lundi 20 août 2018

"Touriste" de Julien Blanc-Gras

TOURISTE

L'histoire : Obsédé par les cartes, le narrateur décide de visiter tous les pays du globe. Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes.

Avec ce roman géographique, Julien Blanc-Gras nous propose une esthétique du voyage simple, aventureux, drôle et intelligent.

La critique de Mr K : C'est ma deuxième incursion dans l’œuvre de cet écrivain-journaliste qui m'avait séduit par son très beau, drôle et écologique Briser la glace. Mon chemin l'a croisé lors d'un énième chinage et je tombai sur Touriste qui est sans doute son ouvrage le plus connu. Invitation au voyage, regard neuf et acerbe sur le monde d'aujourd'hui sont au programme d'un livre que j'ai une fois de plus lu en un temps record entre émotion, rire et révolte contre un monde qui ne tourne décidément pas rond !

Journaliste-voyageur ivre de cartes, de voyage, curieux du monde et des autres, dans ce livre Julien Blanc-Gras nous convie à travers les différents chapitres à un visionnage express de ses expériences en terres étrangères. On visite ainsi succinctement quelques villes anglaises et les inégalités qui couvent, la Colombie et ses quartiers chauds, l'Inde et le Népal terres de contraste, l'île de Djerba en Tunisie dans un hôtel all-inclusive, le désert marocain, la Polynésie française et ses paysages de carte postale, le Brésil et l'envers du décor (mais pas seulement), la Chine entre grandeur et contrôle des masses, le Guatemala sensuel (grand moment drolatique à souhait), le Proche-Orient et ses frontières physiques et morales, le Mozambique et ses espaces naturels en danger, Madagascar et le destin tragique de pêcheurs traditionnels. Ces fenêtres ouvertes sur le monde sont entrecoupées de quelques courts chapitres au ton léger sur certaines expériences annexes non dénuées d'intérêt comme la découverte de la Business-class, les pays-ridicules (je vous laisse le plaisir de les découvrir), les aléas aéroportuaires qui pourrissent parfois la vie des voyageurs aux longs cours. Sacré programme qui tient toutes ses promesses et réserve nombre de surprises.

Comme désormais à chaque lecture de cet écrivain, on navigue constamment entre le ton décalé du narrateur qui nous fait partager son expérience et des apports culturels et sociaux qui donnent une profondeur supplémentaire au simple récit de voyage. N'oublions pas qu'en tant que reporter, il s'agit pour lui de travailler et d'écrire un papier à chaque mission qui l'envoie parfois aux antipodes. Ici, il sort du cadre strict de l'article commandé par un rédacteur-chef, centré sur lui (ce qui a pu agacer certains lecteurs d'ailleurs), on suit ses traces et ses ressentis. Forcément, avec un passeport aussi bien rempli, il a vécu nombres d'expériences et de rencontres. Le ton principal est plutôt caustique, des passages sont vraiment très drôles et irrésistibles de ce point de vue là mais au détour d'une péripétie, on tombe parfois dans l'incompréhension, le choc des cultures et la prise de conscience. Quand on a conscience du caractère privilégié de nos vies d'occidentaux, certaines rencontres et échanges donnent vraiment à réfléchir sur la marche du monde et le destin d'êtres humains si éloignés et pourtant si proches à la fois.

Les sites remarquables, les curiosités touristiques et les pratiques inhérentes aux lieux entr'aperçus se heurtent ainsi à des barrières et des obstacles dérangeants et parfois écœurants pour un narrateur libre-penseur vivant dans un État de droit. La censure internet et l'encadrement des séjours touristiques en Chine, l'exploitation de l'homme par l'homme (notamment des femmes dont le corps ne leur appartiennent plus), le peu de valeur à la vie humaine indigène qu'accordent certaines multinationales (exemple français dans le livre), le recul de la Nature face à l'appétit vorace de notre espèce, les clivages confessionnels et raciaux qui déchirent des pays entiers sont quelques exemples auxquels sera confronté l'auteur. Loin de le dégoûter de sa passion pour les cartes et les voyages, cela le pousse à continuer, à observer puis à transmettre sous une forme certes peu conventionnelle (le ton décalé que j'apprécie tant chez lui n'est pas du goût de tout le monde) mais limpide et d'une empathie totale envers les peuples. D'ailleurs, le livre se construit aussi autour de très belles rencontres, de moments de partage touchants et d'instantanés sublimes. Ce livre est donc un melting-pot de tout ce qui constitue notre monde, du contraste, de la nuance et malheureusement des périls redoutables.

Loin d'être plombante, cette lecture donne encore plus envie de voyager car malgré quelques constats amers et des portraits féroces (superbe passage sur le beauf en vacance et l'incurie de certains touristes à vouloir retrouver ailleurs ce qu'ils ont déjà chez eux), l'aventure est belle, des valeurs positives se retrouvent partout sur le globe et rien n'est plus enrichissant que la rencontre avec l'autre. Un très bel ouvrage que je recommande chaudement à tous les amateurs de récits de voyage truculents et conscients.

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jeudi 16 août 2018

"Scènes de la vie carcérale" d'Aïssa Lacheb

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L'histoire : Treize ans après, Aïssa Lacheb revient à ce qu'il a vu de la prison en France et raconte dans une langue unique, pleine de violence et de compassion, la réalité de l'univers carcéral, de l'intérieur : tragique, humain, monstrueux, bouleversant.

La chronique de Mr K : Voila un ouvrage qui me faisait de l’œil depuis bien trop longtemps dans ma PAL. C'est une fois de plus le hasard qui avait placé sur mon chemin Scènes de la vie carcérale d'Aïssa Lacheb. Témoignage unique sur le milieu carcéral, vécu de l'intérieur par un braqueur de banque, j'ai toujours été attiré par les récits se déroulant dans des lieux clos de détention (prison, asile psychiatrique...). Belle lecture que celle-ci que j'ai dégustée en un temps record entre souvenirs personnels de l'auteur, rencontres improbables et propos plus généraux non dénués d'intérêt quand on traverse une période où le tout répressif est trop souvent prôné au détriment de la réinsertion.

L'auteur à défaut de décrocher la lune lors d'un braquage se retrouve à écoper d'une peine de vingt ans de réclusion (il en effectuera un peu moins grâce aux remises de peine). À travers de très courts chapitres (pas plus de dix pages maximum), comme des éclats / fragments d'existence, Aïssa Lacheb nous raconte l'incarcération, le monde interlope de la prison. Il se concentre davantage sur ses rencontres, son milieu et ses expériences plus que sur lui-même. Pas nombriliste pour un sou, focalisé sur son envie de transmettre l'image la plus juste de la prison, on ne trouve pas ici de longues descriptions du quotidien du condamné. Pour cela, penchez-vous sur d'autres œuvres dont le cultissime livre d'Hugo : Les Derniers jours d'un condamné.

