jeudi 3 février 2011

"La forêt des ombres" de Franck Thilliez

ForetDesOmbresL'histoire: Paris, hiver 2006. Arthur Doffre, milliardaire énigmatique, est sur le point de réaliser un rêve vieux de vingt-cinq ans : ressusciter un tueur en série, le Bourreau 125, dans un livre. Un thriller que David Miller, embaumeur de profession et auteur d'un premier roman remarqué, a un mois pour écrire contre une forte somme d'argent.
Reclus dans un chalet en pleine Forêt-Noire, accompagné de sa femme et de sa fille, de Doffre et de sa jeune compagne, David se met aussitôt au travail. Mais il est des fantômes que l'on ne doit pas rappeler, et la psychose saisit un à un tous les occupants de la ténébreuse demeure cernée par la neige...

logo-epub

La critique Nelfesque: Outch! Vous voyez ce que peut donner un uppercut dans le bide? Et bien c'est avec cette sensation que j'ai fini ma lecture. Ce roman est un match de boxe et on en sort avec la tête pas tout à fait intacte.

"La forêt des ombres" est différent de "La chambre des morts" qui m'a fait découvrir Franck Thilliez le mois dernier. J'ai davantage apprécié cette lecture, même si elle est beaucoup plus physique. L'histoire est assez simple, un huis clos dans un chalet au coeur d'une forêt profonde. Coupés du monde, un auteur, sa femme, sa fille, et un couple de riches admirateurs de son talent, vont s'isoler pendant trois semaines sans moyen de communication ni moyen de transport. Que va-t-il se passer?  Vous vous doutez sûrement qu'ils ne vont pas profiter tranquillement des feux de cheminées et des balades dans les bois...

Autant vous le dire tout de suite: âmes sensibles, abstenez-vous! Le climax est glauque, l'écriture est percutante et sans fioriture, les personnages sont complètement tarés et l'ensemble est jouissif à l'extrême. Impossible de poser le livre, il faut savoir la suite, le plus vite possible. C'est une question de vie ou de mort.

J'ai deviné certains éléments de l'histoire avant la fin mais ça ne m'a pas gaché mon plaisir car au final, bien que l'explication soit importante, c'est avant tout l'enfermement et la tension palpable entre les personnages qui m'a plu. J'ai retrouvé du Jack  dans le personnage de David, du "Shining" de S. King  sous la plume de Thilliez. La folie guette et le lecteur est littéralement pris en otage.

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié cette lecture et je ne peux que vous la conseiller. Toutefois, attention, si vous n'appréciez pas particulièrement le glauque, passez votre chemin. Moi même qui ait tendance à aimer le sang et les larmes, je me suis dit qu'il ne fallait pas que j'enchaîne avec un autre thriller. Vous voilà prévenu!


mardi 1 février 2011

Gagnez "Le symbole perdu" de Dan Brown

Au Capharnaüm éclairé, nous aimons lire et nous aimons nos lecteurs! Bande de petits veinards! Alors quoi de mieux que la sortie d'un roman pour vous proposer un petit concours!?

sp

C'est en effet demain, le 2 février, que "Le symbole perdu" de Dan Brown sortira en librairie et que LDP mettra en place une grande opération promo autour de celui-ci. En cliquant sur la bannière ci-dessous, vous partirez peut être à Washington! En effet, jusqu'au 15 mars, vous pourrez participer au jeu-concours ayant pour thème les symboles de la franc-maçonnerie et remporter des billets aller/retour Paris-Washington, sur les traces du Symbole perdu, ainsi que de nombreux lots. Ouverture des portes le 2 février. Une animation facebook sous forme de chasse au trésor est aussi mise en place afin de vous faire remporter des exemplaires du roman.

ban_partenaire

Mr K et moi-même n'ayant pas les moyens de vous emmener aux USA (et croyez bien que si nous les avions, nous irions d'abord!), nous profitons de l'occasion de la sortie en poche du roman de Dan Brown pour mettre en place notre propre concours en collaboration avec Le Livre de poche. Chez nous, point de voyage à la clé mais des heures de lecture avec un exemplaire du "Symbole perdu" tout beau tout neuf dans votre boîte à lettres. Afin de vous remercier de votre fidélité et des échanges que nous pouvons avoir autour de la littérature, il est clair que ceux qui nous rendent visite souvent seront plus à même de répondre aux questions.

