lundi 8 mai 2017

"De l'arsenic pour le goûter" de Robin Stevens

arsenicgoûter

L’histoire : "Je n'aimais pas du tout ce grossier Mr Curtis, et d'après les vibrations de colère que je percevais chez Daisy, j'ai compris qu'elle partageait mon opinion. Son rire contenu, comme s'il lançait des plaisanteries que les autres ne pouvaient pas comprendre... Les joues roses de Lady Hastings... Pas de doute, il se passait quelque chose."

Nouvelle affaire pour les détectives privées Daisy et Hazel !

Daisy fête son anniversaire avec la famille au grand complet dans sa maison de Fallingford. Mais l'ambiance est étrange : M. Curtis, un invité surprise que tout le monde déteste, ne semble vraiment pas digne de confiance.

Le thé est servi, M. Curtis tombe gravement malade, empoisonné. Que s'est-il passé ?

Difficile d'enquêter quand on imagine que tout le monde a une bonne raison d'être coupable...

La critique de Mr K : Voici le deuxième tome d’une série de livres policiers écrits à destination de la jeunesse par Robin Stevens, un écrivain qui m’avait séduit par la qualité de son écriture (entre classicisme et références détournées) et l’intrigue maligne qu’il avait su proposer à nos chères têtes blondes (voir chronique d'Un Coupable presque parfait). Ayant dévoré Conan Doyle en étant pré-ado, j’avais goûté avec plaisir à un ouvrage bien mené aux personnages attachants. C’est donc avec un à priori positif que j’entamai cette lecture.

On retrouve, dans De l'arsenic pour le goûter, Daisy et Hazel (respectivement présidente et vice-présidente du club des détectives) dans le manoir familial de la première. Ce sont les vacances de Pâques et Daisy va y fêter son treizième anniversaire lors d’un goûter organisé par Lady Hasting, sa bourgeoise de mère qui l’infantilise trop. Nombreux sont les invités et parmi eux, un certain Monsieur Curtis qui fait l’unanimité contre lui par son attitude et son comportement fortement déplacés dans le cadre strict de la société de l’époque (rappelons que l’action se déroule au début des années 30). Le premier acte met en place la situation, présente au détour de certains paragraphes les différents protagonistes et replacent les jeunes filles et leur caractère respectif dans l’esprit des lecteurs.

Arrive finalement le fameux goûter fatidique pendant lequel l’indélicat individu se retrouve empoisonné et succombe dans d’atroces souffrances. L’arsenic n’est pas forcément délicat dans son action qui ressemble à s’y méprendre à une bonne vieille dysenterie des familles. Ni une ni deux, les deux amies commencent à enquêter. Après tout, elles avaient bien aidé la police lors de la première affaire dans laquelle elles s'étaient retrouvées mêlées et, un orage terrifiant s’abattant sur la région, les forces de l’ordre ne pourront pas arriver avant deux jours ! C’est le début de l’investigation qui commence avec les constatations nécessaires, le dressage d’une liste de suspects et la recherche d’indices. Mais comment mener une enquête de manière sûre quand on soupçonne les propres membres de sa famille et que l’on a seulement treize ans ? Ce sera rude et les péripéties seront nombreuses avant l’ultime révélation qui fera son petit effet...

Une fois de plus, cet ouvrage de Robin Stevens aiguisera à merveille les appétits des futures amatrices de romans policiers en devenir. Il s’oriente clairement vers le public féminin à travers le point de vue adopté et notamment les rapports père-fille qui sont admirablement développés dans ce volume. Il n’y a rien de sexiste pour autant dans le contenu mais les plus jeunes pourront facilement s’identifier aux héroïnes : soit à la douce et posée Hazel ou alors à la fougueuse et déterminée Daisy (qui va tout de même en affronter de belles une fois de plus). Les deux jeunes filles sont toujours aussi charismatiques, le duo fonctionne à la perfection surtout qu’interviennent ici deux de leurs camarades invitées pour l’occasion qui détonent par leur crédulité et leur sottise. Cela renforce le charme du duo principal et les met en valeur.

Le jeu de piste est savamment orchestré dans la droite lignée d’auteurs comme Agatha Christie et Conan Doyle, il se dégage une fois de plus un charme désuet, so british alors que l’auteur est américain. L’addiction est quasi immédiate car on rentre vraiment dans une époque et ceci sans lourdeurs excessives et effets de manche gratuits. Formidablement reconstitués, l’ambiance, l’atmosphère et les codes en vigueur dans cette maisonnée bourgeoise donnent un charme fou à cette histoire de meurtre bien mystérieuse. Bien qu’habitué au genre, la révélation finale a réussi à me surprendre malgré mon âge, on se prend vraiment au jeu des déductions des deux gamines qui bien que jeunes ont un grand sens de l’orientation et de la réflexion. C’est à la fois fun et très sérieux, et l’on passe vraiment un bon moment.

