mercredi 24 février 2010

"Le Chat du Rabbin - Le Paradis terrestre" de Joann Sfar

rabbin_4L'histoire: Nous avions quitté le chat perplexe, à Paris, sous la pluie. Le voici de retour en Algérie, aux alentours d’Oran plus précisément. Là, il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante, mais légende qui vieillit et s’interroge sur le sens de la vie.

La critique Nelfesque: Dans ce quatrième tome du Chat du rabbin, Sfar nous emmène à Oran et à Alger dans un "Paradis terrestre" qui peut se découper en deux parties.

La première partie est située à Oran et centrée sur le Malka des lions et ses réflexions face au vieillissement. Lui qui veut être admiré, fasciner le monde avec ses histoires, comme il l'a toujours fait, se rend compte qu'il est une légende de moins en moins vivante. Il constate qu'à son contact, les gens sont déçus et il le vit mal. Cette partie est une réflexion sur l'amour, l'amitié, l'honneur et la mort. Tout un programme!

La seconde partie, à Alger, nous transpose en pleine Guerre d'Algérie où les discours antisémites tiennent le haut du pavé. Des hommes cherchent à enrôler la jeunesse juive dans la guerre alors que le rabbin prône toujours l'amour et la prière. Cette partie nous fait nous interroger sur la nécessité de la guerre. Qu'a à gagner l'homme qui se bat?

De nouvelles questions dans ce tome toujours empli de spiritualité qui nous font réfléchir sur le sens de la vie. Que l'on soit juif ou non...

A lire également:
"Le Chat du Rabbin - La Bar-Mitsva" tome 1
"Le Chat du Rabbin - Le Malka des lions" tome 2
"Le Chat du Rabbin - L'Exode" tome 3

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mardi 23 février 2010

"L'ombre du vent" Carlos Ruiz Zafon

OmbreDuventL'histoire:

Dans la Barcelone de l'après-guerre, par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon -Daniel Sempere, le narrateur- dans un lieu mystérieux du quartier gothique: le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant est ainsi convié par son père à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération: il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville": L'Ombre du vent

La critique de Mr K:

Il y a quelques semaines, j'étais tombé sous le charme de cet auteur espagnol avec son second livre: Le jeu de l'ange. Il m'avait été offert par mes padres qui avait adoré la première oeuvre de Zafon que je chronique ici. Résultat: une deuxième claque dans la tronche!

On retrouve dans ce volume, l'amour de Zafon pour ses personnages qu'il cisèle à merveille. Une fois de plus, ce n'est pas le héros qui m'a le plus marqué. J'ai adoré le personnage de Fermin: compagnon à la fois sage et haut en couleur de Daniel, opposant au Franquisme, amateur de bonnes et belles choses. J'ai retrouvé des figures féminines tragiques (un peu à la Racine), Béatriz et surtout Pénélope. Autre personnage que j'ai particulièrement apprécié, celui de Fumero, flic fasciste implacable à la fêlure intime qui m'a fait irrésistiblement penser au personnage qu'incarne Tchéky Karyo dans le film "Doberman" de Jan Kounen. C'est le genre de personnage qui dans un livre, dès qu'il fait son apparition, fait froid dans le dos, inquiète et disons le franchement fait flipper le lecteur. Comme quoi, la lecture a encore de beaux jours devant elle quand on voit les similis méchants que nous livrent parfois certaines hypers productions hollywoodiennes dépassant le milliard de dollars de recette. Fumero m'a marqué et je ne suis pas près de l'oublier.