Vous avez jusqu'au 7 février pour nous envoyer un petit mail à l'aide du formulaire de contact "Contactez l'auteur" (en bas de la colonne de droite -> ). Dans ce mail, devront apparaitre vos coordonnées postales afin de vous faire parvenir le roman mais aussi vos réponses aux questions suivantes:

1 - Quel âge a "Le Capharnaüm éclairé"?
a) 1 an
b) 3 ans
c) 5 ans

2 - Quel est le métier de Mr K?
a) Educateur
b) Ingénieur
c) Professeur

3 - Il y a peu, Nelfe a craqué pour un "gadget technologique". Quel est-il?
a) une liseuse
b) une pocket cam
c) une tablette graphique

Laissez-nous un mot en commentaire afin de valider votre participation (en cas de bug de formulaire).

On se retrouve le 8 février pour le tirage au sort. D'ici là, bonne chance!

dimanche 30 janvier 2011

"Avis de décès" de Todd Ritter

avis_de_d_c_sL'histoire: Perry Hollow, bourgade tranquille de Pennsylvanie, n'a jamais connu de meurtre. En tout cas, pas depuis que le chef de la police Kate Campbell est en poste. Jusqu'à ce jour de mars. Suite à l'appel d'un routier, elle se rend sur l'autoroute en périphérie de la ville. Sur le bas-côté de la chaussée, une caisse ressemble fort à un cercueil.

Modus operandi: pas de lutte, une incision dans la carotide, un cercueil de fortune, un avis de décès!

À l'intérieur, George Winnick, un fermier des environs. Ses lèvres sont cousues, ses veines et artères ont été vidées de leur sang et remplies d'un liquide d'embaumement. Quelques heures auparavant, le journaliste responsable de la rubrique nécrologique dans la gazette locale a reçu un "préavis" de la mort de George. Pourquoi ce message annonciateur d'une mort imminente?

Un meurtrier qui officialise ses crimes quelques instants avant de les commettre!

Kate Campbell est décidée à faire la lumière sur cette affaire. Son enquête met à jour des personnages sombres et pervers, les secrets et les drames d'une communauté paisible où, désormais, chacun craint pour sa vie.

La critique de Mr K: Encore un présent pour mon anniversaire (mes parents cette fois-ci) et quel cadeau! Mon coup de cœur de janvier pour un polar rondement mené. Une petite ville américaine sans histoire, un meurtrier amateur de sutures et d'annonces nécrologiques, la peur qui s'installe peu à peu, voici les éléments classiques du genre réunis par Todd Ritter dans son tout premier livre. Le postulat n'est guère original je vous l'accorde mais le résultat c'est quasiment une nuit blanche, le passage par divers états fiévreux (entre trépignements et impatience de savoir la suite) et finalement une lecture marquante pour un genre pourtant difficile à renouveler.

Impossible ne pas faire un parallèle avec Michael Connelly. Les deux auteurs ont en commun d'avoir été journaliste (peut-être d'ailleurs que Ritter l'est toujours...). Surtout, il y a ce savoir-faire, cette capacité à nous embarquer dans une histoire qui au premier abord peut paraître banale. Un style direct et nuancé à la fois et surtout des personnages auxquels on ne peut que s'attacher. Pour moi, le véritable héros d'Avis de décès c'est Henry, ex-journaliste talentueux au passé mystérieux et douloureux qui a atterri dans ce trou du cul du monde qu'est Perry Hollow et qui s'occupe des annonces nécrologiques du journal local. Par là même, il est le lien entre le tueur et la ville. Personnage renfermé, timide, honteux (une cicatrice lui traverse le visage), il va se révéler peu à peu au cours de l'intrigue. Kate Campbell, chef de la police locale est elle aussi bien réussie, policière pragmatique confrontée à son premier meurtre, maman célibataire élevant son enfant déficient mental... Mais si l'auteur s'arrêtait là, il n'y aurait rien de remarquable mais là où il fait fort, c'est que tous les personnages secondaires sont ciselés dans la même matière, c'est dire s'il est impossible de lâcher cet ouvrage avant d'en avoir parcouru la dernière page.

