lundi 16 janvier 2017

"Frankenstein" de Benoît Becker : T1 "La Tour de Frankenstein'' & T2 "Le Pas de Frankenstein"

Frankenstein - Benoit BeckerL’histoire : Et si la créature de Frankenstein avait survécu ?
Et si, monstre solitaire toujours en quête d’une compagne à sa mesure, il choisissait de revenir hanter les lieux de sa naissance, semant toujours plus de morts et d’horreur sur son passage ?

La critique de Mr K : Aujourd’hui, lecture sacrilège ! Benoît Becker (aka Jean-Claude Carrière) a écrit dans les années 50, une série d’ouvrages se déroulant après l'incontournable Frankenstein de Mary Shelley, œuvre culte entre toutes. Il n’était bien évidemment pas question pour lui de vouloir "dépasser" l’œuvre originelle mais plutôt de prolonger le plaisir avec un exercice de style décliné en six volumes. Ce premier jet, qui réunit les deux premiers ouvrages en un, sort ce mois de janvier dans la jeune et prometteuse maison d’édition French Pulp à qui l’on doit déjà la ressortie de la superbe saga de La Compagnie des glaces (j’en reparlerai d’ici peu). C’est donc sans complexe et l’envie de lire de bons récits d’angoisse que j’entamai ma lecture. Je n’ai pas été déçu.

Dans les deux récits ici proposés, on retrouve un endroit isolé en proie à la terreur et au doute. Des meurtres abominables sont commis, des gens disparaissent et les soupçons s’orientent vers l’étranger, l’être différent. Au centre de ces histoires, on retrouve aussi une femme au caractère indépendant, plutôt isolée qui va agir comme une catharsis sur la fameuse créature. Car elle existe bien, même si elle n’est pas forcément responsable de toutes les atrocités commises dans le secteur. Derrière les crimes se cachent bien souvent des êtres humains avides de pouvoir et de secrets interdits à la compréhension humaine. Le bal tragique peut alors commencer et peu de personnes seront épargnées...

On sent bien que Benoît Becker a pris un sacré plaisir à reproduire l’ambiance gothique du roman de Shelley et de ses compagnons écrivains de l’époque. C’est avec un plaisir renouvelé que l’on se laisse emporter par l’écriture fluide, précise et évocatrice de l’auteur. L’Irlande du premier récit et l’île écossaise du second n’auront plus de secret pour vous, surtout dans leur pendant sombre et brumeux. L’auteur arrive à poser une ambiance incroyable en quelques pages et la tension inhérente à la nature sauvage qui enveloppe les protagoniste est très bien rendue. Marais insalubres, brumes impénétrables, ruines mystérieuses, village isolé, mer déchaînée, hommes enfermés chez eux dès la nuit tombée, rien ne manque pour distiller l’angoisse et la défiance dans la tête du lecteur. Benoît Becker s’y entend dans le domaine et ne relâche rien jusqu’à la dernière page.

Les récits en eux mêmes sont plutôt classiques, le premier est même assez proche de l’original. Beaucoup de références sont faites à l’écrit de Shelley, mais très vite l’histoire devient autonome et poursuit son petit bonhomme de chemin. Je vous l’accorde la surprise est rarement au RDV mais c’est tout de même avec plaisir que l’on poursuit sa lecture attendant avec impatience la prochaine apparition du monstre, la description de la victime pétrifiée d’horreur face à l’indicible ou encore la réaction des habitants pour régler son compte au coupable. Du classique et encore du classique mais de l’efficace, avec une créature insaisissable et solitaire, un savant fou menant des expérience peu ragoûtantes, des jeunes filles en détresse, des humains dépassés et au final des frissons et de l’aventure.

Du classique et rien que du classique qui font de cette lecture une belle expérience qui a défaut d’être originale s’avère vivante (she’s ALIVE!), prenante et finalement très récréative. Une expérience à tenter si le cœur vous en dit, les amateurs apprécieront grandement.


mardi 20 décembre 2016

"L'Enfant allemand" de Camilla Läckberg

L'Enfant allemandL'histoire : La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné...

La critique Nelfesque : Me voici arrivée au 5ème volet de la saga Erica Falck et Patrik Hedström. Pour ceux qui ne connaissent pas cette série de Camilla Läckberg, je vous encourage à commencer votre lecture par le premier volet "La Princesse des glaces". Chaque ouvrage contient une enquête avec sa résolution mais l'intérêt de lire l'intégralité réside dans la sphère privée des personnages principaux et secondaires. Ainsi de tome en tome, le lecteur s'attache à eux et retrouve presque des amis à chaque nouvelle lecture.

Mais attardons-nous un peu plus ici sur "L'Enfant allemand". Pour tout vous dire, c'est pour celui-ci que j'ai commencé à lire Camilla Läckberg. Je l'avais remarqué lors de sa sortie (et oui, la seconde guerre mondiale me fait découvrir bon nombre d'auteurs...) mais suivant le même conseil que je vous ai donné plus haut, il m'a fallu de la patience avant d'arriver au tome tant convoité. J'ai tellement aimé le chemin parcouru que tout ceci s'est fait sans traumatisme et le jour de la découverte de "L'Enfant allemand" était enfin là !

Ici, Erica va se pencher sur le passé de sa mère. Cette dernière ayant récemment disparue, notre célèbre journaliste va trouver dans ses affaires une mystérieuse layette couverte de sang et une médaille militaire allemande. Que font ses objets dans ses affaires ? Que représentent-ils ? Sa mère n'ayant jamais parlé de ses jeunes années, c'est dans une enquête concernant ses racines qu'Erica va se plonger corps et âme.

Étrangement, la personne à qui Erica a confié sa médaille pour expertise est retrouvée assassinée à son domicile, quelques mois après le meurtre, par deux adolescents, fascinés par les objets qu'il possédait et entrés par effraction dans sa maison. C'est ainsi qu'enquête policière et enquête personnelle vont se télescoper et les avancées des uns feront le bonheur des autres.

Nous alternons ici entre enquête actuelle sur le meurtre du professeur à la retraite et flash-back dans la vie d'Elsy. Par le biais de journaux intimes qu'Erica compulse, le lecteur plonge dans l'adolescence de sa mère à l'époque de la seconde guerre mondiale. Cette partie m'a, vous vous en doutez, passionnée. S'imprégner de l'ambiance en Suède et en Norvège à ce moment là était vraiment très intéressant et aborder l'Histoire sous cette forme m'a donné envie de creuser plus en profondeur ce volet ci de ce conflit mondial pour ma culture personnelle. Je ne savais que très peu de choses sur la façon dont les pays nordiques avaient vécu ce moment de l'Histoire et bien que nous retrouvions ici les mêmes résistants et collaborateurs qu'ailleurs, les choix politiques de ces deux pays sont intéressants à étudier.

