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Le Capharnaüm Éclairé
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16 décembre 2009

Take Abe, la découverte japonaise

Take_Abe___Cinemascape

La découverte musicale de l'année est là entre mes mains, dans mes oreilles depuis plusieurs jours et a parcouru des miliers de kilomètres puisqu'elle vient de l'autre côté de la planète: "Cinemascape" de Take Abe.

Take Abe, de son vrai nom Takehiko Abe, est un artiste japonais. Artiste complet, il est auteur, compositeur et interprète de ses morceaux ayant déjà composé des bandes originales pour des films indépendants. Il expose également ses oeuvres visuelles dans diverses galleries à Tokyo, à Kyoto... La pochette de son album est d'ailleurs une de celles-ci. C'est donc un homme avec une vraie sensibilité artistique qui se livre à nous dans "Cinemascape" et se lance dans une carrière solo avec ce premier album.

"Cinemascape" est une contraction de "Cinema" et "Landscape". Un paysage cinématographique, c'est ce que nous propose Take qui compose chaque morceau comme autant de scènes précises flottant dans son esprit. Si on lui demande ce qui lui ferait le plus plaisir, ce serait que ses auditeurs visualisent des choses à l'écoute de son album. Nous allons le satisfaire, et ce sans flatterie superflue: sa musique à dimension mélancolique est fortement évocatrice. L'écoute commence avec un "Prologue" à l'orgue qui met tout de suite l'auditeur dans un espace temps différent, une relaxation propice à la rêverie.

La science fiction et l'espace sont deux thèmes qui inspirent Take: "... And the earth was covered with snow" nous apparaît comme une scène issue de la science fiction où la race humaine est exterminée par une guerre absurde et où le seul être humain encore debout n'est autre que vous (un côté "La route" actuellement au cinéma)... et la terre est couverte de neige. "Cosmic space", plus électro, évoque une dérive dans l'espace tout comme "Terra" également située dans l'espace et le futur. "Secret box", un monde en sépia, est un ovni musical comme une berceuse et un requiem simultané.

La mélancolie et le calme sont deux autres thèmes récurents: "The lady of Shalott" nous présente une femme éperduement amoureuse, déçue, choisissant de mourir.  "Empty autun swing" est une scène au crépuscule automnal. "Yuki" qui veut dire "neige" en japonais (Gotainer est-il au courant?!) évoque la quiétude d'un silence dans un temple zen...

Ce qui fait l'originalité de cet album c'est aussi son traitement. Take Abe n'utilise pas seulement des instruments de musique pour produire des sons mais sait donner une couleur musicale à des objets usuels du quotidien. Pour "Mindscape" par exemple, il utilise un verre à vin.

Je pourrai parler des heures de ce bijou qu'est "Cinemascape" mais le mieux est encore que vous l'écoutiez à votre tour. Je garde le meilleur pour la fin, le titre "Dolls" qui a été une grande (grande!) claque dès la première écoute. Avec ses grincements de violon, ses portes qui couinent, ses craquements de bois comme sur un bateau, le son incessant d'une boîte à musique et le chant de cette petite fille, tout est réuni pour faire de ce morceau une bande originale de film de genre à la "28 jours plus tard" (composée par John Murphy). Avec "Dolls", on frôle le génie.

L'album se termine avec "Ending", tel un générique de fin. Le générique d'un film qui nous a procuré de fortes émotions. Merci Take.

TakeLe petit plus de Mr K: Une fois n'est pas coutume, je viens "squatter" une critique musicale de ma chère Nelfe! Cet album est une véritable merveille atmosphérique qui à mes yeux est la découverte de l'année. Ces nippons sont décidément très forts et Take rejoint au firmament des artistes musicaux japonais les Acid mother temple.

Le titre de l'album n'a pas été choisi au hasard. En mettant, ce cd dans votre chaîne, c'est une invitation au voyage qui vous est proposée. Une expédition dans un pays bien étrange, mélangeant lyrisme et singularité: les 15 morceaux pourraient constituer une BO de film. Cet artiste vous propose une musique oscillant entre l'électro et une instrumentalisation plus classique.

Cela fait déjà plus de deux semaines que le cd passe quasiment une fois par jour sur mon ordi tant il a un goût de revenez-y. Une méga claque musicale comme on aimerait en prendre plus souvent!

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