mercredi 17 novembre 2010

"Dragon rouge" de Thomas Harris

dragonL'histoire: Une série de meurtres terrifiants secoue les Etats-Unis. Tous suivent le même rituel d'horreur, tous sont signés d'un mystérieux dragon rouge.
Un homme est sur une piste. Il s'appelle Will Graham. Il a déjà démontré par le passé sa curieuse aptitude à se mettre dans la peau des psychopathes, à adopter leur point de vue, à deviner leurs pulsions les plus secrètes.
Dans cette sinistre traque, il doit rencontrer dans sa prison un autre monstre: le diabolique Hannibal Lecter. Pour Graham, commence une lente descente aux enfers, dans les recoins les plus sombres du psychisme de ces meurtriers en série, au risque de s'y perdre lui-même...

La critique Nelfesque: J'avais lu "Le silence des agneaux" étant plus jeune et cette lecture m'avait fait froid dans le dos. J'avais aussi vu le film où Anthony Hopkins excelle dans le rôle d'Hannibal Lecter, dangereux psychopathe esthète et méticuleux. J'ai ensuite vu le film "Dragon rouge" quelques années plus tard mais ce n'est qu'il y a quelques semaines que j'ai décidé de lire l'oeuvre originelle.

Le roman commence avec une enquête somme toute assez classique. Des meurtres ont été commis, une équipe est mise en place pour traquer le meurtrier et on suit l'évolution de l'enquête. Graham a déjà l'expérience des tueurs en série, il en a traqué un célèbre quelques années auparavant, il a d'ailleurs failli y passer et il reprend du service pour démasquer le "Dragon rouge". Nous avançons petit à petit dans le raisonnement de Graham et menons les investigations quasiment en même temps que lui.

Si cet ouvrage avait été seulement ceci, nous aurions un polar commun sans grand intérêt. Mais voilà, la seconde partie du roman revient sur l'enfance du Dragon et l'on se surprend à ressentir de l'empathie pour ce tueur sanguinaire qui massacre des familles entières et place des bouts de miroirs brisés dans les orifices naturels de ses victimes. Aussi surprenant que cela puisse paraître, on le comprend... Comment une enfance bafouée peut façonner la vie d'un homme, le plier à des délires paranoïaques et schizophrènes et mettre en péril des vies futures. Les pages décrivant l'enfance du tueur sont émouvantes et révoltantes à la fois. On se laisse porter par la justification de l'injustifiable et on est ému. Thomas Harris frappe là un grand coup! Toute la seconde partie donne un visage humain au tueur. On découvre son enfance mais on découvre aussi en même temps que lui ses sentiments amoureux. Il va faire la connaissance d'une jeune aveugle qui accorde plus d'importance au coeur des gens qu'à leur physique. Le Dragon, aussi horrible qu'il puisse être, est avant tout un homme et face à l'amour il va essayer de changer et combattre le mal qui le ronge. Nous sommes là bien loin du manichéïme qui ferait du rôle du "méchant" seulement un être répugnant.

Je trouve que cette partie est bien trop absente du film que j'ai revu après ma lecture. Certes le réalisateur Brett Ratner fait la part belle aux sentiments amoureux du Dragon mais il ne développe pas du tout l'enfance du tueur, partie que j'ai préféré dans le roman. Il existe une autre version cinématographique de "Dragon rouge": "Manhunter" ("Le Sixième sens" en français). Je ne l'ai pas encore vu mais projette de le visionner. Peut être sera-t-il plus fidèle au livre de ce point de vue. Tant que nous sommes dans le film "Dragon rouge", j'ai également remarqué que le personnage d'Hannibal Lecter y était bien plus présent que dans le roman où il n'intervient qu'à deux reprises lors d'entrevues avec Graham. Ne lisez donc pas "Dragon rouge" en ayant uniquement Hannibal dans la tête, vous risqueriez d'être déçu. Cependant, les interventions du docteur sont toujours aussi dérangeantes et le malaise de Graham est palpable.

"Dragon rouge" est au final un polar saisissant de par sa dimension psychologique. Bien moins fascinant que "Le silence des agneaux", il n'en demeure pas moins une lecture perturbante et interrogative.

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mercredi 3 novembre 2010

"Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Stieg Larsson

millenium1L'histoire: Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documnts cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire...

La critique Nelfesque: Voici une saga qui a fait beaucoup parler d'elle. Les livres ont eu un succès monstre, les films ont suivi et le tome 1 vient à peine de sortir en poche. 4 ans après l'édition grand format, il était temps... N'aimant pas suivre les modes, j'ai laissé passer le temps et je me suis enfin plongée dans le premier tome "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes". Un titre à rallonge, une belle couverture, une histoire sympa, il n'en faut pas plus.

Au début de ma lecture, j'ai été assez déconcertée. Les 40 premières pages (quand même!) parlent exclusivement d'économie et j'ai eu beaucoup de mal à m'accrocher. Je plaide coupable, l'éco, ce n'est pas particulièrement mon truc... J'ai continué en me disant que, quand même, la trilogie "Millénium" ne pouvait pas avoir fait autant de bruit en étant un précis d'économie spécialisé en finance des entreprises! Et là j'ai fait la connaissance de Lisbeth Salander!