Autre point positif, l'auteur nous mène en bateau du début à la fin et c'est vraiment à la toute fin que l'on se doute de l'identité du meurtrier. Entre temps, ce sont les montagnes russes, on change d'avis constamment, les rebondissements sont légion. Des fissures apparaissent dans le masque de la petite ville tranquille, des anciennes blessures réapparaissent et une révélation innommable cloue l'ensemble dans un dernier acte de haute volée. Vous l'avez compris, un excellent thriller que je vous conseille chaudement!

Posté par Mr K à 19:51 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 26 janvier 2011

"La chambre des morts" de Franck Thilliez

chambreL'histoire: Imaginez…
Vous roulez en pleine nuit avec votre meilleur ami, tous feux éteints.
Devant vous, un champ d’éoliennes désert. Soudain le choc, d’une violence inouïe. Un corps gît près de votre véhicule. À ses côtés, un sac de sport. Dedans, deux millions d’euros, à portée de la main.
Que feriez-vous ?
Vigo et Sylvain, eux, ont choisi.
L’amitié a parfois le goût du sang : désormais le pire de leur cauchemar a un nom… La Bête.

La critique Nelfesque: Adepte de thrillers "à la Grangé", voici quelques temps que je croisais le nom de Franck Thilliez. Je lisais partout de bons avis sur ses romans et les "Attention Mr Grangé, Mr Thilliez frappe à la porte" ont fini de me convaincre... Avec autant d'accroches, difficile de ne pas avoir envie de découvrir cet auteur et c'est avec "La chambre des morts" que j'ai décidé de commencer.

J'ai lu ce roman en 2 jours. Franck Thilliez est un auteur qui se lit très vite. Il sait ménager le suspense, tenir le lecteur en haleine et les pages se tournent sans que l'on s'en rende vraiment compte. C'est là le point fort de Thilliez. Je suis actuellement en train de lire un autre roman de lui donc on verra si je transforme l'essai.

Pour en revenir à "La chambre des morts", bien qu'ayant lu que ce n'était pas le meilleur Thilliez, j'ai bien accroché (ce qui est plutôt prometteur pour la suite!). Plus particulièrement, c'est les rapports entre les deux amis d'enfance, Sylvain et Vigo, qui m'ont plu. Ces deux derniers trouvent une valise pleine d'argent. Ils décident de la garder et, par ce fait, leur vie va basculer. D'où vient cet argent? A quoi était-il destiné? Que vont-ils en faire? Autant de questions auxquelles les deux personnages n'ont pas les mêmes réponses. Leur rapport à l'argent est différent, leurs vies sont différentes (l'un est "vieux garçon", l'autre a une femme et un bébé) et au final leur sentiment de culpabilité va aller du néant pour l'un à l'obsession pour l'autre. Cet argent, ils en ont besoin et ça va les rendre fous, changer leurs rapports et leurs vies. Ils vont commettre des actes irréparables et rien ne sera plus comme avant. Leur amitié elle-même en souffrira de façon irréversible.

A côté de l'histoire de ces deux amis, nous suivons celle d'une Bête dont nous ignorons l'identité. Nous visitons sa maison, ses sous-sols étranges, faisons la connaissance de ses victimes... L'auteur y va franchement dans les détails sanglants et c'est avec répulsion et fascination que le lecteur retrouve cet individu sanguinaire et fétichiste. Que se cache-t-il sous cette apparence répugnante? Que justifient de tels actes? La réponse de Thilliez est originale et j'ai été surprise par sa façon d'amener les choses. Bon point!

Un bon thriller pour ceux qui aiment le suspense et qui ne tordent pas trop le nez à la vue du sang. Mieux vaut être prévenu, avec "La chambre des morts", le lecteur se retrouve du côté obscure de la force...

Posté par Nelfe à 17:41 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , , ,
lundi 10 janvier 2011

"La onzième plaie" d'Aurélien Molas

55075563L'histoire: Ils sont tombés sur quelque chose qui les dépasse. Qu'ils n'auraient pas dû découvrir...

Dans un Paris survolté, où la violence éclate à chaque carrefour, des équipes de flics sans attaches, en proie à leurs propres démons, s'engagent avec l'énergie du désespoir dans une croisade sans merci.

