mercredi 26 novembre 2008

"Ilium" de Dan Simmons

dan_simmons_L'auteur:

Dan Simmons naît à Perolia, dans l’Illinois, en 1948. Sa première rencontre avec le genre S-F a lieu alors qu’il est en 3rd grade (CE2), via une caisse rapportée par son frère aîné, caisse renfermant de nombreux magazines, romans et fanzines de science-fiction. Il se met alors à écrire, choisissant le nom de plume de Christopher Starr.

Il rentre ensuite au Wabash College, où il écrit quelques textes pour The Satyr, un journal étudiant. Il obtient un diplôme d’anglais en 1970, et devient instituteur l’année suivante. Il commence à enseigner en 1973, et restera professeur pendant 18 ans, l’écriture étant relégué a rang de hobby. La légende veut que les prémices d’Hypérion aient vu le jour durant ses années d’enseignement, sous la forme d’histoire qu’il racontait à ses élèves, histoires qui faisaient intervenir des personnages comme le Gritche et des lieux comme Mare Infinitus, Alliance Maul, etc.

Il publie sa première nouvelle, "Le Styx coule à l’envers" en 1982, en remportant un concours organisé par le magazine Twilight Zone. Il publie ensuite son premier roman, "Le voile de Kali", en 1985, qui remporte le World Fantasy Award.

En 1990, il publie deux de ses principaux chef d’œuvre : le premier tome d’ "Hypérion", et "L’échiquier du mal". Le second, qui est une histoire pouvant se rattacher à la thématique du vampirisme pschique, remporte pléthore de prix (Locus Award, Bram Stoker Award, British Fantas Award). "Hypérion" quant à lui gagne le prix Hugo, et est, avec les 3 volumes qui suivirent, l’une des œuvres les plus riches de la SF, avec le "Dune" de Frank Herbert. Pour "Hypérion", Simmons s’est inspiré autant du "Décaméron" de Boccace que des contes de Canterbury, dont son space-opera emprunte la structure narrative ?

Son dernier cycle, "Illium", s’inspire quant à lui de l’"Odyssée" d’Homère. Le premier tome reçut le Locus Award du meilleur roman de science-fiction de l’année 2003.

Ses autres œuvres compte une trentaine de romans fantastiques (dont "Les fils des ténèbres", qui est un roman vampirique sur fond de chute du régime de Ceausescu), des thrillers ainsi que des recueils de nouvelles (parmi lesquels "l’amour, la mort", dont une bonne moitié des nouvelles ont trait aux vampires).

L'histoire:Ilium_couv

Imaginez que les dieux de l'Olympe vivent sur Mars. Ils se déplacent librement dans le temps et l'espace grâce à leurs pouvoirs quantiques. Leur plus grand plaisir, c'est la Guerre de Troie qui se joue sous leurs yeux. Pour y mettre un peu plus de piment, ils envoient des érudits terriens modifier les événements à leur gré, en gardant toutefois le récit d'Homère comme référence. Mais en orbite autour de Mars, de petits observateurs surveillent les jeux divins...

La critique de Mr K:

Excellente lecture que ce recueil de Dan Simmons. Il faut dire que j'affectionne tout particulièrement l'univers de cet écrivain vu par la plupart des adeptes de SF comme le digne héritier de K. Dick, Silverberg et autres Asimov. Je ne peux m'empêcher de le mettre à la droite de Pierre Bordage autre écrivain bien présent dans notre bibliothèque. J'avais particulièrement aimé "le cycle d'Hypérion" (8 volume d'une science fiction mélangeant habilement anticipation et mythologie / culture poétique) et "l'échiquier du mal" (pour beaucoup son chef-d'œuvre!) du même Dan Simmons.

"Ilium" figurera en bonne place au milieu d'autres romans-culte du genre. Je l'ai littéralement dévoré (valait mieux, vu l'épaisseur du pavé: 870 pages!). Nous rentrons de plein pied dans la guerre de Troie transposée dans le présent volume sur la planète Mars. Nous suivons le récit par le biais de trois narrations différentes: "les humains à l'ancienne" (vivant dans un monde aseptisé et où l'espérance de vie est limitée à 100 ans), un scholiaste (érudit spécialiste d'Homère de notre époque envoyé dans le futur par les dieux  afin de "vérifier" le bon déroulement du conflit) et deux Moravecs (chargés d'une mission mystérieuse sur la planète rouge, plus particulièrement sur le Mont Olympus -qui existe vraiment sur Mars!-). Cette triple trame narrative permet au lecteur de cerner les événements et autres "deus ex machina" par des regards, des ressentis aux antipodes les uns des autres mais qui finissent par se rejoindre à la fin du livre.