Autre point fort du livre, l'évocation de la Guerre d'Espagne puis de la société mise en place par Franco. Là encore, rien de frontal, mais des évocations au détour de descriptions de la vie quotidienne ou de réactions de certains personnages. Barcelone, son ambiance, ses drames et ses misères sont merveilleusement retranscrits. On est immergé et c'est très dur de lâcher ce livre. Certains l'ont préféré au "Jeu de l'ange", sans doute parce que l'effet de surprise n'y était plus. Je le dis tout de go, Carlos peut en pondre encore une dizaine de cet acabi, je serai toujours preneur! J'ai rarement été confronté à un auteur aussi talentueux pour distiller avec autant de finesse les joies et les malheurs de ses personnages. On s'y attache, on vit l'action avec eux, on rit parfois, on a mal au ventre plus souvent... Pour ma part, j'ai toujours eu une petite préférence pour les histoires mélancoliques, digne reflet de la condition et de la nature humaine.

Un grand livre, un grand auteur. Que dire de plus...

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samedi 20 février 2010

"J'ai voulu porter l'étoile jaune" journal de Françoise Siefridt

_toileL'histoire: Le témoignage unique d'une jeune chrétienne, internée dans les camps français pour avoir porté l'étoile jaune.

C'est le jour même de l'ordonnance nazie imposant le port d'un insigne à tous les Juifs que Françoise Siefridt, une étudiante chrétienne de dix-neuf ans, décide d'arborer l'étoile jaune avec l'inscritpion "Papou", pour en dénoncer le caractère barbare et humiliant. Un geste de solidarité courageux qui lui vaut d'être aussitôt arrêtée par la police française. De juin à août 1942, au cours de son internement comme "amie des Juifs" aux camps des Tourelles puis de Drancy, Françoise Siefridt a tenu un Journal dans lequel elle rapporte les scènes poignantes dont elle a été témoin.

La critique Nelfesque: Voici là une lecture dure et éprouvante. Ce Journal de Françoise Siefried relate 86 jours de sa vie, privée de liberté et témoin "privilégié" d'un morceau de notre Histoire qu'il est encore aujourd'hui difficile de concevoir tant des actes abjectes et immoraux ont été perpétré. Jugés totalement injustes et injustifiés autrement que dans des cerveaux malades, des actes de résistance ont fort heureusement émergé çà et là. Certains en ont payé de leur vie, d'autres, comme Françoise Siefridt, ont été "seulement" arrêté. De cet internement ressort aujourd'hui ce Journal qu'elle a tenu sur un petit cahier d'écolier.

Cette jeune femme de 19 ans portait l'étoile juive "amie des Juifs". Pour ce délit, cet acte de soutien et de solidarité, elle a été arrêté. Son journal commence ici. S'en suit une incarcération au camp des "Tourelles" où Juifs, amis des Juifs et "politiques" (communistes pour la plupart) sont regroupés dans l'attente d'un transfert au camp de Drancy, l'antichambre d'Auschwitz. Ce journal, très court, de 68 pages ne laisse que très peu transparaître les émotions et protestations de cette jeune fille. Sans doute craignait-elle de se le voir retirer et risquer ainsi bien pires traitements.

C'est donc de manière pudique que cette étudiante  d'hypokhâgne relate les faits de cette étape précurseur des camps d'extermination. Une sorte de "no man's land" où règne la peur et le doute mais aussi l'espoir et l'attente. Sa foi ainsi que ses amitiés, malheureusement de courtes durées, avec ses compatriotes de coeur, l'ont aidé à traverser ce lourd moment dont certains ne sont pas revenus...

Le journal est précédé d'une longue préface qui, bien que remettant dans le contexte le témoignage de Françoise Siefridt, se révèle être lourd et indigeste. Voulant vraiment lire ce livre du début à la fin, j'ai dû me faire violence pour ingurgiter 81 pages remplies de dates et de noms propres. Toutefois, celles-ci mettent l'accent sur les réactions de l'Eglise Catholique de l'époque et permettent de nous éclairer sur les textes officiels souvent occultés ou très vite balayés.

La postface, quant a elle, décripte le Journal en ressituant certains personnages présents dans ce dernier et nous apporte quelques éléments de réponse sur la vie de Françoise Siefridt. Très intéressant. Les annexes sont aussi, à mon sens, très utiles.