Lisbeth est le personnage féminin principal, en tandem avec Mikael Blomkvist. Elle est adulte mais a un physique de gamine, pratiquement anorexique, tatouée et piercée de partout, elle est associale et sous tutelle. Avec sa psychologie torturée, elle illumine l'oeuvre et on ne peut pas ne pas l'aimer. Avec Blomkvist, au frais après une affaire de diffamation, ils vont enquêter sur la disparition mystérieuse de la petite-fille d'un grand industriel suédois. Et niveau enquête Lisbeth est impressionnante. Ne pouvant s'empêcher de fouiner dans tous les coins, pour passer le temps, par plaisir ou désoeuvrement, comme elle respire, elle farfouille. Des disques durs des ordinateurs aux archives, avec sa mémoire exceptionnelle et sa capacité à ingurgiter les informations très rapidement, elle est d'une aide précieuse à Blomkvist qui, par cette enquête, voit une manière de se venger. Jusqu'où tout ça va-t-il les mener? Mieux vaut ne pas trop en dire pour déguster ce roman.

Finalement ce n'est pas tant l'enquête qui m'a passionée que la manière dont elle est menée et l'éventail des personnages présents dans ce roman. J'ai parlé de Lisbeth et Blomkvist, mais je pourrais aussi citer Henrik Vanger, le papi inconsolable qui veut connaitre la vérité même si elle doit faire mal, Erika, la maîtresse et associée de Mikael, Armanskij, le patron de Lisbeth ou encore Palmgren son tuteur. Les relations existantes entre ces personnages, la psychologie riche et détaillée de ces derniers fait la force de ce roman. On s'attache à eux et on ne peut plus lâcher le livre.

Je suis actuellement entrain de lire le tome 2 "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" qui se révèle être aussi passionnant (voir plus) que le premier. Je sens que je n'ai pas fini d'être surprise.

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vendredi 22 octobre 2010

"Fatherland" de Robert Harris

fatherlandL'histoire: Berlin, 1964.
Depuis que les forces de l'Axe ont gagné la guerre en 1944, la paix nazie règne sur l'Europe. Seule, l'Amérique a refusé jusqu'ici le joug. Mais dans quelques jours, le président Kennedy viendra conclure une alliance avec le Reich. Ce sera la fin du monde libre. Deux meurtres étranges viennent perturber les préparatifs. Les victimes sont d'anciens S.S. de haut rang jouissant d'une paisible retraite. Chargé de l'affaire, l'inspecteur March s'interroge.
S'agit-il d'un règlement de comptes entre dignitaires ? Mais, s'il s'agit d'affaires criminelles pourquoi la Gestapo s'intéresse-t-elle à l'enquête ? Quelle est cette vérité indicible qui tue tout ceux qui la détiennent et semble menacer les fondations même du régime ? Le mystère s'épaissit et, dans Berlin pavoisée, les bourreaux guettent prêts à tout pour étouffer dans la nuit et le brouillard les dernières lueurs de la liberté.

La critique Nelfesque: Que serait l'Allemagne aujourd'hui si ce pays avait gagné la seconde guerre mondiale? Du moins, que serait-elle dans les années 60? Quelle Histoire serait enseignée à l'école et que sauraient les adultes du passé de leur nation? Voilà autour de quoi tourne "Fatherland".

Pour lire ce roman, il faut s'accrocher et s'habituer aux termes allemands, aux noms à consonnance germanique... J'ai buté plus d'une fois sur des mots tels que Bürgerbräukeller, Sturmbannführer ou Oberstgruppenführer! Et bien non, je n'ai pas fait Allemand en LV2... Certains termes sont compliqués, les liens entre les différents acteurs politiques et les grades de l'armée ne sont pas aisés à assimiler mais une fois ce petit "effort" réalisé, ce roman est un vrai plaisir.

On suit Herr Sturmbannführer March dans une enquête halletante où plusieurs meurtres de hauts dignitaires allemands semblent mener à un complot à échelle nationale qui, si il était découvert, jetterait le discrédit sur l'Empire Allemand. March est un allemand "de base" qui suit la ligne de conduite imposé par le Reich et ne se pose pas de question. Certes il est un peu borderline mais reste majoritairement dans les clous. Il va faire la connaissance de Charlotte, une journaliste américaine qui n'a pas du tout la même vision que lui sur son pays et va l'aider à déméler les fils de l'enquête. Pour elle c'est le scoop du siècle, pour lui c'est un dur chemin vers la vérité.

Bien entendu on se doute de l'issue de l'investigation mais ce n'est pas, à mon sens, le but premier de ce roman. On est tous au courant de ce que les allemands ont fait pendant la seconde guerre mondiale et de la politique mise en place par Hitler. Ce qui est intéressant c'est la façon dont March découvre des faits qui le dépassent et le font totalement revoir l'attachement qu'il porte à son pays et son obéissance à ses supérieurs.