L’écriture est très accessible mais pas simpliste, parfois légère et décalée, cela n’empêche pas certains passages d’être plus graves notamment par rapport aux questions liées au meurtre ou aux rapports conflictuels entre les deux parents de Daisy. La nuance est de mise ainsi que la profondeur derrière une aventure policière qui pourrait paraître banale au premier abord. Ce récit à la Cluedo a beaucoup de saveur, possède une efficacité redoutable et apportera suspens et émotions divers au jeune lecteur amateur d’enquêtes et de mystère. Une très bonne lecture à faire découvrir.

Posté par Mr K à 17:27 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

vendredi 26 août 2016

"Un Coupable presque parfait" de Robin Stevens

9782081373846

L'histoire :
- Tu es sûre que nous ne devrions pas plutôt prévenir la police ?
- Ne dis pas de sottises. Nous n'avons aucune preuve. Pas même un cadavre. On se moquerait de nous. Non, nous devons résoudre cette affaire toutes seules.

Lorsque Daisy Wells et Hazel Wong fondent leur agence de détectives privés, elles espèrent débusquer une enquête digne de ce nom. Tout bascule subitement le jour où Hazel découvre la prof de sciences étendue dans le gymnase. Le temps d'aller chercher Daisy, le corps a disparu. Dès lors, il ne s'agit plus seulement d'un crime à résoudre mais d'un crime à prouver, et ce, avant que le coupable ne frappe de nouveau.

Chaque minute compte lorsque tout indique que le meurtrier est là, coincé à vos côtés, dans l'école où vous vivez.

La critique de Mr K : Retour dans la galaxie de la littérature jeunesse aujourd'hui avec cet ouvrage récemment sorti chez Flammarion Jeunesse. Un Coupable presque parfait a tout pour me plaire sur le papier : une action qui se déroule dans les années 30, dans un pensionnat de jeune-fille à l'ancienne (l'organisation avec les préfets m'a irrémédiablement fait penser à Harry Potter) et la promesse selon l'éditeur de côtoyer Agatha Christie et surtout Conan Doyle, un de mes amours de jeunesse en terme de lecture. Voyons, voyons si le contrat est rempli...

Daisy et Hazel ont fondé un club de détective. La première s'est prise de passion durant l'été pour les romans policiers qui sont prohibés dans l'enceinte du pensionnat où elle passe sa scolarité. C'est l'occasion après les cours de farfouiller, enquêter et se renseigner sur les gens qui bien souvent ont des choses à cacher. Rien de bien sérieux donc, juste un passe temps amusant et grisant pour des jeunes collégiennes. Mais un jour l'impensable arrive, une professeur est retrouvée morte par Hazel mais le corps disparaît juste après. Avec l'aide de Daisy, elle va rapporter tous les événements qui ont suivi à travers les compte-rendus qu'elle a en charge pour le club et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'en passe de belles à l'école de Deepdean !

On rentre directement dans le vif du sujet avec cet ouvrage. Après quelques pages recontextualisant la création du club, les faits sont bien là : les deux jeunes-filles vont devoir enquêter sur un meurtre qui pour les adultes n'existe pas vu que le cadavre a disparu et qu'une lettre de démission express a été posée sur le bureau de la proviseur ! C’est le début des tâtonnements mais les filles sont organisées : recherche des suspects potentiels, listing des alibis, enquête de proximité et découverte de preuves sont au RDV. La tâche n'est pas aisée quand on est en pensionnat et soumis à des règles strictes. Hazel et Daisy vont devoir user de toute leur malice (surtout Daisy d'ailleurs) pour échapper à la surveillance des autorités de l'école pour parvenir à découvrir la vérité.

Au fil de la lecture, on découvre avec nos héroïnes que les adultes cachent bien des secrets et qu'il n'est pas bon de déterrer des choses du passé. On s'attache très vite à Hazel la narratrice. Originaire de Hong-Kong, elle a du faire sa place dans le pensionnat et ce ne fut pas chose aisée. Légèrement naïve, elle prend très au sérieux le club et fait tout pour seconder au mieux Daisy, l'initiatrice du projet. Cette dernière bien que très volontaire et perspicace, est assez déplaisante au départ car trop sûre d'elle, directive à l'excès et suffisante. Mais les rebondissements de l'enquête ne l'épargneront pas et on sent bien qu'elle évolue positivement durant le récit. Les personnages qui naviguent autour du duo sont très bien croqués par une auteure qui économise les mots mais pas la profondeur de ses personnages. Certes le livre s'adresse aux loupiots à partir de 11 ans mais Robin Stevens ne cède pas à la facilité, proposant une galerie de professeurs charismatiques tantôt séduisants et appréciés, tantôt dépréciés et même inquiétants. Leurs camarades ne sont pas en reste avec une vitalité et une énergie assez prenante qui se dégage de l'ensemble. À ce propos, j'ai apprécié la présence d'une liste de personnage en début d'ouvrage ainsi qu'une carte de l'école où se déroule l'intégralité de l'action. C'est totalement facultatif mais ça rajoute un petit plus à l'ensemble.