On croise de sacrés personnages et l'on passe très facilement de l'effroi au rire. Les monstres restent des humains malgré tout, la folie furieuse côtoie ici les décrochés de la société, les idiots incultes et les petites frappes. Certains passages sont rudes car ils donnent à voir tout un aspect de notre société que l'on aimerait ignorer, ne pas connaître. Certes la responsabilité individuelle de chaque faute, délit, crime est indiscutable mais à la faveur d'observations et de remarques bien senties de l'auteur, on se prend à découvrir failles et faiblesses de notre système. Car quand on remonte aux causes, les défaillances familiales et d'ordre privées se conjuguent bien souvent avec la déficience du système scolaire et d'insertion. Pas de manichéisme pour autant, on est ici dans la nuance, l'apport de réflexion n'est mené que pour livrer un portrait brut et sans propagande d'aucune sorte de ce qu'a pu vivre Aïssa Lacheb.

En filigrane, l'auteur nous fait part de son parcours en distillant de-ci de-là quelques éléments : son appétence pour la lecture et l'écriture tout d'abord, ses barrières morales aussi (braqueur à l'ancienne, il s'inquiète notamment à un moment de l'évolution des jeunes délinquants) et son œil aiguisé sur le monde judiciaire où finalement l'humain devient un numéro et peut parfois se retrouver traité comme un morceau de viande sans esprit. Lui passera une dizaine d'années tranquille étant quelqu'un de plutôt aidant avec les autres sans pour autant se laisser faire.

Écrit simplement mais avec fougue et une conviction impressionnante, Scènes de la vie carcérale se lit tout seul avec un plaisir renouvelé. On passe par différentes phases émotionnelles qui s'avèrent profondes et durables. Cela donne envie de découvrir davantage cet auteur qui par l'écriture a touché à la rédemption. Un indispensable ouvrage à lire si le sujet vous intéresse.

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mardi 12 juin 2018

"Anansi boys" de Neil Gaiman

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L’histoire : Le père de Gros Charlie n'était pas ordinaire : il était Anansi, le Dieu Araignée, l'esprit de rébellion, un dieu filou capable de renverser l'ordre social, de créer une fortune à partir de rien et de défier le diable... Un héritage bien encombrant ! Une mythologie moderne où l'on trouve une sombre prophétie, des désordres familiaux, des déceptions mystiques, et des oiseaux tueur. Sans oublier un citron vert.

La critique de Mr K : Lire un Neil Gaiman est toujours lourd de promesse pour moi, chacune de mes expériences avec lui s’est révélée exaltante, délirante et source d’un grand plaisir. C’est avec une impatience non-feinte que j’entamai Anansi boys, un ouvrage qui dormait depuis trop longtemps dans ma PAL et qui se déroule dans le même univers que le cultissime American gods. Ça n’a pas loupé, ce fut une fois de plus une lecture de dingue, plaisante à souhait !

Gros Charlie n’est pas un être ordinaire, il est le fils d’un Dieu légèrement branque qui vient juste de mourir. Ayant rompu avec son paternel depuis un certain temps, le chagrin ne l’envahit pas vraiment même s’il ressent tout de même un petit pincement au cœur. En retournant dans l’ancienne maison familiale et en rencontrant trois voisines très âgées (toute ressemblance avec les sorcières de Macbeth est tout sauf fortuite !), il apprend l’existence de son frère Mygal qui a hérité de tous les pouvoirs d’Anansi alors que lui doit se contenter à priori d’un fort beau brin de voix. Il décide de le rencontrer et de discuter du temps perdu.

Bien mal lui en a pris au départ ! Mygal est tout l’inverse de lui l’homme rangé et raisonnable à la vie bien réglée. Très vite, le frangin charismatique et fort en gueule lui ruine sa vie lui embarquant sa fiancée, provoquant des remous à son travail et le faisant même arrêter par les flics. Aaaah la famille ! Ce n’est déjà pas facile en temps normal mais il suffit que le divin pointe le bout de son nez pour que tout dérape dans les grandes largeurs. C’est le début d’une histoire débridée où l’humour se dispute à des rebondissements ubuesques qui hypnotisent très vite le lecteur, ne lui laissant aucun répit jusqu’à la dernière page.

On retrouve avec un plaisir certain l’univers qui m’avait tant marqué lors de ma lecture d’American gods. Cependant, on n’est pas ici dans le même ton et la même optique, l’auteur plaçant son œuvre dans le registre de la dérision durant tout l’ouvrage et se plaisant à malmener comme jamais son personnage principal. Ce dernier est très attachant et sa confrontation avec le frangin complètement barré est dantesque, le contraste fonctionne à plein régime et livre des moments irrésistibles. On ne peut vraiment pas faire plus différents l’un de l’autre que ces deux là et malgré les déconvenues successives qui nous sont livrées, ils ne sont pas frères pour rien et le développement de l’ouvrage va faire la part belle aux révélations étonnantes et à un rapprochement que l’on n’espérait plus.

Autour d’eux gravitent des personnages tout aussi hauts en couleur avec notamment une belle-mère bien épouvantable comme il faut, un patron corrompu aux accents de serial-killer en puissance, une fiancée plutôt coincée qui va s’ouvrir aux plaisirs inavouables (oulala !), une fliquette décontractée au charme certain et aux méthodes parfois peu orthodoxes et des Dieux revanchards qui guettent la moindre faiblesse de l’engeance d’Anansi pour lui tomber dessus. Avec tous ces ingrédients, on ne peut pas s’ennuyer surtout que Gaiman s’amuse énormément en écrivant et se permet tout et n’importe quoi, se déportant des lignes toutes tracées et proposant un récit virevoltant, sans temps morts et aux multiples références cachées délicieuses à découvrir.

Et puis, Anansi boys est d’un accès très aisé, la langue simple, efficace, directe ne l’empêche pas d’être lourde de sous-entendus et de sens cachés. On se plaît à se laisser divertir et porter par une histoire drolatique qui ménage aussi de beaux moments d’émotions. J’ai eu le sourire durant toute ma lecture qui n’a jamais baissé en intensité et m’a vraiment captivé. Un pur bonheur à découvrir si ce n’est déjà fait !

Lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm Éclairé :
- "De bons présages" (en collaboration avec Terry Pratchett)
- "Stardust"
- "American gods"
- "Coraline"
- "Neverwhere"

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mercredi 23 mai 2018

Craquage chez l'abbé (part II)

Mieux vaut tard que jamais, voici enfin le billet sur la deuxième partie du craquage assez conséquent que nous avons commis à notre Emmaüs chéri en février dernier ! Place aujourd'hui à la selection de livres contemporains après les mondes imaginaires entraperçus lors du précédent post.

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(Oooooh... ils sont beaux !)

Comme vous pouvez le constater, on s'est bien lâché ! Entre découvertes aléatoires et livres recherchés, nous nous sommes gâtés avec notamment quelques pièces attendues depuis des années et qui vont rejoindre la PAL pour quelques moments d'éternité tant ils risquent de ne pas y rester très longtemps. Comme la gestion d'une PAL est une chose très compliquée et source de discorde, je ne donnerai ni de titres ni de délai pour éviter de m'enfoncer... Quoi ? Nelfe me dit que je le fais déjà tout seul... Pas faux... Allez, trêve de bavardages et passons aux choses sérieuses. Roulement de tambour, les présentations peuvent commencer !

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(À tout seigneur tout honneur, débutons par les grands formats !)