Un livre qui fait froid dans le dos, qui n'est malheureusement pas une simple fiction, et qui pour qui connait un minimum l'Histoire se révèle passionnant.

samedi 2 octobre 2010

"Darkhouse" d'Alex Barclay

darkhouseL'histoire: Quand une filature de routine se solde par les deux meurtres les plus atroces de sa carrière, l'inspecteur Joe Lucchesi quitte la police de New York et s'installe avec femme et enfant dans un village paisible de l'Irlande.

Il ne se doute pas qu'il est sur le point de vivre un cauchemar plus terrifiant que tout ce qu'il a connu: Katie, l'amie de leur fils, est retrouvée morte. Tourmenté par les rumeurs qui circulent au sujet de sa famille, Joe se lance dans une enquête solitaire, dangereuse... Car son fils lui ment, sa femme lui ment, et un tueur l'attend au tournant.

La critique de Mr K: Darkhouse est le premier roman de son auteur, son premier best-seller aussi comme écrit en blanc sur rouge sur mon exemplaire... C'est plutôt le genre de signe extérieur qui me refroidit d'habitude mais heureusement la curiosité l'a emporté un dimanche matin chez Emaüs et je l'ai pris (Merci encore l'abbé!). Ce fut une excellente lecture qui ne m'a pris que deux jours tant on devient addictif à l'oeuvre de cette diablesse d'Alex Barclay.

Et pourtant, on nage dans le classicisme absolu en terme de thriller. Un héros paumé et attachant à la Harry Bosch. Une petite famille à priori heureuse où les omissions et mensonges seront révélés (attention, la phrase d'accroche au dos est trompeuse...). Un tueur bien sadique à souhait et une populace bien conne, fan de ragots. Tout est en place pour mener la vie dure au héros qui pendant les 3/4 de l'histoire s'en prend plein la face. Le procédé narratif n'a lui aussi rien de vraiment original, on alterne les chapitres se déroulant à notre époque et les chapitres (plus courts) consacrés à la génèse du tueur en série (son enfance dramatique et tout ce qui va en découler). Rien d'original donc...

Et pourtant, c'est un livre qui m'a énormément plû parce qu'excellemment maîtrisé. Alex Barclay n'a pas inventé le fil à couper le beurre mais elle le manie avec une maestria rare pour un premier roman. Décidément les auteurs de thriller femmes sont machiavéliques. Avec une précision d'horlogère, elle installe une ambiance (vie de famille très bien décrite et jamais lourdingue) pour mieux la démonter ensuite quand une menace vient plâner sur ce microcosme paradisiaque. Chaque fin de chapitre laisse le lecteur pantelant et l'oblige (y'a pas d'autre mot) à attaquer la suite sous peine de frustration extrême. Le suspens est dosé à merveille et l'écriture aussi limpide que précise ajoute au réalisme et donc à la crédibilité de l'ensemble. Dans ces conditions, on arrive très vite à la fin qui ne déçoit pas même si l'on se doute un peu de ce qui va se passer.

Une bonne lecture que je recommande à tous. Il paraît que depuis, Alex Taylor en a sorti trois autres dont un reprenant le personnage de Joe Lucchesi, je me laisserai sans doute tenter de nouveau.

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jeudi 16 septembre 2010

"Le dernier testament" de Philip Le Roy

testamentL'histoire: Judée, en 70 après J.-C. : Yehoshua Ben Yossef enterre son testament.

Fairbanks, de nos jours : une équipe de scientifiques, travaillant sur le mystérieux projet Lazare, est massacrée dans un laboratoire clandestin de recherche clinique. Parmi les victimes, deux prix Nobel de médecine, un agent du FBI et un cobaye humain dont l'autopsie révèle qu'il était déjà mort. Bientôt des créatures monstrueuses rôdent par moins quarante autour de la ville... Le FBI rappelle alors Nathan Love, crack du profiling rompu aux arts martiaux et adepte du zen, qui vit reclus depuis le meurtre de sa femme. Faisant équipe avec une Esquimaude, Nathan va enquêter sur une série de meurtres de plus en plus violents de l'Alaska à la Californie, de l'Europe aux Philippines et des plus hautes officines secrètes du pouvoir américain jusqu'au Vatican... pour lever le voile sur l'un des secrets les mieux gardés de l'humanité

La critique de Mr K: Avis mitigé encore une fois sur un livre trouvé chez Emaüs et qui avait attiré mon regard avec l'inscription en bas de couverture: Grand prix de la littérature policière 2005. Le résumé me plaisait bien, j'ai donc embarqué ce livre avec quelques autres histoire de me faire mon idée.