"J'ai voulu porter l'étoile jaune" est donc un livre/témoignage qu'il est bon d'avoir lu pour ne pas oublier et continuer de résister face aux mouvements extrémistes menant inévitablement à des actes lugubres et inhumains. Et ce partout dans le monde.

jeudi 18 février 2010

"Harry Potter et la Coupe de Feu" J.K. Rowling

HP4L'histoire: Harry Potter a quatorze ans et il rentre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée: la tenue d'un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà, les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit... Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des évènements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter. Fascinant, drôle, bouleversant, ce quatrième tome est le pilier central des aventures de Harry Potter.

La critique Nelfesque: Pour le coup, je suis tout à fait d'accord avec la dernière phrase de la quatrième de couverture. On sent bien le virage qu'amorce la saga Harry Potter. Ce tome 4 est un tome charnière. Un grand évènement se produit (y a-t-il encore des gens qui n'ont pas lu les livres ou vu les films? dans le doute, je vais essayer d'éviter de spoiler) qui va changer la face du monde de la magie.

Ce tome commence sur les chapeaux de roue. Exit la longue litanie sur les Dursley, la vie de Harry chez son oncle et sa tante vraiment-trop-méchants. C'est bon on a compris, pas la peine d'en rajouter et c'est ce que fait l'auteure. J'ai apprécié rentrer directement dans le vif du sujet. Dès le premier chapitre de ce "Harry Potter et la Coupe de Feu" on se retrouve happé par l'histoire.

S'en suit, la coupe du monde de Quidditch. A ce moment là je me dis "Roooo non pas ça pitié". Je n'aime pas le Quidditch... En fait, ce n'est pas que je n'aime pas le Quidditch mais disons que les commentaires sportifs m'ennuient (c'est aussi pour cette raison que je regarde très peu de sport à la TV)... Heureusement, très vite ce n'est pas vraiment le Quidditch qui est au centre des premiers chapitres mais tout ce qui l'entoure. La préparation de la coupe du monde, les campings moldus reconvertis en camps de rassemblement pour sorciers, les nouveaux personnages...

Les évènements s'enchainent, on n'a pas le temps de souffler. Pauvre Harry Potter, il s'en passe des choses dans sa vie... Il a vraiment pas de bol!

L'évolution des personnages est ce qui m'a le plus plu dans ce tome. Ils grandissent et leurs rapports se complexifient. Les sentiments amoureux font leur apparition, la jalousie aussi. Ron et Harry se fâchent et j'ai trouvé ce passage vraiment très triste. On n'a pas envie que ça arrive mais on sent bien que c'est inéluctable. Hermione est beaucoup moins "mademoiselle je-sais-tout horripilante" dans ce tome (maintenant que j'y pense je n'ai pas râlé sur elle une seule fois! c'est un exploit!). Le personnage de Rita Skeeter, journaliste à la Gazette du sorcier a pris le relais! Quelle tête à claque celle-là!

Et puis il y a le déroulement final après la dernière tâche du tournoi des trois sorciers où vraiment j'ai été cueilli. J'avais bien une idée en tête mais je me suis faite avoir. Je ne sais pas si il est possible de deviner la fin d'un "Harry Potter"... En tout cas je n'ai pas réussi! A chaque rebondissement final je me disais "c'est vraiment n'importe quoi! ca arrive comme un cheveux sur la soupe, c'est pas crédible!". Et puis quelques lignes plus loin tout prend un sens et on est vraiment comme de grands enfants la mâchoire pendante et le regard halluciné (la fille qui exagère à peine).