Deux époques différentes donc, trois générations, mais toujours les mêmes problématiques. C'est ainsi que Camilla Läckberg évoque entre autres des thématiques fortes telles que le racisme, la tolérance ou l'homosexualité. En 1945 et en 2011, les mentalités ont globalement évoluées mais certains groupuscules extrémistes restent sur leurs idées de protectionnisme d'un autre âge et sur leurs convictions xénophobes nauséabondes. "L'Enfant allemand" est donc doublement captivant et émouvant car les deux histoires se déroulant en parallèle sont chacune à leur manière passionnante et cruelle. Le lecteur souhaitant autant savoir le fin mot de l'histoire pour Elsy que pour Erica et Patrik, l'auteure a su remarquablement équilibrer son récit et offrir autant de suspense et de tension à ces deux volets d'une histoire commune.

Le lecteur est une fois de plus pris au piège par la plume de Camilla Läckberg qui, en plus de nous servir un roman saisissant, nous charme toujours en douceur avec ses personnages que l'on continue de découvrir et d'aimer. A eux se rajoutent ici de nouvelles têtes qui viennent faire évoluer le destin de certains protagonistes et donnent à voir de futures évolutions possibles amusantes et douces. Le rythme est lent encore une fois, on s'attache aux personnages tout doucement, comme dans la vie. Camilla Läckberg n'est pas adepte du suspens effréné et du page turner. Ici, les choses prennent tout leur temps pour se mettre en place. On aime ou on déteste mais il faut tester pour en avoir le coeur net. Vous l'aurez compris, je vous encourage à le faire et, de mon côté, je poursuis tranquillement ma route sur les 9 tomes que comptent pour l'instant cette fresque sur l'île de Fjällbacka...

Egalement lus et chroniqués du même auteur au Capharnaüm éclairé :
- "La Princesse des glaces"
- "Le Prédicateur"
- "Le Tailleur de pierre"

- "L'Oiseau de mauvais augure"

mercredi 23 novembre 2016

"La Compagnie des glaces" tomes 1 et 2 de G.J. Arnaud

La Compagnie des glaces T1 et 2

L’histoire : Une nouvelle ère glaciaire s’est abattue sur la Terre. La planète toute entière est recouverte d’une épaisse couche de glace.
Heureusement, les Compagnies ferroviaires ont développé un immense réseau de voies ferrées, sur lesquelles se presse ce qu’il reste d’une humanité frigorifiée... et soumise.
Pour ne pas perdre leurs pouvoirs, les Compagnies interdisent tout progrès qui permettrait à l’humanité de se passer du rail.
Et malheur à ceux qui, comme Lien Rag, tentent de défier leur autorité !
Pourchassé par les Compagnies, encerclé par une nature hostile, il est pourtant bien décidé à libérer l’humanité de l’existence misérable dans laquelle elle est maintenue...

La critique de Mr K : Une sacrée découverte aujourd’hui avec cette réédition toute récente de la saga de La Compagnie des glaces de G.J Arnaud qui a l’origine compte 98 volumes ! Les deux premiers sont réunis en un seul ouvrage ici et la maison d’édition French Pulp compte en sortir deux autres courant 2017 dans leur toute nouvelle offre papier. Il y a du boulot car l’auteur a été prolifique sur cette série et rappelons qu’au total, il a écrit plus de 400 romans dans des genres tout à fait différents comme l’anticipation, le policier et même l’érotisme (avec une variation incroyable de pseudos !). Mais qu’en est-il de cette fameuse Compagnie des glaces ?

Une nouvelle ère glaciaire a débuté sur Terre, suite à l’explosion de la Lune et l’agglomération de ces débris autour de la surface de la planète. Les rayons du Soleil ne percent plus à la surface et un refroidissement terrible s’est installé durablement, la glace a recouvert les terres enterrant les civilisations et facilitant l’émergence de nouvelles puissances : les compagnies ferroviaires. Celles-ci dirigent le monde d’une main de fer dans un nouvel ordre mondial où une classe privilégiée fait ce qu’elle veut et entretient l’humanité dans la servilité et l’obéissance (toute ressemblance avec le monde actuel est purement fortuit -sic-). La menace du froid et de l’extinction de la race humaine a fait son œuvre et rien ne semble en mesure de chambouler l’ordre établi. C’est sans compter l’apparition d’un grain de sable en la personne de Lien Rag, un simple glaciologue qui va se rendre là où il ne faut pas. Il va y faire une terrible découverte qui remet en cause le système entier. Toute son équipe va être décimée et c’est un peu seul contre tous qu’il va devoir tout faire pour révéler la vérité au plus grand nombre et tenter de changer les choses…

Je vous l’accorde la trame est très classique mais le traitement est magique à commencer par un background vraiment puissant et très bien pensé. Comme nous sommes ici dans le genre feuilleton, ne vous attendez pas à de grands passages descriptifs, l’auteur préférant l’action, l’interaction entre les personnages et l’évolution de la narration. Pour autant, il n’en délaisse pas sa description de ce monde glacé et glaçant, c’est donc par petites touches qu’il opère tantôt par un flashback sur les origines de la glaciation, tantôt par un point sur l’organisation de cette société futuriste notamment celle des villes entières roulantes que l’on disperse au gré des desiderata des puissants, les étranges hommes roux qui vivent à l’air libre car supportant les températures extrêmes y régnant (entre -50 et -80 degrés tout de même !). Ainsi nous passons d'espaces luxueux réservés aux dirigeants aux wagons-taudis pour les plus pauvres qui survivent comme ils peuvent sous la menace permanente de l’organe de sécurité des compagnies et du froid, ennemi omniprésent de l’humanité. Peu à peu, on se fait une idée bien précise de cette Terre perdue qui n’a pas encore livré tous ses secrets, certains sont levés durant ces volumes d’autres apparaissent en filigrane et réservent pour la suite des surprises à foison je pense.

