"Les chiennes savantes" de Virginie Despentes
Candidate libre au bac, Virginie fait tous les métiers : femme de ménage à Longwy, hôtesse dans un salon de massage à Lyon, pigiste pour des journaux rock et porno ou vendeuse au rayon librairie du Virgin Megastore à Paris. Fille unique de fonctionnaires, elle brave les interdits familiaux en devenant une véritable égérie 'underground’. Auteur d'ouvrages sulfureux et décriés, elle dépeint un monde malsain et vil qu'elle n'a que trop côtoyé. Ses romans au style littéraire innovant, alliant vulgarité et réalité, font d'elle une madone de la littérature 'trash'. Après une retentissante adaptation cinématographique de son livre "Baise moi", Virginie Despentes, lassée des étiquettes qu'on lui attribue, décide d'aborder des thèmes optimistes avec "Teen Spirit", son quatrième roman qui traite outre de la paternité, de réussite sociale... changement radical ! Enfin, en 2006, elle tombe le masque et raconte dans 'King Kong Théorie' comment elle est devenue ce personnage controversé.
"Les chiennes savantes" est le troisième opus que je lis de cette écrivaine hors norme. En parcourant le web à la recherche d'avis sur son oeuvre, on ne peut qu'être frappé par ce que l'on peut y trouver. Peu d'avis mesurés, c'est soit on aime soit on déteste.
Pour ma part, je l'ai découverte au cinéma durant les deux ou trois jours où "Baise-moi" était resté à l'affiche avant son interdiction. J'étais sorti impressionné (impossible de dire sur le coup si j'avais aimé ou détesté le film!) et m'étais rué chez mon libraire pour y acheter le livre que j'avais pour le coup adoré. Sens inné de l'écrire, une approche simple et sans concession d'un road movie bien thrash. J'avais enchaîné ensuite sur son recueil de nouvelles "mordre à travers" que j'avais bien aimé même si les textes étaient inégaux.
V'là-t-il pas que ma frangine me prête "les chiennes savantes" à la mi-août. Après un été dédié aux plaisirs vidéos-ludiques, il me fallait quelque chose de frais pour reprendre mon année de lecteur. Un bon Despentes semblait faire l'affaire... Voyez le temps que j'ai mis à le lire...
Franchement, c'est la première fois que je bloque autant sur un livre (à part les oeuvres imposées de Molière au collège!). Inutile de préciser que j'ai été grandement déçu. L'histoire est peu intéressante et parfois décousue. On peut faire du thrash mais on ne peut sacrifier un bon fil conducteur, et là malheureusement j'ai décroché. L'héroïne est détestable au possible et complètement c.... (excusez-moi); elle sombre c'est sûr, mais de là à se faire manipuler par un mysogine qu'on voit arriver gros comme un camion... Non, vraiment rien à sauver, si ce n'est quelques personnages secondaires bien mis en valeur comme "la reine mère" ou "Saïd". Le reste n'est qu' errances hypnotiques, roulage de joint, re-errance, re-roulage de joint... Finalement, pas si thrash que ça. La machine semble tourner à vide, j'en suis le premier contrit.
Cette mauvaise expérience littéraire ne m'empêchera cependant pas de penser que Virginie Despente reste une des meilleures écrivaines de sa génération. Prochainement, ma sœur me prêtera "King Kong Théory" qu'elle m'a assuré bien meilleur. En attendant, je me replonge dans une valeur sûre que je vous commenterai prochainement.