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Le Capharnaüm Éclairé
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28 octobre 2025

"Le Sang des collines" de Scott Preston

 

L’histoire : Sur les abruptes collines de Cumbrie, dans le nord-ouest de l'Angleterre, on est berger de père en fils. Steve Eliman, un temps chauffeur routier, est de retour dans la modeste ferme familiale pour épauler son père vieillissant lorsqu'une épidémie de fièvre aphteuse frappe la région, vidant les vallées de leurs moutons, inondant le ciel d'une fumée noire.

Frappé de plein fouet par cette tragédie, Steve n'a d'autre choix que de se mettre au service de William Herne, un éleveur voisin, qui l'entraîne dans une périlleuse entreprise au nom de leur survie commune. Mais c'est compter sans les sentiments qu'Helen, l'épouse de ce dernier, réveille chez Steve, et le cortège de sourdes rivalités entre les deux hommes. D'autant que les choses ne vont pas vraiment se passer comme prévu...

 

La critique de Mr K : Très bonne lecture encore une fois que cet ouvrage dévoré début octobre et qui mêle habilement chronique sociale, thriller et roman noir. Dans Le Sang des collines, premier roman de son auteur Scott Preston, on plonge dans la ruralité anglaise entre tradition et modernité, dans le cœur de la terre et des hommes. C’est avec délice que l’on tourne ces pages qui n’épargnent pas les personnages ni le lecteur !

 

Steve Eliman est de retour chez lui après quelques années de break avec son existence d’origine. Pour gagner sa vie, il est devenu chauffeur routier mais ses origines sont belles et bien dans les collines de Cumbrie, dans un trou paumé du Nord-Ouest de l’Angleterre où tous (ou presque) évoluent dans le milieu paysan. Il revient donc aider son râleur de père qui a besoin d’être secondé dans son élevage de moutons, certes pas très grand (une centaine de bêtes) mais qui lui donne du travail. Le patriarche est un taiseux mais on sent bien qu’il est content que son fils soit là.

 

Puis c’est la catastrophe pour tous les paysans du crû. Une épidémie de fièvre aphteuse se déclare et l’on doit abattre sans exception tous les troupeaux infectés. Les Eliman perdent tout. Leur monde s’écroule littéralement même si les assurances fonctionnent et leur donnent de quoi survivre. Steve se rapproche alors d’un voisin, William Herne,’ le plus gros éleveur de moutons du crû, et l’aide à la ferme. Il n’y a pas vraiment de salaire, c’est un accord tacite où Steve mange et dort à l’œil chez son "employeur". Ce dernier est le plus gros fermier du coin et très vite, Steve se rend compte de son influence mais aussi dans son flirt avec les limites, il va l’entraîner dans des combines pas très claires.

 

Pourquoi Steve suit-il cet homme ? C’est nébuleux, on se situe entre l’instinct, l’admiration mais aussi l’adversité. Surtout que William est marié avec Helen, une amie de jeunesse qui ne laisse pas Steve indifférent. La tension va crescendo, le climax est étouffant. Chaque parole et acte est lourd de symbole. Il y a un côté archaïque dans les relations entre personnages, c’est universel et chaque scène assène un coup de poing, une image, un message. L’homme et le monde, l’homme et SON monde sont au cœur de cette histoire qui accélère son tempo au fil des pages qui s’égrainent sans qu’on ne s’en rende vraiment compte.

 

Le poids de la tradition et de la famille, ces petits moments du quotidien, sont décrits avec grâce et subtilité. On est dans un milieu assez brut, les paroles sont très souvent maigres mais lourdes de sens. L’homme dans son milieu familial, dans la nature, se débat avec son existence et lutte contre des vents contraires qui semblent s’acharner. La question des choix que l’on fait dans une existence est au cœur d’une trame qui parlera forcément à tous de par ses implications. C’est assez jubilatoire, déstabilisant aussi et cette lecture fait remonter à la surface des fêlures ou des accrocs de notre propre vie. J’avoue avoir apprécié cette sensation malgré parfois un malaise imperceptible qui s’installe.

 

C’est aussi un très beau roman naturaliste qui décrit à merveille la réalité d’une ferme d’élevage, de la vie pastorale et de la dureté de la vie quand elle nous met le compte. Cela donne de très belles pages avec des descriptions superbes de la nature environnante, du rythme de travail des hommes, du lien entre eux et la Nature. L’action se déroule de nos jours mais au final il y a peu d’indices (notamment technologiques) qui le montrent. L’écriture est souple, très agréable à lire et incroyablement addictive. Il est impossible de relâcher l'ouvrage quitte à se coucher un peu plus tard -sic- que prévu initialement.

 

Très beau roman vraiment dont la qualité est totale et annonce du bon dans les années à venir pour son jeune auteur qui possède déjà toutes les qualités d’un grand. À découvrir !

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Commentaires
A
Je te sens enthousiaste à propos de cette lecture.
Répondre
M
Clairement, un très bon premier roman. ;)
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