J.K. Rowling est décidément très forte...

hedwige"Harry Potter à l'école des sorciers"
"Harry Potter et la chambre des secrets"
"Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban"

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mercredi 17 février 2010

"Chroniques de la Lune Noire" volumes 1,2,3 de Ledroit-Froideval

c0A l'occasion d'une foire au disque récente, j'ai dégoté quelques petites merveilles dont les trois premiers volumes des "Chroniques de la Lune Noire". Le scénariste Froideval (ancien fondateur du magazine Casus Belli pour les amoureux de Jeux de rôle, oui je le confesse je l'ai été et le suis toujours) et le dessinateur Ledroit (du moins pour les quatre premiers tomes) nous livrent à mes yeux la meilleure BD héroïco-fantaisiste que j'ai eu l'occasion de lire.

Voici le résumé général de l'histoire prise au dos d'un des volumes, histoire de recadrer: Au centre de l'Empire se trouvait l'oracle... Et un jour, sa voix annonça la venue de celui qui allait bouleverser le monde. Voici son histoire et celle de ses compagnons, barbares et guerriers, canailles et mercenaires... Et celle du terrible chien de guerre à qui l'empereur confia la mission de les détruire. De peur que les ténèbres...

Tout un programme, non? Vous ferez connaissance avec Wismerhill demi-elfe vagabond à l'air ingénu qui cache un terrible secret. Personnage clef de la saga, il vous réservera bien des surprises et pas forcément des plus agréables. Gravitent tout autour de lui, toute une gallerie de compagnons d'armes allant du demi-ogre gigantesque, à une dame elfe sexy en passant par des guerriers diverses, un samouraï égaré et un prêtre défroqué... Il y en a bien d'autres, tous les énumérer prendrait trop de temps.

Mais le plus "trippant" c'est le background: un Empire, des complots visants à destabiliser-renverser l'empereur, la mystérieuse Lune-Noire, les chevaliers lumière, le monde des démons et la présence du Diable en personne! On ne se refuse rien quand on décide de pénétrer dans le monde complet que nous proposent les deux artistes. Et plus vous y rentrerez, plus l'intrigue devient complexe, échevelée. Le dessin n'est pas sans rappeler certains comics de qualités notamment pour les personnages. Les paysages et les différentes scènes de batailles sont quant à eux carrément grandioses. Bonne utilisation de la couleur et finesse du trait caractérisent aussi cette BD. Reprenant le principe des chroniques du Moyen-âge, vous côtoierez démons, magiciens, humains et semi hommes. Vous sentirez le baiser empoisonné de la trahison et le doux espoir que suscitent de futures alliances, la douceur de l'amour et le déchirement de la haine. Attachez vos ceintures, c'est parti!

cr1Vol1: "Le signe des ténèbres".

Une gigantesque bataille ouvre le bal. Dans la tourmente, chacun scelle son destin. Wismerhill, un jeune paladin demi-elfe se voit confronté à un destin sombre et sanglant. Point de départ d'une saga d'exception, ce volume est une vraie réussite et une des premières grosse claque que j'ai pris en lisant une BD. Aaaaah, souvenirs, souvenirs.... 20 ans après, ce premier volume fait toujours autant d'effet.

Tome de présentation, on y fait connaissance des principaux acteurs de la pièce. C'est un Wismerhill débutant que nous découvrons (avec notamment sa faculté de parler aux vents) et avec lui nous croisons très vite d'un de mes personnages préférés de la série: Pile ou face alias Pilou. Possédant deux épées magiques pensantes et une personnalité changeante, il rajoute un brin d'humour que l'on retrouve d'ailleurs beaucoup dans les trois premiers volumes.

Qui dit vol1 dit présentation mais l'action n'est pas en reste notamment l'assaut des chevaliers lumières contre la forteresse de Ghorghor Bey et le début du tissage du complot cherchant à renverser l'empereur, sans compter quelques courtes apparition de mon "badguy" favori: le maître de la Lune Noire. Une bien bonne rentrée en matière donc!

cr2bisVol2: "Le vent des dragons".

Autour d'eux s'agitent des forces néfastes et maléfiques en une terrible lutte pour le pouvoir absolu : Frater Sinister et ses impitoyables chevaliers de la lumière, l'Archimage Haazhel Thorn et le démon urmarcht, l'Empereur de Lhynn et ses sbires omniprésents...