Je l'ai lu très rapidement en à peu près trois jours. C'est son point fort, l'écriture est souple, agréable et dans l'ensemble on a plaisir à parcourir le style de cet auteur français exilé aux USA (Ca m'a rappelé le CV de Chattam). On navigue en plein mystère et plus on avance au départ, plus tout semble s'obscurcir. On nage en pleine théorie du couplot et on ressent le sentiment de paranoïa qui peu à peu s'installe chez les personnages. Franchement jusqu'à la 400ème page ca se tient, malgré des défauts un peu rébarbatifs.

Parlons-en des défauts! Le héros, horripilant à souhait lors de ses phases zens! Beaucoup de bla-bla à la limite du compréhensible qui au bout d'un moment donne envie de lui mettre un pruneau dans le derrière pour voir comment il réagirait. C'est too much et ca en devient ridicule à la moitié du livre. Heureusement, l'auteur se calme sur ce point par la suite mais par moment je riais à la lecture de ces portes ouvertes et autres propos mystico-zen. Ca vaut pas un Confuccius ou un Lao Tseu! Les personnages sont nombreux mais souvent caricaturaux, on frôle du coup souvent l'humour involontaire ce qui est toujours dommage quand on lit un thriller censé filer la frousse et maintenir le suspens (à priori l'auteur n'avait pas vocation à écrire un livre marrant!). Les méchants sont vraiment méchants et les gentils vraiment gentils. Pour un français exilé, il s'est drôlement vite adapté à la morale cucul américaine. Dommage...

Dommage aussi et surtout pour la fin (que je ne revèlerai pas ici). Elle tire vers le Dan Brown du Da Vinci code version grand guignolesque! Non que je sois un fan absolu de Brown mais lui au moins essayait d'étayer son histoire avec un minimum d'apport historique crédible (j'ai bien dit un minimum!). Ici le dénouement est révélé en une page, limite bâclé et franchement invraisemblable. Pour vous dire, elle plaira à tous ceux qui pensent que l'homme n'a jamais posé le pied sur la lune ou que les attentats du World Trade Center ne sont qu'une énorme supercherie montée de toute pièce par les néoconservateurs américains.

Cette lecture s'est donc révélée décevante et je ne comprends toujours pas comment on a pu lui décerner un prix (à priori le jury est constitué de personnes sérieuses). Certes c'est distrayant mais on est loin de Connelly, Daeninckx et autres maîtres du policier. À chacun de voir s'il veut tenter l'expérience...

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dimanche 22 août 2010

"Les Racines du mal" de Dantec

racines_du_malL'histoire : "Andreas Schaltzmann s'est mis à tuer parce que son estomac pourrissait.
Le phénomène n'était pas isolé, tant s'en faut. Cela faisait longtemps que les ondes cosmiques émises par les Aliens faisaient changer ses organes de place, depuis que les nazis et les habitants de Vega s'étaient installés dans ses quartiers."
Andreas est un tueur et il le sait, mais quand on cherche à lui coller sur le dos des crimes qu'il n'a pas commis, du fond de sa clinique, il hurle.

La critique Nelfesque : Mr K m'a longtemps parlé de ce livre. "Il faut que tu le lises ! Il faut ABSOLUMENT que tu le lises !". C'est à peu près ce à quoi j'avais le droit régulièrement. Et puis, quand nous avons décidé de nous conseiller mutuellement des livres à emporter pour notre voyage en Thaïlande, Mr K a trouvé le moment rêvé pour me remettre sous le nez "Les Racines du mal" de Dantec.

L'histoire est effroyable. Je suis friande de bouquins glauques et pour le coup, j'ai été servi.

"Les Racines du mal" commence dans la tête de Schaltzmann, tueur psychotique, persuadé que le monde est contre lui, peuplé d'Aliens nazis. Il a des rites à suivre qui lui assurent sa tranquilité. Il vit seul, est sale et est persuadé qu'un Christ en flamme lui envoie des messages. Jusque là, il fait peur, mais ce n'est rien comparé à la suite... Il se met donc à tuer, des animaux et des hommes, pour se libérer du mal qui le ronge. De carcasses de chats, il fait des smoothies (ça tombe bien, c'est à la mode) qu'il stocke dans des bouteilles de Coca qu'il garde au frais au frigo. Voilà, vous avez le début du roman. Un bon roman, bien glauque, pour qui aime le genre.

Mais ce roman ne se résume pas à une suite de meurtres gratuits et sanguinolents. Brutalement, avec l'arrestation de Schaltzmann  (je ne trahis rien c'est au début de l'oeuvre), on bascule dans le monde de la science, des sciences humaines et de la science fiction. Un groupe de travail se constitue afin de percer le mystère Schaltzmann et enquêter jusqu'à son procès. La suite, je ne la dévoile pas car je gacherai le plaisir des futurs lecteurs.

Tout le long du roman, on suit l'évolution de l'enquête d'Arthur Darquandier, alias Dark, cognicien et spécialiste en informatique qui a pour mission d'acquérir et de représenter de façon formelle des connaissances et des modes de raisonnement en vue de leur simulation à l'aide d'ordinateur. En d'autres termes, Dark est un petit génie supra intelligent qui, à l'aide d'une neuromatrice (une intelligence artificielle), reproduit de façon informatique le raisonnement humain, et ici le raisonnement de tueur en série, afin d'en démeller le fonctionnement et d'anticiper ses raisonnements.

