"Le Diamant du rajah" de Robert Louis Stevenson
/image%2F0404534%2F20260818%2Fob_a814e6_918uduaszcl-ac-uf1000-1000-ql80.jpg)
L’histoire : Qui aurait cru qu'un diamant puisse provoquer une telle avalanche de catastrophes dans la haute société londonienne ? Certainement pas le jeune et distingué Harry Hartley, victime bien malgré lui du maléfique diamant du rajah…
La critique de Mr K : Petite incartade en lecture jeunesse avec un ouvrage de Robert Louis Stevenson, l’immortel auteur de L’île au trésor, un de mes premiers coups de cœur de lecture. Le Diamant du rajah est un ouvrage très malin de par sa construction et jubilatoire dans son contenu, j’ai passé un très agréable moment.
Lorgnant entre le mini-roman et la suite de nouvelles, ce recueil s’apparente à un récit à tiroirs où l’élément central est le fameux diamant qui attise bien des convoitises et va livrer en parallèle la nature profonde de l’âme humaine. C’est un ensemble composé de quatre parties où à chaque fois le protagoniste principal a maille à faire avec la fameuse pierre. On change de personnage principal à chaque partie, le lien se fait naturellement et crée une trame assez dense et parfois à fort rebondissement.
On oscille entre polar et aventure mystérieuse, le suspens est constant avec des personnages plutôt attachants même si certains sont quand même bien gratinés au niveau de la veulerie et de l’ambition destructrice. On est dans du classique en terme de sujet et de traitement, l’avarice maîtresse du vice, l’addiction au pouvoir, la fascination pour l’argent roi face à la jeunesse, l’innocence et la pureté de la Raison.
On est dans du easy-reading sans que cela soit dommageable bien au contraire. L’auteur ne s’embarrasse pas de luxe de descriptions et de ronds de jambe, on va ici à l’essentiel dans la pure tradition des feuilletons du XIXème siècle avec en plus un charme tout britannique avec un certain humour, décalage qui s’approche du no-sense. C’est rafraîchissant et assez brut de décoffrage par moments notamment dans les relations tissées entre personnages. Le diamant est le spectateur / témoin de ces atermoiements et changements de main, et comme lui nous assistons à ce jeu de dupes qui réserve bien des surprises.
L’écriture est une petite merveille de concision et d’évocation en même temps, le plaisir est immédiat et durable. On s’amuse beaucoup et on referme le roman avec un sourire vissé aux lèvres. A faire découvrir absolument à de jeunes pousses !