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Le Capharnaüm Éclairé
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17 août 2025

"Le Comte Karlstein" de Philip Pullman

 

L’histoire : Un diable chasseur, deux fillettes choisies pour un horrible sacrifice, une jeune servante délurée, un célèbre bandit en fuite, des policiers comiques bien marré eux, une auberge qui ne désemplit pas et... un comte mystérieux. Tout ce beau monde est rassemblé dans le petit village de Karlstein qui a la réputation d'être un endroit bien calme, perdu au milieu des montagnes enneigées. Bien calme, dites-vous ? Plus pour très longtemps...

 

La critique de Mr K : Petite escapade en terres de littérature jeunesse pour la chronique du jour avec un ouvrage déniché par hasard une fois de plus dont l’auteur n’est autre que Philip Pullman, un auteur qu’on ne présente plus et qui m’a toujours comblé lors de mes lectures. Dans Le Comte Karlstein, il nous offre un conte mêlant habilement humour et noirceur pour le plus grand plaisir du lecteur qui ne peut refermer l’ouvrage avant le mot fin.

 

Dans le village de Karlstein, on vit paisiblement. Dans cette petite bourgade de suisse germanophone perdu entre deux vallées, le temps s’écoule lentement, rien ne notable s’y passe, chacun mène sa vie à son rythme, sans briller mais sans réel malheur non plus. Le Comte qui donne son nom à l’ouvrage vit reclus dans son château avec son conseiller obséquieux et ses deux nièces, les parents des petites étant décédés dans un terrible naufrage, il s’est retrouvé en charge du domaine et de Lucy et Charlotte, deux gamines dégourdies mais encore jeunes qu’il déteste profondément. Lié par un mystérieux pacte avec Zamiel, un diable chasseur, il doit lui livrer un sacrifice humain pour honorer sa dette. Les deux jeunes filles conviendraient parfaitement mais tout ne va pas se passer comme prévu…

 

Divisé en cours chapitres avec parfois des changement de narrateur bienvenus, l’histoire nous emporte immédiatement. Il faut dire que la galerie des protagonistes est réjouissante : une servante héroïque qui a le cœur sur la main, un comte lugubre et sans scrupule, un acteur-saltimbanque qui a plus d’un tour dans son sac, une préceptrice féministe aventurière, des domestiques du comte pleutres et ridicules, des forces de l’ordre d’une stupidité abyssale et toute une ribambelle de personnages plus perchés les uns que les autres qui donnent au récit une saveur vraiment délectable. C’est délicatement croqué, certes balisé (on est dans le conte après tout) mais toujours jubilatoire avec une alternance de scènes parfois comiques (la scène de l’arrestation est un modèle du genre) et d’autres bien plus glaçantes avec des moment bien inquiétants (les jeunes filles perdues dans la montagne, l’apparition du Diable chasseur). On ne s’ennuie pas une seconde.

 

Scènes de spectacle de magie, courses poursuites dans la montagne, révélations en cascade, concours de tir sous haute tension, moments plus tendres aussi, on brasse ici énormément d’émotions sans pour autant que ne souffle le vent de la facilité ou du superficiel. Même âgé comme moi, le lecteur rentre complètement dans le récit et se réjouit / s’attriste face aux péripéties qui lui sont soumises. C’est un pur bonheur de partir à Karlstein et j’ai retrouvé la saveur, les impressions qui ont pu me guider lors de mes premières lectures du genre effectuées il y a déjà fort fort longtemps...

 

On retrouve tout le talent de conteur de Philip Pullman qui adapte ici une pièce qu’il avait écrit pour un spectacle de fin d’année de sa classe. Il a été instituteur pendant longtemps et nous livre des anecdotes savoureuses sur une époque de sa vie où il ne s’est jamais autant amusé (dixit l’auteur lui-même) dans une préface très instructive. Cette mise en mots est une merveille, on retrouve sa science du verbe, ses caractérisations légères et profondes à la fois, ses descriptions si empathiques et immersives. Le voyage est beau, l’ambiance des contes d’autrefois très bien rendue avec une dose de malice et d’humour bienvenue. Le parcours initiatique des uns et des autres est dense, lourd de sens et d’enseignements pour les plus jeunes lecteurs. C’est vraiment banco sur toute la ligne.

 

Ce livre rejoint pour moi le rayon des incontournables dans ma bibliothèque, dans le genre conte intelligent et facétieux on ne fait guère mieux. À lire à partir de 9 ans et bien après encore !

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Commentaires
A
Ravie de lire une chronique sur ce titre que j'ai beaucoup aimé. Il faut lire aussi la trilogie.
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M
Lu et adoré la trilogie des Royaumes du Nord, j'ai d'ailleurs commencé par ça. Mais ça date de plus de 20 ans, et d'avant le blog! Il faudra que je me les relise. ;)
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