- La Variante chilienne de Pierre Raufast. Un drôle de roman que celui-ci qui m'a interpellé par sa quatrième de couverture intrigante. Un homme collectionne ses souvenirs dans des bocaux et à chaque fois qu'il en ouvre un, c'est l'occasion pour l'auteur de tisser des histoires qui s'entremêlent et se répondent entre elles. Comme j'aime beaucoup cette maison d'édition (c'est celle de Xavier Mauméjean, un auteur que je ne saurais que trop vous conseiller), je me suis jeté à l'eau. La lecture sera mon seul juge n'ayant pas cherché ici ou là à en savoir plus.

- Les Échoués de Pascal Manoukian. Ouvrage sur le drame des migrants, il se déroule en 1992 bien avant le raz de marée humanitaire qui se joue encore aujourd'hui. À travers quelques personnages déracinés, l'auteur nous invite à partager ces trajectoires brisées qui se lancent à l'assaut de la forteresse Europe avec leur lot de malheurs et de désillusions. Un livre à priori poignant et qui fera sans doute douloureusement écho à notre actualité honteuse où on l'on peut par exemple en France être poursuivi pour délit de solidarité. Un livre qui je l'espère marchera sur les pas du fabuleux Eldorado de Laurent Gaudé.

- L'Esprit de l'ivresse de Loïc Merle. Un livre qui traite d'une révolte imaginaire dans les quartiers difficiles de France, sempiternels oubliés de notre République pas si égalitaire que cela (voir le sort réservé au rapport Borlo par Micron Ier). C'est une thématique - la banlieue, les cités - qui me touche particulièrement pour y avoir enseigné en début de carrière pendant de nombreuses années. Le point de vue ici est différent car tout est raconté à travers les yeux d'une seule personne qui assiste impuissante à l'inéluctable embrasement de son quotidien. L'auteur ayant été journaliste dans une première vie, je suis curieux de voir le résultat. 

- Touriste de Julien Blanc-Gras. Voici un auteur qui m'avait fait forte impression lors de ma lecture de Briser la glace. Belle plume, ton original alliant drôlerie et prise de conscience écologique, je me jetai sans réfléchir sur ce titre qui me tendait ses petites pages. Il s'agit ici d'un roman géographique où le narrateur décide de voyager un peu partout dans le monde et de raconter son parcours de touristes entre découvertes, déconvenues et parfois quelques situations hors du commun. M'est avis que ce titre ne restera pas longtemps dans ma PAL, je prévois de le lire justement quand viendront les prochaines vacances.

- Le Livre de la jongle de Stéphane de Groot. Pour terminer chez les grands, un livre détente où Stéphane De Groot en amoureux de la langue française s'amuse à revisiter dans l'esprit si drôle et absurde qui l'habite des expressions populaires. J'ai déjà feuilleté un peu l'ouvrage, ça annonce du lourd, du très très lourd même. Je suis très parti pris avec lui car je suis fan du bonhomme et j'avais déjà adoré son Voyages en absurdie. Hâte de découvrir cet ouvrage plus ancien mais qui va (j'en suis sûr) tenir toutes ses promesses.

 

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(Petits mais costauds!)

- Le Feu d'Henri Barbusse. Enfin, je l'ai trouvé. Voila un ouvrage que je recherchais depuis très longtemps en chinage et qui m'échappait jusque là. Passionné d'Histoire et aimant les romans-témoignages touchant à la Première Guerre mondiale, ce livre est considéré comme un classique. Prix Goncourt en 1916, suscitant la polémique car décrivant l'horreur à l'état pur alors que le conflit est en cours, échappant à la censure, voici un livre essentiel que je vais enfin découvrir. Là encore, il ne fera pas de vieux os dans ma PAL.

- L'Enfant de la haute mer de Jules Supervielle. Livre-poème composé de textes en prose décalés flirtant avec le conte, j'ai sauté sur l'occasion de lire du Supervielle. Auteur visionnaire à sa manière, il m'a permis d'obtenir mon concours de professeur dans la phase écrite (très beau sujet de français d'analyse de texte) et m'a ensuite ravi lorsque je découvrais d'autres oeuvres de lui au hasard de mes lectures. Ce livre semblait m'être destiné tant il était un peu à part dans son bac, me faisant de l'oeil et attirant sur lui mon regard puis mon coeur. Ce sera sans aucun doute un grand moment que de plonger dans cet univers si magique et onirique à nouveau. 

- Le Lion et La Rose de Java de Joseph Kessel. On ne présente plus ce monstre sacré qu'est Kessel. J'avais lu Le Lion, il y a très très longtemps lorsque j'étais en collège. Je vais le relire avec un plaisir immense et j'imagine que je vais le redécouvrir. L'autre titre m'était parfaitement inconnu mais je me suis dit que c'était l'occasion de lire autre chose du maître et de goûter à une découverte pour le coup total. Wait and read !

- Simples contes des collines de Rudyard Kipling. Encore un écrivain hors norme avec l'auteur du Livre de la jungle qui se livre parfois à l'exercice de la nouvelle comme dans ce recueil qui se propose de dresser un portrait atypique des Indes britanniques où les personnages sont partagés entre leurs aspirations, l'ordre établi et leur destinée. Je m'attends là aussi à du très bon tant Kipling a une plume singulière et envoûtante. 

- La Fille du capitaine de Pouchkine et Premier amour de Tourgueniev. De la littérature russe pour terminer enfin avec deux ouvrages de chez Librio pour deux auteurs classiques réputés que je n'ai pour l'instant jamais pratiqué. La honte va être enfin réparée avec ces histoires d'amour, d'honneur et de doute. Fervent amateur de Dostoievski, Tolstoï mais aussi des nouveaux auteurs russes émergents comme Glukhovsky, Starobinets ou encore Galina et Lipskerov ; j'ai hâte de me replonger dans cette littérature si particulière où l'on cisèle les hommes à la manière de diamants bruts.

 

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(La sélection officielle cannoise nelfesque)

- Amours de Léonor De Récondo. (Hop je prends la main rapidement pour présenter mes 2 ouvrages) Pour celui-ci, je n'ai pas lu la 4ème de couverture. J'ai une confiance aveugle en ma copinaute faurelix qui avait adoré ce roman. Elle m'avait d'ailleurs dit de ne pas lire la 4ème. Je suis sage, j'obéis ! Je sais pour le coup ça ne vous aide pas trop...

- De flammes et d'argile de Mark Spragg. Quoi !? Un Gallmeister tout seul, perdu, au milieu de livres d'occasion !? Je ne peux pas le laisser là ! Oui encore une fois, je vous aide beaucoup... (Et hop, je redonne la main à Mr K. A vous les studios !)