Dan Simmons signe ici un "livre-somme", dense par les éléments de l'histoire et léger par le ton et la langue. Bien sûr, il est préférable de connaître au préalable les grandes étapes de la guerre de Troie mais l'auteur nous fait grâce de lourdeurs stylistiques en utilisant une langue alerte, intuitive et captivante. Nous allons de révélations en révélations, à aucun moment le lecteur ne se sent perdu ou escroqué (tout se tient sans artifices narratifs) et c'est avec un plaisir rarement égalé que l'on retourne se plonger dans cette épopée (trame gigantesque et ton épique de rigueur!) pour suivre les destins croisés de Hockenberry, Daeman, Ada, Mahnmut, Achille, Odysseus,  Orphu d'Io, Mars, Zeus et consorts... Un livre à lire absolument pour les adeptes de SF, en particulier les fans de tout poil du concept d'uchronie. Quant aux autres, c'est un bon point de départ pour entrer dans un genre que j'apprécie tout particulièrement.

Depuis hier, je me suis penché sur la suite et fin de ce cycle: "Olympos". Les critiques semblent plus partagées sur le deuxième volume. Certains adorent, certains y voient un écrit fasciste. C'est plus qu'il m'en faut pour me laisser tenter. Le goût du souffre est tellement agréable... Comptez sur votre "serviteur-scripteur" pour vous en parler dans les semaines à venir!

Posté par Mr K à 16:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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mardi 25 novembre 2008

Nous tournons les pages à l'improviste...

J'ai récupéré ce tag chez Eve qui dans sa rock'n'roll attitude se refuse de faire chier 5 blogueurs et le refile à qui veut. Sympa la meuf! Moi, beaucoup moins... héhé...

1. Le dernier livre que j'ai acheté ET terminé, mon verdict :

Voyons voir... le dernier livre que j'ai acheté, je suis entrain de le lire... hum... avant... c'était "Un horizon de cendres" de Jean-Pierre Andrevon. Il est pourri et j'en ai déjà parlé (si tu veux connaître le pourquoi du comment ce livre est divertissant mais sans plus, clique).

horizon

2. Le livre que je suis en train de lire, ce que j'en pense, citer l'extrait qui s'y trouve à la ligne 13 de la page 42, "parce que c'est important, 42" :

En ce moment, je lis "Miserere" de Jean-Christophe Grangé et comme pour tout ses bouquins que j'ai lu, je le trouve ENORME. J'en ferai la critique une fois que je l'aurai fini mais, à moins d'une grosse déception sur la fin (ce qui m'étonnerait), pour l'instant je n'en pense que du bien. Look at this extrait de saison de la page 168 (parce que c'est 4 X 42 et c'est important la page 42! Par contre, la ligne 13, on s'en tape...)

"Il serra les poings. La promesse qu'il s'était faite à lui-même. Pas le moindre gramme avant le dénouement de l'enquête. Pas un seul fix avant de regarder dans les yeux le ou les assasins.
Il éclata en sanglots. De chaudes larmes, coulant sur sa sale gueule de défoncé. La morve lui sortit du nez, lui mouilla les lèvres, avec un goût de mer salée. Il songea à ses dents branlantes, à son corps pourri de junk en rémission - et ses larmes redoublèrent.
- Ca va pas, m'sieur?
Le chauffeur de taxi lui lançait des coups d'oeil circonspects dans le rétroviseur.
- Ca va. C'est Noël. Je supporte pas.
- Alors ça, moi non plus. Avec tous ces cons..."

miserere

3. Un de mes livres favoris, ce que j'en pense, citer la dernière phrase de la page 65 (parce qu'on en a marre des pages 42) :

Un de mes livres favoris... Ca c'est pas facile! Bon ce qui me vient spontanément à l'esprit là, maintenant, tout de suite, c'est "Les chroniques de Krondor" qui se classent dans le style fantasy. Oui je sais, un Maupassant, un Hugo ou un Rimbaud ça en aurait jeté plus... Que veux-tu c'est comme ça!

Alors de quoi ça cause ces chroniques? D'une famille noble vivant à Midkémia (un monde imaginaire, va pas le chercher sur une carte tu le trouveras pas) aux temps des chevaliers. Imagine toi le seigneur des anneaux et tu auras l'"époque". Autour de cette famille il va se passer des tas d'évènements qui font que tu ne peux plus lâcher ton bouquin avant de l'avoir fini. Dedans il y a des failles temporaires, des mondes parallèles, des magiciens à la pelle, de valeureux guerriers, des rois, des princesses, des créatures féériques... Bref, c'est de la fantasy et c'est vachement bien!
Par contre, je suis bien emmerdée pour la page 65 car ces chroniques sont en 4 volumes. Je chope donc le 1er "Pug, l'apprenti" et je m'en vais te donner la sacrosainte phrase: "Il finit presque en criant". Wahou! Ca c'est de la phrase!

chroniques


4. Le dernier livre que j'ai lu et que je n'ai pas aimé :

Ah ben j'ai déjà répondu à la question en 1. Mais je suis sûre que je peux en trouver un autre...

