"Le sang du Christ" de Frédéric Mars
L'histoire: An 30 de notre ère, 6 jours avant la Pâque juive.
Dans une ferme située à proximité de Jérusalem, un homme est sacrifié selon le rituel de l’agneau pascal. Mais sur son front, on peut voir un triangle isocèle, marqué au fer, et à côté du cadavre calciné, une poterie égyptienne. Ce mort, c’est Jean de Gamala, héritier légitime du trône de David, usurpé par Hérode avec l’appui de Rome.
Soupçonné du crime, son frère Jacques le scribe tente de démasquer par lui-même le meurtrier. Aidé de sa nièce Sara, il piste l’assassin qui ensanglante la Judée, alors qu’un autre aspirant au titre de roi des Juifs provoque les autorités juives et romaines : un certain Jésus de Nazareth.
De Qumran à Magdala, d’initiation en découvertes, Jacques et Sara vont pourchasser jusqu’au pied de la Croix celui qui se révélera être... le premier tueur en série de l’humanité...
La critique Nelfesque: Voilà un livre qui va faire couler beaucoup d'encre. Avec un sujet aussi polémique, difficile de faire autrement. Jésus est-il vraiment celui que l'on croit? Jésus est-il vraiment Jésus? Qui se cache derrière le Messie? Est-ce un calculateur assoiffé de sang? Autant de questions qui ont tenté de malmener la catholique qui est en moi.
Pendant toute l'oeuvre, on suit Jacques et sa nièce Sara à travers toute la Palestine, à la recherche de l'homme qui a tué un membre de leur famille. Jacques est scribe, homme de lettre et de science, il est très érudit et se trouve confronté à bon nombre d'énigmes pour avancer dans sa quête. Sara est une jeune fille attachante et ingénieuse. Loin d'avoir les deux pieds dans le même sabot, elle est une aide précieuse pour son oncle et apporte un peu de fraîcheur à l'ensemble de ce livre qui aborde des sujets complexes dans une époque loin d'être drôle.
Toute la première partie de ce "Sang du Christ" m'a paru extrêmement longue. J'ai mis du temps à m'attacher aux personnages, je trouvais l'ensemble bien mou et les parties soit disant haletantes ennuyeuses. J'ai même failli fermer définitivement le livre. Comme c'est une chose que je déteste faire, pensant qu'en faisant celà je risque toujours de passer à côté d'un livre qui tue, je me suis abstenue. Et j'ai bien fait!
Les choses s'accélèrent dans la seconde moitié du livre et c'est une véritable course contre la montre qui débute. Les questions trouvent enfin leurs réponses, les personnages se font plus profonds, plus ambigüs et le talent de Frédéric Mars se révèle. Les meurtres s'enchaînent, les raisonnements font leur chemin dans la tête des personnages principaux, les secrets de famille font leur apparition. Toute cela devient addictif et je n'arrivais plus à poser mon livre.
Beaucoup m'ont demandé mon point de vue en tant que catholique sur le fond de ce livre. Je ne suis pas une grenouille de bénitier étroite d'esprit et à la vie bien rangée, je suis une nana de mon temps, moderne et ouverte (ceux qui suivent ce blog ne pourront pas dire le contraire (vous avez plutôt intérêt oui!)). Le fait de voir Jésus en "bad boys" (et même pire que ça), pratiquant des rituels loin d'être catholiques et tenant des propos menaçants ne m'a pas choquée. Le personnage présenté n'est pas Jésus, c'est un personnage de roman. Cette seule évidence suffit à faire la part des choses. Certains catholiques se trouveront sans doute choqués et penseront que cette oeuvre est blasphématoire. A tout ceux là, je leur déconseillerai donc d'aller au cinéma ou d'ouvrir un autre roman car ils ne savent vraisemblablement pas faire la différence entre la réalité et la fiction. Il faut prendre "Le sang du Christ" pour ce qu'il est: un roman.
Frédéric Mars s'est très bien débrouillé pour que les faits collent à la fiction. Fruit de 4 ans de recherches, l'intrigue est très bien ficelée. On se surprend à se dire que si ça se trouve on s'est moqué de nous en cours de cathéchisme (je vous vois bande d'hérétiques près à me sauter sur le poil...). Le moindre fait historique justifie une partie du scénario de Frédéric Mars. Bluffant!
"Le sang du Christ" est le premier volet d'une trilogie. L'auteur a réussit son pari, la lectrice que je suis en redemande. Ce roman est haletant, intrigant et diaboliquement bien mené. Vivement la suite!