Clairement orienté vers l’aventure, le récit réserve de nombreuses surprises au lecteur et les personnages sont loin d’être épargnés. Le héros connaît ainsi de nombreuses désillusions tant en amour qu’en terme de combat contre l’oppresseur. Il n’est pas parfait et se trompe régulièrement. Handicapé par une vieille blessure de guerre à la jambe, on s’attache assez vite à lui et malgré au départ quelques lignes un peu forcées dans son caractère, la nuance fait son apparition par la suite lui donnant une épaisseur séduisante ouvrant sur des horizons insoupçonnés. J’attends de lire les tomes suivants pour me fixer définitivement sur lui. Comme dit précédemment, l’auteur a aussi écrit quelques écrits coquins et cela se ressent dans un certain nombre de passages croustillants qui ne sont pas pour me déplaire et qui ne se révèlent jamais vulgaires et plutôt teintés d’une poésie surannée qui touche toujours juste. Les femmes ont d’ailleurs un rôle primordial dans ce feuilleton à rebondissement, loin d’être de simples potiches ou objets érotiques, elles se révèlent tout à tour des auxiliaires de choix voir des traîtresse sans foi ni loi. L’ensemble est cohérente et répond parfaitement aux canons régissant narration, atmosphère romanesque, anticipation immersive et plaisir de lecture immédiat.

Car c’est là l’essentiel, ce livre vous happe littéralement quand vous en entamez la lecture. L’écriture est d’une limpidité, d’une simplicité et d’une efficacité confondante. Ne laissant jamais aucun lecteur derrière elle, elle procure des sensations multiples et variées au fil des pages qui s’égrainent avec un plaisir renouvelé à chaque chapitre. Certes, une certaine frustration peut apparaître en se disant qu’il y a au total 98 volumes mais il se passe tellement de choses en deux titres conjugués qu’on se dit que ce n’est pas bien grave et que cela rendra l’attente plus belle. Et puis, a contrario d’un G.R.R Martin qui écrit plus que lentement, l’avantage de cette saga c’est qu’elle déjà écrite !

Au final, un très bon livre pour cette nouvelle édition des débuts d’une saga déjà culte pour un certain nombre de lecteurs. J’ai été converti et j’invite chacune et chacun à tenter l’expérience, vous verrez c’est du plaisir à tous les étages et de chouettes moments d’évasion. À bon entendeur...

vendredi 4 novembre 2016

"Harry Potter et l'Enfant maudit" de John Tiffany et Jack Throne

Harry Potter et l'enfant mauditL'histoire : La huitième histoire.
Dix-neuf ans plus tard.

Être Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il travaille au coeur des secrets du ministère de la Magie. Marié et père de trois enfants, Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, tandis que son fils Albus affronte le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu.
Quand passé et présent s'entremêlent dangereusement, père et fils se retrouvent face à une dure vérité : les ténèbres surviennent parfois des endroits les plus inattendus.

La critique Nelfesque : Ah ! Un nouvel Harry Potter ! L'événement de cette fin d'année pour tous les moldus mordus de la saga ! Cet ouvrage tout juste sorti en librairie a déjà été beaucoup lu et beaucoup commenté. De mon côté, j'ai évité de lire les chroniques et papiers qui ont été fait depuis sa parution, je me suis tenue loin des commentaires et j'ai tenté d'avoir une approche neutre. Pour resituer un peu mon parcours potterien, j'ai lu l'intégralité de la saga en 2010 (donc longtemps après la sortie du premier tome). Je n'ai jamais été une hystérique d'HP, attendant frénétiquement la sortie d'un nouvel opus puisque tous étaient déjà dispo en librairie mais je dois avouer que j'ai été très vite prise dans la magie de l'écriture de J.K. Rowling. Lorsque le texte intégral de la pièce de théâtre est sorti en langue anglaise, j'ai commencé à trépigner et naturellement je me suis jetée sur la traduction française dès que ce fut possible.

Mais trêve de blabla, alors il est comment ce nouvel Harry Potter version théâtre ?

Eh bien, ne faisons pas durer le suspens 36h, de mon côté, je l'ai trouvé très bien ! Il y a du pour et du contre mais dans l'ensemble j'en retiens un ouvrage tout à fait correct (et même plus que cela) et une approche différente de l'ensemble de la saga qui n'est pas inintéressante.

Comme cela ne vous aura pas échappé, il s'agit ici d'un texte de théâtre. Il ne faut donc pas y chercher une dimension littéraire, dans les descriptions notamment et plus spécifiquement, puisqu'il n'y en aura pas. Certes, J.K. Rowling sait mettre en place une ambiance et nous plonger dans son univers mais ici c'est du théâtre, l'univers et l'ambiance sont donc beaucoup plus perceptibles visuellement. Ici, avec le texte brut, il faut faire preuve d'un peu plus d'imagination et voir les décors de théâtre dans notre tête. Ceci demande un temps d'adaptation mais une fois le lecteur habitué à la lecture "théâtre", le plaisir est de nouveau là.

On retrouve dans "Harry Potter et l'Enfant maudit", notre grand copain Harry, celui avec qui de nombreux lecteurs ont grandi. Aujourd'hui, il est marié à Ginny et a trois enfants (merci le coup de vieux mais c'est la vie ma pauvre Lucette, on en est tous là !). On va suivre ici plus particulièrement Albus, leur fils cadet, qui s'apprête au début de la pièce à entrer à Poudlard pour sa première année. Dans le Poudlard Express, il va faire la connaissance de Scorpius, le fils de Drago Malefoy, qui va devenir son meilleur ami. Il plane sur cette aventure l'ombre d'Harry Potter et sa bande, on retrouve des personnages aimés ou détestés dans la saga de Rowling mais également les mêmes schémas de fonctionnement (l'importance de l'amitié, la rébellion adolescente...).

Pour ce qui est de l'histoire, c'est somme toute assez classique puisqu'on a ici un mélange de l'Effet papillon et Retour vers le futur à la sauce fantastique mais le lecteur qui a accepté de se laisser porter par la forme ne boude pas son plaisir pour autant. Les rebondissements sont là, le suspens également. On frémit avec les personnages, on est attendri par d'autres, on a son chouchou, on se fait berner... Bref, tout ce qui a fait le succès narratif d'HP est ici réuni et la magie de Poudlard opère toujours.

Je n'attendais rien de spécial de ce présent ouvrage, je l'ai lu plus dans l'optique de retrouver le plaisir de me plonger dans un Harry Potter et découvrir une histoire originale dans des lieux connus et que l'on a plaisir à retrouver. De ce point de vue là, c'est tout à fait réussi. C'est du condensé et ça va assez vite dans le déroulement de l'histoire mais, connaissant déjà les principes de scolarité à Poudlard, ce n'est pas gênant. C'est la curiosité qui m'a poussée à découvrir cette pièce de théâtre version papier et en ayant cette approche je pense ne pas m'être trompée. On ne prend pas beaucoup de risque ainsi et la surprise est agréable. Il ne manque plus qu'une chose maintenant : voir la pièce ! Les effets décrits ici donnent furieusement envie de voir tout ça de ses propres yeux !