...

Non, je ne vois pas. C'est à croire que je les choisi bien.


5. Les cinq blogueurs à qui je passe le relais 
:

Marie qui a peut être le temps de lire entre 2 concerts.
maia qui a peut être le temps de lire entre 2 conseils de classe.
CZ qui a peut être le temps de lire entre 2 films de zombies.
Mr K qui a le temps de lire entre 2 concerts, au milieu des conseils de classe et avant de mater un film de genre. Il est trop fort! C'est normal c'est le mien!!!

Et puis c'est tout! Bonne lecture!

Posté par Nelfe à 19:50 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
mercredi 29 octobre 2008

"Velum part 1: le livre de toutes les heures" de Hal Duncan

Hal_DuncanL'auteur:

Hal Duncan est écossais. Il vit à Glasgow. Le succès de "Vélum" (son premier roman!) traduit dans de nombreux pays, l'a consacré comme un des meilleurs écrivains du genre.

L'histoire:

Depuis des temps immémoriaux, le siège de Dieu est vacant. Ses anges et tous ceux dont le sang se charge d'une parcelle de divin, les Amortels, se sont divisés en deux clans: les Souverains et l'Alliance. Leur guerre n'a pas lieu dans les cieux, mais sur le Vélum, ce tissu de mondes en comparaison duquel notre Terre n'est qu'une trace de crasse sous l'ongle d'un pouce. Pour Finnan et Phreedom, qui refusent de choisir leur camp, le temps est compté, car la guerre des cieux sera bientôt totale.

La critique de Mr K:couverture_velum

SUBLIME! Ce livre touche au sublime!!! Je viens de terminer deux semaines de âpre lecture... C'est une livre qui se mérite, "faut mouiller le maillot" pourrait-on dire! Langue tortueuse, références mystico-religieuses... On passe beaucoup de temps à relire, rechercher et "réflexionner"!

Vous côtoierez titans et anges (Gabriel, Enoch [alias Métatron] et consorts), des tueurs à gage "similis-divins" impitoyables, une future maman en fuite, une déesse des temps immémoriaux condamnée à descendre aux enfers, un irlandais à moitié dingue qui se prend pour (qui est?) Prométhée, des étudiants américains sur la piste d'un mystérieux livre...

Vous l'aurez compris, ce livre ne prône pas la facilité. Les personnages multiples ne sont parfois que différents avatars d'une seule et même entitée (Phreedom, Anna, Inanna par exemple). Sans compter que chaque "personnalité" voit l'histoire se dérouler différemment: élisions, ellipses, changement de point de vue du narrateur (interne, externe, omniscient). J'ai été désarçonné comme jamais depuis le fameux "Villa Vortex" de Dantec.

En effet, nous sommes loin de la linéarité commune à la majorité des romans. Impossible de vous faire un résumé précis et simple de ce livre tant l'histoire se rapproche d'un gigantesque Maëllstrom bouillonnant que nous ne pouvons que survoler. Des personnages se débattent au sein du Vélum (ensemble des mondes possibles, l'Histoire dans toutes ses dimensions, tous les présents, les passés et les futurs envisageables... et tout cela en même temps!!!) et nous suivons leurs pérégrinations à travers une exploration à la fois spatiale et temporelle (Amérique de la grande dépression, Grande-Bretagne actuelle, France des tranchées de 14-18, Espagne de la guerre civile, Enfer d'Eschyle et de Virgile etc...). Force est de constater que notre auteur maîtrise parfaitement ses sujets et ceci sans pédanterie aucune.

Beaucoup de lecteurs passeront leur chemin, il faut attendre le dernier quart du livre pour que la trame du livre devienne clair. Pour ceux qui s'accrochent, qui n'ont pas peur de passer du temps à percer ses secrets; Vélum est un livre incroyable mais cependant inachevé... En effet, la partie 2: "Vélum part 2: Encre" va n'arriver qu'au début 2009 dans nos librairies. Il me tarde d'y être...

Posté par Mr K à 13:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
lundi 20 octobre 2008

Jusqu'à ce que la mort nous sépare...

horizonL'histoire:
Premier jour: Au loin, il y a votre voisin. Vous lui faites un signe. Jusqu'au moment où vous réalisez qu'il est décédé depuis des semaines...
Troisième jour: La télé enchaîne les émissions spéciales: partout dans le monde les morts reviennent. Apathiques, ils errent au royaume des vivants...
Cinquième jour: Paralysé de trouille et de dégoût, vous regardez votre femme serrer dans ses bras, au beau milieu de votre salon, une chose qui, un jour, fut sa mère...
Huitième jour: Votre femme vous a quitté après que vous avez réduit en cendres l'ignominie qu'elle appelait "maman".
Neuvième jour: La télé diffuse un reportage au cours duquel on voit une de ces choses dévorer un chat vivant...
Ils sont désormais des millions et vous ne vous posez qu'une question: mon monde n'est-il pas désormais le leur?