La critique de Mr K: Il s'agit ici du premier livre d'un tout jeune auteur français et l'accroche éditoriale a le mérite d'être intrigante... la méthode Grangé a fait ses preuves! Ca tombe bien, j'aime bien Grangé et c'est le genre de lecture-divertissement que j'affectionne tout particulièrement...

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce livre n'a vraiment rien d'exceptionnel, il est très moyen. L'histoire est bateau et déjà lue, ici on traque un réseau pédophile particulièrement étendu et pervers (meurtres systématiques des pauvres petites victimes). À ce propos le titre fait référence aux plaies qui ont frappé l'Égypte, j'imagine que la onzième est ce crime contre-nature... L'enquête est haletante dans le sens où les chapitres sont extrêmement courts (à la Grangé) mais franchement il ne se passe pas grand chose, 4 péripéties à tout casser et franchement ça ressemble à du polar de seconde zone (des portes ouvertes comme s'il en pleuvait... ça doit faire mal!). Quant au climat chaotique évoqué dans le résumé, il n'a aucune réelle incidence sur le déroulement de l'investigation et se révèle anecdotique (là encore, on tombe dans la caricature).

La quatrième de couverture nous promettait des personnages livrés à leurs démons... On suit trois destins de flics dans des chapitres séparés (mais liés). L'idée est certes intéressante mais le résultat l'est moins. L'auteur empile les clichés, en rajoute dans la noirceur et le glauque (il paraît que ça fait vendre...) et au bout d'un moment, on passe plus de temps à suivre leurs états d'âme que l'enquête... un comble quand il s'agit d'enquêter sur des crimes particulièrement atroces! C'est vrai, travailler dans une unité spécialisée dans la lutte contre la pédophilie doit laisser des séquelles et abimer l'âme mais ce n'est pas crédible de laisser de telles épaves bosser pour la police ou alors il y a de quoi flipper!

Le gros point noir surtout, c'est que j'ai deviné la fin au bout de 40 pages! Bah ouais, faut croire que je pratique trop ce genre de littérature ou que l'auteur a raté son soufflé. Toujours est-il que je déteste trouver la solution avant la toute fin et qu'ici c'est tombé à l'eau très vite. Dommage... Vous l'avez compris, ce livre n'est pas une catastrophe mais pas non plus un bon livre. Un polar de seconde zone qui a fleuri parmi d'autres sur les étagères de nos chers revendeurs...

Posté par Mr K à 14:15 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 29 décembre 2010

"A bout portant" de Fred Cavayé

A_Bout_Portant_AfficheL'histoire: Tout va pour le mieux pour Samuel et Nadia : lui est bientôt infirmier et elle, attend son premier enfant. Mais tout bascule lorsque Nadia se fait kidnapper sous l'oeil impuissant de Samuel. A son réveil, son portable retentit : il a trois heures pour sortir de l'hôpital dans lequel il travaille un homme sous surveillance policière. Le destin de Samuel est désormais lié à celui de Sartet, une figure du banditisme activement recherchée par tous les services de police. S'il veut revoir sa femme vivante, Samuel doit faire vite...

La critique Nelfesque: C'est lors de notre séjour périgourdin que nous sommes allés voir "A bout portant" au ciné. J'avais très envie de le voir et j'étais ravie de le retrouver toujours à l'affiche.

Un film efficace, dynamique et qui tient le spectateur en haleine du début à la fin. Roschdy Zem a vraiment la gueule de l'emploi et ici encore son charisme est énorme. Il a très peu de dialogues mais de simples regards sont tout aussi puissants.

Le début d'"A bout portant" m'a fait un peu peur. Même "syndrome" que pour "Ne le dis à personne", l'ensemble me faisait horriblement penser à un téléfilm... Mais très vite l'action se met en place et le spectateur se retrouve pris en otage de la même manière que le personnage de Gilles Lellouche, très touchant en Mr Tout-le-monde qui voit son destin basculer par l'enlèvement de sa femme enceinte (la très jolie Elena Anaya). Certaines scènes sont d'ailleurs très difficilement supportables quand on voit le sort réservé à cette dernière. Les personnages sont crédibles, la police est peut être un peu trop caricaturale mais voir jouer Gérard Lanvin dans un rôle de flic plus centré sur sa carrière que sur l'intégrité, avec sobriété et force, m'a ravie.