Totalement dans la suite logique du premier volume, c'est avec grande joie qu'on retrouve Wismerhill et ses compagnons. En plus des factions déjà évoquées dans Le signe des ténèbres, les démons prennent ici un peu plus d'importance. Leurs motivations, leur patron, quid du grand prêtre de la Lune Noire? L'histoire s'étoffe encore un peu plus et Wismerhill commence à mûrir un peu. Il a d'ailleurs conscience d'avoir un destin exceptionnel et lors d'une rencontre, on lui conseillera d'aller voir l'Oracle. ce tome raconte les pérégrinations qu'ils vivent pour rejoindre ce haut lieu de la divination et de la Révélation. Sans réel temps mort, le vol2 se lit aussi rapidement le premier le complétant à merveille et entraînant de nouveau le lecteur dans un monde aussi beau que dur.

cr3Vol3: "La marque des démons".

Face à l'Oracle, Wismerhill se voit enfin révéler une part de son destin tumultueux. Alors que plane sur lui l'ombre des complots de Frater Sinister et Haazhel Thorn, il retrouve son compagnons d'armes favori, le brutal et bête Ghorghor Bey, qui a miraculeusement échappé à la mort. Wismerhill va devoir affronter un péril à sa mesure, car dans les montagnes de l'Empire de Lhynn rôde le Mal absolu, saura-t-il résister au charme diabolique de la Succube qui désire la perte, Où sera-t-il à tout jamais marqué du sceau de l'infamie, celui des démons?

Dans ce volume, nous en apprenons encore un peu plus sur les intentions des différents partis en présence. Wismerhill change énormément suite à son entrevue avec l'oracle, il gagne en assurance et s'affirme davantage. On peut déjà d'ailleurs entrevoir ce vers quoi il tend. Le petit demi-elfe vagabond timide du début a bien changé! Mon côté coeur d'artichaut lui, n'aime pas ce volume car un de mes personnages préférés disparaît. Heureusement, le volume fait la part belle à la divine succube (Nelfe ne tape pas!) dont la beauté diabolique n'a d'égal que la cruauté. À cet égard, la confrontation entre Wismerhill et cet être malfaisant est d'anthologie. À la fin de l'ouvrage, la guerre gronde et les volumes à suivre annoncent des bouleversements sans retour pour l'univers de Froideval-Ledroit.

Pour conclure, que dire? J'ai retrouvé avec les Chroniques de la Lune Noire un plaisir inégalé en BD de ce genre. Beaux ouvrages, complexité de l'intrigue et absence de toute morale cucul contrairement à beaucoup d'oeuvres similaires. Incontournable pour les amateurs d'héroïc fantasy intelligente et jusqu'au boutiste. Nelfe m'a dit hier que j'aurais droit à deux tomes par mois (l'addiction est en marche!), je chroniquerai donc la suite de ces aventures en mars.

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samedi 13 février 2010

"Outland... loin de la Terre" d'Alan Dean Foster

jl1220_1981L'histoire:

Lune volcanique de Jupiter, Io est un astéroïde sans air ni eau avec, à flanc de cratère, un immense complexe industriel où des mineurs en scaphandre frôlent chaque jour la mort.

L'incorruptible William O'Niel, en acceptant une mission sur Io, savait qu'il affronterait un monde dur. Il en sait plus aujourd'hui car ici les crises meurtrières et les suicides sont quotidiens et il sent planer, au delà de cette violence, un indicible mystère...

Farouchement décidé à lutter pour la justice et la loi, fût-ce au péril de sa vie, O'Niel va découvrir que, sur Io, l'horreur et la démence sont sans limites...