Pour résumer, ce texte intégral est clairement destiné aux fans d'Harry Potter. Cette pièce n'a pas vraiment d'intérêt pour qui n'a pas lu la saga (mais d'ailleurs, qu'attendez-vous !?). Classique dans l'histoire, "Harry Potter et l'Enfant maudit" respecte l'univers originel, présente des rebondissements sympa et surtout apporte aux lecteurs la joie de retrouver certains personnages, d'en découvrir de nouveaux et de les aimer tout autant. On se fait avoir, on en redemande et on dévore les pages sans s'en rendre compte. Ça n'égalera pas la saga, ici c'est du théâtre donc dans l'approche c'est très différent, mais l'ensemble n'a pas à rougir des opus précédents pour autant. Un chouette moment de lecture, comme un cadeau bonus !

La critique de Mr K (add-on du 30/01/17) : En grand fan de la saga Harry Potter (que je peux me vanter d'avoir fait découvrir à ma Nelfe adorée), je ne pouvais décemment pas passer à côté de cette lecture que ma douce a entrepris avant moi et apprécié. J'ai lu ici et là des avis plutôt partagés entre attentes déçues et replongée nostalgique dans l'univers merveilleux fruit des sept volumes précédents.

Je ne m'attarderai pas sur l'histoire en elle-même pour éviter tout spoiler et garder la surprise pour ceux qui ont échappé au phénomène lors de sa sortie en automne dernier. Sachez simplement qu'on retrouve Harry et toute la bande trente ans environ après les événements ayant mis fin au retour de Voldemort. Des mariages ont été célébrés, des enfants sont nés et ces derniers vont à leur tour à Poudlard. Il est beaucoup question dans cet ouvrage du mystérieux enfant maudit qui serait le fruit des entrailles de Voldemort lui-même et des rapports enfants / parents. En deux parties et quatre actes, se noue devant nos yeux un drame intimiste à la portée bien plus importante qui pourrait nouer le destin du monde, rien que cela !

La grosse différence réside évidemment dans l'écriture théâtrale qui a été retenue par les auteurs pour conter les nouvelles aventures du sorcier, de sa famille et de ses amis. Pour ma part, cela ne m'a posé aucun souci tant on retrouve l'esprit de la saga d'origine avec des personnages bien plantés grâce à des dialogues savoureux et des didascalies bien senties (et d'ailleurs bien plus longues que dans le théâtre classique). L'ensemble se lit très aisément, on se représente bien les lieux grâce aux souvenirs accumulés lors de la lecture de la saga originelle. D'ailleurs à ce propos, ce livre me semble dénué de tout intérêt si on n'a pas déjà lu les aventures de Harry jeunot car les références sont nombreuses et importantes à saisir si l'on veut appréhender totalement les tenants et les aboutissants des ressorts dramatiques de l'histoire.

On retrouve avec un grand plaisir des personnages que l'on a aimé et apprécié. Ron reste égal à lui même, ainsi qu'Hermione et Ginny. Harry lui a du mal avec son rôle de père, difficile en effet de savoir s'y prendre quand on est soi-même orphelin. Comme tout géniteur, il fait des erreurs qui ont un retentissement important sur le jeune Albus, son plus jeune fils qui rentre dans l'âge de la rébellion et se cherche. Ma préférence est allée dans ce volume envers Drago Mallefoy et surtout son fils Scorpius que j'ai trouvé en tout point attachant. Le couple père fils est émouvant à de nombreuses reprises, les changements opérés chez Drago (ses nouveaux rapports avec Harry notamment) et sa relation avec son fils font décoller bien souvent l'intrigue et les relations entre les différents personnages. D'autres anciens personnages apparaissent aussi à l'occasion dont mon préféré de la saga dans une séquence d'anthologie avec les mémorables Détraqueurs, gardiens de la prison d'Azkaban.

L'univers reste fidèle bien que moins présent dans l'écrit, l'imagination fait le reste entre tours de magie, potions aux effets hasardeux, chambrées de Poudlard, maison d'Harry Potter, les bois maudits, Pré aux lards et pléthore de lieux déjà vus (dont certains clef) mais que l'on revisite à l'occasion des différentes scènes de cette pièce de théâtre. Pas de réelle frustration là encore, l'écriture et les interactions entre personnages permettent une belle immersion et les précédentes lectures nourrissent celle-ci. On retrouve des ambiances familière et je me demande bien d'ailleurs comment ils ont pu retransmettre tout ceci sous forme théâtrale. J'irai faire un tour sur le net pour en avoir une petite idée.

Reste que cet écrit reste nettement inférieur aux sept volumes de base, la faute principalement à l'histoire ultra-classique qui se déroule devant nos yeux. Pas de réelles surprises (si ce n'est dans la trajectoire qu'ont prise quelques personnages déjà connus) et le sentiment d'avoir un récit codifié sans réelle originalité. On le lit sans déplaisir mais sans réelle passion pour la trame, c'est plus l'intérêt de tomber sur une référence, une relation entre protagonistes qui donne de l'intérêt à l'ensemble. C'est déjà pas si mal et j'ai lu ce volume en une journée preuve de sa qualité d'addiction. J'espère désormais que JK Rowling revienne aux affaires (après sa nouvelle saga cinématographique) et propose une nouvelle œuvre romancée se déroulant dans son univers si fascinant.

jeudi 6 octobre 2016

"Miss Peregrine et les enfants particuliers" Tome 1 de Ransom Riggs

miss peregrine t1L'histoire : Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s'accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle...

La critique Nelfesque : C'est à l'approche de la sortie en salle du film de Tim Burton, adaptation du premier tome de la saga du même nom, "Miss Peregrine et les enfants particuliers", que j'ai eu envie de découvrir l'ouvrage de littérature jeunesse originelle. Depuis que j'ai vu la bande annonce, j'ai fortement envie de le voir (d'ailleurs RDV est pris ce week-end !) et cette lecture s'est faite sur un coup de tête.

Nous suivons l'histoire de Jacob, jeune pré-adolescent qui va perdre son grand-père dont il est très proche dans des circonstances particulières et quelques peu obscures. En effet, depuis sa plus tendre enfance, ce dernier lui a raconté des histoires de monstres, d'orphelinat et d'enfants particuliers. Des histoires qui, petit, le fascinaient, mais qui, en grandissant, lui ont laissé quelques doutes quant à leur véracité. Perturbé par sa perte, il va entreprendre de retrouver cet endroit magique dont son grand-père lui a toujours parlé et faire la connaissance des enfants particuliers, en apprenant ainsi un peu plus sur ses origines et sur lui-même...