Au final un film d'action policière très bien tourné avec une accroche punchy et une réalisation nerveuse. De quoi ravir les spectateurs adeptes de ce genre!

a_bout_portant2

La critique de Mr K:  4/6. Un très bon thriller à la française vu dans la ville des pétrocoriens. Temps pourri, envies d'achats contrariées pour Nelfe... une mauvaise journée. Nous nous sommes donc retrouvé au Cap cinéma pour une bonne séance en salle obscure. Nous voilà projetés à Paris, de nos jours, dans une sombre histoire de meurtre «commandé», de manipulation policière et au centre de laquelle se retrouve un malheureux quidam commun au possible. Le scénario dans son ensemble est convenu mais l'intérêt du film est ailleurs.

a_bout_portant3

Dès les dix premières minutes, le spectateur mord à l'hameçon. On prend fait et cause pour cet aide-soignant à qui on enlève sa femme enceinte de 7 mois. Ce qui fait la force de ce métrage c'est tout d'abord l'interprétation. Gilles Lellouche est parfait en victime des circonstances qui va devoir agir en conséquence pour être à la hauteur de la situation et cela avec finesse et justesse, un très bon comédien. Idem pour Roshdy Zem à la présence toujours aussi charismatique et au jeu millimétré. Lanvin est impressionnant de cynisme dans son rôle de haut gradé corrompu jusqu'à la moële, se débarassant de toutes les personnes susceptibles de le géner. L'ambiance est lourde et le rythme haletant, il sait y faire ce diable de réalisateur! On sort éprouvé de la séance tant la pression est mise sur le héros, la technique est parfaite: climax poisseux et oppressant, cadrage et vitesse des plans nerveux.

a_bout_portant_1

Seulement 4/6 à cause du scénario que j'ai percé assez vite et peut-être pour un certain manque de profondeur dans le traitement des motivations des personnages autres que le héros et sa femme. On frise de très près le manichéisme à l'américaine avec notamment des méchants vraiment très très très très méchants... Mais ne boudons pas notre plaisir pour une fois qu'un policier français ne tombe pas dans le plat et l'ennui. A voir!

Posté par Nelfe à 19:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 14 décembre 2010

"Millénium 3 - La reine dans le palais des courants d'air" de Stieg Larsson

millenium3Attention ne lisez pas la 4ème de couv si vous n'avez pas encore lu le tome 2!

L'histoire: Que les lecteurs des deux premiers tomes de la trilogie Millénium ne lisent pas les lignes qui suivent s'ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d'une série rapidement devenue culte.
Le lecteur du deuxième tome l'espérait, son rêve est exaucé : Lisbeth n'est pas morte.
Ce n'est cependant pas une raison pour crier victoire : Lisbeth, très mal en point, va rester coincée des semaines à l'hôpital, dans l'incapacité physique de bouger et d'agir. Coincée, elle l'est d'autant plus que pèsent sur elle diverses accusations qui la font placer en isolement par la police. Un ennui de taille : son père, qui la hait et qu'elle a frappé à coups de hache, se trouve dans le même hôpital, un peu en meilleur état qu'elle...
Il n'existe, par ailleurs, aucune raison pour que cessent les activités souterraines de quelques renégats de la Säpo, la police de sûreté. Pour rester cachés, ces gens de l'ombre auront sans doute intérêt à éliminer ceux qui les gênent ou qui savent.
Côté forces du bien. on peut compter sur Mikael blomkvist, qui, d'une part, aime beaucoup Lisbeth mais ne peut pas la rencontrer, et, d'autre part, commence à concocter un beau scoop sur des secrets d'Etat qui pourraient, par la même occasion, blanchir à jamais Lisbeth. Mikael peut certainement compter sur l'aide d'Armanskij, reste à savoir s'il peut encore faire confiance à Erika Berger, passée maintenant rédactrice en chef d'une publication concurrente.

La critique Nelfesque: Raaaaaa nooooooooon "Millénium" c'est finiiiiiiiiiiii! Voilà à peu près l'état dans lequel j'étais à la fin de la lecture de ce troisième et dernier tome de la saga qui a eu un succès monstre et qui le mérite amplement. Comment ne pas craquer pour Lisbeth!

