Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Capharnaüm Éclairé
Publicité
13 avril 2014

"Nymphomaniac - Partie 2" de Lars von Trier

L'histoire: Seconde partie du film de Lars von Trier, retraçant le parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, raconté par le personnage principal, Joe, qui s'est auto-diagnostiquée nymphomane.

 

La critique Nelfesque: Souvenez-vous, début janvier, nous sommes allés voir la première partie de "Nymphomaniac" au cinéma de notre ville et ce dernier nous a fait la bonne blague de ne pas diffuser la suite la semaine suivante comme ce fut le cas dans tous les autres cinémas proposant ce film à la programmation... Passé l'énervement, la joie. Avec 3 mois de retard, "Nymphomaniac - Partie 2" est à l'affiche et nous, tout naturellement, nous sommes dans la salle!

 

Comme je l'avais souligné lors de la rédaction de mon avis sur la première partie, il est difficile de scinder en deux une oeuvre et d'en faire deux critiques distinctes puisqu'à la base c'est un seul et même film... L'idéal aurait voulu que l'on vous écrive un billet sur l'intégralité de cette production (c'est d'ailleurs ce que nous avions prévu de faire à la base) mais bon, en 3 mois, on en oublie des choses donc nous avions préféré faire un billet pour chaque partie. Oui, je râle encore là dessus, c'est la dernière fois, promis, après j'arrête.

 

nymphomaniac-part-2 5

 

Nous retrouvons le personnage de Charlotte Gainsbourg là où nous l'avions laissé, dans la chambre de Seligman, à lui raconter la suite de ses péripéties sexuelles. Cette seconde partie a été interdite en salle aux spectateurs de moins de 18 ans et bizarrement je l'ai trouvé plus soft que la première, moins dérangeante. Alors certes, on voit bien deux bites (désolée j'appelle un chat, un chat) en gros plan dans ce qui se présente comme une future partie à 3 mais dans l'idée je maintiens, le volume 1 est bien plus pervers. Sans doute parce qu'ici Joe est plus âgée, plus actrice dans sa vie sexuelle, moins tatonnante, plus mûre, bien qu'elle continue d'explorer le côté obscur des parties de jambes en l'air.

 

Joe ayant trouvé l'amour mais ayant perdu le plaisir, elle sombre peu à peu dans une escalade de souffrances physiques dans sa quête du Graal: son orgasme perdu. Sans trop en dévoiler, elle va tenter le sado-masochisme, le triolisme, la masturbation jusqu'à la blessure... La chair était déjà triste dans la première partie, là, elle est limite pathétique. On souffre pour cette pauvre femme qui n'arrive pas à vivre sa sexualité de manière épanouie, sans cesse dans l'expérimentation et l'obsession sans plaisir.

 

nymphomaniac-part-2 1

 

Allant jusqu'à délaisser ses proches, le désir de ressentir sa petit mort étant plus fort, elle va être de plus en plus seule. Au passage, Lars Von Trier fait ici un excellent clin d'oeil à un de ses précédents films, "Antichrist" (si je vous dis fenêtre + nuit + scène d'amour ça vous dit quelque chose?). Sa solitude, elle la comble peu à peu avec Seligman qui se rapprocherait le plus de ce que pourrait être un ami dans la vie morne de Joe. Ensemble il continue d'explorer les tréfonds de sa vie et s'en suivent de délectables discussions argumentées entre eux deux. Exemples, contre-exemples, métaphores, références intellectuelles, tout y passe. Cela plait ou pas aux spectateurs qui pour certains trouveront ces scènes cérébrales masturbatoires (ça tombe bien, on reste dans le thème) mais personnellement j'ai trouvé qu'encore une fois avec ce film, Lars Von Trier nous enrichit intellectuellement. On ne ressort pas indemne d'une projection d'une de ses oeuvres.

