Errances de l'inconscient

1. Toute la pluie tombe sur moi... et seulement sur moi!
2. Isolé sur cette place bétonnée, je contemple la déliquescence de cet univers en perdition...
3. Le Ciel a disparu, il n'existe plus que des agrégats de verre, de métal et d'acier tendus vers des sommets rendus invisibles par diverses émanations.
4. Perfection des angles et des projections, la matière s'enroule autour de moi pour me prendre et me convertir. Je résiste!
5. Le Culte du béton est proclamé et nulle part pour se réfugier. Mais je suis perdu, abandonné.
6. Je hèle les passants au hasard, la réponse est la même :"vous êtes marqué: indigent et étranger". La liberté par l'aliénation et l'acceptation, telle est leur proposition.
7. Métamorphosé en misanthrope des temps modernes, je m'écarte de ces âmes vides effectuant leur transhumance pendulaire quotidienne.
8. L'angoisse me gagne et j'ai peine à respirer: égaré que je suis, au milieu de ce monde policé, seul face à la masse grouillante et consommante de ces êtres désincarnés et conditionnés.
9. D'Individu, il ne reste que moi. Je suffoque maintenant au centre de la masse, qui ne perçoit déjà plus ma non-existence.
10. Je titube, l'air devient irrespirable; d'ailleurs les gens d'ici respirent-ils? Mangent-ils? Vivent-ils? Pourquoi suis-je le seul à être vivant? Libre...? Je délire.
11. Je suis trempé, la masse est sèche. Quand on y réfléchit bien, il est rare que le groupe se mouille. Mon souffle se fait fort et sifflant...
12. Le silence est assourdissant, les lumières froides: nulle trace animale ou amicale; la folie, l'ordre, le travail, le rang et ... une fille.
13. Vêtue de rouge de la tête au pied, elle me glisse à l'oreille, ces quelques mots: "le dévoreur est là!" un sourire empli de malice au coin des lèvres.
14. Il était bien là, sous la forme d'un garçonnet répétant inlassablement d'une voix mécanique: "2+2=5, 2+2=5, 2+2=5..."
15. Bip bip bip!!! Le réveil sonne, il est 7h30. Temps de se préparer et d'aller au Lycée, il fait froid. Quel étrange cauchemar! Je me lève, mon pied accroche quelque chose, je me baisse... et.... Le coupable est au pied de mon lit: Orwell, "1984". Sacré Georges!