"La reine dans le palais des courants d'air" fait directement suite au tome 2. On m'avait conseillé, pour le bien de ma santé mentale, d'avoir ce tome à disposition quand j'étais encore plongée dans la lecture du tome 2. Comme d'habitude je me suis laissée prendre par le temps et je n'avais pas encore acheté celui ci quand j'ai terminé le précédent. Et là, ce fut le drame... En effet le tome 2 termine sur une grosse ouverture pour le tome suivant et n'ayant pas bien écouté les conseils, je me suis mangée les doigts! J'exagère à peine... Donc j'en rajoute une couche, si vous lisez le 2, achetez d'urgence le 3 pour pouvoir enchainer directement.

Ici, Lisbeth est encore une fois au centre du roman. Difficile de dissocier les 2 tomes. Autant le premier,"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" peut se lire comme un roman classique, autant les 2 suivants doivent se lire comme un seul et même roman. Pas de problème donc d'adaptation au début de la lecture, chronologiquement on se situe le lendemain du dénouement du tome 2 et l'ensemble des protagonistes est présent. Il faut toutefois s'accrocher avec la meute de flics et d'agents qui enquêtent et gravitent autour des drames du tome 2, ils sont nombreux.

Je ne peux malheureusement pas trop détailler cette oeuvre pour préserver le suspense pour ceux qui ne l'ont pas encore lu. Le suspense, l'acharnement avec lequel on poursuit sa lecture pour comprendre enfin le pourquoi du comment de toute l'histoire, c'est là la force de cette trilogie et de ce tome en particulier. Vous ne verrez pas les heures défiler et les pages se tourner.

Je vous conseille grandement la lecture de l'ensemble de la saga "Millenium". Cela faisait longtemps que je n'avais pas été aussi passionnée par une oeuvre.

A lire également:
Millénium 1 - Les hommes qui n'aimaient pas les femmes
Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

lundi 13 décembre 2010

"Les arcanes du chaos" de Maxime Chattam

Maxime_20Chattam_20__20Les_20arcanes_20du_20ChaosL'histoire: Quand les ombres envahissent ses miroirs, la vie de Yael bascule dans le cauchemar, la violence, la confusion. Pourquoi ces étranges messages l'invitant à regarder de l'autre côté du monde? Qui sont ces hommes qui tentent de la détruire, et pourquoi?

La critique de Mr K: Un vieil adage dit qu' "il faut toujours écouter sa mère"! Et bien j'aurais dû! Elle m'avait prévenu que celui-ci n'était pas réussi au contraire de la "Trilogie du Mal" du même auteur que j'avais en son temps dévoré et hautement apprécié. Nelfe à ce propos vous en fera la critique en 2011 quand elle se sera laissée tenter... Mais revenons au livre qui nous intéresse. Face à une telle lecture, on peut se poser une question: qu'est-ce qu'un bon livre?

Certains vous diront qu'un bon livre, c'est avant tout un livre qui se lit vite dont on veut savoir la fin. Pour ma part, je l'ai lu en deux jours surtout pour en être débarassé le plus vite possible vu la direction prise dès les 50 premières pages. Et comme, je n'aime pas ne pas finir un livre avant de pouvoir en donner un avis...

D'autres personnes disent qu'un bon livre c'est avant tout une bonne histoire avec des rebondissements et autres twists de folie. Là, c'est plutôt raté! On se retrouve dans une banale histoire mélant théorie de la conspiration et manipulation de masse. On nous cache tout, on ne nous dit rien (attention le chiffre de la Bête est caché dans tous nos codes barre!). Ne vous y trompez pas, j'aime ce genre d'histoire mais ici (malgré d'indéniables apports historiques), le scénario ressemble surtout à un amas d'éléments rafistolés et collés ensemble pour "faire genre". On y croit pas une seconde et ça devient même malsain (même si cela reste avant tout un roman). On a l'impression de se retrouver dans "L'effroyable imposture" de Thierry Meyssan. Personnellement, j'adhère pas. Dans le domaine de la théorie du complot, j'ai largement préféré "L'échiquier du mal" de Dan Simmons ou tout simplement, la série X-Files (saisons 1 à 7).

