mercredi 4 février 2015

"La Dame en Noir 2 : L’Ange de la Mort" de Tom Harper

la dame en noir 2 affiche

L'histoire : Pendant la Seconde Guerre mondiale, huit écoliers accompagnés par la directrice de l’école et une jeune enseignante, quittent Londres pour se mettre à l’abri dans le petit village de Crythin Gifford. Ils s’installent dans une vieille demeure sur une petite île au large de la côte. Leur présence va bientôt réveiller une épouvantable force maléfique...

La critique Nelfesque : Voilà presque 3 ans que nous avions vu le précédent opus de "La Dame en noir" au cinéma. Un long métrage classique dans son traitement et un hommage à la Hammer. Pour le second volet, le réalisateur a changé, passant de James Watkins à Tom Harper. Pour autant la franchise n'a rien perdu au change et "La Dame en noir 2 : L'Ange de la Mort" est toujours aussi sympathique.

Mettons de côté les incohérences scénaristiques et plus particulièrement la principale qui consiste à emmener un bus de gamins dans une bâtisse délabrée pleine de poussière, moisissure et gelée jusqu'aux fondations (mais que fait la commission de sécurité!?) pour ne garder en tête que l'aspect général du film. Non parce que sinon, je vais rester bloquer sur des détails qui finalement sont rapidement gommés par le déroulement du scénario.

Visuellement, "La Dame en noir 2" est dans la ligne droite du précédent. Le spectateur est plongé dans un climax oppressant et un environnement sombre. Quelque chose de pas très net se trame entre ces murs. On a beau le savoir, on s'y attend, et quand ça nous saute à la tronche, on ne peut pas s'empêcher de sursauter. Un film de couloir en somme mais un beau film de couloir. Un film à l'ancienne qui ne fait pas dans l'étalage d'effets spéciaux pour être efficace. Perso, j'aime ça !

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Economie de mots, huit clos efficace, des personnages attachants (surtout le petit gosse de l'affiche qui à la suite de la mort de ses parents a perdu l'usage de la parole (vous vous imaginez bien que c'est sur lui que ça va tomber ! (trop tentant (j'arrête les parenthèses!)))), une belle photographie et un moment de cinéma sympa. Le traitement de la lumière, les costumes, l'immersion dans l'époque (bien que seulement esquissée ici au début du film), les décors contribuent à envelopper peu à peu le spectateur dans une brume ouatée et à l'immerger totalement dans le long métrage.

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Nous avons hésité à aller le voir au cinéma, ce film ne passant que dans le multiplexe voisin et n'étant pas friands (et c'est peu de le dire!) de l'ambiance présente dans ces salles pour ce type de films (à comprendre l'invasion des bouffeurs de popcorn, les bandes de potes critiques ciné qui commentent la moindre scènes et autres nanas hystéro qui ont trop peur mais veulent quand même voir un film d'horreur au cinéma assez malignes pour se rendre compte que c'est un excellent moyen de draguer le mâle qui les a accompagnées et accessoirement de faire chier la salle entière). Nous avons donc soigneusement choisi le jour et l'heure de la projection et nous avons dégoté la séance idéale. Nous étions 4 dans la salle dont un autre couple qui avait dû poser les mêmes formules mathématiques sur le papier pour se retrouver ici au même moment. Autant dire, les conditions idéales ! Mais là je divague...

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Vous l'aurez compris, "La Dame en noir 2 : L'Ange de la Mort" est un film à voir si vous aimez les films d'épouvante à l'ancienne, si vous ne courrez pas après les superproductions creuses qui en mettent plein la vue et si vous avez la possibilité de le voir dans une salle calme pour profiter au mieux de l'ambiance du film. Vous vous reconnaissez dans cette description ? Banco ! On en reparle quand vous l'aurez vu !

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La critique de Mr K: 4/6. Un petit plaisir coupable bien sympathique que ce film qui à défaut d'être original est plutôt efficace et très beau au niveau de la forme. L'action se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, époque où la capitale anglaise est bombardée par les troupes d'Hitler. L'héroïne est chargée d'accompagner des enfants dans la campagne anglaise pour les mettre en sécurité. Quoi de mieux qu'une vieille bâtisse paumée au milieu des marais pour cacher les jeunes pousses en attendant que la guerre passe? Manque de pot pour eux, ils ne sont pas seuls, une entité malfaisante hante les lieux... C'est ballot!

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On est dans la droite lignée du premier film, Harry Potter en moins. L'ensemble est très beau, la maison reste toujours aussi flippante avec ce fameux couloir du premier étage qui donne envie de vivre uniquement au rez-de-chaussée. Les jouets anciens bien stressants sont toujours là, la chaise à bascule aussi et l'esprit de la dame en noir reste toujours aussi virulent. Je me demande encore comment les autorités ont pu envoyer de pauvres enfants dans une maison aussi délabrée... mais sans cela, il n'y aurait pas de film! Surtout que dans cette suite, on explore davantage la bâtisse avec notamment une cave très inquiétante, les phobiques de ce genre de pièces ne doivent absolument pas regarder ce film! Les alentours restent toujours aussi mystérieux avec ce cimetière abandonné et une côte sauvage inquiétante. L'ambiance nébuleuse, les couleurs, les cadrages, les jeux de lumières fonctionnent à plein régime pour procurer un maximum de sensations fortes au spectateur.