Le lecteur est tout de suite pris dans l'histoire. On rentre rapidement dans le vif du sujet, l'auteur éveillant notre curiosité dès les premières pages, et c'est un voyage fantastique que l'on s'apprête alors à faire entre découvertes mystérieuses, univers singulier et fond historique.

J'ai vraiment été séduite par ce premier tome et je compte bien enchaîner rapidement sur les deux suivants. L'ambiance est soignée, on s'attache aux personnages et l'entrée dans l'univers de Ransom Riggs est passionnante. On découvre dans ce monde des personnages merveilleux aux capacités étranges, une kyrielle d'enfants énigmatiques suscitant la curiosité du lecteur et on se surprend à vouloir accompagner Jacob dans cet autre monde. J'aurais adoré découvrir cet univers et cette saga à l'âge du personnage principal !

Curieuse de découvrir maintenant l'adaptation de Burton, je ne rentrerai ici pas plus dans les détails pour ne pas dévoiler trop d'éléments de l'intrigue à ceux qui vont courir au cinéma cette semaine. Je n'ai qu'une chose à dire et un conseil à donner : lisez le roman ! Il vaut vraiment le coup d'oeil tant l'imaginaire du lecteur est sollicité et alimenté d'images foisonnantes. C'est presque dommage de poser bientôt à jamais les images de l'adaptation sur cette oeuvre évocatrice et féerique. Verdict dans quelques jours !

logo-epubJ'ai lu ce roman dans le cadre d'une LC mise en place par Love_sets et partagé avec Orianne, Chatauxlivres, addictolivres, Manon, valouantoine, SapereAude, lectures de rêveusecoffeebook, LecturesenB, mandorla, Fille-de-lecture, lulusque, Leeloo lit tout et CharlotteBoKeuse, autant de lectrices / blogueuses que je ne connaissais pas et que j'ai pris plaisir à rejoindre le temps d'une lecture.

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mercredi 14 septembre 2016

"Les Temps assassins : Rouge vertical" de Pierre Léauté

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L'histoire : La mort vous libère de tout. Sauf de vos démons intérieurs. Après une vie de trahisons, d'aventures et de défis, les flammes de l'enfer lui sont interdites. Condamnée à errer sur Terre, Charlotte Backson va réapprendre son humanité et laisser derrière elle sa dernière incarnation, Milady de Winter. Du moins, c'est ce qu'elle croit...

La critique de Mr K : Retour sur la lecture du premier volume d'une trilogie qui vient tout juste de sortir chez la petite maison d'édition Le Peuple de Mü. Je découvre aussi au passage Pierre Léauté, un écrivain à la réputation plutôt flatteuse déjà auteur de textes où l'uchronie à la part belle, sous-genre SF que j'affectionne tout particulièrement. C'est à la faveur du temps radieux de la mi-août que j'entreprenais la lecture de ces Temps assassins qui ne m'a pas résisté longtemps (trois jours à peine pour 390 pages environ) tant j'ai été pris par le souffle épique du récit et la verve langagière de l'auteur. 

Charlotte Backson a une vie bien compliquée. Comprenez par là, qu'elle en vit plusieurs ! Elle est bien loin la jeune fille orpheline de bonne famille confiée à Dieu aux bons soins d'un couvent comme cela se passait si souvent à l'époque (l'histoire débute en 1625). Elle va cependant connaître l'amour, la déchéance, la mort puis la renaissance... Oui, vous avez bien lu, dans la droite lignée de Lazare, elle se relève et parcourt à nouveau le monde. Car Charlotte a un secret et pas des moindres, elle est immortelle ou presque... Très vite les choses s'accélèrent autour d'elle : des existences qui s’enchaînent et la voient passer du côté obscur, un passé douloureux qu'elle n'arrive pas à refouler, des inconnus pressants et inquiétants qui lui expliquent qu'elle doit accomplir son destin, une mystérieuse jeune femme qui lui propose la vérité et son amitié...

Attendez-vous tout d'abord à un sacré roman d'aventure teinté d'Histoire et d'uchronie. Haletant est un terme caractérisant parfaitement le rythme effréné que nous impose un auteur avide de faire plaisir à ses lecteurs via des rebondissements en cascade et un amour de la matière littéraire. On lorgne d'ailleurs vers Alexandre Dumas et ce n'est pas seulement l'identité secondaire de l'héroïne qui nous l'indique : amour, cavalcades, ressentiments, vengeance et la présence de grandes figures historiques donnent un goût très savoureux à l'ensemble. Belle maîtrise aussi de la matière historique qui est ici torturée pour notre plus grand plaisir avec en toile de fond l'effet papillon qui provoque des bouleversements incontrôlable si l'on modifie le passé. On touche là aux fondements du roman qui ouvre des voies métaphysiques qui seront davantage explorées dès le volume 2, Les Uchronautes (date de sortie non précisée pour l'instant). Vu la présentation de l'auteur en fin d'ouvrage, je table fortement sur le fait qu'il soit prof d'Histoire ce qui explique la jubilation avec laquelle il joue avec les époques, les mœurs et les ressentis. Perso, j'ai adoré et adhéré totalement, étant moi-même du même moule et féru d'anecdotes historiques.

Les révélations pleuvent littéralement au fil des pages à partir du premier tiers du roman avec notamment le voile qui se lève sur notre monde, son fonctionnement et les forces cachées à l’œuvre dans l'ombre. L'auteur se plaît à multiplier les pistes et les détours. Le lecteur pris en otage se doit d'être patient avant que la lumière soit faite sur les tenants et les aboutissants. Et encore, la fin de cet ouvrage réserve son lot de suspens avec un aperçu de ce qui va suivre. Rassurez-vous, je réussirai à dormir d'ici la sortie de l'opus 2 mais Dieu sait que j'aurais bien suivi les aventures de Charlotte un peu plus longtemps. Le personnage est charismatique et accroche quasi immédiatement le lecteur, surtout qu'elle nous déroule sa vie sans fards ni arrangements avec la réalité. Loin d'être une sainte, lors d 'une confession avec un prêtre, elle arrive tout de même à le faire fuir ! Certes, certains aspects m'ont un peu rebuté notamment sa période "in love" que j'ai trouvé ringarde et un peu décalée vis-à-vis de son parcours mais l'ensemble se tient et tous les personnages principaux sont du même tonneau avec leur part de clarté et d'obscurité. Ça fait du bien, ça crédibilise l'ensemble et donne à cette histoire une portée bien plus dense et impactante.