De biens belles acquisitions qui viennent grossir nos PAL respectives de fort belle manière. Depuis février dernier, nous n'avons pas recraqué, il faut garder la tête froide et essayer de vider nos réserves même si la tentation est forte notamment lors de vides greniers très à la mode aux beaux jours. Nous verrons combien de temps nous tiendrons (déjà 3 mois !)... En attendant, nous avons un choix certain pour nos prochaines lectures et des heures incalculables de plaisir en prévision. Chroniques à venir dans les semaines, mois et années à venir !

dimanche 1 avril 2018

"Ferrailleurs des mers" de Paolo Bacigalupi

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L’histoire : Fin du XXIe siècle, il n’y a plus de pétrole, la mondialisation est un vieux souvenir et la plupart des États-Unis un pays du tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferrailleur, dépouille avec d’autres enfants et adolescents les carcasses de vieux pétroliers. Le précieux cuivre récupéré dans les câblages électriques au péril de leur vie leur permettent à peine de se nourrir. Un jour, après une tempête dévastatrice, Nailer découvre un bateau ultramoderne qui s’est fracassé contre les rochers. Le bateau renferme une quantité phénoménale de matériaux rares, d’objets précieux, de produits luxueux et une jeune fille en très mauvaise posture.

Nailer se retrouve face à un dilemme. D’un côté, pour récupérer une partie de ce trésor et en tirer de quoi vivre à l’aise parmi les siens, il doit sacrifier la jeune fille. De l’autre, l’inconnue est aussi belle que riche et lui promet une vie encore bien meilleure, faite d’aventures maritimes dont il rêve depuis longtemps.

La critique de Mr K : Belle surprise que cet ouvrage dégoté l’année dernière lors du traditionnel désherbage annuel de la médiathèque de Lorient. Roman d’anticipation jeunesse à la quatrième de couverture alléchante, Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi fait la part belle à l’aventure, l’initiation vers l’âge adulte et fournit une réflexion très intéressante sur notre monde à travers une vision sans fard d’un avenir sombre.

À la fin du XXIème siècle, la planète et les sociétés humaines sont en piteux états. Le réchauffement climatique a fait monter le niveau des eaux et provoqué le recul des villes. L’ère des énergies fossiles est derrière nous, les civilisations sont désormais coupées en deux. Les riches qui vivent à l’écart dans un confort total et obscène comparé aux plus pauvres qui vivent d’expédients et qui côtoient les risques les plus extrêmes. Dans cet ouvrage, l’auteur se concentre sur une communauté de ferrailleurs vivant à 200 km au dessus de la Louisiane. Loin de vivre dans un paradis, les êtres humains travaillent durement à la récupération de matériaux de base sur d’antiques navires rendus à l’état d’épaves. Le cuivre, le fer et toute une série de ressources sont en effet très recherchés et s’arrachent à prix d’or par les autorités qui passent par les mafias locales pour se ravitailler.

Nailer est un jeune garçon qui n’a connu que cet univers étouffant. Orphelin de mère terrifié par un père tyrannique et violent, il fait partie des brigades des "légers", ces jeunes enfants qui par leurs tailles peuvent se glisser n’importe où pour récupérer de précieux éléments dispatchés sur les anciens navires désormais à l’abandon. Lié par un serment très fort avec ses camarades, il rêve d’ailleurs en contemplant à l’horizon de luxueux clippers appartenant aux castes dirigeantes. Un jour, la découverte d’un de ces navires échoué sur la côte va bousculer l’ordre quotidien qui régit sa vie. La rencontre avec Nota, jeune fille riche égarée en territoire hostile va l’amener à remettre en question son mode de vie et sa manière de penser. Un choix crucial va très vite se poser à lui et l’amener à partir à l’aventure.

Le récit commence assez doucement au départ. Il ne faut pas moins de 100 pages pour que la fameuse rencontre ait lieu. L’auteur se plaît à poser le décor et à bien caractériser les liens sociaux existants sur cette plage. Ce rythme lent ne doit pas pour autant vous freiner (surtout vous, nos lecteurs les plus jeunes !) car derrière l’apparente immobilité de la trame, se cachent des éléments essentiels qui nourriront la suite, aux moments opportuns les indices semés serviront la cause du roman qui part dans un rythme plus trépidant qui saisissent littéralement le lecteur. Dans un premier temps, on en apprend donc beaucoup sur Nailer et ses amis (techniques de pillage, liens spéciaux et serments, parents, organisation de cette micro-société repliée sur elle-même...). Des événements ont lieu qui accentuent les tensions et livrent des personnages déchirés à la trame principale qui va se déclencher avec la découverte du bateau.

L’accélération est alors brutale, Nailer sortant du microcosme précédemment décrit pour découvrir le monde et son organisation. Loin de s’appesantir sur des descriptions à n’en plus finir, Paolo Bacigalupi intègre volontiers les éléments de background avec une action qui ne s’arrête plus et des moments de repos où chacun se livre à l’introspection. En cela, on est clairement dans le roman initiatique avec des personnages qui évoluent beaucoup et des découvertes qui font revoir leurs idées reçues à de jeunes personnages en quête de vérité : l’exploitation de l’homme par l’homme, l’asservissement de chimères biologiques mi-hommes mi-bêtes, la course au pouvoir et la lente destruction de notre planète. Jamais moralisateur mais malin et bien construit, ce récit est une petit merveille de concision et donne à lire un récit palpitant et enrichissant.

Une fois rentré à l’intérieur du roman, difficile de le relâcher, la faute à des personnages très attachants, un background fascinant et une écriture accessible et très évocatrice. Certes, on est rarement surpris quand on lit depuis longtemps, certaines ficelles scénaristiques sont un peu usées mais l’ensemble reste cohérent et très plaisant. Une lecture donc bien sympathique que l’on peut entreprendre dès 13 ans et même après tant on retrouve ici une âme d’enfant et un plaisir de lire indéniable.

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lundi 13 novembre 2017

"Le Jour où la guerre s'arrêta" de Pierre Bordage

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L’histoire : Un enfant sans mémoire, petit Prince d’aujourd’hui perdu sur la Terre, s’étonne et souffre de ne voir partout que violences, conflits, souffrances et injustices, pour les victimes comme pour les bourreaux. L’enfant décide alors de faire taire les armes...

La critique de Mr K : Un Pierre Bordage de plus à mon actif avec Le Jour où la guerre s’arrêta, conte spirituel universel et assez bouleversant dans son genre. C’est l’occasion pour l’un de mes auteurs favoris de brosser un portrait pas très reluisant de l’humanité et de la questionner à travers le regard d’un être naïf et innocent. Au final, ce fut une lecture plaisante et enrichissante, l’écrivain se plaisant à mélanger références, cultures et interrogations de notre temps.

Un étrange enfant apparaît sans crier gare sur Terre. Tour à tour, il va rencontrer nombre de personnes aux situations bien différentes : des flics de banlieue, un journaliste en mal d’amour, des intégristes musulmans et leurs victimes, deux soldats ennemis de la même nationalité, des filles de joie, un curé et un docteur, un psychanalyste, des représentants de l’ONU. Chaque rencontre est l’occasion pour cet être de découvrir l’humanité et surtout de découvrir la souffrance inhérente à la condition humaine. Maîtrisant la matière, il décide d’instaurer une trêve au monde entier durant sept jours, une semaine pendant laquelle il part en quête de lui-même, de sa mémoire perdue et du but qu’il poursuit.

