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Le Capharnaüm Éclairé
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14 août 2010

"Haute fidélité" de Nick Hornby

untitledL'histoire: Gérant d'un petit magasin de disque, Rob vient de se faire larguer par sa compagne (qui est partie avec le voisin du dessus). A 35 ans, Rob a plus de l'ado qui ne veut pas grandir que de l'homme mature qu'il est sensé être.

Ses passions ? La musique bien sur, faire des cassettes de compils, et passer le temps avec ses deux employés à faire des listes du style : les 5 meilleurs morceaux parlant de rupture amoureuse.

Obsédé par les classifications des charts, il décide de dresser le "top 5" de ses plus fameuses ruptures afin de comprendre les raisons de ses déboires sentimentaux répétés.

La critique de Mr K: Seul et unique lecture durant notre voyage en Thaïlande mais quelle lecture! Je connaissais le film tiré de cette œuvre, «High Fidelity», que j'avais trouvé excellent en son temps. Force est de constater qu'une fois encore le livre surpasse largement le film. Le métrage mettait surtout en avant le côté humoristique mais après cette lecture, je me suis rendu compte que tout le côté cynique, auto-destructeur et amer du héros campé à l'écran par John Cusack avait été plus ou moins mis de côté.

Dévoré en deux jours dans notre guest-house de Kanchanaburi, je me suis tout de suite identifié à certains aspect du personnage principal. Je pense que nombre d'hommes s'y retrouveront tant Rob est un concentré de la psyché des jeunes adultes en quête de sens dans leur vie sociale et amoureuse. Pourquoi ça n'a pas marché? Que faire pour m'améliorer? Faut que je m'bouge si je ne veux pas rester vieux garçon?... autant de réflexions développées sérieusement mais sur un ton ironique voir cynique. Il y a du Bridget Jones en Rob, en cela il est attachant et plus d'une fois j'ai ressenti la forte envie de le baffer pour qu'il se remue davantage et cesse de rester centrer sur sa petite personne.

Entre les catastrophes sentimentales, le fait est que Nick Hornby dresse de manière très juste et très drôle un archétype du fan de rock et c’est grâce à cette capacité à décrypter les comportements que Haute Fidélité est un régal d’humour. Le personnage de Barry (joué par Jack Black dans l'adaptation ciné, un régal!) est le stéréotype du connaisseur, le gars qui est capable de vous mépriser à vie parce que vous n’avez pas le premier album de Jesus And Mary Chain ou de vous pourrir parce que vous ne saviez pas que Marvin Gaye a été tué par son propre père et d’insulter un client parce que celui-ci a osé venir lui demander I Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder. D’un autre côté, il y a Dick, terriblement timide et introverti, collectionneur frénétique de tout un tas de groupes indé obscurs qu’il essaie vainement de faire découvrir à ses amis en leur copiant des cassettes qu’ils n’écouteront jamais.

Ce livre est effectivement bourré de références musicales, mais je ne le vois pas comme un livre rendant hommage à la musique. J'y vois plutôt l'histoire d'une tentative de remise en question d'un homme qui ne veut pas vieillir et qui se sent incapable de prendre de vraies décisions, de peur de manquer d'autres opportunités, et finalement qui a une grande peur de rater sa vie (il a tout de même 36 ans!). Le tout est raconté avec un humour décapant. J'ai particulièrement apprécié sa relation avec ses deux employés: le discret et sensible Dick et le volubile-cynique Barry, célibataire endurci. Mais aussi ses réflexions intérieures sur la dure réalité de la condition masculine confrontée à ces créatures aux moeurs étranges que sont les femmes.

Robert Smith de The Cure qui parlait du livre il y a quelques années à un journaliste de Rock’n’Folk disait : "Un classique pour les maniaques de la musique. Brillant, parfait, j’ai tous les disques qui y sont cités". Je ne peux qu'abonder dans ce sens, Haute fidélité est un vrai et grand livre Rock and roll que je vous recommande très chaudement!