Un bon livre pour beaucoup, c'est une belle écriture. À ce niveau, les goûts et les couleurs ça ne se commande pas. J'adorais le Chattam du début: celui du "5ème règne" ou de la fameuse "Trilogie du Mal". Je m'étais déjà fait la remarque pour "Le Sang du temps" et je la referai avec celui-ci: on a pas l'impression de lire le même auteur! Le style n'existe plus, les phrases sont lapidaires et l'ensemble fait parfois penser à un gigantesque copié-collé... de là à dire qu'il y a un nègre derrière ce phénomène, il n'y a qu'un pas... En tous les cas, il y a des passages bien ringards notamment les pseudos scènes de séduction à la Harlequin et les coups de flippe qui tombent à l'eau tant on n'y croit pas une seconde. Non, franchement l'écriture est simpliste ce qui contribue à lire le volume plus vite mais en ternit l'aura et surtout, la crédibilité qui tend vers le zéro.

D'autres encore diront que ce sont les personnages qui font la force d'un bon roman, à fortiori un thriller. Ici l'héroïne s'apparente à un avatar sans vie réelle tant elle est caricaturale et indigeste. Franchement, il pouvait lui arriver n'importe quoi durant tout le livre, je m'en foutais, tant elle conjugue mièvrerie et fausse volonté d'en découdre. Fade au possible, elle cotoie nombre de personnages tous plus exagérés ou mal conçus comme elle: un blogueur paranoïaque, un conspirateur méchant (mais alors très méchant), un ami-séducteur qui est en fait une belle crapule, des hommes de main très très méchants (mais alors, très très très méchant!). Je vous fait l'économie de ceux que j'aurais pu oublier... Ca tombe bien, je vais vite oublier ce livre!

Vous l'avez compris, je n'ai pas du tout (mais alors pas du tout!) apprécié ce roman que j'ai trouvé vain et sans saveur. Je ne pense plus remettre les yeux dans un Chattam avant longtemps, niveau thriller c'est pas le choix qui manque!

Posté par Mr K à 18:22 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 23 novembre 2010

"Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" de Stieg Larsson

mill_nium_2L'histoire: Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium.
Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ?
C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.

La critique Nelfesque: Quel plaisir de retrouver les personnages si attachants et charismatiques de "Millénium" dans ce second volet "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette". Après avoir lu le 1er tome, je n'avais qu'une envie: me replonger dans l'univers de Stieg Larsson.

On retrouve ici tous les protagonistes du tome précédent mais l'histoire est clairement centrée sur Lisbeth. On en apprend plus sur son passé, sur sa psychologie et sa vie privée pour le plus grand bonheur des fanas de son personnage (dont je fais partie). Dans ma critique du tome précédent, j'avais évoqué le fait que Millénium ne serait pas Millénium sans Lisbeth Salander. Dans "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" cette affirmation prend tout son sens car tout ce qu'elle a toujours voulu cacher se retrouve révélé au grand jour. On apprend pourquoi Lisbeth a tant de mal avec l'autorité, pourquoi elle est aussi renfermée et on s'attache de plus en plus à elle. Elle est le pivot central autour duquel tourne tout le roman.

Parallèlement à "l'affaire personnelle" de Lisbeth et étroitement mêlé à son destin, on suit la mise en place d'un nouveau sujet pour le journal: prostitution et trafic de femmes en provenance des pays de l'est. Deux nouveaux personnages font leur entrée, Mia Bergman et Dag Svenson, respectivement thésarde et journaliste pigiste pour Millénium amenant sur un plateau d'argent un futur article brûlant qui risque de faire tomber pas mal de têtes dans les plus hautes sphères. Leur assassinat sème le trouble au sein du journal et l'enquête officielle se mène en parallèle d'une enquête officieuse à la Mickaël Blomkvist. Les pistes se croisent, la lumière doit être faite sur l'affaire et c'est parti pour des centaines de pages de folie mêlant réflexions d'investigation de différents protagonistes sous plusieurs angles et course contre la montre.

J'ai été totalement prise dans ce roman et j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher certains soirs (ce qui m'a valu pas mal de tête dans le c** aux matins). Contrairement au roman précédent, je suis rentrée tout de suite dans l'histoire car les personnages que l'on connait déjà se retrouvent directement engagés dès les premières pages. Même si j'avais déjà beaucoup aimé le précédent, ce tome ci est pour moi meilleur car il appuie là où ça fait mal avec un rythme effréné qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page. Quant à la fin, je conseille vivement à tous les futurs lecteurs d'avoir près d'eux le tome 3. Autrement, vos nerfs n'y résisteront pas! Je sais de quoi je parle...