Roman initiatique ou roman d’apprentissage malgré quelques passages parfois un peu violents, c’est un ouvrage qu’il conviendrait de faire lire à tous les jeunes pousses en mal de repères. On retrouve la "patte" de Bordage, son ouverture d’esprit et sa pédagogie qui fait merveille. Clairement, on est ici dans le domaine de la parabole et ce Petit Prince a des allures bien christiques même s’il se dérobe aux croyances et règles de notre monde. Ses assertions, ses remarques possèdent une fraîcheur, une naïveté et un caractère de bon sens bien éloignés de la réalité quotidienne des peuples de notre planète. D’où une certaine incompréhension, un décalage totale entre l’enfant et ses interlocuteurs successifs. Par son attitude et son comportement, il expose au lecteur nos défauts et notre tendance à l’égocentrisme sans vision globale de l’humanité et de son environnement. Les valeurs véhiculées sont du domaine du lâcher prise, de l’ouverture au monde, de la liberté de faire ce que l’on veut pour trouver le bonheur sans empiéter sur celui des autres... C’est un mix vraiment improbable qui s’abreuve aux sources des savoirs de multiples cultures et croyances.

Mais que le chemin est long et désarçonnant pour cet être d’apparence fragile qui se confronte à la misère du monde et à la peine qui nourrit tous les vices. Chagrin d’amour, séparation de l’être aimé, désir refoulé, intégrisme religieux et course au pouvoir, consensus stérile, violence physique, violence sexuelle, mélancolie de l’âme, conflit armé, perte de tout ce que l’on possède et bien d’autres lui sont livrés à travers les rencontres qu’il fait. À chaque discussion, dialogue, c'est le quiproquo et l’incompréhension pour l’espèce humaine incapable finalement de saisir le message porté par cet être venu d’ailleurs. Mais chaque frustration et déception va mener l’enfant vers une vérité inébranlable concernant l’être humain, une révélation qui le mènera au bout du chemin, vers l’expérience ultime.

Je ne peux en dire davantage au risque de déflorer l’intrigue mais je peux vous dire qu’elle tient ses promesses, permettant à chacun d’appréhender notre espèce avec originalité, douceur, compassion et surtout réflexion. Bien sûr certains passages ou raisonnements ont déjà été écrits et entendus mais l’ensemble dégage une force et une cohésion hors du commun avec en plus la langue limpide et simple d’un auteur amoureux de son sujet. Un petit bijou d’intelligence sans prosélytisme ni emphase, un condensé de sagesse conté avec talent.

Autres ouvrages de Bordage chroniqués au Capharnaüm éclairé :

- Le Feu de Dieu
Atlantis : les fils du rayon d'or

Hier je vous donnerai de mes nouvelles
Chroniques des ombres
Les Dames blanches
Graine d'immortels
Nouvelle vie et autres récits
Dernières nouvelles de la Terre
Griots célestes
L'Evangile du Serpent
Porteurs d'âmes
Ceux qui sauront
Les derniers hommes
Orcheron
Abzalon
Wang

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dimanche 2 juillet 2017

Désherbage de folie à la médiathèque de Lorient !

Il y a une quinzaine de jours environ se tenait le traditionnel désherbage annuel de la Médiathèque de la ville de Lorient. C'est l'occasion pour les chasseurs de trésors littéraires de seconde main que nous sommes de partir en quête de quelques volumes intéressants à un prix défiant toute concurrence (50 centimes les poches et 1€ les brochés !) et faire grossir un peu nos PAL qui décidément prennent de sacrées claques ces derniers temps... Cette session lorientaise fut prodigue en achats coups de coeur et compulsifs, jugez plutôt...

Acquisitions mediatheque juin ensemble
(Ooooooh, les belles acquisitions !)

Une fois de plus, c'est votre serviteur qui l'emporte haut la main en terme de craquage mais Nelfe n'est pas en reste en terme de belles découvertes et de dénichages précieux. Une fois de plus, la pêche s'est révélée variée, je vous propose maintenant un petit tour d'horizon des nouveaux adoptés !

Acquisitions mediatheque juin
(Actes sud, Mon amour !)

- Rire le coeur de François Poirié. Histoire classique d'un triangle amoureux mettant en opposition deux hommes et une femme. On nous promet un carnage amoureux en bonne et due forme et la confrontation douloureuse entre les rêves et les réalités de la vie. Le genre d'histoire tortueuse qui n'est pas pour me déplaire et qui promet de bons moments d'exploration de l'esprit humain.

- Une Nuit de pleine lune de Caradog Prichard. Récit d'un retour au Pays de Galles, d'un fils du pays dont la conscience commence à lui jouer des tours. À priori, la folie et le crime le rattrapent en plein contexte de Première Guerre mondiale. Ça sent les personnages borderline à plein nez dans le seul roman écrit par son auteur, plus spécialisé dans la poésie. Wait and read !

- Les Lois de Connie Palmen. Ce récit néerlandais met en scène une femme attendant la révélation de la part de sept hommes successifs (dont un prêtre, un physicien, un philosophe, un psychiatre) mais malheureusement les réponses vont plus l'égarer qu'autre chose. Roman de formation et d'initiation, quelle en sera l'issue pour la jeune femme ? Typiquement le genre d'ouvrage qui remporte mes suffrages.

Acquisitions mediatheque juin 3
(Mix improbable mais diablement séduisant !)

Opium de Maxence Fermine. Quand j'ai vu cet ouvarge dans le rayonnage, je me suis littéralemnt jeté dessus ! Pas de quatrième de couverture digne de ce nom ? Pas grave, j'ai adoré mes précédentes lectures de cet auteur et il était hors de question que je passe à côté de celui-ci. Si vous ne me croyez pas, allez lire mes chroniques de Neige et du Violon noir. Je ne sais donc vraiment pas de quoi parle ce roman mais vous l'avez compris, ce n'est pas le principal !

- Une Saleté de Frédérique Clémençon. Coup de poker que ce livre qui met en scène une mère et une fille réglant leurs comptes dans la maison familiale et qui convoquent leurs fantômes. Leurs voix se croisent mais à priori elles ne se comprennent plus depuis longtemps. Le poids de la famille et du souvenir semble être au centre d'un roman qui m'a l'air bien barré. Made for Mr K !

- J'irai pas en enfer de Jean-Louis Fournier. Voici un auteur que j'affectionne tout particulièrement et dont j'avais dévoré à l'époque le très beau Il a jamais tué personne mon papa, récit autobiographique simple et touchant de son rapport avec son alcoolique de géniteur. Avec cet ouvrage, Fournier nous propose de suivre ses démêlés avec le Père éternel lors de sa scolarité en institution religieuse. Tout un programme quand on connaît sa propension à cette époque à regarder des dames toutes nues dans les livres et à remiser la sainte vierge dans les toilettes !

- Le Cap de Kenji Nakagami. Il m'est déjà difficile de résister à un titre des Editions Picquier en temps normal mais quand en plus il s'agit d'un ouvrage culte et reconnu dans le monde entier ça devient mission impossible ! L'histoire est bien glauque, se déroule dans une communauté d'exclus où la consanguinité et la violence sont de mise. Au milieu de tout cela, un jeune homme se débat avec son destin avec l'énergie du désespoir... Bizarre vous avez dit bizarre ?

Acquisitions mediatheque juin 2
(Take a walk on the dark side...)

- Rempart des naufrageurs, La petite fille et le dobermann et Naufrage sur une chaise électrique de Serge Brussolo. Ces trois ouvrages constituent la Trilogie des Ouragans et c'est un sacré coup de pot que d'être tombé dessus. Serge Brussolo est un de mes auteurs préférés et ici il donne dans la SF sombre, le roman-univers se déroulant sur une planète fort fort lointaine où règne le chaos. On peut compter sur l'auteur pour dépoussiérer le genre et propose une lecture différente. J'ai bien hâte d'y être, je me l'emmène pour mes vacances en Dordogne chez ma belle-famille dans l'été. 

- Crains le pire de Linwood Barclay. Du même auteur, j'avais lu et apprécié Cette nuit-là qui ne révolutionnait pas le genre mais permettait de passer un bon moment. Ce roman met au prise un père avec la disparition subite et inexpliquée de sa fille. Mais la connaissait-il si bien que cela ? Une histoire classique mais qui peut se révéler efficace si elle est bien menée. Je pars confiant !

- La Secte sans nom de Ramsey Campbell. Mon plaisir coupable assumé de ce craquage avec une sombre histoire de secte satanique aimant sacrifier de jeunes âmes innocentes. Une mère de famille va tout tenter pour essayer de retrouver sa progéniture. Maître de la terreur outre-atlantique avec Straub et King, l'auteur nous promet moult rebondissement et des passages bien rudes. Je prends !

Acquisitions mediatheque juin 1
(Ben non, ce n'est pas que pour les enfants...)

- Le Passager de la maison du temps de Jean-Pierre Andrevon. Encore un auteur que j'aime. Dans cet ouvrage Andrevon se mute en auteur jeunesse et propose une histoire pas piquée des vers ! Un homme se retrouve dans une maison aux propriétés étranges dont celle de voyager dans le futur. Prisonnier et à la fois maître de la maison, le jeune homme devra découvrir son rôle et la raison d'être de cette bâtisse extraordinaire. Miam miam !

- Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi. Roman futuriste se déroulant à la fin de notre siècle, les USA se sont transformés en pays du tiers-monde et des enfants fouillent des épaves en quête de fortune. Un jour, l'un d'entre eux va faire une découverte qui risque de changer à jamais son existence. Placé sous le sigle de la piraterie et de l'aventure, ce roman a été finaliste aux USA d'un concours littérature jeunesse. Bien hâte de voir ce que cela donne !

Acquisitions mediatheque juin 4
(Faut toujours se méfier des lapins...)

- Un Nouveau monde ? , ouvrage collectif. Ceux qui nous suivent depuis un certain temps connaissent mon goût pour le dessin de presse. Cet ouvrage compile des dessins publiés dans le Courrier International entre 1999 et 2002, lors du passage d'un siècle à un autre. Portant sur tous les sujets, il sera je suis sûr très éclairant et permettra au passage de réviser ces quelques années charnières sur l'évolution du monde. 

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Acquisitions mediatheque juin 5
(Le butin de Nelfe ! Je la laisse poursuivre...)

- À tout de suite les enfants de Martin Doerry. Voici un titre bien tirage de balles... Et pour cause, il s'agit d'un ouvrage traitant de la seconde guerre mondiale, période que j'affectionne tout particulièrement. Je n'ai jamais assez de documents de ce genre dans ma PAL...

- Orages ordinaires de William Boyd. Je n'ai jamais lu de romans de cet auteur mais là, la 4ème de couv' m'a harponnée. Un homme poignardé dans une chambre d'hôtel, un autre à priori innocent prenant peur et s'enfuyant laissant ses empreintes partout sur la scène du crime. Une immersion dans le monde des sans abris et un sombre complot... Ça promet !

- Indian Creek de Pete Fromm. Alors là, coup de chance ! Réédité il y a peu chez Gallmeister, cet ouvrage était mis en avant dans le magazine Lire du mois dernier. Je venais donc tout juste de le rajouter à ma wish-list et je tombe dessus dans la foulée. C'est un signe !

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Acquisitions mediatheque juin 6
(Tiens des CD !!! Je reprends la main...)

- Protection de Massive Attack. Un des rares CD du groupe qu'il manquait dans ma collection. Écouter ce groupe, c'est retourner dans mes années d'étude, plonger en plein trip et s'apaiser l'esprit. Franchement une belle trouvaille !

- Peu importe et Allers retours de Prohom. Nelfe était toute folle et s'est mise à sauter partout à travers la Médiathèque (j'exagère à peine) quand elle est tombée sur ces deux albums d'un artiste qu'elle apprécie entre tous depuis plus de 15 ans. Fini l'écoute forcée sur le net, elle peut maintenant amener son Philippe préféré partout avec elle et l'écouter à loisir dans sa voiture. Ça faisait plaisir à voir en tout cas !

Au final, on est bien content de nos acquisitions qui viennent grossir les rangs de nos lectures à venir. Comme à chaque fois, la passion l'a emportée sur la raison mais que voulez-vous... on ne se refait pas et puis, il y a plus onéreux comme centre d'intérêt ! Affaire à suivre dans les chroniques à venir...

dimanche 22 janvier 2017

Premier craquage de PAL 2017 !

Il fallait bien que ça arrive un jour... voici le traditionnel premier post d'acquisition du Capharnaüm éclairé de l'année 2017! Vous connaissez notre amour des livres de seconde main, ces occasions en or que l'on trouve au détour d'un étal ou d'un bac. Comme vous allez pouvoir le constater, l'année débute pas mal du tout avec 14 ouvrages collectés qui vont rejoindre nos PAL respectives.

Acquisitions ensemble 2

Leurs origines sont diverses certains venant de notre abbé préféré, d'autres de boîtes à livres du secteur ou encore de magasins de revente. Il y en a pour tous les goûts mais ce qui ne change pas par contre, c'est qu'une fois de plus je bats Nelfe à plat de couture en terme de plombage de PAL. Mais à ce jeu là, vous savez que je suis redoutable... Voici par le menu, les nouveaux livres adoptés !

Acquisition 1

On commence avec quelques auteurs "classiques" que j'affectionne tout particulièrement entre retrouvailles et relecture.

- Premier de cordée de Roger Frison-Roche. Il s'agira pour moi d'une relecture car c'est un livre que j'avais découvert et dévoré en 6ème lors d'un atelier lecture avec ma prof de français. J'ai hâte de retrouver les grands espaces, la nature magnifiée et les destins contrariés d'une famille attachée à la montagne. Madeleine de Proust quand tu nous tiens !

- L'Arrache coeur de Boris Vian. Voici un livre dont j'ai beaucoup entendu parler et que je n'ai toujours pas lu. Vian étant un auteur que j'apprécie (surtout L'Automne à Pékin et le génialissime L'Écume des jours), je vais tenter l'aventure de cette lecture qui s'annonce sombre dans une étude sans concession de nos travers.

- La Symphonie pastorale d'André Gide. Aaaah Gide ! Comment oublier Les Nourritures terrestres, un livre qui m'avait laissé pantois. Avec ce titre, il explore le mythe de l'enfant sauvage en le doublant d'amour contrarié. J'espère retrouver la sensibilité à fleur de mot de l'auteur et son écriture si envoûtante.

Acquisition 2

Ma PAL côté policier / polar / suspens baissait dangereusement (comprendre plus que 30 unités livresques -sic-), nos errances de janvier m'ont permis d'attraper ces trois titres :

- La Nuit est sale de Dan Kavanagh. Un volume "série noire" de plus dans ma PAL avec une sombre histoire de flic mis au placard qui va s'attaquer à du gros gibier en plein quartier de Soho à l'ombre. Nulle place pour l'espoir à priori avec ce roman d'un auteur que je ne connais pas mais dont la quatrième de couverture m'a attiré de suite. Wait and read...

- L'Ile des morts de P.D. James. Un riche excentrique invite dans son château victorien isolé sur une île des amis à lui. Les réjouissances ne vont pas tout à fait se dérouler comme prévu, la mort s'étant invitée aussi. Là encore, c'est un coup de poker que cette acquisition dont le résumé m'a fait beaucoup penser au livre de Guillaume Chérel paru chez Mirobole en septembre dernier mais à priori en bien moins drôle... Qui lira, verra !

- La Princesse noire de Serge Brussolo. Impossible pour moi de dire non à cet auteur qui m'a procuré tant de plaisir de lecture. Ce Brussolo ci est un thriller médiéval faisant la part belle au mystère et aux croyances de l'époque dans un vieux château cachant bien des secrets dans ses entrailles... Hâte de voir de quoi il en retourne !

Acquisition 3

Pour continuer, un peu de SF histoire de bien exploser ma PAL de ce côté ci !

- L'Agonie des ténèbres de George R.R. Martin. Il s'agit d'un ouvrage de jeunesse de l'auteur devenu culte avec sa saga du Trône de fer. À classer dans le space opéra mâtiné d'aventure, un homme va se rendre sur une planète inconnue pour délivrer son ex-amante aux prises avec des ravisseurs aux codes tribaux inflexibles. Une expérience SF satisfaisante avec cet auteur (Chanson pour Lya) me donne bonne espoir pour cette future lecture.

- L'Oreille interne de Robert Silverberg. Un de mes auteurs SF favori a de nouveau croisé ma route avec ce roman considéré comme un de ses meilleurs. Un homme télépathe affronte ses démons intérieurs dans un récit mélancolique non dénué d'humour et j'imagine un soin tout particulier apporté à la psychologie des personnages, le point fort de Silverberg avec son écriture hors norme. Ce titre ne fera pas de vieux os dans ma PAL !

- La Mort blanche de Frank Herbert. Un roman terrible selon les avis que j'ai pu lire, un livre traitant de souffrance totale ou comment un homme ayant tout perdu va devenir irrémédiablement fou et possédé par la vengeance en fabricant un virus biologique exterminateur. On ne présente plus l'auteur (Dune, ça vous dit quelque chose ?) et ce livre sur le terrorisme absolu promet beaucoup. Là encore, je ne traînerai pas pour le lire.

Acquisition 4

Deux brochés pour terminer ma sélection avant de passer la main à ma chère Nelfe:

- Les Mémoires d'Elizabeth Frankenstein de Théodore Roszak. Décidément, je ne sors plus du mythe de Frankenstein en ce moment ! Mais je ne pouvais décemment pas résister, adorant cet auteur atypique, conteur hors pair maniant le suspens avec maestria. L'héroïne qui donne son titre au livre est recueilli par la célèbre famille et va être initiée à l'alchimie, l'occultisme et la science. On nous promet une folle histoire romanesque, gothique et féministe. Je trépigne d'impatience !

- Anansi boys de Neil Gaiman. Encore un auteur que j'adore, on retrouve ici l'univers d'American Gods dans un livre que l'auteur décrit comme une épopée magico-horrifico-thrillo-fantastico-romantico-comico familiale. Je ne sais pas pour vous mais moi ça me suffit pour foncer dessus ! La chronique viendra assez vite je pense...

Acquisition 5

Place aux trois ouvrages dégotés par Nelfe !

- Fatales, ouvrage collectif. Pour une raison très simple : Actes noirs ! J'ai fait tant de belles lectures dans cette collection que ce petit recueil ne pouvait qu'atterrir dans ma PAL. D'autant plus que l'on compte ici Camilla Läckberg parmi les auteurs ici présents !

- Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquista. Parce que Benacquista est quand même un putain d'auteur ! Entre Malavita et Saga, mon coeur ne balance pas, j'aime tout !

- Africa Trek 1 de Sonia et Alexandre Poussin. Parce qu'en ce moment j'aime beaucoup lire des récits de voyages / d'expériences (à défaut de pouvoir les faire moi-même). Mon dernier en date, Dans les forêts de Sibérie (dont il faut que je vous parle dans un prochain article). Ici on change complètement de paysage et de météo mais l'expérience reste incroyable. Traverser l'Afrique à pied !

Voili voilou ! Un bon butin, non ? On commence l'année 2017 sur les chapeaux de roue, reste à trouver le temps de lire tout cela et d'essayer de faire baisser nos PAL. Je vous l'accorde, il y a pire comme obligations...

vendredi 16 décembre 2016

"Hiroshima n'aura pas lieu" de James Morrow

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L’histoire : Été 1945 à Hollywood, le cinéma d’horreur vit un âge d’or et la chasse aux sorcières bat son plein alors que la guerre entre États-Unis et Japon menace.

Syms, acteur spécialisé en monstres de toutes sortes, est recruté par l’armée américaine pour participer à une opération top-secrète qui permettrait d’asservir le Japon sans recourir à la bombe atomique... L’arme fatale ? Des iguanes géants cracheurs de feu prêts à dévaster les terres nippones... mais une chose est certaine, Syms va devoir réaliser la plus terrifiante composition de toute sa carrière...

La critique de Mr K : Sacré pitch que celui d'Hiroshima n'aura pas lieu, non ? Il m’a de suite accroché lors d’un passage dans un magasin discount qui avait reçu tout un lot de titres de la très bonne maison d’édition Au Diable Vauvert. L’occasion fait le larron une fois de plus surtout que James Morrow m’avait fait forte impression avec son remarquable En remorquant Jehovah lu et dévoré en avril dernier après plusieurs années d’attente dans ma PAL. Il ne m’aura pas fallu beaucoup de temps pour en sortir celui-ci et m’en régaler.

C’est l’histoire d’un plan B monté par une fraction de l’armée américaine pour éviter d’utiliser la bombe atomique pour soumettre définitivement le Japon. En effet, par fierté, l’empereur Hiro Hito ne souhaite en aucun cas courber l’échine face aux américains, d’où cette idée farfelue de frapper les esprits en montrant à un groupe d’observateurs japonais un spectacle tout dernier cri (pour l’époque -sic-) d’iguanes mutants cracheurs de feu réduisant en cendre une ville portuaire japonaise. Les concepteurs du projet espérant que cela apaisera l’hybris japonaise et surtout épargnera nombre de vies. L’auteur nous invite à suivre le déroulé de l’opération depuis le contact pris auprès notre héros d’acteur jusqu’aux conséquences de la fameuse séance.

