"Deux jours à tuer" de François d'Epenoux
L'histoire: Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot. Il a une femme ravissante, trois enfants magnifiques, des amis fidèles, une maison dans les Yvelines meublée avec goût, une cuisine équipée et une belle situation.
Rien à dire sur la vie d'Antoine Méliot, sinon qu'en ce mois d'octobre il s'est donné un week-end pour saboter son bonheur : non seulement l'amour fou qui l'unit à sa femme et à ses enfants, mais aussi les liens indéfectibles qu'il entretient de longue date avec ses meilleurs amis. Deux jours, en vérité, pour détruire une existence. Pourquoi ? " L'araignée noire " qu'il nourrit en lui depuis l'enfance s'est-elle réveillée ?
La critique Nelfesque: J'avais envie de voir le film tiré de ce roman, dès sa sortie en salle, avec Dupontel au générique. Comme ça arrive souvent, j'ai laissé passer le temps et le film a fini par nous filer sous le nez. Qu'à cela ne tienne, j'avais noté le titre et l'auteur du roman et certes j'ai mis du temps, mais j'ai fini pas lire "Deux jours à tuer"!
Voici un petit livre, assez court (189 pages) mais dense et éprouvant. Antoine décide d'un coup d'un seul de saboter sa vie et il n'y va pas avec le dos de la cuillère. On peut comprendre le pourquoi de cette envie de tout foutre en l'air mais j'ai été assez choquée par certains de ses choix. Pourtant, pour me choquer, il faut y aller... Je ne peux dévoiler ici la raison d'un tel changement dans le comportement du personnage principal mais je ne pense pas que tout justifie une telle violence. Est-il vraiment utile d'aller à ce point dans le glauque pour quitter femme et amis? Le comportement d'Antoine avec ses enfants tout particulièrement et avec l'une de ses meilleures amies est détestable. L'auteur réussit à nous faire haïr le personnage, comme Antoine cherche à se faire haïr de son entourage. Bravo pour l'exploit.
La fin se laisse deviner mais l'auteur nous mène sur une autre piste tout à fait crédible et nous mène par le bout du nez. L'écriture est simple et, de façon assez voyeuriste, on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour voir jusqu'où ira le personnage d'Antoine dans sa "folie préméditée". On imagine le pire bien des fois et la pression monte crescendo.
Au final un livre à ne pas mettre dans toutes les mains mais montrant à merveille la détermination d'un homme qui fait du mal pour le bien (drôle de concept mais qui se défend) et nous montre qu'on ne peut pas toujours aider les amis qui ne le veulent pas sous peine d'être rhabillé pour l'hiver. A lire. Quant à moi, il ne me reste plus qu'à voir le film. Enfin.