mercredi 27 janvier 2016

"Knight of cups" de Terrence Malick

Knight of cups

L'histoire : "Il était une fois un jeune prince que son père, le souverain du royaume d’Orient, avait envoyé en Égypte afin qu’il y trouve une perle. Lorsque le prince arriva, le peuple lui offrit une coupe pour étancher sa soif. En buvant, le prince oublia qu’il était fils de roi, il oublia sa quête et il sombra dans un profond sommeil..."
Le père de Rick lui lisait cette histoire lorsqu’il était enfant. Aujourd’hui, Rick vit à Santa Monica et il est devenu auteur de comédies. Il aspire à autre chose, sans savoir réellement quoi. Il se demande quel chemin prendre.

La critique de Mr K : 6/6. LA CLAQUE!

La critique Nelfesque : 0/6. LA LÉTHARGIE !

La critique de Mr K (la vraie) : Non mais je déconnais, j'ai plein de choses à vous dire sur ce film bien barré, hautement maîtrisé et à la portée métaphysique hors norme. Durant 2h, je n'étais plus là, je ne faisais qu'un avec le film entre fascination pour les destinées humaines évoquées et interrogations personnelles sur ma propre existence. Honnêtement, rarement un film ne m'a fait cet effet là et je me souviendrai longtemps du dernier Malick qui clôture magnifiquement le triptyque amorcé avec The Tree of life et À la merveille (toujours pas vu au moment où j'écris ces lignes, rooooooo la honte!).

Premier et seul conseil que je puisse vous donner, acceptez de vous laisser conduire par le film et de ne pas tout comprendre. Le procédé narratif est totalement indescriptible, savant mélange de contemplation, rencontres, changements intempestifs de narrateurs et sous-texte dense et multiculturel. Dit comme ça, je peux comprendre que ça puisse faire peur mais l'expérience proposée vaut vraiment le détour car elle est totale et éclairante sur soi. La preuve, nous étions dix personnes dans la salle et la moitié a déserté en cours de métrage! L'exigence et la profondeur ont un prix, celui de pouvoir rebuter et provoquer l'incompréhension. Ce film mérite qu'on s'y attarde tant il est riche et émouvant. On ne ressort décidément pas indemne de Knight of cups.

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Le film gravite autour du personnage de Christian Bale, un quadragénaire en roue libre qui est passé à côté de sa vie. Il traîne son ennui d'une existence morne entre rencontres d'un soir, fêtes somptueuses, misères familiales et introspection morbide. Pas question pour autant pour l'auteur de nous parler seulement de ce nouveau-riche plutôt superficiel, il est en fait question de nous, de la condition humaine en générale avec ses aspirations revues à la baisse, nos erreurs et notre capacité à rebondir. Ces questionnements sont en fait ceux de tout être humain de quelque origine ou extraction sociale que ce soit, ce film est un objet de réflexion ouvert au genre humain, nul doute qu'il sera décortiqué voir étudié dans les années à venir tant il se révèle complexe dans la réflexion qu'il pose avec des effets à tiroir qui s’emboîtent et forment une œuvre unique lorgnant vers l'art contemporain.

À travers un enchevêtrement de scènes intimistes, naturalistes (paysages et nature magnifiés), urbaines (l'activité humaine et son caractère exponentiel) et purement quotidiennes (fêtes, réveils, actes d'amour, discussions de travail, relations familiales), Malick nous délivre la vérité toute nue de ses personnages dans un syncrétisme aussi pur que fluide au rythme d'une bande originale hypnotique collant à merveille aux images. Le rythme lent mais progressif des trajectoires présentées pénètre le cortex dans un déluge de cadrages plus arty les uns que les autres, détails et vues aériennes, errances des corps et des esprits vers un but non fixé, si proche et si lointain à la fois. Wahou! Toujours pas remis de ce pèlerinage vers le bonheur et la sérénité. On retrouve cette sensation si particulière aux romans asiatiques de quête de soi, aux œuvres estampillées 70' sur les voyages intérieurs et la captation d'un temps / d'une société (Zabriskie Point par exemple) et à la culture américaine de la famille et du tout consumérisme.