Posté par Nelfe à 19:06 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
mercredi 17 novembre 2010

"Dragon rouge" de Thomas Harris

dragonL'histoire: Une série de meurtres terrifiants secoue les Etats-Unis. Tous suivent le même rituel d'horreur, tous sont signés d'un mystérieux dragon rouge.
Un homme est sur une piste. Il s'appelle Will Graham. Il a déjà démontré par le passé sa curieuse aptitude à se mettre dans la peau des psychopathes, à adopter leur point de vue, à deviner leurs pulsions les plus secrètes.
Dans cette sinistre traque, il doit rencontrer dans sa prison un autre monstre: le diabolique Hannibal Lecter. Pour Graham, commence une lente descente aux enfers, dans les recoins les plus sombres du psychisme de ces meurtriers en série, au risque de s'y perdre lui-même...

La critique Nelfesque: J'avais lu "Le silence des agneaux" étant plus jeune et cette lecture m'avait fait froid dans le dos. J'avais aussi vu le film où Anthony Hopkins excelle dans le rôle d'Hannibal Lecter, dangereux psychopathe esthète et méticuleux. J'ai ensuite vu le film "Dragon rouge" quelques années plus tard mais ce n'est qu'il y a quelques semaines que j'ai décidé de lire l'oeuvre originelle.

Le roman commence avec une enquête somme toute assez classique. Des meurtres ont été commis, une équipe est mise en place pour traquer le meurtrier et on suit l'évolution de l'enquête. Graham a déjà l'expérience des tueurs en série, il en a traqué un célèbre quelques années auparavant, il a d'ailleurs failli y passer et il reprend du service pour démasquer le "Dragon rouge". Nous avançons petit à petit dans le raisonnement de Graham et menons les investigations quasiment en même temps que lui.

Si cet ouvrage avait été seulement ceci, nous aurions un polar commun sans grand intérêt. Mais voilà, la seconde partie du roman revient sur l'enfance du Dragon et l'on se surprend à ressentir de l'empathie pour ce tueur sanguinaire qui massacre des familles entières et place des bouts de miroirs brisés dans les orifices naturels de ses victimes. Aussi surprenant que cela puisse paraître, on le comprend... Comment une enfance bafouée peut façonner la vie d'un homme, le plier à des délires paranoïaques et schizophrènes et mettre en péril des vies futures. Les pages décrivant l'enfance du tueur sont émouvantes et révoltantes à la fois. On se laisse porter par la justification de l'injustifiable et on est ému. Thomas Harris frappe là un grand coup! Toute la seconde partie donne un visage humain au tueur. On découvre son enfance mais on découvre aussi en même temps que lui ses sentiments amoureux. Il va faire la connaissance d'une jeune aveugle qui accorde plus d'importance au coeur des gens qu'à leur physique. Le Dragon, aussi horrible qu'il puisse être, est avant tout un homme et face à l'amour il va essayer de changer et combattre le mal qui le ronge. Nous sommes là bien loin du manichéïme qui ferait du rôle du "méchant" seulement un être répugnant.

Je trouve que cette partie est bien trop absente du film que j'ai revu après ma lecture. Certes le réalisateur Brett Ratner fait la part belle aux sentiments amoureux du Dragon mais il ne développe pas du tout l'enfance du tueur, partie que j'ai préféré dans le roman. Il existe une autre version cinématographique de "Dragon rouge": "Manhunter" ("Le Sixième sens" en français). Je ne l'ai pas encore vu mais projette de le visionner. Peut être sera-t-il plus fidèle au livre de ce point de vue. Tant que nous sommes dans le film "Dragon rouge", j'ai également remarqué que le personnage d'Hannibal Lecter y était bien plus présent que dans le roman où il n'intervient qu'à deux reprises lors d'entrevues avec Graham. Ne lisez donc pas "Dragon rouge" en ayant uniquement Hannibal dans la tête, vous risqueriez d'être déçu. Cependant, les interventions du docteur sont toujours aussi dérangeantes et le malaise de Graham est palpable.

"Dragon rouge" est au final un polar saisissant de par sa dimension psychologique. Bien moins fascinant que "Le silence des agneaux", il n'en demeure pas moins une lecture perturbante et interrogative.

Posté par Nelfe à 18:06 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : , ,