"Cœur d'encre" de Cornelia Funke
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L’histoire : Meggie, douze ans, vit seule avec son père, Mo. Comme lui, elle a une passion pour les livres. Mais pourquoi Mo ne lit-il plus d'histoires à voix haute ? Ses livres auraient-ils un secret ? Leurs mots auraient-ils un pouvoir ? Un soir, un étrange personnage frappe à leur porte. Alors commence pour Meggie et Mo une extraordinaire aventure, encore plus folle que celles que racontent les livres. Et leur vie va changer pour toujours...
La critique de Mr K : Très belle découverte que ce premier tome de la trilogie Cœur d’encre de Cornelia Funke, une œuvre que je ne connaissais pas du tout avant de tomber dessus par hasard lors d’un passage fructueux à notre Emmaüs local. Malgré la grosseur du pavé (plus de 600 pages, c’est osé pour de la littérature jeunesse), la lecture fut très rapide, plaisante et source de grand plaisir littéraire avec au cœur de la trame développée, la lecture et le rapport que l’on entretient avec elle.
Meggie 12 ans vit seule avec son père, relieur de livres anciens, depuis que sa mère a disparu à ses trois ans. Ils entretiennent tous les deux une relation très complice et vouent un amour immodéré pour les livres et la lecture. La maison en est remplie de la cave au grenier, chaque moment de liberté est l’occasion pour Meggie de plonger dans un autre monde, une autre époque, de s’évader et de rêver. La vie s’écoule tranquillement et aucun nuage ne vient assombrir ce charmant tableau.
Tout bascule un soir avec l’irruption dans leur vie d’une vieille connaissance du paternel, le mystérieux Doigt de poussière. Ce dernier leur annonce qu’une menace plane sur eux : Capricorne un être sans scrupule veut mettre la main sur un livre que détient Mo et il ne reculerait devant rien pour s’en accaparer. Le fragile équilibre construit par le père pour préserver sa fille commence à se fendiller, les questions sans réponses qu’il avait esquivées jusque là ressurgissent et Meggie n’est pas au bout de ses surprises durant le road trip qui s’amorce pour elle et son père.
Après un bref chapitre de présentation, l’action démarre de suite. C’est le début d’une fuite qui brise tous les repères de la jeune Meggie. On se prend d’affection de suite pour elle, une jeune fille sensible, courageuse et très fine, sans tomber pour autant dans la perfection car au détour de certains rebondissements elle aura peur, s’agacera comme une pré-ado qu’elle est. Le père est quant à lui la figure tutélaire que rien ne semble atteindre jusqu’au moment où le passé repointe le bout de son nez et va l’obliger à révéler de lourds secrets à sa fille. De manière globale, la caractérisation des personnages est le point fort du roman où tous sont choyés par une auteure manifestement très attachées à ses personnages. Il sont nombreux, traités en profondeur et rarement manichéens, je retiendrais notamment la tante Elinor complètement siphonnée et Basta, un lieutenant de Capricorne qui se révèle aussi cruel que complexe dans sa manière de fonctionner.
L’histoire se lit donc toute seule, Cornelia Funke prend son temps ce qui d’ailleurs lui a été reproché dans certaines chroniques que j’ai pu parcourir. Cela ne m’a aucunement gêné, je trouve au contraire qu’elle prend le temps de poser les décors et personnages avec un luxe de détails qui rendent le récit à la fois réaliste et immersif. En soi, c’est vrai que les rebondissements ne sont pas si nombreux que cela mais les changements de points de vue, les focus sur les personnages, les petites anecdotes facétieuses qui peuplent ces pages rendent l’ensemble furieusement addictif. Le temps passe très vite et il est difficile de relâcher ce roman.
Surtout qu’il est en lui-même une déclaration d’amour à l’objet livre, à l’acte de lire et les fabuleuses promesses que réserve une bonne lecture. Chaque chapitre commence d’ailleurs par une citation et les références pullulent dans l’ouvrage, c’est assez jubilatoire dans son genre et une bibliographie en fin d’ouvrage donne de très bonnes idées de futures lectures. Mon Dieu ma PAL est mal partie pour baisser de niveau... Les livres dans ce roman sont des personnages à part entière, des portes vers lesquelles se tourner, de véritables amis même, notamment pour Meggie qui ne se déplace jamais sans sa petite caisse emplie de livres dont elle ne se sépare jamais.
Cœur d'encre est un super livre d’aventure et de magie, on passe vraiment un bon moment. L’écriture simple mais très nuancée nous emporte sans espoir de redescendre avant le mot fin et cela donne très envie de lire la suite même si en soi la conclusion de ce volume se suffit à elle-même. À découvrir si vous êtes amateurs de lecture jeunesse, il vaut le détour !