Comme dit précédemment la lecture est aisée et engageante comme jamais. La langue est limpide, inspirante et inspirée ; elle nous procure une immersion totale et dépaysante. Les pages se tournent toutes seules, sans effort et avec un plaisir renouvelé. Il est d'ailleurs difficile d'éteindre la lumière le soir lorsque l'on est pris dans les toiles finement tissées par Pierre Léauté. J'émets un petit bémol pour le côté classique et sans surprise de certaines situations dont les phases d'apprentissages mais dans le genre il est difficile de passer à côté. L'ouvrage réserve cependant son lot de révélations bien senties et n'oublions pas qu'il reste deux volumes pour mener à bien la quête qui s'amorce pour Charlotte.

Une bien belle découverte pour ma part pour un livre qui a le mérite de distraire et d'emporter loin ses lecteurs. N'est-ce pas l'essentiel en matière de lecture de fiction ?

mercredi 17 août 2016

"Les Sang des Elfes" et "Le Temps du mépris" d'Andrzej Sapkowski

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L'histoire : Le royaume de Cintra a été entièrement détruit. Seule la petite princesse Ciri a survécu. Alors qu'elle tente de fuir la capitale, elle croise le chemin de Geralt de Riv. Pressentant chez l'enfant des dons exceptionnels, il la conduit à Kaer Morhen, l'antre des sorceleurs. Initiée aux arts magiques, Ciri y révèle bien vite sa véritable nature et l'ampleur de ses pouvoirs. Mais la princesse est en danger. Un mystérieux sorcier est à sa recherche. Il est prêt à tout pour s'emparer d'elle et n'hésitera pas à menacer les amis du sorceleur pour arriver à ses fins...

La critique de Mr K : Lecture aujourd'hui d'un beau cadeau d'anniversaire de Miss C qui ne me voyant pas poursuivre la lecture du cycle de Sapkowski entamé avec deux préquelles, a accéléré le mouvement en m'offrant ces deux volumes qui constituent l'enclenchement de l'histoire principale (il m'en reste encore trois à lire et croyez-moi, je vais presser le pas). J'ai profité de notre séjour en terre pétrocorienne pour m'envoyer les deux volumes de suite. Rien à dire, Sapkowski est toujours aussi efficace !

Comme je vous l'avais écrit lors de ma précédente chronique de la saga, la jeune Ciri a été recueillie par le sorceleur Geralt de Riv suite à la destruction du royaume de ses parents par la puissante armée nilfgaardienne. Traumatisée par les événements, elle trouve auprès de son tuteur réconfort et encouragement. Car Ciri n'est pas comme toutes les gamines de son âge, elle a un don qu'elle va devoir apprendre à maîtriser auprès des magiciens. Mais en attendant, elle s'entraîne comme une future sorceleuse, chose qui ne s'est jamais vu auparavant, cette caste étant exclusivement masculine. Mais les ennuis la rattrape vite, Geralt et ses amis vont tout faire pour empêcher leurs ennemis de s'emparer de la jeune fille.

J'avais insisté sur le caractère howardien de l'écriture de Sapkowski. Je nuancerai mes propos aujourd'hui car loin de se cantonner à l'action pure, le polonais instaure un climax prenant et nous convie à un voyage immersif au possible, proposant un monde de fantasy solide et complet à défaut d'être original. En même temps, le genre est tellement codifié que c'est difficile de s'en affranchir sans que l'on crie à la trahison ! Du coup, on en apprend beaucoup plus sur l'organisation des royaumes en présence, sur les mœurs des uns et des autres (super scène introductive avec un barde toujours autant en verve) et les rapports sociaux qui en découlent. Le monde est sous tension et cela se ressent dès le départ, l'opposition est forte entre humains et non-humains, et Nilfgaard semble entretenir lasorceleur4 flamme du conflit. Cela donne lieu à de purs moments de vie quotidienne bien croqués comme une belle engueulade en plein marché du matin, les atermoiements de brigands en fuite, les manigances et tractations des puissants, les soirées à l'auberge (un classique en fantasy !) et tout plein de moments qui cumulés densifient la structure de l'histoire et donne vie à un monde nouveau.

Et quel monde ! Enfin Sapkowski se fend de longues pages descriptives qui apportent un regard complexe sur un monde haut en couleurs. On voyage beaucoup et l'on côtoie puissants et pendards. Je me souviendrais longtemps d'une traversée du désert éprouvante pour une jeune initiée, de l'aura mystérieuse qui entoure l'antre des sorceleurs, de la majesté de l'île des magiciens, des forêts impénétrables où vivent dryades et elfes renégats. On s'enfonce avec un plaisir renouvelé dans les lieux les plus incertains et les plus magiques sur les pas des héros qui ont fort à faire et ne sont pas au bout de leurs peines. On en apprend aussi beaucoup plus sur les croyances, les rituels et us des peuples en présence, cela donne une consistance nouvelle aux personnages déjà croisés et élargit les perspectives déjà impressionnantes. On se dit que tout peut encore arriver.

Comme dit précédemment, on retrouve la plume pleine de verve de Sapkowski qui excelle encore et toujours dans la gestion des dialogues et les phases d'action. On ne s'ennuie pas une seconde tant le rythme est soutenu, les péripéties nombreuses et les personnages charismatiques. L'histoire virevolte littéralement entre bastons bien senties, duels magiques incroyables et complots sous-jacents. On en redemande tant on est plongé dans l'histoire, l'envie nous prenant de rejoindre Geralt pour aider Ciri qui décidément possède un charme juvénile certain et un caractère fougueux des plus séduisants.

Cette saga continue sous de bons auspices et j'ai déjà hâte de lire la suite. À lire absolument si vous aimez le genre, on est face à un incontournable.

Egalement lus et chroniqués de la saga au Capharnaüm éclairé:
- Le Dernier voeu
- L'Épée de providence

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lundi 27 juin 2016

"L'Aîné" de Christopher Paolini

l'aine paoliniL'histoire : Eragon et Saphira, sa dragonne, sont à peine sortis vainqueurs de la bataille de Farthen Dûr que des Urgals attaquent de nouveau et tuent le chef des Vardens. Nasuada, sa fille, est nommée à leur tête. Après lui avoir porté allégeance, Eragon entreprend avec Saphira un long et périlleux voyage vers Ellesméra, le royaume des elfes, où ils recevront les enseignements du fameux Togira Ikonoka, l'Estropié qui est Tout.
Pendant ce temps, Roran, le cousin d'Eragon, organise la défense de son village contre les Ra’zacs. Le jeune homme est persuadé qu’il veulent récupérer la mystérieuse pierre trouvée par Eragon sur la Crête. De son côté, le royaume du Surda est toujours en lutte contre l'Empire de Galbatorix.
Eragon, Roran, les Vardens et les rebelles du Surda poursuivent désormais un seul et même but : détruire les forces du Mal.