 

nymphomaniac-part-2 6

 

Lars Von Trier est un réalisateur que l'on adore ou que l'on déteste. J'ai du mal à concevoir que l'on puisse être "entre deux" avec ses films. Ici sans doute encore plus qu'ailleurs, il séduit ou ennuie. Vous avez d'ors et déjà compris que je me situe dans la première catégorie. J'ai déjà hâte de découvrir son prochain film tant cet homme là a une place bien à part dans le paysage cinématographique.

 

nymphomaniac-part-2 4

 

La critique de Mr K: 5/6. Aaaaah depuis le temps qu'on l'attendait cette fameuse deuxième partie! Il était temps! Mais chose promise, chose due; notre cinéma a finalement décidé de programmer pendant une semaine la suite du film sulfureux de Lars Von Trier mettant en scène le personnage de Joe interprétée majoritairement cette fois-ci par une Charlotte Gainsbourg une fois de plus au sommet de son art.

 

On retrouve notre héroïne au moment exact où on l'a laissé à la fin du chapitre 1. Après avoir écumé nombre de lieux de perdition et avoir bu le calice jusqu'à la lie, elle n'est plus capable de ressentir le moindre plaisir! Commence alors une longue quête intérieure qui clairement s'apparente ici à une descente aux Enfers. Sa relation avec Jérôme ne peut alors que se dégrader et Joe va multiplier les expériences malheureuses. Elle croisera notamment sur sa route un coach d'un genre très spécial (Jamie Bell), des harders black adeptes de la parlotte (moment hilarant), une jeune femme fragile qu'elle va prendre sous son aile... autant de personnages qui vont croiser la route de Joe et changer sa trajectoire. Plus le métrage avance, plus on semble plonger plus loin dans les désordres émotionnels et relationnels de Joe. La fin ne peut qu'être bien sombre...

 

nymphomaniac-part-2 3

 

Dans ce deuxième volume, les qualités sont toujours les mêmes mais ça n'a rien de surprenant quand on sait que Von Trier proposait avec Nymphomaniac une œuvre unique. La technique est toujours perfectionniste, entre cadrage caméra à l'épaule et plans plus travaillés avec des ambiances bien plantées où le climax se fait prenant et marquant. On a beaucoup glosé sur les scènes mettant en image les rapports sexuels assez violents que s'inflige l'héroïne. Certes c'est crû mais je défie toute personne normalement constituée d'y trouver une quelconque excitation ou désir car au contraire, tout cela est ici bien triste et dérisoire. Il y a le sexe comme révélateur mais Joe est une femme perdue, errant de personne en personne sans réellement trouvé la clef de son épanouissement. Il en ressort une figure solitaire, mélancolique qui glace le sang du spectateur et qui moi, m'a pris à la gorge.

 

Les acteurs sont toujours aussi bien dirigés et livrent une galerie de personnages hauts en couleur. Willem Dafoe en impose toujours autant entre force et finesse, le tout relevé d'une once de machiavélisme. Jamie Bell (ex Billy Elliot!) est remarquable de justesse comme dit précédemment et de manière générale, malgré une histoire vraiment déroutante et peu commune, on y croit tant Von Trier dissèque littéralement ses personnages pour mieux nous les jeter en pâture par la suite. On navigue constamment entre curiosité, trouble et faux semblant. Difficile en effet de pouvoir s'identifier à quiconque tant les âmes ici présentées sont tortueuses et ravagées par la vie.

 

nymphomaniac-part-2 2

 

Au final, même si je lui ai préféré d'autres films du même auteur comme Dancer in the dark, Antichrist ou encore Melancholia, j'ai trouvé cette expérience cinématographique novatrice, entière, sans concession et d'une beauté à couper le souffle. Sûr qu'il ne plaira pas à tout le monde, le poids des tabous est ce qu'il est, mais c'était un plaisir sans borne d'aller voir un Von Trier qui pour moi est un réalisateur décidément bien à part.

 

Publicité
Commentaires
S
Pour ma part, je sais que je ne le regarderai pas, ça ne me tente absolument pas et j'ai beaucoup de mal avec ce réalisateur :-(
Répondre
Publicité
Suivez-moi
Publicité
Archives
Publicité
Publicité