jeudi 24 novembre 2022

"La Schismatrice +" de Bruce Sterling

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L’histoire : Dans une humanité déracinée, peuplant le système so­laire de gigantesques stations orbitales, écartelée entre les tenants de l'évolution par la technologie et ceux de la manipulation génétique, Abélard Lindsay, jeune diplo­mate issu de la République corporative circumlunaire de Mare Serenitatis, tente de trouver son chemin. Fils d'aristocrate, il doit apprendre à survivre, à choisir son camp. Mais au moment où l'homme évolue, cesse d'exister en tant que tel pour se scinder en espèces nou­velles, il croit enfin comprendre son destin : réconcilier Mécas et Morphos autour d'un projet grandiose, la terraformation des mondes...

La critique de Mr K : Grosse déception que cette lecture d’un ouvrage pourtant culte réédité cet été à l’occasion de la rentrée littéraire. Pour beaucoup, La Schismatrice de Bruce Sterling est un livre incontournable, un ouvrage fondateur du cyberpunk en littérature. Agrémenté ici de nouvelles se déroulant dans le même univers, j’ai été perdu assez vite et ce malgré d’indéniables qualités d’écriture. Sans doute ce genre annexe de la SF n’est pas fait pour moi...

Dans un futur éloigné, les hommes ont essaimé l’univers et l’espèce en elle-même a drôlement évolué. Certains membres se sont améliorés technologiquement parlant, d’autres sont le fruit de manipulations génétiques. Deux courants que tout semble opposer et qui créent régulièrement des tensions voire des conflits de grande importance. On a donc affaire aux post-humains en deux déclinaisons bien différentes donnant le tournis dans les implications et applications qui sont données à lire ici.

Au cœur de l’intrigue, on retrouve Abélard, un jeune diplomate déchu que l’on envoie sur une colonie isolée suite à un incident le mettant en cause. Éloigné de tout ce qu’il connaît, fuyant sans cesse d’un point à un autre, voulant innover pour briser les règles, il sera amené à vivre nombre d’aventures qui le place au centre de l’échiquier global. Ses actes pourraient même avoir une incidence sur l’ordre des choses et même changer le visage de l’humanité... rien que cela !

Sur le papier, ce roman était fait pour moi avec une dimension space opéra qui me parle puisque je suis amateur du genre. Mais voila, trop d'ellipses entre les différentes parties ont fait que j’ai eu du mal à saisir les différents tenants et aboutissants. Je me suis raccroché à ce que j’ai pu, j’ai essayé de faire les liens qui s’imposent mais globalement en fin de lecture, j’avais l’impression d’être totalement passé à côté.  Beaucoup de frustration donc, surtout que les questions soulevées ici ou là étaient porteuses de sens, on est dans la métaphysique pure et c’est le genre de questionnements qui nous assaillent déjà quand on s’intéresse à la recherche actuelle en matière de sciences appliquées à l'homme et autre. Du coup je suis sorti agacé de cette lecture...

Pourtant, l’écriture est plutôt plaisante, ça se lit bien, il y a quelques passages plus difficiles notamment lors d’évocations techniques mais franchement c'est fluide. Certaines descriptions vous transportent littéralement, des dialogues entre personnages font mouche mais il manque ce supplément d’âme aux personnages pour vraiment accrocher le lecteur, notamment Abélard qui m’a finalement laissé de marbre. Plutôt dommage pour un protagoniste qui a son importance...

Non vraiment, sans doute que La Schismatrice n’était pas fait pour moi malgré son aura et cette nouvelle édition somptueuses (la qualité du papier, la couverture sublime, les ajouts de nouvelles). Je détonne sans doute avec cet avis mi-figue mi-raisin et je vous conseille vivement d’aller lire ceux de confrères plus aguerris et amateurs de cyberpunk, ils y ont sans doute vu des choses qui m’ont échappé. Pour ma part, cette lecture aura été ma dernière incursion dans le genre. Un coup dans l’eau.

Posté par Mr K à 14:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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