La critique de Mr K:

Bof... vraiment bof. J'avais dégoté Ce livre dans un rayonnage de notre dépôt-vente préféré sur la zone lorientaise. Quand j'ai découvert la couverture, les souvenirs relatifs au film Outland ont ressurgi: une bien bonne série B de SF du début des années 80' (1981 pour être exact). En plus, l'auteur Alan Dean Foster a dans son palmarès Alien que j'avais bien apprécié à son époque et que j'avais lu en une nuit.

La déception n'en est que plus forte. Le livre n'est qu'un décalcage maladroit et inutile du film. Aucun style littéraire, des chapitres sans cohésion, des ellipses mal gérées et aucune réelle surprise pendant la lecture... et pourtant il ne me restait que quelques vagues réminiscences du scénario originel. C'est d'ailleurs là le plus gros défaut de cet opus: à la base c'est un scénario de cinéma et non une oeuvre littéraire à proprement parlé. Lu en deux jours le soir après le maille, sa lecture n'est finalement qu'"alimentaire" et est fortement dispensable. Reste la superbe couverture avec Sean Connery...

Faut que je me reprenne! J'attaque un livre qui a ravi nombre de ses lecteurs et je pense qu'avec celui-ci je ne prends pas trop de risques... Work in progress.

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jeudi 11 février 2010

"Le Chat du Rabbin - tome 3" de Joann Sfar

exodeL'histoire: Ça y est, la fille du Rabbin se marie. Inutile de dire que le Rabbin n'est pas très content à l'idée de la voir partir; quant au chat, n'en parlons pas, il comprend vite qu'il devra faire une croix sur les caresses et les confidences. Du coup, pour se venger, les deux compères décident d'accompagner la belle et son mari pendant leur voyage de noces à Paris.

La critique Nelfesque: Après avoir lu le tome 1 puis le tome 2, je me suis attaquée à ce tome 3 du "Chat du rabbin".

Sans aucun doute, jusqu'à présent, "L'Exode" est mon préféré de la série (jusqu'au prochain car il y a 5 tomes). Plus mélancolique, plus triste aussi, celui-ci m'a émue. Dans les deux premiers j'ai appris de nombreuses choses sur la religion juive, ici j'ai été touché.

L'histoire se délocalise à Paris, où la fille du rabbin va faire connaissance avec sa belle-famille. Là bas deux visions du judaïsme s'affrontent, l'une plus conservatrice que l'autre entrainant incompréhension et remise en question du rabbin et larmes de sa fille. Le chat quant à lui est toujours contraint au silence (ou plutôt au "miaou") depuis qu'il a perdu la parole dans le tome 2. Impuissant, il regarde son maître se morfondre et l'accompagne dans ses errances quotidiennes qui vont le mener jusqu'à son neveu, obligé de jouer une caricature de chanteur maghrébin à l'entrée des théâtres pour gagner sa vie. La vie ici est décidément bien différente qu'à Alger.

Mais n'ayez crainte, on retrouve tout de même les pensées et dialogues bien sentis du chat qui converse dans ce tome avec un ami canin pouilleux et sans famille.

Un régal pour les yeux, une histoire touchante et des remarques justes et drôles, voici la recette de ce tome 3 qui je le répète est celui qui rapporte le plus de suffrage à mes yeux. Cela se confirme, "Le chat du rabbin" est une bande dessinée à lire!

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dimanche 7 février 2010

"Vision aveugle" Peter Watts

vision_aL'histoire:

La Terre a été prise "en photo" depuis l'espace. Les mystérieux visiteurs sont-ils sur cet artefact découvert dans notre système solaire? Le vaisseau Thésée part en mission. À son bord, cinq membres d'équipage recrutés avec soin: une linguiste aux personnalités multiples, un biologiste qui s'interface aux machines, une militaire pacifiste et un observateur, Siri Keeton, capable de déchiffrer à la perfection le langage corporel de ses interlocuteurs. Leur commandant est lui aussi bien étrange: c'est un homo vampiris, autrement dit, un vampire aux facultés intellectuelles remarquables. Pourtant, malgré leurs aptitudes exceptionnelles, rien ne peut les préparer à ce qu'ils vont découvrir lors de ce voyage terrifiant...