L’écrit se présente comme les dernières mémoires d’un homme au bord du suicide. 1984, Syms est au bout du rouleau et il revient sur la fameuse période où il fut contacté par l’armée US pour une drôle de mission. On s’attache immédiatement à ce drôle de zèbre qui, à travers son parcours, nous donne à voir un univers bien particulier, celui de la production de séries B voir Z dans l’Amérique de la Seconde Guerre mondiale. C’est le temps béni des films de monstres peuplés d’êtres hybrides, de savants fous et de jeunes filles à sauver ! Syms est acteur spécialisé dans les monstres et partage sa vie avec Darlène, une scénariste qui le seconde dans ses choix et dans l’écriture de manuscrits. On suit donc les étapes d’élaboration d’un film avec ses querelles d’acteurs, la pression mis par les investisseurs, les desiderata des réalisateurs et l’auteur se plaît à mêler références réelles de films qui ont marqué le genre et des sagas imaginaires où est censé avoir joué Syms. C’est à la fois drôle et érudit, l’amateur de films de genre que je suis, a vraiment apprécié !

En parallèle, il y a le fameux projet secret auquel Syms décide de participer après quelques hésitations. En même temps, il est difficile de refuser quoique ce soit à l’armée surtout quand on s’est fait réformer de manière faussée... On croise de drôles de personnages à l’occasion de rencontres secrètes dans le désert Mojave : un savant fou bien réel, des militaires à cheval sur les principes de sécurité mais complètement zinzins dans leur genre, un célèbre réalisateur (James Whale) littéralement possédé par sa mission et un rêve fou, celui d’éviter la mort atomique pour de nombreux innocents. Car au-delà du délire des iguanes mutants et le côté rocambolesque des aventures de Syms (il lui en arrive de belles durant les 240 pages de l’ouvrage), ce livre est un beau plaidoyer contre Hiroshima et l’utilisation abusive du nucléaire contre un pays déjà à genou et qui a été martyrisé inutilement. Certains passages du livre sont marquants en terme de dénonciation et permettent de contrebalancer le côté complètement délirant du postulat de départ. L’ironie est ici mise au service de la raison et de l’humanisme. Un autre bon point.

Hiroshima n'aura pas lieu se lit quasiment d’une traite si la quatrième de couverture ne vous rebute pas d’emblée. Les références multiples et le côté délirant du personnage sont très bien servis par une écriture à la fois fine et très accessible. Plusieurs degrés de lecture sont possibles ici et chacun y trouvera des vérités et des piques d’humour toujours bien senties. On passe un sacré moment de lecture entre burlesque et parfois failles dramatiques. On en ressort étrangement heureux et mélancolique, le genre d’expérience que seule la lecture d’ouvrage hors-norme propose. Un livre à découvrir absolument si le sujet et la forme vous attirent car le pari est à 100% réussi !

dimanche 6 novembre 2016

Craquages du week-end de Mr K

C'est de façon tout à fait innocente que Nelfe et moi allions faire nos courses ce samedi. Par le plus grand des hasards, mes pas m'ont conduit sur un rayonnage déstockage de livres de la super maison d'édition Au Diable Vauvert à des prix riquiquis. Impossible de laisser passer cette occasion, vous me connaissez !

Voici le fruit de mes trouvailles :

Acquisitions novembre

- Hiroshima n'aura pas lieu de James Morrow. Un livre à priori complètement frappé où l'armée américaine décide durant 1945 de faire appel à un acteur spécialisé en monstres de tout genre pour éviter de recourir à l'arme atomique contre l'empire du soleil levant. L'idée ? Des iguanes géants cracheurs de feu prêts à dévaster les terres nippones. Dingue, vous avez dit dingue ? À priori, on nage dans le loufoque et l'auteur rend hommage au passage au cinéma de série Z. Tout bon pour moi !

- Le Jour où la guerre s'arrêta de Pierre Bordage. Un Bordage que je n'ai pas lu. Si si, c'est possible ! Dans ces conditions, je ne regarde même pas la quatrième de couverture et j'adopte directement l'opus. Sachez qu'il est ici question d'un mystérieux jeune homme qui fait cesser toute forme de conflit sur Terre pendant toute une semaine. Comment ? Pourquoi ? Pour le savoir, il ne me reste qu'à lire l'ouvrage. Hâte, hâte, hâte !

- Crime d'Irvine Welsh. Là encore difficile de résister à un auteur qu'on apprécie beaucoup et Irvine Welsh en fait partie notamment depuis la lecture enthousiaste du très space Une Ordure et du classique Trainspotting (lu avant l'ouverture du blog). Suite à une mauvaise passe, un inspecteur écossais se retrouve en Floride pour changer de vie, malheureusement pour lui on ne fuit sa nature qu'un temps et il va devoir à nouveau se mouiller pour protéger l'enfance en danger. Ça promet un polar captivant et sans doute inspiré. Wait and read !

- Transparences et Balade choreïale d'Ayerdhal. Disparu trop tôt selon beaucoup d'amateurs de SF, Ayerdhal m'est inconnu en terme d'oeuvre littéraire pour le moment. L'occasion était rêvée de le découvrir avec ces deux brochés à moindre prix, l'un étant un polar pur jus mettant en perspective notre histoire immédiate et l'autre versant plus dans la SF avec la thématique de la colonisation d'une nouvelle planète par l'espèce humaine. Je suis impatient de découvrir cet auteur, j'essaierai de m'y mettre avant la fin de l'année.

plage novembre

Aujourd'hui c'est dimanche, le temps le permettant, Nelfe et moi sommes allés nous promener sur le beau littoral de Guidel près de chez nous. Du beau temps, du vent et quelques nuages après nous rentrons chez nous et paf ! Nous croisons la boîte à livre de Guidel placée en face de l'église et patatra, je tombe sur trois volumes intéressants ! Qui a dit que j'étais irrécupérable ? Aaaaaarrrrrrrg !

Acquisitions novembre 2

- Niourk de Stefan Wul. Un roman de SF pour la jeunesse où dans un monde post-apocalyptique, un jeune enfant différent fuit l'incurie des adultes superstitieux. La quatrième de couverture est engageante et vu mon amour immodéré pour Stefan Wul, je ne pouvais décemment laisser ce livre dans le froid de ce mois de novembre commençant. 

- Une saga moscovite de Vassili Axionov. Deux volumes pour un roman, format traditionnel des grandes sagas russes à la Dostoïevski. L'auteur nous raconte la destinée des Gradov, famille de grands militaires et de fameux médecins pendant la période du règne stalinien de 1924 à 1953. C'est le genre de pitch qui me parle, il mêle à la fois l'Histoire et la vie des gens qui la font ou la défont, et ici plus particulièrement, l'auteur a l'occasion de peindre le portrait de la Russie au temps de la dictature. De grandes promesses que j'ai hâte de découvrir.

+ 8 dans ma PAL ! Aie aie aie ! C'est mal barré cette affaire ! On a beau dire, on a beau faire, on ne sait jamais quand l'addiction frappera. Je suis quand même bien content d'avoir croisé ces volumes qui tous autant qu'ils sont promettent de riches heures de lecture.

Si vous avez lu l'un ou l'autre, n'hésitez pas à laisser vos avis dans les commentaires. Je ne sais pas encore par lequel je vais commencer...