L'intérêt pour le livre et son intrigue ne se dément jamais avec un suspens millimétré et hautement maîtrisé. L'ouvrage garde une crédibilité de tous les instants malgré le jeune âge des deux enquêtrices. D'ailleurs le dénouement est finement joué ne tombant pas dans la caricature et l'exagération (vous comprendrez en lisant le livre). On y croit pleinement et les références aux classiques évoqués en quatrième de couverture sont multiples et bien insérées. Elles ont ravi l'amateur du genre que je suis et fonctionneront parfaitement avec un jeune public désireux de lire une première enquête policière avec son lot de péripéties, de menaces et d'indices. Une belle réussite que je vous encourage à tenter à votre tour.

lundi 28 janvier 2013

"Au-délà du mal" de Shane Stevens

au-delàL'histoire : A 10 ans, Thomas Bishop est placé en institut psychiatrique après avoir assassiné sa mère. Il s'en échappe quinze ans plus tard et entame un périple meurtrier à travers les États-Unis. Très vite, une chasse à l'homme s'organise : la police, la presse et la mafia sont aux trousses de cet assassin hors norme, remarquablement intelligent, méticuleux et amoral.
Les destins croisés des protagonistes, en particulier celui d'Adam Kenton, journaliste dangereusement proche du tueur, dévoilent un inquiétant jeu de miroir, jusqu'à un dénouement captivant.

La critique Nelfesque : Cela fait un petit moment que j'avais ce roman dans ma PAL et malgré mon engouement pour les éditions Sonatine (oui parce que "Au-delà du mal", en broché, fait partie du catalogue Sonatine), j'avais du mal à me lancer dans ce pavé de presque 900 pages. Une lecture commune avec fée-tish et Cherrybomb: rien de mieux pour le déterrer et me lancer !

Et bien, et bien, et bien... Moui, moui, moui... Bon, je dois le dire... Je n'ai pas aimé "Au-delà du mal". Ca me fait mal de dire ça car Sonatine ne m'a déçue qu'une seule fois avec  "Avant d'aller dormir" que j'avais trouvé ennuyeux au possible. Je peux donc compter maintenant un second flop avec ce roman de Shane Stevens.

La quatrième de couverture est alléchante. Un thriller : je prends ! Un serial killer : je prends ! Un enfant dérangé : je prends ! Un asile psychiatrique : je prends ! Tout était réuni pour qu'à priori ce bouquin me fasse passer des nuits blanches passionnées (oui parce que je suis comme ça moi, les thrillers c'est mon dada). A la place de celles-ci, ce sont des soirées lecture raccourcies que j'ai connu. C'est bien simple, au bout de 10 pages, je piquais du nez. L'ennui m'a envahi... Mr K, me voyant buter sur ce roman depuis de longues semaines m'a dit un jour: "Ecoute Nelfe, il te reste 200 pages, aujourd'hui tu le termines !" Challenge lancé, challenge relevé et challenge réussi ! Je suis venue à bout des 887 pages et je peux vous dire que je les ai comptées !

Mais pourquoi, alors que tout était là pour me plaire, ai-je subi un tel calvaire ? Peut-être parce que je ne m'attendais pas exactement à celà, peut-être parce que la 4ème de couverture est trop alléchante pour être vraie et surtout parce que l'accent est surtout porté sur une enquête parallèle menée par des journalistes et qui ne m'a pas du tout passionnée. Le milieu du journalisme, je l'aime dans "Millénium" mais, en règle générale, entrer dans les détails de la mise en place d'un papier dans un journal (ici un dossier complet en Une) n'est pas vraiment le genre de choses qui me fait me lever la nuit...

Il y a l'enquête policière qui aurait pu être intéressante si le lecteur n'avait pas sans cesse une longueur d'avance sur la police puisqu'en alternance de chapitres, c'est directement avec le tueur qu'il est en tête à tête. Du coup, les flics sortent les rames, Thomas Bishop s'éclate (là pour le coup il est tordu et j'avoue que j'ai trouvé un peu de plaisir à lire les chapitres consacrés à sa vie ("heureusement" qu'il était là (je passe pour une psychopathe en disant ça non!?))) et  moi j'ai envie de mettre un gros de pied aux fesses des enquêteurs, à pousser la gueulante de sa vie à Adam Kenton qui a les preuves sous les yeux mais semble être complètement miraud !!! Raaaa que ça m'a énervée !

L'écriture est plate et quant à la fin... Bon ben OK, on vient de se taper 887 pages (oui j'insiste !) "réjouissantes", pour en arriver à un dénouement qui n'en est pas vraiment un !? Non mais WTF, is it a joke !? Donnez moi immédiatement le numéro de Shane Stevens que je puisse passer mes nerfs ! J'ai perdu mon temps, je pleure, je maudis mes copines de LC qui m'ont entraînée dans ce traquenard mais ça y est j'ai lu "Au-delà du mal" ! Youpi !!!

Je crois que vous l'aurez compris, je ne vous conseille pas vraiment ce roman...

L'avis de mes compagnes de LC : fée-tish et Cherrybomb (sans rancune les filles) ;)

Posté par Nelfe à 18:10 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , , , ,