaoru, 20 ans et étudiant en médecine, se partage entre ses études et les visites à son père, hospitalisé à cause d'un cancer impitoyable qui le ronge petit à petit. Loin d'être commune, cette maladie sous ses apparences de cancer classique serait liée au mystérieux virus Ring entr'aperçu dans l’ouvrage précédent. Il semble être contracter au départ par des informaticiens de haut niveau mais la contagion progresse et touche désormais toutes les strates de la société. Féru de science depuis son jeune âge, mû aussi par son amour indéfectible envers son paternel et sa quête de vérité, Kaoru commence à enquêter sur le passé de son père qui a travaillé sur un projet nippo-américain de réalité alternative nommée "la Boucle" et qui semblerait bien être liée à l'épidémie qui sévit. Au fil de ses découvertes, Kaoru va mettre à jour de nombreux éléments qui vont le faire douter de tout ce qu'il a connu jusque là...

Ce qui est bien avec cet auteur japonais, c'est qu'il ne tombe jamais dans les clichés de la littérature d'épouvante japonaise. Versant volontiers dans un style thriller à l'américaine, il se calme ici et propose avant tout un bouleversant portrait de personnage. Kaoru est en effet traité de manière très fine, loin des silhouettes auxquelles on nous habitue lors de la lecture de ce genre d'ouvrages. Certes au départ, il ne présente pas trop d'intérêt, plutôt effacé, ses interrogations scientifiques absconses nous passent complètement au dessus... Mais en fait, très vite, au bout d'une quarantaine de pages, ces informations font écho à ses relations avec sa famille, son rapport au monde et surtout la maladie qui se propage de plus en plus. On se rend compte que l'ouvrage ne va pas l'épargner ainsi la fin vient nous cueillir avec une ultime révélation à la fois logique et terrifiante.

Sadako est quasiment absente de ce volume. Bien sûr, des références y sont faites régulièrement mais l'on s'attache plus ici à l'aspect virus de la malédiction. Étrange rencontre donc que ce mélange ésotérisme / science qui fonctionne pourtant très bien. Ainsi, il est passionnant de revenir sur les notions de base de l'ADN et de la génétique pour les transgresser dans d'étranges expériences qui mènent certains à la folie et d'autres vers des actes irréparables. On est loin de la jeune fille qui marque de sa haine inextinguible une bande vidéo pour condamner à mort les infortunés qui auraient le malheur de la regarder, la portée d'action est ici mondiale et la biologie est le vecteur principal du mal (ainsi que l'informatique). Le défaut principal du livre réside du coup dans l'absence totale de tension et de peur, on est plus face à un thriller mâtiné de parcours ritualisé menant à une fin qui clôt définitivement les débats. C'est déjà pas mal,me direz-vous ! Surtout que les rebondissements sont assez rythmés et à partir de 50 pages, on enchaîne les pistes et les retournements de situation, le tout parsemé de très belles pages sur les affres de la vie humaine : l'amour, la parentalité, l'échéance d'une mort annoncée ou encore la nécessaire quête de sens à une existence.

Ce roman est décidément bien malin et se lit quasiment d'une traite tant on est pris par les enjeux que l'auteur fait miroiter et on est emballé par le charisme d'un personnage principal plongé dans une recherche qui va très vite le dépasser. Bien écrit avec une langue efficace, technique par moment mais toujours dans l'intérêt du récit et du lecteur, on tourne les pages avec bonheur tout en se demandant bien ce que la suite nous réserve. Vous l'avez compris, La Boucle est à lire dans la continuité des deux premiers et termine avec brio une trilogie vraiment à part. Il me reste encore Ring 0 dans ma PAL, une compilation de courtes nouvelles mettant en avant certains personnages de la trilogie, lecture pour bientôt...

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Dark Water
- Ring
- Double hélice