La critique Nelfesque: Des films de zombies, j'en ai vu pas mal. Des bouquins, j'en ai lu beaucoup moins. Je me décide donc à lire "Un horizon de cendre", tout d'abord parce que j'adore la couverture (quand je ne sais pas trop quoi lire, j'y vais au feeling) et parce que je me dis qu'une histoire de zombie, ça doit être tordant. Il faut me voir devant un film gore, je suis morte de rire plus souvent que je ne sursaute!

Résultat des courses j'ai été bien déçue... Non seulement ce n'est pas drôle, mais en plus je n'ai pas flippé une seule seconde. Si encore il y avait eu du suspense, de la surprise, j'aurai été plus clémente avec ce bouquin plein de clichés vus, revus et d'un ridicule sans nom.

Je ne sais pas ce qui m'a le plus déplu.. Est-ce la comparaison de l'éradication des zombies dans des crématorium avec la Shoah, la référence au 11 Septembre pour évoquer la fin du monde ou la fuite du Président rappelant Vichy? Autant de comparaisons complètement nazes et déplacées.
Allez, une petite pour la route. Qui, d'après vous, a le plus de chance de survivre si tous nos morts venaient à se lever et vouloir nous croquer? Qui? Mais voyons, c'est très simple, ce sont les gars de banlieue!!! Les cailleras (dans le texte) en profitent pour "faire des razzias de montres Kenzo ou de pompes Cerruti...". Ben oui! C'est normal, ils sont pas comme nous hein, ils penseraient pas à sauver leur peau mais bien à nous piller, nous les honnête gens! Mourad, Malika, Fatoumata, M'mumba et sa Mercedes nous donnent, dans la plume d'Andrevon, du "zy va" bien lourd, qu'on utilisait peut être en banlieue dans les années 80... "T'es guedin ou quoi? Ca te sert à oiq de m'emboucaner?".

Comme ce livre est écrit tel un journal, on pourrait pardonner le côté amateur du style littéraire... Je trouve que c'est une excuse trop facile, on est tous capable d'écrire un bouquin pareil. Les zombies récupèrent la masse cérébrale de leurs victimes pour régénérer la leur, ils recouvrent la vue, changent leurs loques pour des vêtements plus propres. Peu à peu, ils prennent la place de l'homme et finiront peut être par le faire passer lui-même pour un zombie? Là, l'idée était intéressante, mais elle tombe à l'eau... quand je vous disais "décevant"...

Au mieux, un divertissement sans grand intérêt...

Posté par Nelfe à 19:56 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
jeudi 9 octobre 2008

"Le Serment des limbes" de Jean-Christophe Grangé

SermentL'histoire:

"Quand on traque le Diable en personne, jusqu'où faut-il aller?"

La présentation de l'éditeur: (oui parce que sinon on est un peu dans le flou...)
Quand Mathieu Durey, flic à la brigade criminelle de Paris apprend que Luc, son meilleur ami, flic lui aussi, a tenté de se suicider, il n’a de cesse de comprendre ce geste. Il découvre que Luc travaillait en secret sur une série de meurtres aux quatre coins de l’Europe dont les auteurs orchestrent la décomposition des corps des victimes et s’appuient sur la symbolique satanique. Les meurtriers ont un point en commun : ils ont tous, des années plus tôt, frolé la mort et vécu une « Near Death Experience ». Peu à peu, une vérité stupéfiante se révèle : ces tueurs sont des « miraculés du Diable » et agissent pour lui. Mathieu saura-t-il préserver sa vie, ses choix, dans cette enquête qui le confronte à la réalité du Diable ?

La critique Nelfesque: J'avais acheté ce bouquin à sa sortie, il y a plus d'un an, pour Mr K. En 3 jours, il a avalé les 652 pages (le bargeot...). Alors d'après toi qu'est ce que je vais t'en dire de ce Grangé? Que c'est une bouse? Quand même, il n'est pas maso à ce point! J'ai mis nettement plus de temps à le lire. Non pas que je n'ai pas accroché à l'histoire parce que franchement elle est béton, mais tout simplement parce que je n'ai pas eu des masses le temps de lire ces derniers temps (là j'anticipe les vacheries que Mr K pourrait dire dans les commentaires). Bon bref, je vais pas te raconter ma vie et vais te dire ce que j'ai pensé du Serment des Limbes.

