"Je vais te détruire" de Linwood Barclay
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L’histoire : Quel est le prix à payer pour un acte héroïque ?
Richard Boyle connaît la réponse à cette question. Professeur de lettres dans un lycée de l'État du Connecticut, il n'a pas hésité à s'interposer quand un ancien élève, armé d'une ceinture d'explosifs, est venu commettre une tuerie dans l'établissement.
Le courage de Richard a permis d'éviter le pire, mais bientôt les parents du jeune kamikaze, décédé accidentellement, l'accusent d'homicide, tandis que d'autres montent une cabale contre lui. Le statut de héros est décidément bien précaire. Sans compter qu'un maître chanteur le menace de révélations compromettantes...
Qui en veut à Richard ? Pour racheter sa réputation, le prof se lance dans une enquête qui le met sur la route de dangereux criminels... Est-il de taille à défier ceux qui veulent le détruire ? Lui, qui a sauvé une école, arrivera-t-il à sauver sa carrière, sa famille ?
La critique de Mr K : Lecture traditionnelle de début d’année, Linwood Barclay revient avec un nouveau roman que j’ai trouvé plutôt convenu. Et pourtant sur le papier, Je vais te détruire a tout pour me plaire. Un professeur comme personnage principal, une vie qui s’effondre par une série d’événements dramatiques et des tensions diverses… de quoi s’amuser au dépens d’un personnage en roue libre. Beaucoup de promesses donc, mais au final cette lecture est un soufflé qui ne prend jamais vraiment…
Richard est professeur en lycée et un jour, par un coup du sort comme seul le destin peut parfois nous réserver, il empêche un ancien élève déséquilibré de faire littéralement sauter l’établissement. Ce dernier succombe cependant peu après, suite à un faux pas qui déclenche le mécanisme qu’il porte sur lui. Nul autre que lui n’est tué ou blessé, cela va affecter Richard ressorti fortement ébranlé de cet événement. Pour autant, les jours passent, il peut compter sur sa femme et sa jeune fille Rachel pour essayer de reprendre sa vie là où elle a été interrompue.
Mais le poison est là et très vite une série de péripéties bouscule encore un peu plus cet homme intègre et soucieux de son prochain. Ainsi, un mystérieux maître chanteur veut le faire payer pour une agression sexuelle dont il aurait été l’auteur, des parents remettent en question ses choix pédagogiques en terme de lecture d’œuvre intégrale (les jugeant inappropriées) et même les parents du jeune kamikaze portent l’affaire en justice accusant Richard d’avoir tué leur enfant ! Cela fait beaucoup pour un seul homme, une cabale est à l’œuvre et il va falloir toutes les forces de Richard et ses proches pour espérer s’en sortir au fil des révélations successives que nous livre l’auteur.
Le démarrage est plutôt bien géré. Dès le premier chapitre, on est plongé dans le bain avec la scène se déroulant au lycée et les échanges entre Richard et le désespéré. On fait connaissance avec son chef et ami, avec la petite famille et des personnages sans liens avec l’affaire mais qui vont venir se greffer à l’intrigue au gré des chapitres qui s’égrainent. Du très classique qui fonctionne. Très vite, un fatum semble s’imposer au héros malheureux, la mise en tension est parfaite, on est bien dérangé dans nos certitudes et on s’attend à un grand feu d’artifice de révélations.
Et puis, passent les pages de la première moitié de l’ouvrage et c’est lent, très lent même. On a l’impression de faire du surplace et que Linwood Barclay fait du délayage. On ne s’ennuie pas mais on reste sur sa faim. Certaines réactions de personnages sont peu crédibles (notamment Richard qui m’a agacé au plus haut point par moments) voire stupides et illogiques (je pense aux deux trafiquants de drogue). Les pages se tournent mais la passion n’y est pas, je n’arrivais plus à m'intéresser vraiment à certains personnages mais je voulais connaître le dénouement. M’ont maintenu à flot le background avec une évocation légère mais saisissante de la crise des opioïdes aux États Unis et un rythme échevelé qui permet de lire vite et sans fatigue.
Déception donc pour un ouvrage que je ne qualifierai pas de raté pour autant car il est impossible à lâcher. Mais ça reste du "tout venant" et Linwood Barclay m’a habitué à bien mieux. À réserver aux fans de l’auteur.
Ouvrages déjà lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- Cette nuit-là
- Crains le pire
- Les Voisins d'à côté
- Du bruit dans la nuit
- Le Vertige de la peur
- Disparue à cette adresse
- Ces mensonges qui nous lient