"La Douceur du café" de Toshikazu Kawaguchi
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L’histoire : Ouvrir ce livre, c'est savourer, une fois de plus, la poésie d'une série d'une rare délicatesse qui continue d'émouvoir le monde entier.
"Yû" signifie "douceur" en japonais. Megumi pourra-t-elle donner ce prénom à sa fille sans l'accord de son mari disparu ? Yûki, un petit garçon de sept ans, ravalera-t-il les larmes versées devant ses parents lui annonçant leur divorce ? Mochizuki saura-t-il se faire pardonner de n'avoir pas voulu bénir le mariage de sa fille ? Tsumugi osera-t-elle offrir des chocolats à son amie Ayame le jour de la Saint-Valentin et lui déclarer son amour, dix ans plus tard ?
Au Funiculi Funicula, lieu de tous les regrets et de tous les espoirs, faire la paix avec son passé est possible. Le temps d'une tasse de café, tous ces personnages en feront l'expérience. Et vous aussi !
La critique de Mr K : Petite douceur littéraire aujourd’hui au programme de cette chronique avec le dernier né de Toshikazu Kawaguchi de sa série à succès se déroulant dans un café pas comme les autres. La douceur du café reprend les ingrédients des précédents et même si la surprise est rarement au rendez-vous, car on commence à se faire au style et aux astuces de l’auteur, on passe un délicieux et délectable moment en compagnie des personnages récurrents et des nouvelles têtes qui viennent expérimenter le voyage dans le temps pour régler leurs soucis personnels.
Rappelez-vous, au Funiculi Funicula, vous pouvez retourner dans le passé, voire aller dans un avenir proche, pour retrouver et parler avec des personnes qui ont déjà mis les pieds dans l’établissement. Il suffit pour ça d’attendre que le spectre d’une dame en blanc quitte son siège pour aller aux toilettes (elle le fait seulement une fois par jour), de commander un café et de le boire avant qu’il soit totalement refroidi. Sinon, vous êtes maudit et condamné à errer pour l’éternité dans l’établissement -sic-. Impossible aussi de pouvoir modifier le présent, il faut juste se contenter de parler, observer sans velléité de jouer aux apprentis sorciers…
Dans le présent volume, nous faisons la connaissance de quatre personnages qui vont franchir l’entrée du Funiculi Funicula pour des raisons bien diverses. Megumi a perdu son compagnon peu de temps avant d’accoucher sans avoir eu le temps de choisir le prénom de leur petite fille à venir. Ils devaient choisir ensemble, ce voyage dans le passé pourrait bien être la solution pour une dernière explication et recherche. Yuki, petit garçon de sept ans veut revenir pour ses parents qui se sont séparés ce qui l’avait tétanisé à l’époque. Il a des choses à leur dire et pas forcément ce que l’on pourrait attendre. Mochizuki voudrait se rabibocher avec sa fille qu’il n’a pas soutenue lors de son mariage, le promis n’étant pas à son goût. Se pourrait être l’occasion pour lui de se livrer entièrement et de crever l’abcès. Enfin, Tsumugi n’a jamais réussi à déclarer son amour pour sa meilleure amie, mais est-il vraiment trop tard ?
Quatre clients particuliers donc que nous allons suivre sur une cinquantaine de pages chacun avec toute la science de la caractérisation rapide dont est coutumier l’auteur. La situation est expliquée en quelques pages suite à l’entrée dans le café, on en profite au passage pour prendre des nouvelles de certains habitués, du tenancier et de son équipe. Tous le personnages (morts comme vivants d’ailleurs !) sont finement croqués et l’on balaie des thématiques universelles comme le deuil, les actes manqués, l’amour et l’amitié, la filiation mais aussi et surtout, les choix que l’on fait ou pas qui ont des conséquences sur lesquelles on ne peut revenir. Reste à accompagner le mouvement et inter-agir une unique fois avec les personnes avec qui tout n’a pas été forcément réglé. On en ressort alors souvent avec le cœur allégé et un regain d’énergie pour poursuivre son existence.
Bien que très différents, j’ai aimé tous les nouveaux clients et leurs histoires respectives. Il se dégage une philosophie très nippone, posée, réflective et profonde de ces pages. Épuré dans le style d’écriture, l’ouvrage rend vraiment l’expérience forte et vivante à la fois. Alors certes, il y a des lourdeurs notamment la répétitions des règles à chaque histoire (on commence à les connaître par cœur) mais le cheminement de chacun est remarquable et touche souvent en plein cœur. On en apprend aussi un peu plus sur certains personnages emblématiques de la série, c’est par petites touches mais je peux vous dire qu’on apprécie le peu qu’on nous donne. On pourrait continuer ainsi pendant de multiples volumes.
Au final, ce fut à nouveau un très agréable moment qui a fait du bien par les temps qui courent où trop souvent les news anxiogènes et la vie en elle-même peuvent s’avérer difficile. Cet ouvrage est un petit bonbon, une douceur qu’il serait dommage d’ignorer. A bon entendeur...