Grangé a cette faculté, ce don, de tenir son lecteur en haleine. Il y a dans tous ses livres une similitude: la notion d'urgence. Le Serment des Limbes est encore une fois une course contre la montre écrite à la première personne, ce qui nous plonge encore plus dans l'histoire.
Ce bouquin est passionnant, Grangé maitrise son sujet à la perfection (certifié par un ancien élève en fac d'Histoire et une catholique avec plusieurs années de caté au compteur, donc autant dire qu'on se fout pas de ta gueule là!!! Ca rigole pas!). D'un chapitre à l'autre, l'auteur te balade et ébranle tes certitudes. Tu crois détenir la clef de l'énigme à la page 256, tu y crois dur comme fer sur 50 pages et BOUM, en faites, tu t'es planté. Et ça recommence à la page 402... Tu n'as plus envie de lâcher ce bouquin avant de connaître enfin le pourquoi du comment!

En plus, le Mathieu, il joue sa vie en permanence, il enquête comme un malade au quatre coin de la France et à l'étranger, ne dort presque plus (il a plus le temps!) et comme le livre est superbement écrit (à la première personne, je le rappelle), ben Mathieu, c'est TOI! Autant te dire que si tu tiens à ta vie et à ta santé mentale, il vaut mieux le lire vite. Tiens, d'un coup, je comprends Mr K!

A lire d'urgence.
D'autant plus qu'il vient de sortir "Miserere" (je sens qu'on va encore stresser...).

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mardi 30 septembre 2008

"La Patrouille du temps" de Poul Anderson

Poul_andersonL'auteur:

Poul Anderson est né en Pennsylvanie de parents d'origine danoise. Sa jeunesse se passe dans le middle-West américain, ce qui explique, tout le long de sa carrière, de nombreuses références au monde paysan et rural. Il suit des études de physique à l'université de Minnesota et, pour payer ses études, publie son premier texte Tomorrow's children (Les enfants de demain) en mars 1947 dans le magazine Astounding. Il obtient son diplôme une année plus tard. Dans les années suivantes, il s'installe à San Francisco où il continue à écrire des nouvelles soit seul, soit en collaboration. Ce n'est qu'en 1952 que parait son premier roman, Vault of the ages, qui est un livre pour enfants. Son premier roman de science-fiction, Brain wave (Barrière mentale), ne sera publié que deux ans plus tard.

Durant sa carrière, il écrit plus d'une centaine de romans et anthologies (incluant des romans policiers et historiques ou même des recueils de poèmes). Dans le domaine de la science-fiction, il utilise souvent ses connaissances en physique  et en chimie pour développer des thèmes scientifiques. Il s'inspire également souvent d'éléments de la mythologie scandinave. Il écrit plusieurs séries, dont la plus connue en français est celle des Gardiens du temps principalement dans un style de "space opéra". Il a remporté 7 prix Hugo et 3 prix nébula (toujours pour des nouvelles) parmi de nombreux prix.

Poul Anderson reste un auteur très peu traduit en français (seulement 23 romans sur environ 130). Ceci s'explique en partie par ses prises de positions politiques (il s'était prononcé en faveur de l'engagement américain pendant la guerre du Viet-Nam par exemple) qui l'ont exclu du monde de l'édition francophone pendant les années 1970.

patrouilleL'histoire:

"Si vous retourniez en l'an 1946 et que vous vous efforciez d'empêcher le mariage de vos parents en 1947, vous n'en auriez pas moins dès lors existé cette année-là..."

N'est-il pas vertigineux de s'entendre dire cela par un docte professeur? En l'an 19352, il est vrai...

Comme il est vrai qu'en cet extrême futur l'homme est maître de l'Univers et du Temps. Il peut tout, y compris modifier le passé et par là même bouleverser le présent. Périlleux et subversif pouvoir!

Alors se crée une "patrouille", une police temporelle qui veille, prête à se battre.

Imaginez le monde si les chinois avaient découvert l'Amérique avant Colomb, si les Phéniciens l'avaient emporté sur Rome...

 

La critique de Mr K:

La semaine dernière, je me suis tapé une crève d'enfer, comprendre que j'ai du passer deux jours au lit sans moufter (le Mr K est râleur dans ces cas là!!!). L'avantage c'est que pour passer le temps (je déteste la sieste!), j'en ai profité pour lire! Après m'être avalé l'adaptation littéraire du film "La Quatrième dimension", je me suis rabattu sur un auteur de SF que je ne connaissais pas encore et qui selon les spécialistes était à découvrir.

