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Le Capharnaüm Éclairé
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3 septembre 2025

"Le Petit Nicolas" de Sempé et Goscinny

 

L’histoire : A priori, le petit Nicolas est un enfant comme les autres. Pourtant, le récit de ses aventures n'en finit pas de surprendre par le nombre de bêtises que lui et sa petite bande de copains déclenchent en permanence ! Et il faut être drôlement patient et avoir beaucoup de mérite, comme sa maîtresse ou ses parents, pour vivre avec un pareil petit diable !


Aucun adulte ne semble pouvoir résister à Nicolas et ses copains, Agnan le chouchou, ou Eudes le costaud, ni le photographe de l'école, ni l'inspecteur en personne, ni même le directeur ou le pauvre surveillant, M. Bouillon. Bref, le petit Nicolas et toute sa bande sèment un joyeux désordre et une belle zizanie partout où ils passent.

 

La critique de Mr K : Très belle relecture cet été d’une madeleine de Proust, un indépassable dans son genre, un des ouvrages qui a beaucoup compté à mes débuts de lecteur, un livre qui m’a poussé encore plus vers cette activité que j’affectionne entre toutes. Découvert en sixième par l’entremise de ma professeure de français (sans doute la toute meilleure de mes années dans le secondaire), Le Petit Nicolas du duo de choc Sempé et Goscinny n’a rien perdu de sa fraîcheur, de sa puissance d’évocation et de sa facétie. Relu en un temps record, ce fut un véritable bonheur de lecture qui réchauffe le cœur et l’âme en insufflant un doux vent de nostalgie.

 

Doit-on encore présenter ce personnage emblématique de la littérature jeunesse? Ce jeune garçon plutôt sérieux mais qui ne résiste jamais à l’attrait d’une belle bêtise, surtout si elle est partagée en bonne compagnie. Malgré le temps passé, tout m’est revenu de manière naturelle. Nicolas, papa, maman (il manque juste l’oncle Eugène dans ce volume, j’adore ce personnage), la cellule familiale classique où l’on vit sereinement au rythme de l’école, du travail de papa et de la maîtresse de maison qui règne sur le logis. Maman n’est pas pour autant reléguée au second rôle, il ne faut pas la lui compter surtout quand papa vrille totalement et fait n’importe quoi à l’occasion (le récit du vélo est délectable à ce propos).

 

Et puis, il y a les copains. Mon préféré a toujours été Clotaire, le dernier de la classe, un rêveur que le système n’arrive pas à cadrer mais d’une gentillesse confondante. A l’inverse Agnan, le chouchou de la maîtresse, sur qui on n’a pas le droit de taper car il porte des lunettes - sic -, m’a davantage séduit, il est bien malheureux ce môme car il n’arrive pas à se faire d’amis mais il faut dire qu’il reste assez insupportable dans son genre. Comment ne pas parler d’Alceste, véritable estomac sur patte, sans doute celui avec lequel Nicolas passe le plus de temps dans ce volume, il engouffre les tartines et les sandwichs à longueur de pages mais participe pleinement aux mauvais coups et se révèle être un très bon ami. Eudes et ses distributions de coups de poing dans le nez, Geoffroy le fils de bourge qui traîne avec eux et n’est pas le dernier à faire des bêtises… Quel bonheur de retrouver cette joyeuse bande de garnements au bon cœur mais redoutablement bruyants et provocateurs de catastrophes diverses et variées !

 

Les adultes qui gravitent autour en sont souvent pour leur frais. A commencer par la maîtresse, une sainte ou un punching ball selon les récits. Quelle patience ! Cette figure quasi maternelle éclaire les récits et même si elle n’est pas parfaite, complètement à l’ouest parfois, elle donne un super contre-point à la joyeuse bande. Le surgé Le Bouillon reste toujours aussi impressionnant et ridicule à la fois, le directeur qui regarde tout cela d’un regard lointain et les divers adultes que Nicolas et ses copains peuvent croiser… C’est tendre, irrévérencieux à la fois, c’est assez unique je trouve dans l’histoire de l’édition.

 

Et puis il y a cette langue merveilleuse, ce point de vue enfantin avec ce phrasé si particulier entre maladresse et tendresse, accompagnée par les dessins évocateurs et surannés d’un Sempé en totale adéquation avec son sujet. Le Petit Nicolas est un monument de la littérature à sa manière, une douceur dans ce monde brut, une expérience à cultiver et partager auprès du plus grand monde.

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Commentaires
A
Lu quand j'étais ado, je n'avais pas aimé. Je l'ai relu il y a quelques années, et cette fois, j'avais accroché.
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M
Ado c'est tard pour un premier contact, moi c'était en sixième. Plutôt sage et dans le rang à l'école (sans être pour autant le chouchou des profs avec des lunettes -sic-), l'évasion et le rire provoqués par cette lecture ont été une belle échappatoire pour moi. :)
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