La critique Nelfesque : Une à deux fois dans l'année, une envie de fantastique et de littérature jeunesse se fait sentir. Vous savez que d'ordinaire, c'est plutôt Mr K qui est friand de cet univers mais de mon côté je ne boude pas mon plaisir de croiser le fer et voler à dos de dragon à l'occasion. La lecture d'"Eragon" datant un peu, j'ai décidé de poursuivre ma découverte de la saga "L'Héritage" de Christopher Paolini avec ce second volet, "L'Aîné".

Cette saga est une aventure pure. L'Aventure avec un grand A avec péripéties, combats, créatures, dragons et paysages grandioses qui vont bien. Se lancer dans la lecture d'un Christopher Paolini, c'est la garantie d'être transporté dans un autre monde fait de magie, de complots et de grandes épopées.

Dans ce tome-ci, nous suivons d'un côté l'apprentissage d'Eragon et Saphira chez les elfes, à Ellesméra, et de l'autre l'exode de Roran, le cousin d'Eragon, et des habitants de Carvahall suite à la destruction de leur village. Le rythme se fait ici plus syncopé. Après un début sur les chapeaux de roues faisant immédiatement suite aux évènements survenus à la fin du tome précédent, c'est le moment de se poser et d'emmagasiner un maximum de connaissances pour Eragon et sa dragonne. Cela donne lieu à de nombreux passages d'apprentissage qui cassent quelque peu la dynamique de l'histoire et, bien qu'utiles pour la suite, font pointer un peu de lassitude du côté du lecteur. D'autant plus que les passages plus nerveux et haletants sont expédiés très rapidement en fin d'ouvrage. La grosse baston finale tient trop peu de place dans ces 804 pages (et oui, quand même !), déséquilibrant quelque peu l'ensemble.

Mais rassurez-vous, "L'Aîné" est tout de même un bon roman qui tient plus de l'ouvrage charnière que de l'épisode déterminant. On sent que l'auteur fait ici une transition et donne à voir une suite des plus appétissantes pour qui aime les situations tendues et les grandes batailles.

Le voyage de Roran et des habitants de Carvahall vers le Surda avec les Ra’zacs à leurs trousses est quant à lui beaucoup plus intéressant et passionnant. Sous la plume imagée de Paolini, on sent bien toute la tension présente au sein de cette troupe et tout l'enjeu de ce voyage. Longs périples et voyages en mer se côtoient donnant ici à "L'Aîné" un petit air des grands romans d'aventure classiques. Délectable à souhait et à haut pouvoir évocateur !

Du haut de mes 34 ans, j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir ces terres et je pense que je l'aurais encore plus apprécié si j'avais été dans l'âge ciblé ici (on peut conseiller cette saga à des lecteurs aux alentours de 10/11 ans, selon l'enfant) notamment pour ce qui concerne l'histoire d'amour qui pointe son nez du côté d'Eragon et qui me laisse de marbre. Mon coeur de pré-ado aurait peut être fondue...

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Avec ce second volet, le plaisir de lecture ne faiblit pas et la saga prend un nouveau tournant qui s'annonce passionnant pour la suite. Voici un cycle fantasy jeunesse bien dense et qui a tout pour plaire. Merci aux auteurs de donner autant envie aux enfants de lire ! Ce cadeau est précieux...

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mardi 12 avril 2016

"Les Enfants de Lugheir" d'Isabelle Pernot

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L'histoire : Le trône de Lugheir a été autrefois conquis dans le sang par le tyran Hadrien, empereur de Thyr. Depuis, les sorciers de l’empire ont étendu leur noire emprise sur le continent. Trente années plus tard, la jeune bohémienne Caitlyn prend connaissance de son héritage : elle est la dernière descendante des princes de Lugheir. Accompagnée de Julian, le fils rebelle de l’empereur, elle part à la reconquête du royaume de ses ancêtres.

La critique de Mr K : Cela faisait un petit bout de temps que cette saga (4 romans réunis ici en deux volumes) me faisait les yeux doux dans ma PAL. Ayant une petite envie de fantasy, je me décidai enfin à la ressortir. Grand bien m'en a pris car Les Enfants de Lugheir d'Isabelle Pernot fait la part belle à l'aventure et la romance. La lecture fut plaisante à souhait malgré quelques légers défauts. Suivez moi pour ce voyage à rebondissements en terre imaginaire.

L'action commence quasi immédiatement lors de deux premiers chapitres trépidants qui installent les premiers ressorts de l'histoire. Un prince en fuite qui s'est rebellé contre son empereur de père, une jeune fille au mystérieux passé qui s'éveille à la magie et une tension déjà palpable. L'Empire de Thyr étend son influence sur une grande part des terres connues et son emprise totalitaire se fait de plus en plus forte. L'empereur Hadrien a bien changé et son penchant pour la magie noire l'ont fait sombrer. Il s'attire le ressentiment de sa progéniture et cherche par tous les moyens à faire taire toute forme de résistance. Cette dernière va alors s'organiser autour de Julian et de Caitlyn. Longue sera la route avant le dénouement.

Il faut avouer que le début est quelque peu décevant. La faute à une intrigue ultra-classique qui ne semble réserver aucune surprise, des révélations précoces et des personnages plutôt lisses. Les héros évoluent à la limite de la bleuette et les méchants sont… très très méchants. On ne s'ennuie pas mais on reste dans l'attendu et personnellement, je restais sur ma faim, la faute aussi à des descriptions peu immersives et relativement courtes (j'aime cet aspect de l'écriture dans le genre fantasy). C'est le risque quand on apprécie le style et que l'on tente de découvrir une nouvelle auteure surtout connue pour être la traductrice d'un certain Feist, écrivain à la renommée certaine dans le milieu de la fantasy.

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Heureusement, passées les deux cents premiers pages (environ 900 pour l'ensemble), l'histoire décolle enfin. Les personnages gagnent en profondeur, les fêlures apparaissent. On se rend compte alors que l'auteur soigne ses personnages, par petites touches elle leur donne une densité qu'on ne soupçonnait pas de prime abord. Le couple de héros se cherche, se confronte, se rapproche et s'éloigne au fil des événements nombreux qui peuplent l'histoire. Ces imperfections les rendent plus proches, plus humains rendant les passages initiatiques (superbe scène du rite de passage de Caitlyn) et les rebondissements saisissants. Les seconds rôles ne sont pas en reste, Isabelle Pernot se plaisant à décrire de manière fort intelligente les ressorts des drames familiaux, les jeux d'alliance et de pouvoir, les figures des mythologies et rites magiques créant un monde complet et cohérent. Les mécanismes bien que huilés et déjà lus fonctionnent, tenant en haleine un lecteur désormais convaincu.