Écrit en 1960, "La Patrouille du temps" est un agréable passe temps pour toute personne souhaitant aborder le concept d'uchronie en Science fiction. Rappelons que l'uchronie est une évocation imaginaire dans le temps. En littérature, c'est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. Certes, les spécialistes lui préféreront "Le Maître du haut chateau" de K-Dick,  "Roma Aeterna" de Silverberg, "Rêve de fer" de Spinrad et autres "Fatherland" de Harris, mais ce petit recueil mérite le détour. Pour ceux que le sujet intéresse, je vous invite fortement à cliquer sur le lien suivant qui vous emmènera directement sur le dossier consacré à l'uchronie du Cafard cosmique: clic

Point de détails techniques sur le voyage temporel lui-même ici, l'écriture simple et directe sert surtout à suivre le héros (en est-ce vraiment un?) au détour de certaines de ses missions pour rétablir le cours de l'histoire. Car si patrouille il y a, criminels et manipulateurs pullulent. L'auteur s'étant bien documenté sur les différentes époques et âges abordés ("explorés" par le patrouilleur), l'ensemble est crédible et l'ex-étudiant en histoire que je suis ne peut qu'apprécier. Ce livre date sans être périmé. Nous sommes cependant loin de la flamboyance d'un K Dick, d'un Dantec ou d'un Bordage... Nous sommes plutôt immergé dans une langue classique qui se rapprocherait des Pierre Boule ("La Planète des singes") syntaxe qui pourrait en rebuter certains... Mais le voyage en vaut le détour pour qui se donnera les moyens d'aller jusqu'au bout (le livre n'est pas épais donc... avec un minimum d'efforts...).

Bon je retourne à la SF moderne en me plongeant dans "Velum" d'Hal Duncan dont je vous parlerais d'ici peu...

 

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samedi 27 septembre 2008

Born to be a larve

Boulet_couv"Notes 1 - Born to be a larve" est sorti le 10 Septembre. En bonne fan de bandes dessinées que je suis et adoratrice de Boulet (comme on peut adorer Satan) en particulier, j'attendais  cette édition avec impatience (une copine à moi).

Vous ne connaissez pas Boulet? C'est péché ça! Mon dieu, ça existe!? Alors, sans plus attendre, lecteur, tu vas regarder sur la droite de ta petite fenêtre internet, là tu as "blogamis" et ohhhhh quelle coïncidence "Bouletcorp". Là tu es gentil, tu cliques, sinon tu ne viens plus jamais chez nous! Non mais oh! Mais attention, saches d'abord qu'une fois que tu y auras goûté, tu ne pourras plus t'en passer... Mais tu es courageux, je le sais et tu vas t'empresser de te rendre sur ce site où les animaux font des bruits bizarres.

Boulet est un dessinateur très connu de la blogosphère et des blogbd, auteur notamment de "Raghnarok" où il nous conte l'histoire d'un petit dragon fainéant qui a une mère tortionnaire, une grand mère radine et une fée protectrice débutante. Il est également un des illustrateurs de "Donjon Zénith" et participe à la revue "Tchô".

Parallèlement à tout ça,il tient à jour son blog Bouletcorp (et hop je te remet un lien au cas où tu aurais fait ta grosse feignasse jusque là!) dans lequel je suis tombée il y a 3 ans. T'inquiète, je me suis pas fait mal (...) mais j'ai pris une méga claque d'humour. Ce blog est une mine de fous rire à répétition et de pipis dans ta culotte!

Boulet3

Cette saison 1 réunit des planches publiées dans le blog de juillet 2004 à juillet 2005, accompagnées d'inédits qui servent de trame narrative à ce pot pourri de souvenirs.

Abordant des sujets aussi fondamentaux que la paix dans le monde, le capitalisme et les problèmes géopolitiques les kébabs, les témoins de Jéhovah, les djembés, le geek qui sommeille en lui et les raclettes mutantes (liste non exhaustive), cette fois ci ça y est, on tient dans nos mains la toile blanche du net. C'est magique.

A pleurer de rire, il devrait être prescrit chez le médecin à la place du Xanax. Inutile donc de vous dire que je vous le conseille très fortement.

Boulet, je t'aime! Vivement la saison 2!

Boulet1








 










Boulet2







Boulet4Boulet

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vendredi 26 septembre 2008

Twilight Zone

blochL'auteur:

Robert Bloch est né le 5 avril 1917 à Chicago. Il débuta l’écriture à l’âge de 18 ans dans des revues populaires tel que la revue Weird Tales où il fit la rencontre de H.P. Lovecraft qui devient l’un de ses meilleurs amis épistolaire. Et également un mentor puisque Robert Bloch contribua à étoffer le Mythe de Cthulhu par des nouvelles tel que Le Visiteur venu des étoiles, Manuscrit retrouvé dans une maison abandonné ou L’ombre du cloché (éditées en 1991 dans le tome un des Œuvres de Lovecraft aux éditions Robert Laffont). À l’aise aussi bien dans l’écriture de nouvelles que de romans, il fit quelques transgressions au genre fantastique puisqu’il est aussi l’auteur du non moins connu Psychose qui fut adapté sur grand écran par Hitchcock. Durant sa vie d’écrivain il utilisa divers pseudonymes. Il mourut le 23 septembre 1994.