Car bien sûr, l'histoire ne va pas s'arrêter à celle de Schaltzmann... Au fil des pages nous tombons de plus en plus dans l'horreur. Dark et sa neuromatrice mettent le nez dans un filon diabolique. Jusqu'où un être humain peut-il aller dans la perversion et la folie ? Au nom de quoi ? Et que risque Dark à se prêter à ce jeu ?

Mieux vaut être averti avant de commencer à lire ce roman, c'est très violent. Mais putain que c'est bon !

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dimanche 11 juillet 2010

"Seul le silence" de R.J. Ellory

seul_le_silenceL'histoire: Joseph a douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Géorgie le corps d'une fillette assassinée. Une des premières victimes d'une longue série de crimes. Des années plus tard, alors que l'affaire semble enfin élucidée, Joseph s'installe à New York. Mais, de nouveau, les meurtres d'enfants se multiplient... Pour exorciser ses démons, Joseph part à la recherche de ce tueur qui le hante.

La critique Nelfesque: Gros coup de coeur pour ce roman à l'image de celui que j'ai eu pour "Le petit copain" de Donna Tartt. Même noirceur, même fatalité dans le destin des personnages, même sensation ouatée et même empathie.

Ce roman est présenté comme un thriller. Certes la toile de fond est une série de meurtres sanglants, malsains, abominables, mais il ne faut pas s'attendre à un polar palpitant. En effet ce n'est pas sur le suspens que se base R.J. Ellory mais sur les ambiances et la vie de Joseph, son parcours, ses souffrances... Ayant lu quelques avis, je savais que je ne m'attelais pas à un thriller pur et dur, ça tombe bien, j'avais envie de ce genre de lecture et je n'ai pas du tout été déçue. Bien au contraire!

On suit l'itinéraire de Joseph, de ses 12 ans à l'âge adulte, avec passion. J'ai eu beaucoup de mal à fermer mon livre (souvent le sommeil l'emportant sur mon envie de poursuivre) et quand j'ai eu lu la dernière page, j'étais un peu triste de l'avoir achevé. Ce livre se ressent plus qu'il ne se lit, la souffrance et la culpabilité qu'éprouve cet enfant sont palpables et très touchantes. La vie de Joseph, plus souvent faite de bas que de hauts, est tragique tout en étant réaliste. L'écriture de R.J. Ellory est simple et efficace et de ce fait, on s'installe peu à peu dans une ambiance noire et oppressante où l'envie de connaître le fin mot de l'histoire passe au second plan, tant on éprouve de l'empathie pour le personnage de Joseph. On s'attache à son personnage et on souffre avec lui.

L'histoire commence dans les premières années de la seconde guerre mondiale, nous sommes en plein coeur de l'Amérique, dans un village paumé où chaque habitant se connait et où les rumeurs vont bon train. Commence alors une chronique de la vie ordinaire, les meurtres en plus, mêlant étude sociale et ressenti personnel. J'avais titré mon billet sur "Le petit copain", "De la souffrance de n'être qu'un enfant". Cette phrase irait très bien également à "Seul le silence". Incompréhension, colère, peur enfantine, deuil... tout cela est mêlé avec brio dans ce roman.

Nous avons là les ingrédients parfaits pour moi: une histoire se déroulant dans une période historique qui me passionne, en milieu rural, avec des personnages touchants, tout en finesse et en pudeur. Ce premier roman de R.J. Ellory traduit en France est époustouflant.

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mercredi 9 juin 2010

"Porteurs d'âmes" de Pierre Bordage

bordageL'histoire: Léonie, achetée au Libéria, alors qu'elle n'était qu'une enfant, sequestrée, prostituée, s'enfuit à vingt ans de son enfer pour se retrouver clandestine et sans papiers dans les rues de Paris. Edmé, un inspecteur de la Crim', déprimé par les violences, la misère et le cynisme qu'il côtoie chaque jour, découvre un étrange charnier dans la Marne. Cyrian, fils de famille en mal de raisons de vivre, se prête à un voyage expérimental d'un genre nouveau, pour trouver le frisson de l'extrême: le transfert de l'âme dans un corps d'emprunt...

Leur point commun? Tous trois sont porteurs d'âmes, comme tous les êtres humains. Mais parfois les âmes ne sont pas où elles devraient être...

La critique de Mr K: Et un Bordage de plus! Une bonne lecture une fois de plus sur un genre un peu différent de ce à quoi le "Balzac de la Science Fiction" (selon certains) m'avait habitué. Ici, l'auteur rentre pleinement dans le domaine du thriller matiné d'anticipation et d'histoire d'amour. Cependant, cela reste du Bordage avec ses qualités mais aussi ses menus défauts...

Dans Porteurs d'âmes, nous suivons les destins de trois personnages totalement différents les uns des autres. Vous l'avez compris, ces trois trajectoires vont finir par se rejoindre! À défaut d'être original, ce procédé narratif permet au vendéen de nous immerger dans une histoire très sombre où tout espoir semble absent sauf peut-être dans le personnage de Cyrian, jeune fils de bourges avide d'expérience frappant à la porte d'un mystérieux groupe: les Titans. Léonie quant à elle, est une sans papier. On est ici loin de l'image édulcorée et consensuelle qui nous est régulièrement présentée au JT de Pujadas ou de Chazal. À travers les yeux et l'âme de cette jeune africaine en perdition, ce sont toutes les souffrances liées à cette situation que l'auteur nous donne à voir, à ressentir et finalement à partager (la faim, le froid, la peur de se faire prendre par les forces de l'ordre, les mauvaises rencontres...). Et puis, il y a Edmé, figure classique du flic désabusé, au bord de la rupture, qui ne sait plus à quoi ou à qui se raccrocher. Personnage sensible sous une carapace épaisse, il va se réouvrir au monde via une intéraction émotionnelle vieille comme le monde (et un peu cucul pour le coup dans ce livre). C'est en grande partie grâce à ces trois figures que ce livre s'avère être fort, porteur d'émotions et de sensations. Des passages entiers vous resteront en mémoire un certain temps vu la charge qu'ils impriment sur le lecteur.

Autre point fort de ce livre, pour la première fois, Bordage nous livre au détour de quelques pages sa vision du monde et de notre société occidentale. Portrait au vitriol (cela va sans dire) d'un modèle de vie et de pensée qu'il trouve abjecte et créateur de désespoir. Personnellement, je me suis régalé et m'y suis retrouvé. J'ai même relevé les meilleurs passages pour ensuite les étudier avec mes chères têtes blondes. Je vous livre ici un passage concernant la télévision avec en ligne de mire la télé-réalité, c'est un peu long mais ça vaut son pesant d'or: "Les acteurs, chanteurs, artistes, écrivains et autres intellectuels n'avaient plus d'autre cause à défendre qu'eux-mêmes, un travail à plein temps avec la multiplication des célébrités vomies par la télé-réalité. Les programmes n'offraient plus que des défilés ininterrompus d'individus de tous âges et de toutes conditions qui venaient partager leurs expériences, leurs obsessions, leurs maladies, leurs goûts, leurs petites et grandes misères. L'assurance, la volubilité, la crudité avec lesquelles ils parlaient d'eux-mêmes sidéraient Léonie. Ils adoraient s'exposer, se plaindre, se disputer, revendiquer, exiger, caqueter, des poules. Fallait voir comment ils se dressaient sur leurs ergots, ébouriffés, si un intervenant émettait le moindre soupçon de doute sur leur sincérité. Ils venaient du réel, eux, pas de ces officines parisiennes où l'on faisait et défaisait les opinions, ils étaient vrais, inattaquables. Ils s'exhibaient, main sur le coeur, pour susciter compassion ou admiration, et Léonie n'éprouvait pour eux qu'une indifférence teintée de pitié. Elle voyait bien qu'ils ne racontaient pas la vérité, ou racontaient une vérité qui arrangeait tout le monde. [...] La télé était devenu un confessionnal géant où l'on s'accusait en grande pompe de fautes vénielles afin de recevoir l'absolution solennelle du public, le souverain des âmes" page 176. Tour à tour, Bordage aligne avec la même verve la société de consommation, le ministère de l'immigration avec force mais néanmoins nuance (le contraire du NPA si vous préférez!).

Une bonne lecture donc pour un auteur que j'apprécie et pratique depuis maintenant un temps certain. À ce titre d'ailleurs, j'émets cependant quelques réserves concernant deux points. Un sentiment de redite quant à certaines situations présentes dans cet opus (les scènes d'amour-charnel fusionnel lues et relues dans l'oeuvre du maître et qui à force lassent, la redite quant aux impressions et sentiments que ressentent les héros qui alourdissent le roman qui aurait gagné en efficacité en perdant une vingtaine de pages vraiment inutiles) et une histoire qui bien que prenante n'est pas originale et dont on capte les tenants et les aboutissants dès la moitié du livre ce qui peut s'avérer génant! Mais que ces dernières remarques ne vous rebutent pas pour autant, c'est un grincheux et un ronchonchon fan de Bordage qui les expose. Vous passerez un agréable moment (quoiqu'un peu rude par moment) en compagnie de Léonie and co, Porteurs d'âmes est idéal pour découvrir cet auteur qui reste à mes yeux un des meilleurs conteurs d'histoire de sa génération.

La critique Nelfesque (edit du 01/06/12): Le challenge "Un mot, des titres..." de Calypso ayant ce mois ci l'"Ame" en thème, c'était l'occasion rêvée de découvrir ce roman de Bordage que Mr K aime tant.

