Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Capharnaüm Éclairé
Publicité
23 novembre 2025

"De la marche" de Henry David Thoreau

 

L’histoire : À quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l'inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le sera ? 
Inspiré par Ralph Waldo Emerson et son Nature, Henry David Thoreau (1817-1906) quitte à vingt-huit ans sa ville natale pour aller vivre seul dans une forêt, près du lac Walden. Installé dans une cabane de 1845 à 1847, il ne marche pas moins de quatre heures par jour.

 

La critique de Mr K : Cela faisait un sacré bout de temps que je me devais de découvrir Henry David Thoreau, très souvent cité comme référence dans nombre de romans que j’ai pu lire notamment dans la collection Terres d’Amérique de chez Albin Michel. C’est à l’occasion d’un craquage dans un café librairie où j’ai mes habitudes que je tombais sur ce tout petit opuscule, De la marche. Auteur pionnier dans le domaine de l’écologie, l’auteur nous propose ici de faire l’éloge de la marche qui finalement est l’un des indispensables moyens de toucher à la liberté. C’est beau, c’est fort et exigeant à lire mais quelle expérience !

 

Comme postulat de départ, Thoreau part du principe que l’homme doit évoluer dans la recherche de l’harmonie de la Nature. En plein XIXème siècle et fièvre de l’industrialisation, ça détonne, c’est complètement à contre courant. La marche pour lui c’est l’aventure, la découverte de soi. On est loin des sentiers balisés, des considérations matérialistes. Contempler, éprouver et ressentir sont ses maîtres mots. Et où que l’on aille selon lui, la marche nous mènera toujours dans la bonne direction. Il est ici question d’instinct, d’intuition, des sens que la modernité exècrent ou du moins remise au rang des superstitions.

 

Il écarte par la même occasion le bonheur lié au confort des maisons modernes, de la quête de l’intérieur ou de l’extérieur parfait, des machines et autres illusions de la technique qui finalement rendent plus dépendant que véritablement libre. D’ailleurs, il pousse le bouchon plus loin et revient sur le débat éternel entre Nature et Culture. Fervent défenseur de la désobéissance civile (un autre essai que j’ai acheté et que je lirai dans les mois à venir), il dénonce notre servilité face aux lois et l’ennui de nos vies bien "rangées". Pour lui, la vérité émane de la Nature et c’est en elle que l’on doit trouver le bonheur et les solutions qui vont avec.

 

Marcher c’est donc penser et se penser. Personnellement, je m’y retrouve totalement. C’est une activité que j’essaie de pratiquer souvent notamment avec ma fille de cinq ans à qui je veux inculquer l’amour et le respect du vivant, des bases essentielles que notre modernité tirant vers l’absurdie éloigne de nos jeunes pousses. Se reconnecter à la planète, au grand tout dont nous faisons partie, c’est là que réside la solution, le bonheur. Un écrit éclairant et passionnant, à découvrir absolument.

Publicité
Commentaires
Publicité
Suivez-moi
Publicité
Archives
Publicité
Publicité