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Le Capharnaüm Éclairé
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27 avril 2022

"Gung Ho" de Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant

gungho

L’histoire : Dans un futur proche, la "plaie blanche" a presque complètement décimé l’humanité, et la civilisation n’est plus qu’un doux souvenir. L’Europe toute entière est devenue une zone de danger, où la survie n’est plus possible qu’à l’intérieur de villes ou de villages fortifiés. Les règles sont importantes dans la zone de danger. Même un enfant sait cela. Jusqu’à ce qu’il devienne adolescent...

La critique de Mr K : Chronique d’une pentalogie d’anticipation aujourd’hui avec ce prêt de l’ami Franck. Pour le coup, la série de Benjamin Von Eckartsberg et Thomas Von Kummant ne m’a pas totalement convaincu. Certes, ça se lit tout seul mais le scénario est ultra-convenu et je n’ai pas adhéré au parti pris esthétique pour la représentation graphique des personnages. Je vous en dis un peu plus.

Zack et Archer, deux orphelins remuants débarquent à Fort Apache, un village retranché au bord d’un lac. Le temps est à la guerre, un conflit contre une menace sourde et insidieuse : la plaie blanche. Elle a décimé l’humanité, fait chuter le monde civilisé et les groupes humains se sont réfugiés dans des cités / villages forteresses où ils se terrent et survivent. Tout au niveau de l’organisation est bien huilé et organisé, les relations hiérarchiques bien installées et tout semble bien fonctionner dans la mesure où l’on est dans un univers post-apocalyptique. Le ver est cependant dans le fruit même avant l’arrivée des deux adolescents. Des tensions existent, des profiteurs agissent dans l’ombre, la menace du fléau est contenue mais à quel prix ! Comme des chiens dans un jeu de quilles, les deux ados rebelles vont faire exploser le fragile équilibre qui régnait sur Fort Apache et provoquer une mini-révolution.

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Pendant les deux premiers tomes, on en apprend peu sur le mystérieux fléau (ne cherchez pas, je n’en dirai pas plus -sic-), les auteurs s’attardent beaucoup sur les personnages principaux et notamment les plus jeunes. Car ne vous y trompez pas, cette saga se concentre surtout sur les adolescents et leur soif de liberté emprisonnée par les adultes au nom de la sacro-sainte sécurité. Plutôt bien menée au départ, j’ai trouvé que l’entreprise se révélait au final pas très fine, colportant des clichés superficiels notamment en matière d’obsession et de sexe (je précise que je suis loin d’être prude). J’ai aussi été beaucoup dérangé par la caractérisation des personnages féminins. Soit elles aguichent, soit ce sont des victimes, soit ce sont de formidables guerrières... Et puis, elles sont toutes super bien foutues, hypersexualisées par moments... Mouais, c’est sans doute une BD destinée aux ados décérébrés justement... Pour le coup, je ne me suis donc pas vraiment attaché à eux (sauf un peu à Zack), je trouvais qu’on avait affaire vraiment à des archétypes sans saveur, la chair est triste parfois. Je pense que nos jeunes méritent mieux que cela, qu’on leur propose davantage de finesse psychologique. Dans le genre en version littérature, Sa majesté des mouches de William Golding est décidément intouchable.

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L’aspect Walking dead / survival est bien rendu par contre. Certes on navigue là encore dans du déjà lu et vu, je n’ai jamais été surpris (sauf la forme de la fameuse menace) mais on se prend au jeu avec plaisir. Technique de survie, rondes, rationnement, réunions et affrontements, la tension est bien là avec suffisamment de mystères sur la personnalité des adultes responsables (la cheffe, le formateur de combat, l’épicier etc.). C’est assez jubilatoire de voir qu’un malheureux grain de sable peut tout faire exploser, les failles deviennent béantes et le final est bien ficelé malgré là encore un manque d’originalité. Les scènes des passages obligés impriment leur marque durablement, on frémit pas mal à certains moments et les pages se tournent toutes seules. N’attendez pas par contre toutes les réponses, les auteurs restent assez nébuleux sur le background, le pourquoi et le comment.

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Mais finalement ce n’est pas le manque d’originalité et les images d’Epinal qui m’ont le plus gêné dans cette lecture, il y a un choix esthétique qui ne m’a pas du tout plu. Autant les dessins sont globalement novateurs, colorés et proposent des décors et des scènes d’action parfois à couper le souffle, autant la représentation des personnages est catastrophique. On sent le travail par ordinateur, tout cela manque d’humanité, c’est lisse, creux et certaines cases donnent à voir des humanoïdes non expressifs. Plutôt gênant quand on traite de la révolte, de la guerre des générations et des sentiments ambivalents de l’adolescence entre Eros et Thanatos.

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Voilà, ce fut une lecture sympa mais sans plus. Sans originalité et sans réelle saveur, l’expérience se révèle décevante mais assez efficace en terme de détente-neurones. Avis aux amateurs.

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Commentaires
Z
J'ai beaucoup cette série pour ma part. Peut-être que j'aurais eu plus de chose à relever si je les avais lus en une seule fois comme toi plutôt qu'au fil de leur sortie ?
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