Parmi ses œuvres les plus célèbres, on trouve: L'écharpe (1947), La fourmilière (1958), Psychose (1959),Parlez-moi d'horreur (1967), Retour à Arkham (1978), La quatrième dimension (1983), Le train de l'enfer (1984), Les yeux de la momie (1984)...

Le synopsis:

4_me_dimension
La quatrième dimension? Un royaume sans frontière, un univers crépusculaire, le domaine mystérieux de l'imaginaire où tout peut arriver. Cette série est une anthologie d'histoires fantastiques, étranges, énigmatiques dont le but était, comme le disait son créateur Rod Serling, « de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute toujours inattendue, surprenante et singulière de chacune de ces histoires ».

Bill n'a pas à se plaindre de la vie et cependant il déteste tout, absolument tout! Avec tant de hargne et de rage, il se retrouve projeté dans un passé atroce, aux sources mêmes de sa haine...

Tandis que son avion traverse une tempête, Valentin aperçoit un monstre accroché à l'un de ses réacteurs. Il est le seul à le voir...

Anthony, jeune fan de jeux vidéo, se découvre un pouvoir mental qui pourrait mettre le monde à sa merci...

Dans un hospice de vieillards, un certain monsieur Bloom réapprend l'enfance aux pensionnaires, qui retrouvent miraculeusement l'apparence de leur enfance.


L'avis de Mr K:

Comme cela fait du bien de revenir à du solide! Je dois avouer que mon expérience "despentienne" avait laissé des traces!!! Pour être sûr de m'en remettre, j'avais décidé de reprendre la lecture par un petit classique de la SF. Étant petit, mes chers parents me laissaient regarder la série en noir et blanc originel (pas l'espèce d'ersatz bon marché colorisé que les studios nous ont refourgué par la suite "la Vème dimension" -sic!-). Mes souvenirs sont lointains mais les frissons que m'avait procuré cette série sont restés dans les tréfonds de mon cortex en mal d'impressions depuis ma dernière aventure au pays des mots.

Le présent recueil regroupe quatre nouvelles réécrites à partir des scénarios "pondus" pour le cinéma par quatre réalisateurs qu'on ne présente plus: John Landis ("Le loup Garou de Londres" entre autres), George Miller ("Mad Max" et... "Babe"),  Joe Dante ("Piranha" , "Gremlins")  et Steven Spielberg  (C'est qui ce gazier??). Le film est sorti en 1983 et lorsqu'il était passé à la télé un peu plus tard, un soir d'orage en pleine montagne chez ma grand-mère dans les Pyrénées, j'avais été "terrorrifié" comme le disent si bien mes chers élèves!!! Notamment, la scène du monstre sur l'aile de l'avion...

Mais je m'égare... Quand est-il du livre inspiré par le film? En général, ce n'est pas ma came. Souvent mal écrits, c'est le même syndrôme que les adaptations au cinéma de livres... On est en général déçu. Sauf qu'ici, il s'agit tout de même de Robert Bloch, auteur de "Psychose" qui a lui même été adapté par Hichcock au cinéma... Vous me suivez toujours? J'ai mis 5 heures à le lire.  Bien écrit, ménageant le suspense à merveille (même si au fur et à mesure de ma lecture, les souvenirs affluaient!); j'ai eu bien du plaisir à suivre les actes et rencontres étranges qui parsèment le "destin" de ces quatre personnages hors du commun. Rajoutez à cela, une psychologie des personnages fine et crédible, on se retrouve constamment "balancé" entre le rêve (cauchemar?) et la réalité...

Bon livre que celui-ci donc... Je vous conseille (si cet auteur vous intéresse) aussi du même écrivain: "Retour à Arkam" plus particulièrement si vous êtes adepte comme votre serviteur de Lovecraft et "Parlez-moi d'horreur" recueil de récits fantastiques à la Matheson, bien sympathique pour frissonner de jour comme de nuit...

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mercredi 24 septembre 2008

"Les chiennes savantes" de Virginie Despentes

virginieCandidate libre au bac, Virginie  fait tous les métiers : femme de ménage à Longwy, hôtesse dans un salon de massage à Lyon, pigiste pour des journaux rock et porno ou vendeuse au rayon librairie du Virgin Megastore à Paris. Fille unique de fonctionnaires, elle brave les interdits familiaux en devenant une véritable égérie 'underground’. Auteur d'ouvrages sulfureux et décriés, elle dépeint un monde malsain et vil qu'elle n'a que trop côtoyé. Ses romans au style littéraire innovant, alliant vulgarité et réalité, font d'elle une madone de la littérature 'trash'. Après une retentissante adaptation cinématographique de son livre "Baise moi", Virginie Despentes, lassée des étiquettes qu'on lui attribue, décide d'aborder des thèmes optimistes avec "Teen Spirit", son quatrième roman qui traite outre de la paternité, de réussite sociale... changement radical ! Enfin, en 2006, elle tombe le masque et raconte dans 'King Kong Théorie' comment elle est devenue ce personnage controversé.

chiennes"Les chiennes savantes" est le troisième opus que je lis de cette écrivaine hors norme. En parcourant le web à la recherche d'avis sur son oeuvre, on ne peut qu'être frappé par ce que l'on peut y trouver. Peu d'avis mesurés, c'est soit on aime soit on déteste.