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Commentaires
M
@Julien Naufragés: c'est vrai que le bouquin est beaucoup plus acide! Mais le film a le mérite de divertir comme tu le dis si bien.
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J
Moi même maniaque de la musique (mon activité sur www.shootmeagain.com parlerait pour moi!) m'a poussé vers cet auteur. La claque ce livre, j'ai adoré... ainsi qu'une tripotée d'autres de ses romans! Il y'a tout ce que j'aime la dedans : le loser au grand coeur, la musique, l'humour, etc. <br /> <br /> Et on est d'accord, le film ne représente pas assez bien le livre. Il l'américanise aussi donc... Mais le film est sympa, voir distrayant, sauf qu'il relègue le film à la comédie doucement romantique alors que le livre est bien loin de cela je trouve!
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N
@Fée Paradis: Ca vient, ça vient ^^
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F
Même si c'est un bon roman, n'essayez pas de noyer le poisson : on veut de la Thaïlande !
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Y
J'ai aimé autant le livre que le film (ah, Jack Black !).
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J
Un commentaire enthousiaste qui me donne réellement envie de découvrir cet ouvrage! Si je le trouve un jour dans une brocante :) !
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E
Oh là là il a l'air super, tout aussi bien que Juliet, naked, non? Va falloir que je lise plus de Nick Hornby!
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M
@Liyah: De mon côté, j'ai cru comprendre que cet auteur était plutôt inégal avec notamment un livre super chiant ayant un rapport avec sa passion pour le club de foot d'Arsenal... Pour le moment, je préfère m'en tenir à cet ouvrage, mais je pense revenir vers lui.
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L
J'aime beaucoup cet auteur bien que je n'ai lu que Slam, mais pas ma d'autres de ces livres me tentent, dont celui-ci !
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M
@Miss Spooky: Allez y, foncez, ça vaut vraiment le coup! Pour paraphraser chou: Ce livre est hilarant, émouvant, parlant, criant, bandant. ^^<br /> <br /> @chou: Promis, je te paie tes royalties sur la formulation que je t'ai emprunté. <br /> J'ai bien noté le Jonathan Tropper que je vais acheter dans le mois de Septembre ce qui va rajouter de l'eau au moulin de Nelfe qui a tendance a penser que mon budget livre crève le plafond... :)
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C
Et le dernier, Juliet Naked, bien que n'atteignant pas à la top-moumouterie de High Fidelity, n'est pas mal non plus.<br /> Je crois que j'ai plus appris sur les hommes en lisant ce livre que de les fréquenter pendant des décennies.<br /> A signaler le frangin américain de Hornby, qui déchire sa mère (ou sa race, ou sa chèvre - comme vous voulez mieux) : Jonathan Tropper, avec parmi d'autres merveilles "C'est ici qu'on se quitte". Hilarant, émouvant, parlant, criant, bandant. La totale !<br /> Bien le bonjour chez vous ! ;o)
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M
Mr K a encore frappé, et j'ai envie d'acheter ce livre... surtout que la petite review de Smith a pratiquement convaincu Mr Muffin de le lire (un miracle si j'ose dire :P). Vivement la prochaine commande !
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M
@ppm: Le hasard a ses raisons que mon porte feuilles ignore! ;)<br /> <br /> @Nelfe: Je te le concède une fois de plus, tu as excellent goût... Je crois que je tends le cou pour me le faire couper là... ^^
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P
Aller le lire en Thaïlande, quel gâchis de kérosène quand même :)
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N
J'avais adoré ce roman quand je l'avais lu. Bon, ça date d'il y a plusieurs années mais je me souviens de m'être fait la même réflexion sur le côté Bridget Jones masculin.<br /> Ravie que tu ais aimé ce bouquin, j'avais la pression puisque je te l'avais conseillé ;)
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