"Coraline" de Henry Selick
L'histoire: Coraline Jones est une fillette intrépide et douée d'une curiosité sans limites. Ses parents, qui ont tout juste emménagé avec elle dans une étrange maison, n'ont guère de temps à lui consacrer. Pour tromper son ennui, Coraline décide donc de jouer les exploratrices. Ouvrant une porte condamnée, elle pénètre dans un appartement identique au sien... mais où tout est différent. Dans cet Autre Monde, chaque chose lui paraît plus belle, plus colorée et plus attrayante. Son Autre Mère est pleinement disponible, son Autre Père prend la peine de lui mitonner des plats exquis, et même le Chat, si hautain dans la Vraie vie, daigne s'entretenir avec elle. Coraline est bien tentée d'élire domicile dans ce Monde merveilleux, qui répond à toutes ses attentes. Mais le rêve va très vite tourner au cauchemar. Prisonnière de l'Autre Mère, Coraline va devoir déployer des trésors de bravoure, d'imagination et de ténacité pour rentrer chez elle et sauver sa Vraie famille...
La critique Nelfesque: Quel chouette moment de cinéma! Un film d'animation comme on aimerait en voir plus souvent s'adressant aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Enfin... je mets un bémol pour les enfants car il n'est pas à mettre devant tous les petits yeux! Ma petite voisine de salle obscure doit encore en faire des cauchemars, après avoir pleurer plus de la moitié du film (la pauvre...). Ici, on est bien loin du monde enchanté de Nicolas et Pimprenelle, l'ambiance est noire mais poétique. Les décors sont sublimes, la musique aussi et le ton est juste. Nous ne sommes pas dans le gnangnan conventionnel et le niais qu'on donne d'ordinaire aux enfants. "Il faut savoir se contenter de ce que l'on a" semble être la morale de l'histoire. "Tout ce qui brille n'est pas d'or" conviendrait aussi... Dans ce monde basé sur la consommation, j'aime voir des productions qui montrent d'autres valeurs que celles de l'apparence.

Petite remarque en passant: regardez bien le "vrai" papa de Coraline! Perso, il me fait furieusement penser à Vincent Lindon!

La critique de Mr K: 6/6. Excellent moment de cinéma. Au diable la 3D et autres moyens d'animation dits "modernes", vive la "stop-motion", technique déjà éprouvée sur des classiques comme Chicken Run, L'étrange Noël de Mr Jack et Les noces funèbres. En allant voir ce métrage, c'est une variation autour d'Alice au pays des merveilles qui s'offre à nous. Un monde parallèle au premier abord merveilleux mais qui peu à peu montre ses limites, ses non-dits et finalement son aspect cauchemardesque. A ce propos, on ne peut pas dire que ce soit un film à conseiller aux plus jeunes vu les réactions de certains môme dans l'assistance, spéciale dédicace à la petite fille "terrorrifiée" qui se trouvait dans le rang derrière nous. Un univers déviant donc mais débordant de poésie et de finesse. Ainsi, nous ne nous retrouvons pas devant une énième histoire d'enfant malheureux où la fin transpire la guimauve (si si c'est possible) mais devant une oeuvre réellement décalée, underground qui ne prend pas nos chers têtes blondes et nous même pour des c... . Pour ma part, j'ai particulièrement apprécié le personnage du Chouminou, l'ambiance déliquescente du monde parallèle et la frénésie de couleurs et d'animations loufdingues composant cette oeuvre. L'humour est présent du début à la fin et fait mouche à chaque fois, histoire de contrebalancer le malaise qui s'installe. A voir absolument!