"L'île au trésor" de Robert Louis Stevenson
L'histoire: Dans l'auberge tenue par ses parents, le jeune Jim Hawkins fait la connaissance fortuite d'un vieux marin moribond et pétri d'alcool sur qui pèse une terrifiante menace. Après le décès du marin et celui de son propre père, Jim découvre dans les bagages de Billy Bones une carte au trésor, promesse de fortune et d'aventures. Il partage sa découverte avec le docteur Livesey et le chevalier Trelawney, qui embarquent avec lui sur l'Hispaniola. Long John Silver, dont le perroquet ne quitte jamais l'épaule, fait également partie du voyage. Arrivés sur l'île, une bande de pirates dont John Silver se révèle être le capitaine, tente de s'emparer du trésor, multipliant contre l'équipage de Jim les attaques et les traîtrises.
La critique de Mr K: Mme M., la documentaliste de mon bahut, fait les soldes à sa manière! Dans sa remise sont délaissés des centaines d'ouvrages décrépis, à exemplaires multiples, que l'on étudiait en classe avec nos chers têtes blondes. L'édition vieillissant et les gamins ayant changé, j'ai récupéré entre autre pour ma part un exemplaire de L'île au trésor de Stevenson avec sa magnifique couverture kitsch de l'édition de 1975 du Livre de Poche. Je sais que je m'enfonce en disant cela mais je la trouve vraiment tripante et représentative du contenu.
Ce bouquin est un monument! Il avait marqué mes débuts de lecteur à 8 ans, aujourd'hui la trentaine passée, je l'ai redécouvert et le charme opère toujours autant! Je l'ai littéralement dévoré en un après-midi, le samedi soir ayant été rude suite à une fête chez les voisins, j'étais en repos forcé... mais je m'égare! Je me suis plongé avec délice dans cette histoire de quête au trésor et de piraterie. Clairement, avec ce classique on est face à un des meilleurs roman d'aventure jamais écrit. Ce qu'il y a de fascinant, ce sont les différents degrés de lecture qu'il possède.
Tout d'abord, il y a le côté aventure pure et dure qui fonctionne toujours à plein. On embarque avec le jeune Jim sur l'Hispaniola et l'on vit les péripéties avec lui: la rencontre avec la figure tutélaire de Long John Silver (il aurait mérité qu'on écrive sa bio tant il semble à peine effleuré dans l'ouvrage), la traversée de l'océan vers l'île mystérieuse, la mutinerie et l'échappée belle vers le fortin, la révélation sur le trésor... C'est aussi l'histoire de la vie, la voie vers la maturité à laquelle nous convie l'auteur à travers la figure de ce gosse qui devient homme peu à peu en affrontant de nombreux périls.
L'écriture n'a pas pris une ride, on est plongé dans l'époque sans fioriture avec une économie de description qui permet aux plus fragiles des lecteurs de s'accrocher à une histoire maîtrisée pleine de rebondissements et à un message universel: qui en effet, n'a jamais rêvé d'un trésor caché dans sa prime jeunesse? L'écriture est magnifique de simplicité et d'accessibilité sans pour autant sacrifier l'émotion et l'évocation: on boit du rhum avec les pirates, on se perd dans la jungle de l'île, on surnage au milieu des courants côtiers avec Jim et on guète l'homme à la jambe de bois sur la falaise attenante à l'auberge de l'amiral Benbow, on tremble face à l'aveugle et la malédiction de la tâche noire.
Cette lecture fut pour moi l'occasion d'un retour en arrière vers une expérience qui fut essentielle dans ma vie de lecteur, un flashback vers l'enfance et l'opportunité de faire un point sur mon parcours de lecteur... Nostalgie quand tu nous tiens! J'aimerais tellement revenir à cette divine époque où je lisais tellement intensément ces romans d'aventure qu'ils peuplaient ensuite mes nuits à travers mes rêves. Une oeuvre cultissime entre toutes!