La critique de Mr K:

Lecture bien difficile et décevante que celle-là! Considéré comme une des lectures incontournable SF de l'année 2009 selon plusieurs sites spécialisés, j'ai eu l'impression de lire une grosse série B essayant de se donner une posture intellectuelle.

Et pourtant, le quatrième de couverture était fort intrigant. Il semble que la Terre soit observée et une mission est chargée de découvrir ce qui se cache dans le fameux artefact mentionné. Mais dès le début du roman, je me suis senti oppressé par l'écriture pesante de l'écrivain et son abus de termes techniques pour faire passer des messages simples. À priori, j'ai rien contre le langage savant (Dantec, Duncan) mais là c'est abusé et sans réelle justification. Malheureusement dans le sous genre SF que constitue la "hard science", j'ai appris que pas mal d'auteurs se cachaient derrière ce procédé pour masquer un manque d'imagination. Du coup, à chaque fois que je reprenais le volume en main, je devais reprendre quelques pages auparavant pour me remettre dans l'histoire... franchement quand je suis obligé de faire ça avec un livre, c'est mauvais signe! Obscur, lourd parfois à la limite du compréhensible: c'est un livre qui se mérite même si contrairement à Vélum, cet opus sonne creux.

Tout n'est cependant pas à jeter dans ce roman. Pas de fioritures, on est plongé directement dans l'histoire lorsque le Thésée s'approche du mystérieux artefact. Certains personnages sont vraiment attachants et bien définis: j'ai particulièrement apprécié Siri et ses flash-backs, Susan et ses multiples personnalités mais aussi le commandant vampire qui loin d'être caricatural maintient une pression permanente sur son équipage et sur le lecteur. Le scénario a défaut d'originalité se tient et cela jusqu'au bout: la fin est même très sympathique même si là encore, cela a déjà été plus ou moins écrit.

Difficile de conseiller ce livre donc... à part peut-être pour les amateurs ultimes de SF et encore...

 

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mercredi 3 février 2010

"In the air" de Walter Kirn

in_the_air_livreL'histoire: Depuis des années Ryan Bingham ne touche plus terre : son boulot - il se charge d'organiser des licenciements - le conduit d'entreprise en entreprise, de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel, d'aéroport en aéroport. Il ne supporte plus son métier, n'a plus de maison, plus d'épouse, plus d'attache familiale et ne se sent chez lui que dans le cocon d'une cabine pressurisée, face au sourire d'une hôtesse de l'air ou à un plateau-repas mal réchauffé. Son but dans la vie : accumuler un million de miles sur sa carte de fidélité d'une compagnie aérienne. Il y est presque, mais des turbulences pointent à l'horizon...

La critique Nelfesque: Le film du même nom est sorti la semaine dernière et il est prévu que nous allions le voir ce week-end. En attendant, je me suis plongée dans le livre à partir duquel l'adaptation a été faite.

Ce fut un lecture plaisante. Rien de transcendant mais une bonne lecture "de plage". Je m'attendais à une critique du monde du travail, sur ce point j'ai été déçue. Je m'attendais à un personnage ironique et imbu de sa personne. Là encore j'ai été déçue. Ryan est un homme quelconque. Un homme certes privilégié, au compte en banque chargé et à la vie facile mais finalement un homme banal... Ce qui l'est moins c'est son obsession à arriver à son million de miles. Je me suis demandée pourquoi courait-il après ce but virtuel, ce million que l'on ne peut ni toucher ni appréhender. Cette réponse je l'ai trouvé à la toute dernière page. M'a-t-elle émue? Pas vraiment...

