"Sally Lockhart : Le Mystère de l’Étoile polaire" de Philip Pullman
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L’histoire : Sally Lockhart, jeune et brillante détective, est aussi conseillère en placements financiers. Quand l'une de ses clientes, après avoir perdu ses économies dans la faillite d'une entreprise, vient lui demander de l'aide, elle se retrouve sur la piste d'un homme d'affaires puissant et sans scrupule à la tête d'une mystérieuse usine : L'Etoile Polaire. Pour Sally commence alors l'enquête de tous les dangers... La deuxième aventure de Sally Lockhart, une héroïne qui n'a pas froid aux yeux. Frissons et suspense garantis !
La critique de Mr K : Belle parenthèse enchantée que cette lecture jeunesse lue d’une traite tout début novembre. Je ne prenais pas trop de risques en même temps, avec Philip Pullman, on ne se trompe jamais. Le Mystère de l’Étoile polaire s’inscrit dans le cycle de l’héroïne Lockhart que j’avais découverte et appréciée dans La Malédiction du rubis. On retrouve ici tous les ingrédients d’une lecture réussie : du suspens, de l’aventure, du drame et une écriture véritablement envoûtante. Suivez le guide !
Le temps a passé, Sally Lockhart et ses amis ont grandi, mûri. Devenue conseillère fiscale, elle débute bien dans le milieu même si un jour une de ses clientes lui révèle qu’un placement qu’elle lui a indiqué lui a coûté toutes ses économies. Sally est gênée, déçue d’avoir échoué dans son travail et s’intéresse alors de près à Axel Bellman, le patron d’une mystérieuse entreprise appelée L’étoile polaire. Personnage secret et traînant une réputation sulfureuse, quel projet manigance-t-il derrière cette firme dont personne ne sait grand-chose ? L’enquête sera âpre, riche en révélations et malheureusement mortifère.
L'héroïne peut compter sur ses amis qui naviguent toujours autour d’elle-même s’ils évoluent plutôt dans le domaine de l’enquête privée et de la photographie. Jim est toujours aussi casse-cou et courageux, il excelle pour infiltrer les milieux interlopes et faire le coup de main quand le besoin se fait sentir. Frédéric mène quant à lui l’enquête grâce à son grand esprit de déduction, ses rapports avec Sally restent complexes. Ces deux là se tournent autour mais le passé et leurs caractères bien trempés font que rien de concret ne semble pouvoir se réaliser.
On retrouve tout ce petit monde avec plaisir. Ils sont tous attachants et confrontés qu’ils sont à une menace insidieuse, ils doivent se jouer du destin et des embûches qu’on leur tend. Le roman se fait d’ailleurs bien sombre par moment, un drame n’est jamais impossible et Philip Pullman va très loin dans le domaine dans ce volume. Sally va devoir traverser une épreuve terrible qui la marquera à jamais, d’ailleurs je ne serai pas surpris que l’ouverture du troisième roman du cycle s’ouvre là-dessus.
C’est un XIXème siècle anglais plus vrai que nature une fois de plus qui nous est proposé avec notamment une époque qui s‘intéresse beaucoup au surnaturel avec ces salons de spirits qui essaiment Londres et proposent de communiquer avec les esprits. C’est aussi l’époque de l’innovation technologique avec la vapeur et ses multiples applications qui est au centre de l’intrigue. L’immersion est totale, subtile et profonde à la fois.
L’écriture de Pullman reste toujours aussi séduisante entre accessibilité de tous les instants, profondeur de l’implicite et une poésie à fleur de mots. Les pages se tournent toutes seules et l’on referme définitivement le livre vite, presque trop vite, tant on aurait voulu en lire encore davantage. Un bien bon moment de lecture.