mortelabeteL'histoire: Le jour de la rentrée, deux enfants découvrent un spectacle cauchemardesque dans le gymnase de leur école: cinq corps d’hommes ont été mutilés à la tronçonneuse avant d’être pendus au plafond. L’inspecteur en chef Simonsen prend la direction de l’enquête. L'identification des corps est compliquée par leur état, mais l'ablation systématique des parties génitales ressemble à une signature.

Dès les premiers interrogatoires, l’étrange concierge de l’école tient des propos contradictoires et délibérément provocateurs. Dans le même temps, un riche entrepreneur victime d’abus sexuels dans sa jeunesse lance une vaste campagne de communication pour dénoncer le laxisme de la justice danoise vis-à-vis des pédophiles. L’opinion publique s’empare du débat, menaçant de parasiter l’enquête. Le concierge, de son côté, échappe à la surveillance de la police...

La critique Nelfesque: Voici un roman que j'avais fortement envie de découvrir à sa sortie chez Actes Noirs. C'est en format poche que j'ai découvert "Morte la bête" après l'avoir longtemps fantasmé... Et là est peut être le problème...

A la lecture de la 4ème de couverture, j'étais complètement emballée! Une histoire sombre, un sujet fort, une ambiance glauque... C'était pour moi! Très vite, je n'ai pas accroché à l'écriture de Lotte et Soren Hammer et là a commencé un long chemin d'ennui... Pourtant j'aurai tellement aimé adorer ce roman.

L'écriture, disais-je, ou peut-être la traduction d'Andreas Saint-Bonnet (je ne pourrais jamais vérifier, je ne comprends pas le danois) est lourde. Les tournures de phrases sont scolaires (sujet, verbe, complément, sujet, verbe, complément, sujet, verbe, complément...) et le lecteur s'embourbe lentement mais sûrement dans une plume de 3,5 tonnes. Mon engouement de départ pour cette oeuvre s'est retrouvé véritablement entaché par ces choix syntaxiques.

La trame de fond est pourtant intéressante et le sujet principal épineux. En traitant de la pédophilie, j'imaginais un roman complexe, faisant la part belle à la psychologie des personnages. Un roman qui prend aux tripes... Et bien non, je dois le dire, "Morte la bête" a failli devenir "Morte la lectrice" et s'est révélé être d'un ennui mortel (on reste dans le thème) en tombant dans les pires clichés...

Les 5 personnes retrouvées pendues dans un gymnase d'école au début du roman s'avèrent être des pédophiles (rassurez vous, je ne fais pas de spoilers, on l'apprend assez vite). Les flics enquêtent, les journaux s'emballent et tout à chacun, citoyen de la ville de Copenhague, y va de son opinion et de ses réflexions fascisantes. Ces dernières sont nourries par l'action d'un homme, ancienne victime d'abus sexuels, qui suite à ce fait divers part en guerre contre la pédophilie et se pose en justicier nauséabond. Sans rentrer ici dans des considérations sur le pardon et la peine de mort, cet aspect ci du roman m'a agacée au plus haut point. Comment peut-on écrire plus de 500 pages (oui quand même!) avec de tels propos! Symptomatique de notre époque peut-être, révélateur d'un malaise profond sûrement mais je n'aime pas m'énerver en lisant un roman. Ici, j'ai fait des bonds et sans vouloir minimiser le vécu de ce personnage, je lui aurais bien volontier distribué 2 ou 3 baffes dans la tronche ("2ème effet Kisscool")!

La fin quant à elle est à l'image du reste... Décevante... Comme à d'autres moments dans l'histoire, les choses se mélangent, c'est brouillon et il n'y a pas de réel cause à effet. J'ai lu de bonnes critiques de ce roman et je me demande si nous avons lu le même livre. En attendant, vous l'aurez compris, en ce qui me concerne, je vous dirai de passer votre tour.