Alors, ai-je aimé ou non ce livre? Ma première approche semble pencher pour la seconde proposition. Nous suivons 17 jours de la vie d'un homme transparent, à la limite du déprimant, à la vie vide et plate. Pas de quoi casser des barreaux de chaises... Les problèmes de "petits garçons riches" ne me font ni chaud ni froid. Et pourtant, je suis peut être maso, mais j'ai trouvé ce roman distrayant de part ses touches d'humour distillées ça et là qui sauvent à mon sens le livre. L'écriture n'est pas sensationnelle mais elle est fluide et "In the air" se lit très facilement. Ce n'est pas le chef d'oeuvre de l'année, je l'aurai sans doute oublié d'ici peu, il ne m'a pas marqué mais il m'a fait passer quelques heures agréables.

Est-ce que je le conseille? Cet été, sur la plage, avec le sable qui colle aux jambes mouillées et le bruit de la mer en fond, pourquoi pas.

Je vous laisse avec un petit extrait qui m'a bien plû. J'aurais aimé que tout le livre soit de cette trempe!

"Comme la plupart des grands voyageurs à qui j'ai parlé, il m'arrive de me faire peur en m'imaginant des scénarios de crash hyperdétaillés. Dans mon préféré, je me trouve là où il est en ce moment [ndrl: les toilettes de l'avion] quand survient le plongeon de la mort. Projeté de côté, je griffonne au savon une phrase sur le miroir: "Je vous aimais tous. Je suis désolée, maman." Le fantasme a ses variantes: mon testament change. Une fois je me suis contenté de dessiner un coeur. Tellement mignon de ma part. Et dernièrement, c'était six zéros et un un. El Supremo, qu'écrirait-il? "On se retrouvera en enfer, Saddam"?"

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lundi 1 février 2010

"Le Chat du Rabbin - tome 2" de Joann Sfar

Le_Malka_de_LionsL'histoire: Alger, au début du 20e siècle. Les autorités coloniales françaises décident de faire passer un test de français aux rabbins. Même avec l'aide de son chat qui parle, le rabbin a peur d'échouer et de devoir céder sa place à un jeune rabbin français... Il s'en ouvre à son cousin, le malka des lions, dresseur de fauve, aventurier et qui se recueille dans les marabouts. Mais voilà que la fille du rabbin, Zlabya, tombe amoureuse du jeune rabbin français...

La critique Nelfesque: Non non, je ne fais pas une fixette sur Joann Sfar... On arrête pas en ce moment avec lui mais c'est indépendant de notre volonté! Il n'a qu'à pas être aussi talentueux aussi!

Dans ce second tome du Chat du Rabbin, "Le Malka des lions", le chat a toujours la parole et se montre comme à son habitude très curieux. Son maître apprend une nouvelle qui ne lui fait pas du tout plaisir et le perturbe: il doit passer un examen pour être nommé rabbin officiel de sa communauté par le Consistoire Israëlite de France. Il est déjà rabbin depuis de nombreuses années mais se prête au jeu de la dictée. Le chat va donc l'aider à réviser en continuant de donner son avis: "Tu es rabbin ici depuis 30 ans et ceux-là qui n'ont jamais fichu un pied chez nous veulent dire qui est rabbin ou pas. Et pour faire la prière en hébreu à des juifs qui parlent arabe, ils veulent que tu écrives en français; alors pour moi, ce sont des fous." Les pensées du chat sont savoureuses.

C'est donc toujours avec humour et réflexions bien senties que nous apprenons bon nombre de coutumes et de lois juives. Ce deuxième tome s'avère tout aussi intéressant que le premier et annonce clairement le troisième tome (que je chroniquerai dans quelques jours). Ici, il n'y a plus la surprise du chat qui parle et je le considère plus comme une transition mais ne serait-ce que pour la connaissance qu'il nous apporte, il vaut le coup d'être lu.

Le rabbin va-t-il être remplacé? Le chat gardera-t-il ad vitam eternam la parole? Et quant est il de sa relation avec sa maîtresse?

Une BD toute en finesse, aux dessins si particuliers de Sfar et au ton léger mais tout de même porteur d'interrogation. Une BD à lire!

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