"Les morts ont tous la même peau" de Boris Vian

L'histoire: Ce roman raconte l'histoire de Dan, un sang-mêlé (un noir à peau blanche) ayant réussi à se faire une place dans la société des blancs sans que ceux-ci ne sachent rien de ses origines. Sa vie était parfaite jusqu'au jour où un homme disant être son frère vient lui réclamer de l'argent en le menaçant de raconter aux gens ses vraies origines. Menacé, Dan assassinera «son frère», allant au-devant de graves ennuis et d'autres crimes.
La critique de Mr K: C'est chez l'abbé que le présent volume m'a tendu ses petits bras. L'écume des jours est sans aucun doute le livre que j'amènerai sur une île déserte s'il me fallait réduire mes bagages littéraires à un seul livre. C'est dire l'admiration que je porte à cet auteur hors norme qu'est Vian. Dans le même style, j'avais aussi aimé L'automne à Pékin. Avec Les morts ont tous la même peau, je m'attaque à un autre pan de l'œuvre de Boris Vian, sa période américaine comme on dit. Il signait alors ses œuvres du nom de Vernon Sullivan.
Dans ce récit, nous suivons le parcours d'un être torturé. Tout tourne autour du racisme avec cet être blanc, fils d'un noir qui n'accepte pas ses origines et qui a tout fait pour oublier ses origines. Il est videur dans un bar de nuit, trompe sa femme qu'il adore (si si, il paraît que c'est possible!) et mène une vie réglée au maximum. Tout bascule le jour où son frère de sang (noir lui) reprend contact avec lui et lui demande de l'argent. Tout ressurgit, sa carapace s'effondre et le héros commet l'irréparable. C'est le début de la descente en Enfer!
Clairement, le style est très différent et j'ai été déçu. Le récit est classique et en cela maîtrisé même si on n'est jamais vraiment surpris. J'ai trouvé l'histoire plate même si quelques fulgurances sauvent l'ensemble notamment à partir du moment où la machine s'emballe. L'hybris envahit le héros et l'on sait alors que tout fout le camp et que ça va mal finir. Pour autant, je me suis lassé de ce style sans envergure, je préfère tellement plus les délires stylistiques des deux opus cités précédemment. Pour autant, on ne peut pas dire que ce soit un complet ratage, l'objectif est noble et les tensions raciales sont bien décrites mais sur le même thème, on peut trouver dix fois mieux.
Je ne pense pas qu'on me reprendra de si tôt à me replonger dans l'œuvre américaine de Vian. Je préfère garder de lui l'image de ce poète à fleur de peau, l'immortel créateur de Colin et Chloé de L'écume des jours.