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Et oui! J'ai eu peur plus d'une fois. Pour des bêtises certes, mais de beaux sursauts avec l'envolée d'un corbeau, une ombres passant en arrière plan, un personnage surgissant du hors champ. Du classique, rien du classique mais efficace! L'intrigue en elle même est sans surprise et on devine les circonvolutions du scénario au fil de son déroulé, d'où ma bonne note pas exceptionnelle. On reste cependant dans une production anglaise et cela se ressent fortement, notamment dans le traitement des personnages plutôt finauds et bien joués par un collège d'acteurs au diapason avec un réalisateur soucieux de fournir une suite honnête et distrayante. Mention spéciale au petit garçon qui s'est révélé touchant et juste dans son interprétation, dieu sait que ce n'est pas évident de faire jouer d'aussi jeunes acteurs.

Au final, c'est un film que je conseille à tous les amateurs de films d'épouvante à l'ancienne où le sentier est balisé mais le cœur à l'ouvrage authentique et le résultat réussi. Une bonne séance comme je les aime!

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dimanche 23 juin 2013

"Morte la bête" de Lotte et Soren Hammer

mortelabeteL'histoire: Le jour de la rentrée, deux enfants découvrent un spectacle cauchemardesque dans le gymnase de leur école: cinq corps d’hommes ont été mutilés à la tronçonneuse avant d’être pendus au plafond. L’inspecteur en chef Simonsen prend la direction de l’enquête. L'identification des corps est compliquée par leur état, mais l'ablation systématique des parties génitales ressemble à une signature.

Dès les premiers interrogatoires, l’étrange concierge de l’école tient des propos contradictoires et délibérément provocateurs. Dans le même temps, un riche entrepreneur victime d’abus sexuels dans sa jeunesse lance une vaste campagne de communication pour dénoncer le laxisme de la justice danoise vis-à-vis des pédophiles. L’opinion publique s’empare du débat, menaçant de parasiter l’enquête. Le concierge, de son côté, échappe à la surveillance de la police...

La critique Nelfesque: Voici un roman que j'avais fortement envie de découvrir à sa sortie chez Actes Noirs. C'est en format poche que j'ai découvert "Morte la bête" après l'avoir longtemps fantasmé... Et là est peut être le problème...

A la lecture de la 4ème de couverture, j'étais complètement emballée! Une histoire sombre, un sujet fort, une ambiance glauque... C'était pour moi! Très vite, je n'ai pas accroché à l'écriture de Lotte et Soren Hammer et là a commencé un long chemin d'ennui... Pourtant j'aurai tellement aimé adorer ce roman.

L'écriture, disais-je, ou peut-être la traduction d'Andreas Saint-Bonnet (je ne pourrais jamais vérifier, je ne comprends pas le danois) est lourde. Les tournures de phrases sont scolaires (sujet, verbe, complément, sujet, verbe, complément, sujet, verbe, complément...) et le lecteur s'embourbe lentement mais sûrement dans une plume de 3,5 tonnes. Mon engouement de départ pour cette oeuvre s'est retrouvé véritablement entaché par ces choix syntaxiques.

La trame de fond est pourtant intéressante et le sujet principal épineux. En traitant de la pédophilie, j'imaginais un roman complexe, faisant la part belle à la psychologie des personnages. Un roman qui prend aux tripes... Et bien non, je dois le dire, "Morte la bête" a failli devenir "Morte la lectrice" et s'est révélé être d'un ennui mortel (on reste dans le thème) en tombant dans les pires clichés...

Les 5 personnes retrouvées pendues dans un gymnase d'école au début du roman s'avèrent être des pédophiles (rassurez vous, je ne fais pas de spoilers, on l'apprend assez vite). Les flics enquêtent, les journaux s'emballent et tout à chacun, citoyen de la ville de Copenhague, y va de son opinion et de ses réflexions fascisantes. Ces dernières sont nourries par l'action d'un homme, ancienne victime d'abus sexuels, qui suite à ce fait divers part en guerre contre la pédophilie et se pose en justicier nauséabond. Sans rentrer ici dans des considérations sur le pardon et la peine de mort, cet aspect ci du roman m'a agacée au plus haut point. Comment peut-on écrire plus de 500 pages (oui quand même!) avec de tels propos! Symptomatique de notre époque peut-être, révélateur d'un malaise profond sûrement mais je n'aime pas m'énerver en lisant un roman. Ici, j'ai fait des bonds et sans vouloir minimiser le vécu de ce personnage, je lui aurais bien volontier distribué 2 ou 3 baffes dans la tronche ("2ème effet Kisscool")!

La fin quant à elle est à l'image du reste... Décevante... Comme à d'autres moments dans l'histoire, les choses se mélangent, c'est brouillon et il n'y a pas de réel cause à effet. J'ai lu de bonnes critiques de ce roman et je me demande si nous avons lu le même livre. En attendant, vous l'aurez compris, en ce qui me concerne, je vous dirai de passer votre tour.

Posté par Nelfe à 19:23 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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