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Du côté de la technique, on frise la perfection donc, les acteurs sont au diapason malgré le peu de dialogues du métrage. Là où un Tarantino va s'ingénier à proposer de longues scènes verbalisantes pour enrichir ses films, Malick demande à ses acteurs de véritables rôles de composition faisant appel essentiellement aux postures corporelles et à l'expression de leurs visages. Avec Christian Bale, ma chérie Cate Blanchett, Natalie Portman et tous les autres, inutile de vous dire qu'il ne prenait pas trop de risques. Chacun est à sa place et magnifie les plans qu'il occupe par un présence aérienne, naturelle et fragile. Les émotions sont à fleur de peau, envahissent le spectateur pris dans la tourmente des sentiments contradictoires qui lui sont donnés à voir. Ils raccrochent les réflexions poussées proposées par Malick à leur dimension humaine, concepts et voies d'apprentissage sont donc illustrés avec finesse et justesse. Chapeau bas!

Étude sur les apparences derrière lesquelles nous nous cachons, des règles et principes de notre modèle de développement personnel et professionnel, de notre recherche effrénée d'un lendemain épanouissant, Knight of cups est un conte moderne à part (parabole du prince ayant oublié son identité tiré d'un récit populaire), exigeant mais transcendant et jubilatoire bien des semaines après son visionnage. Un prétendant plus que sérieux pour le meilleur film de l'année à mes yeux, et pourtant 2016 commence à peine!

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La critique Nelfesque (la vraie) : Habituellement, c'est moi qui commence à m'exprimer sur les billets consacrés au cinéma. Pour une fois, c'est Mr K qui a pris la parole le premier, parce que vous l'avez vu, il a été particulièrement touché par ce film et qu'il était important que vous lisiez son avis en premier. Avant de lire mes bêtises, digressions et surtout avant que je vous dise que je me suis ennuyée au plus haut point pendant 2 heures. Je n'étais jamais sortie d'une séance pour aller aux toilettes, c'est maintenant chose faite. J'ai même regretté de ne pas être fumeuse pour aller m'en griller une petite...

Avant toute chose, j'ai envie de vous dire que si vous êtes intrigués par ce film, vous devez aller le voir ! Peut-être en ressortirez-vous également, époustouflés et aussi, et surtout, parce qu'il faut faire vivre le cinéma et encourager des productions qui sortent de l'ordinaire et proposent autre chose que des histoires prémâchées écrites avec une truelle et filmées avec les pieds.

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Je commence par les points négatifs, comme ça ça sera fait. J'ai hésité à écrire ma chronique ici. Parce que je ne voulais pas déprécier celle de Mr K, parce que je n'avais pas grand chose à dire sur ce long métrage qui m'est passé à 10.000 au dessus de la tête et parce que je me suis déjà fait chier pendant 2 heures et je n'avais pas envie d'en rajouter. Et puis, bon, je me dis pourquoi pas... Préparez-vous donc à lire un avis complètement subjectif et sans doute bourré de mauvaise foi mais il faut que ça sorte.

J'aime le cinéma. Je me déplace régulièrement en salle. J'aime me prendre la tête avec des films compliqués à cerner (parfois, pas tout le temps, il m'arrive aussi d'aller voir des productions "vide neurones" et y prendre beaucoup de plaisir). Je suis assidûment les festivals de cinéma et aime les films d'intellos ou de bobos que beaucoup détestent ou tournent en dérision. Cela vous donne une petite idée de la spectatrice que je suis. Mais alors là ! Comment dire... Je crois que je n'avais encore jamais vu un long métrage qui donne autant dans la branlette intellectuelle que celui ci ! Rien, absolument rien, ne m'a touchée. Rien, absolument rien, ne m'a parlé. Et je pense que c'est ici que se trouve le noeud du problème. Peut-être est-ce un film qui parlera plus particulièrement à la gente masculine (quoi que je ne verse pas dans la théorie du genre), peut-être suis-je complètement hermétique aux problématiques existentielles soulevées par ce long métrage et qui s'apparentent pour moi à une perte de temps et à une auto flagellation stérile ou peut-être (et je pencherai pour cette hypothèse) que je n'aime pas le cinéma de Terrence Malick... Il n'y a qu'à lire nos avis sur "The Tree of life", que nous avions vu à sa sortie, pour comprendre qu'il y avait déjà là des prémices à divergence de points de vue entre Mr K et moi concernant ce réalisateur et que je n'étais déjà pas véritablement emballée par le fond de ses productions.

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Pendant 2 heures, que se passe-t-il ? Nous suivons Rick dans ses errances amoureuses, dans son mal être au sens général, dans sa quête du bonheur, lui l'homme pas particulièrement jouasse et qui ne fait que constater que tout va mal et subit sa vie plus qu'il ne la mène. Une sorte de Droopy des sentiments. Un neurasthénique qui a une situation financière enviable et qui ne se lève que de magnifiques femmes que beaucoup rêveraient de mettre dans leurs lits. Oui, mais voilà, Rick, il va mal, il est malheureux et il n'est pas satisfait. Une belle gueule, un appart' superbe, un travail qui va avec, Natalie Portman ou Cate Blanchett dans ses bras, avec l'amour en prime, une situation enviable sur pas mal de points pour beaucoup mais ça ne lui suffit pas... Pauvre petite garçon riche... Rick, tu sais quoi ? Prends ton Prozac et va te coucher, ça ira mieux demain ! Sans déconner il y a largement plus malheureux et avec de bonnes raisons de l'être. J'ai beaucoup de mal avec les gens qui se regardent le nombril, se l'oscultent jusqu'à s'en rendre malade et ne sortent pas de ce minuscule trou pour regarder un peu plus loin, relativiser et sourire un peu à la vie (j'ai pas dit rire aux éclats mais juste essayer de sourire pour voir ce que ça fait (on peut y prendre goût, c'est dangereux)) et je pense que là aussi ce fut un frein à mon empathie pour le personnage principal. A partir de là, tout dégringole. Je n'arrive pas à faire abstraction de mon ressenti, de mon propre vécu et je ne rentre pas dans le film.

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Sinon, côté points positifs, parce qu'il y en a. Si si ! Il faut avouer que Terrence Malick filme à la perfection. Bien que n'adhérant pas au fond, la forme est superbe. Il n'y a qu'à voir les images qui illustrent cet article pour en avoir une petite idée. La photographie est démente, chaque plan est léché à l'extrême, on est vraiment dans une introspection qui ressurgit à l'image et transpire par tous les plans. C'est vraiment très beau et si il n'y avait pas eu cette beauté visuelle, je crois que je serais aller boire une bière au café du coin en attendant Mr K et la fin de la séance. Non vraiment, Terrence Malick n'est pas un débutant. Le casting est parfait, les acteurs sont tous très bons (ils n'ont pas beaucoup de répliques à apprendre mais ça se voit dans la façon d'être, dans leur gestuelle...) et l'ensemble est vraiment cohérent.

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On accroche ou pas, il n'y a pas de demi mesure possible. "Knight of cups" est un film très particulier qui ne laisse pas indifférent. Les avis sont forcément tranchés et vous le voyez ici encore. Pour ma part, j'ai été attirée par la bande annonce et par Natalie Portman qui est une de mes actrices préférées mais à l'avenir quand je verrai Terrence Malick à la réalisation, on ne m'y reprendra pas. Cet homme a beaucoup de talent mais j'y suis totalement hermétique. Je perds mon temps, je démonte ses films qui ne me plaisent pas et en plus je m'engueule avec mon mari qui l'adore ! Merci Terrence ! Voilà voilà... Ah si une dernière chose : jetez un oeil sur les magnifiques affiches américaines. Preuves supplémentaires si il en fallait que côté visuel ça envoie du lourd. Dommage que je n'accroche pas, je m'en voudrais presque... (Et je parle beaucoup pour quelqu'un qui n'a rien à dire non !?)


vendredi 18 novembre 2011

Réservez une chambre dans l'Hotel74

hotel74photo

Bien qu'ayant débuté au sein d'un groupe de métal, Alexis Gelinet et Jean-Christophe Villain sont les deux membres du groupe Hotel74. Quel grand écart entre ce style musical et celui qu'ils proposent aujourd'hui! Et surtout quelle force dans leur électro contemplative!

hotel74C'est dans leur home-studio qu'Alexis et Jean-Christophe ont enregistré leur album "rooms", de l'été 2008 à l'été 2010. A la frontière de l'électro planante et du post-rock, "rooms" se présente comme un hôtel dans lequel l'auditeur est invité à pousser les portes. Chaque morceau est une pièce, une chambre, un recoin de cet hôtel mystérieux et hypnotique.

Instrumentaux ou accompagnés d'une voix éthérée, ces titres, tels que "room 80", "room 74", "hall" ou encore "elevator", sonnent tantôt synthétiques, tantôt acoustiques. "pools" est un véritable bijou où le synthé sait se montrer sobre et efficace. L'ensemble est une invitation à la découverte. Chaque pièce, chaque morceau, amène son lot d'émotion. Charmé et désarçonné, voir tourmenté comme dans "hall", on passe par tous les sentiments. Il y a du Mogwai dans la musique d'Hotel74, du Sigur Ros aussi. C'est beau et on en redemande!

Pour l'album, Alexis et JC se sont partagés tous les intruments et ont autoproduit là un album digne des grands noms de la french touch et du post rock. Quand on pense que "rooms" est leur premier album, on a hâte de voir la suite autant pour leur talent musical que pour leur créativité!

 

Posté par Nelfe à 16:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 25 mai 2011

"The tree of life" de Terrence Malick

affiche_the_tree_of_lifeL'histoire: Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...

La critique Nelfesque: Hum... Je trouve le résumé ci dessus bien loin de la réalité de ce film et très réducteur. Terrence Malick plus que nous présenter la vie d'une famille ordinaire des années 50-60, part dans un trip mystique peuplé d'images colorées et graphiques qui est assez déroutant pour le spectateur.

Nous avions prévu de voir ce film au cinéma bien avant qu'il remporte la Palme d'Or à Cannes. Divisant les critiques sur la croisette, j'avais décidé de ne pas trop lire d'articles sur le film pour ne pas être parasitée d'informations une fois dans la salle. Le début m'a quelque peu surprise. En effet, une succession d'images "documentaires" sur la vie, des origines de l'univers à notre quotidien d'homme, passant de l'échelle microscopique à l'échelle cosmique, accompagnée de réflexions mystiques au compte goutte  m'a quelque peu ennuyé... Ces images sont certes magnifiques mais cette première partie de presque 30 minutes n'est à mon sens pas du cinéma. Je verrai plus sa place dans un musée d'art contemporain... Certains critiques y voit même une promotion sectaire. Je n'irai quand même pas jusque là.

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Avec le suite du film, on rentre plus dans l'intimité de la famille et à partir de là, j'ai commencé à accrocher à ce long métrage. L'enfance du personnage principal est passée en accéléré, basée sur les sensations, jusqu'à en arriver à une époque charnière de sa vie: sa pré-adolescence et avec elle l'emergence de son sens critique et le développement de sa personnalité.

Ce film ne plaira pas à tout le monde et il faut être assez "aware" pour apprécier le délire de Terrence Malick. Superbement filmé, le spectateur passe par tous les sentiments par l'image et les dialogues sont presque superflus.

Depuis notre séance ciné, j'ai lu des commentaires de critiques et spectateurs outrés par l'autorité du père de famille, allant même jusqu'à assimiler son comportement à de la maltraitance. Les mentalités ont évolué depuis cette époque et les méthodes d'éducation avec mais il ne faut pas oublier que dans les années 50, les pères font figure d'autorité dans la famille et les enfants sont élevés à la dure. Pour ce père, joué par Brad Pitt, l'homme doit être droit et solide, il élève donc ses enfants en conséquence, réfreinant ses élans d'amour pour eux.

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Au final, je ne sais pas quoi penser de ce film. D'un côté époustouflée par la beauté des images,  par la musique qui va à merveille avec l'ensemble et par la photographie mais en même temps déroutée par le chemin peu conventionnel qu'a emprunté le réalisateur. Je ne pense pas le revoir un jour d'autant plus qu'il faut vraiment voir ce film au cinéma, dans une bulle silencieuse, pour l'apprécier et le comprendre. A tenter donc pour les curieux tout en gardant à l'esprit qu'on est loin de ce que le cinéma nous propose d'ordinaire.

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La critique de Mr K: 6/6. Choisis ton camp camarade! Avis divergents aujourd'hui au Capharnaüm éclairé même si nous nous rejoignons sur beaucoup de points. J'ai adoré ce film, il m'a nourri et pénétré à la manière d'un bon Kubrick, il m'a fait me poser des questions et m'a épaté au niveau de la technique et de l'esthétique. Qui dit film hors norme dit forcément divisions et c'est tant mieux. Je crois que devant ce type de métrage, chacun peut y trouver ce qu'il veut et l'expérience est vraiment saisissante.

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Comme l'a précisé Nelfe avant moi, le scénario ne correspond pas vraiment au contenu même. Certes, l'on suit une famille lambda et plus précisément les rapports complexes entre un père (très bon Brad Pitt) et son aîné (Sean Penn et son double pré-adolescent sont d'une justesse émouvante). Mais Malick transcende son sujet en l'ouvrant vers une certaine universalité. Poétiques et métaphysiques, les images relatant les commencements du Monde se suivent, hypnotisant le spectateur et le menant vers des sommets insoupçonnés: franchement le mot trip (voyage) n'a jamais aussi bien convenu, on flotte en plein New Age, tendance Mick Oldfield de la grande époque: aux images font écho de simples paroles teintées de spiritisme. J'ai aimé mais il faut avoir les neurones bien accrochés pour suivre ce passage hautement perché, beaucoup d'ailleurs ont été rebutés.

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Ce film est littéralement habité par la nature. Le contraste est fort entre le Sean Penn adulte travaillant dans un Central Business District américain et ses souvenirs d'enfant puis d'adolescent se déroulant dans une petite ville de campagne. On suit la construction du gamin depuis sa naissance (des sensations étranges, des expériences de jeux, des moments de tendresse, des chamailleries avec ses frères...) jusqu'à l'âge fatal où la maturité commence à pointer le bout de son nez. La figure paternelle étant ce qu'elle était à l'époque, les relations sont tendues entre le père et le fils. Mélange de rudesse et d'amour paternel caché derrière son personnage de père sévère, Bratt Pitt excèle et le jeune comédien qui lui renvoie la balle est au diapason. Toutes ces scènes de vie sont entrecoupées de plus ou moins longues séquences où les arbres sont omniprésents et rassurants (les gamins qui jouent aux singes dans les branches, cadrage de la canopée en contre-plongée...). Plus qu'une histoire, l'auteur nous fait partager une certaine vision de la vie, de la mort et de l'homme. La scène qui clôture le film est superbe, tous les éléments s'imbriquent et mènent à une conclusion magistrale. Je vous rassure, rien de forcément religieux, que l'on soit croyant ou pas (et c'est mon cas), le message est universel.

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Malick oblige, la technique est une fois de plus parfaite et toujours au service du film et non pour l'épate. Les images sont superbes, les mouvements de caméra souples et parfois déroutants: il cadre à l'envers les ombres des trois frères jouant au ballon sur la route bitûmée, effet garanti! La musique accompagne merveilleusement bien l'ensemble, jamais envahissante, ménageant les émotions tout en les réhaussant, on navigue dans le répertoire classique (Kubrick, je vous dis!).

Une sacré expérience en tout cas! Si vous avez aimé 2001, l'odyssée de l'espace, Solaris (l'original) ou encore Blue Berry (pour la partie "expérimentale"), courez-y! Ce film est pour vous! Pour les autres, c'est peut être le moment de tenter cette plongée ahurissante au profond de l'âme et de la condition humaine.


The Tree of Life (VOSTFR) - Bande-annonce HD