Surtout que l'écriture en elle-même semble monter en niveau. Les descriptions se font plus denses et c'est parfois émerveillé que l'on visite une forêt abritant une drôle d'auberge, que l'on pénètre dans les brumes de l'au-delà, que l'on explore des tunnels sous-terrain, que l'on se balade dans des villes tantôt grouillantes d'activité ou au bord de l'implosion. On voyage beaucoup, le dépaysement est garanti et l'immersion durable. Le rythme reste lui très soutenu et de chapitre en chapitre, l'action ne désemplit pas, retransmise à travers le regard des différents camps en présence. Je garderai longtemps en mémoire, les aspects les plus sombres comme les nécromants de l'empereur ou les récriminations de ce dernier face à sa lente déchéance. Sans conteste, on retrouve nombre d'éléments scénaristiques et thématiques présents dans la trilogie originelle de Starwars. Pour parachever le tout, l'histoire d'amour prend elle aussi de l'ampleur et se révèle prenante. Tous les éléments se rejoignent sur une fin de lecture sous tension bien qu'un peu abrupte. Pour ma part, j'aurais rallonger la sauce d'une vingtaine de pages.

Au final, Les Enfants de Lugheir est une lecture intéressante et divertissante. On finit par se prendre au jeu et le livre capte vraiment l'attention. Certes, la nouveauté et la surprise ne sont pas au rendez-vous mais un bon amateur de fantasy y trouvera son compte. Alors, tenté(e) ?

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jeudi 7 avril 2016

"La Guerre des Mūs : Le Retour de la Paix" de Lisa Fiedler

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L'histoire : On peut être petit et avoir le cœur grand.

Dans l'ombre des tunnels, le danger rôde : Esperanza, la plus jeune fille de la famille impériale a été kidnappée. Tous suspectent Pup, le frère de Hopper. Mais les choses ne sont jamais ce qu'elles paraissent et les secrets les mieux gardés s'apprêtent à être dévoilés. Pour que la paix règne à nouveau dans le royaume d'Atlantia, Hopper doit montrer aux souris que l'amitié finit toujours par triompher.

La critique de Mr K : La Guerre des Mūs revient enfin avec ce troisième et dernier volume qui vient tout juste de sortir en librairie. Avec le précédent ouvrage de la série, nous avions laissé Zucker et Hopper dans un univers apaisé mais pas encore complètement pacifié. De nombreuses questions restaient en suspens, quelques personnages étaient partis en roue libre et l'auteur se devait de revenir nous compter la fin des aventures du jeune souriceau dans le monde souterrain d'Atlantia. Mission accomplie avec un livre faisant une fois de plus la part belle à l'Aventure et à l'amitié.

Suite à la chute de Titus, son tyrannique d'empereur de père, Zucker a amorcé la nécessaire transition démocratique du royaume et sa reconstruction. Chacun y trouve sa place, les progrès commencent à se faire sentir. Les premiers chapitres sont l'occasion pour le lecteur de faire connaissance avec les nombreux nouveaux personnages qui peuplent les pages de ce troisième volume et notamment les cinq ratons hauts en couleur qui sont nés des amours du jeune prince avec la douce et courageuse Firren. À travers ses portraits savoureux, c'est une certaine conception de l'éducation et du respect mutuel qui sont abordés par l'auteur qui fait ici preuve d'une grande pédagogie envers les jeunes pousses qui liront cette trilogie. On enchaîne les très belles pages sur la notion de fratrie, d'amour familial mais ceci sans niaiserie malencontreuse ni morale à deux balles. Ce qu'il faut comme il faut! Une fois ces premiers ressorts affectifs placés (notamment les liens indéfectibles unissant Hopper à sa filleule), le livre peut démarrer!

Esperanza (la dernière née) disparaît! C'est la panique à Atlantia! Nul doute qu'elle a été enlevé! Mais par qui? Très vite, les soupçons se tournent vers le jeune Pup, désigné depuis un certain temps comme l'ennemi numéro 1 de la cité, ce dernier ayant souhaité en son temps sa destruction pure et simple. Une chasse au souriceau commence alors avec ses moments de doutes et ses révélations. La vérité va se faire jour petit à petit, remonter à la surface des souvenirs perdus, des actes manqués et des responsabilités étendues. Le lecteur n'est pas au bout de ses peines, sera sans doute surpris plus d'une fois et les lignes l'amèneront vers un final logique qui laisse augurer des lendemains qui chantent. Ben oui, on est dans la littérature jeunesse tout de même, faudrait pas nous les traumatiser!

Pour autant, ne vous attendez pas à un récit de tout repos, le rythme rapide et sans temps mort fait la part belle à l'amitié, à l'Aventure comme dit précédemment mais aussi à la trahison, la manipulation et les remords. On suit sur quelques chapitres, le parcours de Pup qui doit subir les affres de l'adolescence et le sentiment de rejet. Ces passages sauront toucher juste les plus jeunes lecteurs qui sont très réceptifs à l'injustice. Là encore, Lisa Fiedler fait preuve de finesse et de justesse dans l'évolution de ses personnages. À noter au passage que Hopper et Zucker restent plus en retrait dans ce tome ci, laissant la lumière aux petits jeunes, un peu comme un passage de témoin aux générations suivantes. Le temps a passé depuis le volume 2… On retrouve par contre avec plaisir le chat Ace ainsi que le chien de la pizzeria et toute une ménagerie pas piquée des vers avec une mention spéciale pour l'équipage pi-rats régnant en maître sur le Bac reliant Brooklyn à Manhattan.

Au final, ce fut un plaisir renouvelé de replonger dans cette saga qui prend fin de fort belle manière. Du rythme, des rebondissements, une écriture accessible et cependant dense pour des thématiques universelles et une histoire classique non dénuée de suspens. Belle trilogie que cette Guerre des Mūs qui mérite vraiment le détour et enchantera sans nul doute vos chères têtes blondes.

Précédents volumes de la saga, chroniqués au Capharnaüm éclairé :
- "La Guerre des Mūs : L'Empire d'Atlantia" - Volume 1
- "La Guerre des Mūs : Hopper contre-attaque" - Volume 2

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