"Les Racines du mal" de Dantec
L'histoire : "Andreas Schaltzmann s'est mis à tuer parce que son estomac pourrissait.
Le phénomène n'était pas isolé, tant s'en faut. Cela faisait longtemps que les ondes cosmiques émises par les Aliens faisaient changer ses organes de place, depuis que les nazis et les habitants de Vega s'étaient installés dans ses quartiers."
Andreas est un tueur et il le sait, mais quand on cherche à lui coller sur le dos des crimes qu'il n'a pas commis, du fond de sa clinique, il hurle.
La critique Nelfesque : Mr K m'a longtemps parlé de ce livre. "Il faut que tu le lises ! Il faut ABSOLUMENT que tu le lises !". C'est à peu près ce à quoi j'avais le droit régulièrement. Et puis, quand nous avons décidé de nous conseiller mutuellement des livres à emporter pour notre voyage en Thaïlande, Mr K a trouvé le moment rêvé pour me remettre sous le nez "Les Racines du mal" de Dantec.
L'histoire est effroyable. Je suis friande de bouquins glauques et pour le coup, j'ai été servi.
"Les Racines du mal" commence dans la tête de Schaltzmann, tueur psychotique, persuadé que le monde est contre lui, peuplé d'Aliens nazis. Il a des rites à suivre qui lui assurent sa tranquilité. Il vit seul, est sale et est persuadé qu'un Christ en flamme lui envoie des messages. Jusque là, il fait peur, mais ce n'est rien comparé à la suite... Il se met donc à tuer, des animaux et des hommes, pour se libérer du mal qui le ronge. De carcasses de chats, il fait des smoothies (ça tombe bien, c'est à la mode) qu'il stocke dans des bouteilles de Coca qu'il garde au frais au frigo. Voilà, vous avez le début du roman. Un bon roman, bien glauque, pour qui aime le genre.
Mais ce roman ne se résume pas à une suite de meurtres gratuits et sanguinolents. Brutalement, avec l'arrestation de Schaltzmann (je ne trahis rien c'est au début de l'oeuvre), on bascule dans le monde de la science, des sciences humaines et de la science fiction. Un groupe de travail se constitue afin de percer le mystère Schaltzmann et enquêter jusqu'à son procès. La suite, je ne la dévoile pas car je gacherai le plaisir des futurs lecteurs.
Tout le long du roman, on suit l'évolution de l'enquête d'Arthur Darquandier, alias Dark, cognicien et spécialiste en informatique qui a pour mission d'acquérir et de représenter de façon formelle des connaissances et des modes de raisonnement en vue de leur simulation à l'aide d'ordinateur. En d'autres termes, Dark est un petit génie supra intelligent qui, à l'aide d'une neuromatrice (une intelligence artificielle), reproduit de façon informatique le raisonnement humain, et ici le raisonnement de tueur en série, afin d'en démeller le fonctionnement et d'anticiper ses raisonnements.
Car bien sûr, l'histoire ne va pas s'arrêter à celle de Schaltzmann... Au fil des pages nous tombons de plus en plus dans l'horreur. Dark et sa neuromatrice mettent le nez dans un filon diabolique. Jusqu'où un être humain peut-il aller dans la perversion et la folie ? Au nom de quoi ? Et que risque Dark à se prêter à ce jeu ?
Mieux vaut être averti avant de commencer à lire ce roman, c'est très violent. Mais putain que c'est bon !