"Le Garçon en pyjama rayé" de John Boyle
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L’histoire : Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre car il est important de le découvrir sans savoir de quoi il parle. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.
La critique de Mr K : Attention chef d’œuvre ! J’avais beaucoup entendu parler du Garçon en pyjama rayé de John Boyle, par des collègues, des élèves même mais je n’avais jusqu’à présent jamais eu l’occasion de le lire. Le tort est désormais réparé et quelle expérience de lecture ! Véritable claque à tous les niveaux, je ne m’en remettrai pas de si tôt !
Bruno est un jeune garçon allemand qui vit dans une belle maison. Il est heureux, son monde de petit garçon l’enchante et malgré une sœur bien peste à ses yeux, tout va pour le mieux pour lui. Nous sommes dans les années 40 et la guerre en cours ne semble pas avoir vraiment d’emprise sur lui. Puis un jour, son père annonce à la famille qu’ils doivent déménager, le führer lui même lui a donné une nouvelle affectation, en Pologne dans un endroit nommé hoche-vite...
Là-bas, Bruno voit toutes ses habitudes chamboulées. Il ne voit plus ses amis, la maison ne lui plaît pas et il y a cette mystérieuse barrière derrière la maison qui donne sur un endroit glauque où vivent des personnes toutes habillées de pyjamas rayés et qui ont l’air bien triste. Lors d’une de ses sessions d’exploration, Bruno va faire la rencontre de Shmuel un garçon de son âge. Il vit de l’autre côté car il est différent. Une amitié nouvelle va naître, grandir jusqu’à ce que...
John Boyle propose vraiment une approche originale d’une thématique dure et forte : les camps de concentration et la Solution finale. Tout ici est vu et perçu par un gamin de moins de dix ans qui n’a pas vraiment idée de ce qui se passe. Sa candeur et sa naïveté sont confondantes dans l’horreur contextuelle que l’on devine entre les mots et les chapitres. Derrière la vie de famille rangée et un quotidien banal, il y a les non-dits, les inquiétudes et les incompréhensions des autres membres de la famille que l’on perçoit bien mieux que Bruno lui-même.
Ce roman nous parle de l’indicible sans étalage de monstruosité, de détails sordides. L’évocation est bien plus fine, à deviner entre les lignes et cela prend aux tripes littéralement. Le point de vue adopté, le style épuré et précis, la gestion très intelligente de la narration et de sa temporalité (il y a des flashback bien sentis par moment) emportent le lecteur, le captive et l’emprisonne. La fin surprend et tétanise à la fois même si finalement, vu toutes les pièces apportées à l’édifice depuis le début, elle est logique.
Un beau et grand moment de lecture. Entre l’effroyable et le sublime il n’y a qu’un pas. Ce roman est unique et essentiel. A lire absolument !