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Le Capharnaüm Éclairé
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8 août 2011

"Ces garçons qui venaient du Brésil" d'Ira Levin

iralevinL'histoire: De nuit, à Vienne, Yakov Liebermann, "le chasseur de Nazis", reçoit un appel du Brésil: "Six SS partent demain en mission...". La voix s'étrangle. Quelqu'un raccroche.
Aussitôt Yakov alerte un de ses amis de l'agence Reuter. Oui, toute information utile lui sera transmise.
Et presque aussitôt, partout dans le monde, des hommes tombent. En chaîne. Tués sur le coup. Des "accidents" très étranges...
Liebermann l'infatigable remonte chaque piste et fait une découverte: toutes les victimes étaient des fonctionnaires paisibles, âgés. Chacun d'eux a laissé un fils très, très jeune. Et tous ces fils se ressemblent... tels des jumeaux.
Les jumeaux! L'obsession du Dr Mengele quand il était médecin et "expérimentateur" à Auschwitz. Mengele, aujourd'hui réfugié au Brésil...

La critique de Mr K Voici aujourd'hui un livre dont on m'avait beaucoup parlé. Je suis amateur d'Ira Levin (voir liste des chroniques en fin de post) et cette œuvre-ci m'avait échappée jusqu'alors. On se trouve ici face à un roman à suspens teinté d'éléments historiques. Sans dévoiler l'histoire, sachez que vous allez être confrontés à une conspiration ourdie par des anciens nazis revanchards au but hallucinant (la révélation est tardive, il faut être patient) et qu'un homme seul (avec l'aide de son réseau de connaissances) va devoir partir en chasse tant ce qu'il a découvert est incroyable. Je n'en dirais pas plus, pas de spoiler sur ce blog!

Mon avis est très mitigé, il faut dire aussi que j'apprécie beaucoup cet écrivain et que jusqu'alors il ne m'avait jamais déçu. La grande force de ce livre est son ancrage dans une histoire encore récente et douloureuse: les abominations nazies. Certains des tortionnaires ou responsables ont pu être «évacués» avec des complicités chez les Alliés et sont allés s'installer en Amérique du Sud en toute tranquillité. De cette réalité historique (allez voir la Bio de Mengele, c'est édifiant!), Levin coud un scénario haletant dans les tenants et aboutissants sont effarants. On plonge dans le délire de Mengele obsédé par la pureté du sang et refusant la Défaite du IIIème Reich. Après moultes circonvolutions, la vérité est révélée et laisse le lecteur pantelant. Vraiment fort surtout que le suspens est excellemment entretenu par une attente et une appréhension qui ne quitte pas le lecteur du début à la fin.

C'est au niveau de la forme que se livre pèche. A-t-il mal vieilli? Sans doute car l'écriture est très abordable mais manque de relief et de puissance évocatrice. C'est plat et malgré la trame scénaristique addictive, l'ennui guette parfois au détour d'une page. Les personnages sont à l'image de la prose, convenus et raides. Les rapports entre eux m'ont semblé caricaturaux et dénoués de chaleur humaine. Malgré la noblesse de sa cause, je n'ai pas été séduit par le personnage deYakov (ersatz littéraire de Simon Rosenthal -chasseur de nazi-): manque de charisme, superficialité de ses rapports avec les autres personnages... Je suis resté indifférent à son sort et à celui de ses proches. Mengele et ses comparses sont bien rendus, et comme disait Hitchcock: "Quand le méchant est réussi...".

Pour conclure, c'est tout de même une grosse déception. Pour du Levin c'est très moyen et Ces garçons du Brésil s'apparente plus à un très bon roman de gare. Beaucoup d'ambition dans le thème traité mais la lecture s'avère décevant car commune et sans réelle efficacité à faire "décoller" le roman. J'ai entendu parlé sur la blogosphère d'une adaptation ciné plutôt sympa à priori. Je testerai sans doute.

Autres romans d'Ira Levin chroniqués sur le blog:
Un Bonheur insoutenable
Un Bébé pour Rosemary
Les Femmes de Stepford

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Commentaires
M
@Véro: une oeuvre dispensable en effet...
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V
Bon, si tu es déçu, je ne m'attarde pas alors...
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M
@Cachou: C'est sûr qu'ici c'est pas une oeuvre maitresse. Peut être celle de trop pour moi...<br /> Pour "Le fils de Rosemary", je me rappelle de tes propos à son encontre et je ne tenterai même pas. ;)
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C
Je suis fâchée avec Ira Levin depuis "Le fils de Rosemary", qui m'a donné envie de le gifler (rien de moins) pour cette fin ridicule (et tout ce qui va avec). Là, ça ne me donne pas envie de me réconcilier avec le monsieur...
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