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Le Capharnaüm Éclairé
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27 mai 2026

"La Peur dans l'âme" de Valerio Varesi


L’histoire : Tu croyais vraiment que cet endroit pouvait échapper à tout ce qui fuit avec le temps ?


Épuisé par la chaleur accablante de Parme en plein mois d’août, le commissaire Soneri cherche un peu de fraîcheur à Montepiano, dans les Apennins, auprès d’Angela. Mais le calme de la montagne est bientôt rompu par un cri : un villageois a été blessé par balle, sans pouvoir ou vouloir expliquer ce qui s’est passé.

 

Les jours suivants, le village est envahi par les carabiniers qui traquent l’un des criminels les plus recherchés d’Italie, le Serbe Vladimir, auteur de vols et de meurtres, qui se cacherait dans les bois alentour. Face à toute cette agitation, la peur gagne les habitants, qui commencent à se méfier les uns des autres, les liens se fissurent, les regards se durcissent. Vladimir devient un spectre tout-puissant, un ennemi presque mythique qui nargue les forces de l’ordre sur les réseaux sociaux. Trop parfait, pense Soneri.

 

Tiraillé entre son désir de repos et son instinct d’enquêteur, Soneri plonge au cœur d’une communauté en crise, où la peur révèle les failles humaines, les secrets enfouis et les contradictions d’une époque obsédée par la violence…

 

La critique de Mr K : Saluons le retour en 2026 du commissaire Soneri, un enquêteur que j’aime beaucoup et que je suis depuis de nombreuses années dès que le talentueux Valerio Varesi initie un nouvel ouvrage et que la maison Agullo le traduit en français. Cette année, La Peur dans l’âme est un huis clos campagnard maîtrisé et addictif comme jamais. On retrouve la personnalité si attachante de Soneri et l’écriture ciselée d’un auteur unique en son genre. Une lecture rapide et absolument jouissive.

 

Tout commence dans un coin paumé des Apennins où Soneri a amené sa douce Angela pour un séjour tranquille loin du tumulte et de la chaleur de la ville de Parme. Un petit village en moyenne altitude, la nature sauvage à perte de vue et la perspective du calme ravissent les deux tourtereaux. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Un cri dans la nuit, un blessé par balle, un criminel dangereux en cavale… beaucoup d’éléments qui ne peuvent qu’attirer l’attention de Soneri qui malgré ses bonnes résolutions ne peut résister aux sirènes de l’investigation et va apporter son concours aux Carabiniers (équivalent de nos gendarmes) dépêchés sur place pour une battue géante.

 

Dès lors, le vers est dans le fruit, Angela le sait bien, c’est aussi pour ça qu’elle l’aime son commissaire ! Partageant son temps entre dîners, moments privilégiés à deux et balades, très vite l’étau se resserre autour de Soneri, l’affaire s’offre à lui en quelques sortes. Le voila battant la campagne à la recherche d’indices, rencontrant des personnages parfois hauts en couleur, discutant à bâtons rompus de l'enquête avec ses collègues et mettant à jour des pratiques douteuses dans lesquels trempent pas mal de membres de la communauté locale. Le danger se rapproche au fur et à mesure que notre commissaire préféré assemble les pièces du puzzle.

 

On retrouve tous les ingrédients qui font des enquêtes de Soneri d’authentiques pièges à lecteurs, des ouvrages qui vous happent littéralement et ceci très rapidement. Le personnage principal reste toujours aussi attachant. Râleur et grincheux mais pas que, il véhicule une force tranquille, de belles valeurs et une philosophie simple, apaisante. Mine de rien, derrière une dégustation de spécialités transalpines, un échange banal avec untel ou untel, il progresse dans une enquête plutôt nébuleuse qui ne débouche pas sur grand-chose au départ. Angela est plus présente dans ce volume même si les développements l’éloigneront un peu vers la fin. Le couple d’amoureux qu’elle forme avec Soneri est toujours aussi délectable, ces deux-là s’aiment vraiment et leurs rapports sont à la fois délicats et sensuels.

 

On croise comme d’habitude de nombreux personnages très bien caractérisés dont les relations sont tissées du fil de l’araignée aussi discret que solide. L’ensemble vaut le détour car tous les éléments s’entremêlent parfaitement et donnent à voir un petit coin d’Italie perdu entre traditions vivaces et monde nouveau qui émerge. On aime contempler les paysages, y voir se débattre des familles en prise avec le passé et des êtres un peu hors du temps, décalés à la manière de Tilo, cet homme parcourant la forêt et revendant du bois qu’il transporte à dos de mule. Face à cela des carabiniers qui patinent dans leurs recherches et des liens secrets qui entravent l’enquête.

 

La langue reste toujours aussi addictive. Simple et accessible, très poétique à l’occasion de descriptions d’états d’âme à fleur de mots et de lieux au pouvoir magique indéniable, les pages se tournent vraiment toute seule, l’heure du coucher a été bien reculée sur deux jours de suite. Un pur bonheur de lecture qui en appelle d’autres, j’ai récemment acheté d’occasion sur le net trois nouvelles enquêtes de Soneri (plus anciennes) qui m’avaient jusque là échappées ! Miam miam !

 

Déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Or, encens et poussière
- La Maison du commandant
- Nouvelles de Noël
- Ce n'est qu'un début, commissaire Soneri
- La Stratégie du lézard
- L'autre loi

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Commentaires
A
J'ai beaucoup aimé le personnage de Tilo également, et quelle tristesse pour sa mule.
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