J'ai été surprise de découvrir cet auteur dans le genre thriller. Je n'avais lu jusqu'alors que "Abzalon" (excellent d'ailleurs) et je sais que la SF est son genre de prédilection. Ici, on ne s'en éloigne pas totalement, Bordage n'ayant pas pu s'empêcher d'en insérer quelques touches de-ci de-là mais à bon escient et de façon crédible.

Le lecteur suit tour à tour les histoires de Léonie, Cyrian et Edmé. Léonie est une jeune sans papier au passif lourd qui se voit administrer ce qu'elle croit être un médicament pour gagner quelques centaines d'euros. Cyrian est un jeune bourgeois appartenant à une confrérie qui va lui proposer un voyage hors du commun. Enfin Edmé est un policier de la Criminelle qui enquête sur un mystérieux charnier fluvial en périphérie de Paris. On s'imagine très vite que ces destins parralèles vont un jour se croiser mais Bordage, très finaud, amène les indices au compte goutte.

Ce thriller est efficace et se lit aisément. Dans le genre, il y a d'autres auteurs bien plus talentueux car moins prévisibles mais Bordage n'a pas à rougir de cette semi-infidélité à la SF car le lecteur croit vraiment ce qu'il lit. Une histoire possible, des faits malheureusement emprunts de la réalité (clandestinité, esclavage sexuel, suprématie de l'argent, confrérie secrète, meurtres atroces...) et une dose du "Voyage intérieur" qui donne à "Porteurs d'âmes" son originalité: voici les ingrédients nécessaires pour un roman plaisant.

Le lecteur est tour à tour dégouté par l'atrocité des actes de torture que subissent les victimes avant leur mort, inquiet pour tel ou tel personnage aux détours de certaines situations (difficile d'en parler sans trop en dire), révolté par la façon d'être de la "tante" de Léonie qui profite de son jeune âge en la prostituant dans des conditions abjectes... Les différents milieux sont très bien représentés, que ce soit le milieu bourgeois, celui des clandestins squattant des immeubles vacants, celui du crime organisé, celui de la police... Bordage n'est pas un jeune premier de l'écriture et ça se sent. Il ne prend pas ses lecteurs pour des jambons et nous livre un thriller efficace.

Je ne suis pas autant emballée que Mr K par ce roman. Je lis beaucoup de thriller et il faut avouer que celui ci n'est pas le thriller du siècle mais je suis de son avis quand il dit que "Porteurs d'âmes" est idéal pour découvrir l'auteur. Il y a ici une juste dose de science-fiction qui ne rebutera pas ceux qui n'en sont pas fana et surprendra les amateurs de thrillers plus ancrés dans la noirceur de la réalité.

Un-mot-des-titres

Cette lecture entre dans le cadre du challenge "Un mot, des titres..." auquel Nelfe participe.

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mardi 25 mai 2010

"Le sang du Christ" de Frédéric Mars

sangL'histoire: An 30 de notre ère, 6 jours avant la Pâque juive.

Dans une ferme située à proximité de Jérusalem, un homme est sacrifié selon le rituel de l’agneau pascal. Mais sur son front, on peut voir un triangle isocèle, marqué au fer, et à côté du cadavre calciné, une poterie égyptienne. Ce mort, c’est Jean de Gamala, héritier légitime du trône de David, usurpé par Hérode avec l’appui de Rome.

Soupçonné du crime, son frère Jacques le scribe tente de démasquer par lui-même le meurtrier. Aidé de sa nièce Sara, il piste l’assassin qui ensanglante la Judée, alors qu’un autre aspirant au titre de roi des Juifs provoque les autorités juives et romaines : un certain Jésus de Nazareth.

De Qumran à Magdala, d’initiation en découvertes, Jacques et Sara vont pourchasser jusqu’au pied de la Croix celui qui se révélera être... le premier tueur en série de l’humanité...

La critique Nelfesque: Voilà un livre qui va faire couler beaucoup d'encre. Avec un sujet aussi polémique, difficile de faire autrement. Jésus est-il vraiment celui que l'on croit? Jésus est-il vraiment Jésus? Qui se cache derrière le Messie? Est-ce un calculateur assoiffé de sang? Autant de questions qui ont tenté de malmener la catholique qui est en moi.

Pendant toute l'oeuvre, on suit Jacques et sa nièce Sara à travers toute la Palestine, à la recherche de l'homme qui a tué un membre de leur famille. Jacques est scribe, homme de lettre et de science, il est très érudit et se trouve confronté à bon nombre d'énigmes pour avancer dans sa quête. Sara est une jeune fille attachante et ingénieuse. Loin d'avoir les deux pieds dans le même sabot, elle est une aide précieuse pour son oncle et apporte un peu de fraîcheur à l'ensemble de ce livre qui aborde des sujets complexes dans une époque loin d'être drôle.

Toute la première partie de ce "Sang du Christ" m'a paru extrêmement longue. J'ai mis du temps à m'attacher aux personnages, je trouvais l'ensemble bien mou et les parties soit disant haletantes ennuyeuses. J'ai même failli fermer définitivement le livre. Comme c'est une chose que je déteste faire, pensant qu'en faisant celà je risque toujours de passer à côté d'un livre qui tue, je me suis abstenue. Et j'ai bien fait!