Pour ma part, je l'ai découverte au cinéma durant les deux ou trois jours où "Baise-moi" était resté à l'affiche avant son interdiction. J'étais sorti impressionné (impossible de dire sur le coup si j'avais aimé ou détesté le film!) et m'étais rué chez mon libraire pour y acheter le livre que j'avais pour le coup adoré. Sens inné de l'écrire, une approche simple et sans concession d'un road movie bien thrash. J'avais enchaîné ensuite sur son recueil de nouvelles "mordre à travers" que j'avais bien aimé même si les textes étaient inégaux.

V'là-t-il pas que ma frangine me prête "les chiennes savantes" à la mi-août. Après un été dédié aux plaisirs vidéos-ludiques, il me fallait quelque chose de frais pour reprendre mon année de lecteur. Un bon Despentes semblait faire l'affaire... Voyez le temps que j'ai mis à le lire...

Franchement, c'est la première fois que je bloque autant sur un livre (à part les oeuvres imposées de Molière au collège!). Inutile de préciser que j'ai été grandement déçu. L'histoire est peu intéressante et parfois décousue. On peut faire du thrash mais on ne peut sacrifier un bon fil conducteur, et là malheureusement j'ai décroché. L'héroïne est détestable au possible et complètement c.... (excusez-moi); elle sombre c'est sûr, mais de là à se faire manipuler par un mysogine qu'on voit arriver gros comme un camion... Non, vraiment rien à sauver, si ce n'est quelques personnages secondaires bien mis en valeur comme "la reine mère" ou "Saïd". Le reste n'est qu' errances hypnotiques, roulage de joint, re-errance, re-roulage de joint... Finalement, pas si thrash que ça. La machine semble tourner à vide, j'en suis le premier contrit.

Cette mauvaise expérience littéraire ne m'empêchera cependant pas de penser que Virginie Despente reste une des meilleures écrivaines de sa génération. Prochainement, ma sœur me prêtera "King Kong Théory" qu'elle m'a assuré bien meilleur. En attendant, je me replonge dans une valeur sûre que je vous commenterai prochainement.

 

 

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samedi 26 juillet 2008

"Sépulture" de Stephen Dobyns

sepultureRésumé: A Aurelius, une petite ville de l'Etat de New York, trois collégiennes sont retrouvées mortes, leur main gauche coupée. Un an auparavant, Janice McNeal a été assassinée, et sa main mutilée de la même manière. Au moment où la ville semblait retrouver sa torpeur coutumière, la jeune Sharon Malloy se volatilisait sans explications. Quelques semaines après sa disparition, ses vêtements, soigneusement lavés et repassés, étaient déposés devant le poste de police, dans un paquet contenant également une main de mannequin, corroborant la thèse de l'enlèvement. Dans l'esprit de la population, cette première disparition coïncide avec l'arrivée à l'université locale, de Houari Chihani, un professeur d'histoire aux idées subversives. Autour de lui s'est formé un groupe d'étudiants, parmi lesquels Aaron, le fils de Janice McNeal, connu pour avoir commis des actes de violence...

Critique de Mr K: Excellente lecture que celle de cette oeuvre. On y trouve une peinture extrêmement fouillée d'une petite ville dont la vie sans histoire est tout à coup gangrenée par une affaire tragique. Petit à petit, la tranquillité fait place au soupçon. La police piétine, on crée une milice privée.Tous les habitants qui présentent un aspect hors normes sont pris pour cible : les homosexuels, les maris ou les épouses infidèles, les étudiants qui se réunissent au sein d'un groupe de réflexion d'inspiration marxiste. Au bout d'un moment, même les gens les plus ordinaires ne sont plus à l'abri. Le poison est partout, la communauté s'auto-détruit. Ce processus est raconté avec lenteur par un narrateur qui occupe un poste d'enseignant à la faculté locale, lui-même homosexuel et donc soupçonné. L'ambiance délétère fait penser au film "Virgin Suicides" de Sofia Coppola : cadre provincial, âge et sexe des victimes, lenteur du récit, sentiment de malaise qui atteint le lecteur aussi bien que le spectateur. Pas de héros donc dans ce roman, le personnage principal c'est la ville elle-même et ses habitants. Un livre dérangeant et troublant, révélateur d'un certain type de réactions humaines face au danger, à l'inconnu. A dévorer!

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