Les choses s'accélèrent dans la seconde moitié du livre et c'est une véritable course contre la montre qui débute. Les questions trouvent enfin leurs réponses, les personnages se font plus profonds, plus ambigüs et le talent de Frédéric Mars se révèle. Les meurtres s'enchaînent, les raisonnements font leur chemin dans la tête des personnages principaux, les secrets de famille font leur apparition. Toute cela devient addictif et je n'arrivais plus à poser mon livre.

Beaucoup m'ont demandé mon point de vue en tant que catholique sur le fond de ce livre. Je ne suis pas  une grenouille de bénitier étroite d'esprit et à la vie bien rangée, je suis une nana de mon temps, moderne et ouverte (ceux qui suivent ce blog ne pourront pas dire le contraire (vous avez plutôt intérêt oui!)). Le fait de voir Jésus en "bad boys" (et même pire que ça), pratiquant des rituels loin d'être catholiques et tenant des propos menaçants ne m'a pas choquée. Le personnage présenté n'est pas Jésus, c'est un personnage de roman. Cette seule évidence suffit à faire la part des choses. Certains catholiques se trouveront sans doute choqués et penseront que cette oeuvre est blasphématoire. A tout ceux là, je leur déconseillerai donc d'aller au cinéma ou d'ouvrir un autre roman car ils ne savent vraisemblablement pas faire la différence entre la réalité et la fiction. Il faut prendre "Le sang du Christ" pour ce qu'il est: un roman.

Frédéric Mars s'est très bien débrouillé pour que les faits collent à la fiction. Fruit de 4 ans de recherches, l'intrigue est très bien ficelée. On se surprend à se dire que si ça se trouve on s'est moqué de nous en cours de cathéchisme (je vous vois bande d'hérétiques près à me sauter sur le poil...). Le moindre fait historique justifie une partie du scénario de Frédéric Mars. Bluffant!

"Le sang du Christ" est le premier volet d'une trilogie. L'auteur a réussit son pari, la lectrice que je suis en redemande. Ce roman est haletant, intrigant et diaboliquement bien mené. Vivement la suite!

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jeudi 25 mars 2010

"Disparue" de Lisa Gardner

disparueL'histoire: Sur une route déserte de l'Oregon noyée par la pluie, une voiture abandonnée, moteur en marche, un sac de femme sur le siège du conducteur. Rainie, une avocate séparée de son mari, Pierce Quincy, ex-profiler, a disparu. Dérive d'une femme au passé d'alcoolique ou conséquence d'une des redoutables affaires dans lesquelles elle s'investissait parfois dangereusement?
Un homme sait ce qui s'est passé cette nuit là.
Et lorsqu'il contacte les médias, le message est clair, terrifiant: il veut de l'argent, la célébrité.
Sinon, personne ne reverra Rainie.
Aidé de sa fille, agent du FBI, Pierce se lance dans l'enquête la plus désespérée de sa vie, sur la piste d'un criminel sans visage et de la femme qu'il n'a jamais cessé d'aider.

La critique Nelfesque: Je n'ai pas l'habitude de lire des thrillers. Mise à part les thrillers psychologiques glauques et à dimension mystique "à la Grangé", je ne vais pas spontanément vers ce genre de roman.

Alors pourquoi celui-ci me direz-vous? Pour la couverture vous semblera être une réponse un peu farfelue... Et pourtant! Cette photo sombre et lourde m'a attirée. A la lecture des premières pages, j'ai tout de suite plongé dans cette course contre la montre qui débute un mardi à 0h24 pour nous emmener dans l'enquête de la police et le calvaire de la captive minute par minute. Pendant exactement 37h05 nous allons suivre à la trace chaque protagoniste de cette histoire, leurs émotions, leurs questionnements...

J'ai trouvé un léger ralentissement du rythme à mi-parcours, dû au piétinement des forces de l'ordre dans ce qui semble être un "vrai merdier incompréhensible". Mais, n'écoutant que mon courage, j'ai poursuivi ma lecture et j'ai été récompensé puisque le rythme reprend assez vite et s'accélère pour atteindre un seuil insoutenable de stress. Le suspens est vraiment bien mené et j'ai souffert avec Rainie. Va-t-elle s'en sortir? Sera-t-il trop tard? On bascule constamment entre ces deux questions.

Les personnages et situations sont très réalistes, fruit de nombreuses recherches de la part de l'auteur auprès de représentants des forces de l'ordre mais aussi de médecins spécialisés. J'ai particulièrement aimé celui de Dougie, enfant pyromane de l'assistance publique, qui est émouvant et horripilant à la fois.

"Disparue" est donc un thriller que je conseillerai, et ce malgré la perte de rythme centrale, pour son déroulement à la "24h chrono", pour une approche plus professionnelle de tous ceux qui travaillent au dénouement d'un enlèvement et pour la psychologie des personnages poussée et crédible.

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